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	<title>Turquie | ELNET</title>
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	<title>Turquie | ELNET</title>
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		<title>Erdogan compromet-il la réconciliation israélo-turque ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sarah Perez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2017 09:56:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Edito Hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Recep Tayyip Erdogan excelle dans l’art de la provocation, toujours prompt à tester la résistance de ses partenaires, alliés ou amis. Cette fois, c’est à Israël que le président turc s’en est pris, moins d’un an après l’accord de réconciliation laborieusement conclu entre les deux pays. Ce rapprochement avait permis de recoller les morceaux d’une relation [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Recep Tayyip Erdogan excelle dans l’art de la provocation, toujours prompt à tester la résistance de ses partenaires, alliés ou amis. Cette fois, c’est à Israël que le président turc s’en est pris, moins d’un an après l’accord de réconciliation laborieusement conclu entre les deux pays. Ce rapprochement avait permis de recoller les morceaux d’une relation rompue en 2010, suite à l’assaut des commandos israéliens contre le Mavi-Marmara.</p>
<p style="text-align: justify;">Lundi 8 mai, dans le cadre d’une conférence sur la Palestine à Istanbul, Erdogan a critiqué le traitement <em>« raciste et discriminatoire »</em> des Palestiniens par Israël et <em>« l’occupation quotidienne de Jérusalem »<strong>,</strong></em> qui <em>« est une insulte pour nous »</em>. Convaincu de la « <em>responsabilité historique</em> » de la Turquie au Moyen-Orient, il a invité <em>« des centaines de milliers de musulmans du monde entier » </em>à se rendre à la mosquée Al-Aksa en soutien au peuple palestinien. Puis, après avoir reçu le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah, il a exhorté les Etats-Unis à renoncer au projet d’installation de leur ambassade à Jérusalem, tout en appelant à la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Le ministère des affaires étrangères israélien a immédiatement réagi : « <em>Ceux qui violent systématiquement les droits de l’homme dans leur propre pays ne devraient pas donner des leçons à l’unique vraie démocratie de la région</em> ». <em>« Il est étonnant qu’Erdogan, dirigeant d’un Etat qui a occupé Jérusalem pendant quatre cents ans, veuille nous donner des leçons sur la façon de gérer notre ville</em> », a déclaré Nir Barkat, le maire de Jérusalem.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit pas là du premier couac entre la Turquie et Israël depuis le 26 juin 2016. Au mois de février, l’arrestation du directeur de la branche gazaouie de l’Agence turque de développement et de coopération internationale (TIKA), Muhammad Murtaja, accusé par le Shin Bet de détournement de fonds au profit de la branche armée du Hamas, avait créé un froid. Mehmet Kaya, le directeur de la fondation turque IHH, n’a finalement pas été inquiété et Israël a tôt fait de ménager la Turquie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Hamas constitue un élément perturbateur dans la relation entre les deux pays car le président turc considère qu’il n’est pas « <em>une organisation terroriste mais un mouvement politique issu de la résistance</em> », comme il l’a déclaré lors d’une interview donnée à la deuxième chaîne de télévision israélienne en novembre 2016. Il a aussi voulu rappeler que ni Israël ni l’autorité palestinienne n’avaient intérêt à ignorer son protégé. Du reste, Khaled Mechal et Ismaïl Haniyeh, respectivement l’ancien et le nouveau chef de l’organisation, sont les hôtes réguliers des congrès de l’AKP à Ankara. D’autre part, par ses propos incendiaires à l’égard d’Israël, Erdogan a voulu fédérer les milieux islamistes turcs qui ont voté non au référendum du 16 avril sur le renforcement de ses pouvoirs.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, le président turc n’a aucun intérêt à remettre en cause le partenariat stratégique entre Israël et la Turquie, surtout depuis la découverte du gisement Leviathan qui pourrait entrainer la mise en place d’un gazoduc sous la Méditerranée pour acheminer le gaz naturel des côtes israéliennes jusqu’au terminal turc de Ceyhan et ensuite vers l’Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">Si certains commentateurs israéliens sont persuadés qu’Erdogan va multiplier les déclarations anti-israéliennes dans les prochains mois, contraignant Netanyahou à lui répondre, et le confortant ainsi dans une stature de leader intransigeant du monde musulman, le gouvernement israélien est conscient que cette stratégie turque n’a que des visées politiques internes.</p>
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		<title>Tensions entre la Turquie et Israël au sujet de Jérusalem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2017 08:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Haine des Juifs et d’Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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		<category><![CDATA[islamistes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Monde &#8211; Par Mari Jégo Moins d’un an après leur réconciliation, la Turquie et Israël seraient-ils au bord d’une nouvelle discorde ? Les hostilités ont été ouvertes par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, soucieux d’exercer la « responsabilité historique » de la Turquie dans la région et fidèle au tropisme néoottoman des islamo-conservateurs turcs. Prenant la parole dans [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Monde &#8211; Par Mari Jégo</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Moins d’un an après leur réconciliation, la Turquie et Israël seraient-ils au bord d’une nouvelle discorde ? Les hostilités ont été ouvertes par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, soucieux d’exercer la <em>« responsabilité historique »</em> de la Turquie dans la région et fidèle au tropisme néoottoman des islamo-conservateurs turcs.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenant la parole dans le cadre d’une conférence sur la Palestine à Istanbul, lundi 8 mai, le numéro un turc a critiqué le traitement <em>« raciste et discriminatoire »</em> des Palestiniens par Israël, ainsi que <em>« l’occupation quotidienne de Jérusalem »<strong>,</strong></em> qui <em>« est une insulte pour nous »</em>. Il s’est fait fort d’inviter <em>« des centaines de milliers de musulmans du monde entier » </em>à se rendre à la mosquée Al-Aksa en soutien au peuple palestinien.</p>
<p style="text-align: justify;">Coutumier des déclarations à l’emporte-pièce, le président turc ne s’est pas arrêté là. Lundi soir, après avoir reçu le premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah, il a exhorté les Etats-Unis à renoncer au projet d’installation de leur ambassade à Jérusalem, tout en appelant de ses vœux la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">La riposte n’a pas tardé. <em>« Ceux qui violent systématiquement les droits de l’homme dans leur propre pays ne devraient pas donner des leçons à l’unique vraie démocratie de la région »</em>, a rétorqué le ministère des affaires étrangères israélien dans un tweet. <em>« Il est étonnant qu’Erdogan, dirigeant d’un Etat qui a occupé Jérusalem pendant quatre cents ans, veuille nous donner des leçons sur la façon de gérer notre ville »</em>, a déclaré Nir Barkat, le maire de Jérusalem.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Une relation à ménager</h2>
<p style="text-align: justify;">Quel signifie ce changement de ton ? La lune de miel est-elle terminée ? Conclu le 26 juin 2016 après de laborieux efforts, le rapprochement a permis de recoller les morceaux de la relation, rompue en 2010, à la suite de l’assaut des commandos israéliens contre le <em>Mavi-Marmara</em>. L’opération avait provoqué la mort de neuf militants turcs. Le navire avait été affrété par la fondation humanitaire turque IHH, proche de l’AKP, le parti du président Erdogan, pour tenter de briser le blocus de la bande de Gaza.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour renouer avec son ancien partenaire stratégique dans la région, le gouvernement israélien avait dû se plier à quelques conditions : des excuses publiques pour l’assaut, des compensations financières pour les victimes, la levée partielle du blocus sur la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Selon Ankara, un compromis avait été trouvé sur l’aide à Gaza, qui devait être acheminée par le port israélien d’Ashod plutôt que directement à l’enclave palestinienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois jours après la signature de l’accord, M. Erdogan n’a pas mâché ses mots envers les organisateurs de l’opération « Une flottille pour Gaza », dont le <em>Mavi-Marmara</em> n’était qu’un des maillons. <em>« Aviez-vous demandé la permission au premier ministre pour ramener de l’aide humanitaire depuis la Turquie ? Vous avez voulu montrer votre puissance »</em>, leur reprocha-t-il à l’occasion d’un repas d’<em>Iftar</em> (rupture du jeûne) dans son palais de Bestepe, à Ankara, le 29 juin 2016. C’est dire si le rabibochage avec Israël est important pour lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Les relations avec Israël auraient pu se dégrader en février 2017, avec l’arrestation du directeur de la branche gazaouie de l’Agence turque de développement et de coopération internationale (TIKA), Muhammad Murtaja, accusé par le Shin Bet (les renseignements israéliens) de détournement de fonds au profit de la branche armée du Hamas. Finalement, rien de tel ne s’est produit. Cité dans l’enquête du Shin Bet comme ayant fourni des fonds à l’organisation, Mehmet Kaya, le directeur de la fondation turque IHH, n’a pas été inquiété. Israël a eu à cœur de ménager la Turquie.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les islamo-conservateurs turcs, les relations comptent avec le Hamas, lequel <em>« n’est pas une organisation terroriste mais un mouvement politique issu de la résistance », </em>a précisé M. Erdogan lors d’une interview donnée à la deuxième chaîne de télévision israélienne en novembre 2016. Khaled Mechal et Ismaïl Haniyeh, respectivement l’ancien et le nouveau chef du Hamas, sont d’ailleurs les hôtes réguliers des congrès de l’AKP à Ankara, comme a pu le constater <em>Le Monde</em>.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">« Un message destiné aux milieux islamistes turcs »</h2>
<p style="text-align: justify;">Le partenariat stratégique avec Israël n’est pas à négliger, d’autant qu’il s’est enrichi d’un projet énergétique, avec la (lointaine) promesse de construire un gazoduc sous la Méditerranée pour acheminer le gaz naturel extrait du gisement de Leviathan, situé non loin des côtes israéliennes, jusqu’au terminal turc de Ceyhan et ensuite vers l’Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">Loin de chercher la rupture avec Israël, le président turc, soucieux de se poser en protecteur des musulmans sunnites, cherchait sans doute à répéter son coup d’éclat de janvier 2009 lors du forum économique de Davos. Après avoir chapitré le président israélien Shimon Pérès en direct devant les caméras – <em>« Quand il s’agit de tuer, vous savez faire » </em>– en réaction à l’opération militaire israélienne « Plomb durci » dans la bande de Gaza, il avait alors quitté le forum. Un geste théâtral qui lui avait valu de gagner un capital de sympathie dans les pays arabes et dans les milieux turcs religieux et conservateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses dernières déclarations s’inscrivent aussi bien dans le contexte de la prochaine visite en Israël du président états-unien, Donald Trump. M. Erdogan a voulu rappeler que ni Israël ni l’autorité palestinienne n’avaient intérêt à ignorer le Hamas, son protégé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« En aucun cas il ne s’agit d’une révision du partenariat stratégique avec Israël. Avant tout, ces mots ont été prononcés dans le cadre d’une réunion organisée par une organisation islamique </em>[le Fonds Al-Qods]<em>. C’est plutôt un message destiné aux milieux islamistes turcs »</em>, assure Sinan Ulgen, directeur du centre de recherches Edam à Istanbul. M. Erdogan tente, selon lui, de récupérer les sympathies des milieux pieux qui, opposés à son projet d’<em>« hyperprésidence »</em>, ont voté non au référendum du 16 avril sur le renforcement de ses pouvoirs.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>A Istanbul, la vie à l’occidentale ciblée</title>
		<link>https://elnetwork.fr/securite-terrorisme/a-istanbul-vie-a-loccidentale-ciblee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2017 10:23:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[attaque]]></category>
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		<category><![CDATA[Istanbul]]></category>
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		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’attaque d’une discothèque, revendiquée par l’organisation Etat islamique, a fait 39 morts. La police est toujours à la recherche du ou des auteurs de la tuerie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par le Monde &#8211; Marie Jégo </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’attaque d’une discothèque, revendiquée par l’organisation Etat islamique, a fait 39 morts. La police est toujours à la recherche du ou des auteurs de la tuerie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> La police turque était toujours à la recherche, lundi 2 janvier, du ou des auteurs de la tuerie survenue la veille dans une boîte de nuit huppée d’Istanbul. L’attaque, qui a fait 39 morts, en majorité des ressortissants étrangers, et 69 blessés, a été revendiquée dans la matinée par l’organisation Etat islamique (EI), qui a qualifié le Nouvel An de « fête païenne », ajoutant que l’attaque avait été menée en « représailles » à l’engagement de la Turquie contre le groupe ‐ djihadiste en Syrie. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il était 1 h 15, dimanche 1er janvier, lorsque des tueurs se sont introduits à l’intérieur du club privé Reina, dans le quartier chic d’Ortaköy, sur la rive européenne du Bosphore, pour mitrailler les clients qui fêtaient le Nouvel An. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> L’endroit est le rendez-vous de la jet-set stambouliote, un club pour l’élite occidentalisée. Très connue à Istanbul, cette boîte de nuit-restaurant est fréquentée par des vedettes du football, des personnalités du show-business, de riches hommes d’affaires, des touristes. Entre 600 et 800 personnes dansaient, buvaient et s’amusaient à l’intérieur du Reina lorsqu’un ou plusieurs hommes armés leur ont tiré dessus. Les autorités font état d’un seul tueur dont l’image, imprécise, a pu être capturée par les caméras de surveillance situées à l’extérieur de la discothèque. Arrivé sur les lieux en taxi, l’homme prend un sac dans le coffre de la voiture, l’ouvre, en sort un fusil automatique et commence à tirer. Il tue le policier en faction devant l’établissement ainsi que des membres du service de sécurité. A l’intérieur, c’est le carnage. Des témoins ont raconté s’être cachés sous les tables pendant que le ou les assaillants tiraient sur la foule, allant jusqu’à achever les blessés qui se trouvaient à terre. Pour échapper aux tirs, plusieurs personnes se sont jetées dans les eaux glaciales du Bosphore. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Censure des images </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si les autorités parlent d’un seul tueur, les témoignages cités par les médias et les réseaux sociaux évoquent la présence de plusieurs assaillants. D’autres affirment avoir vu trois et même quatre hommes. Certains disent qu’ils étaient déguisés en Père Noël. Une vidéo amateur, filmée depuis l’autre rive du Bosphore au moment du drame, permet d’entendre des tirs à l’arme automatique extrê mement nourris, ininterrompus pendant sept minutes, ce qui pourrait indiquer la présence de plusieurs assaillants. Vingt-quatre étrangers figurent parmi les victimes, dont une Franco-Tunisienne, plusieurs ressortissants de pays arabes (Koweït, Libye, Arabie saoudite, Irak, Liban, Jordanie, Tunisie), des Indiens, une Israélienne, une Canadienne, un Belge. Trois Français ont été blessés. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Le périmètre autour du club a été bouclé. Le gouvernement a imposé une censure des images de la scène de crime, officiellement pour ne pas perturber l’enquête. Des opérations de police sont en cours pour retrouver le ou les auteurs de l’attaque, notamment dans le quartier de Kuruçesme, proche d’Ortaköy, sur la rive européenne du Bosphore. « Les assertions selon lesquelles le terroriste se serait déguisé en Père Noël sont infondées. Il s’agit d’un terroriste armé. Le terrorisme est le problème commun de l’humanité. (&#8230;) Nous ne nous y soumettrons jamais », a déclaré le premier ministre, Binali Yildirim. Engagée dans une double guerre, contre l’organisation Etat islamique dans le nord de la Syrie et ‐ contre les séparatistes kurdes sur son territoire, la Turquie est la cible régulière d’attentats. Des centaines de personnes ont perdu la vie lors d’attaques suicides survenues dans les grandes villes du pays (44 morts à Besiktas, un quartier festif d’Istanbul, le 10 décembre 2016 ; 14 morts à Kayseri, le 17 décembre 2016). Ces deux attaques ont été revendiquées par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe kurde proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie). Le 18 décembre 2016, l’ambassadeur de Russie à Ankara, Andreï Karlov, a été assassiné par un policier qui cherchait à venger les victimes de la guerre en Syrie. Traumatisée, la population limite les sorties. A Istanbul, les commandes de repas livrés à domicile sont en hausse, tandis que les restaurants voient leur clientèle en salle se raréfier. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Campagne médiatique d’ampleur </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pourtant, les centaines de personnes réunies la nuit du Nouvel An au Reina, dont une majorité d’étrangers, avaient bravé l’appréhension. Ils ne savaient pas que des menaces pesaient sur le club. Cité par le quotidien Hürriyet, le propriétaire de la boîte de nuit, Mehmet Kocarslan, a déclaré avoir pris récemment des mesures de sécurité supplémentaires, les services américains de renseignement l’ayant averti de la possibilité d’un attentat. Les médias turcs ont immédiatement dressé un parallèle avec la tuerie survenue le 13 novembre 2015 au Bataclan, à Paris. « Il s’agit d’une attaque contre un certain mode de vie », a souligné, sur la chaîne NTV, dimanche, Akif Hamzaçebi, député du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste et laïc) au Parlement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’attaque visait des Stambouliotes adeptes du mode de vie à l’occidentale. Au Reina, l’alcool coulait à flots, les gens dansaient, la salle était décorée de guirlandes et de symboles de Noël et du Nouvel An, autant d’attributs du monde chrétien. Ville cosmopolite et ouverte, Istanbul arbore toujours en fin d’année les décorations communes aux grandes villes d’Europe. Guirlandes, étoiles, sapins, représentations du Père Noël ornent les rues des quartiers occidentalisés et laïcs (Beyoglu, Nisantasi, Sisli, Kadiköy), ainsi que tous les centres commerciaux. Nombreuses sont les familles qui installent un sapin de Noël et des guirlandes dans leurs salons. Jusqu’ici, ces pratiques allaient de soi. Les milieux conservateurs et religieux trouvaient vaguement à redire, mais sans plus. Cette année, une campagne médiatique d’ampleur a été lancée par les tenants de l’islam politique contre la célébration des fêtes de Noël et du Nouvel An. Dans plusieurs villes de province, des tracts ont été distribués, avec la recommandation de ne fêter aucune des deux. A Izmir, ville de la côte égéenne réputée peu religieuse, la distribution des tracts a suscité l’ire des habitants qui ont failli en venir aux mains avec les islamistes, avant l’arrivée de la police. Brusquement, la presse progouvernementale a fait montre d’une agressivité sans pareil envers les adeptes des fêtes de fin d’année. « Ceci est votre dernier avertissement ! Ne fêtez pas le réveillon ! », clamait, dans son édition du 31 décembre 2016, le quotidien Milli Gazete, proche des islamo-conservateurs au pouvoir, et dont l’emblème est un des minarets de la mosquée de Sultanahmet. Le journal décrit la fête du réveillon comme « une nuit de beuveries, de jeux et de débauche ». « Inimaginable, ce délire du Nouvel An ! Des Papas Noël partout, dans les centres commerciaux, sur les marchés, dans les rues, sur les lieux de travail, à la télévision, jusqu’à l’intérieur des maisons où l’on voit des sapins de Noël. Ici, ce n’est pas un pays musulman, peut-être ? », lançait l’éditorialiste Yusuf Kaplan dans le journal Yeni Safak, pro-Erdogan, daté du 1er janvier. Connu pour être le porte-voix du gouvernement, ce quotidien a publié, le 29 décembre 2016, la caricature d’un Père Noël transportant dans sa hotte des femmes en niqabs, armées (http://www.yenisafak.com/karikatur-galeri/osmanturhan-2226) . Plus largement, le Père Noël s’est retrouvé au centre de plusieurs mises en scènes macabres ces derniers jours. Des membres de l’Association de la jeunesse anatolienne (ultranationalistes) ont récemment circoncis un Père Noël gonflable lors d’une action publique organisée à l’université d’Istanbul, avant de le poignarder. Par ailleurs, un groupe de jeunes nationalistes a mis en scène, jeudi 29 décembre 2016, à Aydin, une région située dans l’ouest de la Turquie, un simulacre d’exécution d’un homme déguisé en Père Noël. Les imams se sont, eux aussi, prêtés à l’exercice. Selon Metin Feyzioglu, le président de l’Union des barreaux de Turquie, vendredi 30 décembre 2016, ils ont consacré leurs prêches à la condamnation des célébrations des fêtes de fin d’année, décrites comme « haram » (« péché »). Ce spécialiste en droit pénal vient d’ailleurs d’adresser vingt questions au numéro un turc Recep Tayyip Erdogan sur la tournure inquiétante prise par les événements. L’une de ces questions porte sur les prêches de vendredi. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>« Atmosphère délétère » </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En Turquie, les prêches déclamés chaque vendredi dans les 80 000 mosquées du pays sont envoyés aux imams par le Diyanet, la direction des affaires religieuses, qui les rédige. Dimanche, Mehmet Görmez, son président, a condamné avec force l’attaque contre le club Reina, expliquant qu’il n’y avait « pas de différence » entre des attaques visant des lieux saints et celles lancées contre des lieux de divertissement. Soulignant « l’atmosphère délétère » qui prévaut en Turquie, Murat Yetkin, éditorialiste de Hürriyet, dénonce l’impunité dont jouissent ceux qui propagent l’intolérance et la haine. « Alors que des procès sont si souvent instruits contre les médias critiques du pouvoir, ni la police, ni la justice, n’a rien entrepris contre ceux qui appellent au crime ou sèment la haine parmi la population », déplore-t- il dans l’édition du 1er janvier.</span></p>
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		<item>
		<title>Turquie : inquiétude et détermination après l’arrestation de journalistes d’opposition</title>
		<link>https://elnetwork.fr/securite-terrorisme/turquie-inquietude-et-determination-apres-larrestation-de-journalistes-dopposition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2016 09:58:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Journaliste]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[oppression]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des centaines de personnes se sont rassemblées pour protester, au lendemain de la garde à vue de douze collaborateurs du quotidien « Cumhuriyet »...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">LE MONDE | Par Marie Jégo</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Des centaines de personnes se sont rassemblées pour protester, au lendemain de la garde à vue de douze collaborateurs du quotidien « Cumhuriyet ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, mardi 1er novembre, rue Istiklal, dans le quartier populaire de Sisli, à Istanbul, aux abords du siège du quotidien d’opposition Cumhuriyet, devenu l’un des derniers vestiges de la liberté de la presse depuis l’arrestation, le 31 octobre, de douze de ses collaborateurs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Toujours en garde à vue, le rédacteur en chef, Murat Sabuncu, le chroniqueur Aydin Engin, l’écrivain et journaliste Kadri Gürsel, le caricaturiste Musa Kart et huit autres sont accusés de double collusion avec les « terroristes », ceux du mouvement du prédicateur musulman Fethullah Gülen (décrit comme l’instigateur du coup d’Etat manqué du 15 juillet), tout comme les séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie ).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Au moment de son arrestation lundi, le dessinateur Musa Kart, poursuivi à plusieurs reprises pour avoir croqué le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a résumé ainsi l’absurdité de la situation : « Pendant des années, j’ai essayé de transcrire ce que nous vivons dans ce pays sous la forme de caricatures, aujourd’hui il me semble que je suis entré dans l’une d’elles. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Rue Istiklal, la police a bouclé le périmètre, un camion à eau a été installé face aux manifestants. « Si tu te tais, tu seras le prochain », scande la foule, composée pour l’essentiel de quinquagénaires. Lecteurs assidus ou non, journalistes, artistes, militants des droits de l’homme, tous défendent les valeurs de la République laïque fondée par Mustafa Kemal, dit Atatürk, en 1923. Ils sont déterminés – « nous ne plierons pas » –, mais leur voix est assourdie par le vacarme médiatique venu du camp islamoconservateur.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>« Ici, c’est le peuple qui décide où est la ligne rouge »</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dès mardi, la presse progouvernementale a entrepris un vaste lynchage médiatique contre Cumhuriyet (en turc, « République »). « La République de qui ? Celle des porte-parole de FETO [mouvement des partisans de Fethullah Gülen], des soutiens du Parti des travailleurs du Kurdistan, des adulateurs de l’Occident », titrait le quotidien Aksam. « Opération contre la forteresse de la terreur », renchérissait le quotidien Gunes en montrant une photo du siège de Cumhuriyet.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’exécutif, qui gouverne par décrets depuis l’imposition de l’état d’urgence le 20 juillet, fait ﬁ des critiques internes et encore plus de celles venues de l’étranger. En réponse à Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui avait qualiﬁé lundi de « ligne rouge » l’opération de police menée contre Cumhuriyet, le premier ministre, Binali Yidirim, a déclaré mardi : « Nous n’avons rien à apprendre de vous en matière de liberté de la presse, ici, c’est le peuple qui décide où est la ligne rouge. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Selon le porte-parole du gouvernement, Numan Kurtulmus, les journalistes arrêtés ne l’ont pas été en tant qu’« écrivains », mais parce qu’une enquête est en cours « autour de la Fondation » propriétaire du titre : « L’enquête a été ouverte par le parquet d’Istanbul le 18 août, on en verra bientôt les suites. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La rédaction de Cumhuriyet, tient bon, mais l’inquiétude est palpable. « Nous allons continuer à publier coûte que coûte, on ne nous fera pas taire aussi facilement. Nous craignons que d’autres opérations n’aient lieu contre le journal », explique Ayse Yildirim. L’édition de mardi matin porte le fer contre le gouvernement islamo-conservateur : « Le nationalisme turc, le sectarisme sunnite passent comme un rouleau compresseur sur la société », écrit le chroniqueur et économiste Ahmet Insel.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>« Erdogan a déclaré unilatéralement son régime présidentiel »</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans sa chronique, Can Dündar, l’ancien rédacteur en chef, condamné en avril 2016 à cinq et dix mois de prison pour ses écrits et exilé en Allemagne depuis, s’en prend au président Erdogan :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Vous ne voulez pas qu’on vous rappelle vos relations privilégiées de jadis avec Fethullah Gülen. Vous ne voulez pas qu’on démontre que votre politique étrangère est embourbée, qu’on évoque vos sales opérations et aussi votre stratégie de guerre qui ramène le pays au désastre, vous ne voulez pas que tout cela soit dit. Bien sûr, vous avez acheté la plupart des médias , seul “Cumhuriyet” vous résiste. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Outre les descentes de police à la rédaction et aux domiciles des journalistes, deux agences, dix journaux et trois magazines, tous prokurdes, ont été fermés lundi, portant à 170 le nombre de médias bannis sur décision du gouvernement. La plupart sont loin d’être des porte-voix du PKK ou des gülénistes, mais sont de simples voix alternatives. Mais l’époque est à la pensée unique, « au régime de l’homme unique », résume une retraitée rencontrée au rassemblement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Aujourd’hui est un jour important, car il y a quatre-vingt-treize ans, la dynastie ottomane tombait. Or, depuis cette date, certains ne l’ont jamais digéré, et ils essaient de la remettre en place », clame le député Baris Yardas, du Parti républicain du peuple (CHP, le vieux parti d’Atatürk) pour Istanbul. Tout le monde comprend que le président Recep Tayyip Erdogan, avide de graver dans le marbre de la Constitution son projet d’« hyperprésidence », veut en ﬁnir avec les principes de la République (laïcité, régime parlementaire, ouverture sur l’Occident) pour imposer sa marque sur l’Histoire , à égalité avec Atatürk.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les nouveaux décrets de l’état d’urgence ont été publiés samedi 29 octobre, jour du 93e anniversaire de la fondation de la République. Ils ouvrent la porte à un nouveau limogeage de</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">10 000 fonctionnaires (100 000 ont déjà été limogés depuis le 15 juillet) et signent la ﬁn de l’élection des recteurs d’université (dorénavant nommés par le président).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">De nouvelles entraves ont été mises à l’exercice du métier d’avocat. Selon les dernières dispositions, leurs conversations seront enregistrées avec leurs clients soupçonnés de terrorisme, et le juge pourra priver le prévenu des visites de son avocat pendant six mois s’il le juge nécessaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« Erdogan a déclaré unilatéralement son régime présidentiel. Il est habile, il sait que la gauche turque est divisée, aussi il utilise cette faille à son proﬁt. Il utilise le climat de l’après-putsch pour se débarrasser de toute forme d’opposition », résume Bedri Baykam, artiste peintre et galeriste connu sur la place d’Istanbul.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le rôle de France au Moyen-Orient : Eléments de synthèse du discours de François Hollande à la Conférence des Ambassadeurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Sep 2016 22:34:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Edito Hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Daesh]]></category>
		<category><![CDATA[djihadisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le premier sujet qu’il a évoqué est l’implication française au Moyen-Orient et la difficulté de s’extraire de cette « guerre qui sera longue » et l’impératif d’œuvrer collectivement pour « conjurer ce fléau ». </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mardi 30 août, François Hollande a délivré pour la dernière fois un discours à la Conférence des Ambassadeurs, dans lequel il a retracé les grandes lignes de la politique étrangère de la France, rappelant les défis de l’année à venir et dressant le bilan de ses quatre années de politique extérieure. Le Chef de l’Etat a fait un tour d&rsquo;horizon des dossiers internationaux rappelant le rôle mondial de la France, rôle qui dépasse notre seul destin national avec notamment la lutte contre le terrorisme. Le premier sujet qu’il a évoqué est l’implication française au Moyen-Orient et la difficulté de s’extraire de cette « <em>guerre qui sera longue </em>» et l’impératif d’œuvrer collectivement pour « <em>conjurer ce fléau </em>». Le terrorisme djihadiste est constant et selon lui, ce n’est pas uniquement en détruisant les principaux lieux de Daech qu’on le détruira, car les foyers sont nombreux en Asie et en Afrique, sans oublier l’Europe.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Président a insisté sur le risque d&#8217;embrasement en Syrie en raison de la multiplicité des acteurs étrangers sur le terrain. Au Moyen-Orient, face à Daech, la France agit militairement, de concert avec les États-Unis, la Turquie et la Russie. Le gouvernement français constate cependant que l’action russe et turque est contradictoire : Bachar al-Assad profite de l’appui russe pour éliminer tous les opposants, et la Turquie attaque les Kurdes autant que Daech. François Hollande a suggéré que la Russie ne se soucie guère de ses contradictions, alors que la France, elle, veut que les violences cessent et que la solution politique soit privilégiée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce discours a également été l’occasion d’évoquer le conflit israélo-palestinien. Deux points essentiels ont été soulignés : d’une part le constat « <em>à regret que les conditions ne sont toujours pas réunies pour une négociation directe entre Palestiniens et Israéliens </em>» et la nécessité à terme pour les deux parties de régler elles-mêmes leurs différends : « <em>La priorité, c’est que le travail débouche sur des mesures concrètes qui pourront être proposées à la fin de l’année aux parties prenantes pour qu’ensuite elles et elles seules fassent le travail qui est attendu, c’est-à-dire la négociation, et la solution dont on connaît les paramètres, deux Etats qui peuvent vivre en paix et en sécurité </em>». Si le Président est revenu sur le rôle de la France dans l’organisation de la conférence internationale du 3 juin dernier et sur la nécessité de poursuivre la médiation, il semble ici que la diplomatie française soit sortie de son mode incantatoire habituel pour prendre en compte la complexité du terrain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, dans un Moyen-Orient qui s&#8217;embrase, la résolution du conflit israélo-palestinien ne peut être que la conséquence d&rsquo;une solution globale qui intègre la stabilisation des Etats arabes sunnites modérés et la mise en place d&rsquo;une coopération économique régionale. ELNET œuvre en ce sens en promouvant les valeurs de paix et justice que seul le dialogue entre leaders politiques peut instaurer.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La paix entre Israéliens et Palestiniens doit être conditionnée par des exigences politiques et économiques qui garantissent un environnement stable et vertueux pour les deux parties. La France et l’Europe peuvent jouer un rôle constructif en Moyen-Orient en rétablissant la confiance et non en isolant Israël avec des résolutions ou des directives comme elles l’ont fait par le passé. Le combat d’Israël contre l’islamisme radical ne diffère pas de celui de l’Occident contre le djihadisme et seule l’union des démocraties permettra de vaincre la barbarie.</span></p>
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		<title>Turquie : « Nous combattons Daech par tous les  moyens »</title>
		<link>https://elnetwork.fr/iran/turquie-nous-combattons-daech-par-tous-les-moyens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jul 2016 09:33:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Daesh]]></category>
		<category><![CDATA[EI]]></category>
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		<category><![CDATA[Mevlut Cavusoglu]]></category>
		<category><![CDATA[PKK]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Daech s’est déjà attaqué à la Turquie. L’attaque de l’aéroport est plus sophistiquée, il s’agit peut-être d’un changement de tactique, mais pas de stratégie. Nous combattons déjà Daech par tous les moyens....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h5>LE MONDE | 04.07.2016  •  | par Christophe Ayad (Antalya, Turquie, envoyé spécial)</h5>
<hr />
<p>En une semaine, la Turquie a subi une attaque de l’organisation Etat islamique (EI) contre l’aéroport international d’Istanbul, qui a causé 45 morts, normalisé ses relations avec la Russie, en cris en depuis l’incident aérien qu’un avion russe a été abattu par Ankara le 24 novembre, ainsi qu’avec Israël, rompues depuis l’abordage d’une flottille pour Gaza en 2010 dans lequel 9 Turcs avaient été tués. Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, revient sur ces bouleversements.</p>
<hr />
<p><strong>L’attentat contre l’aéroport d’Istanbul s’apparente à une déclaration de guerre de l’EI contre la Turquie. Allez-vous changer de stratégie ? </strong><br />
Ce n’est pas nouveau. Daech [acronyme arabe de l’EI] s’est déjà attaqué à la Turquie. L’attaque de l’aéroport est plus sophistiquée, il s’agit peut-être d’un changement de tactique, mais pas de stratégie. Nous combattons déjà Daech par tous les moyens. Nous avons été très actifs dans la coalition contre Daech en ouvrant notre base aérienne d’Incirlik, en entraînant les peshmergas [kurdes] et des forces locales irakiennes [chrétiens, yézidis, sunnites, Turkmènes] dans le nord de l’Irak. Nous avons stoppé le flux de combattants étrangers depuis longtemps.<br />
Notre liste d’interdiction d’entrée compte 50 000 noms, nous avons refoulé plus de 3 000 personnes, un millier sont détenues en Turquie.</p>
<hr />
<p><strong>La Turquie est en guerre contre l’EI et contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, séparatistes). Est-ce raisonnable de mener ces deux combats de front ?</strong><br />
Quand vous êtes attaqué par des terroristes, quels qu’ils soient, vous n’établissez pas de priorité. Ces deux organisations sont aussi dangereuses l’une que l’autre de notre point de vue. Le jour, c’est Daech qui nous attaque et la nuit, c’est le PKK. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre.</p>
<hr />
<p><strong>Mais le PKK est à la pointe de la lutte contre l’EI en Syrie&#8230;</strong><br />
Je suis heureux que vous reconnaissiez enfin qu’il n’y a aucune différence entre le PKK et les YPG. Nos amis en Europe et nos alliés américains essaient de nous convaincre du contraire&#8230; Au prétexte que le PKK combat Daech, il faudrait le laisser mener ses activités terroristes en Turquie, tuer nos soldats et nos policiers ? Ce n’est pas sérieux.</p>
<hr />
<p><strong>Pourquoi ne pas revenir au processus de paix d’avant juin 2015 avec le PKK ? </strong><br />
Quand nous avions pris l’initiative de ces discussions, nous avions été très critiqués par notre base. C’était un grand risque politique et sécuritaire pour parvenir à une solution. Mais le PKK en a profité de cela pour accumuler des armes, et quand il a jugé le moment venu, qu’il a vu que nous étions déjà attaqués par Daech, il est passé à l’offensive. Ce n’est pas nous qui avons recommencé. Donc, s’il abandonne le terrorisme et dépose les armes, nous pourrons reprendre le processus. Pourquoi les Européens et les Américains ne demandent-ils pas au PKK de cesser ses opérations terroristes ?</p>
<hr />
<p><strong>Etes-vous déçus par les Américains qui soutiennent militairement les YPG en Syrie et contribuent ainsi à l’établissement d’une entité kurde proche du PKK à vos frontières ?</strong><br />
Utiliser des terroristes pour combattre une autre organisation terroriste n’est pas réaliste. C’est une erreur grossière. Le but du PKK et des YPG n’est pas la paix et la stabilité de la Syrie, ni son intégrité territoriale. Au contraire, ils veulent créer leur propre « entité ». C’est très dangereux. A moyen et long terme, cela aura un impact très négatif sur notre sécurité, celle de l’Europe et des Etats-Unis. Maintenant, en ce qui concerne notre accord sur Manbij [ville syrienne aux mains de l’EI assiégée par des forces kurdo-arabes soutenues par les Occidentaux], les Etats-Unis respectent l’accord que nous avons conclu et il n’y a aucun problème.</p>
<hr />
<p><strong>Quel accord avez-vous passé sur l’avenir de Manbij ?</strong><br />
C’est un accord militaire secret et je ne souhaite pas en parler.</p>
<hr />
<p><strong>Vous venez de vous réconcilier avec la Russie. La Turquie a-t-elle présenté des « excuses », comme le dit Moscou, ou des « regrets » comme vous le dites ?</strong><br />
Nous avons envoyé une lettre, qui a été très utile pour normaliser nos relations. Nous avons exprimé nos regrets envers le peuple russe et la famille du pilote tué [son avion a été abattu par la chasse turque le 24 novembre 2015, il a été tué par des rebelles syriens]. Peu importe qui dit quoi, ce qui est important c’est comment nous allons renforcer et approfondir nos relations.</p>
<hr />
<p><strong>Toutes les sanctions russes sont levées ?</strong><br />
Les Russes ont dit qu’ils allaient toutes les lever et nous avons vu les premiers résultats dans le  tourisme : les Russes commencent à revenir, ils peuvent venir librement, sans visa. Nous nous rencontrerons au niveau des ministres, des hauts fonctionnaires et aussi des chefs de l’Etat avant le sommet G20 en Chine pour voir comment appliquer ces décisions.</p>
<hr />
<p><strong>Avez-vous reçu des garanties de l’OTAN en cas d’incursions aériennes russes ?</strong><br />
L’OTAN a déjà décidé de déployer un système de défense antiaérien protégeant tout l’espace aérien turc. Une partie est en train d’être mise en place. Je le rappellerai au sommet de Varsovie. Malgré votre réconciliation avec la Russie, vous êtes toujours en désaccord sur le sort du président syrien Bachar Al-Assad. Nous pensons toujours que le peuple syrien et l’opposition ne peuvent pas accepter Assad parce qu’il a utilisé des armes chimiques et des bombes-barils pour tuer près de 500 000 de ses citoyens. La Russie et l’Iran ont une opinion différente sur ce sujet, mais nous en discutons.</p>
<hr />
<p><strong>Est-ce que vous considérez que les discussions de paix intersyriennes de Genève sont toujours d’actualité ?</strong><br />
Le processus existe mais Staffan de Mistura [l’envoyé spécial de l’ONU] n’est pas capable de donner une date pour sa reprise. Il y avait une feuille de route : l’arrêt des hostilités, la distribution de l’aide humanitaire et de vraies discussions politiques. Mais le cessez-le-feu a été violé à de nombreuses reprises par le régime [syrien] et ses supporteurs. L’aide humanitaire ne parvient pas dans les zones assiégées à cause des entraves du régime. Enfin, il est clair que le régime ne veut pas discuter de la transition politique. Nous avons toujours dit à l’opposition d’aller à Genève pour négocier, mais dans ces circonstances, on ne voit pas quoi faire.</p>
<hr />
<p><strong>L’Arabie saoudite propose que l’on passe au « plan B », c’est-à-dire accroître l’aide à la rébellion modérée pour mettre la pression sur Assad.</strong><br />
La meilleure solution est politique. Si elle ne réussit pas, la guerre ne cessera malheureusement jamais et il y aura plus de victimes civiles, plus de déplacés, plus de réfugiés, chez nous comme chez vous, en Europe. L’Arabie saoudite et beaucoup de pays dans la région s’impatientent car ils ne voient aucune perspective se dessiner. Il faut donc réfléchir à un « plan B », mais la solution politique reste la meilleure.</p>
<hr />
<p><strong>Quelque 120 000 Syriens sont massés à votre frontière. Allez-vous les laisser entrer ?</strong><br />
La meilleure solution serait une « zone sûre » de protection à l’intérieur de la Syrie. Pour le moment, nous installons pour eux des tentes et des abris provisoires là où ils sont et nous leur envoyons de l’aide humanitaire. Mais l’idéal serait que ces déplacés s’installent dans la région de Manbij et dans le nord de la Syrie, une fois que Daech en sera chassé. Nous pourrions nous charger de reconstruire les infrastructures. Il y a déjà eu des zones de protection par le passé en Irak et ailleurs.<br />
C’est juste une question de volonté. Personne n’a voulu entendre parler de cette solution à part la France, car elle connaît bien la situation dans la région. Il a fallu attendre la vague massive de migrants pour que Mme Merkel commence à soutenir une telle option.</p>
<hr />
<p><strong>Comment convaincre Moscou, qui est maître du ciel syrien ?</strong><br />
Il nous faut d’abord que nous soyons d’accord entre alliés. Ensuite, on parlera avec la Russie.</p>
<hr />
<p><strong>Vous avez des troupes en Irak. La Turquie participera-t-elle elle directement à la bataille de </strong><strong>Mossoul ?</strong><br />
Nos troupes sont là pour entraîner les forces locales, qui, elles, rejoindront le champ de bataille. Nos forces spéciales peuvent aider ponctuellement, mais pas l’armée turque.</p>
<hr />
<p><strong>Vous avez normalisé vos relations avec Israël aussi. Qu’avez-vous obtenu d’Israël ?</strong><br />
La levée de l’embargo sur la bande de Gaza était l’une des trois conditions que nous avons posées à cette normalisation avec des excuses et des compensations. Le premier bateau d’aide humanitaire a quitté Mersim ce vendredi pour Gaza. Nous participerons à la reconstruction des infrastructures de la bande de Gaza. Nous sommes en train de construire un hôpital. Et les banques turques pourront transférer de l’argent vers Gaza. Enfin, nous allons construire une zone industrielle  à Jénine [Cisjordanie].</p>
<hr />
<p><strong>Etes-vous en train de normaliser avec l’Egypte aussi ?</strong><br />
Il n’y a pas de difficulté à nous voir au niveau ministériel. La situation dans le pays est très fragile. Nous souhaitons une Egypte forte, stable et sûre. Ce n’est hélas pas le cas.</p>
<hr />
<p><strong>Etes-vous prêt à une médiation entre le pouvoir égyptien et les Frères musulmans ?</strong><br />
Je ne crois pas qu’ils soient prêts à cela mais nous le ferons s’ils le veulent.</p>
<hr />
<p><strong>Cette semaine, vous avez ouvert un nouveau chapitre du processus d’adhésion à l’Union européenne. Vous voulez toujours rejoindre cette Union que le Royaume-Uni veut quitter ?</strong><br />
L’Europe est le plus démocratique, le plus stable et le plus prospère des continents. C’est pourquoirejoindre l’UE est notre but, malgré tous ses problèmes. Nous voulons être un membre à part entière. Nous ne serons pas un fardeau pour l’Europe.</p>
<hr />
<p><strong>C’est peut-être l’UE, avec sa croissance faible et ses divisions, qui va finir par être un fardeau pour la Turquie ?</strong><br />
L’Europe a traversé plusieurs crises, la crise financière en 2008, celle de la dette. Il y a aussi les problèmes d’intégration et d’élargissement. Peut-être que l’Union devrait se réformer elle-même. Le problème de l’UE, c’est son arrogance : elle critique qui elle veut mais personne ne peut la critiquer ; quoi qu’elle décide, elle a raison sans se préoccuper des opinions des autres. C’est comme lorsque les députés allemands adoptent une résolution sur les événements de 1915 : ils pensent pouvoir faire ce qu’ils veulent, mais quand nous répondons, cela ne leur plaît pas. Pensez-vous être intouchables ? Pensez-vous pouvoir humilier les autres sans conséquence ?<br />
En fait, ce que nous voulons, c’est une décision claire de l’UE. Veut-elle de la Turquie, oui ou non ?<br />
En dix ans, nous avons ouvert 16 chapitres ; le Monténégro a fait mieux en trois ans. Nous avons commencé à négocier en même temps que la Croatie ; elle est aujourd’hui membre de plein droit.<br />
Nous voulons être traités dignement.</p>
<hr />
<p><strong>Considérez-vous que l’accord du 18 mars entre la Turquie et l’UE sur les migrants est un succès ?</strong><br />
Indéniablement. Nous avons pris environ 500 réfugiés que la Grèce a renvoyés sans discrimination, et quelque 800 Syriens vivant en Turquie ont été réinstallés en Europe. Le nombre de passages illégaux est tombé de 7 000 par jour en septembre 2015 à 45 aujourd’hui.</p>
<hr />
<p><strong>Mais la libéralisation des visas européens pour les Turcs n’est pas acquise tant que vous ne modifierez pas votre loi antiterroriste&#8230;</strong><br />
La Turquie a rempli 67 des 72 critères définis par l’UE, c’est déjà beaucoup. C’est pour cela que nous avons été déçus par les déclarations de MM. Schulz [le président du Parlement européen] et Juncker [président de la Commission] menaçant de ne pas accorder cette facilité. L’UE doit comprendre que si elle n’adopte pas la libéralisation, nous n’appliquerons plus la réadmission. Ce n’est pas une menace, c’est partie intégrante de l’accord que nous avons signé. J’ai pu parler avec<br />
M. Timmermans [vice-président de la Commission] à Bruxelles et nous pouvons arriver à une feuille de route pour régler ce problème. Les choses doivent être claires : en pleine vague d’attaques terroristes, nous n’allons pas modifier nos lois. On nous demande d’assouplir nos lois alors que la<br />
France a mis en place l’état d’urgence, ce que nous n’avons jamais fait chez nous.</p>
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		<title>La Turquie dans la tourmente</title>
		<link>https://elnetwork.fr/relations-regionales/turquie-dans-la-tourmente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sarah Perez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jun 2016 16:17:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Edito Hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Ankara]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis le mois de mai, la Turquie redéfinie son approche diplomatique régionale : elle a « normalisé » ses relations avec Israël, montré des gestes de conciliation envers la Russie alors que la tension était extrêmement forte entre les deux pays depuis qu’Ankara a abattu fin novembre un avion de guerre russe qui survolait la Syrie...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mardi 28 juin au soir, la Turquie a de nouveau été le théâtre d’une attaque terroriste dans l’un des terminaux de l’aéroport international Atatürk d’Istanbul, faisant pour l’heure 41 morts et 239 blessés. Depuis juin 2015, le pays est plongé dans un climat de violence et les attentats ne cessent de se multiplier. Ils sont à la fois liés à la reprise du conflit avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), autonomiste et en guerre contre Ankara depuis 32 ans, mais aussi la menace représenté par l’Etat islamique qui sévit de plus en plus régulièrement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Depuis le mois de mai, la Turquie redéfinit son approche diplomatique régionale : elle a « normalisé » ses relations avec Israël, montré des gestes de conciliation envers la Russie alors que la tension était extrêmement forte entre les deux pays depuis qu’Ankara a abattu fin novembre un avion de guerre russe qui survolait la Syrie, développé une approche plus modérée vis-à-vis du président égyptien al-Sissi, mais aussi évoqué  un éventuel changement d’approche en Syrie. Le froid diplomatique avec Israël s’était inscrit pour la Turquie dans une période où elle cherchait elle-même à affirmer son influence régionale, sur fond de révolutions arabes. Depuis, la guerre en Syrie, la crise des réfugiés et le durcissement du régime turc, qui a suscité de nombreuses critiques occidentales, ont changé la donne.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, la Turquie doit réviser ses ambitions hégémoniques à la baisse et doit s&rsquo;ancrer dans la realpolitik. Israël et la Turquie partagent aussi une défiance commune envers l&rsquo;Iran qui depuis l&rsquo;Accord de Vienne de juillet 2015 a multiplié les coopérations économiques avec l&rsquo;Occident. Comme l&rsquo;Arabie Saoudite, la Turquie a compris la nécessité de faire rempart et l&rsquo;accord conclu avec l&rsquo;Etat hébreu est peut-être le signe de la mise en place d&rsquo;une grande alliance régionale entre les Etats sunnites pragmatiques et Israël contre les Chiites. L&rsquo;Egypte, la Turquie, l&rsquo;Arabie saoudite et Israël sont tous les quatre confrontés à une double menace: celle (extérieure) incarnée par Daech et celle (intérieure) de l&rsquo;islamisme radical qui se manifeste sur leur sol par des attentats menés par des groupes terroristes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En Israël, les avis sont partagés sur cet accord scellé avec un Erdogan autoritaire et peu fiable. Le cabinet de sécurité israélien a approuvé l&rsquo;accord de réconciliation avec la Turquie lors d&rsquo;un vote mercredi après-midi mais le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, le ministre de l&rsquo;Éducation Naftali Bennett et la ministre de la Justice Ayelet Shaked se sont prononcés contre l’accord.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les partisans de ce réchauffement évoquent les intérêts énergétiques partagés entre les deux pays. L’exploitation de gisements de gaz naturel en Méditerranée orientale, au potentiel faramineux selon les Israéliens, nécessite de coopérer. Ankara veut diversifier ses sources d’approvisionnement afin de ne pas trop dépendre de la Russie, alors qu’Israël perçoit la Turquie comme un client à venir.</span></p>
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