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	<title>Sécurité / Terrorisme | ELNET</title>
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	<title>Sécurité / Terrorisme | ELNET</title>
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		<title>Relations franco-israéliennes sous la Cinquième République : une évaluation stratégique israélienne pour l&#8217;Europe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 06:41:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dr Jonathan Ghariani, chercheur au Moshe Dayan Center for Middle Eastern and African Studies et coordinateur du Forum politique Maroc-Israël. Résumé exécutif D&#8217;un point de vue stratégique israélien, les relations franco-israéliennes sous la Cinquième République révèlent un dilemme récurrent : la France a souvent reconnu la valeur d&#8217;Israël en tant que partenaire régional capable, mais [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14pt; color: #595959;">Dr Jonathan Ghariani, chercheur au Moshe Dayan Center for Middle Eastern and African Studies et coordinateur du Forum politique Maroc-Israël.</p>
<h2 style="font-size: 20pt;">Résumé exécutif</h2>
<p style="text-align: justify;">D&rsquo;un point de vue stratégique israélien, les relations franco-israéliennes sous la Cinquième République révèlent un dilemme récurrent : la France a souvent reconnu la valeur d&rsquo;Israël en tant que partenaire régional capable, mais a tenté à plusieurs reprises de limiter la politique de sécurité israélienne afin de préserver sa propre marge de manœuvre diplomatique dans le monde arabe. Ce schéma a commencé avec le partenariat de défense étroit jusqua l&#8217;embargo sur les armes de 1967. Il est ensuite réapparu sous différentes formes et ce jusqu au 7 octobre2023. Pour Israël, la leçon est claire : la coopération avec la France représente une valeur, mais la fiabilité politique française ne l&rsquo;est pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré la volatilité des relations historiques, Israël ne devrait pas voir la France uniquement à travers le prisme de la déception. La France reste une grande puissance européenne, membre permanent du Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU, acteur méditerranéen, et un État doté d&rsquo;actifs militaires, de renseignement, technologiques et diplomatiques très importants et avancés. Lorsque Paris considère Israël comme un partenaire stratégique plutôt que comme un problème à gérer, les deux parties en bénéficient. La période Sarkozy et certaines parties du premier mandat de Macron ont démontré que la coopération dans la lutte contre le terrorisme, la défense aérienne, la cyber defense, l&rsquo;énergie et la sécurité régionale peuvent servir les intérêts israéliens et européens.</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème est structurel. La politique française a souvent séparé les préoccupations sécuritaires d&rsquo;Israël des ambitions régionales de la France, en supposant que la distance symbolique par rapport à Jérusalem achètera de l&rsquo;influence dans les capitales arabes. L&rsquo;histoire israélienne suggère le contraire : une telle distance modère rarement les acteurs hostiles, mais elle réduit l&rsquo;influence française en Israël. Une approche israélienne envers la France doit donc être ferme mais non méprisante : préserver les canaux stratégiques, diversifier les partenariats, résister aux embargos politisés et montrer clairement que l&rsquo;influence européenne dépend de la pertinence opérationnelle et de la confiance.</p>
<h2 style="font-size: 20pt;">Recommandations politiques</h2>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><strong>Préserver le dialogue, éviter la dépendance.</strong> Israël devrait maintenir ouverts des canaux de haut niveau avec Paris tout en veillant à ce qu&rsquo;aucune capacité de défense critique ne dépende de l&rsquo;approbation politique française.</li>
<li style="text-align: justify;"><strong>Présenter Israël comme un atout de sécurité européen.</strong> La diplomatie israélienne devrait mettre l&rsquo;accent sur les contributions pratiques à l&rsquo;Europe : renseignement, lutte antiterroriste, défense aérienne, cyberprotection, guerre par drones, résilience énergétique et stabilité méditerranéenne.</li>
<li style="text-align: justify;"><strong>Réagir à la politique symbolique d&#8217;embargo.</strong> Israël devrait contester les exclusions discriminatoires tout en évitant des ruptures inutiles avec les institutions françaises qui soutiennent une coopération à long terme.</li>
<li style="text-align: justify;"><strong>Utiliser des coalitions régionales pour façonner les choix français.</strong> La coopération avec la Grèce, Chypre, le Maroc, les partenaires du Golfe et les États des Accords d&rsquo;Abraham montrent à la France que l&rsquo;engagement avec Israël renforce – plutôt qu&rsquo;il l’affaiblit – la posture régionale de l&rsquo;Europe.</li>
<li style="text-align: justify;"><strong>Séparer le désaccord du partenariat stratégique.</strong> Israël devrait accepter que la France continuera à critiquer certaines de ses postions politiques , mais devrait insister pour que ce désaccord ne devienne pas une délégitimation ou une exclusion des entreprises industrielles de défense.</li>
<li style="text-align: justify;"><strong>Dialogue ouvert avec les parlementaires français.</strong> Israël devrait engager les députés français de tout le spectre politique, sauf les partis d&rsquo;extrême gauche, tels que La France Insoumise, le Parti communiste français et les Verts. Il devrait également inviter des figures polites de premier plan et des candidats potentiels à la présidence, dont Marine Le Pen, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Gabriel Attal.</li>
</ul>
<h2 style="font-size: 20pt;">1. L&rsquo;intimité stratégique et la leçon israélienne de la vulnérabilité</h2>
<p style="text-align: justify;">La Cinquième République,a ses debuts ,a hérité d&rsquo;une relation franco-israélienne particulièrement étroite. La France a fourni des armes avancées, y compris des avions de combat, et les deux ministeres de la défense ont coopéré étroitement sur les tactiques, l&rsquo;approvisionnement et la planification stratégique. Pour un jeune État entouré de voisins hostiles, cette relation n&rsquo;était pas seulement diplomatique , elle faisait partie de l&rsquo;architecture de survie nationale d&rsquo;Israël. De Gaulle a d&rsquo;abord maintenu ce partenariat et a même décrit Israël comme un ami et un allié lors de la visite de David Ben-Gourion à Paris en 1961.</p>
<p style="text-align: justify;">Du point de vue de Jérusalem, cependant, la fin de la guerre d&rsquo;Algérie a eu un impact dramatique sur les priorités françaises. Une fois que la France n&rsquo;a plus eu besoin de subordonner sa politique arabe au conflit algérien, Paris a cherché à restaurer son influence dans le monde arabe et à se positionner comme une puissance méditerranéenne indépendante. Bien qu&rsquo;Israël ai compris ce changement, il ne pouvait pas accepter que l&rsquo;ambition régionale française limite sa liberté d&rsquo;action en cas de crise. La contradiction s&rsquo;est accentuée alors que la France cherchait à maintenir sa parenté militaire avec Israël tout en rétablissant ses liens avec Le Caire, Bagdad, Amman, Beyrouth et Riyad.<sup><a id="ref-1" href="#note-1">1</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Israël voyait d&rsquo;abord de la valeur a la double politique française. L&rsquo;accès français aux capitales arabes pouvait, en théorie, aider à freiner l&rsquo;escalade ou ouvrir des canaux indirects. Mais le modèle reposait sur la reconnaissance d&rsquo;Israël par la France comme un acteur stratégique souverain, et non comme un client censé se conformer aux préférences françaises. Au milieu des années 1960, cette illusion avait disparu. La diplomatie française mettait de plus en plus l&rsquo;accent sur les partenariats arabes, le commerce et le positionnement régional. Aux Nations Unies, la France est devenue plus encline à condamner les opérations frontalières israéliennes, tandis que la coopération nucléaire a été progressivement supprimée. La leçon israélienne était simple : même un partenaire européen proche peut redéfinir l&rsquo;amitié lorsque ses intérêts régionaux changent.</p>
<h2 style="font-size: 20pt;">2. 1967 : L&#8217;embargo et la naissance de la diversification stratégique israélienne</h2>
<p style="text-align: justify;">La crise de 1967 reste le tournant décisif dans les relations franco-israéliennes. La fermeture du détroit de Tiran par l&rsquo;Égypte, la mobilisation régionale et la désinformation soviétique sur les prétendues déploiements israéliens près de la Syrie ont été perçus à Jérusalem comme des signaux d&rsquo;alerte existentiels. La tentative de De Gaulle d&rsquo;internationaliser la crise à travers un cadre à quatre puissances, et son avertissement que la France condamnerait l&rsquo;État qui tirerait en premier, n&rsquo;ont pas répondu au problème stratégique immédiat d&rsquo;Israël. Pour Israël, le blocus n&rsquo;était pas un litige juridique abstrait, mais plutôt une menace pour la dissuasion, le commerce et sa survie.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;embargo sur les armes français, formellement appliqué à tous les belligérants, a touché Israël de la manière la plus directe. Il visait à limiter la liberte d action israélienne et, plus tard, à limiter l&rsquo;usage de la force israélienne après la victoire. En pratique, il a convaincu Israël que la dépendance stratégique envers la France était intenable. Israël a remporté la guerre puis a accéléré son virage vers les États-Unis et la production intérieure de materiel de défense. L&rsquo;influence française a décliné précisément parce que Paris avait transformé l&rsquo;approvisionnement en materiel de défense en levier politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet épisode reste important aujourd&rsquo;hui pour la politique israélienne. La résolution 242, le débat sur le l interpretation du mot retrait, et plus largement par la France des concessions territoriales, ont renforcé le scepticisme israélien envers les formules imposées de l&rsquo;extérieur qui ne tiennent pas pleinement compte des frontières défendables et des garanties de sécurité.<sup><a id="ref-2" href="#note-2">2</a></sup>La description ultérieure par de Gaulle des Juifs comme « un peuple d&rsquo;élite, sûr de lui et dominateur » a approfondi la rupture politique et émotionnelle. L&rsquo;opération Gift, où Israël a attaqué l&rsquo;aéroport de Beyrouth en représailles à des attaques terroristes répétées contre sa compagnie aérienne nationale, et l&#8217;embargo plus large de 1968 ont complété la rupture.<sup><a id="ref-3" href="#note-3">3</a></sup> La leçon israélienne n&rsquo;était pas l&rsquo;isolationnisme, mais plutôt la diversification : ne jamais permettre à un fournisseur ou à un gouvernement européen d&rsquo;exercer un levier décisif sur la sécurité israélienne. En conséquence, Israël a commencé à diversifier ses sources d aprovisionement en&rsquo;armes, achetant du matériel militaire avancé aux États-Unis, notamment des chars M48 Patton et des chasseurs A-4 Skyhawk. La neutralisation de la menace égyptienne restait la priorité principale d&rsquo;Israël, tandis que la source de son armement devenait secondaire.<sup><a id="ref-4" href="#note-4">4</a></sup></p>
<h2 style="font-size: 20pt;">3. De Pompidou à Chirac : continuité dans la politique arabe française</h2>
<p style="text-align: justify;">Après de Gaulle, Israël ne s&rsquo;attendait pas à une restauration complète de l&rsquo;alliance d&rsquo;avant 1967. Pompidou maintint l&#8217;embargo et continua de courtiser les pays arabes, dont la Libye, à qui la France vendait des avions Mirage. L&rsquo;affaire des vedettes lance-missiles de Cherbourg devint un symbole israélien de nécessité : Jérusalem avait déjà payé pour des navires essentiels à sa sécurité navale, et tandis quel’echelon politique bloquait la livraison, Israël agissait pour les récupérer. Cette affaire a nuit à la confiance, mais renforça la doctrine israélienne d&rsquo;autonomie en matiere de defense.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous Valéry Giscard d&rsquo;Estaing, la France a poursuivi sa ligne d&rsquo;orientation arabe, ouvert la voie à la représentation diplomatique de l&rsquo;OLP et exprimé des réserves sur le cadre des accords de Camp David. Du point de vue d&rsquo;Israël, cela a créé un déséquilibre bien connu: la France a accueilli favorablement les retraits territoriaux israéliens tout en restant réticente à reconnaître la profondeur des préoccupations sécuritaires israéliennes. François Mitterrand a adopté un ton plus chaleureux, et son discours à la Knesset a eu une importance symbolique, mais son soutien à une patrie palestinienne et a ses canaux vers l&rsquo;OLP ont montré que la sympathie pour Israël n&rsquo;a pas fondamentalement modifié l&rsquo;architecture diplomatique française.<sup><a id="ref-5" href="#note-5">5</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Jacques Chirac a aiguisé la méfiance israélienne, notamment pendant la Seconde Intifada et du fait de sa relation étroite avec Yasser Arafat. Pourtant, Israël a aussi dû distinguer entre la rhétorique, le symbolisme et les changements stratégiques. La reconnaissance par Chirac de la responsabilité de la France de Vichy dans la déportation des Juifs a eu une grande importance pour l&rsquo;histoire juive et pour le règlement de comptes moral intérieur a la France. Plus tard, après l&rsquo;assassinat de l&rsquo;ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri et la détérioration des relations franco-syriennes, Paris s&rsquo;est rapproché du point de vue de Washington sur la souveraineté libanaise et a soutenu la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU sur le retrait des troupes syriennes du Liban. Pour Israël, cela a démontré que la politique française pouvait changer lorsque ses propres intérêts entraient en collision avec des acteurs régionaux déstabilisateurs.</p>
<h2 style="font-size: 20pt;">4. Sarkozy, Hollande et Macron : Opportunité mais sans illusions</h2>
<p style="text-align: justify;">La présidence de Nicolas Sarkozy a montré aux Israéliens qu&rsquo;une approche française différente était possible. Il a cherché à améliorer les relations, mis l&rsquo;accent sur la coopération sécuritaire et traité Israël moins comme une nuisance diplomatique que comme un partenaire confronté à des menaces communes. Israël ne s&rsquo;attendait pas à ce que la France abandonne son soutien à l&rsquo;État palestinien, mais il a accueilli favorablement un langage politique qui sépare le désaccord sur le territoire de la reconnaissance de la légitimité stratégique d&rsquo;Israël. Sarkozy a également effectué la première visite officielle en Israël d&rsquo; un président français depuis douze ans.<sup><a id="ref-6" href="#note-6">6</a></sup> Lors de son discours à la Knesset, il a obtenu une certaine reconnaissance pour avoir qualifié la naissance de l&rsquo;État d&rsquo;Israël de miracle.</p>
<p style="text-align: justify;">Sarkozy, cependant, était fréquemment en désaccord avec le Premier ministre Netanyahou et s&rsquo;est parfois opposé directement à lui, le qualifiant apparemment de menteur.<sup><a id="ref-7" href="#note-7">7</a></sup> Il a également soutenu l&rsquo;adhésion de l&rsquo;Autorité palestinienne à l&rsquo;UNESCO, provoquant une forte opposition tant d&rsquo;Israël que des États-Unis. Sur le conflit arabo-israélien plus large, Sarkozy a finalement maintenu la position traditionnelle française, soutenant une solution à deux États avec Jérusalem-Est comme capitale d&rsquo;un futur État palestinien.<sup><a id="ref-8" href="#note-8">8</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Les relations ont commencé sur des bases solides sous la présidence de François Hollande, comme en témoigne sa visite en Israël en 2013. Lors de cette visite, Hollande a fait écho à la déclaration précédente de de Gaulle à Ben-Gourion en affirmant qu&rsquo;il resterait à jamais l&rsquo;ami d&rsquo;Israël.<sup><a id="ref-9" href="#note-9">9</a></sup> Son administration a maintenu des liens chaleureux avec Israël et adopté une position ferme sur le programme nucléaire iranien. La France a initialement rejeté le premier accord nucléaire intérimaire, tandis que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a averti que la France n&rsquo;accepterait pas un accord naïf dans les négociations.<sup><a id="ref-10" href="#note-10">10</a></sup> La coopération militaire et de renseignement s&rsquo;est non seulement poursuivie sous Hollande, mais s&rsquo;est considérablement étendue.<sup><a id="ref-11" href="#note-11">11</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, d&rsquo;importantes divergences persistaient, notamment concernant le soutien constant de la France à une solution à deux États et sa condamnation répétée de la construction israélienne en Judée-Samarie, que Paris continuait de considérer comme territoire occupé – position qu&rsquo;elle maintenait depuis 1967. Sous Hollande, la France a continué d&rsquo;appuyer des résolutions anti-israéliennes à l&rsquo;Assemblée générale et au Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU, y compris la controversée résolution 2334 du Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU, qui condamnait la présence israélienne en Judée-Samarie comme une violation du droit international. Pour la première fois, l&rsquo;administration Obama a choisi de ne pas utiliser son veto et s&rsquo;est abstenue, tandis que la France a voté en faveur de la résolution.<sup><a id="ref-12" href="#note-12">12</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Durant le premier mandat de Macron, les responsables israéliens avaient des raisons pour un optimisme prudent. Macron soutenait la coopération en matiere de haute technologie, s&rsquo;exprimait fermement contre l&rsquo;antisémitisme et reconnaissait l&rsquo;antisionisme comme une forme d&rsquo;antisémitisme dans le contexte politique de la France contemporaine. La coopération en matière de défense s&rsquo;est également développée par des exercices de l&rsquo;armée de l&rsquo;air, des canaux antiterroristes, un dialogue cybernétique et une coordination en Méditerranée orientale. L&rsquo;inquiétude partagée concernant l irredentisme turque et les possibilités régionales créées par les accords d&rsquo;Abraham ont également donné à la France et à Israël un agenda concret au-delà du dossier palestinien.<sup><a id="ref-13" href="#note-13">13</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">La coopération en matière de défense s&rsquo;est également nettement améliorée : l&rsquo;Armée de l&rsquo;air française a participé à l&rsquo;exercice biennal Blue Flag d&rsquo;Israël, déployant des avions Mirage 2000D puis des chasseurs Rafale en entraînement aux côtés de chasseurs F35 de cinquième génération de l&rsquo;Armée de l&rsquo;air israélienne, tandis que les deux pays ont mené des exercices bilatéraux de l&rsquo;armée de l&rsquo;air en Corse impliquant des F-15 israéliens et des Rafales français.<sup><a id="ref-14" href="#note-14">14</a></sup><sup>,</sup><sup><a id="ref-15" href="#note-15">15</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, du point de vue israélien, cette ouverture restait incomplète. La France n&rsquo;avait pas pleinement intériorisé Israël comme pilier de la sécurité régionale européenne. La coopération dépendait trop du ton présidentiel et trop peu de la doctrine institutionnelle. Cela rendait la relation vulnérable à la crise, à la pression des militants, à la politique intérieure et à la tentation française de signaler son indépendance en critiquant publiquement Israël. Le 7 octobre a révélé la fragilité de ces progrès.</p>
<h2 style="font-size: 20pt;">5. Après le 7 octobre : Sécurité israélienne et coût de la signalisation européenne</h2>
<p style="text-align: justify;">Les attaques du 7 octobre ont confronté Israël à un choc stratégique et moral : une attaque terroriste de masse, la prise d&rsquo;otages, et la nécessité de démanteler les capacités militaires du Hamas à Gaza. Macron a initialement proposé une coalition internationale contre le Hamas et a exprimé sa solidarité avec Israël. À mesure que la guerre s&rsquo;intensifiait, la politique française s&rsquo;est orientée vers des critiques publiques plus virulentes, des appels à des restrictions sur les armes utilisées à Gaza, et des tentatives d&rsquo;exclure les entreprises de défense israéliennes d&rsquo;expositions telles qu&rsquo;Eurosatory et Euronaval.<sup><a id="ref-16" href="#note-16">16</a></sup> Faisant écho au basculement de de Gaulle en 1967, Macron a publiquement condamné les opérations de Tsahal à Gaza et à Rafah comme disproportionnées.<sup><a id="ref-17" href="#note-17">17</a></sup> Fin 2024, Macron a lancé un appel explicite à un embargo international sur les armes offensives utilisées à Gaza et au Liban, suscitant un vif réprimande publique de la part du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.<sup><a id="ref-18" href="#note-18">18</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Pour Israël, cela ressemblait moins à un équilibre de principe qu&rsquo;à un retour à la politique d&#8217;embargo. La France utilisait à nouveau la relation défense-industrielle comme moyen de pression politique à l&rsquo;instant où Israël se voyait comme menant une campagne existentielle contre le Hamas et le Hezbollah, l&rsquo;Iran et d&rsquo;autres acteurs hostiles. Les tribunaux ont ensuite contesté ou annulé certains aspects des exclusions d&rsquo;exposition pour des motifs de non-discrimination, mais le mal diplomatique était déjà fait. Les entreprises, responsables et planificateurs de la défense israéliens se sont vu rappelér que la coopération européenne peut devenir conditionnelle dans les moments de vulnérabilité maximale israélienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le moment charnière dans la détérioration des relations franco-israéliennes a été la décision unilatérale du président Macron en juin 2025 de reconnaître un État palestinien. Du point de vue d&rsquo;Israël, cette démarche manquait de légitimité juridique, puisque l&rsquo;État palestinien ne peut être imposé en dehors d&rsquo;un cadre négocié et doit finalement être validé par les mécanismes internationaux concernés. La reconnaissance de la France a ensuite été suivie par le Royaume-Uni, le Canada et l&rsquo;Australie. Dans son discours à l&rsquo;ONU, Macron a présenté la reconnaissance comme « la seule solution qui apportera la paix à Israël », tout en insistant sur le fait que tout État palestinien devrait être accompagné de garanties de sécurité, de la libération des otages, du désarmement complet du Hamas et d&rsquo;une force internationale de stabilisation mandatée par l&rsquo;ONU à Gaza.<sup><a id="ref-19" href="#note-19">19</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Israël et les États-Unis ont fermement condamné la décision unilatérale de la France. D&rsquo;un point de vue stratégique israélien, la décision de Macron a ravivé le réflexe gaulliste post-1967 : sacrifier la confiance opérationnelle et le levier bilatéral avec Jérusalem au profit de la courtisance sur le monde arabe et l&rsquo;opinion internationale plus large. En contournant les négociations directes, le gouvernement israélien a vu la déclaration comme un geste politique récompensant l&rsquo;agression du Hamas du 7 octobre sans changer la réalité sur le terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus récemment, la France a interdit le survol de son espace aerien par les avions transportant des munitions et des pièces détachées à destination d&rsquo;Israël, ce qui a poussé Israël à suspendre tout approvisionnement en défense en provenance de la France.<sup><a id="ref-20" href="#note-20">20</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Compte tenu de la nature capricieuse de la politique de la France, la réponse israélienne doit être mesurée. Israël ne devrait pas abandonner la France ou l&rsquo;Europe ; cela céderait un espace stratégique à des récits hostiles et réduirait la capacité d&rsquo;Israël à avoir son mot à dire dans la politique européenne. Cependant, Israël devrait insister sur la réciprocité. Si l&rsquo;Europe veut avoir de l&rsquo;influence sur les décisions israéliennes, elle doit rester stratégiquement pertinente. L&rsquo;exclusion, l&#8217;embargo et la distanciation publique réduisent cette pertinence. La coopération opérationnelle, l&rsquo;échange de renseignements et la construction de coalitions régionales l&rsquo;augmentent.</p>
<h2 style="font-size: 20pt;">Conclusion : Une stratégie israélienne pour la France et l&rsquo;Europe</h2>
<p style="text-align: justify;">Pour Israël, l&rsquo;histoire des relations avec la France sous la Cinquième République n&rsquo;est pas une histoire de trahison seulement. C&rsquo;est un cas d&rsquo;étude sur la manière dont la diplomatie des puissances moyennes, l&rsquo;ambition régionale, la politique intérieure et le langage moral peuvent remodeler un partenariat stratégique. La France a déçu Israël à des moments critiques, mais elle a aussi apporté accès, légitimité, poids diplomatique et coopération opérationnelle. La politique israélienne devrait donc être celle de <em>la realpolitik</em> : ni dépendance ni rejet impulsif.</p>
<p style="text-align: justify;">Une approche israélienne devrait présenter un argument de manière cohérente : l&rsquo;autonomie stratégique de l&rsquo;Europe ne devrait pas être un obstacle pour Israël. Le pays est une puissance méditerranéenne dotée de capacités de renseignement très avancées, d&rsquo;expérience sur le champ de bataille, d&rsquo;innovations technologiques, de pertinence énergétique et de résilience démocratique. La France et l&rsquo;Europe ont besoin d&rsquo;accéder à ces actifs à une époque d&rsquo;expansion iranienne, de perturbations russes, de pénétration chinoise, de terrorisme islamiste, de cyberconflits, de guerre par drones et de sécurité maritime.</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, Israël doit engager la France en tant que partenaire stratégique tout en se protégeant de la volatilité politique. Il doit construire des coalitions avec des États qui comprennent déjà la valeur des capacités israéliennes, approfondir les alternatives industrielles de défense et maintenir les canaux diplomatiques ouverts même en cas de conflits publics. Le message vers Paris doit être clair : la critique est légitime, mais l&rsquo;exclusion coûte stratégiquement cher. La France gagne en influence lorsqu&rsquo;elle collabore avec Israël en tant que partenaire souverain. Par conséquent, elle perd de l&rsquo;influence lorsqu&rsquo;elle tente de discipliner Israël à distance. Comme l&rsquo;a dit Ronald Reagan lors des pourparlers sur le contrôle des armements avec le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev : « Faites confiance – mais vérifiez. »</p>
<hr />
<p style="font-size: 12pt;"><strong>Notes</strong></p>
<ol>
<li id="note-1" style="font-size: 10pt;">Cohen, S. (1974). <em>De Gaulle, les gaullistes et Israël,</em> p. 95 <a href="#ref-1">↑</a></li>
<li id="note-2" style="font-size: 10pt;">Rosenne, M. (23 mai 2002). Comprendre la résolution 242 du Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU. <em>Centre de Jérusalem pour les affaires</em> publiques. <a href="https://jcfa.org/requirements-for-defensible-borders/security_council_resolution_242/" target="_blank" rel="noopener">https://jcfa.org/requirements-for-defensible-borders/security_council_resolution_242/</a> <a href="#ref-2">↑</a></li>
<li id="note-3" style="font-size: 10pt;">Couve de Murville, M. (1971), p.474 <a href="#ref-3">↑</a></li>
<li id="note-4" style="font-size: 10pt;">Heimann, G. (2010). De l&rsquo;amitié au patronage : relations France-Israël, 1958-1967. <em>Diplomatie et</em> diplomatie, <em>21</em>(2), 240–258. https://doi.org/10.1080/09592296.2010.482472 p. 254 <a href="#ref-4">↑</a></li>
<li id="note-5" style="font-size: 10pt;">Figeac. (2021). p. 182 <a href="#ref-5">↑</a></li>
<li id="note-6" style="font-size: 10pt;">Bureau du Premier ministre. (23 juin 2008). Allocution du Premier ministre Ehud Olmert lors de la session de la Knesset en l&rsquo;honneur du président de la France, Nicolas Sarkozy. <em>Portail du gouvernement israélien</em>. <a href="https://www.gov.il/en/pages/speechsarkozy230608" target="_blank" rel="noopener">https://www.gov.il/en/pages/speechsarkozy230608</a> <a href="#ref-6">↑</a></li>
<li id="note-7" style="font-size: 10pt;">ABC News. (8 novembre 2011). <em>Sarkozy à Obama : Netanyahu est un menteur</em>. ABC News. <a href="https://abcnews.com/International/sarkozy-obama-netanyahu-liar-israel/story?id=14903750" target="_blank" rel="noopener">https://abcnews.com/International/sarkozy-obama-netanyahu-liar-israel/story?id=14903750</a> <a href="#ref-7">↑</a></li>
<li id="note-8" style="font-size: 10pt;">NBC News. (2008, 20 juin). <em>Sarkozy affirme qu&rsquo;Israël doit partager Jérusalem</em>. https://www.nbcnews.com/id/wbna253338 <a href="#ref-8">↑</a></li>
<li id="note-9" style="font-size: 10pt;">France 3. (17 novembre 2013). François Hollande renforce ses liens avec Israël [Archives vidéo]. <em>Institut National de l&rsquo;Audiovisuel</em> (INA Mediaclip). <a href="https://mediaclip.ina.fr/en/5138385001006-francois-hollande-strengthens-ties-with-israel.html" target="_blank" rel="noopener">https://mediaclip.ina.fr/en/5138385001006-francois-hollande-strengthens-ties-with-israel.html</a> <a href="#ref-9">↑</a></li>
<li id="note-10" style="font-size: 10pt;">Harris, D. (16 août 2015). Sur l&rsquo;Iran, soyons sérieux. <em>Comité juif américain</em>. <a href="https://www.ajc.org/news/on-iran-lets-get-serious" target="_blank" rel="noopener">https://www.ajc.org/news/on-iran-lets-get-serious</a> <a href="#ref-10">↑</a></li>
<li id="note-11" style="font-size: 10pt;">Agence télégraphique juive. (10 juin 2012). Le président français Hollande souhaite des liens plus profonds avec Israël. <em>The Times of Israel.</em> <a href="https://www.timesofisrael.com/french-president-hollande-wants-deeper-ties-with-israel/" target="_blank" rel="noopener">https://www.timesofisrael.com/french-president-hollande-wants-deeper-ties-with-israel/</a> <a href="#ref-11">↑</a></li>
<li id="note-12" style="font-size: 10pt;">Conseil de sécurité des Nations Unies. (2016). <em>Résolution 2334 (2016)</em> (S/RES/2334). <a href="https://docs.un.org/en/s/res/2334(2016)" target="_blank" rel="noopener">https://docs.un.org/en/s/res/2334(2016)</a> <a href="#ref-12">↑</a></li>
<li id="note-13" style="font-size: 10pt;">Daniel, R. (29 juin 2022). Macron a réprimé, La France en crise : implications pour Israël. <em>Institut d&rsquo;études sur la sécurité nationale.</em> <a href="https://www.inss.org.il/publication/macron-in-embarrassment-france-in-crisis/" target="_blank" rel="noopener">https://www.inss.org.il/publication/macron-in-embarrassment-france-in-crisis/</a> <a href="#ref-13">↑</a></li>
<li id="note-14" style="font-size: 10pt;">RFI. (18 novembre 2016). <em>Des avions israéliens s&rsquo;entraînent sur l&rsquo;île française de Corse</em>. <a href="https://www.rfi.fr/en/middle-east/20161118-israeli-planes-train-french-island-corsica" target="_blank" rel="noopener">https://www.rfi.fr/en/middle-east/20161118-israeli-planes-train-french-island-corsica</a> <a href="#ref-14">↑</a></li>
<li id="note-15" style="font-size: 10pt;">Réseau Aviation Week. (27 novembre 2017). <em>Drapeau bleu : Manifestation de la force en Israël</em>. <a href="https://aviationweek.com/defense/blue-flag-showing-force-israel" target="_blank" rel="noopener">https://aviationweek.com/defense/blue-flag-showing-force-israel</a> <a href="#ref-15">↑</a></li>
<li id="note-16" style="font-size: 10pt;">Elmas, D. S. (16 octobre 2024). <em>La France interdit aux entreprises israéliennes de la défense de participer à l&rsquo;exposition Euronaval</em>. Globes. <a href="https://en.globes.co.il/en/article-france-bars-israeli-defense-firms-from-euronaval-exhibition-1001492062" target="_blank" rel="noopener">https://en.globes.co.il/en/article-france-bars-israeli-defense-firms-from-euronaval-exhibition-1001492062</a> <a href="#ref-16">↑</a></li>
<li id="note-17" style="font-size: 10pt;">France 24. (27 mai 2024). <em>Netanyahu qualifie la frappe meurtrière d&rsquo;Israël contre le camp de tentes de Rafah de « tragique erreur</em> ». <a href="https://www.france24.com/en/middle-east/20240526-%F0%9F%94%B4-live-israel-launches-deadly-strike-near-rafah" target="_blank" rel="noopener">https://www.france24.com/en/middle-east/20240526-%F0%9F%94%B4-live-israel-launches-deadly-strike-near-rafah</a> <a href="#ref-17">↑</a></li>
<li id="note-18" style="font-size: 10pt;">BBC News. (s.d.). Macron appelle à l&rsquo;arrêt des livraisons d&rsquo;armes à Israël dans la guerre de Gaza. https://www.bbc.com/news/articles/cjr3zd4d8y5o <a href="#ref-18">↑</a></li>
<li id="note-19" style="font-size: 10pt;">Macron, E. (22 septembre 2025). <em>Allocution du Président de la République française à l&rsquo;Assemblée générale des Nations</em> Unies. Palais de l&rsquo;Élysée. <a href="https://uk.diplomatie.gouv.fr/en/france-recognizes-state-palestine" target="_blank" rel="noopener">https://uk.diplomatie.gouv.fr/en/france-recognizes-state-palestine</a> <a href="#ref-19">↑</a></li>
<li id="note-20" style="font-size: 10pt;">Bob, Y. J., &amp; Stein, A. (31 mars 2026). Israël suspend le commerce de défense avec la France, invoquant une « attitude hostile », selon des sources du « Post ». <em>The Jerusalem Post.</em> <a href="https://www.jpost.com/israel-news/article-891742" target="_blank" rel="noopener">https://www.jpost.com/israel-news/article-891742</a> <a href="#ref-20">↑</a></li>
</ol>
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		<title>Tentative d&#8217;attentat vol Dubaï-Tel Aviv et Jordan Bardella-Médiapart</title>
		<link>https://elnetwork.fr/chronique/tentative-dattentat-vol-dubai-tel-aviv-et-jordan-bardella-mediapart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 10:26:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Incident à bord d’un vol Dubaï-Tel Aviv, piste iranienne, et défense de Jordan Bardella par un ministre israélien face à Mediapart : Arié Bensemhoun décrypte deux actualités qui font débat.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elnet-podcast" style="background:#142D3A;border-radius:14px;padding:22px;margin:0 0 28px;border-left:5px solid #B67B00;box-shadow:0 6px 22px rgba(20,45,58,.18);">
<div style="display:flex;flex-wrap:wrap;align-items:center;gap:18px;margin-bottom:16px;">
<img src="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/10/VISUEL-REEL-ELNET-CHRONIQUE-Publication-Instagram-52-300x300.png" alt="Tentative d'attentat vol Dubaï-Tel Aviv et Jordan Bardella-Médiapart" style="width:96px;height:96px;object-fit:cover;border-radius:10px;flex:0 0 96px;margin:0;" /></p>
<div style="flex:1 1 220px;min-width:0;">
<p style="margin:0 0 6px;color:#D2A13B;font-size:12px;font-weight:700;letter-spacing:.14em;text-transform:uppercase;">🎧 Podcast · 6 min</p>
<p style="margin:0 0 4px;color:#FFFFFF;font-size:20px;font-weight:700;line-height:1.25;">Tentative d&rsquo;attentat vol Dubaï-Tel Aviv et Jordan Bardella-Médiapart</p>
<p style="margin:0;color:#E8EEF0;font-size:14px;">La chronique d’Arié Bensemhoun – écoutez l’épisode</p>
</div>
</div>
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<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-35787-1" preload="none" style="width: 100%;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/10/cc50be11-4d3f-4824-bc1c-ce8934c3d145.mp3?_=1" /><a href="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/10/cc50be11-4d3f-4824-bc1c-ce8934c3d145.mp3">https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/10/cc50be11-4d3f-4824-bc1c-ce8934c3d145.mp3</a></audio></div>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><strong><span class="s4">Bonjour </span><span class="s4">Arié</span><span class="s4">. Merci d&rsquo;être avec nous. Vous avez vu ces images spectaculaires à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;avion, les réactions également des passagers. Aujourd&rsquo;hui, des responsables israéliens affirment que l&rsquo;incident pourrait être une tentative d&rsquo;attaque terroriste, peut-être venant de l&rsquo;Iran. Est-ce que c&rsquo;est une thèse crédible, selon vous ?</span><span class="s5"> </span></strong></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s6">Arié</span><span class="s6"> Bensemhoun :</span> <span class="s7">Écoutez, comme l&rsquo;a dit Daniel Haïk tout à l&rsquo;heure, à ce stade, aucune piste, évidemment, ne peut être écartée. On sait que les zones d&rsquo;ombre restent immenses. Qui tire les ficelles ? L&rsquo;Iran manœuvre-t-il en coulisses ? S&rsquo;agit-il d&rsquo;un acte isolé ? Que cherchait réellement le copilote en prenant ainsi les commandes et en essayant d&rsquo;assassiner le pilote de l&rsquo;avion ? Et surtout, c&rsquo;est la question qui prédomine, comment une telle faille de sécurité a-t-elle pu survenir aux Émirats arabes unis sur un vol vers Israël dans un contexte sécuritaire aussi brûlant ? Et on sait que les Émirats arabes unis ne plaisantent pas avec la sécurité.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Alors oui, comme vous l&rsquo;avez dit, on a frôlé la tragédie, le drame a été évité, le sang-froid du pilote, la réactivité de l&rsquo;équipage et la bravoure des passagers, ça nous fait penser au 11-Septembre. Mais ça pose une autre question, parce que le 11-Septembre, les terroristes ont pris d&rsquo;assaut le cockpit. Là, le terroriste aurait été dans le cockpit.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Et la question se pose : est-ce que les mesures de sécurité qui avaient été prises après le 11-Septembre vont être maintenues ? Parce que, heureusement, le pilote a réussi à débloquer le cockpit pour que les Israéliens à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;avion puissent intervenir sur le terroriste. Beaucoup de questions se posent et le traumatisme de cette tentative d&rsquo;attentat va être extrêmement important pour les mois et les semaines à venir.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><strong><span class="s4">Effectivement, le Shin Bet avait prévenu, en tout cas avait lancé des alertes de sécurité concernant les vols vers les Émirats arabes unis. Est-ce qu&rsquo;on peut s&rsquo;attendre en tout cas à une riposte d&rsquo;Israël s&rsquo;il s&rsquo;avérait que c&rsquo;était bien l&rsquo;Iran qui avait frappé ?</span></strong></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s6">Arié</span><span class="s6"> Bensemhoun :</span> <span class="s7">Alors, pour cette affaire comme pour d&rsquo;autres, d&rsquo;abord il faut regarder ce qui est avéré, quels sont les faits, quelles sont les preuves dont nous allons disposer à partir du moment où l&rsquo;enquête sera conduite. Et puis, je fais confiance aux Israéliens pour prendre les mesures qui s&rsquo;imposent, mesures de représailles s&rsquo;il y a eu un attentat commandité par telle ou telle organisation terroriste ou même par l&rsquo;Iran, mais surtout pour prévenir les prochains risques d&rsquo;attentats.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Est-ce que cela veut dire qu&rsquo;à chaque fois qu&rsquo;il y aura un pilote susceptible d&rsquo;être radicalisé dans un avion ou dans une compagnie aérienne d&rsquo;un pays arabe — pas seulement d&rsquo;ailleurs —, quelles sont les mesures qui devront être prises ? Et ça pose énormément de questions. </span><span class="s7">Là, nous avons eu un miracle, mais nous aurions pu avoir une catastrophe et malheureusement, on peut imaginer que ça donne des idées à d&rsquo;autres terroristes.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><strong><span class="s4">Alors, le reste de l&rsquo;actualité, </span><span class="s4">Arié</span><span class="s4">, c&rsquo;est important aussi que vous réagissiez là-dessus. C&rsquo;est Amichai </span><span class="s4">Chikli</span><span class="s4">, le ministre israélien de la Diaspora, qui a pris la défense de Jordan Bardella, le président du RN, en accusant Mediapart. Comment expliquez-vous aujourd&rsquo;hui cette position d&rsquo;Israël qui va à l&rsquo;encontre, finalement, de la position historique de l&rsquo;État hébreu face au Front national, face au Rassemblement national ?</span></strong></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s6">Arié</span><span class="s6"> Bensemhoun :</span> <span class="s7">Écoutez, d&rsquo;abord, il faut dire que Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen avaient été invités par le gouvernement israélien l&rsquo;année dernière à participer à la Conférence internationale sur l&rsquo;antisémitisme</span><span class="s7">.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Le gouvernement israélien a levé, d&rsquo;une certaine manière, les sanctions contre le Rassemblement national et contre d&rsquo;autres partis également de la droite européenne, souverainistes et nationalistes, qui soutiennent Israël. Alors, aujourd&rsquo;hui, Bardella et Marine Le Pen ne sont plus officiellement personae non </span><span class="s7">gratae</span><span class="s7"> en Israël.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Je pense même qu&rsquo;il est probable que Marine Le Pen, dans le cadre de la campagne présidentielle, décide de se rendre en Israël, et certainement qu&rsquo;elle attendra une invitation du gouvernement israélien pour le faire. Et ce sera, je crois, un signe fort.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Alors après, cette accusation, vous savez, c&rsquo;est toujours pareil. Mediapart, d&rsquo;abord, c&rsquo;est une officine d&rsquo;extrême gauche qui ne recule devant aucune outrance, devant aucune manipulation et devant aucun mensonge.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><strong><span class="s4">Mais ça ne veut pas dire que c&rsquo;est faux</span><span class="s7">…</span></strong></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7"> </span><span class="s6">Arié</span><span class="s6"> Bensemhoun :</span> <span class="s7">Ça ne veut pas dire que c&rsquo;est faux, mais ça ne veut surtout pas dire que c&rsquo;est vrai. Si Mediapart a des preuves, il faut qu&rsquo;il les produise, parce que, encore une fois, j&rsquo;entends des réactions de gens qui commencent par dire « si les faits sont avérés », mais s’ils ne sont pas avérés, le commentaire est inutile.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Il faut d&rsquo;abord qu&rsquo;il y ait des preuves. Et pour ma part, j&rsquo;attends de savoir ce qui s&rsquo;est vraiment passé, ce que Bardella a vraiment dit ou n&rsquo;a pas dit, dans quel contexte, dans quelles circonstances, pour pouvoir porter un regard critique sur cette situation. Évidemment, nous sommes absolument et définitivement intransigeants avec toute forme d&rsquo;antisémitisme. Il faut d&rsquo;abord analyser les événements.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Et puis, moi, je vois bien, Ilana, la manœuvre d&rsquo;enfumage, la manœuvre de diversion qui est opérée pour faire oublier la vraie haine des Juifs, celle qui se manifeste au quotidien dans notre pays, partout en Europe, qui est la haine d&rsquo;Israël, la volonté de certains États, de certains groupes politiques, de certains activistes, soi-disant </span><span class="s7">pro-palestiniens</span><span class="s7">, de faire d&rsquo;Israël un État paria qui doit disparaître, qu&rsquo;il faut boycotter, qu&rsquo;il faut isoler, qu&rsquo;il faut rendre plus vulnérable. C&rsquo;est là la véritable question qui doit être posée.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">Et on se posera la question, à propos de Jordan Bardella, de savoir s&rsquo;il fait partie des brebis galeuses que le Rassemblement national a décidé d&rsquo;exclure, ou s&rsquo;il est là, au cœur d&rsquo;une manipulation qui a été montée de toutes pièces, comme </span><span class="s7">Plenel</span><span class="s7"> et Mediapart savent le faire.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><span class="s7">De notre côté, nous en savons quelque chose, puisque nous avons fait l&rsquo;objet d&rsquo;attaques de la part de Mediapart qui sont absolument honteuses et surtout mensongères.</span></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;"><strong><span class="s7"> </span><span class="s4">Et</span><span class="s4"> bien, merci beaucoup</span><span class="s4">, </span><span class="s4">Arié</span><span class="s4"> Bensemhoun</span></strong></p>
<p class="s3" style="text-align: justify;">
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		<title>Le Triangle de Résilience Démocratique : Europe – Ukraine – Israël</title>
		<link>https://elnetwork.fr/analyse/le-triangle-de-resilience-democratique-europe-ukraine-israel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:43:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la cinquième année de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’Europe observe le crépuscule d&#8217;une époque. Ce long printemps, vécu depuis 1949 à l’ombre rassurante du géant américain, s&#8217;achève inexorablement. Sous l&#8217;impulsion doctrinale de l’administration Trump et de sa Stratégie de Sécurité Nationale de novembre 2025, Washington tourne désormais son regard [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p3" style="text-align: justify;">Dans la cinquième année de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’Europe observe le crépuscule d&rsquo;une époque. Ce long printemps, vécu depuis 1949 à l’ombre rassurante du géant américain, s&rsquo;achève inexorablement. Sous l&rsquo;impulsion doctrinale de l’administration Trump et de sa Stratégie de Sécurité Nationale de novembre 2025, Washington tourne désormais son regard vers la sécurité de son propre hémisphère et vers les tumultes du Pacifique. Ce désengagement structurel ampute l&rsquo;aide militaire à Kyiv de 99 % et anticipe le retrait de 20 000 soldats du sol européen.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">S’il n’est pas rapidement comblé, ce vide sécuritaire naissant ouvrira la porte à un « Yalta 2.0 » avec des États-Unis et une Russie qui pourraient négocier un accord bilatéral par-dessus la tête des Européens pour geler le conflit au-delà des lignes ukrainiennes, rétablir leurs relations, notamment économiques, et redéfinir leurs sphères d’influence respectives sur un continent tragiquement sous-armé pour s’y opposer.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Si Donald Trump fait pression pour imposer un accord d’ici juin 2026 et divise l’Occident, dans le même temps, l’Internationale des tyrannies, elle, se soude dans une alliance de sang et d’acier. La symbiose liant la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord atteint un niveau d&rsquo;intégration organique sans précédent. Les drones iraniens Shahed, dont la production s’étend jusqu&rsquo;à Ielabouga en Russie, et les missiles balistiques Fateh-110 ou Zolfaghar, éventrent les villes ukrainiennes. En retour, Moscou livre à Téhéran des chasseurs Su-35, des technologies spatiales et un savoir-faire nucléaire accélérant la miniaturisation des têtes balistiques. Ce funeste ballet logistique s&rsquo;enrichit des millions d&rsquo;obus nord-coréens et des troupes de Pyongyang déployées dans le Donbass et à Koursk. Pékin, de son côté, maintient à flot l’économie des mollahs par l&rsquo;achat massif de pétrole et irrigue la machine de guerre russe en puces électroniques et imagerie satellite.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Dès lors, la distinction entre les fronts s’évapore. La sécurité de Jérusalem et celle de Kyiv constituent les deux faces d’une même réalité stratégique – tous deux en première ligne de guerres qui engagent directement l’avenir des Européens. Affaiblir les armées russes signifie réduire les marges de manœuvre iraniennes. Neutraliser les usines d&rsquo;armement à Ispahan permet d&rsquo;épargner des vies dans les rues de Kharkiv. La fusion des menaces proférées par ces puissances autoritaires impose inéluctablement une fusion des réponses des nations démocratiques.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Cependant, le retrait américain agit comme un révélateur brutal des immenses carences de la défense européenne. Les discours incantatoires sur l&rsquo;autonomie stratégique et les programmes financiers tels que ReArm Europe, dotés de 800 milliards d&rsquo;euros, se heurtent à l&rsquo;incapacité de produire la masse critique de capacités militaires nécessaires dans les temps impartis. Le déficit le plus alarmant frappe la défense intégrée anti-aérienne et antimissile. Les stocks d&rsquo;intercepteurs Patriot et Aster se retrouvent drainés par l&rsquo;effort ukrainien, tandis que le continent reste dramatiquement dépourvu de bouclier exo-atmosphérique autonome, toujours tributaire du système américain AEGIS. Le redéploiement des moyens de renseignement américains vers l&rsquo;Indo-Pacifique laisse par ailleurs les armées du Vieux Continent partiellement aveugles face aux mouvements ennemis à l&rsquo;est du Dniepr.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Pour surmonter cette urgence, garantir la souveraineté de l’Ukraine, assurer la sécurité du continent et refuser le rôle d&rsquo;acteur passif d&rsquo;un monde se redessinant sans elle, l&rsquo;Europe doit rapidement monter en puissance. Son salut pourrait résider dans la constitution d&rsquo;un triangle de résilience démocratique unissant l&rsquo;Europe, l&rsquo;Ukraine et Israël. Cette architecture intégrée repose sur une équation implacable et parfaitement complémentaire.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Dans ce nouveau paradigme, l&rsquo;Ukraine n’est plus une débitrice d’assistance, mais une productrice nette de sécurité. Sa masse combattante fixe et érode la menace russe, empêchant ses divisions de se masser aux frontières de l’Union européenne. Métamorphosée en véritable laboratoire de la guerre moderne par l&rsquo;initiative Brave1, elle déploie un écosystème d&rsquo;innovation fulgurant. Des solutions tactiques frugales voient le jour, à l&rsquo;image du système laser portable Sunray, capable de brûler les aéronefs ennemis sans bruit. Les intercepteurs Sting et Octopus, produits en masse pour environ 2 500 dollars, abattent les drones iraniens et rétablissent une équation économique viable pour la défense antiaérienne. Forte de 450 entreprises spécialisées en 2026 et soutenue par la plateforme Brave1 Dataroom élaborée avec Palantir, Kyiv possède la base de données la plus exhaustive sur les signatures électroniques russes, permettant d&rsquo;entraîner une intelligence artificielle tactique redoutable.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">À cet édifice, Israël apporte l’immédiateté technologique cruellement absente sur le sol européen. Opérant en économie de guerre depuis deux ans, son industrie de défense propose des solutions validées par l&rsquo;épreuve du feu. La relation avec Berlin incarne l&rsquo;axe central de sa nouvelle doctrine d&rsquo;exportation, illustrée par l&rsquo;acquisition du système Arrow 3 pour plus de 10 milliards de dollars. La livraison de la première batterie en décembre 2025 offre enfin à l&rsquo;Europe une capacité autonome d&rsquo;interception balistique dans l&rsquo;espace. Face aux essaims destructeurs, le déploiement du laser haute énergie Iron Beam garantit un coût par interception négligeable. Les systèmes de guerre électronique d&rsquo;Elbit et Rafael protègent les forces terrestres et navales, pendant que le renseignement israélien fournit des alertes précoces vitales sur les transferts d&rsquo;armes iraniens vers la Russie. L&rsquo;État juif gagne en retour une profondeur diplomatique et stratégique inestimable en Europe, tout en diversifiant ses alliances et ses débouchés industriels face à une Amérique devenue imprévisible.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Quant à l&rsquo;Europe, elle détient la puissance industrielle et les capitaux nécessaires pour couronner cette alliance. Son intérêt vital consiste à acheter du temps et une sécurité immédiate, comme par le biais d&rsquo;instruments comme la Facilité pour l&rsquo;Ukraine, dotée de 50 milliards d&rsquo;euros. Le développement de coentreprises en Europe de l&rsquo;Est, potentiellement financées par les avoirs russes gelés, permettra de produire sous licence les munitions et les drones indispensables à la pérennité du combat.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">L’objectif ultime de cette trinité souveraine vise à rendre inapplicable tout arbitrage étranger. En transformant une simple coalition de volontaires en une véritable coalition des capables, ce maillage stratégique annule la menace d&rsquo;un abandon américain. Si les lignes de front tiennent bon grâce au soutien euro-israélien structuré, un potentiel traité entre Donald Trump et Vladimir Poutine sera inapplicable sans l’aval des Européens.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">L&rsquo;année 2026 doit marquer la fin définitive de l&rsquo;adolescence stratégique du Vieux Continent. Cette évolution s&rsquo;accomplit au nom de la maturité et de la survie. Israël offre le temps par la fulgurance de sa technologie immédiate. L’Ukraine offre l’espace par son sacrifice et sa profondeur. L’Europe fournit les moyens par sa masse économique colossale. Séparément, nos nations subissent les aléas du monde et les humeurs américaines. Ensemble, elles forment une masse critique inébranlable capable de dissuader Moscou, de contenir Pékin et de vaincre Téhéran. Ce triangle de résilience s&rsquo;impose comme la seule voie pragmatique pour éviter qu&rsquo;un nouveau rideau de fer ne s&rsquo;abatte sur nos destinées, et pour que l’Europe cesse enfin d’être un objet de l’histoire pour redevenir un sujet stratégique.</p>
<p><strong><a href="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/03/ELNET-I-Le-Triangle-de-Re%CC%81silience-Europe%E2%80%93Ukraine%E2%80%93Israe%CC%88l-1.pdf">Pour lire l&rsquo;analyse complète, cliquez ici</a></strong></p>
<p class="p3" style="text-align: justify;"><b>Alexis CABELLO </b><b></b></p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Directeur du Département Recherche, Analyse et Prospective</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">ELNET France</p>
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		<title>Le problème des médiateurs du Plan Trump</title>
		<link>https://elnetwork.fr/chronique/le-probleme-des-mediateurs-du-plan-trump/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 10:37:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump a confié à l’Égypte, la Turquie et le Qatar, trois États qui disposent des canaux les plus efficaces avec le Hamas, la charge d’amener le mouvement islamiste à procéder à son démantèlement, à son désarmement et à son exclusion de toute gouvernance future à Gaza. Mais deux mois après sa signature, le plan [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-23196-2" preload="none" style="width: 100%;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2025/12/488be593-a824-4e61-b82a-6c003b0af89f.mp3?_=2" /><a href="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2025/12/488be593-a824-4e61-b82a-6c003b0af89f.mp3">https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2025/12/488be593-a824-4e61-b82a-6c003b0af89f.mp3</a></audio>
<p style="text-align: justify;">Donald Trump a confié à l’Égypte, la Turquie et le Qatar, trois États qui disposent des canaux les plus efficaces avec le Hamas, la charge d’amener le mouvement islamiste à procéder à son démantèlement, à son désarmement et à son exclusion de toute gouvernance future à Gaza.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais deux mois après sa signature, le plan Trump peine à progresser vers ces objectifs, car son architecture repose sur une contradiction profonde. On demande à des pays qui ont contribué, chacun à leur manière, à la survie, à la légitimation, au renforcement du Hamas et donc à la guerre, de devenir les artisans de sa disparition.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant l’Égypte, officiellement, le président Sissi se pose en adversaire implacable des Frères Musulmans, dont le Hamas est la branche palestinienne. Mais dans la pratique, pour les services égyptiens, le Hamas joue un rôle déterminant en maintenant un minimum d’ordre à Gaza et en empêchant le territoire de basculer dans l’anarchie ou de devenir un foyer pour les groupes salafistes-jihadistes liés à l’État islamique, qui frappent déjà dans le Sinaï.</p>
<p style="text-align: justify;">Une disparition soudaine du Hamas pourrait ouvrir un vide sécuritaire susceptible de menacer directement la frontière égyptienne et de provoquer un afflux massif de réfugiés, ligne rouge absolue pour le régime. À cela s’ajoute également la crainte de voir un Gaza post-Hamas passer sous contrôle israélien ou sous tutelle occidentale. Sissi préfère donc un Hamas à genoux, dépendant de la médiation égyptienne, plutôt qu’un Gaza débarrassé de l’emprise islamiste mais échappant à l’influence du Caire.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la Turquie, elle avance par ambition hégémonique assumée. Sous Erdoğan, le soutien au Hamas est devenu un instrument central de politique étrangère, un levier permettant de défier l’autorité saoudienne sur le monde sunnite, tout en s’affichant comme champion autoproclamé de la cause palestinienne et de l’hostilité internationale contre Israël.</p>
<p style="text-align: justify;">En y entretenant un foyer de tension permanent à ses portes, la Turquie garantit sa présence dans les négociations régionales et maintient une pression continue sur un État juif qui s’impose toujours davantage comme un rival croissant avec le déclin iranien. Un Israël enfin libéré du conflit palestinien deviendrait une superpuissance régionale capable de projeter son influence en Méditerranée orientale et dans le Caucase, au détriment des intérêts turcs. Pour Erdoğan, il vaut mieux une guerre de basse intensité qu’une « Pax Israeli » qui reléguerait la Turquie au second plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, le Qatar complète ce trio par une duplicité méthodiquement assumée : l’émirat a fondé sa sécurité sur un paradoxe consistant à accueillir la plus grande base militaire américaine de la région, tout en finançant les ennemis de l’Amérique et de ses alliés. Les milliards versés à Gaza sous étiquette humanitaire ont permis au Hamas de construire son réseau de tunnels, d’accroître son arsenal et de préparer la guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plan Trump confie à Doha un rôle d’arbitre financier, chargé d’acheter la reddition des terroristes palestiniens. Mais les Qataris savent que leur influence internationale repose entièrement sur leur capacité à dialoguer avec les « parias » et qu’ils ont besoin du maintien du Hamas pour demeurer un intermédiaire indispensable et conserver un levier unique dans le dossier palestinien. Le Qatar ne veut pas résoudre le problème, il veut continuer à le gérer.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais au-delà de ces trois pays, c’est l’ensemble de l’équation régionale qui demeure problématique, car peu d’États souhaitent réellement voir Israël en finir avec le terrorisme palestinien. L’État juif, petit mais déjà puissance technologique et militaire écrasante dans la région, voit son influence contenue par un conflit palestinien que ses voisins considèrent comme un frein nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Hamas agit ainsi comme un poids qui limite l’ascension régionale d’Israël, en plus de maintenir en vie la cause palestinienne – seul vecteur d’unité dans un monde arabo-musulman qui s’achoppe sur tout, et qui, pour des régimes fragiles, sert d’exutoire et de source de légitimité populaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que l&rsquo;histoire ait su démontrer l&rsquo;efficacité pragmatique de médiateurs contestés, cette analogie ne tient plus face à l&rsquo;idéologie absolutiste du Hamas. Confier son démantèlement à ses parrains risque de conduire non pas à sa disparition, mais à son simple recyclage sous une autre forme.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une région où la paix, souvent, ne rapporte que peu de choses et où le conflit reste une monnaie d’influence, l&rsquo;architecture diplomatique actuelle ressemble à un jeu de dupes où les « garants » régionaux de la paix œuvreront sans doute pour pérenniser le cessez-le-feu, mais certainement pas pour la transformation radicale qu&rsquo;exige la sécurité du Moyen-Orient. Le Plan Trump, dans ce contexte, ne risque d&rsquo;être qu&rsquo;un énième sursis avant la prochaine guerre.</p>
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		<title>Dix ans après les attentats de Paris : le poison dans l’âme française</title>
		<link>https://elnetwork.fr/fil-info/dix-ans-apres-les-attentats-de-paris-le-poison-dans-lame-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 10:30:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fil Info]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dr. Arié Bensemhoun[1] Tribune publiée dans Rupture, le 13 novembre 2025 Par une nuit de novembre, il y a dix ans, Paris a vacillé. Le rire des terrasses, la musique d’un concert, le souffle joyeux d’une capitale vivante se sont figés dans la fureur des armes. Des hommes, au nom d’un Dieu défiguré, ont semé [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dr. Arié Bensemhoun<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a></p>
<p><a href="https://rupture-mag.fr/chronique/__trashed/">Tribune publiée dans Rupture</a>, le 13 novembre 2025</p>
<hr />
<p>Par une nuit de novembre, il y a dix ans, Paris a vacillé.</p>
<p>Le rire des terrasses, la musique d’un concert, le souffle joyeux d’une capitale vivante se sont figés dans la fureur des armes. Des hommes, au nom d’un Dieu défiguré, ont semé la mort au Bataclan, sur les boulevards, dans les cafés. Ils voulaient frapper la jeunesse, la liberté, la légèreté même d’être français. Ce soir-là, la France a pleuré, mais elle s’était jurée de ne jamais plier.</p>
<p>Dix ans ont passé. Dix années d’hommages, de discours, de promesses. Dix années où les larmes ont séché, où les bougies se sont éteintes. Et pourtant, une question terrible s’impose, lancinante, comme un écho que nul n’ose affronter : avons-nous vraiment gagné ?</p>
<p>Car si le terrorisme a perdu la guerre des corps, l’islamisme, lui, gagne celle des âmes. Il s’insinue dans nos failles, dans nos doutes, dans nos renoncements. Il ne se cache plus dans les sables de Raqqa, mais dans les interstices de nos sociétés fatiguées. Il a su troquer la kalachnikov contre le mot, le sang contre la peur, la terreur contre la culpabilité.</p>
<p>C’est une conquête invisible, patiente, qui grignote nos certitudes comme le sel ronge le métal. Elle prend la forme d’un voile imposé, d’un quartier fermé, d’un discours inversant les culpabilités. Elle transforme les bourreaux en victimes et les défenseurs de la liberté en suspects. Elle nourrit la haine de soi, la honte d’être libre.</p>
<p>Progressivement, nous avons cessé de défendre nos valeurs, de peur d’offenser ceux qui les méprisent. La lâcheté s’est faite vertu, la reddition s’appelle tolérance, et le renoncement, dialogue. À force de confondre respect des croyants et complaisance envers les fanatiques, nous avons tendu au poison le calice dont nous buvons. L’islamisme n’a plus besoin d’attaquer, il attend que nous baissions la garde. Et nous la baissons, chaque jour — par fatigue, par faiblesse, par habitude.</p>
<p>Il y a dix ans, nous brandissions le drapeau tricolore ; aujourd’hui, nous hésitons à le montrer. Nous criions alors « Je suis Charlie », et nous murmurons désormais nos opinions. Nous jurions qu’aucun enseignant ne mourrait plus pour avoir transmis la liberté, et les professeurs s’autocensurent pour éviter de subir le sort de Samuel Paty.</p>
<p>Le fracas des armes a laissé place à une peur douce, insidieuse, celle qui fait taire. Et l’Occident, fatigué, doute. Fatigué de se battre, fatigué de croire, fatigué d’être lui-même. Il s’excuse d’exister, s’accuse d’avoir vécu. Il regarde la barbarie avec indulgence, se convainquant qu’elle n’est qu’une différence culturelle. Il a perdu la force morale qui faisait sa grandeur — cette conviction tranquille que certaines valeurs valent qu’on s’y tienne. Car la liberté, l’égalité, la laïcité ne sont pas des mots creux : ce sont des promesses arrachées à la nuit, des promesses qu’il faut défendre ou perdre.</p>
<p>Si, en France, cette guerre est encore sournoise, en Israël, elle est frontale. Le même obscurantisme y prend là-bas la forme du Hamas, branche palestinienne des Frères musulmans, qui massacre au nom de Dieu, se cache derrière des enfants et rêve d’exterminer les Juifs. Entre Paris et Jérusalem, entre Nice et Sderot, c’est le même combat, la même guerre : celle de la civilisation contre la barbarie.</p>
<p>Le terrorisme islamiste n’est pas une pathologie isolée. Il est la face armée d’un projet mondial visant à soumettre les sociétés ouvertes à la loi du fanatisme. Ceux qui refusent de le voir, par confort idéologique, haine de soi ou lâcheté politique, participent à ce renoncement collectif qu’on appelle désormais « paix ». Mais la paix sans vérité, sans courage, sans justice, n’est qu’une illusion — une accalmie avant l’effondrement.</p>
<p>Les islamistes ne nous exècrent pas pour ce que nous faisons, mais pour ce que nous sommes. Ils détestent la liberté parce qu’elle émancipe, la laïcité parce qu’elle affranchit, l’art parce qu’il élève, la femme parce qu’elle choisit. Ils haïssent tout ce que nous avons de plus humain. Et nous, peu à peu, nous l’acceptons.</p>
<p>Il y a dix ans, des balles ont déchiré Paris. Aujourd’hui, c’est le silence qui déchire la France – ce silence coupable, complice, celui de ceux qui savent mais se taisent, qui voient mais ferment les yeux, qui comprennent mais n’osent plus nommer. La République n’a pas été vaincue par la force, mais elle se meurt de faiblesse.</p>
<p>Pourtant, rien n’est perdu. L’histoire de la France est celle d’un peuple qui se relève toujours. Le monde regarde encore vers nous quand il cherche la liberté. Nous avons résisté aux empires, aux tyrans, aux totalitarismes – nous pouvons résister à l’obscurantisme.</p>
<p>Face à l’islamisme, il ne s’agit plus de dialogue, mais de résistance — totale, idéologique, culturelle, politique. Elle doit commencer là où se joue déjà l’avenir du monde libre : au Proche-Orient, avec Israël, avant-poste oriental de notre civilisation judéo-chrétienne plurimillénaire. Le combat de l’État juif contre le Hamas est aussi le nôtre, que nous le voulions ou non. Car la razzia génocidaire du 7 octobre 2023, au-delà d’alimenter les vocations terroristes sur notre sol, nous tend un miroir – celui d’un monde où la civilisation recule devant la barbarie, d’un temps où l’on condamne une démocratie qui ose se battre pour son existence.</p>
<p>Mais si nous ne défendons plus nos valeurs, qui le fera à notre place ? Si nous ne croyons plus en nous, qui croira encore à la civilisation que nous avons bâtie ? L’islamisme avance quand la France recule. Il triomphe quand nous doutons. Il gagne quand nous oublions qui nous sommes.</p>
<p>Dix ans après, il ne s’agit plus seulement de se souvenir des morts, mais de sauver les vivants. De sauver cette idée de la France — insolente, fière, universelle — qui refuse de plier devant la peur. Parce que la liberté ne se pleure pas, elle se conquiert. Parce que l’honneur ne se commémore pas, il se vit. Parce que, malgré la nuit, malgré les ombres, il nous faut encore choisir de vivre debout.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Arié Bensemhoun est le directeur général d&rsquo;ELNET France (European Leadership Network) depuis 2011. Docteur en chirurgie dentaire, il a mené sa carrière dans le secteur privé en tant que conseil en communication stratégique, en affaires publiques et en relations internationales.</p>
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		<title>La nouvelle doctrine militaire israélienne</title>
		<link>https://elnetwork.fr/chronique/la-nouvelle-doctrine-militaire-israelienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 10:45:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour Israël, le 7 octobre 2023 n’a pas seulement été le pire jour de son histoire. Ce fut un point de rupture — un « 11 septembre » démultiplié — qui a pulvérisé toutes les certitudes de sa doctrine de sécurité. Jusque-là, l’État juif s’appuyait sur un triptyque clair : dissuasion, prévention, confinement. La supériorité [&#8230;]</p>
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<p>Pour Israël, le 7 octobre 2023 n’a pas seulement été le pire jour de son histoire. Ce fut un point de rupture — un « 11 septembre » démultiplié — qui a pulvérisé toutes les certitudes de sa doctrine de sécurité.</p>
<p>Jusque-là, l’État juif s’appuyait sur un triptyque clair : dissuasion, prévention, confinement. La supériorité militaire, des renseignements performants et une gestion mesurée des menaces régionales paraissaient suffisants. Le prix d’un affrontement décourageait ses ennemis d’une guerre d’ampleur.</p>
<p>Mais face à une organisation islamiste prête à tous les sacrifices pour un projet théologique consistant à tuer le plus de Juifs possible, cette logique s’est effondrée.</p>
<p>Là où un État rationnel calcule ses pertes, le Hamas célèbre les siennes. Cette rupture ontologique — entre une démocratie qui chérit la vie et une organisation qui glorifie la mort — rend la dissuasion classique inopérante. Dès lors, nous ne sommes plus dans la gestion du conflit, mais dans une lutte totale.</p>
<p>C’est pourquoi la réponse israélienne a pris la forme d’une nouvelle doctrine, celle du « zéro Hamas ».</p>
<p>Plutôt que de contenir un adversaire affaibli, l’objectif devient son éradication — avec la destruction des infrastructures militaires, la neutralisation des cadres, le démantèlement du contrôle territorial, et son désarmement complet. Il ne s’agit plus d’une politique de demi-mesure, mais bien d’une logique d’éradication assumée face à une entité dont la seule raison d’être est la destruction de l’État juif.</p>
<p>Cette doctrine pousse Israël à revenir à une posture préventive plus offensive : frapper avant d’être frappé, neutraliser les foyers de menace avant qu’ils ne deviennent existentiels. C’est en quelque sorte un retour à la philosophie militaire des années 1960, celle de l’anticipation, mais adaptée à l’ère des guerres hybrides.</p>
<p>Le 7 octobre a également aboli la frontière entre sécurité intérieure et sécurité extérieure avec des civils israéliens attaqués chez eux, sur leur propre sol, tout en introduisant la menace de la destruction directement au cœur des grandes villes, à travers les salves de missiles balistiques iraniens — ce que les roquettes du Hamas, auxquelles les Israéliens étaient habitués, ne parvenaient pas à accomplir.</p>
<p>L’armée, longtemps tournée vers l’extérieur, a donc dû replacer la protection du front intérieur au cœur de ses priorités. Le renseignement, la coordination entre Tsahal, le Shin Bet et la police, la résilience civile — tout doit être repensé.</p>
<p>Comment une société ouverte, prospère, connectée, peut-elle absorber un choc de cette violence sans sombrer dans la peur et la division ? C’est désormais la grande question.</p>
<p>Israël ne peut plus se contenter d’une posture défensive face à un axe hostile qui gagne en cohérence. Il lui faut reconfigurer son environnement stratégique : frapper au-delà de ses frontières quand nécessaire, renforcer la coopération militaire régionale et consolider des capacités autonomes de frappe et de renseignement. La sécurité doit reposer prioritairement sur la capacité d’action propre d’Israël, et non sur le statu quo ou la bonne volonté internationale.</p>
<p>Et ce changement n’est pas seulement militaire, il est aussi philosophique.</p>
<p>Le 7 octobre a réinscrit Israël dans une lecture civilisationnelle du conflit. L’éthique commande de préserver l’innocence face à la barbarie, non de renoncer aux armes au nom d’un humanisme dévoyé.</p>
<p>Plus que jamais, l’État juif revendique le droit — et le devoir — de se défendre, sans se laisser paralyser par une « morale inversée » qui condamnerait la force nécessaire à la protection de sa population.</p>
<p>La victoire ne se mesurera plus par une signature de paix qui résoudra tout, mais par la capacité à durer, à protéger les citoyens et à préserver ses valeurs. Cette permanence impose un réarmement moral autant que militaire : la paix, si elle vient, viendra de la vigilance et de la force assumée, non d’une modération naïve des ennemis.</p>
<p>Dans le cadre du Plan Trump, la communauté internationale pourra bien proposer des plans de stabilisation ou le déploiement de forces de sécurité, mais Israël les évaluera selon un critère simple : permettent-ils d’éliminer définitivement la menace ?</p>
<p>Si la réponse est non, et que le démantèlement du Hamas ne peut être assuré par des acteurs extérieurs, l’histoire et l’impératif de survie commanderont à l’État d’Israël d’agir pour protéger les siens — qu’importe l’opinion de la communauté internationale.</p>
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		<item>
		<title>Arrogance, chaos politique, habileté du Hamas… Comment le 7 Octobre a-t-il échappé aux services secrets israéliens ?</title>
		<link>https://elnetwork.fr/fil-info/arrogance-chaos-politique-habilete-du-hamas-comment-le-7-octobre-a-t-il-echappe-aux-services-secrets-israeliens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 09:36:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Fil Info]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment le 7 Octobre a-t-il échappé aux services secrets israéliens ? DÉCLASSIFIÉ. Mais pourquoi le Shin Bet, Aman et le Mossad, réputés comme les meilleurs services secrets au monde, n’ont-ils rien vu des préparatifs des attentats terroristes du Hamas du 7 octobre 2023 ? Par Romain GubertPublié le 06/10/2025 à 17h00 C’est un colloque qui [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3 data-start="523" data-end="596">Comment le 7 Octobre a-t-il échappé aux services secrets israéliens ?</h3>
<p data-start="598" data-end="804"><strong data-start="598" data-end="614">DÉCLASSIFIÉ.</strong> Mais pourquoi le Shin Bet, Aman et le Mossad, réputés comme les meilleurs services secrets au monde, n’ont-ils rien vu des préparatifs des attentats terroristes du Hamas du 7 octobre 2023 ?</p>
<p data-start="806" data-end="860"><em data-start="806" data-end="825">Par Romain Gubert</em><br data-start="825" data-end="828" /><em data-start="828" data-end="858">Publié le 06/10/2025 à 17h00</em></p>
<hr data-start="862" data-end="865" />
<p data-start="867" data-end="1301">C’est un colloque qui doit se tenir à la fin du mois d’octobre à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il doit regrouper d’anciens espions et agents du Mossad, du Shin Bet et de Aman, les trois principaux services de renseignement israéliens. Il y aura quelques responsables politiques, des agents de ces trois agences. Et des dizaines de chercheurs. Thème de ces rencontres : « Comment transformer le renseignement après un échec. »</p>
<p data-start="1303" data-end="1488">L’échec dont il s’agit, c’est celui du 7 octobre 2023, lorsque les services de renseignement n’ont pas compris qu’il se préparait depuis la bande de Gaza une vaste offensive du Hamas.</p>
<p data-start="1490" data-end="1819">Le bilan est connu : le franchissement de la frontière par 6 000 Gazaouis (dont 3 800 combattants appartenant à la force Nukhba, l’unité militaire d’élite du Hamas), la mort de 1 200 personnes, parmi lesquelles 695 civils israéliens dont 36 enfants et 373 membres des forces de sécurité ainsi qu’une gigantesque prise d’otages.</p>
<p data-start="1821" data-end="2030">Lors de cette offensive, le Hamas aurait lui-même été surpris par la facilité avec laquelle ses combattants ont traversé la barrière entre Gaza et Israël, ainsi que par la lenteur de la réaction israélienne.</p>
<p data-start="2032" data-end="2266">Il y a quelques semaines, le chercheur Ofek Riemer, pour préparer ce colloque dont il est l’organisateur, avait tenté, dans un article lumineux, de comprendre ce qui se passe dans la tête des futurs espions après un tel aveuglement…</p>
<hr data-start="2268" data-end="2271" />
<h3 data-start="2273" data-end="2307">L’absence d’enquête officielle</h3>
<p data-start="2309" data-end="2519">À ce jour, l’attaque du 7 Octobre n’a pas fait l’objet d’une commission d’enquête officielle en Israël alors que la population demande celle-ci depuis deux ans, comme ce fut le cas après la guerre du Kippour.</p>
<p data-start="2521" data-end="2923">Début 2025, le Shin Bet (les services de renseignement intérieurs, chargés de la bande de Gaza) et le Aman (le renseignement militaire) ont toutefois publié des études assez complètes et détaillées, des « retex » (retours d’expérience) sur les événements (le Mossad n’est pas directement impliqué dans la bande de Gaza, mais il avait en charge la surveillance des responsables du Hamas à l’étranger).</p>
<p data-start="2925" data-end="3119">Ces deux documents, très complets, reconnaissent en détail les erreurs des services, leur absence de clairvoyance face aux nombreuses alertes et contiennent le mea culpa de leurs responsables.</p>
<p data-start="3121" data-end="3504">« Le Shin Bet a échoué à alerter sur l’ampleur et la nature de l’attaque du Hamas le 7 octobre. L’alerte transmise cette nuit-là n’a pas été traduite en directives opérationnelles efficaces », affirmait Ronen Bar, le patron du Shin Bet, lors de la présentation de son rapport en mars dernier. En conflit avec Benyamin Netanyahou, il a depuis été remplacé par le général David Zini.</p>
<hr data-start="3506" data-end="3509" />
<h3 data-start="3511" data-end="3564">Une étude indépendante : « Surveiller sans voir »</h3>
<p data-start="3566" data-end="3738">Il manquait toutefois jusque-là une étude indépendante sur l’échec des services secrets israéliens. Celle-ci vient d’être publiée. Son titre : <em data-start="3709" data-end="3735">« Surveiller sans voir »</em>.</p>
<p data-start="3740" data-end="4094">Cette analyse – la plus complète à ce jour – est publiée par Clément Renault, chercheur à l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’école militaire) qui dépend du ministère des Armées. En près de 70 pages, Renault, qui n’a travaillé que sur des sources ouvertes, fait une synthèse et une analyse tout à fait brillante des événements du 7 octobre.</p>
<p data-start="4096" data-end="4279">Il a mis au jour quelques pépites passées inaperçues, notamment le détail des échanges financiers entre l’Iran et le Hamas et les messages échangés entre Gaza et Téhéran à ce sujet.</p>
<hr data-start="4281" data-end="4284" />
<h3 data-start="4286" data-end="4308">Arrogance coupable</h3>
<p data-start="4310" data-end="4491">Dans son étude, Clément Renault dresse plusieurs observations. La principale : il n’y a pas une et une seule cause au « ratage » du 7 Octobre. Mais de nombreux dysfonctionnements.</p>
<p data-start="4493" data-end="4551">Parmi eux, une sorte d’arrogance vis-à-vis de l’ennemi :</p>
<blockquote data-start="4552" data-end="4870">
<p data-start="4554" data-end="4870">« Une évaluation stratégique erronée de la part des services de renseignement israéliens, fondée sur la conviction que le Hamas était affaibli et contenu par les campagnes de ciblage successives à son encontre, incapable par conséquent de planifier et de conduire une opération militaire d’ampleur contre Israël. »</p>
</blockquote>
<p data-start="4872" data-end="4894">Il écrit également :</p>
<blockquote data-start="4895" data-end="5034">
<p data-start="4897" data-end="5034">« La menace n’était pas niée, mais considérée comme structurellement contenue : Gaza était surveillée, donc perçue comme neutralisée. »</p>
</blockquote>
<p data-start="5036" data-end="5219">À cela s’ajoute un biais de confiance dans la robustesse du dispositif technologique israélien, renforcé par les succès passés dans la prévention des attentats et des infiltrations.</p>
<hr data-start="5221" data-end="5224" />
<h3 data-start="5226" data-end="5252">« Assassinats ciblés »</h3>
<p data-start="5254" data-end="5476">Renault rappelle la stratégie d’Israël vis-à-vis du Hamas. Celle-ci privilégiait les « assassinats ciblés » de figures stratégiques du mouvement pour l’affaiblir — sans succès, puisque ceux-ci étaient aussitôt remplacés.</p>
<p data-start="5478" data-end="5772">Elle consistait aussi à diviser le camp palestinien pour être en position de force, et à encourager le soutien financier clandestin au Hamas par le Qatar, dans le but de maintenir le Hamas « dans une posture de pouvoir contenue, mais menaçante, afin de justifier une ligne sécuritaire dure. »</p>
<p data-start="5774" data-end="6049">Autre erreur : le blocus et le strict contrôle par l’Égypte des frontières « extérieures » de Gaza ont favorisé l’émergence d’un réseau souterrain de tunnels (près de 500 km) reliant Gaza au Sinaï, « utilisé pour la contrebande de marchandises, d’armes et de combattants. »</p>
<hr data-start="6051" data-end="6054" />
<h3 data-start="6056" data-end="6080">Les espions du Hamas</h3>
<p data-start="6082" data-end="6173">Plus surprenant, <em data-start="6099" data-end="6121">Surveiller sans voir</em> énumère les capacités de renseignement du Hamas :</p>
<blockquote data-start="6175" data-end="6575">
<p data-start="6177" data-end="6575">« En matière de renseignement humain, le Hamas a mis en place une stratégie fondée sur le ciblage des minorités arabes disposant de la citoyenneté israélienne ou de liens étroits avec cette population. Ces individus présentent un double avantage : d’abord une potentielle proximité idéologique ou religieuse facilitant le recrutement, et ensuite une capacité de déplacement vers des pays tiers. »</p>
</blockquote>
<blockquote data-start="6577" data-end="7086">
<p data-start="6579" data-end="7086">« Parallèlement, le Hamas a fait un usage systématique du renseignement de sources ouvertes (OSINT), exploitant l’abondance d’informations disponibles en ligne pour affiner sa compréhension du dispositif israélien. L’organisation a largement tiré parti de données accessibles publiquement sur les réseaux sociaux, les bases de données gouvernementales, les images satellitaires commerciales ou encore les communications mal maîtrisées sur les réseaux sociaux des forces israéliennes ou de leurs proches. »</p>
</blockquote>
<p data-start="7088" data-end="7109">Autre observation :</p>
<blockquote data-start="7110" data-end="7349">
<p data-start="7112" data-end="7349">« En 2023, les Forces de défense israéliennes ont décidé d’interrompre l’exploitation systématique des communications radio du Hamas, jugées peu utiles, pour concentrer leurs efforts d’interception sur les communications cellulaires. Cette réorientation s&rsquo;est accompagnée d&rsquo;unehypothèse de travail selon laquelle l&rsquo;adversaire continuerait d&rsquo;utiliser des canauxrelativement classiques, dont les signaux seraient exploitables par les capteursisraéliens. Or il apparaît rétrospectivement que le Hamas a précisément intégrécette évolution en développant une stratégie de tromperie informationnelle : lescanaux mobiles auraient été utilisés pour diffuser de faux signaux et conduire defausses conversations, tandis que les véritables préparatifs opérationnelstransitaient par des communications <span class="s1">fi</span>laires déployées à l&rsquo;intérieur des tunnels de la bande de Gaza et donc extrêmement dif<span class="s1">fi</span>ciles à intercepter et à exploiter parles services israéliens. »</p>
</blockquote>
<p data-start="7351" data-end="7650">
<hr data-start="7652" data-end="7655" />
<h2 data-start="319" data-end="333">Aveuglement</h2>
<p data-start="335" data-end="606">Reste que l&rsquo;erreur la plus invraisemblable des services israéliens, c&rsquo;est de ne pas avoir analysé correctement les signaux reçus.<br data-start="464" data-end="467" />Le Shin Bet et le Aman disposaient à la veille du 7 octobre 2023 d&rsquo;un volume significatif d&rsquo;informations, issues de sources diversifiées.</p>
<p data-start="608" data-end="1188">Les entraînements du Hamas « simulaient des incursions transfrontalières, des attaques contre des kibboutzim et des enlèvements de soldats ou de civils. Ces manœuvres ont été scrutées par les systèmes de surveillance israéliens, notamment l&rsquo;unité 8200. Plusieurs sources internes avaient alerté sur la dangerosité de ces signaux. Une officière de l&rsquo;unité 8200 identifia dès juillet 2023 une correspondance étroite entre les entraînements observés et un plan d&rsquo;attaque connu sous le nom de “Jericho Wall”, un document officiel du Hamas déjà en possession des services israéliens. »</p>
<p data-start="1282" data-end="1846">« Le Shin Bet, rapporte encore l&rsquo;étude, disposait par ailleurs d&rsquo;une source humaine infiltrée dans les cercles décisionnels du Hamas connue sous le nom de code <em data-start="1442" data-end="1451">Mavo&rsquo;ah</em> (“la fontaine”).<br data-start="1468" data-end="1471" />Cette source avait transmis dès 2023 des informations sur les intentions et la stratégie renouvelée de la branche militaire du Hamas sous la direction de Yahya Sinouar.<br data-start="1639" data-end="1642" />Les partenaires des services israéliens, en particulier l&rsquo;Égypte, disposant de leurs propres canaux d&rsquo;écoute à Gaza, auraient également transmis des évaluations similaires à leurs homologues israéliens.</p>
<p data-start="1848" data-end="2628">Enfin, un signal technique de grande ampleur fut détecté dans les heures précédant l&rsquo;attaque : le 6 octobre au soir, le Shin Bet identifia une activation massive et soudaine de cartes SIM dans la bande de Gaza […]. Pris isolément, chacun de ces éléments pouvait sembler suffisant pour justifier une réévaluation par le Shin Bet et le Aman du niveau de la menace et la mise en œuvre, en conséquence, d&rsquo;un suivi renforcé par la réorientation précise des capteurs humains et techniques. Pris ensemble, ils dessinaient un tableau cohérent, celui d&rsquo;une opération en préparation, appuyée d&rsquo;une part sur des moyens militaires importants et d&rsquo;autre part sur la démonstration d&rsquo;une intentionnalité. Il faut toutefois se méfier de l&rsquo;illusion rétrospective de l&rsquo;évidence ou de la fatalité. »</p>
<hr data-start="2630" data-end="2633" />
<h2 data-start="2635" data-end="2676">Divorce des politiques et des services</h2>
<p data-start="2720" data-end="3222">Enfin, l&rsquo;étude souligne les causes « politiques ».<br data-start="2770" data-end="2773" />À commencer par le climat de méfiance croissant, dans lequel « la parole des services de renseignement voyait son influence progressivement marginalisée face à des orientations politiques solidement ancrées au sommet de l&rsquo;État. Ce climat de polarisation a profondément affecté la relation de confiance entre les services de sécurité et l&rsquo;exécutif, fragilisant la relation et les canaux habituels de transmission et de réception du renseignement. »</p>
<p data-start="3224" data-end="3373">La séquence politique qui précède le 7 octobre est évidemment en cause (gigantesques manifestations contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou).</p>
<p data-start="3375" data-end="3968">« Ce contexte politique a eu pour autre conséquence de créer une surcharge de l&rsquo;agenda politique. Dès lors, les alertes émanant des services de renseignement, même lorsqu&rsquo;elles atteignaient les niveaux décisionnels, avaient peu de chances de se hisser au rang de priorité stratégique […]. Ce mode de gouvernance, orienté vers la cohérence politique plutôt que vers la confrontation des points de vue et la sollicitation d&rsquo;analyses divergentes en vue de fonder une décision éclairée, a ainsi limité la capacité du système à produire une réévaluation critique des perceptions de la menace […].</p>
<p data-start="3970" data-end="4436">Les deux présupposés fondamentaux, que le Hamas était, d&rsquo;une part, contenu et d&rsquo;autre part, incapable d&rsquo;orchestrer une attaque d&rsquo;envergure, entraient en résonance parfaite avec la vision du monde de la coalition d&rsquo;extrême droite au pouvoir, pour qui la menace militaire principale était le Hezbollah et l&rsquo;enjeu politique majeur ne résidait pas à Gaza, mais en Cisjordanie, considérée comme un territoire national à reconquérir politiquement et démographiquement. »</p>
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		<title>Les Nations unies sommées de dénoncer la responsabilité de l’Iran dans les attaques terroristes du Hamas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 09:32:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Fil Info]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>EXCLUSIF &#8211; Deux avocats portent devant l’ONU une requête visant à reconnaître le «soutien matériel, financier, opérationnel et idéologique» au Hamas dans les attaques du 7 octobre 2023. Une position soutenue, notamment, par le témoignage d’un espion français. Par Steve Tenré et John Timsit Jamais l’ONU n’a encore officiellement dénoncé l’Iran quant à sa complicité [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="284" data-end="545">EXCLUSIF &#8211; Deux avocats portent devant l’ONU une requête visant à reconnaître le «soutien matériel, financier, opérationnel et idéologique» au Hamas dans les attaques du 7 octobre 2023. Une position soutenue, notamment, par le témoignage d’un espion français.</p>
<p data-start="547" data-end="579">Par Steve Tenré et John Timsit</p>
<p data-start="678" data-end="701"><del></p>
<hr />
<p></del></p>
<p data-start="703" data-end="1144">Jamais l’ONU n’a encore officiellement dénoncé l’Iran quant à sa complicité présumée dans les attaques du 7 octobre en Israël &#8211; et ce, malgré de nombreux éléments incriminant le régime des Mollahs. Mais cet état de fait pourrait prochainement changer, grâce à une requête portée par deux avocats auprès du rapporteur spécial sur la protection des droits de l’Homme et la lutte antiterroriste, que <em data-start="1100" data-end="1111">Le Figaro</em> a pu consulter en exclusivité.</p>
<p data-start="1146" data-end="1547">Aujourd’hui occupé par l’Australien Ben Saul, spécialisé dans le droit international public, ce poste est compétent pour « recommander l’adoption de législations et de politiques antiterroristes », et, surtout, pour communiquer sur les « violations des droits de l’Homme dans le contexte de la lutte antiterroriste, y compris lorsque est mis en cause l’appui d’un État à des acteurs non étatiques. »</p>
<p data-start="1549" data-end="2252">Un volet que comptent exploiter Me Sarah Scialom, avocate au barreau de Paris, et Me Elliot Martin, avocat au barreau du Nevada. Les deux défenseurs vont déposer ce mardi 7 octobre, deux ans jour pour jour après les attaques terroristes du Hamas en Israël, une requête visant à inciter les Nations unies à reconnaître que « la République islamique d’Iran a manqué à ses obligations positives (en matière de droits de l’Homme, NDLR) et a apporté un soutien matériel, financier, opérationnel et idéologique aux groupes directement responsables (des attaques du 7 octobre 2023, en l’occurrence le Hamas), en contradiction avec son devoir de lutte contre le terrorisme et ses engagements internationaux ».</p>
<p data-start="2254" data-end="2520">Pour ce faire, les avocats ont réalisé un long document de 26 pages, qui revient sur l’ensemble des actions de soutien au terrorisme imputées à l’Iran au fil des années. Autant d’éléments qui pourraient pousser l’ONU à dénoncer Téhéran dans une résolution inédite.</p>
<p data-start="2522" data-end="3134">Les deux avocats représentent avec cette requête Maurice Schnaider, un homme de nationalité israélienne « directement et personnellement affecté par les crimes » du 7 octobre 2023. Ce jour-là, sa sœur, Margit Shnaider Silberman, et son beau-frère, José-Luis Silberman, ont été assassinés dans leur maison du kibboutz Nir Oz. Maurice Schnaider est en outre l’oncle maternel de Shiri Bibas, l’oncle par alliance de Yarden Bibas, mari de Shiri, et le grand-oncle des jeunes enfants Ariel et Kfir Bibas, dont les corps avaient été restitués en février dernier par le Hamas, après leur enlèvement le 7 octobre 2023.</p>
<p data-start="3136" data-end="3613">« Ces événements ont provoqué pour le requérant un traumatisme profond, durable et irréversible », précisent les avocats dans leur requête. « En une seule journée, cinq membres directs de sa famille ont été tués ou enlevés, parmi lesquels sa sœur, son beau-frère, sa nièce, ses deux arrière-neveux et son neveu par alliance. La disparition successive de trois générations &#8211; grands-parents, enfants et nourrisson &#8211; a laissé le requérant dans une situation de deuil multiple. »</p>
<hr data-start="3615" data-end="3618" />
<h3 data-start="3620" data-end="3653">Le témoignage d’un infiltré</h3>
<p data-start="3655" data-end="3922">Un « deuil multiple » dont serait responsable l’Iran, d’après de nombreux éléments mis en exergue par les deux avocats dans leur requête. Ils estiment, notamment, qu’« aucune opération terroriste majeure contre Israël n’est conduite sans l’aval direct de Téhéran ».</p>
<p data-start="3924" data-end="4144">Pour étayer leurs dires, ils citent d’abord un « ancien infiltré des services de renseignement iraniens pour le compte du contre-espionnage français », dont les avocats ont pu obtenir une attestation jointe au dossier.</p>
<p data-start="4146" data-end="4594">Cet ancien officier de la Direction nationale de la police judiciaire française a assuré que « la mission explicite » de la Force al-Qods, unité d’élite du Corps des Gardiens de la révolution islamique spécialisée dans les opérations extérieures, est « de créer, former, financer et équiper militairement des forces alliées dans la région, dans le but d’organiser un front global contre Israël et contre les opposants à la République islamique. »</p>
<p data-start="4596" data-end="4966">« (Son) témoignage confirme que la Force al-Qods est devenue la véritable agence de renseignement extérieure de l’Iran, cumulant les fonctions de commandement, de financement, de conseil militaire et de coordination stratégique des principaux groupes constitutifs de l’“axe de la résistance”: Hezbollah, Hamas, Djihad islamique palestinien&#8230; », indiquent les avocats.</p>
<p data-start="4968" data-end="5316">Et d’ajouter : « Ce constat d’un ancien infiltré, recoupé par ses enquêtes menées en France sur des réseaux liés au renseignement iranien, conforte (le fait que) l’“axe de la résistance” ne constitue pas une alliance informelle, mais bien une constellation hiérarchisée, financée, formée et dirigée par l’Iran à travers son bras armé extérieur. »</p>
<p data-start="5318" data-end="5839">Les avocats poursuivent leur argumentaire en listant les différentes entrevues et entretiens des hauts dignitaires du Hamas à Téhéran : en juin 2023, quand Ali Khamenei a « exposé la vision stratégique iranienne » à l’ancien chef du bureau politique de l’organisation islamiste Ismaïl Haniyeh ; ou en mai 2021, lorsque le général iranien Hossein Salami a discuté par téléphone avec Ismaïl Haniyeh et Ziad Nakhaleh, secrétaire général du Djihad islamique palestinien, de l’« effondrement du régime usurpateur d’Israël ».</p>
<hr data-start="5841" data-end="5844" />
<h3 data-start="5846" data-end="5897">Transfert de centaines de millions de dollars</h3>
<p data-start="5899" data-end="6221">La requête note également les différentes « déclarations publiques d’adhésion politique » au lendemain du 7 octobre, avec le président iranien, Ebrahim Raïssi, qui a indiqué que l’« Iran soutient la légitime défense de la nation palestinienne » et, cent jours plus tard, que « la résistance contre Israël a fonctionné ».</p>
<p data-start="6223" data-end="6561">Mais au-delà des paroles, l’Iran, par le biais de la force al-Qods, aurait également formé pas moins de 500 combattants affiliés au Hamas et au Djihad islamique palestinien jusqu’en septembre 2023. Un entraînement qui se serait déroulé dans des installations iraniennes, selon une enquête du <em data-start="6515" data-end="6536">Wall Street Journal</em> citée par les avocats.</p>
<p data-start="6563" data-end="6883">Ces derniers abordent aussi les financements iraniens à l’égard du Hamas et les multiples sanctions américaines, dès 2023, de l’Office américain de contrôle des avoirs étrangers, visant des responsables du Hamas et « les mécanismes par lesquels l’Iran apporte son soutien au Hamas et au Djihad islamique palestinien ».</p>
<p data-start="6885" data-end="7251">Les avocats évoquent également les multiples « lettres », « notes de réunions » et « correspondances » entre l’Iran et les responsables du Hamas, retrouvées par l’armée israélienne entre 2021 et 2024 et publiées par <em data-start="7101" data-end="7112">The Times</em>, <em data-start="7114" data-end="7123">Haaretz</em> ou le <em data-start="7130" data-end="7151">Wall Street Journal</em>, qui attestent de demandes de financement du Hamas à hauteur de centaines de millions de dollars.</p>
<p data-start="7253" data-end="7599">« Des lettres saisies à Gaza révèlent que l’Iran aurait transféré au moins 222 millions de dollars entre 2014 et 2020 au profit direct de l’organisation », lit-on aussi. « Ces documents décrivent un mécanisme d’acheminement en espèces, depuis l’Iran vers le Liban, puis vers Gaza, grâce à un réseau d’intermédiaires financiers et logistiques. »</p>
<p data-start="7601" data-end="7945">Des assertions corroborées par une analyse de l’« Association of Certified Financial Crime Specialists » (ACFCS), également citée par la requête, qui « met en lumière un réseau complexe de transferts clandestins impliquant des sociétés écrans, des fondations caritatives, des maisons de change et, plus récemment, l’usage de cryptomonnaies. »</p>
<p data-start="7947" data-end="8396">« Cette architecture financière parallèle permet non seulement de canaliser des centaines de millions de dollars vers Gaza, mais aussi de masquer l’origine iranienne de ces fonds. L’étude souligne que le financement iranien ne se limite pas à des flux ponctuels mais relève d’une stratégie de long terme visant à assurer la résilience du Hamas malgré l’intensification des contrôles et des sanctions internationales », dissèquent les deux avocats.</p>
<hr data-start="8398" data-end="8401" />
<h3 data-start="8403" data-end="8430">Une liste de demandes</h3>
<p data-start="8432" data-end="8897">Autant d’éléments qui laissent penser que l’Iran a « manqué à l’obligation de prévention du génocide », « à son obligation de protéger la vie », « à s’abstenir d’incriminer ou d’interrompre des financements illicites », et « à faire respecter le droit humanitaire » puisque le pays a « facilité les violations graves commises le 7 octobre, telles que les homicides intentionnels, les attaques contre des civils, les prises d’otages et les traitements inhumains. »</p>
<p data-start="8899" data-end="9074">Ces accusations permettent, selon les avocats, « de qualifier juridiquement le comportement de l’Iran comme un manquement grave et répété à ses engagements internationaux ».</p>
<p data-start="9076" data-end="9410">Face à ces faits, les requérants ont dressé auprès du rapporteur une liste d’une dizaine de demandes. Ils réclament notamment au rapporteur de notifier officiellement à la République islamique son soutien apporté à des groupes terroristes, pour que l’Iran puisse ensuite formuler « des observations détaillées sur ces allégations ».</p>
<p data-start="9412" data-end="9636">Ils souhaitent également que l’Iran « indique quelles mesures concrètes ont été adoptées pour se conformer à (ses) obligations internationales en matière de prévention du terrorisme et de respect des droits fondamentaux ».</p>
<p data-start="9638" data-end="9933">Ils veulent enfin que le rapporteur « demande à la République islamique de clarifier sa position et son rôle par rapport aux enlèvements et détentions arbitraires, et d’indiquer quelles démarches elle entreprend pour obtenir la libération immédiate et inconditionnelle des otages » israéliens.</p>
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		<title>Addictions, conduites à risque, dépressions… Israël, une société traumatisée</title>
		<link>https://elnetwork.fr/fil-info/addictions-conduites-a-risque-depressions-israel-une-societe-traumatisee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2025 08:07:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Fil Info]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux ans après les attentats du Hamas, les psys israéliens, débordés par les demandes de prises en charge, constatent que le 7 Octobre « a réveillé des histoires familiales douloureuses ». De notre envoyé spécial en Israël, Romain GubertPublié le 03/10/2025 à 06h30 Joëlle Lévy-Guedj reçoit ses patients dans une élégante petite maison d&#8217;un quartier [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="276" data-end="466">Deux ans après les attentats du Hamas, les psys israéliens, débordés par les demandes de prises en charge, constatent que le 7 Octobre « a réveillé des histoires familiales douloureuses ».</p>
<p data-start="468" data-end="553"><em data-start="468" data-end="518">De notre envoyé spécial en Israël, Romain Gubert</em><br data-start="518" data-end="521" /><em data-start="521" data-end="551">Publié le 03/10/2025 à 06h30</em></p>
<hr data-start="775" data-end="778" />
<p data-start="780" data-end="1146">Joëlle Lévy-Guedj reçoit ses patients dans une élégante petite maison d&rsquo;un quartier bobo de Tel-Aviv. À deux pas de chez elle, dès la nuit tombée, la jeunesse dorée envahit les restaurants et les bars. Un peu plus loin, c&rsquo;est la plage, bondée dès le vendredi après-midi et jusqu&rsquo;au samedi soir. Musique à fond, pique-niques familiaux, jeux de raquettes, baignades…</p>
<p data-start="1148" data-end="1691">Spécialiste de la gestion de la colère, la psychologue explique :<br data-start="1213" data-end="1216" />« Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;insouciance, seulement une façon d&rsquo;oublier un instant… Car, en rentrant de la plage, vous tombez sur la photo d&rsquo;un otage placardée sur un mur qui vous regarde droit dans les yeux. Vous vous sentez coupable. Vous entendez une sirène qui résonne pour prévenir qu&rsquo;un missile entre dans le ciel israélien. Vous avez peur pour vos proches. Vous croisez un jeune soldat de 20 ans en uniforme qui rejoint son unité pour partir à Gaza. Vous tremblez pour lui… »</p>
<p data-start="1693" data-end="1881">Joëlle Lévy-Guedj, spécialisée dans la gestion de la colère, reçoit surtout des femmes, encore bouleversées par la nature des meurtres du 7 Octobre.<br data-start="1841" data-end="1844" />© Sébastien Leban pour « Le Point »</p>
<p data-start="1883" data-end="2497">Comme tous ses confrères, depuis le 7 octobre 2023 et les massacres du Hamas, son cabinet ne désemplit pas. Elle reçoit surtout des femmes. Des jeunes mères qui ne savent plus trouver les mots pour rassurer leurs enfants, des mères de soldats. Mais pas seulement.<br data-start="2146" data-end="2149" />« Deux ans après, beaucoup de mes patientes restent comme sidérées par la nature même de ces meurtres de masse. Les terroristes ont joué avec les tabous les plus archaïques et avec ce qui fait de nous des humains : le corps, l&rsquo;appareil génital, etc. Nous n&rsquo;en mesurons pas encore toutes les conséquences… Le trauma est installé pour des années. »</p>
<hr data-start="2499" data-end="2502" />
<h2 data-start="2504" data-end="2550">Des groupes de parole destinés aux hommes</h2>
<p data-start="2552" data-end="2959">Le Centre israélien sur la toxicomanie et la santé mentale évoque une hausse de 25 % de la consommation de drogue dans la population israélienne. En un an, l&rsquo;utilisation de somnifères et d&rsquo;analgésiques a explosé de respectivement 180 % et 70 %. Les divorces sont en hausse de 7 %. Troubles du sommeil, crises d&rsquo;angoisse, dépressions avancées, violences domestiques, explosion du nombre de crises d&rsquo;eczéma…</p>
<p data-start="2961" data-end="3564">Même si elles manquent encore de précision, plusieurs études estiment à environ 3 millions le nombre d&rsquo;Israéliens (sur une population de 10 millions) souffrant de troubles plus ou moins importants. La situation est encore pire pour les soldats envoyés à Gaza (pour la plupart des appelés et des réservistes). Même si le sujet est tabou, une centaine d&rsquo;entre eux se seraient donné la mort à leur retour. Près d&rsquo;un tiers des soldats seraient touchés par un choc post-traumatique, voire en situation de burn-out. Problème : il faut en moyenne six mois d&rsquo;attente pour consulter un des 17 000 psys du pays.</p>
<p data-start="3566" data-end="3972">À Tel-Aviv, l&rsquo;antre de Tamir Ashman ressemble à une salle de sport. Table de massage, espaliers, tapis de sol, haltères…<br data-start="3686" data-end="3689" />« Ne vous méprenez pas : ce sont les appareils de ma compagne. Elle travaille avec des femmes pour améliorer leur condition physique. Chez nous, c&rsquo;est un peu l&rsquo;inversion des genres, dit-il en souriant. Ma pratique, elle, s&rsquo;appuie sur le yoga, la respiration et surtout la parole. »</p>
<p data-start="3974" data-end="4464">Ashman a monté à travers tout le pays une vingtaine de groupes de parole destinés aux hommes, et notamment aux jeunes soldats.<br data-start="4100" data-end="4103" />« Le trauma qu&rsquo;ils traversent est d&rsquo;autant plus douloureux et insondable que nous sommes une société particulièrement masculiniste. Chez nous, un garçon ne parle pas de ses douleurs, ne pleure pas, n&rsquo;exprime pas ses peines. Il est programmé pour devenir soldat. Ma mission consiste à les aider à accepter leurs faiblesses, à ce qu&rsquo;ils les regardent en face. »</p>
<p data-start="4466" data-end="4979">Il sait de quoi il parle : son père ne s&rsquo;est jamais remis de la guerre du Kippour (1973), pendant laquelle, soldat, il a perdu un de ses amis.<br data-start="4608" data-end="4611" />« Des milliers de jeunes, une fois de retour de Gaza et démobilisés, partent se laver la tête en Thaïlande pendant plusieurs mois, comme s&rsquo;ils fuyaient, sans avoir les armes psychologiques pour se défendre. Beaucoup d&rsquo;entre eux deviendront des bombes à retardement d&rsquo;autant plus puissantes que, à 20 ans, la colonne vertébrale psychique est encore en construction. »</p>
<hr data-start="4981" data-end="4984" />
<h2 data-start="4986" data-end="5025">Victimes d&rsquo;un « trauma cumulatif »</h2>
<p data-start="5027" data-end="5568">Ne pas laisser le trauma s&rsquo;installer… Telle est la mission que s&rsquo;est assignée Cathy Lawi, médecin et thérapeute spécialisée. Il y a dix ans, lorsqu&rsquo;elle a créé Emotion Aid, un réseau qui enseigne notamment les bonnes pratiques aux psychologues, ses efforts se concentraient sur la gestion des violences domestiques ou des traumatismes liés à l&rsquo;enfance. Depuis deux ans, elle a mis son réseau à disposition des civils et des militaires. Avec un objectif : la victime d&rsquo;un traumatisme met en moyenne quatre ans avant d&rsquo;accepter de consulter.</p>
<p data-start="5570" data-end="5647">« Plus on réduit cette durée, plus on commence à travailler efficacement. »</p>
<p data-start="5649" data-end="6255">Sur la table basse de son salon, dans sa magnifique maison installée dans le quartier résidentiel de Raanana, une banlieue chic de Tel-Aviv, ses lectures du moment ne trompent pas : un livre sur la résilience des Allemands après 1945, une réédition de <em data-start="5901" data-end="5927">La Pesanteur et la Grâce</em>, de Simone Weil, ou encore <em data-start="5955" data-end="5990">Cette douleur n&rsquo;est pas la mienne</em>, l&rsquo;essai de Mark Wolynn sur la transmission des traumatismes à travers les générations.<br data-start="6078" data-end="6081" />« L&rsquo;impact du 7 Octobre est d&rsquo;autant plus fort qu&rsquo;il a réveillé des histoires familiales souvent douloureuses que beaucoup d&rsquo;Israéliens laissaient volontairement de côté. »</p>
<p data-start="6257" data-end="6792">Ancien professeur de psychopathologie fondamentale et clinique à l&rsquo;université Paris-Sud-Orsay, son confrère Michel Bar Wolkowicz, qui consulte en France et en Israël, en est lui aussi convaincu : les Israéliens sont victimes de ce qu&rsquo;il appelle un « trauma cumulatif ».<br data-start="6526" data-end="6529" />« Beaucoup d&rsquo;entre nous portent en eux une destinée familiale tragique : la Shoah, les pogroms d&rsquo;Europe centrale ou encore l&rsquo;exil, lorsque les pays arabes ont chassé les communautés juives. Le 7 Octobre a réactivé ces destinées de façon sidérante et abyssale. »</p>
<p data-start="6794" data-end="7404">Mais, pour lui, ce qu&rsquo;il appelle « trauma cumulatif » est aggravé de manière violente par les accusations du reste du monde contre Israël.<br data-start="6932" data-end="6935" />« À force d&rsquo;entendre toute la journée que nous affamons volontairement la population palestinienne, que nous tuons intentionnellement les femmes et les enfants, que nous empoisonnons les puits et prélevons des organes sur des Palestiniens, que nous sommes un régime d&rsquo;apartheid ou des génocidaires, nous avons le sentiment qu&rsquo;un délire universel souhaite faire de la figure du Juif non seulement un paria, mais un nazi. Ce n&rsquo;est pas le meilleur moyen de se réparer. »</p>
<hr data-start="7406" data-end="7409" />
<h2 data-start="7411" data-end="7432">Bébés apathiques</h2>
<p data-start="7434" data-end="7642">Installée à Jérusalem, dans un joli petit immeuble dont les murs sont savamment décorés d&rsquo;affiches d&rsquo;expos ou de tableaux, Viviane Chetrit refuse de parler de politique.<br data-start="7603" data-end="7606" />« Ce n&rsquo;est pas le rôle d&rsquo;un psy. »</p>
<p data-start="7644" data-end="8047">En revanche, celle qui préside la Société israélienne de psychanalyse a réussi à convaincre ses confrères et consœurs, de toutes opinions politiques, les soutiens du gouvernement de Benyamin Netanyahou comme ceux engagés dans l&rsquo;opposition, à prendre une position commune sur la nécessité de tout faire pour la libération des otages à Gaza (ils sont encore au nombre de 48) et de ne pas les abandonner.</p>
<p data-start="8049" data-end="8490">« Sortir de nos divans » : cette initiative est une première pour une société de psychanalyse.<br data-start="8143" data-end="8146" />« Tant que nos otages sont encore là-bas, la société reste ancrée dans le trauma du 7 Octobre. À tel point qu&rsquo;il est même difficile de parler de post-trauma et d&rsquo;aider nos patients : on ne peut pas travailler avec eux en leur expliquant que le danger est derrière, qu&rsquo;ils sont désormais en sécurité, qu&rsquo;ils peuvent songer à se reconstruire… »</p>
<p data-start="8492" data-end="8532">Pour y parvenir, la route sera longue.</p>
<p data-start="8534" data-end="8965">Dans une petite clinique cachée derrière un grand centre commercial de Tel-Aviv, Sam Tiano est l&rsquo;un des psys les plus connus d&rsquo;Israël. Âgé, il continue à recevoir des ados.<br data-start="8706" data-end="8709" />« Je ne me voyais pas déserter en ce moment », confie dans un français parfait ce praticien formé en France par Françoise Dolto, qui a écrit des dizaines d&rsquo;articles sur l&rsquo;anorexie des jeunes filles et sur les conduites addictives chez les jeunes garçons.</p>
<p data-start="8967" data-end="9212">Bébés apathiques, jeunes enfants qui se remettent à faire pipi au lit ou qui régressent, voire désapprennent à dessiner… Il est atterré par l&rsquo;état des enfants qu&rsquo;il reçoit ces jours-ci dans son cabinet.<br data-start="9169" data-end="9172" />« Nous avons devant nous un tsunami. »</p>
<p data-start="9214" data-end="9387">Il y a quelques jours, en discutant avec le petit-fils d&rsquo;un de ses amis tout juste sorti de l&rsquo;adolescence et appelé depuis plusieurs mois à l&rsquo;armée, il a eu comme un choc.</p>
<p data-start="9389" data-end="9813">Alors qu&rsquo;ils parlaient de Gaza, le jeune homme a rembarré le vieux professeur qui racontait avoir autrefois travaillé avec des collègues arabes palestiniens.<br data-start="9546" data-end="9549" />« Écoute, nous ne rencontrons pas les mêmes Arabes », lui a-t-il dit en expliquant qu&rsquo;il avait perdu un ami au festival Nova (où ont été assassinés des centaines de jeunes).<br data-start="9722" data-end="9725" />« Combattre à Gaza, c&rsquo;est faire quelque chose pour lui », a poursuivi le jeune soldat.</p>
<p data-start="9815" data-end="9955">Ce jour-là, Sam Tiano a compris que rien ne serait plus comme avant. Qu&rsquo;il faudrait des décennies pour sortir de cette séquence mortifère…</p>
<hr data-start="9957" data-end="9960" />
<h2 data-start="9962" data-end="9997">Plan de « paix psychologique »</h2>
<p data-start="9999" data-end="10298">Cela fait une heure qu&rsquo;Ofer Gabbard décrit les souffrances des soldats israéliens envoyés à Gaza. Les chocs post-traumatiques qui touchent près d&rsquo;un tiers d&rsquo;entre eux. Les groupes de parole qu&rsquo;il organise pour ces jeunes combattants qui, pour la plupart, n&rsquo;ont pas été préparés à affronter le feu.</p>
<p data-start="10300" data-end="10487">On lui pose une question : une partie des traumas peut-elle être provoquée par ce que les soldats découvrent sur le terrain, à Gaza ? Par la situation des civils dans la bande de Gaza ?</p>
<p data-start="10489" data-end="10573">« De l&#8217;empathie pour les civils palestiniens ? Vraiment ? C&rsquo;est votre question ? »</p>
<p data-start="10575" data-end="10888">Ofer Gabbard ne comprend pas. Il est comme désolé pour celui qui l&rsquo;interviewe.<br data-start="10653" data-end="10656" />« C&rsquo;est comme si vous demandiez à une femme violée si elle ressent de l&#8217;empathie pour son agresseur. Il est peut-être SDF. Il a sans doute eu une vie très dure pour en arriver là… Mais l&#8217;empathie, c&rsquo;est, comment dire…, incongru. »</p>
<p data-start="10890" data-end="11239">Pour ce psychiatre qui a partagé sa carrière comme psychologue au sein des services de renseignement israéliens et comme chercheur à l&rsquo;université de Tel-Aviv (il a notamment écrit plusieurs livres sur la psychologie collective des Palestiniens et des Israéliens), Tsahal a les protocoles les plus stricts du monde en matière de droit de la guerre.</p>
<p data-start="11241" data-end="11515">« Il y a presque un avocat derrière chaque unité de l&rsquo;armée. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs essentiel pour que nos soldats sachent qu&rsquo;ils sont dans le droit chemin. Mais leur demander d&rsquo;avoir de l&#8217;empathie, c&rsquo;est sans doute facile quand on regarde ça depuis les capitales européennes. »</p>
<p data-start="11517" data-end="11798">Pour lui, avant d&rsquo;imaginer des accords entre eux et peut-être la paix, Palestiniens et Israéliens doivent entamer au plus vite leur propre psychanalyse, pour pouvoir se comprendre, se parler.<br data-start="11708" data-end="11711" />« On pourra peut-être alors avoir de l&#8217;empathie réciproque, avancer collectivement. »</p>
<p data-start="11800" data-end="11953">Ce n&rsquo;est pas une idée en l&rsquo;air : il y a quelques semaines, il a exposé dans la presse le détail de ce qu&rsquo;il appelle son plan de « paix psychologique »…</p>
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		<title>Reconnaissance de la Palestine : La France du mauvais côté de l’Histoire</title>
		<link>https://elnetwork.fr/analyse/reconnaissance-de-la-palestine-la-france-du-mauvais-cote-de-lhistoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Sep 2025 10:02:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Reconnaître aujourd’hui, unilatéralement et sans conditions, un « État de Palestine » revient à lancer les dés du destin sur l’échiquier des peuples au prix de la sécurité collective. C’est préférer l’idéologie à la raison, l’illusion à la vérité, la facilité à la responsabilité.</p>
<p>Par un geste solitaire, Emmanuel Macron, sans l’aval du Parlement et contre l’avis de 78% des Français, trahit une parole républicaine et détourne la France de sa vocation historique : être puissance de mesure, d’équilibre et de courage dans un Moyen-Orient en fusion.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Tribune  </em>Dr. Arié Bensemhoun<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Reconnaître aujourd’hui, unilatéralement et sans conditions, un « État de Palestine » revient à lancer les dés du destin sur l’échiquier des peuples au prix de la sécurité collective. C’est préférer l’idéologie à la raison, l’illusion à la vérité, la facilité à la responsabilité.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Par un geste solitaire, Emmanuel Macron, sans l’aval du Parlement et contre l’avis de 78% des Français, trahit une parole républicaine et détourne la France de sa vocation historique : être puissance de mesure, d’équilibre et de courage dans un Moyen-Orient en fusion.</p>
<p style="text-align: justify;">Car quel « État » avons-nous décidé de reconnaitre ?</p>
<p style="text-align: justify;">En “Cisjordanie”, l’Autorité palestinienne du Fatah, dirigée par un Mahmoud Abbas dans la 21<sup>e</sup> année de son mandat de 5 ans, n’est qu’un régime autoritaire rongé par la corruption, incapable de tenir ses engagements – versant salaires et honneurs aux terroristes, et perpétuant l’enseignement d’une haine des Juifs et d’Israël qui s’inculque dès le berceau.</p>
<p style="text-align: justify;">À Gaza, le Hamas, mouvement terroriste aux desseins totalitaires, s’accroche au pouvoir par la terreur, détourne l’aide humanitaire pour nourrir sa machine de guerre et ses velléités génocidaires d’effacer toute présence juive sur la terre des patriarches.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette reconnaissance prématurée n’ouvrira pas la voie à la paix : elle l’ensevelira. Elle ne renforcera pas le droit international : elle le foulera aux pieds en consacrant un simulacre d’État qui ne remplit aucun des critères juridiques et moraux légitimes. Cette décision n’apportera aucun répit aux civils de Gaza, écrasés par une catastrophe humanitaire déclenchée par la guerre du Hamas ; au contraire, elle validera la stratégie cynique d’un groupe qui sacrifie le peuple qui l’a élu en les récompensant d’un gain politique inestimable.</p>
<p style="text-align: justify;">En gravant dans le marbre diplomatique la razzia du 7 octobre 2023, la France s’apprête à consacrer le pire massacre de Juifs depuis la Shoah comme mythe fondateur d’une nation artificielle aux valeurs contraires aux nôtres et mue d’intérêts qui nous renient.</p>
<p style="text-align: justify;">Et chez nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ce blanc-seing ne fera qu’attiser davantage haine et violence contre les Juifs – devenus tous coupables du crime d’avoir reconstruit sur leur terre ancestrale un refuge souverain et armé, dépositaire du devoir sacré de protéger son peuple. Là où il faudrait apaiser, on excite les colères ; là où il faudrait rassembler, on fracture ; là où il faudrait résister à l’islamo-palestinisme, on l’encourage à persévérer dans la voie sanglante de la violence politique qui finira par avoir raison de notre unité nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">En renonçant à ses propres conditions minimales — libération des otages, garanties de sécurité tangibles, désarmement et démantèlement des factions terroristes, reconnaissance d’Israël par les États arabes — Emmanuel Macron abdique le rôle historique de la France et engage notre pays sur un chemin où il n’y aura que plus de ruines, plus de larmes, plus de sang.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Arié Bensemhoun est le directeur général d&rsquo;ELNET France (European Leadership Network) depuis 2011. Docteur en chirurgie dentaire, il a mené sa carrière dans le secteur privé en tant que conseil en communication stratégique, en affaires publiques et en relations internationales.</p>
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