Que retenir des discours de Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas à l’AGNU ?

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on print
Share on email

Bonjour Arié, la semaine dernière vous évoquiez la défiance de nombreuses nations à l’égard de l ‘Assemblée générale des Nations unies. Cette semaine, vous souhaitez revenir sur les discours de Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas et sur les perspectives régionales qui se dessinent…

 

Bonjour Eva,

 

Si le cadre de l’ONU est sujet à controverse, il est toutefois intéressant d’analyser les déclarations de certains chefs d’État. S’agissant de Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas, c’est sans surprise que le premier s’est inscrit dans une vision réaliste mais pacifique du Moyen-Orient tandis que le second, comme à l’accoutumé, a adopté une posture victimaire et antisioniste, invoquant les pires qualificatifs pour désigner l’État hébreu.

Le contraste entre ces deux discours est la parfaite illustration de l’échec du processus d’Oslo engagé il y a 30 ans. Comme il faut être deux pour danser le tango, il faut être deux pour faire la paix. Or le leader palestinien se sert une fois encore de la tribune onusienne pour se dédouaner de ses responsabilités…

 

Pensez-vous que la communauté internationale soit encore crédule ?

 

Il faut croire que oui puisqu’il continue d’être invité par toutes les chancelleries européennes et institutions internationales pour délégitimer Israël. Mahmoud Abbas est gagné́ par l’usure du pouvoir et rejeté par le peuple palestinien. Cette fois encore, il a prévenu l’Assemblée qu’il n’y aurait pas de paix au Proche et au Moyen-Orient sans la prise en compte des « droits légitimes » de « son peuple », c’est-à-dire la mise en œuvre d’une solution à deux États dont il n’a par ailleurs jamais voulue. Or nous connaissons parfaitement cette rengaine qui sert de prétexte à une prise d’otage des états Arabes. 

Les territoires censés être l’état palestiniens ne sont pas sous l’autorité d’un gouvernement légal et légitime car le mandat de Mahmoud Abbas, qui a commencé le 15 janvier 2004, aurait dû prendre fin au début de l’année 2009… et nous sommes en 2023. Et puis pas d’état viable sans la fin du Hamas, sans infrastructures étatiques dignes de ce nom, purgées de la corruption, de la poursuite du terrorisme et de l’incitation à la haine des Juifs et bien sûr sans un accord avec Israël. 

 

Abbas redoute-t-il le rapprochement entre Ryad et l’État hébreu, évoqué dans les déclarations des dirigeants israélien, saoudien et américain ?

 

Il a raison de s’en inquiéter ! La signature des accords d’Abraham en septembre 2020 est la preuve que le conflit israélo-palestinien n’empêche pas la paix dans la région. Benyamin Netanyahou l’a rappelé : « Les critiques se basaient sur une idée fausse : il faudrait d’abord obtenir la paix avec Palestiniens avant de normaliser nos relations avec les pays arabes”.

Le Premier ministre a rappelé le caractère historique de ces accords et les nombreux échanges désormais possibles entre Israël et les pays signataires. Il y aura une solution au conflit avec les Palestiniens, mais ce n’est pas Abbas ni l’autorité palestinienne qui imposeront leurs conditions. Ce ne sera pas un préalable mais la conséquence de la normalisation entre Israël et le monde Arabe. 

 

Justement, Benjamin Netanyahou a centré son discours cette question de la normalisation des relations avec le géant saoudien, clé de voûte de l’intégration complète d’Israël dans la région…

 

Absolument. “Nous sommes proches d’un accord de paix historique entre Israël et l’Arabie saoudite”, a déclaré Benyamin Netanyahou, ajoutant que les descendants d’Isaac et d’Ismaël seront désormais encore plus proches après cette normalisation de leurs relations. Le Premier ministre a par la suite illustré son propos en dévoilant une carte du Moyen-Orient en 1948, dans un type de mise en scène qu’il affectionne. Il a rappelé à quel point Israël était un petit État, isolé, entouré par un monde arabe hostile. “Nous allons abattre les murs de l’inimitié. Il y a quelques années, je me tenais ici avec un marqueur pour signaler la malédiction iranienne et aujourd’hui, avec ce même marqueur, je signale le nouveau Moyen-Orient”.

 

Benyamin Netanyahou a ensuite rappelé le soutien indéfectible des Etats-Unis dans la voie vers la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite et le leadership indispensable du président Jo Biden.

Le chemin de la paix est semé d’embûches mais comme nous le voyons et comme l’a rappelé MBS, le prince héritier saoudien, chaque jour nous rapproche du but ! 

 

Voir le podcast ci-dessous