Trump choisit l’apaisement mais reste prêt à «toute éventualité» (Adrien Jaulmes – Le Figaro)

Le président américain a contribué à faire baisser la tension en n’annonçant pas de réaction militaire aux derniers bombardements.

Trump ne veut pas d’escalade militaire avec l’Iran. «Nos missiles sont gros, puissants, précis, mortels et rapides», a dit le président américain au lendemain du bombardement nocturne par l’Iran de deux bases militaires américaines en Irak, «mais nous ne voulons pas les utiliser».

Quelques heures après les représailles iraniennes à la mort du général Qassem Soleimani, le président américain a contribué à faire baisser la tension en n’annonçant pas de réaction militaire à ce bombardement, même s’il a rappelé que les forces américaines restaient prêtes à «toute éventualit黫L’Iran semble reculer, ce qui est une bonne chose pour toutes les parties concernées et pour le monde», a dit Trump, qui s’est félicité de ce qu’«aucune vie américaine ou irakienne n’a été perdue, grâce aux précautions prises pour disperser nos forces, et un système de détection avancé qui a très bien marché».

La paix et la stabilité ne peuvent pas régner au Moyen-Orient aussi longtemps que l’Iran ­fomentera des soulèvements, répandra la violence, la haine et la guerre.

Donald Trump

Faisant preuve d’une circonspection inhabituelle, Trump a rompu avec sa manie de recourir à son compte Twitter pour cette dernière allocution. De façon plus classique, il a pris la parole depuis la Maison-Blanche mercredi matin, entouré par le vice-président, le secrétaire à la Défense, le secrétaire d’État et les chefs d’état-major en uniforme.

Trump a justifié une fois de plus sa décision de s’en prendre au principal stratège iranien, dont l’élimination par un missile tiré par un drone américain près de l’aéroport de Bagdad a mené ces derniers jours les États-Unis et l’Iran au bord d’un affrontement de haute intensité. «La semaine dernière, nous avons mené une action décisive pour empêcher un terroriste sans scrupule de menacer des vies américaines. Sous mon ordre, les forces américaines ont éliminé le plus grand terroriste du monde, Qassem Soleimani», a dit Trump.

Il a aussi fustigé l’accord nucléaire signé par Obama en 2015, qui a selon lui profité à l’Iran. «Les missiles tirés la nuit dernière sur nous et nos alliés ont été payés par les fonds mis à disposition par l’Administration précédente», a-t-il affirmé. Il a aussi appelé les pays signataires de l’accord à «admettre la réalité» ; le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine «doivent rompre avec ce qui subsiste de l’accord iranien» et travailler ensemble à un nouveau traité ; «un accord qui permette à l’Iran de prospérer et de tirer parti de ses ressources inexploitées».

«L’Iran peut être un grand pays, a dit Trump, mais la paix et la stabilité ne peuvent pas régner au Moyen-Orient aussi longtemps que l’Iran fomentera des soulèvements, répandra la violence, la haine et la guerre. Le monde civilisé doit envoyer un message clair au régime iranien: votre campagne de meurtres ne sera pas autorisée à continuer.»

Annonçant qu’il allait demander à l’Otan de s’impliquer plus au Moyen-Orient, Trump a aussi rappelé à tous, alliés comme adversaires, deux paramètres importants. En premier lieu que les États-Unis ne sont plus dépendants de cette région pour leur approvisionnement énergétique. «On n’a pas besoin du pétrole du Moyen-Orient!» Ensuite que la puissance militaire américaine était sans équivalent, tout en précisant que «cela ne veut pas dire que nous voulons nous en servir». Ces principes posés, il a réitéré son souhait de négocier avec l’Iran. Rappelant que les États-Unis avaient largement contribué à détruire le califat, Trump a souligné que «l’État islamique» était leur ennemi commun. «La destruction de l’EI est une bonne chose pour l’Iran et nous devrions coopérer autour de cette priorité commune, ainsi que d’autres».

Trump a conclu son allocution par un appel «aux dirigeants et au peuple iranien»«Nous voulons que vous ayez un grand avenir, celui que vous méritez: prospérité et harmonie avec les nations du monde. Les États-Unis sont prêts à saisir la paix avec tous ceux qui la veulent.»