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		<title>A Jérusalem, tamiser des gravats devient une  entreprise hautement politique</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/jerusalem-tamiser-des-gravats-devient-une-entreprise-hautement-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Nov 2016 11:37:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Près de la Vieille Ville, des centaines de tonnes de terre et de débris sont passées au peigne fin. L’enjeu ? Y découvrir les preuves des liens millénaires entre les juifs et le Mont du temple.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">LE MONDE | 07.11.2016 à 06h39 | Par Piotr Smolar</span></h6>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Près de la Vieille Ville, des centaines de tonnes de terre et de débris sont passées au peigne fin. L’enjeu ? Y découvrir les preuves des liens millénaires entre les juifs et le Mont du temple.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>LETTRE DE JÉRUSALEM</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sous la longue tente, on a organisé des postes de travail. De jeunes volontaires s’y relaient, tandis que des groupes scolaires ou des touristes les prennent en photo en pleine action. Les volontaires tamisent, tamisent, tamisent encore, pour ne rien omettre. Ils examinent le contenu d’imposants sacs de débris, qui s’entassent à l’extérieur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous sommes au Parc national Emek Tzurim, au pied du Mont Scopus, à Jérusalem. C’est ici qu’a été organisé le Temple Mount Sifting Project, un projet à la fois archéologique et touristique, à forte charge identitaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Depuis douze ans, un homme se trouve à la barre de cette entreprise, l’archéologue Gabriel Barkay. De sa voix de velours, épaisse et parfaitement anglophone, il mélange savamment références historiques et religieuses, la Bible et les régimes qui se sont succédé à Jérusalem.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Au cœur de son activité et de son engagement : la volonté d’illustrer les liens entre le judaïsme et la Vieille Ville – occupée en 1967, puis annexée par Israël –, et plus particulièrement son site le plus sacré, aussi bien pour les juifs que les musulmans. Les premiers l’appellent le Mont du temple, les seconds, l’Esplanade des mosquées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Trésors cachés</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est là que se dressèrent, avant leur destruction, le premier puis le second Temple juif. C’est là que se trouve la mosquée Al-Aqsa, d’où le prophète Mahomet s’éleva aux cieux, croient les musulmans. « Jérusalem est l’un des lieux les plus explorés sur la Terre depuis un siècle et demi, note Gabriel Barkay. Pas un endroit n’a été laissé intact, à part le Mont du temple, qui représente une sorte de trou noir alors qu’il couvre un sixième de la Vieille Ville. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A la fin des années 1990, le Waqf, l’organisme religieux chargé de la gestion de l’Esplanade des mosquées, a conduit des travaux dans les Ecuries de Salomon, situées sous son angle sud-est. Cet endroit souterrain, devant être transformé en mosquée El-Marwani pour les croyants musulmans, a été creusé par des bulldozers, qui ont extrait d’énormes quantités de terre, mélangée à des débris.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Selon les Israéliens, il y avait là des trésors cachés, permettant d’illustrer les liens millénaires entre les juifs et le lieu sacré. L’équivalent de 400 camions remplis de terre a été déversé en dehors de la Vieille Ville, dans la vallée de Kidron. Pendant quatre ans, ces tas restèrent intacts.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Puis Gabriel Barkay lança le projet destiné à tamiser ce mélange incertain. En soulignant lui-même les limites de l’exercice : pour saisir un objet archéologique dans toute sa complexité, il faut tenir compte du lieu précis d’excavation, de la profondeur, du type de sol, etc. Des informations manquantes. « Cet acte barbare décidé par le Waqf a eu lieu à un endroit si sensible que même un travail à la brosse à dent aurait été indélicat », soupire l’archéologue.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Réponse symbolique</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Très vite, pourtant, il a reçu le soutien de la Fondation de la Cité de David, dite Elad. Cette organisation classée très à droite a un agenda clair : démontrer que les racines de la Vieille Ville, et en particulier du Mont du temple, plongent dans le judaïsme, au mépris de l’influence musulmane.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A ce jour, 70 % des débris ont été passés au tamis, avec un grand succès, affirme l’archéologue israélien, qui prépare une publication pour récapituler toutes les trouvailles. Il s’agit essentiellement de petits objets comme des pièces, des morceaux de faïence, des bijoux. Chaque trace, actuellement, fait l’objet d’une publicité considérable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Lundi 7 octobre, la Knesset (Parlement) devait même tenir une session spéciale consacrée aux liens entre les juifs et le Mont du temple. Il s’agit là d’une réponse symbolique à deux votes récents, au sein de l’Unesco, qui paraissaient nier ces liens, selon l’Etat hébreu, qui a rappelé son ambassadeur pour consultation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Gabriel Barkay rejette les soupçons de manipulation des fouilles archéologiques à des fins idéologiques, estimant que les racines juives sont déjà amplement démontrées. « Je n’ai pas besoin de prouver quoi que ce soit, objecte-t-il. On veut trouver ce qu’on peut trouver, mais ne pas trouver ne démontrerait rien a contrario. On n’ignore ni la présence des Croisés, ni celle des Ottomans, ni les droits des musulmans, mais on attend la réciprocité. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Dizaines de millions de dollars de dons</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elad a un agenda plus offensif. La fondation promeut l’installation de colons juifs au milieu du quartier arabe de Silwan, à Jérusalem-Est, à la pointe duquel se trouve la cité de David, au pied des murailles de la Vieille Ville. Comme l’a montré une enquête du quotidien (centre-gauche) Haaretz, Elad reçoit des dizaines de millions de dollars de dons, transitant par des paradis fiscaux dans le monde entier. La liste des donateurs demeure donc cachée, en contraste avec l’impératif de transparence imposée aux ONG dites de gauche qui, elles, documentent l’occupation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans un rapport récent, le Contrôleur général (une sorte de Cour des comptes aux prérogatives étendues) a mis en cause l’octroi par plusieurs agences gouvernementales de projets archéologiques à Elad sans aucun appel d’offres. A ce jour, aucun contrat n’a été signé en bonne et due forme au sujet du projet du Mont du temple. Selon le Contrôleur général, l’autorité chargée des antiquités n’a pas assuré une supervision correcte des travaux.</span></p>
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		<item>
		<title>Les colons, la bombe à retardement d’Israël</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/les-colons-la-bombe-retardement-disrael/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2016 10:10:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce problème, devenu inextricable, est le fruit du travail patient et opiniâtre d’une minorité active, les tenants d’un Grand Israël dont les frontières seraient définies par la Bible et non par le droit international, depuis bientôt un demi-siècle.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">LE MONDE | Par Christophe Ayad </span></h6>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est une bombe à retardement plantée au cœur du Proche-Orient. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les colonies – ou implantations, ici le vocabulaire n’est pas qu’une question de style – israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sont aujourd’hui le principal obstacle à un accord de paix au Proche-Orient et à la naissance d’un Etat palestinien viable à côté d’Israël. Ce problème, devenu inextricable, est le fruit du travail patient et opiniâtre d’une minorité active, les tenants d’un Grand Israël dont les frontières seraient définies par la Bible et non par le droit international, depuis bientôt un demi-siècle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les Colons, l’exceptionnel documentaire en deux parties de Shimon Dotan, retrace l’épopée qui a vu, de 1967 à aujourd’hui, s’installer 400 000 Israéliens au milieu de 2,7 millions de Palestiniens de Cisjordanie – la Judée-Samarie, comme la surnomment les colons – effaçant la Ligne verte et toute idée de séparation territoriale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A l’origine de ce bouleversement géostratégique, le courant religieux sioniste du rabbin Zvi Yehouda Kook, fils du premier grand rabbin d’Israël, Abraham Isaac Kook. Moshe Levinger, membre fondateur du Goush Emounim (Bloc de la Foi), est le représentant le plus actif et le plus emblématique de ce courant, qui a réussi la fusion explosive entre le nationalisme territorial et le messianisme juif.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le massacre du paysage</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mort en 2015, le rabbin Levinger est à l’origine de la colonisation d’Hébron, l’un des trois lieux les plus révérés du judaïsme avec le mont du Temple à Jérusalem et la tombe de Joseph à Naplouse. C’est lui qui, à la tête d’un petit groupe d’activistes se faisant passer pour des touristes, a occupé le Park Hotel à l’occasion de la Pâque juive en 1968.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le film raconte en détail les étapes de l’installation des colons dans la ville palestinienne qui abrite les tombes d’Adam, Abraham, Isaac et Jacob, notamment la façon dont une mère de famille a transformé l’inhumation de son nourrisson dans la vieille ville en fait accompli. Hébron, encore, où vivait Baruch Goldstein, le colon ayant assassiné une trentaine de musulmans en prière au Caveau des Patriarches en plein ramadan 1994 pour faire capoter les accords de paix d’Oslo.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Entre le gouvernement et le Goush Emounim, les relations n’ont jamais été claires. Tantôt connivent, comme à l’époque où Ariel Sharon et Menahem Begin ont été au pouvoir, tantôt hostile, comme au temps où Yitzhak Rabin a été premier ministre, l’Etat d’Israël n’a jamais désavoué ses « enfants terribles ». Au contraire, il dépense sans compter pour assurer leur sécurité, leur bien-être et leur transport. Il faut entendre Rabin tonner, de sa voix d’outre-tombe, contre le Goush Emounim, « un cancer qui ronge la démocratie israélienne », dès 1975. Deux décennies plus tard, il était assassiné par un extrémiste juif, Ygal Amir.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">À bien des égards, la stratégie des colons et celle de l’Etat d’Israël se rejoignent : couper les communications entre les villages palestiniens, encercler les villes, voire s’installer en leur cœur pour y assurer une présence militaire. Le réseau de routes, de ponts et de tunnels – sans compter les murs – tracés pour protéger les colons de tout contact avec la population palestinienne est un carcan destiné à étouffer la Cisjordanie et à la découper en autant de petites enclaves. Le film de</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Shimon Dotan montre également le massacre du paysage engendré par la colonisation. Les oliviers sont arrachés, les collines arasées pour laisser place à des « gated communities » (quartiers enclos) à l’américaine avec toiles en tuiles orange et shopping malls.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Menace</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce « développement séparé » et une mise en œuvre arbitraire du droit ont engendré un apartheid, que déplore même une femme colon, au grand dam de ses convives, qui lui intiment l’ordre de se taire. Ironie de la situation : ces quartiers qui leur sont interdits sont construits par des ouvriers palestiniens ; et ce sont des Palestiniens qui travaillent dans les usines installées en territoires occupés ou qui cultivent les champs des colons.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aux colonies, déjà illégales au regard des conventions de Genève mais considérées comme pérennes, s’ajoutent les avant-postes, souvent tenus par « les jeunes des collines », dont le porte-parole tient un discours ouvertement raciste et hégémonique, revendiquant un Grand Israël qui irait du Nil à l’Euphrate. Encouragée, voire rejointe, par des fidèles des Eglises évangéliques américaines, cette frange extrémiste des colons dispose désormais de soutiens au sommet du pouvoir, à l’instar de Naftali Bennett, ministre et chef du Foyer juif, un parti d’extrême droite, venu fêter ouvertement l’anniversaire d’un avant-poste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, les colonies ne sont pas seulement une menace pour la paix mais aussi pour Israël lui-</span><br />
<span style="color: #000000;">même. Le refus d’Israël de tracer ses frontières le conduit à garder sous domination une population palestinienne qui, immanquablement, dépassera les juifs en nombre : maintenir des droits égaux reviendra à renoncer au caractère juif d’Israël, garder les Palestiniens sous occupation entraînera la fin de la démocratie&#8230;</span></p>
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		<title>La conversion d&#8217;un hooligan israélien à la coexistence avec les Arabes</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/conversion-dun-hooligan-israelien-la-coexistence-avec-les-arabes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2016 09:56:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ancien nervi d'extrême droite, David Mizrahi est devenu un symbole de la tolérance dans un pays hanté par des décennies de défiance entre Juifs et Arabes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par Cyrille Louis &#8211; Correspondant à Jérusalem pour le Figaro</span></h6>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ancien nervi d&rsquo;extrême droite, David Mizrahi est devenu un symbole de la tolérance dans un pays hanté par des décennies de défiance entre Juifs et Arabes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Une douceur inattendue flotte dans le regard de David Mizrahi. L&rsquo;ancien nervi d&rsquo;extrême droite qui, il y a deux ans encore, entonnait des chants haineux dans les tribunes du Beitar Jérusalem , n&rsquo;a plus vraiment le profil de l&#8217;emploi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pantalon turquoise, chemise rayée et mocassins de cuir, il raconte sa «nouvelle vie» d&rsquo;une voix fébrile et chargée d&rsquo;émotion. Après une décennie passée dans les rangs d&rsquo;un club de supporteurs réputé pour son racisme antiarabe et son ultraviolence, «Dudi» en a brusquement claqué la porte à l&rsquo;automne 2014. «J&rsquo;ai euune révélation», sourit-il, comme pour s&rsquo;excuser de ce récit aux accents de conte de fées. Le jeune homme, décidé à racheter ses erreurs, consacre désormais l&rsquo;essentiel de son temps à prêcher la tolérance et à défendre la coexistence entre Juifs et Arabes. «Je me suis débarrassé de mes préjugés», a-t-il annoncé fin août sur son compte Facebook, déchaînant soudain la curiosité des médias.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Car Dudi Mizrahi, s&rsquo;il n&rsquo;a que 27 ans, n&rsquo;est pas tout à fait un inconnu. Le public israélien a découvert son visage mat et sa calvitie naissante un jour de décembre 2013, lorsque la deuxième chaîne de télévision a diffusé un reportage sidérant sur sa rencontre avec un joueur arabe du club de Bnei Sakhnine. Le producteur de l&rsquo;émission, inspiré par la mode de la téléréalité, espérait sans doute susciter un dialogue fécond entre le supporteur raciste et l&rsquo;attaquant Mohammad Ghadir. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais le projet tourna court, torpillé par les préjugés de Dudi. À peine arrivé chez son hôte, celui-ci refusa de lui serrer la main et multiplia les provocations. «C&rsquo;est très dur pour moi d&rsquo;accepter qu&rsquo;il y ait un club arabe en première division», admit-il avec une sincérité désarmante sous le regard navré du jeune footballeur, qui multipliait  pourtant les efforts pour briser la glace. «Vous êtes tout juste bons à construire des maisons ou à paver des routes», lui lança-t-il encore, confiant au passage qu&rsquo;il ne s&rsquo;intéressait guère aux résultats de l&rsquo;équipe nationale d&rsquo;Israël «parce qu&rsquo;elle compte des joueurs arabes dans ses rangs». «Cette terre est à nous, les Juifs», asséna-t-il finalement sur la route qui conduit au stade de Sakhnine, avant d&rsquo;encourager son interlocuteur médusé à quitter Israël «pour un autre pays comme la Jordanie, la Syrie ou l&rsquo;Arabie saoudite&#8230;». «J&rsquo;étais venu uniquement pour l&rsquo;humilier, admet a posteriori David Mizrahi, et ce jour restera gravé comme l&rsquo;un des plus sombres de ma vie.»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Graine de bitume, Dudi a poussé comme il a pu dans un quartier populaire de Jérusalem tandis que ses parents, Juifs d&rsquo;origine irakienne, peinaient à joindre les deux bouts. À 12 ans à peine, le gamin vend des légumes au «shouk» de Mahane Yehuda et traîne ses guêtres aux abords du stade Teddy-Kolleck. Quelques mois plus tard, il s&rsquo;achète son premier billet pour un match du Beitar. «Je n&rsquo;oublierai jamais ce que j&rsquo;ai éprouvé en pénétrant dans les tribunes, raconte-t-il, comme encore ivre de cet instant. Moi qui me sentais si seul, j&rsquo;ai soudain découvert une euphorie et une chaleur humaine dont je n&rsquo;osais rêver.» Cette famille d&rsquo;adoption l&rsquo;accueille à bras ouverts, trop heureuse de lui inculquer la passion du maillot, la fierté d&rsquo;être juif et la détestation des Arabes. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Avec l&rsquo;ardeur du nouveau converti, David Mizrahi escamote l&rsquo;argent de son père pour faire tatouer sur ses épaules la devise du Beitar &#8211; «Je suis né pour toi et je mourrai pour toi». En 2005, il participe à la création du club de supporteurs La Familia et contribue avec zèle à façonner sa sinistre réputation. Les bagarres avec les supporteurs rivaux, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des «gauchistes» du HaPoel Tel-Aviv ou des «Arabes» du Bnei Sakhnine, s&rsquo;enchaînent au fil des saisons. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans les tribunes de Jérusalem, on s&rsquo;habitue à entendre scander «Le mont du Temple nous appartient» ou «Mahomet est mort». Cette haine, encouragée par les chefs de file de l&rsquo;extrême droite kahaniste, mijote alors sur les braises fumantes de la seconde intifada. «J&rsquo;ai grandi au son des attentats suicides avec l&rsquo;idée que tous les Arabes étaient des terroristes», explique Dudi Mizrahi, qui dit avoir perdu en 2002 un ami proche dans l&rsquo;explosion d&rsquo;un bus. Résolus à «venger» les victimes du terrorisme palestinien, le jeune homme et certains de ses camarades au sein de La Familia arpenteront désormais, à chaque regain de tension, le centre de Jérusalem «pour casser des Arabes». Plusieurs fois arrêté, il devient l&rsquo;une des figures de proue du groupuscule raciste. «Plus je faisais de bêtises et plus les gens m&rsquo;admiraient», constate-t-il. Mais cette fuite en avant finit par s&rsquo;interrompre lorsque le hooligan et ses amis, exaspérés par le recrutement de deux joueurs tchétchènes, retournent leur colère contre le Beitar. «Jamais depuis sa création en 1936 notre club n&rsquo;avait embauché un joueur musulman, soupire-t-il.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous avons commencé par les harceler et les attaquer physiquement, puis nous nous en sommes pris aux dirigeants, si bien que ceux-ci ont déposé plainte. Un jour d&rsquo;octobre 2014, j&rsquo;ai été condamné à payer 380.000 shekels (environ 80.000 euros) de dommages et intérêts. Ma femme m&rsquo;a quitté, je me suis retrouvé seul et j&rsquo;ai soudain réalisé que j&rsquo;étais complètement parti à la dérive. C&rsquo;est alors que j&rsquo;ai entrepris de changer de vie&#8230;»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Conscient de la singularité de son parcours, ainsi de sa dimension emblématique dans un pays hanté par des décennies de défiance entre Juifs et Arabes, David Mizrahi sculpte avec soin chaque détail de la légende. Sa métamorphose, dit-il, s&rsquo;est précipitée alors qu&rsquo;il travaillait dans une usine d&#8217;emballage de dattes située dans la colonie de Maale Efraim, au cœur de la vallée du Jourdain. «J&rsquo;y ai sympathisé avec un ouvrier de Naplouse qui passait chaque jour plus de cinq heures sur la route pour gagner 70 shekels (environ 15 euros), raconte le hooligan en voie de reconversion, alors que les employés juifs étaient payés le double.» «Scandalisé», Dudi entreprend alors d&rsquo;aller à la rencontre des enfants israéliens pour leur enseigner la tolérance et l&rsquo;ouverture aux autres. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Quelques écoles, puis des hôpitaux et des universités acceptent de lui ouvrir leurs portes. «C&rsquo;est incroyablement édifiant d&rsquo;entendre cet ancien fanatique nous expliquer  qu&rsquo;on peut revenir d&rsquo;aussi loin. Nous en avons tous retiré beaucoup de force et d&rsquo;espoir pour l&rsquo;avenir», commente Noam Sonenberg, doctorant en philosophie, qui a organisé au printemps une rencontre avec une soixantaine d&rsquo;étudiants à l&rsquo;Université hébraïque de Jérusalem. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les relations entre la majorité juive et la minorité arabe, qui représente environ 20 % de la population, demeurent en Israël un sujet sensible et controversé. Si les citoyens arabes jouissent de droits individuels équivalents à ceux du reste de la population, d&rsquo;importantes discriminations dans les domaines de l&rsquo;éducation, de l&rsquo;accès à la fonction publique ou de la sécurité témoignent d&rsquo;une fracture persistante. «La question du racisme antiarabe est complexe, observe Mordechai Kremnitzer, vice-président de l&rsquo;Institut israélien pour la démocratie (IDI). Quand on demande aux citoyens juifs s&rsquo;ils acceptent d&rsquo;être soignés ou formés par du personnel arabe, la majorité répond par l&rsquo;affirmative &#8211; ce qui tend à démontrer que le racisme “épidermique” est un phénomène limité. D&rsquo;un autre côté, la persistance d&rsquo;un conflit en apparence insoluble dans lequel les Arabes israéliens sont associés par beaucoup à l&rsquo;ennemi palestinien favorise la défiance et le rejet de l&rsquo;autre.»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Selon une vaste étude conduite l&rsquo;an dernier par l&rsquo;IDI, 42 % des Juifs israéliens estiment que leurs compatriotes arabes ne se sont pas réconciliés avec l&rsquo;existence de l&rsquo;État hébreu, 39 % jugent qu&rsquo;ils posent un risque sécuritaire et 37 % souhaiteraient que leur émigration vers d&rsquo;autres pays soit encouragée. Certains hommes politiques ont pris l&rsquo;habitude d&rsquo;instrumentaliser ces réflexes pour fédérer l&rsquo;électorat juif en leur faveur. Ce fut notamment le cas de Benyamin lorsque, au printemps 2015, il appela ses partisans à se mobiliser pour faire pièce aux «hordes d&rsquo;électeurs arabes avant de présenter à ces derniers ses excuses publiques une fois le scrutin remporté.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">«La plupart de nos dirigeants ont besoin de la peur que suscite ce conflit pour se maintenir au pouvoir», déplore Dudi Mizrahi, qui rêve de changer le monde en éduquant les jeunes générations à la paix. Au risque de paraître candide, le jeune homme se dit convaincu que son expérience peut à cet égard faire office d&rsquo;électrochoc. Et qu&rsquo;importe, selon lui si, à gauche comme à droite, beaucoup haussent les épaules ou l&rsquo;accusent de trahison. «Il est bien sûr tentant de réagir avec cynisme et de se moquer de ce garçon parce qu&rsquo;il vient juste de découvrir que les Palestiniens sont des êtres humains &#8211; mais je préfère lui tirer mon chapeau», observe la blogueuse Orly Noy. «Ses mots coulent comme de la pluie», complète joliment Khaneen Moujadli, jeune activiste arabe israélienne qui, après un premier moment de doute, dit aujourd&rsquo;hui croire en sa sincérité. Fin août, la jeune femme a été abasourdie d&rsquo;apprendre que son nouvel ami avait repris contact avec le footballeur arabe qu&rsquo;il avait à l&rsquo;époque si mal traité, afin de lui demander pardon.</span></p>
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		<title>Un rapprochement  israélo-arabe est-il à  portée de main ?</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/un-rapprochement-israelo-arabe-est-il-portee-de-main/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Sep 2016 09:03:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
		<category><![CDATA[conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement israélien]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[israéliens]]></category>
		<category><![CDATA[sunnites]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques signaux témoignent d'un frémissement des relations entre Israël et des pays arabes sunnites, mais le conflit israélo-palestinien bloque les initiatives.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 8pt; color: #000000;"><strong>LE FIGARO | Par Cyrille Louis</strong></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Quelques signaux témoignent d&rsquo;un frémissement des relations entre Israël et des pays arabes sunnites, mais le conflit israélo-palestinien bloque les initiatives.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le monde arabe sunnite, à l&rsquo;exception notable de l&rsquo;Égypte et de la Jordanie, persiste officiellement à refuser tout contact avec Israël. «Mais sous la couche de glace circule une abondante quantité d&rsquo;eau chaude», assure Dore Gold, directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères. Réputé proche de Benyamin Nétanyahou, ce diplomate s&rsquo;est juré de briser l&rsquo;isolement imposé à l&rsquo;État hébreu par la plupart de ses voisins. Il est convaincu que les bouleversements intervenus ces dernières années dans la région offrent une opportunité sans précédent de faire émerger un «nouveau Moyen-Orient». Plusieurs dignitaires saoudiens, comme pour lui donner raison, ont d&rsquo;ailleurs récemment admis en public l&rsquo;existence d&rsquo;un faisceau d&rsquo;intérêts convergents avec Israël &#8211; tout en soulignant que l&rsquo;occupation militaire de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, en vigueur depuis un demi-siècle, demeure un obstacle indépassable à ces velléités de normalisation.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Quels sont les nouveaux terrains d&rsquo;entente entre Israël et les pays arabes?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;existence d&rsquo;intérêts communs entre l&rsquo;État hébreu et certaines monarchies pétrolières, soudée par leurs alliances parallèles avec les États-Unis, n&rsquo;est en soi pas une nouveauté. «Elle s&rsquo;est manifestée dès les années 1960, rappelle Bruce Riedel, spécialiste du Moyen-Orient à la Brookings Institution, lorsque Israël et l&rsquo;Arabie saoudite ont mis leurs moyens en commun pour contrer la politique expansionniste de l&rsquo;Égyptien Nasser au Yémen.» Depuis 2011, cependant, les bouleversements induits par la succession des «printemps arabes» ont renforcé cette convergence. Le désengagement de Barack Obama, qui a «lâché» Hosni Moubarak lorsque les manifestants égyptiens ont réclamé son départ et s&rsquo;est refusé à faire respecter la ligne rouge qu&rsquo;il avait lui-même fixée quand Bachar el-Assad a employé des armes chimiques contre la rébellion syrienne, a suscité une égale consternation à Jérusalem et Riyad. L&rsquo;émergence de l&rsquo;organisation État islamique (EI), qui défie l&rsquo;armée égyptienne au Sinaï et décrit les monarchies sunnites comme autant de dictatures illégitimes, a parallèlement renforcé les besoins de coopération dans les domaines du renseignement et de la défense. La conclusion, enfin, de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015, a cristallisé l&rsquo;inquiétude d&rsquo;Israël comme des pays sunnites. Benyamin Nétanyahou a combattu jusqu&rsquo;à la dernière seconde ce texte qu&rsquo;il juge insuffisamment</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">contraignant pour la République islamique, et dont les Saoudiens craignent qu&rsquo;il ne favorise son expansion aux dépens des monarchies sunnites. «Ces pays, plongés dans la tourmente et décontenancés par la passivité américaine, commencent à regarder autour d&rsquo;eux en se demandant qui va pouvoir les aider. Et ils constatent que nous partageons, à bien des égards, les mêmes ennemis», assure le général de réserve Yaakov Amidror, qui fut jusqu&rsquo;en 2014 le conseiller de Benyamin Nétanyahou pour la sécurité nationale.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Que sait-on vraiment des relations entre Israël et ses voisins?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;Égypte et la Jordanie, bien qu&rsquo;elles aient fait la paix avec l&rsquo;État hébreu respectivement en 1979 et 1994, n&rsquo;aiment guère s&rsquo;étendre sur les détails d&rsquo;une coopération mal tolérée par leur opinion publique. Les autorités israéliennes, partagées entre le souhait de ne pas incommoder leurs voisins et celui de mettre en lumière leurs «connexions» arabes, soulignent pour leur part que la lutte contre l&rsquo;EI au Sinaï est devenue une cause commune depuis le coup d&rsquo;État d&rsquo;Abdel </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En mai dernier, le prince Turki al-Fayçal, qui n&rsquo;exerce plus de fonction officielle mais dirigea longtemps les services de renseignements du royaume, a ainsi accepté de participer à un débat public sur le sol américain avec Yaakov Amidror. En juillet, l&rsquo;ex-général saoudien Anwar Eshki a pour sa part rencontré Dore Gold lors d&rsquo;une visite à Jérusalem. «Il s&rsquo;agit de contacts informels, lors desquels ces anciens cadres du régime ont pris soin de rappeler que la normalisation des relations avec Israël n&rsquo;est pas d&rsquo;actualité, nuance Gregory Gause, spécialiste de l&rsquo;Arabie saoudite à l&rsquo;université du Texas. Mais le simple fait qu&rsquo;ils aient pu avoir lieu montre qu&rsquo;un courant, sans doute minoritaire, milite pour un réchauffement avec Israël.» La rétrocession par l&rsquo;Égypte à l&rsquo;Arabie saoudite, en avril dernier, de deux îles petites mais stratégiques qui contrôlent l&rsquo;entrée du golfe d&rsquo;Aqaba, plaide dans le même sens. Le royaume, à cette occasion, s&rsquo;est en effet engagé à respecter la liberté de navigation des embarcations israéliennes, conformément au traité de paix signé en 1979 avec l&rsquo;Égypte.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Israël peut-il faire la paix avec les pays arabes sans résoudre d&rsquo;abord le problème palestinien?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C&rsquo;est le grand rêve de Benyamin Nétanyahou, qui voudrait profiter de la lassitude suscitée par le conflit israélo-palestinien et de son recul dans la liste des priorités régionales pour imposer un changement de méthode. «Le discours selon lequel les portes du monde arabe s&rsquo;ouvriront le jour où nous aurons signé un accord de paix avec les Palestiniens a eu pour seule conséquence de rendre Mahmoud Abbas toujours plus intransigeant», lui fait écho Yaakov Amidror. Pour sortir de l&rsquo;impasse, les dirigeants israéliens proposent d&rsquo;intensifier sans attendre la coopération dans tous les domaines dans l&rsquo;espoir que celle-ci créera un environnement plus favorable au règlement du conflit. Mais l&rsquo;argument peine visiblement à convaincre les dirigeants sunnites. «Il est exact que la question palestinienne n&rsquo;occupe plus aujourd&rsquo;hui la même place qu&rsquo;il y a vingt ans dans l&rsquo;agenda des monarchies du Golfe, admet Bruce Riedel, mais les opinions publiques y demeurent foncièrement anti-israéliennes &#8211; si bien que leurs dirigeants ne sont guère tentés de s&rsquo;engager dans une réconciliation sur le dos des Palestiniens.» Campant sur leurs positions, ceux-ci martèlent que l&rsquo;Initiative arabe de paix est à prendre ou à laisser. Le texte, adopté en 2002 à l&rsquo;appel de l&rsquo;Arabie saoudite, propose à Israël de normaliser ses relations avec l&rsquo;ensemble des pays arabes en mettant fin à l&rsquo;occupation des territoires occupés en juin 1967, plateau du Golan compris, ainsi qu&rsquo;en apportant une solution «juste» au problème des réfugiés. «On entend dire que le gouvernement Nétanyahou serait prêt à examiner une version modifiée de ce plan, observe Gregory Gause, mais les pays du Golfe n&rsquo;ont guère d&rsquo;intérêt à s&rsquo;engager dans un tel marchandage dès lors qu&rsquo;Israël accepte, depuis des décennies, de coopérer sans réclamer de véritable contrepartie.»</span></p>
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		<title>Le rôle de la France dans le règlement du conflit israélo-palestinien</title>
		<link>https://elnetwork.fr/vie-politique-francaise/etre-constructive-linitiative-francaise-contribuer-a-ramener/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jun 2016 09:16:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
		<category><![CDATA[conférence]]></category>
		<category><![CDATA[conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[discussions]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[négociations]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Ramallah]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour être constructive l'initiative française doit contribuer à ramener Israéliens et Palestiniens à  négocier directement tous les paramètres qui permettront de mettre un terme définitif au conflit israélo-arabe.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La déclaration adoptée à l’issue de la conférence internationale pour la paix organisée à Paris le 3 juin dernier atteste de la prudence et du pragmatisme dont a su faire preuve la diplomatie internationale. Elle confirme que l’approche que nous appelons de nos vœux – <strong>une approche mesurée et impartiale, doit présider à toute initiative extérieure de bonne volonté. Les retombées de la conférence nous invitent surtout à réaffirmer</strong> <strong>la méthode à suivre pour une médiation constructive de la paix au Proche-Orient</strong>. La réussite du processus de paix israélo-palestinien se décline selon trois échelles complémentaires qui ne sauraient se substituer l’une à l’autre :</p>
<p><strong>1 – au cœur des priorités, il y a l’échelle locale. La négociation sans détours entre Israéliens et Palestiniens s’affirme définitivement comme la pierre angulaire de la solution à deux Etats</strong>. L’élément principal du communiqué officiel publié à l’issue de la conférence enjoint les parties à montrer leur engagement pour résoudre tous les contentieux du conflit à travers des négociations directes. Le Président François Hollande l’a d’ailleurs immédiatement précisé en ouverture de la conférence : <em>nous ne pouvons pas nous substituer aux parties prenantes</em>, <em>le choix courageux de la paix revient en premier lieu aux Israéliens et aux Palestiniens </em>a-t-il déclaré. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault l’a confirmé lors de la conférence de presse qui a suivi les discussions : <em>nous ne souhaitons pas remplacer les parties ou leur imposer des solutions </em>; <em>seules elles peuvent faire la paix</em> a-t-il rappelé.</p>
<p><strong>2 –</strong> <strong>l’échelle régionale est la plus pertinente pour offrir un cadre favorable aux pourparlers israélo-palestiniens</strong>. Etant donnée la situation explosive au Moyen-Orient, il va de soi qu’une implication pacifiée de plusieurs Etats modérés de la région favoriserait la dynamique de paix. Le communiqué officiel du 3 juin conclut d’ailleurs sur le rôle clef que doit jouer la coordination avec les Etats arabes dans l’accompagnement à la résolution du conflit. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a également déclaré à la Knesset le 1<sup>er</sup> juin dernier qu’il était favorable à une conférence pour la paix qui rassemblerait tous les Etats arabes modérés de la région, inspirée de l’initiative arabe de 2002.</p>
<p><strong>3 – la communauté internationale intervient dès lors comme une soupape de sûreté, de soutien au bon déroulé des négociations à engager. </strong>La médiation de la France peut faciliter le dialogue en encourageant concrètement la coopération régionale d’une part et les parties israélienne et palestinienne d’autre part. Ces incitations sont de nature financière, économique ou politique et doivent avoir pour seul objectif de ramener le processus de paix vers la négociation directe, condition <em>sine qua none </em>de son dénouement. Si l’on peut s’attrister de la détérioration de la situation sur le terrain, ce qui nous distancie de la solution à deux Etats est avant tout l’incapacité pour les parties au conflit à en négocier directement les paramètres.</p>
<p>Dès lors, la déclaration du Premier ministre palestinien Rami Hamdallah lors de sa rencontre avec le Premier ministre Manuel Valls dans laquelle il affirme son opposition aux négociations, poursuit lors de la conférence de presse que cette fois Benyamin Netanyahu « n’échappera pas à la communauté internationale », doit nous alerter : il s’agit précisément de court-circuiter la méthode qui fait concensus et qui seule nous conduira à la paix. Nous espérons vivement que la conférence internationale annoncée pour la fin de l’année si elle doit avoir lieu n’ira pas dans le sens stérile d’une internationalisation du conflit. Nous espérons ne pas assister à une répétition de la conférence du 3 juin, un rappel incantatoire des principes généraux à suivre mais la démonstration aussi <strong>qu’aucune médiation extérieure à un conflit n’est fructueuse si elle ne conduit pas les parties à des négociations bilatérales directes. </strong></p>
<p><strong>Dit autrement, nous pourrons nous féliciter de l’initiative pour la paix au Proche-Orient du 3 juin à Paris si et seulement si on nous donne à voir Israéliens et Palestiniens négociant à la même table avec le blanc-seing des Etats arabes de la région et les encouragements de la communauté internationale.</strong></p>
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