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	<title>crise | ELNET</title>
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		<title>Crise de l’électricité à Gaza : Abbas engage un bras de fer avec le Hamas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2017 08:16:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par le Monde &#8211; Piotr Smolar Le président de l’Autorité palestinienne a décidé de ne pas payer la facture pour le territoire. Un coup de force pour pousser le mouvement islamiste à renoncer au contrôle de Gaza, sous blocus égyptien et israélien. Mahmoud Abbas avait récemment annoncé « des mesures sans précédent » pour obliger le Hamas à renoncer [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par le Monde &#8211; Piotr Smolar</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Le président de l’Autorité palestinienne a décidé de ne pas payer la facture pour le territoire. Un coup de force pour pousser le mouvement islamiste à renoncer au contrôle de Gaza, sous blocus égyptien et israélien.</p>
<p style="text-align: justify;">Mahmoud Abbas avait récemment annoncé <em>« des mesures sans précédent » </em>pour obliger le Hamas à renoncer au contrôle de la bande de Gaza. Le président de l’Autorité palestinienne (AP) tient parole. Il a décidé, dans la soirée du mercredi 26 avril, de ne pas payer la facture d’électricité pour le territoire palestinien. <em>« Ils nous ont annoncé qu’ils ne procéderont pas au paiement habituel de 40 millions de shekels</em> [10,4 millions d’euros]<em>, pour le mois d’avril », </em>expliquait-on jeudi au Cogat, l’administration israélienne chargée de coordonner les actions du gouvernement dans les territoires.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Le Hamas doit faire un choix,</em> justifie Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). <em>Il ne peut plus gouverner sans responsabilité, avec les fonds de l’AP. C’est une façon de lui adresser un message, au nom de l’indispensable unité nationale. Hélas, la population va en subir les conséquences. » </em>La seule centrale électrique de Gaza marche à 50 % de ses capacités et doit régulièrement fermer, faute de fuel. Il y a quelques jours, elle s’est arrêtée de fonctionner car elle arrivait au bout de ses réserves, livrées en catastrophe en janvier par le Qatar et la Turquie. Selon les informations du <em>Monde</em>, Getco, la compagnie d’électricité à Gaza, a perçu 20 millions d’euros de la part des consommateurs gazaouis après ces livraisons d’urgence. Pas un shekel n’a été transféré à Ramallah, provoquant la fureur de l’AP.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Aide immédiate</h2>
<p style="text-align: justify;">Le pari de l’Autorité palestinienne est d’abord politique. Puisque la réconciliation entre factions n’avance pas, le bras de fer commence, en prenant les deux millions d’habitants de Gaza comme témoins et otages. Le face-à-face avec le Hamas se dessine depuis des semaines. Le 7 avril, Rami Hamdallah, le premier ministre palestinien, avait défendu des baisses sévères dans les salaires versés aux dizaines de milliers d’employés dans le secteur public à Gaza. Le Hamas <em>« garde pour lui les revenus, tandis que l’AP a dépensé plus de 17 milliards de dollars </em>[15,6 milliards d’euros]<em> dans la bande de Gaza au cours des dix dernières années »</em>, a déclaré M. Hamdallah, sans précisions sur ce chiffre.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise de l’électricité survient avant la visite de Mahmoud Abbas à Washington, le 3 mai. Elle pourrait être suivie du gel des salaires pour l’encadrement administratif dans les structures de soins, à Gaza. <em>« Abbas utilise l’argent pour faire pression sur le Hamas, en faisant le pari que personne ne soutiendra le mouvement,</em> décrypte un diplomate européen.<em> Ni l’Egypte, ni le Qatar, ni la Turquie. Il doit montrer qu’il est dur avec les terroristes avant d’aller aux Etats-Unis, et profite du fait de détenir, pour une fois, un vrai levier. » </em>Le « raïs » sera reçu à la Maison Blanche par Donald Trump, qui compte se rendre en Israël le 22 mai. L’administration américaine rêve de convoquer une conférence de paix avec la Jordanie et l’Egypte.</p>
<p style="text-align: justify;">Le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix, Nikolaï Mladenov, a rencontré jeudi à Ramallah le ministre palestinien des finances, Choukri Bichara. Celui-ci a paru nier le gel du paiement, comme si l’AP jouait au bluff. Le risque d’une escalade inquiète. <em>« Un nouveau conflit à Gaza serait plus dévastateur et éclipserait les opérations militaires précédentes</em>, confie M. Mladenov au <em>Monde. Personne ne peut se le permettre. Voilà pourquoi il est temps pour le Hamas de parvenir à un compromis avec l’AP. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le 19 avril, M. Mladenov avait publié un communiqué alarmiste sur la crise de l’électricité, interpellant le Hamas : <em>« Les autorités de facto à Gaza doivent s’assurer de l’amélioration des taux de prélèvement et du versement des revenus collectés à Gaza aux autorités palestiniennes légitimes, afin de permettre l’approvisionnement en fuel et en électricité. » </em>Plus de deux tiers des habitants ne paient pas leurs factures. En moyenne, ils n’ont que quatre heures de courant par jour. Les services d’urgence, les installations d’eau dépendent de générateurs supplémentaires, très coûteux.</p>
<p style="text-align: justify;">Gaza reçoit aussi de l’électricité en provenance d’Israël (120 MW) et d’Egypte (28 MW). En septembre 2016, l’AP et le Cogat avaient conclu un accord pour régler la dette énorme due à la Compagnie israélienne d’électricité (IEC), soit 2 milliards de shekels (520 millions d’euros). Robert Piper, le coordinateur de l’ONU chargé de l’aide humanitaire pour les Palestiniens, a annoncé, jeudi, le déblocage d’une aide immédiate de 500 000 dollars. Cette somme servira à fournir du fuel aux installations de dessalement de l’eau et aux hôpitaux, qui menaçaient de se retrouver sans courant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Normalement cet argent donnerait un répit de trois mois</em>, explique M. Piper,<em> mais on mise plutôt sur six à huit semaines, à cause de l’arrêt de la centrale électrique. » </em>Sur le fond, cette aide d’urgence ne résout rien. L’ONU voudrait promouvoir un accord qui permettrait à l’AP de reprendre le contrôle des points d’entrée vers Gaza et de la compagnie Getco. Mais le Hamas rejette toute forme de pression de Ramallah.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>La crise au Moyen-Orient a-t-elle précipité le Brexit?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sarah Perez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Mar 2017 09:35:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Edito Hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Brexit]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mardi 28 mars, la Première ministre britannique Theresa May a officialisé le Brexit en déclenchant l&#8217;article 50 du Traité de Lisbonne. Sa lettre, qui a été remise à Donald Tusk, président du Conseil européen, signe le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne et ouvre deux années de difficiles négociations pour trouver un accord en bonne [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mardi 28 mars, la Première ministre britannique Theresa May a officialisé le Brexit en déclenchant l&rsquo;article 50 du Traité de Lisbonne. Sa lettre, qui a été remise à Donald Tusk, président du Conseil européen, signe le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne et ouvre deux années de difficiles négociations pour trouver un accord en bonne et due forme avec les autres Etats membres, la date butoir étant fixée au 29 mars 2019.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise migratoire a-t-elle précipité le Brexit ? Le jour du scrutin le 23 juin 2016, un sondage Ipsos MORI révélait que l&rsquo;immigration – là encore, dans son ensemble – était vue comme le principal sujet de préoccupation de la population anglaise, quelle qu&rsquo;en soit la couleur politique. Le lendemain, une autre enquête tentait d&rsquo;expliquer la victoire du « Yes ». Menée par Lord Ashcroft Polls, le plus grand institut de sondages du pays, géré par Michael Aschcroft, ex-vice-président du parti conservateur, elle révélait que ceux qui ont voté en faveur du Brexit l&rsquo;ont majoritairement fait pour les mêmes raisons. Mais il ne s’agit pas de la première cause. La première préoccupation (49%) est la question de la souveraineté des décisions : « <em>Les décisions qui concernent le Royaume-Uni doivent être prises au Royaume-Uni </em>». Mais, juste derrière, c&rsquo;est l&rsquo;immigration qui apparaît comme un second moteur « <em>pour avoir une chance de reprendre le contrôle sur l&rsquo;immigration et sur ses frontières</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le Brexit témoigne d’un délitement de l’Europe. Depuis longtemps déjà, nombreux sont les citoyens qui rejettent ce modèle et ne se reconnaissent plus dans les valeurs qu’il représente. Le vote anglais incarne ainsi cette défiance envers des institutions qui leur semblent étrangères et déconnectées de leurs préoccupations. Certains spécialistes s’inquiètent de l&rsquo;impact du Brexit sur le développement économique et politique au Moyen-Orient. Comme le Royaume-Uni est considéré le plus grand donateur d&rsquo;aide internationale visant à réduire la pauvreté dans le monde, il serait difficile de savoir comment le donateur mondial consacrera son aide à la région.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, depuis les « printemps arabes » et le début de la crise au Moyen-Orient, le chaos qui domine trouve un écho en Europe. La crise des refugiés, la propagation du terrorisme et de l’idéologie salafiste sont autant de problématiques qui préoccupent toutes les chancelleries. Jusqu’à présent, l’Europe a donné le sentiment de ne pas avoir de politique unitaire dans la région et de ne pas être capable de gérer les « dommages collatéraux » sur son propre territoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Les questions de politique étrangère ont aujourd’hui une incidence indéniable sur la politique intérieure des différences nations européennes. Alors que la France s’apprête à voter pour son prochain président, le Brexit prouve que les candidats ne peuvent plus éluder ces sujets bien trop souvent instrumentalisés par l’extrême-droite. Du reste il serait opportun, avant le 23 avril, d’organiser un débat sur les relations internationales de la France. Car il est clair que le prochain président, entre autres missions, devra redéfinir la place de l’Europe dans la région, et les valeurs qu’elle prétend défendre si elle veut perdurer.</p>
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		<title>En Cisjordanie, Israël face à ses colons</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/en-cisjordanie-israel-face-ses-colons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Oct 2016 09:12:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[amona]]></category>
		<category><![CDATA[Benyamin Nétanyahou]]></category>
		<category><![CDATA[Cisjordanie]]></category>
		<category><![CDATA[colonie]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Cour suprême a tranché : les 300 habitants, installés sur des terres privées palestiniennes, seront évacués d’ici au 25 décembre.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Monde | Par Piotr Smolar</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">L’évacuation à venir des colons d’Amona fait courir à Benyamin Nétanyahou le risque d’une crise politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vent se lève sur les coteaux et parfume le porche de la maison d’Eli Greenberg. Ça sent le romarin. L’un des huit enfants du colon se balance dans un hamac, un autre vient lui montrer son dessin réalisé le matin à la crèche. Le vent balaie Amona, et il annonce la nouvelle saison.</p>
<p style="text-align: justify;">De rares voitures passent, rapportant des victuailles pour la fête de Kippour. Sur les ﬂancs de la colline, se dressent des pieds de vigne et des oliviers chétifs. En 1995, une poignée de jeunes exaltés juifs d’Ofra, la colonie située en contrebas, sont montés à 900 mètres d’altitude pour établir un campement. Depuis, celui-ci a dépassé le stade du provisoire : les pylônes électriques ont été dressés, le goudron a recouvert le chemin caillouteux. Sur les crêtes avoisinantes, se dessinent des villages palestiniens et d’autres colonies en un damier infernal. A l’ouest, de l’autre côté de la route 60, c’est Ramallah.</p>
<p style="text-align: justify;">Né à Haïfa, Eli Greenberg, 43 ans, travaille comme intermédiaire dans la vente d’équipements fabriqués en Chine, à destination du marché américain. L’activité marche bien, mais la défense d’Amona l’absorbe. Or le temps, c’est ce qui manque le plus aux familles de l’avant-poste, car il s’agit d’une implantation illégale au carré : non seulement au regard du droit international, comme toutes les colonies, mais aussi selon la loi israélienne.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>« Mes racines remontent à l’Ancien Testament »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Cour suprême a tranché : les 300 habitants, installés sur des terres privées palestiniennes, seront évacués d’ici au 25 décembre. Eli Greenberg n’exclut pas une confrontation avec les soldats, mais comme les autres, il a prévu un refuge : il a loué un appartement à Ofra.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de s’asseoir sur la terrasse, le colon affable tenait à monter plus haut, sur une plate-forme en bois à la peinture écaillée, aﬁn d’embrasser l’avant-poste du regard. C’est le plus grand parmi la centaine existant en Cisjordanie. « Notre communauté est ﬂorissante, dit-il. On a des ingénieurs, des inﬁrmiers, des vignerons… » On distingue quarante maisons mobiles décrépies, quelques lopins de terre cultivée. Difﬁcile d’imaginer que l’endroit soit devenu un enjeu international, un motif de crise politique intérieure et le symbole de la colonisation israélienne en Cisjordanie, où vivent près de 400 000 juifs.</p>
<p style="text-align: justify;">« Amona est l’une des frontières de l’Occident devant l’islam, ose Eli Greenberg. Nous sommes attaqués. Renoncer à cette communauté, c’est reculer et se soumettre. Mes racines ici sont beaucoup plus profondes que celles d’un Français en France : elles remontent à l’Ancien Testament. » Le colon en veut à la Cour suprême et aux « organisations gauchistes extrémistes », qui se sont mobilisées pour défendre les droits des propriétaires palestiniens. « L’ère des compromis arrive à son terme, afﬁrme-t-il. L’Etat d’Israël est poussé, de l’extérieur et de l’intérieur, à prendre une décision concernant la Judée-Samarie [nom biblique donné à la Cisjordanie]. Il faut dissiper le brouillard. Sommes-nous des citoyens à part entière ? »</p>
<p style="text-align: justify;">La bataille juridique dure depuis l’été 2005, quand l’ONG La Paix maintenant a demandé, au nom de Palestiniens spoliés, la destruction de neuf logements à Amona. Début 2006, l’armée dut déployer des milliers de soldats pour exécuter la décision de justice, malgré l’opposition physique des colons. Les blessés furent nombreux. L’image marqua les esprits, six mois après l’évacuation de 8 000 Israéliens de la bande de Gaza. Dès lors, la question des avant-postes est devenue taboue.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, en 2005, dans un rapport commandé par le gouvernement d’Ariel Sharon, l’avocate Talia Sasson avait prôné leur éradication. Elle notait que 2,1 millions de shekels (500 000 euros) avaient été indûment investis dans les infrastructures d’Amona par le ministère du logement. M. Sharon avait promis de suivre la recommandation du rapport, mais n’en ﬁt rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire : depuis, près d’un tiers des avant-postes ont été légalisés ou sont en voie de l’être, reclassés comme simples quartiers excentrés de colonies existantes. « Jusqu’en 2011, l’Etat acceptait nos arguments pour la destruction des avant-postes mais il invoquait des problèmes de timing, explique Me Michael Sfard, célèbre avocat israélien impliqué dans le dossier Amona. Puis il a changé de position, en disant qu’il ne supprimerait que les avant-postes construits sur des terres privées palestiniennes, mais légaliserait ceux sur les terres classées d’Etat. Mais cette distinction est si discutable qu’elle permet encore de gagner des années de procédure. En fait, le gouvernement ne veut ni tout légaliser ni détruire. »</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>Nétanyahou, tacticien sans vision</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Cour suprême contrarie parfois les ambitions messianiques. Avec opiniâtreté, les habitants palestiniens du village de Silwad, près d’Amona, ont défendu leurs droits. Ils ont ﬁni par l’emporter. Les colons redoutent que le sort de l’avant-poste déclenche une clariﬁcation à leurs dépens. Après Amona, neuf maisons à Ofra devront être démolies en février 2017. Dans les dix-huit mois à venir, suivant la décision de la Cour, il faudra réserver le même sort à d’autres logements de l’avant-poste de Netiv Haavot, dans le bloc de colonies du Goush Etzion. Plus de 2 000 habitations ou structures commerciales, bâties sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens, seraient concernées si les critères d’Amona étaient appliqués partout.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hypothèse est très peu probable, mais elle explique pourquoi Amona cristallise les tensions au sein de la majorité. Pour le Foyer juif, le parti nationaliste religieux du ministre de l’éducation Naftali Bennett, le sujet peut faire imploser la coalition. Cette formation, dont les colons constituent la base électorale, promeut une annexion de la zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie. Pour leur part, les Etats-Unis font d’Amona un cas d’école illustrant la mauvaise foi de Benyamin Nétanyahou en matière de colonisation. Tacticien sans vision, il cherche une issue pour ne froisser personne. Il arrive au résultat inverse.</p>
<p style="text-align: justify;">Les colons l’accusent de se soumettre aux pressions internationales. Le premier ministre israélien, lui, réclame l’union sacrée en attendant que Barack Obama quitte la Maison Blanche. Sa réponse : vous n’aurez jamais de majorité plus favorable à votre cause. « On n’a pas d’autre option que ce gouvernement, reconnaît ainsi Oded Revivi, le porte-parole pour l’étranger du Conseil de Yesha, qui représente les colons. On affronte des temps difﬁciles avec l’administration américaine, ça nous oblige à être prudents. On verra ce qui se passera après l’élection [présidentielle américaine] de novembre. » Pour lui, « il n’y a pas d’alternative à la destruction d’Amona. Nous sommes dans un Etat de droit, j’espère que les habitants comprendront la nécessité de respecter la décision. Mais pour l’instant, aucun compromis n’a été trouvé pour leur relogement ».</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>« Tout le monde oublie les Palestiniens »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Administration civile avait envisagé de déplacer les habitants d’Amona de quelques centaines de mètres, sur des parcelles non réclamées. Mais les villageois palestiniens ont rapidement fait valoir leurs droits sur 30 des 35 lots. « Dans cette histoire d’Amona, tout le monde oublie les propriétaires véritables de la terre, les Palestiniens, soupire Gilad Grossman, porte-parole de l’ONG israélienne Yesh Din, très active dans ce dossier. Ce sont eux, les victimes. » L’activiste ne croit pas à l’autre manœuvre du gouvernement, qui envisageait de construire une nouvelle colonie avec 98 logements, près de celle de Shilo, pour accueillir les habitants d’Amona. « Personne n’a succombé à cette ruse, dit-il. Et puis, ça prendrait beaucoup de temps, alors que l’évacuation d’Amona doit avoir lieu d’ici à décembre. »</p>
<p style="text-align: justify;">Cette idée d’une nouvelle colonie a déclenché la fureur de Washington. Naftali Bennett, lui, a proposé de « donner sa vie » pour le grand Israël de l’annexion. Lundi, il est venu discrètement rencontrer les habitants d’Amona. Il veut promouvoir un texte de loi légalisant toutes les constructions juives en Cisjordanie.</p>
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