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	<title>Hollande | ELNET</title>
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		<title>Jacques Audibert : « La France est encore une puissance d’action et non pas simplement d’influence »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 May 2017 08:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Monde &#8211; Propos recueillis par Christophe Ayad et Marc Semo Après trente ans au service de la diplomatie française, celui qui fut le conseiller diplomatique du président Hollande de 2014 à 2017 fait le bilan de ses années passées au Quai d’Orsay et à l’Elysée. Souvenirs de négociations haletantes, mais aussi de moments difficiles. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Monde &#8211; Propos recueillis par Christophe Ayad et Marc Semo</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Après trente ans au service de la diplomatie française, celui qui fut le conseiller diplomatique du président Hollande de 2014 à 2017 fait le bilan de ses années passées au Quai d’Orsay et à l’Elysée. Souvenirs de négociations haletantes, mais aussi de moments difficiles.</p>
<p style="text-align: justify;">Conseiller diplomatique de François Hollande entre 2014 et 2017, Jacques Audibert, 57 ans, quitte, après trente ans de carrière, le ministère des affaires étrangères où il a occupé les postes de directeur des affaires stratégiques puis de directeur général des affaires politiques. Au moment de rejoindre le privé, comme secrétaire général adjoint de Suez, il dresse le bilan des mutations de la diplomatie française et des nouveaux défis auxquels elle doit faire face.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>L’élection d’Emmanuel Macron change-t-elle le jeu pour la France sur la scène internationale ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Incontestablement. Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, il y avait une réelle inquiétude de nos partenaires. Le fait même que les Français ont mis fin à cette série noire et choisi quelqu’un comme Emmanuel Macron lui donne pour plusieurs mois une grande capacité d’influence et de proposition. Sa venue au G7 de Taormina, en Sicile, est un événement médiatique et politique de même ampleur que celle de Donald Trump. Le nouveau président a pour lui son image et ce qu’il représente : une forme d’excellence française. Il parle couramment l’anglais et c’est un esprit très brillant que j’ai pu apprécier en travaillant avec lui. Dans de tels sommets, les relations personnelles entre chefs d’Etat et de gouvernement sont très importantes. Je me souviens encore du premier G8 avec François Hollande en mai 2012. Il était attendu, écouté. Avec Emmanuel Macron, cela sera encore beaucoup plus fort.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Depuis combien de temps la France n’avait-elle pas suscité une telle curiosité à l’étranger ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis 1981 et l’élection de François Mitterrand, je pense.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Vous avez occupé des postes au plus haut niveau au Quai d’Orsay, puis à l’Elysée comme conseiller diplomatique de François Hollande. Où se décide la politique extérieure de la France ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend des présidents, du poids du ministre, de ses rapports avec le président, du moment politique – ce n’est évidemment pas pareil en période de cohabitation – et de la qualité des rapports entre le président et son conseiller diplomatique. Les paramètres sont donc très nombreux et les situations très variables comme j’ai pu le voir aussi bien au Quai qu’à l’Elysée. Sur le terrain de la politique étrangère, notre avantage comparatif par rapport à nos partenaires les plus proches est dans la modalité du fonctionnement du système. Là où, aux Etats-Unis, le processus dit « inter-agence » peut prendre des semaines, voire des mois, là où, en Grande-Bretagne, il y a de longs processus parlementaires, là où, en Allemagne, la chancelière et son partenaire de coalition doivent longuement négocier, nous pouvons prendre une décision en une demi-journée. Nous avons une capacité d’action qui fonctionne bien et d’autant mieux qu’elle est adossée, sur les grandes questions internationales, à un consensus parlementaire.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Quel a été le président de la Ve République le plus actif en politique étrangère ? Et le moins ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’étais pas au même poste avec chacun d’entre eux. François Hollande a été incontestablement un des plus actifs et cela ne se mesure pas seulement à la quantité des voyages. C’est un diplomate né. Il y a chez lui à la fois une appétence pour ces sujets, une connaissance de l’histoire et de la géographie qui sont à la base de la diplomatie, un sens des rapports de force et une capacité à arbitrer entre les intérêts et les valeurs. A cela s’ajoute une aptitude à susciter auprès de son interlocuteur – qu’il s’agisse de Vladimir Poutine, de Barack Obama ou d’un autre – la sensation qu’il est privilégié, qu’il comprend sa logique et qu’il est possible de réfléchir en commun avec lui. Il y a eu très peu de couacs.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec Poutine, plusieurs fois. L’atmosphère devient glaciale. On se quitte sans accord, mais sans pour autant élever la voix. Ce genre de situation a néanmoins été rare. François Hollande a su recréer des relations qui avaient été mises à mal pendant la présidence Sarkozy, par exemple avec les Chinois, les Mexicains, les monarchies du Golfe, la Turquie.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Quel est le travail d’un « sherpa » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Eviter l’inadvertance. Il s’agit de faire en sorte que le « PR »<em> [le président de la République]</em> ne soit jamais pris par surprise. Cela signifie réagir très vite, y compris dans la nuit. Chaque matin, dès cinq heures, j’écoutais les radios. Des dizaines de fois, j’ai envoyé au président un SMS sur un projet de réaction qu’il approuvait dans l’heure qui suivait. Etre le conseiller diplomatique du président, cela implique d’être toujours en éveil pour ne pas louper une initiative. Il ne faut pas rater la moindre occasion d’avancer ses pions. Le reste, c’est de la formulation, du conseil, du suivi pour que la machine tourne. Nous sommes une demi-douzaine de « sherpas » dans les grandes capitales. Nous sommes très proches et nous sommes assez en confiance pour aller au-delà de nos instructions. C’est un circuit parallèle à celui des chefs d’Etat et de gouvernement.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Un exemple d’initiative ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce que l’on a appelé le « format Normandie », c’est-à-dire la rencontre, en marge des commémorations du débarquement du 6 juin 1944, entre le président russe Vladimir Poutine, son homologue ukrainien, Petro Porochenko, Angela Merkel et François Hollande pour arrêter le conflit dans l’est de l’Ukraine. L’idée nous en était venue à mon homologue allemand et à moi-même pendant un Conseil européen à Bruxelles. Vladimir Poutine ne parlait pas au président ukrainien, dont il niait même l’élection. Le seul fait d’arriver à les faire se rencontrer pouvait faire bouger les choses et renouer les fils. Nous sommes allés en parler au président et à la chancelière qui ont dit : pourquoi pas. Nous avons finalement décidé d’inviter Poutine aux cérémonies, malgré l’annexion de la Crimée et sa déstabilisation de l’est de l’Ukraine. On ne pouvait oublier la contribution de l’Armée rouge à l’écrasement du nazisme. Mais nous avons dit à Poutine qu’il devait rencontrer à cette occasion Porochenko, que nous invitions aussi pour l’occasion. Nous avons expliqué à chacun des deux ce que nous avions en tête. Ils ont dit à peu près oui. Ensuite, il a fallu organiser la rencontre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le seul moment possible était en marge du<strong> </strong>déjeuner au château de Bénouville avec plus de 30 chefs d’Etat et de gouvernement, dont la reine d’Angleterre et Barack Obama. Ce n’est pas le genre d’occasion que l’on peut retarder. A peine Poutine arrivé, on l’emmène à l’étage. Puis Porochenko. Le président et la chancelière se sont éclipsés discrètement pour nous rejoindre. Nous avons eu vingt minutes pour que les présidents russe et ukrainien se parlent. Nous avons même eu leur accord pour révéler que cette rencontre avait eu lieu. Poutine a accepté, à condition que la photo ne soit pas publiée.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela a lancé un processus qui a abouti aux accords de Minsk I puis de Minsk II, en février 2015, pour instaurer un cessez-le-feu et jeter les bases d’un plan de paix. Cela a impliqué des dizaines de <em>conference calls</em>. Il a fallu accepter de rentrer dans les détails : François Hollande et Angela Merkel sont devenus des spécialistes des élections cantonales dans le Donbass ! Certes, ces accords piétinent. Mais les combats ont fortement diminué d’intensité et des milliers de vies ont été sauvées.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Et la négociation sur le nucléaire iranien ?</strong></p>
<figure class="illustration_haut " style="text-align: justify;"><img class="lazy-retina aligncenter" title="FABRICE COFFRINI/AFP" src="http://s1.lemde.fr/image/2017/05/26/534x0/5134252_6_fe68_jacques-audibert-a-geneve-lors-des_d81e38050ae7852f33c43c369b276ef7.jpg" alt="Jacques Audibert à Genève, lors des négociations sur le programme nucléaire iranien,  en novembre 2013." width="534" data-lazyload="false" /><figcaption class="legende" data-caption="Jacques Audibert à Genève, lors des négociations sur le programme nucléaire iranien,  en novembre 2013.">Jacques Audibert à Genève, lors des négociations sur le programme nucléaire iranien,  en novembre 2013. <span class="source_image" data-copyright="FABRICE COFFRINI/AFP">FABRICE COFFRINI/AFP</span></figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">En novembre 2013, nous étions seuls face aux autres à juger que l’accord en passe d’être négocié ne donnait pas les garanties suffisantes. J’étais à l’époque directeur politique au ministère. J’appelle le ministre Laurent Fabius et lui expose la situation, lui demandant de venir nous rejoindre au bord du Léman. Il vient, il assume pleinement les risques et nous arrivons à faire valoir notre point de vue, montrant que, dans le « deal » prévu, il y avait des trous. Nous avons réussi à convaincre John Kerry, mais il aurait très bien pu nous rétorquer : mais qui êtes-vous pour bloquer un tel accord ? Nos arguments portaient d’autant plus que nous avions une crédibilité reconnue. La négociation avait été lancée en 2003 par Dominique de Villepin, sous un format dit « E3 » avec les Britanniques et les Allemands. Cela nous a permis de faire valoir notre différence. Si l’on ne prend pas l’initiative au bon moment, on n’est pas au centre du jeu.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>La France est-elle encore une grande puissance ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a trente ans, il suffisait de dire : je suis la France, x-ième puissance mondiale et membre permanent du Conseil de sécurité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous sommes dans un environnement beaucoup plus compétitif, qui va plus vite et où il y a beaucoup plus d’acteurs. Rester une grande puissance exige beaucoup de travail et de prise de risque. Décider en quelques jours d’aller au Mali avec 4 000 hommes, là où d’autres mettraient trois mois et s’y refuseraient à moins de 40 000 hommes, c’est une prise de risque. Nos forces ont été exceptionnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes encore une puissance d’action et non pas simplement d’influence. Cela est vrai avant tout grâce à nos capacités de projection, même si l’arme nucléaire fait partie de notre statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Notre système politique nous permet de réagir très rapidement. Mais je vois l’évolution des choses. En 2008, quand nous avons lancé Eurofor, au Tchad, avec 2 700 hommes, j’étais directeur politique au Quai et on ne s’intéressait guère à savoir combien cela allait coûter. C’était un paramètre négligeable. Lors de l’intervention au Mali en 2013, j’ai passé les trois quarts de mon temps à convaincre nos partenaires de remplir les<strong> </strong>deux <em>trust funds</em> <em>[« fonds de dépôt »]</em> ouverts, l’un pour la restructuration de l’armée malienne, l’autre pour le financement de l’opération. L’aspect financier est désormais essentiel.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Le grand nombre d’interventions militaires lancées par François Hollande s’explique-t-il seulement par la conjoncture ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je crois, par exemple, que Jacques Chirac était personnellement plus « fana mili » que François Hollande. Sa décision d’intervenir au Mali était une évidence. En Centrafrique, il ne pouvait pas ne pas intervenir non plus. Nous étions au bord d’un génocide et tout le monde voyait le spectre du Rwanda. En Irak et en Syrie, nous sommes intervenus dans la coalition contre Daech <em>[acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] </em>à la fois pour la menace qu’il représente, en réponse à une attaque, mais aussi parce que si nous n’avions pas participé aux bombardements, nous n’aurions pas eu voix au chapitre pour l’après. Les Américains sont certes prépondérants, mais nous sommes les seconds dans la coalition.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;"><strong>Lorsque François Hollande a dit : « nous sommes en guerre », en novembre 2015, qu’est-ce que cela a changé à votre approche ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En disant, après les attaques terroristes du Bataclan et ailleurs, à Paris et Saint-Denis, que <em>« nous sommes en guerre »</em>, le président a pris acte d’un état de fait. Ces trois dernières années où j’ai été conseiller diplomatique du président, il s’est passé des choses inimaginables : la Russie a changé par la force des frontières en Europe en annexant la Crimée aux dépens de l’Ukraine ; les Britanniques ont voté pour sortir de l’Union européenne ; des centaines de Français ont été tués sur notre territoire par des attentats terroristes ; plus d’un million de réfugiés est arrivé en Allemagne. Chacun de ces faits aurait déjà suffi à lui seul à montrer que l’on a changé d’ère.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Nous sommes-nous trompés sur la Syrie en réclamant le départ de Bachar Al-Assad ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai suivi cette tragédie depuis le début, d’abord avec Alain Juppé comme ministre quand la révolte a commencé au printemps 2011, puis à l’Elysée. Jamais Bachar Al-Assad n’a donné l’occasion de sortir du rail dans lequel s’enfonce ce conflit. Jamais il n’a donné le moindre signe d’ouverture, ni aux Russes maintenant, ni à quiconque avant. Il aurait eu mille occasions de le faire. En juin 2012, nous avions contribué, avec Laurent Fabius, à mettre sur pied le processus dit « de Genève » : Assad reste en fonctions mais la réalité du pouvoir doit être gérée par une autorité de transition à parité entre le régime et l’opposition. Toute ébauche de solution politique de cette guerre tourne toujours autour de cette idée. Mais Bachar a toujours refusé.</p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande n’a cessé de dire à Vladimir Poutine : si tu veux peser et démontrer que la Russie est réellement de retour comme grande puissance, alors oblige Bachar à venir réellement à la table des négociations. Mais lui non plus n’y arrive pas. Il y a un jeu pervers entre les Iraniens et les Russes en Syrie, et ces derniers craignent que s’ils lâchent Bachar, les premiers ne s’engouffrent dans la brèche. Cette situation de paralysie peut offrir au nouveau président français l’occasion d’une initiative diplomatique pour relancer Genève.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Avons-nous fait des erreurs dans nos relations avec la Russie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les gens qui n’y connaissent rien disent : il faut parler aux Russes. Or nous parlons aux Russes, et même beaucoup. Mes homologues qui se sont succédé au Kremlin ont été pendant toutes ces années parmi mes plus proches interlocuteurs. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les Russes entendent ce que nous leur disons. Leur vision est celle d’une grande maison commune européenne sans les Etats-Unis. Ils continuent de penser que l’OTAN est une puissance d’agression. A aucun moment, depuis huit ans, je n’ai pu me dire : les choses peuvent avancer. Leur vision, fondée avant tout sur les rapports de force, n’est pas la nôtre. Leurs exigences sur ce qu’ils doivent obtenir ne sont pas, non plus, les nôtres. Ni leurs valeurs. Mais cela n’empêche pas de parler avec eux.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;">Nous avons réussi, par exemple, à démêler des situations délicates comme celle de la vente des porte-hélicoptères Mistral <em>[décidée par Nicolas Sarkozy et que François Hollande a annulé après l’annexion de la Crimée et la guerre dans l’est de l’Ukraine]. </em>C’était un contrat de près d’un milliard d’euros. Un cas d’école d’arbitrage entre nos intérêts et nos valeurs. Le Kremlin aurait pu tout bloquer et nous contraindre à laisser rouiller les deux navires qu’il avait payés. Nous avons fait un accord et nous avons pu les revendre à l’Egypte. Une relation qui ne soit pas brutale est donc possible malgré nos conceptions différentes sur nombre de grands dossiers. Poutine considère que sa politique est un succès, mais si l’on dresse un bilan économique, social, culturel, démographique, la Russie devrait être à une place qui n’est pas la sienne aujourd’hui.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Sur le nucléaire iranien, est-ce que vous en tirez la conclusion que les sanctions économiques, ça marche ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est une des grandes leçons de cette négociation. On n’aurait pas abouti si on n’avait pas réussi à faire passer des sanctions significatives. Mais il y a plusieurs conditions. Une sanction doit être obligatoirement liée à un processus politique. Il faut pouvoir dire : si vous faites ça, il se passe ça. Aujourd’hui, il y a un obstacle majeur : la levée des sanctions n’est pas mise en œuvre du fait de circuits qui n’ont rien à voir avec le politique. Les banques ont peur pour leur sûreté juridique aux Etats-Unis : que va faire l’attorney général de New York ? Ce ne sont pas les Etats mais c’est le système judiciaire américain qui bloque.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;">Il y a une remise en cause, dans l’opinion, de notre tropisme sunnite et de notre proximité avec les pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite.</p>
<p style="text-align: justify;">On a été durs avec les Iraniens sur la prolifération, mais on n’a rien contre l’Iran en tant que tel. On a été exigeants jusqu’au bout. Les Iraniens ne nous en ont pas tenu rigueur car on les a toujours traités avec respect. C’est pour ça que <em>[le président] </em>Rohani est venu en France en premier. La même année, Hassan Rohani est venu à Paris et François Hollande a été invité à un sommet des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). C’est ça la diplomatie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans nos liens avec les pays arabes, la politique pétrolière, les contrats d’armement, tout cela n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est que tant que les tribus sunnites ne considéreront pas que le combat contre Daech est leur combat, on n’y arrivera pas. C’est pour cela que l’on veut faire partir Bachar Al-Assad, pas parce que nous sommes moraux. Et tant que Bachar sera là, ce ne sera pas leur préoccupation première.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Pendant la campagne électorale, Emmanuel Macron s’est réclamé de la tradition gaullo-mitterrandienne. Qu’est-ce que cela signifie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas. Ce sont deux grands hommes. Pour moi, c’est une posture, une tautologie. Si ça consiste à penser que la France est un grand pays qui doit faire valoir sa souveraineté, qui ne pense pas ça ? Quelle est l’alternative : le lepéno-mélenchonisme ? Est-ce que c’est se mettre à la remorque des Etats-Unis ? Mais personne ne l’a fait. Nous avons essayé d’entraîner Obama dans une intervention en Syrie, et il n’a pas voulu ! Dans la semaine qui a suivi les attentats de Paris, Hollande s’est rendu à la Maison Blanche et au Kremlin. Nous sommes les seuls à pouvoir faire ça.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>La guerre au Mali n’est-elle pas la preuve que l’Afrique est le seul terrain à la dimension de la France ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr. Ce qu’on a fait au Mali, on ne peut pas le faire en Syrie. Quand les Américains ont décidé de partir d’Afghanistan, ils ont laissé une force « résiduelle » de 30 000 hommes. Nos capacités de projection sont extrêmement limitées. Celle de l’UE, toutes forces confondues, c’est moins de 20 000 hommes, dont la moitié pour la France et la plus grande partie du reste pour le Royaume-Uni.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Avec l’opération « Barkhane », la France n’est-elle pas enlisée militairement pour des années au Sahel ?</strong></p>
<figure class="illustration_haut " style="text-align: justify;"><img class="lazy-retina aligncenter" title="Christophe Petit Tesson/AP" src="http://s2.lemde.fr/image/2017/05/26/534x0/5134253_6_5904_le-president-emmanuel-macron-et-la-ministre-de_3f5fc4a3aaeeee823c1bc1f2d61eab4b.jpg" alt="Le président Emmanuel Macron et la ministre de la défense, Sylvie Goulard, rencontrent des soldats de l’opération « Barkhane », à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai." width="534" data-lazyload="false" /><figcaption class="legende" data-caption="Le président Emmanuel Macron et la ministre de la défense, Sylvie Goulard, rencontrent des soldats de l’opération « Barkhane », à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai.">Le président Emmanuel Macron et la ministre de la défense, Sylvie Goulard, rencontrent des soldats de l’opération « Barkhane », à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai. <span class="source_image" data-copyright="Christophe Petit Tesson/AP">Christophe Petit Tesson/AP</span></figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">C’est une opération très futée, très mobile, sur le périmètre qui convient. Bien sûr que cela a des limites. Mais « Barkhane » est un outil redouté par nos ennemis, qui aide la stabilité des pays de la région. Je ne dis pas que c’est suffisant, mais c’est la meilleure allocation possible de nos ressources.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>La France pèse-t-elle toujours autant diplomatiquement en Europe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quand on parle de militaire et de sécurité dans les Conseils européens, la France est écoutée, elle pèse. Avec le départ des Britanniques, nous perdons une partie du moteur de la défense européenne, mais nous perdons aussi une partie du frein, car les Britanniques se sont toujours opposés à une Europe de la défense.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Quel est votre meilleur souvenir de diplomate ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’aube, au lendemain du coup d’éclat de Laurent Fabius à Genève, lors de la négociation sur le nucléaire iranien, en novembre 2013. Nous avions remporté la partie. Et aussi la manifestation du 11 janvier 2015 après l’attentat contre<em> Charlie Hebdo</em>. C’était extrêmement impressionnant et émouvant cette marée humaine, alors que le monde entier, représenté par des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement, était là. Voilà ce que c’est la France quand on lui fait une horreur !</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Et le pire ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si c’est le pire, mais en tout cas, le plus stressant. C’est lors du G8 de Deauville (2011). La conférence de presse est prévue à 11 heures, il y a 300 journalistes dehors qui attendent. Et l’on n’arrive pas à se mettre d’accord sur le communiqué final. A 10 h 30, Lavrov <em>[le ministre russe des affaires étrangères] </em>dit : je ne signe pas. Juppé, qui était ministre, se tourne vers moi et me dit : <em>« Et on fait quoi ? »</em> Je lui réponds : on bluffe, on passe en force. Lavrov me hurle dessus : <em>« Virez ce type, ce n’est pas un politique, il n’a rien à faire ici. » </em>Finalement, c’est passé. Un communiqué du G8, ce n’est pas si important mais, quand vous représentez le pays hôte, tout le poids d’un échec vous retombe dessus.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens aussi de la tuerie d’Uzbin <em>[dans laquelle 10 soldats français ont été tués et 21 blessés par les talibans, le 18 août 2008, en Afghanistan]</em>. J’étais alors directeur politique au Quai d’Orsay. Pendant ma période de « sherpa » à l’Elysée, ce fut la nuit de négociations à Minsk, du 11 au 12 février 2015. Pendant que nous négocions, des milliers de soldats ukrainiens étaient coincés dans la poche de Debaltseve et risquaient d’être tués. Une erreur, un échec et des gens risquent de mourir. C’est aussi ça la diplomatie. Même une prise de position peut causer des morts.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;"><strong>Est-ce qu’il y a eu un affaiblissement du Quai d’Orsay à cause de la place prise par les contacts directs entre chefs d’Etat ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui a changé, depuis une décennie, c’est qu’il y a de moins en moins d’argent. Nos contributions volontaires aux Nations unies sont à un niveau indécent. On demande invariablement au ministère de faire plus d’efforts avec moins de moyens. Un jour, ça ne marchera plus, alors que cette administration offre un rapport qualité/prix imbattable grâce à des jeunes gens très brillants. Cette capacité d’invention, de réflexion ne va pas de soi. J’espère que le président Macron et que le ministre Le Drian changeront cela. Quand on voit que les Chinois, les Indiens ouvrent des représentations à tour de bras, alors que, nous, on en ferme, ce n’est pas raisonnable. C’est un affaiblissement considérable.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Rama Yade en Israël</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jan 2017 16:55:31 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>I24News &#8211; 17 Janvier 2017 Rama Yade, la candidate à la présidentielle, était l&#8217;invitée de Paul Amar dans Paris/Jaffa Invitée de Paris/Jaffa mardi soir, Rama Yade, la candidate à la présidentielle revendiquant 300 signatures, s&#8217;est exprimée sur sa visite en Israël, de même qu&#8217;elle est revenue sur la question du terrorisme en France et a [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">I24News &#8211; 17 Janvier 2017</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Rama Yade, la candidate à la présidentielle, était l&rsquo;invitée de Paul Amar dans Paris/Jaffa</span></p>
<div class="container-content-body" data-category="international">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Invitée de Paris/Jaffa mardi soir, Rama Yade, la candidate à la présidentielle revendiquant 300 signatures, s&rsquo;est exprimée sur sa visite en Israël, de même qu&rsquo;elle est revenue sur la question du terrorisme en France et a commenté la campagne du candidat de gauche Emmanuel Macron.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Ce voyage en Israël a été pour moi très enrichissant, stimulant, de Netanya à Jérusalem en passant par Tel-Aviv, j&rsquo;ai pu aller à la rencontre de la société civile israélienne. (…) J&rsquo;ai toujours été très impressionnée par la société israélienne, sa capacité de résilience et d&rsquo;innovation », a déclaré Rama Yade à <em>i24NEWS</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« La société israélienne est l&rsquo;une des plus optimistes au monde, on a l&rsquo;impression d&rsquo;un vrai paradoxe mais en fait il y a un élan de vie qu&rsquo;on voit à Tel-Aviv, il y a une énergie vitale qu&rsquo;on voit à Jérusalem… il y a (ici) une capacité à réagir », a-t-elle ajouté, insistant à plusieurs reprises sur « la formidable capacité de résilience » des Israéliens.</span></p>
<h2 class="color-international" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Un sommet pour rien »</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Quelques jours à peine après la conférence sur la paix de Paris, la candidate à la présidentielle s&rsquo;est également exprimé sur la rencontre internationale qu&rsquo;elle a jugé être « un sommet pour rien ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Shimon Peres disait qu&rsquo;il y a deux choses qu&rsquo;on ne peut pas faire en public: l&rsquo;amour et la paix . Donc moi je plaide pour qu&rsquo;il y ait une négociation bilatérale, qui soit menée par les Israéliens et les Palestiniens », a-t-elle dit.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Il faut que les interlocuteurs autour de la table ne soient pas engagés dans une stratégie extrémiste et c&rsquo;est dans ce sens qu&rsquo;il est important que nous, dans la communauté internationale, nous ayons un rôle de médiateur et pas autre chose », a-t-elle précisé faisant allusion au Hamas et au mouvement du Djihad islamique palestinien présent dans la bande de Gaza.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Interrogée sur la question du terrorisme, elle a souligné que « la France a subi des attaques terroristes d&rsquo;une extrême violence qui ont été commises non pas par des étrangers venus de territoires lointains mais par nos propres enfants ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Je crois que la France connaît aujourd&rsquo;hui une véritable crise existentielle au-delà de la crise économique et de la crise démocratique, une crise existentielle qui pose aux Français la question de savoir s&rsquo;ils ont envie de continuer ensemble », a-t-elle expliqué.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sur ce point, l&rsquo;ancienne secrétaire d&rsquo;État de Nicolas Sarkozy a souligné qu&rsquo;une « France sans les Juifs n&rsquo;est pas tout à fait la France », de même qu&rsquo;elle a rappelé qu' »il y a des quartiers en France où les femmes ne peuvent plus s&rsquo;habiller comme elles le souhaitent ».</span></p>
<h2 class="color-international" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La « France qui ose »</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En outre, Rama Yade n&rsquo;est pas tendre avec la classe politique traditionnelle, notamment le candidat de gauche Emmanuel Macron. À 39 ans, elle compte incarner la « France qui ose », comme l&rsquo;indique le slogan qu&rsquo;elle a choisi pour sa campagne présidentielle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Notre mouvement &lsquo;la France qui ose&rsquo; est comme une fédération avec plusieurs mouvements politiques et citoyens de gauche de droite et du centre. Notre idée est d&rsquo;aller au bout de cette démarche en présentant des candidats aux législatives. Il n&rsquo;est pas question pour nous de revenir vers tel ou tel camp politique », a insisté celle qui avait échoué à l&rsquo;élection à la présidence du Parti radical en 2011.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;ancienne membre de l&rsquo;UMP avait été ensuite exclue du parti centriste à l’automne 2015, par décision de la commission de discipline de la formation, pour des prises de position « mettant gravement en cause l’image du parti », avait rapporté <em>Le Monde</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, elle dit vouloir être la « candidate des oubliés », parle d&rsquo;une France qui recherche l&rsquo;authenticité et fustige le candidat de gauche Emmanuel Macron.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Ce qu&rsquo;elle (la France) veut c&rsquo;est de l&rsquo;authenticité et je ne suis pas sûre que M. Macron soit porteur, au-delà d&rsquo;un programme qui n&rsquo;existe pas (et) au-delà d&rsquo;engagements dont on ignore tout, d&rsquo;une quelconque authenticité », a-t-elle déclaré.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Aujourd&rsquo;hui la plupart des Français ne sont même plus en révolte, ils sont en retrait total du champ démocratique et ma génération a besoin de construire l&rsquo;avenir. Notre pays ne nous appartient déjà plus, il faut construire pour cette génération qui vient », a fait valoir la candidate pour conclure.</span></p>
</div>
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		<title>Conférence pour la paix au Proche-Orient : Bilan d’un échec annoncé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jan 2017 16:10:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Note stratégiques mensuelles]]></category>
		<category><![CDATA[Organisations internationales]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Benyamin Nétanyahou]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[Mahmoud Abbas]]></category>
		<category><![CDATA[Paix]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dimanche 15 janvier, se tenait à Paris la Conférence pour la paix au Proche-Orient qui s’inscrivait dans le cadre de l’initiative française lancée le 3 juin 2016. Le communiqué adopté le jour même, après huit heures de discussions, réaffirme le soutien de la communauté internationale à la recherche d&#8217;une solution au conflit basée sur le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dimanche 15 janvier, se tenait à Paris la Conférence pour la paix au Proche-Orient qui s’inscrivait dans le cadre de l’initiative française lancée le 3 juin 2016.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le communiqué adopté le jour même, après huit heures de discussions, réaffirme le soutien de la communauté internationale à la recherche d&rsquo;une solution au conflit basée sur le principe de <em>« deux États vivant en paix et en sécurité</em> ». « <em>La base ce sont les frontières de 1967 et les grandes résolutions des Nations unies </em>», a résumé Jean-Marc Ayrault. Le texte mentionne les principales décisions prises depuis cinquante ans par le Conseil de sécurité, de la <span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #3366ff; text-decoration: underline;"><a style="color: #3366ff; text-decoration: underline;" href="http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/242(1967)&amp;Lang=E&amp;style=B">résolution 242</a></span></span> adoptée au lendemain de la guerre de juin 1967, à la <span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #3366ff; text-decoration: underline;"><a style="color: #3366ff; text-decoration: underline;" href="https://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/2334(2016)">2334</a>,</span></span> votée le 23 décembre dernier. Il fait par ailleurs référence aux paramètres définis par le secrétaire d&rsquo;État John Kerry dans son discours du 28 décembre, ainsi qu&rsquo;au rapport publié en juillet 2016 par le Quartet (États-Unis, Russie, Union européenne et Nations unies).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais <strong>l&rsquo;absence des deux parties intéressées a inévitablement rendu vaine toute déclaration, tandis que la participation de pays qui pour beaucoup sont des ennemis déclarés</strong> <strong>d’Israël (la Ligue arabe et l’Organisation de la Conférence islamique qui ne reconnaissent pas le droit à l’existence de l’Etat d’Israël), les disqualifie d’emblée </strong>pour s’ériger en juge ou en arbitre alors qu’ils sont partie prenante. La nécessité de délivrer une déclaration commune et pertinente sous la pression d’une administration américaine en fin de mandat et à l’initiative d’un président français à bout de souffle, la présence d’acteurs aussi divers que la Russie qui a ses propres intérêts au Moyen-Orient où elle combat aux côtés de l’Iran pour soutenir le pouvoir de Bachar El Assad, mais aussi des principaux pays européens profondément divisés, ne pouvaient que laisser présager l’échec de cette conférence qui s’est tenue au mauvais moment, au mauvais endroit pour délivrer un mauvais message.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La conférence est survenue au mauvais moment …</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La conférence s’est tenue à cinq jours du changement d’Administration aux Etats-Unis et est apparue comme un <strong>coup de force de la communauté internationale</strong> pour imposer une solution non pas par la négociation mais contre la négociation<em>.</em> Cet événement n’a fait que créer une situation de tension pour mettre sous pression Donald Trump et finir de miner le terrain politique et diplomatique au Moyen-Orient où règne déjà le chaos.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Au prétexte fallacieux que le conflit israélo-palestinien est « le père » de tous les conflits et que tous en dépendraient</strong>, les quelque 70 pays présents ont réitéré leur engagement en faveur d’une solution à deux États. Cette réunion internationale sans les Israéliens et les Palestiniens fut une fois encore un excellent moyen pour ces derniers de fuir la table des négociations. Prétendre faire avancer le processus de paix sans leur présence signait l’inutilité d’un tel événement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">D’ailleurs, à l’issue de la conférence, <strong>la Grande-Bretagne, qui n’a pas signé la déclaration finale</strong>, a fait part de son scepticisme à ce sujet : « <em>Nous avons des réserves particulières sur une conférence internationale censée faire avancer la paix entre deux parties sans que ces dernières soient présentes, une conférence qui se tient en fait contre la volonté des Israéliens </em>», a-t-elle indiqué dans un communiqué, précisant que pour cette raison, Londres avait participé avec un statut d&rsquo;observateur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Qui plus est, parmi les thématiques abordées, celui des incitations économiques suscite quelques interrogations car les financements en faveur de l’Autorité palestinienne sont déjà considérables ; cette dernière étant le premier récipiendaire au monde de l’aide budgétaire française. Quant à l’Union européenne, elle a versé depuis 1994 près de 6 milliards d’euros à l’Autorité palestinienne, tout en s’inquiétant de la corruption.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En somme, comme l’a déclaré le ministre israélien de l&rsquo;Education Naftali Bennett sur son compte Twitter, cette conférence était « <em>aussi inutile qu&rsquo;un mariage sans la mariée ou le marié</em> ».</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>… elle s’est tenue au mauvais endroit …</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le conflit israélo-palestinien ne peut se régler sur les rives de la Seine. <strong>Il s’agit d’un problème régional</strong> né du rejet d’Israël par le monde arabe et <strong>qui ne peut trouver sa résolution que dans le cadre régional qui l’a créé.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">D’autre part, <strong>François Hollande</strong>, qui se trouve à 3 mois de la fin de son mandat et qui est dans l’incapacité de se représenter tant les divisions sont grandes au sein du Parti Socialiste et de la gauche, est <strong>peu légitime à intervenir</strong> dans le règlement du conflit israélo-palestinien sinon pour envenimer une situation qu’il a contribuée à aggraver en prétendant être médiateur, alors que depuis le mois de septembre 2014 il <strong>n’a raté aucune occasion de prendre fait et cause pour les Palestiniens contre Israël. </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En effet, les 2 et 11 décembre 2014, l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté des résolutions appelant le gouvernement à la reconnaissance unilatérale d’un Etat de Palestine qui n’existe pas. Le 31 décembre de la même année, la France a été le seul pays de l&rsquo;UE à voter en faveur d&rsquo;une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies qui prétendait imposer un agenda contraignant et des paramètres pour parvenir à un accord de paix. Le 16 avril 2016, la France a voté à l’UNESCO une résolution niant tout lien historique entre le peuple juif et le Mont du Temple avant de s’abstenir quelques mois plus tard devant le tollé général sur une résolution identique. Le 24 mai 2016, la France a une fois encore voté une résolution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), intitulée « <em>Situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé </em>», qui condamne Israël pour avoir prétendument violé les « <em>droits à la santé</em> » des Syriens sur le plateau du Golan.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le 24 novembre 2016, la France impose l’étiquetage des produits issus des implantations juives de Cisjordanie sur la base d’une réglementation européenne qui est pourtant non contraignante.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">S’agissant de l’Assemblée générale des Nations Unies, <strong>20 résolutions concernaient Israël cette année alors que seulement 6 étaient destinées aux autres pays</strong>. 38% des résolutions du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies ont été également dirigées contre Israël, le Conseil ayant un agenda où 10 questions sont examinées à chaque session dont une est spécialement réservée à Israël.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La diplomatie française n’a reculé devant aucune outrance pour satisfaire les exigences des ennemis d’Israël. C’est pourquoi, l’«<em> alerte</em> » lancée au monde par le président français est après la résolution 2334 le faux-pas de trop qui traduit un parti pris évident contre Israël, qui ne tient pas compte de la réalité et de la complexité du terrain dans une région déjà en proie à l’instabilité. Par cette <strong>diplomatie de l’absurde</strong>, qui contribue à délégitimer l’Etat d’Israël et à nier les droits du peuple Juif, le président Hollande affaiblit la voix de la France en laissant penser <strong>qu’il instrumentalise la question palestinienne à des fins de politique intérieure</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alors que le niveau de confiance entre Israël et l’Autorité palestinienne est au plus bas en raison des nombreuses attaques terroristes qui ont frappé Israël depuis le mois d’octobre 2015 (<strong>46 personnes tuées, 649 blessés, 169 attaques au couteau, 103 tentatives, 126 tirs à l’arme à feu, 51 attaques à la voiture-bélier, une attaque à la bombe</strong><a style="color: #000000;" href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>), la communauté internationale peine à comprendre les critiques émises par Israël et le fait que le dialogue ne pourra reprendre que lorsque l’Autorité palestinienne condamnera ces actes terroristes et cessera de faire des terroristes des héros et des martyrs de « la cause palestinienne ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Benyamin Netanyahou, qui a constamment rejeté l&rsquo;initiative française, a dénoncé dimanche   « <em>une conférence futile</em> ». Il a prévenu par une allusion transparente à l&rsquo;entrée en fonction imminente de Donald Trump, dont il attend visiblement une attitude plus complaisante:          « <em>Nous vivons les derniers feux d&rsquo;un monde ancien. Demain sera différent</em> ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a lui déclaré que « <em>cette conférence internationale et les résolutions de l&rsquo;ONU ne font qu&rsquo;éloigner les perspectives de paix car elles encouragent les Palestiniens à refuser des discussions directes avec Israël</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En votant toutes les résolutions qui condamnent Israël, <strong>la France a capitulé face aux Etats antisionistes.</strong></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>… et délivré le mauvais message.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans son discours de conclusion, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a rappelé que toute résolution du conflit devait se baser sur les « frontières de 1967 » et les grandes résolutions de l’ONU. Depuis des décennies en effet, <strong>les instances internationales perpétuent l’idée qu’Israël est une « <em>puissance occupante </em>»</strong> et figent la ligne de 1967 comme une frontière qui le prive de sa légitimité historique et politique. Cette volonté d’effacer toute présence juive des « territoires occupés » est discriminatoire et moralement répréhensible. Ainsi est créé un droit et une souveraineté palestinienne qui n’existent pas (tant qu’il n’existera pas d’Etat de Palestine) en inventant une frontière fictive (la « ligne verte » est une</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">ligne d’armistice, pas une frontière) qui sépare Israël des implantations. Israël « n’occupe » aucun territoire souverain et ne « colonise » pas plus ces territoires disputés que ne le font les Arabes ou les Palestiniens, qui du reste ne sauraient avoir plus de droits et de légitimité.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Si les paramètres de la négociation sont imposés, la paix n’est qu’une chimère.</strong> Pour être viables, l’ensemble des territoires palestiniens doivent être sous la responsabilité d’un gouvernement légal et légitime or, le mandat de Mahmoud Abbas, qui a commencé le 15 janvier 2004, aurait dû prendre fin au début de l&rsquo;année 2009. Ce dernier a toutefois décidé de le prolonger d&rsquo;une année supplémentaire, puis de sept autres. Il dirige, depuis, une nation fragmentée, sans la moindre légitimité, mise à part celle qu’il s’est lui-même conférée. Les élections générales qui auraient du avoir lieu ont sans cesse été reportées, faute de pouvoir être organisées dans de bonnes conditions et sans prendre le risque que le Hamas en sorte vainqueur.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">***</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La conférence de Paris visait à rappeler la nécessité impérative de sortir de l’actuel statu quo mais au-delà des déclarations bien-pensantes et déconnectées de la complexité du terrain et des enjeux sécuritaires, il n’en ressort qu’un laborieux compromis qui se réfère aussi bien aux recommandations émises en juillet 2016 par le Quartet sur le Proche-Orient qu’aux résolutions de l’ONU les plus pertinentes, dont la 2334, ce qui a satisfait notamment les pays arabes. Il intègre aussi une mention explicite des « principes » évoqués par John Kerry.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si l’on doit résumer en quelques mots cette 2<sup>ème</sup> étape de l’initiative française, on peut dire qu’elle n’a fait que conforter les Palestiniens dans leurs revendications, encourager leur irrédentisme et les exonérer de toute concession et de tout compromis. A l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU mardi 17 janvier, l’ambassadeur de France François Delattre a affirmé qu’une nouvelle conférence serait organisée en 2017 pour continuer à raviver le dialogue sur le dossier israélo-palestinien. Si cet événement n’a pour autre ambition que d’être un réquisitoire contre Israël, la France se fourvoiera une fois de plus et perdra définitivement toute crédibilité sur la scène moyen-orientale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 8pt;"><a style="color: #000000;" href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Chiffres de l’Ambassade d’Israël en France</span></p>
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		<item>
		<title>Frappes ciblées : la raison d’Etat entre en conflit avec celle de la justice</title>
		<link>https://elnetwork.fr/securite-terrorisme/frappes-ciblees-raison-detat-entre-conflit-celle-de-justice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jan 2017 14:21:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Daesh]]></category>
		<category><![CDATA[djihadisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la lutte contre le djihadisme, la France, comme ses alliés, procède à l’élimination physique de certains de ses ennemis...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par le Monde</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Editorial. Dans la lutte contre le djihadisme, la France, comme ses alliés, procède à l’élimination physique de certains de ses ennemis.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Editorial du « Monde ».</strong> Les appellations varient, franches et brutales ou plus imagées. On parle de <em>« neutralisation d’objectifs stratégiques »</em>, d’<em>« éliminations ciblées »</em>, d’<em>« opérations homo »</em> (pour homicide). Pour désigner les cibles, on cède à d’insupportables anglicismes, évoquant des HVT (<em>high value targets</em>) ou des HVI (<em>high value individuals</em>). Mais il s’agit bien de la même chose : dans la lutte contre le djihadisme, la France, comme ses alliés, et notamment les Etats-Unis, procède à l’élimination physique de certains de ses ennemis.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La décision peut revenir au président de la République. Il se prononce sur des listes établies par l’armée et les services secrets. François Hollande est le premier chef de l’Etat français à en avoir parlé, avec précaution, à des journalistes. La décision peut intervenir dans le cadre plus large d’une autorisation donnée par le président dans telle ou telle opération à l’étranger. Dans la grande enquête publiée le 4 janvier, <em>Le Monde </em>décrit tous les aspects – opérationnels, moraux et juriques – d’une pratique qui a connu un essor particulier avec la vague d’attentats dont la France a été le théâtre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">D’un côté, la situation est assez simple. La France a été désignée comme cible prioritaire par des mouvements islamistes comme les organisations Etat islamique (EI) ou Al-Qaida et leurs filiales. Dans nombre de leurs textes, tracts, vidéos et autres <em>« appels aux croyants »</em>, ces groupes exhortent à <em>« tuer des Français »</em> où qu’ils soient et <em>« par n’importe quels moyens »</em>. Paris considère à juste titre que les femmes et les hommes qui rejoignent ces groupes, qu’il s’agisse de Français ou d’étrangers, sont des ennemis de la France – et, dès lors, des cibles potentielles. Plusieurs résolutions de l’ONU vont dans ce sens.</span></p>
<hr />
<h3 class="intertitre" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">On arrive vite dans une zone grise</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’aviation française frappe encore, de manière ciblée, dans l’Afrique sahélienne (opération « Serval «, devenue « Barkhane » ), en Irak et en Syrie. Sous couvert de destruction de centres de commandement, de dépôt de munitions ou autres, elle vise souvent un individu précis, censé être l’instigateur ou le responsable direct d’attentats en France. Au Sahel comme en Irak, Paris agit à la demande d’un Etat étranger et sous l’égide des Nations unies. La situation est moins nette en Syrie, où la France, frappant Rakka, l’une des « capitales » de l’EI, invoque la légitime défense reconnue par l’ONU.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais, dans ce type de conflit, on arrive vite dans une zone grise où un Etat est amené à tuer certains de ses ressortissants, alors même que sa justice les poursuit avec l’ambition de pouvoir les juger en bonne et due forme sur le territoire national. La raison d’Etat, que l’on peut invoquer dans la bataille menée contre le djihadisme au Sahel, au Moyen-Orient ou ailleurs, entre alors en conflit avec celle de la justice – laquelle appartient à cet Etat de droit que nous prétendons opposer à la barbarie djihadiste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il n’y a pas de porte de sortie facile pour ce genre de dilemme. Tout juste devrait-on exiger que, comme aux Etats-Unis, l’exécutif ait le devoir de rendre des comptes en détail au Parlement, au moins aux membres des commissions de la défense. Il y a eu quelques progrès en la matière, notamment la réécriture, en 2008, de l’article 35 de la Constitution sur les conditions d’une déclaration de guerre. Cela ne va pas assez loin. On comprend les nécessités de la lutte contre le terrorisme. Il n’est pas sain qu’elles restent le domaine exclusivement réservé du président et des chefs d’état-major.</span></p>
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		<title>François Hollande et « le permis de tuer »</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/francois-hollande-permis-de-tuer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jan 2017 09:48:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Daesh]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Terroriste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un ouvrage intitulé « Erreurs fatales », qui paraît aujourd’hui, le journaliste indépendant Vincent Nouzille raconte comment la France dresse des listes nominatives de terroristes à éliminer, soumises à l’aval du président de la République</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="page" title="Page 1">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par le Monde </span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans un ouvrage intitulé « Erreurs fatales », qui paraît aujourd’hui, le journaliste indépendant Vincent Nouzille raconte comment la France dresse des listes nominatives de terroristes à éliminer, soumises à l’aval du président de la République, quitte à faire passer la justice au second plan. Extraits.</span></p>
<hr />
<div class="page" title="Page 1">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Journaliste indépendant, Vincent Nouzille explore depuis des années les zones grises des services secrets. Dans </em>Erreurs fatales <em>(Fayard/Les Liens qui libèrent, 20 euros, 384 pages), il plonge au cœur de la lutte antiterroriste française et raconte, après une longue enquête, comment, depuis le début des années 1980, les autorités ont échoué à prévenir les attaques les plus graves. </em>Le Monde<em> en publie des extraits.</em></span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Des exécutions extrajudiciaires décidées par le président</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Depuis son élection en mai 2012, François Hollande entend incarner une politique plus martiale que ses prédécesseurs, quitte à en payer le prix et à sortir du strict cadre de la légalité. Ainsi, il a décidé de répliquer de manière systématique aux prises d’otages et aux attentats qui touchent des Français dans le monde. Face aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, il a admis avoir ordonné ce type de vengeances : <em>« L’armée, la DGSE ont une liste de gens dont on peut penser qu’ils ont été responsables de prises d’otages ou d’actes contre nos intérêts. On m’a interrogé. J’ai dit : “Si vous les appréhendez, bien sûr…” »</em> Ces propos confirment ce que nous écrivions au début de 2015, à savoir que la France dresse des listes nominatives de personnes à éliminer, soumises à l’aval du président.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Entouré de conseillers militaires plutôt enclins à l’action, dont son chef d’état-major particulier, le général Benoît Puga, et les membres du cabinet de Jean-Yves Le Drian, François Hollande a donc donné des consignes claires aux états-majors militaires et à la DGSE sur le sujet : ils ont son feu vert pour tuer à l’étranger, y compris clandestinement, des « chefs terroristes » et d’autres ennemis présumés de la France. Les militaires les appellent des<em> High Value Targets</em> (HVT) ou des<em> High Value Individuals</em> (HVI) – en somme, des cibles de haute valeur. (…)</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le président a confié à Gérard Davet et Fabrice Lhomme avoir décidé au moins quatre assassinats ciblés durant son mandat. Un chiffre minimaliste, en vérité. Selon nos sources, au moins une quarantaine de HVT ont été exécutées à l’étranger entre 2013 et 2016, soit par les armées, soit par la DGSE, soit encore, plus indirectement, par des pays alliés sur la base de renseignements fournis par la France. Cela représente environ une opération par mois – un rythme jamais vu depuis la fin des années 1950, à l’époque de la guerre d’Algérie. De ce point de vue, François Hollande marque une vraie rupture dans l’usage de la force, alors que Nicolas Sarkozy et surtout Jacques Chirac étaient plus prudents sur ces sujets régaliens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Officiellement, les états-majors récusent le terme d’exécutions ciblées. Les militaires préfèrent parler, de manière plus générale, de <em>« neutralisation »</em> de<em> « cibles ennemies »</em> et d’<em>« objectifs stratégiques »</em>. Ils démentent toute identification préalable des personnes visées. Ces dénégations traduisent un certain embarras, lié à une réserve éthique et au flou juridique relatif à ce type d’opérations antiterroristes. En effet, en cas de conflit militaire déclaré, avalisé par le Parlement et par des instances internationales comme l’ONU, les opérations spéciales peuvent être assimilées à des actes de guerre et les cibles à des combattants ennemis, ce qui ne pose pas trop de problèmes légaux a priori.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En revanche, lorsque les forces spéciales ou les agents du service action (SA) de la DGSE interviennent dans des « zones grises » ou en marge d’une opération militaire classique, le cadre juridique est plus incertain : ils pourraient être exposés à des poursuites dans les pays concernés. Le risque demeure théorique, mais il doit être pris en compte, les missions de ce type s’étant multipliées ces dernières années. Entre 2008 et 2013, les forces spéciales françaises et la DGSE ont, par exemple, capturé ou tué près d’une centaine de djihadistes dans certains pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger) sans qu’aucune opération militaire ait été légalement déclenchée. Sans oublier les raids menés en Libye en 2011 dans la plus grande discrétion, ou celui de la DGSE en Somalie en janvier 2013, en pleine « zone grise ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En réalité, la France applique la loi du talion et va même bien au-delà. Ce « permis de tuer » s’apparente parfois à de froides représailles et à des exécutions extrajudiciaires, y compris sous forme préventive. Les frappes militaires n’ont pas grand-chose à voir avec les procédures judiciaires. La légitimité de ces actions peut être admise lorsqu’il s’agit de répliquer à une agression. Mais leur légalité pose souvent question, tout comme leur efficacité réelle dans la lutte contre le terrorisme, puisqu’elles n’empêchent pas les groupes rebelles de se reconstituer et qu’elles accroissent les risques de surenchère. <em>« La France est en guerre, elle tue les chefs ennemis, rien de plus normal »</em>, plaide pour sa part un vétéran de la DGSE, partisan de ces opérations « Homo » (pour homicides).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Selon les responsables des services de renseignement, la traque des cibles humaines est minutieusement préparée. En septembre 2015, évoquant ces opérations de manière exceptionnelle, le général Christophe Gomart, patron de la Direction du renseignement militaire (DRM), en a détaillé le processus devant un public d’initiés, lors de l’université d’été de la défense :<em> « Les cibles d’intérêt, les leaders des groupes armés terroristes, sont très difficiles à intercepter en raison de leur mobilité et des mesures de discrétion qu’elles mettent en œuvre. Le processus vise à réduire progressivement les mailles du filet pour parvenir à identifier puis à localiser la cible avant de lancer l’opération. Ce travail est conduit en partenariat avec d’autres services de la communauté nationale du renseignement, selon le principe que nous appelons “Find, Fix, Finish, Exploit” </em>[trouver, réparer, finir, exploiter]<em>. » </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le ciblage est affiné à partir de renseignements électroniques, des interrogatoires de prisonniers et des études d’imagerie, qui permettent ensuite l’identification formelle de la cible et son suivi<em> « jusqu’au moment le plus favorable au déclenchement de l’opération »</em> (…).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Bernard Bajolet, le patron de la DGSE, a livré d’autres confidences sur le sujet. Questionné à huis clos, en mai 2016, par la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, il a indiqué que soixante-neuf opérations d’<em>« entrave de la menace terroriste »</em> avaient été conduites par son service depuis le début de 2013. Cinquante et une ont concerné des arrestations, des projets déjoués ou la mise<em> « hors d’état de nuire »</em> de terroristes dans les zones suivantes, par ordre d’importance : Afrique subsaharienne, zone afghano-pakistanaise, corne de l’Afrique, Syrie, Europe, Libye et Egypte. La DGSE aurait contribué directement à la mise en œuvre de quarante opérations de ce type sur cette période, dont une partie était des exécutions – leur nombre n’étant pas précisé.</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Des juges en colère</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Naturellement, sur instruction de l’Elysée, les états-majors mènent généralement ces opérations spéciales dans la plus grande discrétion. Elles sont classées « confidentiel Défense » et ne donnent lieu qu’exceptionnellement à des communiqués militaires. Le président de la République, le ministre de la défense et le chef d’état-major des armées souhaitent cependant montrer régulièrement que la France réplique désormais à toute attaque contre ses intérêts et traque sans relâche les commanditaires, afin de les éliminer. Au risque de se heurter aux magistrats chargés d’enquêter sur les actes terroristes et désireux de pouvoir renvoyer un jour leurs auteurs devant les tribunaux, comme c’est le cas notamment dans les affaires des otages d’Arlit, de la mort de Philippe Verdon ou de celle des deux journalistes de RFI.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Car les juges, ainsi que les parties civiles, n’apprécient guère les exécutions extrajudiciaires décidées en haut lieu, qui s’apparentent, selon certains d’entre eux, à la réinstauration d’une peine de mort sans autre forme de procès. Aux yeux de l’Elysée et des états-majors, à l’inverse, la guerre contre des ennemis lointains et fanatiques justifie la primauté des opérations militaires sur le recours incertain à la justice hexagonale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’affaire d’In Amenas illustre bien cette tension. Le 16 janvier 2013, une trentaine de terroristes de la katiba El-Mouaguiine Biddam (Les Signataires par le sang), des dissidents d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) dirigés par Mokhtar Belmokhtar, attaquent un gigantesque complexe gazier situé à Tigantourine, à une soixantaine de kilomètres d’In Amenas, dans le sud de l’Algérie. Des centaines d’employés et d’expatriés sont pris en otage. L’armée algérienne lance un raid qui se solde par un terrible bilan : en plus de la trentaine d’assaillants tués, trente-huit civils trouvent la mort durant les combats, dont un Français, Yann Desjeux. Cet ancien soldat des forces spéciales devenu le chef adjoint de la sécurité du site a réussi à sauver plusieurs otages avant d’être exécuté.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Certains des pays dont sont originaires des victimes, notamment le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Norvège et la France, lancent des procédures judiciaires. A Paris, l’enquête préliminaire est menée par la DCRI. Une information judiciaire, ouverte en janvier 2014, est ensuite confiée au juge Laurence Le Vert, l’un des piliers de la galerie Saint-Eloi, qui regroupe les juges antiterroristes au Palais de justice. La famille de Yann Desjeux, ainsi qu’une infirmière française, Murielle Ravey, rescapée de l’attaque, et trois autres employés français qui ont été séquestrés, se constituent partie civile. Ils soupçonnent notamment les autorités algériennes de ne pas vouloir tout dire sur ce qui s’est vraiment passé à In Amenas, où les dysfonctionnements de sécurité étaient nombreux.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’identification des commanditaires de l’attaque est relativement aisée, puisque le groupe de Mokhtar Belmokhtar l’a revendiquée dans une vidéo, la présentant comme une action en représailles contre l’opération militaire française « Serval » déclenchée au Mali quelques jours plus tôt et soutenue par les Algériens. Belmokhtar est l’un des chefs terroristes les plus recherchés au Sahel – aux yeux des Français, l’une des principales HVT à éliminer. Il écume la région depuis des années, enchaînant les prises d’otages et les attentats, associés à la contrebande. Affilié un temps à AQMI, il a déjà échappé à plusieurs raids français et américains. (…)</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais un juge ne peut se contenter de ces bribes d’informations pour faire avancer son instruction. Laurence Le Vert doit retracer le déroulement précis des faits, authentifier les causes réelles de la mort de Yann Desjeux, évaluer les éventuelles responsabilités algériennes, identifier tous les membres du commando, poursuivre les assaillants qui ont survécu et les chefs. Plusieurs terroristes ont été faits prisonniers. Auditionnés par les Algériens et le FBI, trois d’entre eux livrent de précieux renseignements sur l’organisation de l’attaque et ses participants, transmis à la justice française ainsi qu’à d’autres pays concernés. Il y est notamment question des préparatifs effectués en Libye et des différents chefs qui ont supervisé l’opération, dont l’Algérien Mohamed Lamine Bencheneb, un diplômé en mathématiques mort durant le raid, et Mokhtar Belmokhtar, qui reste introuvable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">De son côté, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, interrogé <em>[sur Europe 1]</em> en octobre 2014, évoque huit responsables identifiés et déjà efficacement traqués : « (…) <em>Nous avons neutralisé sept d’entre eux. Il n’en reste plus qu’un et nous l’aurons. »</em> Il s’agit évidemment de Mokhtar Belmokhtar, à qui sont imputées d’autres attaques – les attentats-suicides à Arlit et Agadez au Niger, en mai 2013, et celui commis contre une unité de l’armée française près de Gao, au Mali, le 14 juillet 2014, ayant tué un légionnaire et blessé six soldats.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le général de Villiers ne parle pas à la légère. Depuis des mois, plusieurs proches du « Borgne » (Belmokthar) ont effectivement été éliminés sur ordre de l’Elysée : Abou Moghren Al-Tounsi, à la fin de septembre 2013 ; Fayçal Boussemane et le Mauritanien Al-Hassan Ould Al-Khalil, alias Jouleibib, gendre et porte-parole de Belmokhtar, en novembre 2013 ; Omar Ould Hamaha, dit Barbe rouge, bras droit de Belmokhtar, en mars 2014 ; Abou Bakr Al-Nasr, dit l’Egyptien, spécialiste des armes, très actif du côté de Benghazi en Libye, tué en avril 2014. Un autre lieutenant du Borgne, Ahmed Al-Tilemsi, trouvera la mort en décembre 2014 ; il était suspecté d’être l’un des principaux responsables de l’enlèvement de Vincent Delory et Antoine de Léocour à Niamey, en janvier 2011.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les déclarations du général de Villiers provoquent de vives réactions au Palais de justice de Paris.<em> « Nous avons appris, un peu furieux, par les médias, que des individus susceptibles d’être impliqués dans des affaires de terrorisme avaient été capturés et neutralisés par l’armée française</em>, déplorera Juliette Le Borgne, ancienne procureur au parquet antiterroriste. <em>Notre objectif judiciaire, c’est de conserver ces personnes en vie pour les traduire en justice. Or ce n’est pas l’objectif de l’armée française. Nous voulons juste savoir la vérité, pour les familles. » </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tout aussi courroucée de voir les militaires mener leur justice expéditive, la juge Laurence Le Vert a aussitôt convoqué le général Pierre de Villiers pour une audition. Les deux logiques, militaire et judiciaire, s’affrontent, et il ne paraît pas possible de les faire coïncider. A l’Elysée, François Hollande approuve visiblement les opérations militaires classées « confidentiel Défense » visant à éradiquer les chefs des groupes terroristes, sans s’embarrasser des lourdeurs judiciaires. Que ce soit au Sahel ou, désormais, en Syrie ou en Libye, il s’est engagé dans l’engrenage de la guerre. La justice passe au second plan. »</span></p>
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		<title>En Irak, François Hollande profite pour la dernière fois de son uniforme de chef des armées</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/irak-francois-hollande-profite-derniere-de-uniforme-de-chef-armees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2017 10:28:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Bagdad]]></category>
		<category><![CDATA[chef d'état]]></category>
		<category><![CDATA[Daesh]]></category>
		<category><![CDATA[Etat Islamique]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A Bagdad et Erbil, le chef de l’Etat a assuré les Irakiens du soutien de la France face à l’organisation Etat islamique</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par le Monde &#8211; Marc Semo</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">A Bagdad et Erbil, le chef de l’Etat a assuré les Irakiens du soutien de la France face à l’organisation Etat islamique. La victoire à Mossoul est « une question de semaines », veut-il croire.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">La crête rocailleuse domine la plaine de Ninive et au fond, à quinze kilomètres à peine, on devine, noyée dans la brume, la ville de Mossoul. « C’est la poussière de la bataille », explique le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, lundi 2 janvier, à François Hollande. Depuis ce poste avancé des peshmergas – les combattants kurdes –, le président français scrute le paysage à la jumelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, il regarde une carte d’état-major que commente le chef kurde. Il est là, aussi, voire d’abord, pour la photo. La mise en scène est parfaite dans la lumière frisante d’un après-midi finissant. « La bataille de Mossoul est en train d’être gagnée, c’est une question de semaines et le plus tôt sera le mieux », avait affirmé, quelques heures auparavant, François Hollande, dans une conférence de presse commune à Bagdad avec le premier ministre irakien. Haïdar Al-Abadi, optimiste, assurait également : « Nous sommes en train de couper la tête au serpent. »</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne se représente plus et se sent libéré des contingences politiques. François Hollande pense surtout à son image et sa place dans l’histoire au travers de son bilan. Ce voyage du 2 janvier en Irak est pourtant aussi une tournée d’adieu aux popotes pour un président qui a adoré être aussi le chef des armées.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>La priorité ? La lutte contre le djihadisme </b></p>
<p style="text-align: justify;">Mi-janvier, lors du sommet Afrique-France à Bamako, il rencontrera les militaires français engagés au Mali. Ces deux opérations au Sahel et au Levant sont d’incontestables succès à mettre à l’actif de son quinquennat. Il y a un peu plus de deux ans, alors que les djihadistes de l’organisation Etat islamique étaient aux portes de Bagdad et d’Erbil, il avait été en septembre 2014 le premier chef d’Etat occidental à se rendre dans la capitale irakienne et dans celle de la région kurde, peu après le début de l’intervention de la coalition internationale. Aujourd’hui, l’EI est en retrait sur tous les fronts, et Mossoul, la capitale de son califat autoproclamé, est assiégée par les forces irakiennes et kurdes aidées par l’aviation de la coalition.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette visite vise avant tout à affirmer le soutien de Paris aux autorités irakiennes, aussi bien le président Fouad Massoum, Kurde, que le premier ministre chiite et le président du Parlement, Salim Al-Jobouri, sunnite. Dans la capitale de la région kurde, il a rencontré le président Massoud Barzani. La victoire contre l’EI ne sera durable que si l’Irak arrive à mettre sur pied une gouvernance inclusive respectant toute la mosaïque ethnique et confessionnelle du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, dans l’immédiat, la lutte contre le djihadisme reste la priorité. « Agir contre le terrorisme en Irak, c’est prévenir des actes terroristes sur notre propre sol », a assuré François Hollande, affirmant que « dans le cadre de la coalition nous aidons les forces irakiennes par l’appui, le conseil, l’intervention ». La France est le second contributeur de la coalition, mais très loin derrière les Etats- Unis.</p>
<p style="text-align: justify;"><b> « Lutte longue » </b></p>
<p style="text-align: justify;">L’opération Chammal – un vent du désert – mobilise aujourd’hui quelque 1 200 militaires français. Il y a l’aviation, qui a mené depuis le début un millier de frappes, détruisant plus de 1 700 objectifs en Irak et en Syrie. Mais celles-ci ne représentent qu’une infime partie – autour de 3 % – de l’ensemble, mené pour l’essentiel par les Etats-Unis. Il y a l’artillerie, avec quatre canons Caesar longue portée déployés près de Mossoul. Mais surtout la formation, dont la task force Narvik, une quarantaine d’hommes, qui conseillent aux côtés des Américains et d’autres pays de l’OTAN les forces spéciales irakiennes de l’Iraqi Counter Terrorism Service, engagées en première ligne à Mossoul.</p>
<p style="text-align: justify;">« Le combat en zone urbaine prend du temps, d’autant que nous voulons prendre en compte la population civile. Et la progression est lente, car nous ne voulons pas laisser des îlots de résistance derrière nous », explique le capitaine Niels, l’un des formateurs. C’est une volonté de ménager l’avenir, alors même que l’équation de l’avenir de Mossoul, la grande ville sunnite du nord d’un pays majoritairement chiite, reste toujours aussi complexe.</p>
<p style="text-align: justify;">De nombreux jihadistes restent retranchés dans la ville, dont de nombreux combattants étrangers et une soixantaine de Français. « Nous ferons en sorte qu’ils soient mis hors d’état de nuire ; s’ils sont pris par les Irakiens, ils seront condamnés par la justice irakienne, et par la justice française s’ils reviennent », a expliqué le président français.</p>
<p style="text-align: justify;">Le chef de l’Etat avait commencé sa visite à Bagdad, avec Narvik. Il l’a achevé à Erbil, devant les forces spéciales françaises qui aident les peshmergas. « Il faut regarder maintenant au-delà de Mossoul. Ce sera une lutte longue pour détruire l’Etat islamique, mais elle sera victorieuse », a lancé M. Hollande.</p>
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		<title>Le bilan du quinquennat de François Hollande en matière de politique étrangère et dans la relation avec Israël</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2016 21:24:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Note stratégiques mensuelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La politique étrangère est sans doute le domaine où l’action des présidents fait relativement consensus et à cet égard, François Hollande n’a pas dérogé à la règle...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La politique étrangère est sans doute le domaine où l’action des présidents fait relativement consensus et à cet égard, François Hollande n’a pas dérogé à la règle. L’Elysée a su dessiner une ligne rassemblant les diverses tendances de la diplomatie française, mêlant la tradition gaulliste / mitterrandienne à un atlantisme et un interventionnisme plus affirmés (chers aux partisans du droit d’ingérence humanitaire). En 2015, Camille Grand, alors directeur de la Fondation pour la recherche stratégique déclarait : « <em>c’est une diplomatie désidéologisée qui s’éloigne des vaches sacrées du gaullo-mitterrandisme</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La diplomatie française s’est articulée autour de plusieurs chantiers : la lutte contre le terrorisme avec la guerre au Mali et en Centrafrique et les frappes en Irak et en Syrie, le nucléaire iranien, l’accord sur le climat qui fut un succès, la crise en Ukraine… Le programme du candidat Hollande en 2012 intitulé <em>Les</em> <em>60 engagements pour la France</em> listait une série d’objectifs de politique étrangère et européenne, même si ceux-là constituaient plus une collection de différentes actions qu’une doctrine de politique étrangère à proprement parlé. Et parmi ces 60 vœux, le 59<sup>e</sup> consistait à « <em>Soutenir la reconnaissance internationale de l&rsquo;Etat palestinien </em>».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La politique européenne a été largement contrôlée par l’Élysée tandis que la politique africaine a été principalement conduite par le Ministère de la Défense, au nom de la lutte contre le terrorisme. La France considère depuis longtemps que sa participation aux organisations internationales est l’un des vecteurs d’exercice et de maintien, de sa puissance. À ce titre, le succès de la COP 21 doit être porté au crédit de la diplomatie française et constitue une preuve de l’engagement français en faveur du multilatéralisme. La grande caractéristique du Président Hollande a été son rapport décomplexé à l’utilisation de la force armée, avec les déclenchements de l’opération Serval au Mali et de l’opération Sangaris en Centrafrique, et une tentative d’intervention en Syrie qui ne fut guère efficace du fait des atermoiements de la communauté internationale. En effet, les velléités des puissances occidentales ont permis à la Russie de Vladimir Poutine de largement dominer le jeu au Moyen-Orient.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La lutte contre Daech et le terrorisme</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span><span style="color: #000000;">Dès l’entrée de son mandat, François Hollande a été confronté à la menace terroriste. Alors qu’il n’était pas encore en exercice, les attentats de Toulouse et Montauban en mars 2012 ont fait entrer la France dans une nouvelle ère et fait de la lutte contre le terrorisme le fil rouge du quinquennat suivant.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette perspective, les effectifs de l’armée française ont été rehaussés sous la présidence d’Hollande. En effet, la défense française a été particulièrement mise à l’honneur sous le quinquennat : volontariste, la politique de défense de François Hollande a permis le déploiement de l’armée française sur différents théâtres d’opérations en Afrique et au Moyen-Orient, au nom des valeurs universelles que la France porte et des intérêts qu’elle défend.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Afrique et Centrafrique</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Le 11 janvier 2013, le président François Hollande engageait l’armée française au Mali contre les djihadistes : c’est l’opération Serval. Le pays était alors coupé en deux et dirigé par un gouvernement sans légitimité démocratique. En l’espace de douze mois, l’armée française (environ 2500 soldats) a libéré le nord de la boucle du Niger, des centaines de djihadistes ont été neutralisés et le Mali s’est doté d’un Président démocratiquement élu. L’opération Barkhane, prolongement de la précédente, lancée au Sahel le 1<sup>er </sup>août 2014 est parvenue à repousser les djihadistes qui ont contrôlé le nord du pays de mars-avril 2012 à janvier 2013. 3000 hommes ont été mobilisés. Les djihadistes ont été neutralisés dans les principales villes du nord telles que Tombouctou et Gao mais l’insécurité demeure sur les routes et les espaces désertiques et empêche le retour à une activité économique normale.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Lancée il y a trois ans après le renversement du Président François Bozizé par les groupes rebelles de la Seleka qui s’étaient adonnés à de multiples exactions contre les populations chrétiennes (lesquelles ont constitué des milices d’auto-défense anti-balaka et s’en sont pris à leur tour aux civils musulmans), l’opération Sangaris en Centrafrique s’est achevée officiellement en octobre dernier. Avec l’aval de l’Union africaine et de l’ONU, 2500 soldats français ont été mobilisés au plus fort des tensions, trois soldats sont morts pendant l’opération et 120 autres blessés. Sangaris a coûté plus de 500 millions d’euros et le bilan de l’opération est en demi-teinte : si elle a permis de mettre fin aux tueries de masse, les bandes armées ne sont pas neutralisées et les 10 000 casques bleus de l’opération des Nations-Unies MINUSCA, toujours présents en Centrafrique, continueront de faire face à de nombreux défis sécuritaires (25 000 réfugiés dans un camp près de l’aéroport de Bangui, reprise des exactions par les milices qu’il reste à désarmer, etc.).</span><strong> </strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Syrie et Irak</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">En août 2013, François Hollande veut « punir » le régime du président syrien Bachar al-Assad, accusé d&rsquo;avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple. Mais le dirigeant français doit se raviser après la volte-face de son homologue et allié américain, Barack Obama, qui renonce à le suivre. Sur le dossier syrien, François Hollande « <em>veut penser que la démocratie existe dans ce pays et qu’il faut parvenir à la faire émerger. » </em>Cela implique qu’il faut combattre Bachar al-Assad. La France doit donc opérer un virage et opte pour une approche beaucoup plus attentiste, calquée sur l’attitude américaine, qui privilégie l’endiguement de la crise et la lutte contre le terrorisme. Elle entend désormais cibler les bastions du groupe jihadiste dans le nord de la Syrie. Fin septembre 2016, les avions français, alors engagés en Irak dans le cadre de la coalition internationale anti-jihadiste, frappent des sanctuaires de Daech. Ainsi Paris considère son intervention en Syrie comme de la légitime défense puisqu’elle est attaquée sur son propre territoire.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">En Irak, depuis septembre 2014, l’opération Chammal permet le déploiement des forces militaires françaises. Au sein de la coalition internationale contre l’EI, les avions de chasse tricolores et le porte-avions Charles-de-Gaulle sont fortement mis à contribution.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Au 1er septembre 2016, le colonel Patrick Steiger, porte-parole de l&rsquo;État-major des armées, rapporte que la France a effectué du 5 juillet au 30 août 344 sorties et mené 61 raids. Depuis le début de l&rsquo;opération, les Mirage et les Rafale français ont mené en Irak un millier de frappes. Ce qui fait de la France la deuxième force de la coalition internationale, juste derrière les États-Unis.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le rôle de la France au Moyen-Orient</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour la France, le Moyen-Orient et Israël représentent une importante sphère d&rsquo;influence et des intérêts à long terme. Ces relations stratégiques étroites auraient du permettre aux Français de jouer un rôle de médiateur entre Israël et ses voisins dans les efforts pour obtenir la paix dans la région mais les initiatives françaises, bien que louables et sans doute bien intentionnés, ont davantage renforcé les tensions et la défiance entre Israéliens et Palestiniens.</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Les relations franco-israéliennes</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Depuis 1967, le conflit israélo-palestinien a souvent été un facteur de tension au sein de la société française. La position diplomatique de la France n’a pas évolué et se résume en trois points fondamentaux : « <em>la création d&rsquo;un État palestinien indépendant, viable et démocratique établi sur la base des frontières de 1967, la proclamation de Jérusalem comme capitale de deux Etats et des arrangements de sécurité préservant la souveraineté de l’Etat palestinien et garantissant la sécurité d’Israël</em>. »</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Les attentats de Charlie Hebdo, Montreuil et de l’Hyper Cacher, survenus presque 3 ans après ceux de Montauban et de Toulouse, puis ceux du Bataclan et de Nice ont toutefois changé la donne. Pour la première fois, le peuple français s’est levé pour exiger du gouvernement qu’il assume la «  <em>guerre</em><em> contre le terrorisme, le djihadisme et l&rsquo;islamisme radical </em>», selon les propos de Manuel Valls. La France et Israël se sont retrouvés unis dans ce même combat.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">L’entente est particulièrement cordiale entre les deux pays lors de l’élection de François Hollande. Shelly Yachimovich, alors présidente du Parti travailliste, est invitée aux universités d’été du Parti socialiste à la Rochelle du 22 au 26 août 2012 puis est reçue à l’Elysée par le président français.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">A l’occasion de sa première visite en France depuis l’élection de François Hollande, Benyamin Netanyahou demande à se rendre à l’école Ozar Hatorah à Toulouse le 1<sup>er</sup> novembre 2012 pour rendre hommage aux victimes de Mohammed Merah. Il s’agit alors de sa première rencontre avec le nouveau président français. Un an plus tard, le président français, qui apparaît comme un homme « neuf » et un ami d’Israël du fait de son engagement contre le boycott, et qui noue de fait une relation plutôt amicale avec le chef de l’Etat hébreu, fait une visite officielle en Israël pour consolider la coopération économique et stratégique à l’occasion de la Journée de l’Innovation. Cette nouvelle réunion avec Benyamin Netanyahou </span>laisse augurer une collaboration fructueuse et les commentateurs évoquent même une « lune de miel » entre les deux hommes.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Si la relation reste forte, cette « lune de miel » ne va pas durer et à mesure que la popularité de François Hollande va s’effondrer et que le PS va essuyer plusieurs revers (il perd les municipales, les cantonales, les européennes et le Sénat en 2014), les liens entre la France et Israël vont se dégrader. Les protestations populaires renforcent ce sentiment de débâcle et la gauche est complètement désunie. Au même moment, survient la guerre à Gaza menée par Israël contre le Hamas à l’été 2014. Ce conflit fait prendre un tournant majeur à la vie politique française et devient une occasion pour la gauche de donner l’illusion qu’elle n’est pas si disloquée qu’elle apparaît et qu’elle peut avoir des convergences de vue avec les frondeurs. Ainsi, la question palestinienne est instrumentalisée à des fins de politique intérieure.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Les démonstrations de force pro-palestiniennes dans les rues de Paris et à Sarcelles et leurs dérives antisémites parviennent à mettre le gouvernement sous pression. Si au début du conflit, François Hollande via un communiqué de l’Elysée reconnaît à Israël « <em>le droit de se défendre </em>» suite à une conversation avec le Premier ministre israélien, il ne peut s’empêcher, quelques jours plus tard de donner des gages aux Palestiniens. Le gouvernement condamne alors « <em>l’action disproportionnée de l’armée israélienne</em> » pourtant très précautionneuse dans ce conflit asymétrique. Quelques semaines après la fin de l’Opération Bordure protectrice, le gouvernement français laisse les parlementaires voter à l’Assemblée nationale et au Sénat une résolution symbolique en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine. François Hollande ne dit mot… sans doute y consent-il ? « <em>Soutenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine </em>» constitue en effet la 59e promesse de sa campagne. Si la France est légitime à agir au sein du Quartet pour la paix au Proche-Orient, elle a commis de nombreuses erreurs dans le passé et sous le quinquennat de François Hollande. L’agitation politique qui accompagne le débat parlementaire sur la reconnaissance de la Palestine ne présage rien de bon. Benoît Hamon, initiateur de la résolution, a reconnu de son propre aveu, rapporté par Le Canard enchaîné du 19 novembre 2014 : « <em>Cette résolution est tout à fait opportune sur le plan électoral. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre de Gaza.</em> ». Les 2 et 9 décembre 2014, deux résolutions portées par les frondeurs du Parti socialiste, sont soumises au vote de la représentation nationale afin de « <em>faire de la reconnaissance de l’Etat de Palestine un instrument pour obtenir un règlement définitif du conflit </em>». Si les parlements votent en leur faveur, cette décision n’a pas de valeur juridique et n’est pas contraignante pour le Quai d’Orsay. Mais symboliquement, le mal est fait.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Jusqu’à la visite de Manuel Valls en mai 2016, la relation entre la France et Israël est glaciale. Le Premier ministre, qui bénéficie d’une image positive auprès du gouvernement israélien, parvient néanmoins à réchauffer les rapports entre les deux pays.</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Le soutien de la France à la Palestine au sein des instances internationales</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Avant le mandat de François Hollande, Nicolas Sarkozy avait déjà œuvré pour une reconnaissance de la Palestine au sein des instances internationales. Ainsi, le 31 octobre 2011, la Palestine faisait son entrée à l’UNESCO. Un an plus tard, François Hollande prend la </span><span style="color: #000000;">relève et le 29 novembre 2012, la France vote en faveur d&rsquo;une résolution à l&rsquo;Assemblée générale des Nations Unies permettant à la Palestine, Etat non-membre, d’avoir le statut d&rsquo;État observateur. Le 31 décembre 2014, la France est le seul pays de l&rsquo;UE à voter en faveur d&rsquo;une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies sur un accord de paix qui fournissait un agenda et des paramètres. Celle-ci ne réunit même pas la majorité mais la France a commis une grave erreur diplomatique. « <em>Cette résolution encourage les divisions et non un compromis</em> », avait déclaré l&rsquo;ambassadrice américaine à l&rsquo;ONU Samantha Power. « <em>Ce texte n&rsquo;évoque les inquiétudes que d&rsquo;une seule partie</em>», avait-t-elle ajouté.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Enceintes de propagande et de haine, l’ONU et l’UNESCO sont aujourd’hui noyautées par une coalition de pays hostiles aux valeurs démocratiques qui ont trouvé une plateforme idéale pour dénigrer les valeurs occidentales et faire avancer leurs pions sur la scène internationale. Seul Israël fait l’objet de ce double standard permanent qui en fait un Etat à part parmi les nations. Ainsi pour la seule année 2014, Israël a été condamné à 20 reprises par l’Assemblée générale des Nations Unies, alors que la Corée du Nord ne l’a été qu’une seule fois, comme la Libye, l’Iran ou la Syrie, et que l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan, la Chine (entre autres pays qui bafouent les droits de l’homme les plus élémentaires) qui ont été tout simplement « oubliés ». 38% des résolutions du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies ont été dirigées contre Israël, le Conseil ayant un agenda où 10 questions sont examinées à chaque session dont une est spécialement réservée à Israël. Les démocraties, et la France en première ligne, ont capitulé face à ce groupement d’Etats antisionistes. Il est pourtant de son devoir de porter haut et fort les valeurs communes que partagent la France et Israël.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Le 24 mai 2016, une résolution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), intitulée « Situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé », est adoptée à une écrasante majorité de 107 voix pour et 8 contre. Elle condamne Israël pour avoir prétendument violé les « <em>droits à la santé</em> » des Syriens sur le plateau du Golan. Cette résolution est adoptée alors même que des hôpitaux israéliens soignent, sur le plateau du Golan, des Syriens qui fuient les massacres d’el-Assad. Cette résolution a été promue par les États arabes, et en premier lieu par l’Arabie Saoudite, dont le représentant a averti que les pays qui voteraient contre la résolution de l’OMS ne seraient pas considérés comme des « <em>États épris de paix</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Toutes ces décisions n’ont aucunement fait avancer les pourparlers de paix, bien au contraire, elles ont entrainé les Palestiniens dans l’irrédentisme, encouragé le terrorisme et le fanatisme. L’Autorité palestinienne a utilisé la scène internationale pour condamner systématiquement Israël, créant toujours plus de défiance entre les deux peuples. Si la France veut être audible et crédible au Moyen-Orient, elle doit prendre pleinement conscience du terrain et du contexte régional, sans brûler les étapes. Elle doit aider à rétablir la confiance et à renforcer les coopérations économiques et stratégiques pour créer un climat favorable plutôt que d’imposer des paramètres sans consulter les principaux intéressés.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Aux mois de mai et d’octobre de cette année, l’UNESCO a officiellement adopté deux résolutions sur « Jérusalem-Est » qui cautionnent une réécriture inadmissible de l’Histoire juive et donc de l’Histoire universelle en niant tout lien millénaire entre Jérusalem et le peuple juif. Tous les sites religieux y sont dénommés en arabe alors même que l&rsquo;islam est apparu plus de 600 ans après la naissance du Christ et que le Temple d&rsquo;Hérode, dont le Mur Occidental, </span>selon tous les archéologues, est le vestige. Lors du vote de la première résolution, la France s’exprime en faveur du texte suscitant une levée de boucliers dans le monde et obligeant</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Manuel Valls et plusieurs responsables politiques à s’en excuser, pourtant, 5 mois plus tard, au lieu de rectifier le tir, elle choisit de s’abstenir lors du vote d’une nouvelle résolution qui marginalise encore Israël fait des grands sites juifs de Jérusalem un héritage musulman. Le gouvernement israélien a immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l&rsquo;UNESCO en signe de protestation. Par ce vote, l’UNESCO a rejeté les fondements mêmes de notre civilisation, faisant ainsi le lit des islamistes qui, dans une volonté de conquête, ambitionnent de prendre en otage la culture du monde libre et les racines du christianisme. Il était du devoir de la France, qui s’est abstenue, et de toutes les démocraties de défendre nos valeurs et faire triompher la vérité et ne pas laisser cette organisation internationale faciliter le travail de sape organisé par les mouvements pro-palestiniens et panislamiques.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Etiquetage des produits issus des implantations juives de Cisjordanie, du Golan et de Jérusalem Est</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Pour la France et la communauté internationale, les implantations juives de Cisjordanie ne font pas partie du territoire israélien. Selon le Quai d&rsquo;Orsay, « <em>l&rsquo;implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est constitue une appropriation illégale de terres qui devraient être l&rsquo;enjeu de négociations de paix entre les parties sur la base des lignes de 1967</em> ». Ainsi, l’idée de la mise en place d’une politique d’étiquetage, a progressivement muri au sein des institutions européennes, avec pour objectif de mettre Israël sous pression.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Le 24 novembre, la France a fait le choix d’appliquer cette directive pourtant « non contraignante ». Les hautes instances européennes créent ainsi un droit et une souveraineté palestinienne qui n’existent pas (tant qu’il n’existera pas d’Etat de Palestine) en inventant une frontière fictive (la « ligne verte » est une ligne d’armistice, pas une frontière) qui sépare Israël des implantations. En voulant sanctionner Israël et faire pression sur son gouvernement qui, comme elle, fait face au terrorisme islamiste, la France encourage l’Autorité Palestinienne et les mouvements pro-palestiniens à privilégier l’incitation à la haine et la violence plutôt que revenir à la table des négociations pour rechercher un compromis sans lequel, il n’y aura pas de paix. Contrairement à ce que les promoteurs de cette politique discriminatoire à l’égard d’Israël affirment, il n’y a pas de différence entre l’étiquetage des produits des implantations juives et le boycott d’Israël. La directive de l’UE stigmatise Israël comme « puissance occupante » et « Etat colonial ». Elle appuie la rhétorique des pays arabes au sein des organisations internationales et donne une justification au mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions).</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">L’étiquetage, du fait de son caractère ambigu et discriminatoire, sera naturellement instrumentalisé par les partisans du boycott d’Israël. C’est une initiative inutile qui participe du double standard auquel est en permanence confronté Israël et n’a pour autre objectif que d’isoler l’Etat hébreu. Enfin, l’étiquetage entre en contradiction avec un mouvement global de condamnation du boycott d’Israël, pourtant interdit en France.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le nucléaire iranien et l’Accord de Vienne</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">La ligne dure française dans le dossier du nucléaire iranien a été officialisée par Nicolas Sarkozy puis poursuivie et assumée par son successeur socialiste François Hollande depuis 2012. La France a ainsi fait le chemin inverse des Etats-Unis, qui ont changé de stratégie avec l&rsquo;arrivée de Barack Obama et sa volonté de parvenir à un accord historique avec Téhéran sur le dossier nucléaire. L’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius fut Premier ministre entre 1984 et 1986, à l&rsquo;époque la pire des relations entre Paris et Téhéran. Attentats en France, prises d&rsquo;otages français au Liban attribuées au Hezbollah chiite allié de Téhéran, contentieux sur le contrat nucléaire Eurodif, soutien de la France à l&rsquo;Irak alors en guerre contre l&rsquo;Iran etc., des événements qui ont compromis toute relation de confiance avec la République islamique. Par ailleurs, Paris avait clairement fait le choix des monarchies pétrolières du Golfe et de la stabilité conservatrice qu&rsquo;elles représentent face à un Iran dont la France n&rsquo;a de cesse de rappeler le rôle déstabilisateur en Syrie, au Liban ou en Irak. S&rsquo;ajoutent d&rsquo;autres raisons comme la volonté française d&rsquo;apparaître comme le « gardien de la non-prolifération » nucléaire.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">C&rsquo;est en arguant de son expertise &#8211; reconnue &#8211; sur ces questions que Paris réclame un accord solide avec l&rsquo;Iran et soupçonne parfois son allié américain d&rsquo;être prêt à trop de concessions pour arracher un compromis historique. Lequel allié, en retour, surveille son partenaire français pour éviter, dans la dernière ligne droite des négociations, une réédition du « psychodrame » de Genève en novembre 2013. A l&rsquo;époque, Paris s&rsquo;opposa in extremis à la première mouture d&rsquo;un accord provisoire concocté entre Washington et Téhéran. Un texte amélioré avait été signé 15 jours plus tard.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Malgré la fermeté française sur le nucléaire iranien, l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien conclu le 14 juillet 2015 n’a été ni « bon » ni « robuste » comme le souhaitait le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. S’il retarde le programme d’une bonne année, le limite et le soumet à un contrôle bien plus poussé qu’il ne l’est aujourd’hui, il ne propose aucune solution à long terme et comporte de nombreuses failles.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">***</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La diplomatie française sous la Présidence de François Hollande offre un bilan en demi-teinte. Des actions décisives ont été menées et ont permis d’empêcher des désastres humains et politiques, notamment au Mali et en Centrafrique. Vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, l’action française n’est pas éloignée de celle des mandats précédents, se contentant de postures parfois contradictoires ou d’initiatives le plus souvent contre-productives. La France a toutefois résisté à la tentation et à la pression d’une reconnaissance unilatérale de la Palestine et n’a donc pas franchi la ligne rouge.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce qu’il faut également retenir et saluer est le volontarisme marqué du Président, qu’il s’agisse du dossier iranien pour lequel la France bénéficie d’une crédibilité forte et dont les positions ont souvent été les plus fermes, ou de la crise en Syrie pour laquelle la France n’a pas hésité à affirmer seule et tôt la nécessité d’intervenir. Ceci n’a malheureusement pas été accompagné d’une force de persuasion suffisante pour avancer sur ces deux dossiers majeurs : </span>l’accord iranien n’est pas satisfaisant et l’impuissance face à la tragédie syrienne jette un voile de honte sur toute la communauté internationale.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Présidentielles 2017 &#8211; Primaires citoyennes de la gauche</title>
		<link>https://elnetwork.fr/vie-politique-francaise/presidentielles-2017-primaires-citoyennes-de-gauche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2016 22:36:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet de campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Bennahmias]]></category>
		<category><![CDATA[de Rugy]]></category>
		<category><![CDATA[Filoche]]></category>
		<category><![CDATA[Hamon]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[Larrouturou]]></category>
		<category><![CDATA[Lienemann]]></category>
		<category><![CDATA[Montebourg]]></category>
		<category><![CDATA[Valls]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec l’attente provoquée par l’incertitude liée à la décision du Président François Hollande de présenter ou non sa candidature à l’élection présidentielle, les primaires citoyennes de la gauche ont mis du temps à démarrer.</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://elnetwork.fr/vie-politique-francaise/presidentielles-2017-primaires-citoyennes-de-gauche/">Présidentielles 2017 &#8211; Primaires citoyennes de la gauche</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://elnetwork.fr">ELNET</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Avec l’attente provoquée par l’incertitude liée à la décision du Président <strong>François Hollande </strong>de présenter ou non sa candidature à l’élection présidentielle, les primaires citoyennes de la gauche ont mis du temps à démarrer. Avec l’annonce de son retrait, suivie de la démission et de l’entrée en campagne de <strong>Manuel Valls</strong>, les dés sont désormais jetés. Les appels à l’unité de la gauche se multiplient mais les annonces de candidatures aussi… (<a style="color: #000000;" href="http://abonnes.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/12/07/primaire-de-la-gauche-comment-rassembler_5044568_4854003.html">Le Monde, 7 décembre 2016</a>). Le 17 décembre, la Haute Autorité des Primaires validera définitivement la liste des candidats.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Qui sont les candidats ? </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Marie-Noëlle Lienemann</strong>, figure des « frondeurs », sénatrice de Paris, avait dès l’annonce de l’organisation des primaires de gauche annoncé sa candidature. <strong>Benoît Hamon</strong>, depuis sa sortie du gouvernement en 2014, se place également parmi les « frondeurs », dans l’ombre d’<strong>Arnaud Montebourg</strong>. <strong>Gérard Filoche</strong>, ancien inspecteur du travail, est également candidat, il l’avait annoncé début octobre sur son blog. <strong>Arnaud Montebourg</strong>, ancien ministre du Redressement productif, a officiellement déposé sa candidature jeudi dernier. <strong>Jean-Luc Bennahmias</strong> est le candidat du Front démocrate, membre de l’Union des démocrates et des écologistes (UDE), montée par l’ex-EELV Jean-Vincent Placé. <strong>François de Rugy</strong> est candidat déclaré de son mouvement <em>Ecologistes !</em> qui a dès lors fait scission avec l’Union des démocrates et des écologistes. L’économiste <strong>Pierre Larrouturou</strong>, ancien conseiller régional d’Ile-de-France, est candidat pour <em>Nouvelle Donne</em> (<a style="color: #000000;" href="http://abonnes.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/12/01/qui-sont-les-candidats-a-la-primaire-de-la-gauche_5041387_4854003.html">Le Monde, 1<sup>er</sup> décembre 2016</a>). <strong>Manuel Valls</strong> a annoncé sa candidature le 5 décembre lors d’un meeting à la mairie d’Evry, son fief électoral. <strong>Vincent Peillon</strong>, ancien ministre de l’Education, député européen redevenu professeur de philosophie, pourrait annoncer sa candidature de dernière minute dans les prochains jours (<a style="color: #000000;" href="http://www.liberation.fr/france/2016/12/07/vincent-peillon-futur-candidat-a-la-primaire-socialiste_1533630">Libération, 7 décembre 2016</a>). Quant à <strong>Christiane Taubira</strong>, elle ne se présentera vraisemblablement pas : son voyage pour une semaine au Pérou fait définitivement taire les rumeurs de son éventuelle candidature.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong><strong>Quels positionnements ? </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong><strong>Arnaud Montebourg</strong> se dit prêt à travailler avec Jean-Luc Mélenchon s’il remporte la primaire. Il a indiqué qu’il était prêt à se tourner vers lui et à lui proposer un accord de gouvernement (voir son interview complète pour <a style="color: #000000;" href="http://abonnes.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/11/29/arnaud-montebourg-la-primaire-est-une-arme-de-construction-massive_5040115_4854003.html">Le Monde, 29 novembre 2016</a>. Parmi les propositions de <strong>Marie-Noëlle Lienemann</strong> : une hausse du smic à 1300 euros net par mois puis 1500 euros ; un plafonnement du salaire des patrons et la mise en place d’un revenu de bas pour tous les jeunes de moins de 28 ans. <strong>Benoît Hamon </strong>veut faire campagne sur la réduction du temps de travail et sur l’instauration d’un « revenu universel d’existence ». <strong>Manuel Valls</strong> assure qu’il souhaite « faire gagner tout ce qui nous rassemble », son slogan de campagne : il espère occuper l’espace central dans l’électorat de gauche, entre la frange radicale incarnée par <strong>Arnaud Montebourg</strong> et <strong>Benoît Hamon</strong> et la frange libérale d’<strong>Emmanuel Macron</strong>. Depuis l’annonce de sa candidature, il semble que les grandes manœuvres vont bon train pour susciter une candidature concurrente à celle de <strong>Manuel Valls</strong>. <strong>Marie-Noëlle Lienemann</strong> se dit prête à annoncer l’abandon de sa candidature pour faciliter la victoire d’un candidat alternatif à la ligne incarnée par <strong>Manuel Valls</strong>. Aussi la candidature indépendante d’<strong>Emmanuel Macron </strong>agace, on lui reproche de disqualifier toute la gauche et on l’enjoint à participer à ses primaires : c’est l’objet d’une tribune publiée par l’adjoint au maire Patrick Klugman dans <a style="color: #000000;" href="http://www.liberation.fr/debats/2016/12/07/emmanuel-macron-doit-se-soumettre-a-la-primaire-de-la-gauche_1533334">Libération, 7 décembre 2016</a>.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Débuts de campagne…</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong>Les candidats déclarés plus tôt se sont activés depuis la fin de l’été : meeting de <strong>Benoît Hamon</strong> à la Plaine-Saint-Denis le 28 août dernier, meeting parisien pour <strong>Marie-Noëlle Lienemann </strong>début octobre sur une péniche. Au lendemain de l’annonce de sa candidature, <strong>Manuel Valls</strong> a prononcé un discours devant 150 parlementaires PS à l’Assemblée nationale pour renforcer ses rangs (<a style="color: #000000;" href="http://abonnes.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/12/06/discours-de-mobilisation-de-manuel-valls-a-pres-de-150-parlementaires-ps_5044531_4854003.html">Le Monde, 6 décembre 2016</a>). Il a passé une première journée de campagne dans le Doubs : un premier meeting à Audincourt, la visite de l’usine Cristel à Fesches-le-Châtel et de la frutière de Noirefontaine. <strong>Arnaud Montebourg</strong> s’est déplacé ce mercredi 7 décembre à Dijon où il a participé à une réunion publique et quelques rencontres avec le monde économique (<a style="color: #000000;" href="http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/cote-d-or/dijon/primaire-gauche-arnaud-montebourg-fait-campagne-dijon-1149225.html">France Info, 6 décembre 2016</a>).</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong><strong>Comment ça marche ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong>Les primaires citoyennes visent à désigner un candidat unique de la gauche et des écologistes pour l’élection présidentielle. Les mouvances organisatrices sont les acteurs de la Belle Alliance Populaire : <strong>Parti socialiste</strong>, <strong>UDE</strong>, <strong>Front démocrate et Parti Ecologiste</strong>. Les candidats socialistes ont jusqu’au <strong>15 décembre</strong> pour se présenter au scrutin. Pour ce faire, ils doivent réunir les parrainages de <strong>5%</strong> de l’un des groupes suivants : membres titulaires du Conseil national ; parlementaires socialistes ; conseillers régionaux et départementaux socialistes représentant au moins quatre régions et dix départements ; maires socialistes de villes de plus de 10 000 habitants représentant au moins quatre régions et dix départements. Les primaires sont ouvertes à toutes les citoyennes et tous les citoyens. Elles se tiendront les <strong>22 et 29 janvier</strong> prochains.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>La suite au prochain carnet…</strong></p>
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		<title>Malek Boutih : «On ne peut pas laisser François Hollande être candidat»</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/malek-boutih-ne-peut-pas-laisser-francois-hollande-etre-candidat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2016 10:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[President]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le député PS de l'Essonne, proche de Manuel Valls, le président sortant doit renoncer à se présenter à sa propre succession dans les jours qui viennent.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par le FIGARO &#8211;  Solenn de Royer</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">INTERVIEW &#8211; Pour le député PS de l&rsquo;Essonne, proche de Manuel Valls, le président sortant doit renoncer à se présenter à sa propre succession dans les jours qui viennent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>LE FIGARO. &#8211; François Hollande doit dire dans les prochains jours s&rsquo;il est candidat à un deuxième mandat ou pas. Souhaitez-vous qu&rsquo;il le soit?</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Malek BOUTIH. &#8211; Non. Il faut que François Hollande comprenne que l&rsquo;horizon lui est fermé. Le président est isolé au sein de la gauche, isolé au sein de son propre parti, isolé chez les militants. Il faut aussi que François Hollande comprenne que son problème, ce ne sont pas les sondages. Son problème, c&rsquo;est lui, ce qu&rsquo;il est, son comportement, le livre dans lequel il s&rsquo;est abondamment confié et, désormais, cette enquête ouverte par le parquet de Paris pour compromission du «secret défense»&#8230;! François Hollande veut sans doute être candidat mais il doit comprendre qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;état de fait. Il ne peut pas imposer sa candidature et dire: «voilà, c&rsquo;est comme ça, il faut se soumettre&#8230;» </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Manuel Valls se tient prêt à être candidat si François Hollande ne l&rsquo;est pas. Le premier ministre peut-il tenter de pousser son avantage ou est-il contraint d&rsquo;attendre la décision du chef de l&rsquo;État? </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le premier ministre est confronté au défi de la responsabilité face à l&rsquo;irresponsabilité présidentielle. Je l&rsquo;ai dit: François Hollande a démontré qu&rsquo;il y avait désormais un problème sur sa personne. On voit bien que la France vient après lui, et que la gauche vient plus loin encore derrière. Or, on a besoin de tenir les deux bouts de la chaîne: l&rsquo;État, la gauche. Aujourd&rsquo;hui, le premier ministre sert de catalyseur, il rassemble tous ceux qui ne veulent pas de François Hollande pour 2017. Je suis persuadé que ce courant anti-Hollande est désormais majoritaire à gauche. Je dirais même qu&rsquo;il est majoritaire au sein du gouvernement: s&rsquo;il y avait un vote, une majorité de ministres se prononceraient contre une candidature du président sortant. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Pourquoi François Fillon a-t-il réalisé un aussi joli score?</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Parce que d&rsquo;un certain point de vue, il représente, aux yeux de la droite en tout cas, tout le contraire de François Hollande: le sérieux, le statut d&rsquo;homme d&rsquo;État, quelqu&rsquo;un qui assume ses responsabilités, qui ne tergiverse pas, ne manipule pas&#8230;. Contrairement à ce qu&rsquo;ils croient à l&rsquo;Élysée, le score de François Fillon au premier tour de la primaire n&rsquo;est pas une bonne nouvelle pour François Hollande. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Mais concrètement, que peut faire Manuel Valls si François Hollande décidait de se présenter? </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il ne fera pas de putsch! Mais en même temps, on ne peut pas laisser François Hollande être candidat, on ne peut pas le laisser s&rsquo;imposer à la gauche française. S&rsquo;il y a complot, il n&rsquo;est pas du côté des vallsistes ou de tous ceux qui ne veulent pas de François Hollande. Le complot, il est à l&rsquo;Élysée! Le premier ministre doit donc tenter de rassembler au-delà de ses soutiens traditionnels. Il doit tendre la main à des élus, des personnalités dont on pensait qu&rsquo;elles n&rsquo;étaient pas d&rsquo;accord avec lui&#8230; Mais il faut le faire avec calme. Nous sommes nombreux à poursuivre le même objectif, avec détermination, avec sérieux: faire en sorte que François Hollande renonce à être candidat à sa propre succession.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le rôle de France au Moyen-Orient : Eléments de synthèse du discours de François Hollande à la Conférence des Ambassadeurs</title>
		<link>https://elnetwork.fr/relations-regionales/le-role-de-france-au-moyen-orient-elements-de-synthese-du-discours-de-francois-hollande-la-conference-des-ambassadeurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2016 22:34:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Edito Hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Daesh]]></category>
		<category><![CDATA[djihadisme]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le premier sujet qu’il a évoqué est l’implication française au Moyen-Orient et la difficulté de s’extraire de cette « guerre qui sera longue » et l’impératif d’œuvrer collectivement pour « conjurer ce fléau ». </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mardi 30 août, François Hollande a délivré pour la dernière fois un discours à la Conférence des Ambassadeurs, dans lequel il a retracé les grandes lignes de la politique étrangère de la France, rappelant les défis de l’année à venir et dressant le bilan de ses quatre années de politique extérieure. Le Chef de l’Etat a fait un tour d&rsquo;horizon des dossiers internationaux rappelant le rôle mondial de la France, rôle qui dépasse notre seul destin national avec notamment la lutte contre le terrorisme. Le premier sujet qu’il a évoqué est l’implication française au Moyen-Orient et la difficulté de s’extraire de cette « <em>guerre qui sera longue </em>» et l’impératif d’œuvrer collectivement pour « <em>conjurer ce fléau </em>». Le terrorisme djihadiste est constant et selon lui, ce n’est pas uniquement en détruisant les principaux lieux de Daech qu’on le détruira, car les foyers sont nombreux en Asie et en Afrique, sans oublier l’Europe.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Président a insisté sur le risque d&#8217;embrasement en Syrie en raison de la multiplicité des acteurs étrangers sur le terrain. Au Moyen-Orient, face à Daech, la France agit militairement, de concert avec les États-Unis, la Turquie et la Russie. Le gouvernement français constate cependant que l’action russe et turque est contradictoire : Bachar al-Assad profite de l’appui russe pour éliminer tous les opposants, et la Turquie attaque les Kurdes autant que Daech. François Hollande a suggéré que la Russie ne se soucie guère de ses contradictions, alors que la France, elle, veut que les violences cessent et que la solution politique soit privilégiée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce discours a également été l’occasion d’évoquer le conflit israélo-palestinien. Deux points essentiels ont été soulignés : d’une part le constat « <em>à regret que les conditions ne sont toujours pas réunies pour une négociation directe entre Palestiniens et Israéliens </em>» et la nécessité à terme pour les deux parties de régler elles-mêmes leurs différends : « <em>La priorité, c’est que le travail débouche sur des mesures concrètes qui pourront être proposées à la fin de l’année aux parties prenantes pour qu’ensuite elles et elles seules fassent le travail qui est attendu, c’est-à-dire la négociation, et la solution dont on connaît les paramètres, deux Etats qui peuvent vivre en paix et en sécurité </em>». Si le Président est revenu sur le rôle de la France dans l’organisation de la conférence internationale du 3 juin dernier et sur la nécessité de poursuivre la médiation, il semble ici que la diplomatie française soit sortie de son mode incantatoire habituel pour prendre en compte la complexité du terrain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, dans un Moyen-Orient qui s&#8217;embrase, la résolution du conflit israélo-palestinien ne peut être que la conséquence d&rsquo;une solution globale qui intègre la stabilisation des Etats arabes sunnites modérés et la mise en place d&rsquo;une coopération économique régionale. ELNET œuvre en ce sens en promouvant les valeurs de paix et justice que seul le dialogue entre leaders politiques peut instaurer.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La paix entre Israéliens et Palestiniens doit être conditionnée par des exigences politiques et économiques qui garantissent un environnement stable et vertueux pour les deux parties. La France et l’Europe peuvent jouer un rôle constructif en Moyen-Orient en rétablissant la confiance et non en isolant Israël avec des résolutions ou des directives comme elles l’ont fait par le passé. Le combat d’Israël contre l’islamisme radical ne diffère pas de celui de l’Occident contre le djihadisme et seule l’union des démocraties permettra de vaincre la barbarie.</span></p>
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