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		<title>De l&#039;urgence d&#039;investir dans la cybersécurité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2017 19:05:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vendredi 12 mai, dans 150 pays environ, des centaines de milliers d’ordinateurs ont été infectés par un logiciel malveillant dénommé WannaCry bloquant leur utilisation, dans ce qui semble être l’une des attaques cybernétiques les plus importantes depuis des années. Au Royaume-Uni, c’est le système de santé qui a été largement perturbé par ce virus informatique. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vendredi 12 mai, dans 150 pays environ, des centaines de milliers d’ordinateurs ont été infectés par un logiciel malveillant dénommé WannaCry bloquant leur utilisation, dans ce qui semble être l’une des attaques cybernétiques les plus importantes depuis des années. Au Royaume-Uni, c’est le système de santé qui a été largement perturbé par ce virus informatique. Examens médicaux annulés ou perturbés, communications téléphoniques affectées, accès aux données bloqués… le Service national de santé NHS, qui englobe médecins de ville, hôpitaux et ambulances, a été largement déstabilisé par ce logiciel qui prend en otage les usagers des ordinateurs en bloquant l’accès à leurs fichiers. Parmi les autres victimes, le réseau de Hitachi, géant de l’électronique japonais a été infecté, le logisticien américain Fedex a vu ses systèmes vaciller, plusieurs ministères russes ont été hackés, les gares allemandes ont été affectées. En France, un logiciel de rançon a été découvert par la direction des systèmes informatiques de Renault.</p>
<p style="text-align: justify;">D’après la société israélienne Check Point, malgré un léger ralentissement observé, WannaCry continue encore de se répandre, ciblant les entreprises à travers le monde. Avec une tentative d&rsquo;intrusion toutes les trois secondes, contre une tentative par seconde, il y a de cela encore deux jours, la menace demeure donc importante.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à l&rsquo;évolution rapide des menaces numériques et leur mondialisation, les Etats et les entreprises doivent impérativement investir dans la cybersécurité et développer une forme de résilience face à ce danger. Pour l’heure, Israël est l’un des rares pays à ne pas avoir été touché par WannaCry et cela tient au fait qu’il a fait de la cybersécurité l&rsquo;une de ses priorités en dotant son armée dès 1952, d&rsquo;une unité d&rsquo;élite, l’unité 8200, consacrée au renseignement électromagnétique et au décryptage de codes. Tsahal a finalement abandonné l’idée de créer un quatrième commandement Cyber, en plus des traditionnels Air, Terre, Mer, mais a décidé  de maintenir la dynamique existante avec des capacités militaires défensives qui restent au sein de la division du service informatique, également appelée division C4I. L’unité de cyber-défense se transformera en « commandement opérationnel » ayant l’autorité d’agir et de répondre aux attaques.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis 2010, les entreprises israéliennes spécialisées se multiplient. En 2016, un demi-milliard de dollars a été investi dans 365 sociétés faisant de la cybernétique un véritable enjeu économique pour Israël.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que la France entre dans un nouveau quinquennat et que Sylvie Goulard vient d’être nommée ministre des Armées, la cybersécurité est un enjeu majeur des prochaines années. Dans le monde de l’entreprise, onze incidents de cybersécurité sont comptabilisés chaque jour, soit un total de 4.165 attaques, d&rsquo;après le cabinet de conseil PwC, pour des pertes financières estimées à 1,5 million d&rsquo;euros pour chaque société en moyenne. 59% des entreprises françaises ont d&rsquo;ailleurs augmenté leurs dépenses de cybersécurité cette année.</p>
<p style="text-align: justify;">Interviewé en réaction à WannaCry, Mounir Mahjoubi, ancien directeur de la campagne numérique d&rsquo;Emmanuel Macron et actuel Secrétaire d’Etat au numérique, plaide pour la création d&rsquo;une quatrième armée à vocation « cyber ». Si les moyens financiers et technologiques peuvent être mobilisés rapidement, la question des moyens humains reste, quant à elle, plus délicate car la France manque cruellement de « soldats » formés à ces questions.</p>
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		<title>De l&#8217;urgence d&#8217;investir dans la cybersécurité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sarah Perez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2017 19:05:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vendredi 12 mai, dans 150 pays environ, des centaines de milliers d’ordinateurs ont été infectés par un logiciel malveillant dénommé WannaCry bloquant leur utilisation, dans ce qui semble être l’une des attaques cybernétiques les plus importantes depuis des années. Au Royaume-Uni, c’est le système de santé qui a été largement perturbé par ce virus informatique. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vendredi 12 mai, dans 150 pays environ, des centaines de milliers d’ordinateurs ont été infectés par un logiciel malveillant dénommé WannaCry bloquant leur utilisation, dans ce qui semble être l’une des attaques cybernétiques les plus importantes depuis des années. Au Royaume-Uni, c’est le système de santé qui a été largement perturbé par ce virus informatique. Examens médicaux annulés ou perturbés, communications téléphoniques affectées, accès aux données bloqués… le Service national de santé NHS, qui englobe médecins de ville, hôpitaux et ambulances, a été largement déstabilisé par ce logiciel qui prend en otage les usagers des ordinateurs en bloquant l’accès à leurs fichiers. Parmi les autres victimes, le réseau de Hitachi, géant de l’électronique japonais a été infecté, le logisticien américain Fedex a vu ses systèmes vaciller, plusieurs ministères russes ont été hackés, les gares allemandes ont été affectées. En France, un logiciel de rançon a été découvert par la direction des systèmes informatiques de Renault.</p>
<p style="text-align: justify;">D’après la société israélienne Check Point, malgré un léger ralentissement observé, WannaCry continue encore de se répandre, ciblant les entreprises à travers le monde. Avec une tentative d&rsquo;intrusion toutes les trois secondes, contre une tentative par seconde, il y a de cela encore deux jours, la menace demeure donc importante.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à l&rsquo;évolution rapide des menaces numériques et leur mondialisation, les Etats et les entreprises doivent impérativement investir dans la cybersécurité et développer une forme de résilience face à ce danger. Pour l’heure, Israël est l’un des rares pays à ne pas avoir été touché par WannaCry et cela tient au fait qu’il a fait de la cybersécurité l&rsquo;une de ses priorités en dotant son armée dès 1952, d&rsquo;une unité d&rsquo;élite, l’unité 8200, consacrée au renseignement électromagnétique et au décryptage de codes. Tsahal a finalement abandonné l’idée de créer un quatrième commandement Cyber, en plus des traditionnels Air, Terre, Mer, mais a décidé  de maintenir la dynamique existante avec des capacités militaires défensives qui restent au sein de la division du service informatique, également appelée division C4I. L’unité de cyber-défense se transformera en « commandement opérationnel » ayant l’autorité d’agir et de répondre aux attaques.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis 2010, les entreprises israéliennes spécialisées se multiplient. En 2016, un demi-milliard de dollars a été investi dans 365 sociétés faisant de la cybernétique un véritable enjeu économique pour Israël.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que la France entre dans un nouveau quinquennat et que Sylvie Goulard vient d’être nommée ministre des Armées, la cybersécurité est un enjeu majeur des prochaines années. Dans le monde de l’entreprise, onze incidents de cybersécurité sont comptabilisés chaque jour, soit un total de 4.165 attaques, d&rsquo;après le cabinet de conseil PwC, pour des pertes financières estimées à 1,5 million d&rsquo;euros pour chaque société en moyenne. 59% des entreprises françaises ont d&rsquo;ailleurs augmenté leurs dépenses de cybersécurité cette année.</p>
<p style="text-align: justify;">Interviewé en réaction à WannaCry, Mounir Mahjoubi, ancien directeur de la campagne numérique d&rsquo;Emmanuel Macron et actuel Secrétaire d’Etat au numérique, plaide pour la création d&rsquo;une quatrième armée à vocation « cyber ». Si les moyens financiers et technologiques peuvent être mobilisés rapidement, la question des moyens humains reste, quant à elle, plus délicate car la France manque cruellement de « soldats » formés à ces questions.</p>
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		<title>Erdogan compromet-il la réconciliation israélo-turque ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sarah Perez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2017 09:56:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Recep Tayyip Erdogan excelle dans l’art de la provocation, toujours prompt à tester la résistance de ses partenaires, alliés ou amis. Cette fois, c’est à Israël que le président turc s’en est pris, moins d’un an après l’accord de réconciliation laborieusement conclu entre les deux pays. Ce rapprochement avait permis de recoller les morceaux d’une relation [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Recep Tayyip Erdogan excelle dans l’art de la provocation, toujours prompt à tester la résistance de ses partenaires, alliés ou amis. Cette fois, c’est à Israël que le président turc s’en est pris, moins d’un an après l’accord de réconciliation laborieusement conclu entre les deux pays. Ce rapprochement avait permis de recoller les morceaux d’une relation rompue en 2010, suite à l’assaut des commandos israéliens contre le Mavi-Marmara.</p>
<p style="text-align: justify;">Lundi 8 mai, dans le cadre d’une conférence sur la Palestine à Istanbul, Erdogan a critiqué le traitement <em>« raciste et discriminatoire »</em> des Palestiniens par Israël et <em>« l’occupation quotidienne de Jérusalem »<strong>,</strong></em> qui <em>« est une insulte pour nous »</em>. Convaincu de la « <em>responsabilité historique</em> » de la Turquie au Moyen-Orient, il a invité <em>« des centaines de milliers de musulmans du monde entier » </em>à se rendre à la mosquée Al-Aksa en soutien au peuple palestinien. Puis, après avoir reçu le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah, il a exhorté les Etats-Unis à renoncer au projet d’installation de leur ambassade à Jérusalem, tout en appelant à la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Le ministère des affaires étrangères israélien a immédiatement réagi : « <em>Ceux qui violent systématiquement les droits de l’homme dans leur propre pays ne devraient pas donner des leçons à l’unique vraie démocratie de la région</em> ». <em>« Il est étonnant qu’Erdogan, dirigeant d’un Etat qui a occupé Jérusalem pendant quatre cents ans, veuille nous donner des leçons sur la façon de gérer notre ville</em> », a déclaré Nir Barkat, le maire de Jérusalem.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit pas là du premier couac entre la Turquie et Israël depuis le 26 juin 2016. Au mois de février, l’arrestation du directeur de la branche gazaouie de l’Agence turque de développement et de coopération internationale (TIKA), Muhammad Murtaja, accusé par le Shin Bet de détournement de fonds au profit de la branche armée du Hamas, avait créé un froid. Mehmet Kaya, le directeur de la fondation turque IHH, n’a finalement pas été inquiété et Israël a tôt fait de ménager la Turquie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Hamas constitue un élément perturbateur dans la relation entre les deux pays car le président turc considère qu’il n’est pas « <em>une organisation terroriste mais un mouvement politique issu de la résistance</em> », comme il l’a déclaré lors d’une interview donnée à la deuxième chaîne de télévision israélienne en novembre 2016. Il a aussi voulu rappeler que ni Israël ni l’autorité palestinienne n’avaient intérêt à ignorer son protégé. Du reste, Khaled Mechal et Ismaïl Haniyeh, respectivement l’ancien et le nouveau chef de l’organisation, sont les hôtes réguliers des congrès de l’AKP à Ankara. D’autre part, par ses propos incendiaires à l’égard d’Israël, Erdogan a voulu fédérer les milieux islamistes turcs qui ont voté non au référendum du 16 avril sur le renforcement de ses pouvoirs.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, le président turc n’a aucun intérêt à remettre en cause le partenariat stratégique entre Israël et la Turquie, surtout depuis la découverte du gisement Leviathan qui pourrait entrainer la mise en place d’un gazoduc sous la Méditerranée pour acheminer le gaz naturel des côtes israéliennes jusqu’au terminal turc de Ceyhan et ensuite vers l’Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">Si certains commentateurs israéliens sont persuadés qu’Erdogan va multiplier les déclarations anti-israéliennes dans les prochains mois, contraignant Netanyahou à lui répondre, et le confortant ainsi dans une stature de leader intransigeant du monde musulman, le gouvernement israélien est conscient que cette stratégie turque n’a que des visées politiques internes.</p>
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		<title>Kufr Aqab, no man&#8217;s land au pied du mur de séparation israélien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2017 08:11:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Figaro &#8211; Par Cyrille Louis REPORTAGE &#8211; Les services administratifs arrivent au compte-gouttes dans ce bourg de Jérusalem séparé de la Ville sainte par la barrière de sécurité. L&#8217;acheminement du courrier a été suspendu, la voirie laissée à l&#8217;abandon et la collecte des ordures sous-traitée à une société privée au budget dérisoire. Correspondant à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Figaro &#8211; Par Cyrille Louis</p>
<hr />
<p class="figp-art__chapo" style="text-align: justify;">REPORTAGE &#8211; Les services administratifs arrivent au compte-gouttes dans ce bourg de Jérusalem séparé de la Ville sainte par la barrière de sécurité. L&rsquo;acheminement du courrier a été suspendu, la voirie laissée à l&rsquo;abandon et la collecte des ordures sous-traitée à une société privée au budget dérisoire.</p>
<div class="figp-art__body figp-art__body--size-0">
<p style="text-align: justify;"><i>Correspondant à Jérusalem</i></p>
<p style="text-align: justify;">Noura et Haytham ont échoué à Kufr Aqab par amour. C&rsquo;était en 2008, peu de temps après leur mariage. L‘ancien hameau, jadis prisé des familles palestiniennes en quête de tranquillité, avait depuis plusieurs années déjà entamé sa sinistre transformation. Mais les deux jeunes gens, prisonniers d&rsquo;un conflit qui se soucie peu des histoires de cœur, n&rsquo;avaient pas vraiment le choix. «S&rsquo;installer dans le centre de Jérusalem, c&rsquo;était prendre le risque d&rsquo;être expulsé à tout moment», explique Haytham, qui a grandi dans un bourg proche de Ramallah, la «capitale» de l&rsquo;Autorité palestinienne, et n&rsquo;a donc pas le droit de se rendre dans les territoires contrôlés par Israël sans un permis spécial. Noura, née dans la Vieille Ville de Jérusalem, dispose au contraire d&rsquo;une carte de résidente qui lui permet de franchir le mur et de voyager à l&rsquo;étranger. «Si nous avions choisi de nous établir en Cisjordanie, dit-elle, les autorités me l&rsquo;auraient aussitôt retirée. Entre ces deux écueils, il nous restait Kufr Aqab…»</p>
<figure class="figp-media figp-media--type-xrg figp-media--align-left" style="text-align: justify;" data-media-type="XRG" data-media-id="20170510XRGFIG00570"></figure>
<p style="text-align: justify;">Ce no man&rsquo;s land, s&rsquo;il fait en théorie partie de Jérusalem, en est physiquement séparé depuis l&rsquo;édification, en 2004, d&rsquo;un mur de séparation destiné à prévenir les incursions de terroristes palestiniens. Situé au-delà du checkpoint de Qalandiya, à la limite nord de la ville, il s&rsquo;étend des deux côtés de la route poussiéreuse et perpétuellement embouteillée qui conduit à Ramallah. Les services municipaux et la police israélienne, théoriquement compétents, ne s&rsquo;y aventurent que de façon sporadique. «Les ordures sont ramassées une fois par semaine, les égouts débordent dès les premières pluies et il y règne une anarchie telle que nous n&rsquo;osons pas laisser nos enfants jouer en bas de chez nous», déplore Noura. Haytham, qui travaille pour une fondation européenne dont les bureaux se trouvent à Ramallah, complète: «Kufr Aqab est pour nous l&rsquo;équivalent d&rsquo;une cité-dortoir. Nous en partons le matin pour n&rsquo;y revenir qu&rsquo;à la nuit tombée et nos relations avec le voisinage se réduisent au minimum. Quant à nos amis et à nos familles, nous préférons les voir à l&rsquo;extérieur.»</p>
<h2 style="text-align: justify;">Frénésie immobilière</h2>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;avocat Mouein Odeh, que la flambée des loyers a contraint il y a six ans à fuir le centre-ville pour s&rsquo;installer avec sa famille à Kufr Aqab, en connaît chaque recoin. Avec patience, il guide le visiteur à travers les ruelles défoncées, désigne les bennes qui vomissent leurs tas d&rsquo;ordures et raconte la lente agonie de ce faubourg abandonné. Du promontoire où s&rsquo;élève le village originel, il dénombre les tours qui, l&rsquo;une après l&rsquo;autre, sortent de terre. «En l&rsquo;absence d&rsquo;autorités compétentes, des promoteurs ont trouvé ici une poule aux œufs d&rsquo;or, soupire le Palestinien. Personne ne vérifie s&rsquo;ils respectent les normes de sécurité, ni même qu&rsquo;ils sont bien propriétaires des terrains sur lesquels ils construisent.» Aux abords du mur, les immeubles neufs sont serrés si près les uns des autres que les automobilistes peinent à se croiser dans les ruelles en contrebas. «Sa construction a attisé la frénésie immobilière, et incité des milliers de Palestiniens parmi les plus modestes à quitter le centre de Jérusalem pour venir trouver ici un logement moins coûteux», observe Betty Herschman, directrice des relations internationales à l&rsquo;ONG israélienne Ir Amim. Quelque 140.000  Palestiniens vivent désormais au-delà du mur, dans les limbes de Jérusalem &#8211; soit 60.000 à Kufr Aqab et 80.000  aux abords du camp de réfugiés de Shuafat.</p>
<h2 style="text-align: justify;">«Personne ne se soucie de nous»</h2>
<p style="text-align: justify;">Les autorités israéliennes, sommées en 2005 de défendre le tracé de la «barrière de sécurité» devant la Cour suprême, s&rsquo;étaient engagées à ce que les résidents palestiniens de Jérusalem installés du «mauvais» côté ne soient pas pénalisés. Mais Ben Avrahami, conseiller du maire pour la partie orientale de la ville, reconnaît bien volontiers que la promesse n&rsquo;a pas été tenue. «Peu après sa construction, la situation sécuritaire de l&rsquo;autre côté de la “barrière” est devenue complètement chaotique, explique-t-il, si bien que nos agents ont reçu instruction de ne plus s&rsquo;y aventurer.» L&rsquo;acheminement du courrier a été suspendu, la voirie laissée à l&rsquo;abandon et la collecte des ordures sous-traitée à une société privée dont le budget annuel vient d&rsquo;être fixé à 5,5 millions de shekels &#8211; soit à peine plus de 1 % de l&rsquo;enveloppe allouée à l&rsquo;ensemble de la ville. «La situation n&rsquo;est évidemment pas satisfaisante, poursuit M. Avrahami, et c&rsquo;est la raison pour laquelle nous voulons augmenter les moyens alloués aux centres communautaires qui opèrent dans ces quartiers. Ils gèrent des jardins d&rsquo;enfants, organisent des activités après l&rsquo;école ainsi que des animations pour les personnes âgées.» Celui de Kufr Aqab, précise la mairie, emploie deux permanents et deux stagiaires…</p>
<figure class="figp-media figp-media--type-xrg figp-media--align-left" style="text-align: justify;" data-media-type="XRG" data-media-id="20170510XRGFIG00571"></figure>
<p style="text-align: justify;">«La vérité, c&rsquo;est que personne ne se soucie de nous», fulmine Samih Abou Rmeila, qui dirige un réseau de six écoles semi-privées créé peu après la construction du mur. «Nous avons été obligés de prendre les choses en main, car il était trop compliqué &#8211; et parfois trop dangereux &#8211; de faire franchir matin et soir le checkpoint aux milliers d&rsquo;enfants dont les écoles se trouvent désormais de l&rsquo;autre côté», détaille-t-il. Les nouveaux établissements, subventionnés par le gouvernement israélien, comptent aujourd&rsquo;hui 4000 élèves. Mais leur budget est déficitaire et les enseignants sont souvent payés avec retard, si bien que Sami Abou Rmeila craint de devoir un jour mettre la clé sous la porte. «Ce qui nous sauve, dit-il, c&rsquo;est que les autorités israéliennes n&rsquo;ont aucune envie d&rsquo;avoir à gérer directement cette population…»</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;anarchie qui règne à Kufr Aqab, souligne Betty Herschman, «favorise le transfert silencieux de nombreux Palestiniens du centre-ville vers la périphérie». À l&rsquo;heure où Israël s&rsquo;apprête à célébrer le cinquantième anniversaire de la «réunification» opérée à l&rsquo;issue de la guerre de juin 1967, l&rsquo;association Ir Amim estime qu&rsquo;au moins 25 % des Palestiniens de Jérusalem-Est vivent au-delà du mur. Ces résidents de seconde zone craignent que la municipalité ne les prive, à terme, d&rsquo;un statut qui leur permet de se déplacer librement et leur donne droit à la sécurité sociale israélienne. Nir Barkat, le maire de la ville, a plusieurs fois suggéré que le contrôle de ces zones soit confié aux unités de l&rsquo;armée qui administrent la Cisjordanie occupée. Le gouvernement a jusqu&rsquo;à présent balayé la proposition, refusant de renoncer à la souveraineté qu&rsquo;il revendique sur l&rsquo;intégralité de Jérusalem-Est. Mais plusieurs responsables israéliens, dont le chef du Parti travailliste, Isaac Herzog, juge qu&rsquo;Israël aurait tout intérêt à couper les ponts avec les quartiers palestiniens situés à la périphérie de Jérusalem-Est &#8211; pour mieux verrouiller son emprise sur la Vieille Ville et ses abords immédiats, où les Palestiniens entendent établir la capitale de leur futur État.</p>
<h2 style="text-align: justify;">«Je me sens ici comme en prison»</h2>
<p style="text-align: justify;">Face à cet horizon incertain, des habitants de Kufr Aqab tentent de remédier par eux-mêmes à la défaillance des pouvoirs publics. «D&rsquo;un côté, ces gens paient une taxe municipale en contrepartie de laquelle ils ne reçoivent pour ainsi dire aucun service, soupire Ronit Sela, de l&rsquo;Association israélienne pour les droits civiques (ACRI), et de l&rsquo;autre, ils sont contraints d&rsquo;organiser des collectes pour répondre à des besoins aussi élémentaires que l&rsquo;entretien de la voirie ou l&rsquo;accueil des enfants en bas âge.» Ces initiatives ponctuelles ont par le passé permis de créer un système d&rsquo;égouts, ainsi que de procéder à de menues réparations sur le réseau routier à l&rsquo;agonie. L&rsquo;avocat Mouein Odeh, soutenu par les organisations Acri et Ir Amim, a pour sa part engagé plusieurs actions en justice pour tenter de contraindre la municipalité à assumer ses responsabilités. Sous pression de la Cour suprême, celle-ci a récemment revu à la hausse le budget dévolu à l&rsquo;entreprise chargée de collecter les ordures dans le quartier. «Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un travail de Sisyphe, regrette l&rsquo;activiste, et les rares bonnes volontés disponibles pour agir au nom de la collectivité s&rsquo;épuisent les unes après les autres face à l&rsquo;inertie des pouvoirs publics.»</p>
<p style="text-align: justify;">Nariman Odeh, qui vient d&rsquo;ouvrir une petite bijouterie dans une rue calme de Kufr Aqab, admet qu&rsquo;elle donnerait beaucoup pour retrouver, ailleurs, «une ville normale». Élevée à Jérusalem-Est, elle s&rsquo;est installée dans le quartier en 2001 afin de pouvoir vivre avec son mari originaire de Cisjordanie. «À l&rsquo;époque, on se sentait chanceux de fonder une famille ici, se souvient-elle. Kufr Aqab était encore un gros village où tout le monde se connaissait, à la fois moins cher et plus paisible que le centre-ville. Mais la situation a basculé depuis que les Israéliens ont construit le mur, si bien que je me sens désormais ici comme en prison.» À plusieurs reprises, Nariman a déposé une demande de réunification familiale auprès des autorités israéliennes afin de pouvoir s&rsquo;installer avec son mari à Jérusalem. Mais ces démarches ont systématiquement été rejetées au nom d&rsquo;arguments sécuritaires. «Nous pourrions bien sûr emménager à Ramallah, où nous aurions une vie bien plus agréable qu&rsquo;ici, dit-elle, mais ce serait l&rsquo;assurance de perdre ma carte de résidente.» Depuis la guerre de juin 1967, rappelle Ir Amim, près de 15.000 Palestiniens nés à Jérusalem, mais partis vivre ailleurs, se sont vu retirer ce précieux statut.</p>
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		<title>Tensions entre la Turquie et Israël au sujet de Jérusalem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2017 08:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Haine des Juifs et d’Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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		<category><![CDATA[islamistes]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Monde &#8211; Par Mari Jégo Moins d’un an après leur réconciliation, la Turquie et Israël seraient-ils au bord d’une nouvelle discorde ? Les hostilités ont été ouvertes par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, soucieux d’exercer la « responsabilité historique » de la Turquie dans la région et fidèle au tropisme néoottoman des islamo-conservateurs turcs. Prenant la parole dans [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Monde &#8211; Par Mari Jégo</p>
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<p style="text-align: justify;">Moins d’un an après leur réconciliation, la Turquie et Israël seraient-ils au bord d’une nouvelle discorde ? Les hostilités ont été ouvertes par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, soucieux d’exercer la <em>« responsabilité historique »</em> de la Turquie dans la région et fidèle au tropisme néoottoman des islamo-conservateurs turcs.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenant la parole dans le cadre d’une conférence sur la Palestine à Istanbul, lundi 8 mai, le numéro un turc a critiqué le traitement <em>« raciste et discriminatoire »</em> des Palestiniens par Israël, ainsi que <em>« l’occupation quotidienne de Jérusalem »<strong>,</strong></em> qui <em>« est une insulte pour nous »</em>. Il s’est fait fort d’inviter <em>« des centaines de milliers de musulmans du monde entier » </em>à se rendre à la mosquée Al-Aksa en soutien au peuple palestinien.</p>
<p style="text-align: justify;">Coutumier des déclarations à l’emporte-pièce, le président turc ne s’est pas arrêté là. Lundi soir, après avoir reçu le premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah, il a exhorté les Etats-Unis à renoncer au projet d’installation de leur ambassade à Jérusalem, tout en appelant de ses vœux la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">La riposte n’a pas tardé. <em>« Ceux qui violent systématiquement les droits de l’homme dans leur propre pays ne devraient pas donner des leçons à l’unique vraie démocratie de la région »</em>, a rétorqué le ministère des affaires étrangères israélien dans un tweet. <em>« Il est étonnant qu’Erdogan, dirigeant d’un Etat qui a occupé Jérusalem pendant quatre cents ans, veuille nous donner des leçons sur la façon de gérer notre ville »</em>, a déclaré Nir Barkat, le maire de Jérusalem.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Une relation à ménager</h2>
<p style="text-align: justify;">Quel signifie ce changement de ton ? La lune de miel est-elle terminée ? Conclu le 26 juin 2016 après de laborieux efforts, le rapprochement a permis de recoller les morceaux de la relation, rompue en 2010, à la suite de l’assaut des commandos israéliens contre le <em>Mavi-Marmara</em>. L’opération avait provoqué la mort de neuf militants turcs. Le navire avait été affrété par la fondation humanitaire turque IHH, proche de l’AKP, le parti du président Erdogan, pour tenter de briser le blocus de la bande de Gaza.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour renouer avec son ancien partenaire stratégique dans la région, le gouvernement israélien avait dû se plier à quelques conditions : des excuses publiques pour l’assaut, des compensations financières pour les victimes, la levée partielle du blocus sur la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Selon Ankara, un compromis avait été trouvé sur l’aide à Gaza, qui devait être acheminée par le port israélien d’Ashod plutôt que directement à l’enclave palestinienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois jours après la signature de l’accord, M. Erdogan n’a pas mâché ses mots envers les organisateurs de l’opération « Une flottille pour Gaza », dont le <em>Mavi-Marmara</em> n’était qu’un des maillons. <em>« Aviez-vous demandé la permission au premier ministre pour ramener de l’aide humanitaire depuis la Turquie ? Vous avez voulu montrer votre puissance »</em>, leur reprocha-t-il à l’occasion d’un repas d’<em>Iftar</em> (rupture du jeûne) dans son palais de Bestepe, à Ankara, le 29 juin 2016. C’est dire si le rabibochage avec Israël est important pour lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Les relations avec Israël auraient pu se dégrader en février 2017, avec l’arrestation du directeur de la branche gazaouie de l’Agence turque de développement et de coopération internationale (TIKA), Muhammad Murtaja, accusé par le Shin Bet (les renseignements israéliens) de détournement de fonds au profit de la branche armée du Hamas. Finalement, rien de tel ne s’est produit. Cité dans l’enquête du Shin Bet comme ayant fourni des fonds à l’organisation, Mehmet Kaya, le directeur de la fondation turque IHH, n’a pas été inquiété. Israël a eu à cœur de ménager la Turquie.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les islamo-conservateurs turcs, les relations comptent avec le Hamas, lequel <em>« n’est pas une organisation terroriste mais un mouvement politique issu de la résistance », </em>a précisé M. Erdogan lors d’une interview donnée à la deuxième chaîne de télévision israélienne en novembre 2016. Khaled Mechal et Ismaïl Haniyeh, respectivement l’ancien et le nouveau chef du Hamas, sont d’ailleurs les hôtes réguliers des congrès de l’AKP à Ankara, comme a pu le constater <em>Le Monde</em>.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">« Un message destiné aux milieux islamistes turcs »</h2>
<p style="text-align: justify;">Le partenariat stratégique avec Israël n’est pas à négliger, d’autant qu’il s’est enrichi d’un projet énergétique, avec la (lointaine) promesse de construire un gazoduc sous la Méditerranée pour acheminer le gaz naturel extrait du gisement de Leviathan, situé non loin des côtes israéliennes, jusqu’au terminal turc de Ceyhan et ensuite vers l’Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">Loin de chercher la rupture avec Israël, le président turc, soucieux de se poser en protecteur des musulmans sunnites, cherchait sans doute à répéter son coup d’éclat de janvier 2009 lors du forum économique de Davos. Après avoir chapitré le président israélien Shimon Pérès en direct devant les caméras – <em>« Quand il s’agit de tuer, vous savez faire » </em>– en réaction à l’opération militaire israélienne « Plomb durci » dans la bande de Gaza, il avait alors quitté le forum. Un geste théâtral qui lui avait valu de gagner un capital de sympathie dans les pays arabes et dans les milieux turcs religieux et conservateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses dernières déclarations s’inscrivent aussi bien dans le contexte de la prochaine visite en Israël du président états-unien, Donald Trump. M. Erdogan a voulu rappeler que ni Israël ni l’autorité palestinienne n’avaient intérêt à ignorer le Hamas, son protégé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« En aucun cas il ne s’agit d’une révision du partenariat stratégique avec Israël. Avant tout, ces mots ont été prononcés dans le cadre d’une réunion organisée par une organisation islamique </em>[le Fonds Al-Qods]<em>. C’est plutôt un message destiné aux milieux islamistes turcs »</em>, assure Sinan Ulgen, directeur du centre de recherches Edam à Istanbul. M. Erdogan tente, selon lui, de récupérer les sympathies des milieux pieux qui, opposés à son projet d’<em>« hyperprésidence »</em>, ont voté non au référendum du 16 avril sur le renforcement de ses pouvoirs.</p>
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		<title>La mue incertaine du Hamas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2017 08:00:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Leadership palestinien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Monde &#8211; Par Piotr Smolar Analyse. Le mouvement islamiste palestinien est à un moment charnière de son histoire avec la désignation à la tête de son bureau politique du pragmatique Ismaïl Haniyeh. Mais parler de virage paraît exagéré d’autant qu’aucun renoncement à la violence ne se profile. La croisée des chemins, ou le chemin [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Monde &#8211; Par Piotr Smolar</p>
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<p style="text-align: justify;">Analyse. Le mouvement islamiste palestinien est à un moment charnière de son histoire avec la désignation à la tête de son bureau politique du pragmatique Ismaïl Haniyeh. Mais parler de virage paraît exagéré d’autant qu’aucun renoncement à la violence ne se profile.</p>
<p style="text-align: justify;">La croisée des chemins, ou le chemin des croisés ? Rupture ou continuité ? Ainsi se résument les interrogations entourant les récents changements au sein du Hamas. Des changements individuels, parmi ses dirigeants, et idéologiques, avec l’adoption d’une nouvelle charte qui prétend décontaminer le mouvement sans bouleverser sa ligne. Parler de virage serait exagéré : aucun renoncement à la violence ne se profile. Mais il serait erroné de n’y voir qu’une continuité monolithe.</p>
<p style="text-align: justify;">La diversité des réactions à ces évolutions est un hommage indirect à l’opacité traditionnelle du mouvement islamique armé, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007. Elle témoigne aussi des tensions internes au sein du Hamas, écartelé entre ses ambitions, ses racines et les contraintes qu’il subit : le blocus israélo-égyptien, les pressions financières croissantes de l’Autorité palestinienne (AP) et son isolement sur le plan international.</p>
<p style="text-align: justify;">La première nouveauté est la succession de Khaled Mechaal à la tête du bureau politique. Il est remplacé par l’ancien premier ministre Ismaïl Haniyeh, son adjoint depuis 2013. Il cohabitera avec le nouveau chef local du Hamas, Yahya Sinouar, qui a passé vingt-deux ans dans les prisons israéliennes et convient parfaitement à l’aile militaire. Leur promotion coïncide avec l’adoption d’une charte. Elle recouvre le texte originel, daté de 1988, d’un vernis de pondération. Elle gomme ses formulations outrageusement antisémites et exprime des velléités de réconciliation entre factions palestiniennes.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Hamas accepte la perspective d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, en guise de plate-forme commune avec le Fatah, la formation du président Mahmoud Abbas. Au regard de l’histoire, le geste est significatif mais bien tardif.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Une rupture violente</h2>
<p style="text-align: justify;">Après sa création en 1987, le Hamas a prospéré comme une alternative religieuse et radicale au Fatah, engagé sur la voie du dialogue avec Israël en vue de la création d’un Etat palestinien. Les accords d’Oslo (1993) avaient dessiné un chemin vers cet horizon, tandis que le Hamas dénonçait tout compromis avec l’occupant, ennemi jugé illégitime. Mais les obstacles et le manque de volonté ont fait échouer ce projet, laissant un gâteau à moitié cuit : l’AP.</p>
<p style="text-align: justify;">Dépendante de l’étranger pour son financement et d’Israël pour la sécurité et l’administration en zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie, l’AP a fini par concentrer le ressentiment de la population. La corruption impunie, le clientélisme et l’absence de toute élection nationale aux échéances prévues ont imposé l’idée d’un système paralysé, voué uniquement à sa propre pérennité.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Hamas, lui, dirige Gaza depuis dix ans. Il est confronté à la gestion d’un quotidien misérable, donc à l’usure du pouvoir, même si, sur le plan sécuritaire, il tient sans faiblesse la population de deux millions d’habitants. En 2006, il avait participé aux élections législatives palestiniennes afin de prendre toute sa place au sein du système politique. Mais sa spectaculaire victoire a provoqué une embolie du système, accélérée par la mise en place du blocus par Israël. La rupture entre le Fatah et le Hamas fut violente. Des années de vengeance et d’anathèmes suivirent, au grand bénéfice de la droite israélienne, pourvue d’un argument en or pour ne pas avancer vers la paix.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux factions signèrent un accord de réconciliation en 2011, puis acceptèrent de former un gouvernement d’unité nationale, en avril 2014, après l’échec d’un cycle de négociations avec Israël. Mais la guerre à Gaza, la troisième en dix ans, ruina ces efforts. Les membres du Hamas apparurent aux yeux du grand public comme les résistants au front, tandis que l’AP gérait la soumission aux Israéliens, cherchant l’appui de la communauté internationale. Depuis, les deux parties clament qu’elles veulent la réconciliation, mais leurs actes disent le contraire.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Promesse d’explosions futures de violence</h2>
<p style="text-align: justify;">Le Hamas est à un moment charnière. La volonté de l’administration Trump de relancer des négociations de paix va l’obliger à sortir du flou. Il existe un consensus en son sein pour écarter, dans l’immédiat, un conflit avec Israël. Au contraire, la tentation d’un cessez-le-feu à long terme paraît forte, mais elle réclame le règlement de la question sensible des prisonniers. Le Hamas veut la remise en liberté des Palestiniens relâchés au moment de l’accord concernant le soldat Gilad Shalit, puis arrêtés de nouveau en juin 2014. Il dispose pour cela d’un moyen de pression : les deux civils israéliens qu’il détient, en plus peut-être des corps de deux soldats tués à l’été 2014. Le Hamas entretient le mystère sur ce sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa nouvelle charte, le mouvement armé ne fait plus référence aux Frères musulmans. Il clame son inscription exclusive dans le paysage palestinien. Son isolement limite ses options extérieures. Pour les projets de développement, il compte sur les pays arabes, notamment le Qatar, et la Turquie. Pour la course aux armements, il mise sur l’Iran. Certains de ses dirigeants font preuve de naïveté en croyant qu’une simple révision de sa charte permettra au Hamas de se débarrasser de l’étiquette terroriste et de devenir un interlocuteur légitime pour les diplomates occidentaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis longtemps, ils envisagent une évolution sur le modèle du Hezbollah libanais, avec une aile militaire puissante, une toile d’actions sociales et un parti investi dans la politique nationale. Or, la situation économique, sociale, sanitaire, écologique à Gaza, épuise tous les qualificatifs alarmistes. Dans ce contexte, la décision de l’AP d’assécher les flux financiers vers Gaza ressemble à une promesse d’explosions futures de violence.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L&#8217;Iran, bête noire de l&#8217;Administration Trump</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sarah Perez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Apr 2017 09:42:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Edito Hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Nucléaire iranien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump peut-il rendre caduc l’Accord sur le nucléaire iranien ? Le président américain, qui avait promis de « déchirer » ce texte cher à Barack Obama, a joint l’acte à la parole cette semaine en exigeant la réévaluation de la position de Washington face à Téhéran. Suite à cette annonce, le secrétaire d&#8217;Etat américain Rex Tillerson a [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Donald Trump peut-il rendre caduc l’Accord sur le nucléaire iranien ? Le président américain, qui avait promis de «<em> déchirer </em>» ce texte cher à Barack Obama, a joint l’acte à la parole cette semaine en exigeant la réévaluation de la position de Washington face à Téhéran. Suite à cette annonce, le secrétaire d&rsquo;Etat américain Rex Tillerson a estimé mercredi que l&rsquo;Accord de Vienne « <em>échouait à remplir l&rsquo;objectif d&rsquo;un Iran dénucléarisé »</em>, informant le Congrès américain du lancement d&rsquo;une étude pour savoir si l&rsquo;allègement des sanctions envers l&rsquo;Iran prévu par l&rsquo;accord nucléaire correspondait à l&rsquo;intérêt national des Etats-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">Le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action ou Plan global d’action conjoint) est entré en vigueur en janvier 2016 afin de garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales. Selon Rex Tillerson, cet accord est né « <em>de la même approche défaillante passée qui nous a amenés jusqu’à la menace imminente actuelle venant de Corée du Nord</em> ». Il accuse ainsi l’Iran de se livrer à « <em>d’incessantes et inquiétantes provocations</em> » visant à déstabiliser des pays du Proche-Orient et estime que la République islamique cherche à nuire aux intérêts américains en Syrie, en Irak et au Liban.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce même message a également été diffusé jeudi au Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU où les Etats-Unis ont affirmé vouloir donner « <em>la priorité</em> » aux activités « <em>incroyablement destructrices</em> » de l&rsquo;Iran au Moyen-Orient et à accorder moins d&rsquo;attention au conflit israélo-palestinien. « <em>La nature incroyablement destructrice des activités iraniennes et du Hezbollah dans tout le Moyen-Orient exige une attention beaucoup plus soutenue de notre part</em> », a déclaré Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, « <em>cela devrait devenir la priorité de ce Conseil dans la région </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a dénoncé les accusations « <em>usées </em>» des Etats-Unis selon lesquelles Téhéran cherchait à produire une bombe nucléaire pour menacer la région et le monde. « <em>Les accusations usées des Etats-Unis ne peuvent cacher le fait qu&rsquo;ils ont admis que l&rsquo;Iran se conformait</em> » aux termes de l&rsquo;accord sur son programme nucléaire conclu en 2015 avec les grandes puissances, a t-il écrit sur Twitter.</p>
<p style="text-align: justify;">La relation entre les deux pays pourrait davantage s&rsquo;envenimer à l&rsquo;occasion de la prochaine élection présidentielle iranienne le 19 mai prochain. Si l’élection d’Hassan Rohani, en lice pour un second mandat, pourrait maintenir le statu-quo, il en irait autrement si le conservateur Ebrahim Raisi était choisi. L’homme que l&rsquo;on a présenté comme un successeur potentiel du Guide suprême, Ali Khamenei, âgé de 77 ans, du fait de sa proximité avec lui, est un dur du régime. Dans ses mémoires, l&rsquo;un des fondateurs de la République islamique, l&rsquo;ayatollah Ali Montazeri, avait dénoncé son rôle dans le jugement sommaire et l&rsquo;exécution de milliers d&rsquo;opposants emprisonnés, durant l&rsquo;été 1988, à la fin de la guerre contre l&rsquo;Irak. Le risque que la situation s’envenime avec les Etats-Unis est donc conséquent, d’autant que Donald Trump n’en découdra pas.</p>
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		<title>La complexité des conflits au Moyen Orient</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Apr 2017 09:09:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par AFP</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par AFP<br />
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		<title>Conflit Israélo-palestinien: La paix maintenant?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2017 11:33:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un entretien accordé au Jerusalem Post le 24 mars dernier, Amos Gilad, ancien général de Tsahal, a déclaré qu’Israël avait aujourd’hui une opportunité historique de renforcer ses liens avec le monde arabe mais également avec les Etats-Unis, ce qui pourrait permettre de sceller l’accord de paix tant attendu entre Israéliens et Palestiniens. L’ancien directeur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans un entretien accordé au Jerusalem Post le 24 mars dernier, Amos Gilad, ancien général de Tsahal, a déclaré qu’Israël avait aujourd’hui une opportunité historique de renforcer ses liens avec le monde arabe mais également avec les Etats-Unis, ce qui pourrait permettre de sceller l’accord de paix tant attendu entre Israéliens et Palestiniens. L’ancien directeur de Division de la recherche des Renseignements militaires, ancien porte-parole de l’armée et secrétaire militaire du Premier ministre, croit en la médiation des Etats arabes sunnites modérés et pense qu’il faut saisir cette chance maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir passé 13 ans comme officier de liaison avec l’Egypte, la Jordanie et les Palestiniens, Amos Gilad sait comment bâtir des relations de confiance dans cette région si chaotique. Il est l’homme qui a très vite décelé la menace que représente un Iran nucléarisé – il avait informé le Cabinet de sécurité israélien en 1996 déjà- , et qui a vite compris que Yasser Arafat préparait l’intifada (la guerre des pierres) au début des années 2000. Il qualifie l’ancien leader palestinien de « <em>méga terroriste </em>» et estime que ce fut une erreur de négocier avec « <em>quelqu’un qui s’entourait de meurtriers </em>». Il avait passé un nombre d’heures incalculable à ses côtés, en Roumanie, en Egypte, en Jordanie ou encore dans les Territoires et assure, du fait des liens étroits de Yasser Arafat avec le Hamas, qu’il voulait la destruction d’Israël.</p>
<p style="text-align: justify;">Amos Gilad fait davantage confiance à Mahmoud Abbas, du fait de son engagement dans le maintien de la coopération sécuritaire israélo-palestinienne. S’il ignore si l’actuel président de l’Autorité palestinienne a les épaules pour assumer un accord de paix, il estime qu’aucune initiative unilatérale doit être prise par Israël, car « <em>elle causerait une confrontation </em>». Et si le processus de paix ne se réenclenche pas maintenant et que le leader palestinien fait machine arrière, assure-t-il, son successeur sera bien plus hargneux et le Hamas profitera inévitablement de la situation. Il faut donc saisir ce moment où Israël n’est pas confronté à une menace conventionnelle pour engager des pourparlers.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré le danger que représente l’Iran avec l’arsenal qu’il s’est constitué &#8211; 100 000 roquettes et missiles -, Amos Gilad prédit que l’organisation terroriste sera vaincue.</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, l’ancien général israélien liste trois étapes nécessaires pour aboutir à la paix : poursuivre la coopération avec les pays arabes sunnites, entamer des négociations avec les Palestiniens et approfondir l’alliance avec les Etats-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">S’agissant des liens avec l’Europe, il peine à saisir pourquoi la majorité des Etats qui la constituent, condamnent systématiquement Israël mais acceptent volontiers de collaborer avec lui pour bénéficier de son expertise sur les questions de sécurité. C’est pourquoi il nécessaire pour l’Etat hébreu de « travailler » son « avantage diplomatique qualitatif » au-delà même de son « avantage militaire qualitatif ».</p>
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		<title>Quel est le bilan de l&#039;intervention russe en Syrie ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2017 09:04:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>INFOGRAPHIES &#8211; La Russie n&#8217;a pas encore réussi à transformer sa victoire militaire sur le terrain en succès politique. Un an et demi après le début de son intervention militaire enSyrie, la Russie s&#8217;est imposée comme un acteur incontournable au Moyen-Orient. La Russie est-elle redevenue une puissance globale? Oui. C&#8217;était l&#8217;un des buts de l&#8217;intervention [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="figp-art__chapo" style="text-align: justify;">INFOGRAPHIES &#8211; La Russie n&rsquo;a pas encore réussi à transformer sa victoire militaire sur le terrain en succès politique.</p>
<div class="figp-art__body figp-art__body--size-0">
<p style="text-align: justify;">Un an et demi après le début de son intervention militaire enSyrie, la Russie s&rsquo;est imposée comme un acteur incontournable au Moyen-Orient.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La Russie est-elle redevenue une puissance globale?</h2>
<p style="text-align: justify;">Oui. C&rsquo;était l&rsquo;un des buts de l&rsquo;intervention militaire déclenchée en septembre 2015. Un an et demi plus tard, les efforts du Kremlin ont été récompensés. La Russie est redevenue un acteur incontournable sur la scène internationale ainsi que l&rsquo;interlocuteur privilégié des États-Unis, comme du temps de la guerre froide. «La Russie s&rsquo;est transformée en un pouvoir agile, capable de prendre des décisions militaires et politiques rapidement. À l&rsquo;instar des États-Unis, de la France et la Grande-Bretagne. Et je pense que ce changement est permanent», commente François Heisbourg, président de l&rsquo;International Institute for Strategic Studies (IISS). Profitant du «retrait» américain dans la région, de l&rsquo;effacement stratégique ayant accompagné les années Obama, la Russie a poussé habilement ses pions au Moyen-Orient, défiant l&rsquo;ordre unipolaire imposé par les États-Unis après la chute du Mur.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;intervention en Syrie a profondément changé les rapports de force sur le terrain. Elle a remis en selle le régime de Bachar el-Assad et poussé la rébellion dans ses retranchements. Concurrencée par la combativité des djihadistes, privée du soutien turc depuis le rapprochement entre Moscou et Ankara, l&rsquo;opposition modérée a été marginalisée. «Vladimir Poutine est un stratège opportuniste. Il a renvoyé les Occidentaux à leurs échecs en Libye et en Irak avec un message clair: c&rsquo;est la Russie qui gérera la question syrienne», commente un diplomate français. Au niveau militaire, l&rsquo;opération syrienne est un succès. Les armées russes, désorganisées au moment de la chute du communisme, ont retrouvé leur superbe et leur capacité stratégique, comme elles l&rsquo;ont prouvé en se projetant en Crimée puis en Syrie.</p>
<p style="text-align: justify;">«L&rsquo;armée est de plus en plus décomplexée. Les Russes jouent désormais dans la cour des grands», explique le général Michel Yakovlev, ancien vice-chef d&rsquo;état-major à l&rsquo;Otan, à l&rsquo;occasion d&rsquo;une conférence organisée par la chaire Enjeux stratégiques à la Sorbonne. En Syrie, les armées russes ont offert à Vladimir Poutine une victoire à moindre coût. L&rsquo;opération n&rsquo;est pas plus onéreuse que les grands exercices militaires organisés par le Kremlin, mais elle rapporte beaucoup plus en influence. Depuis la chute d&rsquo;Alep, le bastion de la rébellion, les Russes tentent de transformer leur succès militaire en victoire politique en organisant des négociations à Astana, la capitale du Kazakhstan. Ce rôle était jusqu&rsquo;alors dévolu à l&rsquo;ONU, aux États-Unis et aux Européens. Outre qu&rsquo;elle peut s&rsquo;appuyer sur son engagement militaire en Syrie, la diplomatie russe est la seule qui puisse aujourd&rsquo;hui se targuer de parler à tous les acteurs de la région, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du régime syrien, de la Turquie, de l&rsquo;Iran, d&rsquo;Israël, des Kurdes ou de l&rsquo;Arabie saoudite… Il aura fallu moins de deux ans à la Russie pour devenir un concurrent stratégique de l&rsquo;Occident au Moyen-Orient.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le Kremlin a-t-il une stratégie de sortie en Syrie?</h2>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est la principale faiblesse de l&rsquo;opération russe au Levant. Le Kremlin estime qu&rsquo;il faut soutenir les régimes autoritaires en place pour éviter le chaos. Mais l&rsquo;intervention militaire russe n&rsquo;a apporté ni la sécurité ni la stabilité à la région. Elle n&rsquo;a pas ramené l&rsquo;ordre. Elle n&rsquo;a pas chassé Daech. En Syrie, les responsables russes ont pour l&rsquo;instant réussi à éviter un enlisement type Afghanistan ou Tchétchénie. Les leçons du passé, visiblement, ont été apprises. Mais ils n&rsquo;ont pas encore transformé la victoire militaire en succès politique. Dans le triangle Russie-Iran-Turquie, le Kremlin veut imposer le règlement politique et dessiner le futur ordre syrien. Mais la paix russe bute sur la résistance de l&rsquo;Iran, qui domine la guerre de Syrie au sol. Elle trébuche sur les doutes de la Turquie. Elle se heurte à l&rsquo;endurance de l&rsquo;insurrection, qui bien que devenue très minoritaire, a boycotté les pourparlers d&rsquo;Astana et refuse toujours d&rsquo;envisager l&rsquo;avenir de la Syrie avec Bachar el-Assad. «La Russie est une puissance moyenne, comme la France. Mais elle continue à agir comme si elle était une grande puissance, à l&rsquo;instar des États-Unis et de la Chine», commente Thomas Gomart, le directeur de l&rsquo;Ifri.</p>
<p style="text-align: justify;">La suite risque pourtant d&rsquo;être compliquée. «La Russie a obtenu un joli résultat en Syrie. Mais il est difficile d&rsquo;imaginer qu&rsquo;elle puisse gagner la paix. Même si elle arrive à mettre tout le monde d&rsquo;accord, elle n&rsquo;aura pas les moyens de financer la reconstruction du pays. Seule l&rsquo;Europe, grâce à son expérience en gestion des après-guerres, pourra s&rsquo;en charger», prévient Andreï Kortunov, le directeur du Conseil russe des affaires internationales dans une conférence de la chaire Grands enjeux stratégiques à la Sorbonne. Ce n&rsquo;est pas seulement une question d&rsquo;argent. En Tchétchénie, le Kremlin avait pu et su trouver, avec Ramzan Kadyrov, un dictateur capable de mettre au pas la rébellion. Mais la Syrie est un théâtre plus complexe que le Caucase, où s&rsquo;entrechoquent de nombreuses influences et que les Russes connaissent beaucoup moins bien.</p>
<h2 style="text-align: justify;">La Syrie peut-elle rapprocher les États-Unis et la Russie ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Il était déjà fragile et incertain, mais le reset &#8211; l&rsquo;amélioration des relations &#8211; proposé par Barack Obama à Vladimir Poutine, a été balayé par l&rsquo;intervention russe en Ukraine. Le réchauffement du lien bilatéral promis par Donald Trump aura-t-il vraiment lieu? Beaucoup en doutent. «Les grands marchandages, ça n&rsquo;arrive jamais, ça n&rsquo;existe que dans l&rsquo;imagination politique», rappelle Bruno Tertrais, le directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).</p>
<p style="text-align: justify;">La Russie semble avoir en effet beaucoup à demander &#8211; la reconnaissance de l&rsquo;annexion de la Crimée, la levée des sanctions, l&rsquo;assouplissement des accords de Minsk &#8211; et bien peu à donner. Sauf sur le dossier syrien, où Moscou pourrait proposer une coopération antiterroriste à Donald Trump, en échange d&rsquo;avoir les mains libres pour imposer sa paix autour de Bachar el-Assad. Mais là encore, la question iranienne pourrait perturber ce projet. Les liens stratégiques entre Moscou et Téhéran se sont développés à la faveur de la guerre en Syrie. Les États-Unis considèrent au contraire l&rsquo;Iran comme un soutien du terrorisme international et une force régionale déstabilisatrice. Jusqu&rsquo;où Vladimir Poutine acceptera-t-il de se distancier de Téhéran pour plaire à Donald Trump? «La Russie a en outre besoin des États-Unis pour alimenter son image de forteresse assiégée. S&rsquo;il n&rsquo;y a plus d&rsquo;ennemi, comment fera le Kremlin pour maintenir la mobilisation autour de Vladimir Poutine?» s&rsquo;interroge Andreï Kortunov à la Sorbonne. Omniprésent dans les éditoriaux des médias pro-gouvernentaux depuis son élection, le nom de Donald Trump se fait de plus en plus discret. «Le reset a échoué avant même d&rsquo;avoir commencé», explique Konstantin von Eckert dans une conférence consacrée à la Russie à la Sorbonne. Mais l&rsquo;éventuelle coopération entre la Russie et les États-Unis au Moyen-Orient dépendra de la politique de Donald Trump dans la région. Elle demeure pour l&rsquo;instant encore floue.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Quelle relation entre la Syrie, la Russie et l&rsquo;OTAN?</h2>
<p style="text-align: justify;">«La Russie utilise la Syrie pour démontrer à l&rsquo;Otan à quel point elle a développé ses capacités militaires», explique Thomas Gomart, le directeur de l&rsquo;Ifri. C&rsquo;est la principale explication des «dénis d&rsquo;accès» imposés par le Kremlin à Kaliningrad ou en Syrie à l&rsquo;aide d&rsquo;armements sophistiqués destinés à empêcher les forces occidentales, notamment américaines, de se rapprocher. Il poursuit: «Le principal but du Kremlin est d&rsquo;obtenir l&rsquo;équilibre des forces et des pouvoirs partout. Il n&rsquo;est pas d&rsquo;essayer d&rsquo;apaiser ou de résoudre la situation en Syrie, mais de l&rsquo;utiliser pour mieux en profiter.» Les relations entre la Russie et l&rsquo;Otan n&rsquo;ont pas été aussi tendues depuis la fin de la guerre froide.</p>
<p style="text-align: justify;">Vu de Moscou, les contentieux sont nombreux. Ils vont des bombardements du Kosovo par l&rsquo;Alliance en 1999 à la défense antimissile américaine en passant par l&rsquo;élargissement de l&rsquo;Otan à l&rsquo;est de l&rsquo;Europe. L&rsquo;annexion de la Crimée puis l&rsquo;intervention militaire en Syrie ont accompagné le durcissement des doctrines militaires russes depuis 2014, qui désignent l&rsquo;Alliance atlantique comme l&rsquo;une des principales menaces pour le pays. «Depuis les révolutions de couleur, le contact entre militaires a été perdu», explique le général Michel Yakovlev, ancien vice-chef d&rsquo;état-major de l&rsquo;Alliance, devenu conseiller en stratégie militaire. Il poursuit, à l&rsquo;occasion d&rsquo;une rencontre à la Sorbonne organisée par la chaire Débats stratégiques: «L&rsquo;Alliance atlantique a fait de son mieux pour essayer d&rsquo;arranger les relations avec la Russie. Mais cela n&rsquo;a pas marché, car on ne peut pas déshumilier quelqu&rsquo;un. Vladimir Poutine a inventé la fable selon laquelle la Russie était victime d&rsquo;une injustice créée par l&rsquo;Occident malfaisant. L&rsquo;Otan ne sait pas répondre à ce type de syndrome.»</p>
<p style="text-align: justify;">Pas plus qu&rsquo;elle n&rsquo;a mené à la levée des sanctions liées à l&rsquo;Ukraine, l&rsquo;intervention russe en Syrie n&rsquo;a pas permis à la Russie de réduire, comme elle l&rsquo;espérait, le poids et l&rsquo;influence de l&rsquo;Otan en Europe de l&rsquo;Est et dans l&rsquo;ex-Union soviétique. Bien au contraire. Les États-Unis et l&rsquo;Union européenne ont désapprouvé l&rsquo;opération syrienne. L&rsquo;Alliance atlantique a invité le Monténégro à la rejoindre et s&rsquo;est renforcée aux frontières de la Russie. «Finalement, Vladimir Poutine a contribué à créer ce contre quoi il luttait: un Otan qui se réarme, devenu de plus en plus attractif pour les autres pays», explique Jean-Baptiste Jeangène Vilmer à la chaire de la Sorbonne.</p>
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<figure class="fig-photo fig-photo-full"><img src="http://www.lefigaro.fr/assets/infographie/print/1fixe/INTER_201711_CL_russie_syrie.jpg" alt="infographie Syrie" /></figure>
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