Monsieur le Maire de Paris,
Vous avez annoncé, le 21 mai 2026, vouloir faire porter au prochain Conseil de Paris, par la voix de la conseillère de votre liste Audrey Pulvar, une délibération visant à accorder la citoyenneté d’honneur de Paris à l’ensemble de la population civile palestinienne et aux journalistes palestiniens.
Cette initiative intervient moins de trois ans après les massacres terroristes du 7 octobre 2023 en Israël, alors que la mémoire de ces crimes demeure une blessure ouverte pour les familles des victimes, les anciens otages, les survivants, les Israéliens, les Juifs de France et tous les républicains meurtris par cette guerre asymétrique menée, dès le 8 octobre, par les islamistes et leurs alliés contre nos démocraties.
Dans ce contexte, Paris, qui a payé un lourd tribut au terrorisme islamiste, ne peut compromettre son honneur dans une délibération aussi lourde de sens. La citoyenneté d’honneur est un acte public et solennel, qui engage l’histoire, la mémoire et l’image de la capitale française. Elle ne peut être attribuée indistinctement, sans discernement entre les personnes, les statuts et les responsabilités, à une population tout entière en dépit de son noyautage par les organisations terroristes.
Le précédent des Justes de la ville de Chambon-sur-Lignon rappelle ce que doit être un honneur public : la reconnaissance d’actes précis, établis et incontestables. Rien de tel n’est présenté ici. La citoyenneté d’honneur ne peut être accordée sur la base d’une émotion politique, encore moins dans un contexte où le Hamas, son idéologie et ses relais demeurent au cœur du sujet.
Accorder l’honneur de Paris à des « journalistes palestiniens » revient donc à prendre le risque d’y inclure des propagandistes, des militants affiliés ou des relais idéologiques d’organisations terroristes. Il convient à cet égard de rappeler qu’il n’y a pas de presse libre, ni à Gaza, ni dans les territoires administrés par l’Autorité palestinienne.
Cette délibération rêvet aussi un risque politique majeur. Elle intervient dans un environnement où la glorification de la violence contre Israël n’est pas marginale, mais structurée en France et en Europe, exaltée par des partis politiques qui en ont fait un sujet de fracture de notre société.
Concernant l’Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas, il a été révélé récemment que le système dit « Pay for Slay » (Rémunérés pour assassiner) continuait à être effectif, malgré les engagements tenus devant le président de la République : des Palestiniens condamnés pour terrorisme, ou leurs familles, ont bénéficié d’allocations financières liées à leur emprisonnement ou à leur mort, institutionnalisant une logique de récompense de la violence et du crime.
Ce serait une banalisation du mal. L’honneur de Paris serait utilisé pour recouvrir d’un vernis humanitaire une réalité traversée par l’islamisme, la haine d’Israël et la haine des Juifs.
Cette initiative présente enfin un risque juridique sérieux. Une citoyenneté d’honneur peut être admise lorsqu’elle demeure un hommage municipal rattachable à un intérêt local. Elle devient contestable lorsqu’elle sert de prise de position dans un conflit international ou revient à intervenir symboliquement dans la politique étrangère de la France.
Votre projet présente la même dérive. Il ne s’agit pas d’un hommage local, mais d’une déclaration politique sur un conflit international, portée par la capitale française dans un contexte inflammable en France, celui de l’explosion des actes de violences antijuifs depuis le 7 octobre, particulièrement à Paris, nourris par la détestation d’Israël et un palestinisme revendicatif.
CEO ELNET France