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	<title>proces | ELNET</title>
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		<title>Le soldat Azaria, enfant de l’occupation israélienne</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/soldat-azaria-enfant-de-loccupation-israelienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2017 10:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[armée israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Elon azaria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le sergent, reconnu coupable d’homicide volontaire sur un Palestinien mais glorifié par la droite nationale, est un révélateur des tensions qui traversent la société israélienne.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par Le Monde &#8211; Piotr Smolar</p>
<p style="text-align: justify;">Le sergent, reconnu coupable d’homicide volontaire sur un Palestinien mais glorifié par la droite nationale, est un révélateur des tensions qui traversent la société israélienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, on lira des études sur le cas Azaria, et ce qu’il a révélé du débat public en Israël. On organisera des colloques, où les avis se confronteront avec une vigueur et une résolution que l’on réserve aux sujets existentiels. Le 4 janvier, le sergent Elor Azaria a été reconnu coupable d’homicide volontaire sur un assaillant palestinien, à Hébron, en mars 2016. Le soldat l’a abattu, alors que ce dernier gisait déjà à terre, inerte, grièvement blessé. La peine doit encore être prononcée. Cette exécution a eu un retentissement national immédiat parce que, contrairement à d’autres abus commis par l’armée israélienne en Cisjordanie, elle a été documentée en vidéo. Mais là n’est pas la seule raison de son impact.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;">Le cas Azaria dépasse le coupable. Il met au jour des courants souterrains essentiels pour comprendre l’évolution de la société israélienne. Il touche aux règles d’engagement de l’armée, à son éthique, à ses missions ; aux tensions entre l’état-major et la droite nationale religieuse, dont une partie des soldats se sent proche ; enfin, à la nature même de l’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-on être une démocratie pleine, au-delà des rendez-vous électoraux, en niant les droits d’un autre peuple, en développant un système de domination au-dessus de lui ? Vue optimiste : la condamnation du sergent Azaria pour un crime indiscutable illustre le bon fonctionnement de l’Etat de droit. Vue pessimiste : cet Etat de droit est confronté à des assauts sans précédents de la part d’extrémistes organisés et influents. Et il souffre du cynisme de ses défenseurs supposés. A commencer par le premier d’entre eux, Benyamin Nétanyahou.</p>
<hr />
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Tristes calculs politiciens</h2>
<p style="text-align: justify;">L’épisode d’Hébron<em> « ne représente pas les valeurs » </em>de l’armée, avait réagi le premier ministre au moment des faits. Mais il avait rapidement abandonné ce registre pour de tristes calculs politiciens. Son obsession : ne pas se couper de la base des colons, qui lui a offert la victoire aux législatives de mars 2015 et jouit d’une influence inédite dans l’histoire. Quelques jours après l’exécution, M. Nétanyahou a appelé les parents du soldat pour leur signifier qu’il partageait leur <em>« détresse »</em>. Puis, au fil des mois, il a défendu avec une mollesse inquiétante l’état-major de l’armée, agoni d’injures par les partisans du soldat Azaria, comme le fut en son temps Yitzhak Rabin, assassiné en 2005.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier ministre a même fini par remplacer son ministre de la défense, Moshe Yaalon, par Avigdor Lieberman. L’élargissement de sa majorité à la Knesset est passé par la promotion de son vieux rival, qui avait manifesté avec la droite radicale devant le tribunal militaire. Enfin, à l’annonce du jugement, il n’a fallu que quelques heures à M. Nétanyahou pour soutenir l’idée d’une grâce. La boucle était ainsi bouclée, et le coupable transformé en victime de circonstances absolvantes, voire en héros. Quel terrible effet miroir avec la glorification des <em>« martyrs »,</em> hélas si répandue dans la société palestinienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le débat déclenché par le cas Azaria a notamment porté sur les règles d’engagement en Cisjordanie. Les partisans du sergent ont prétendu que l’assaillant à terre posait encore un danger potentiel. L’accusation a balayé cet argument au cours du procès. Puis ils ont déploré la lâcheté de l’état-major, qui ne soutiendrait pas ses soldats sur le terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">L’argument n’est pas juridique, mais il a un impact dans la société. Selon un sondage du quotidien <em>Maariv,</em> publié après la condamnation, 51 % des personnes interrogées désapprouvent l’exécution, mais 39 % estiment que le soldat a agi correctement. Autre donnée significative : 58 % pensent que le chef d’état-major, le général Gadi Eizenkot, et les hauts gradés sont déconnectés de la réalité, vécue au quotidien par les soldats.</p>
<hr />
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">« Dans le doute, tirez »</h2>
<p style="text-align: justify;">L’opinion publique est acquise à ses enfants. Elle n’est guère regardante sur les méthodes employées dans la lutte contre les violences palestiniennes. <em>« Dans le doute, tirez »</em> : combien de citoyens signeraient sous un tel slogan ? La pratique généralisée de la détention administrative – sans inculpation ni procès – contre des centaines de personnes ne mobilise contre elle que des ONG à l’audience réduite. Les soupçons d’exécutions extrajudiciaires contre des Palestiniens, présentés à tort ou à raison comme des assaillants, n’ont pas suscité de débat depuis un an et demi.</p>
<p style="text-align: justify;">L’armée d’occupation est aussi une force de maintien de l’ordre au service des<strong> </strong>380 000 colons<strong> </strong>en Cisjordanie. Elle repose sur une inégalité de traitement entre civils juifs et arabes. L’occupation, dont le 50e anniversaire sera célébré en juin, a acquis une complexité sécuritaire, juridique et administrative incomparable, offrant un vernis de légalité à chaque action. De cela, une large majorité d’Israéliens ne veut pas discuter. Ils ont intégré l’idée d’une culture de la violence, enracinée dans le camp adverse, qui empêcherait tout accord politique. Ils ont accepté le sacrifice qui consiste à tremper dans cette marmite toxique leurs filles et leurs garçons en uniforme.</p>
<p style="text-align: justify;">Les défenseurs du soldat Azaria l’ont bien compris. La droite nationale religieuse pousse sur plusieurs fronts. Politiquement, elle veut l’annexion de la zone C (60 % de la Cisjordanie) et la fin de l’insaisissable solution à deux Etats. Sur le plan sécuritaire, elle souhaite que les soldats jouissent d’une protection en acier de la part de leur hiérarchie. En un mot, d’une impunité dans l’usage de la force.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est déjà largement le cas. Les poursuites déclenchées par le parquet militaire après la dernière opération « Bordure protectrice », à l’été 2014, dans la bande de Gaza, ont été dérisoires. Mais le cas Azaria, pour l’état-major, est une affaire de principe, un rappel à la décence, pour permettre encore de se regarder dans la glace.</p>
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		<title>L’éthique de Tsahal et l’essence de la démocratie israélienne</title>
		<link>https://elnetwork.fr/securite-terrorisme/lethique-de-tsahal-lessence-de-democratie-israelienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2017 15:11:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Edito Hebdomadaire]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
		<category><![CDATA[Elor Avaria]]></category>
		<category><![CDATA[ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[moral]]></category>
		<category><![CDATA[proces]]></category>
		<category><![CDATA[Tsahal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est du devoir de l’Etat hébreu de toujours veiller à ce que morale et capacités opérationnelles s’imbriquent pour qu’il préserve les valeurs qui en font sa force.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Mercredi 4 janvier, après des mois d’un procès exceptionnel, le tribunal militaire de Jaffa a déclaré coupable d’homicide Elor Azaria, un soldat accusé d’avoir achevé un terroriste palestinien déjà blessé. Si la sentence sera prononcée à une date ultérieure et qu’un sondage révèle que 67% des Israéliens sont favorables à une grâce, le verdict met en lumière l’importance, pour ne pas dire l’impératif, pour l’armée israélienne de préserver son éthique.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Tsahal fut créée le 28 mai 1948, 14 jours après la Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël. Le document fondateur, signé par le Premier Ministre et le Ministre de la Défense de l’époque David Ben Gourion, stipulait que tous les soldats de Tsahal, au moment de leur recrutement, devraient prêter serment d’allégeance en faveur de la protection de l’État d’Israël, de ses lois et de ses institutions. Toutes les branches répondent à un état-major unique qui relève directement du ministre de la Défense et indirectement du Premier ministre et du cabinet. Les soldats et commandants de Tsahal opèrent selon la doctrine de l’armée israélienne qui évolue en fonction du contexte et des conditions du moment, mais également en fonction de « <em>L’Esprit de Tsahal</em> », le code éthique[1], élaboré en 1994, est destiné à transmettre les valeurs fondamentales de Tsahal. La particularité israélienne réside dans le fait que ces principes ont fait l’objet d’une large jurisprudence, et qu’ils ont notamment permis le jugement de membres hauts gradés de Tsahal.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’arrivée progressive de populations immigrantes au fil des décennies, dont beaucoup ne parlent pas l’hébreu, l’armée israélienne devient très vite un outil d’intégration et le ciment social de la nation. La mise en place d’unités de réserve actives, autre particularité de Tsahal, pérennise les liens tissés au cours du service militaire. Ce bouclier qu’incarne l’armée développe une profonde assise morale. Ceux qui ont fait leurs preuves durant les hostilités ou disposant d’une certaine expérience au combat sont privilégiés. Les qualités d’initiative, de courage et d’autorité s’avèrent décisives. L’officier doit savoir responsabiliser ses hommes, leur accorder toute son attention et les convaincre sans cesse de la justesse de leur mission. Un soldat, blessé ou non, ne doit jamais être abandonné, même au prix d’une opération pouvant engendrer des pertes supplémentaires. En outre, les dépouilles de ceux tombés sur le champ de bataille doivent être systématiquement rapatriées et enterrées avec les honneurs militaires. Au fil du temps, ces valeurs ont permis d’augmenter la motivation et la discipline des combattants de Tsahal, de même que la confiance qu’ils portent en leur commandement.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant le traitement des populations palestiniennes, notamment lors des conflits multiples qui ont opposé les soldats israéliens au Hamas, des hélicoptères ont largué des tracts dans les zones densément peuplées pour mettre en garde la population et l’inviter à évacuer « immédiatement » leur domicile. On pouvait alors lire sur les tracts présentant des itinéraires à prendre sur un dessin en 2012 (« Pilier de Défense ») et 2014 (« Bordure protectrice »): « <em>Pour votre propre sécurité, nous vous demandons d&rsquo;évacuer immédiatement votre foyer et de vous diriger vers le centre-ville</em> ». Lors de l&rsquo;opération « Plomb durci » en 2008, Israël a déclaré prévenir par téléphone les habitants d&rsquo;un immeuble ciblé. Cette prévention exceptionnelle  envers les civils, qui n&#8217;empêche pas toujours des « dommages collatéraux », n’a d’égale dans aucune autre armée au monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Le simple fait que le soldat Elor Azaria ait été jugé dans un tribunal suite à son tir sur le terroriste palestinien est important et s’inscrit dans cette détermination d’Israël à préserver sa moralité, à empêcher ses ennemis de réduire son armée au cynisme le plus profond. Les juges ont estimé qu’il avait agi délibérément, motivé par un sentiment de revanche et par la conviction que les terroristes méritent de mourir. « <em>Le fait que l’homme gisant au sol soit un terroriste, qui venait juste de chercher à prendre les vies de soldats israéliens à cet endroit, ne justifie pas en soi une action disproportionnée</em> », ont-ils tranché.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans porter de jugement sur son acte ou le verdict de la Cour, la moralité de Tsahal, et par extension celle d’Israël, est au centre de sa légitimité. Elle est l’essence même de la démocratie israélienne, de l’Etat de droit. Ainsi, il est du devoir de l’Etat hébreu de toujours veiller à ce que morale et capacités opérationnelles s’imbriquent pour qu’il préserve les valeurs qui en font sa force.</p>
<hr />
<p><strong>[1] Code éthique de l’armée israélienne</strong> (sans la jurisprudence qui en a été faite)</p>
<ol>
<li>Les actions militaires ne peuvent viser que des cibles militaires</li>
<li>L’usage de la force doit être proportionné</li>
<li>Les soldats doivent faire l’usage des armes qui leur ont été fournies par Tsahal exclusivement</li>
<li>Un ennemi qui se rend ne peut être attaqué</li>
<li>Seuls les soldats ayant été formés à cet exercice peuvent mener l’interrogatoire de prisonniers</li>
<li>Les soldats doivent respecter la dignité de la population palestinienne et des Palestiniens mis en garde à vue</li>
<li>Lorsque les conditions le permettent, les soldats ont l’obligation de fournir les soins médicaux appropriés à leurs compagnons d’armes et à l’ennemi</li>
<li>Le pillage est absolument et totalement illégal</li>
<li>Les soldats doivent respecter les lieux culturels et religieux, ainsi que les instruments de culte</li>
<li>Les soldats doivent protéger le personnel des organisations d’aide internationale ainsi que leurs biens et véhicules</li>
<li>Les soldats doivent dénoncer toute violation du présent Code.</li>
</ol>
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			</item>
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		<title>Le procès militaire qui divise Israël</title>
		<link>https://elnetwork.fr/securite-terrorisme/le-proces-militaire-qui-divise-israel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 09:36:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tsahal est ébranlé par le sort d'un jeune conscrit, Elor Azria, accusé, sur fond d' «intifada des couteaux» d'avoir achevé un assaillant palestinien d'une balle dans la tête....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">Par Cyrille Louis – Correspondant à Jérusalem pour le Figaro</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">ENQUÊTE &#8211; Tsahal est ébranlé par le sort d&rsquo;un jeune conscrit, Elor Azria, accusé, sur fond d&rsquo; «intifada des couteaux» d&rsquo;avoir achevé un assaillant palestinien d&rsquo;une balle dans la tête. Les officiers et soldats appelés à témoigner devant le tribunal militaire n&rsquo;hésitent pas à laver leur linge sale devant la presse, jetant une lumière crue sur l&rsquo;ampleur du fossé idéologique qui divise la société israélienne.</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">Le tribunal militaire de Jaffa siège au premier étage d&rsquo;une maison Art déco à la façade verte, dans une salle dont les dimensions modestes et l&rsquo;atmosphère survoltée évoquent un théâtre de poche. Le procès du soldat franco-israélien Elor Azria, accusé d&rsquo;avoir achevé un assaillant palestinien d&rsquo;une balle dans la tête</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">(http://www.lefigaro.fr/international/2016/04/18/01003-20160418ARTFIG00184-le-soldat-franco-israelien-accuse-d-avoir-acheve-un-palestinien-</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">inculpe.php)alors que celui-ci gisait au sol il y a six mois, vient d&rsquo;y entrer dans sa phase finale. Journalistes et proches de l&rsquo;accusé s&rsquo;entassent devant trois juges galonnés, tandis qu&rsquo;une jeune greffière aux ongles rose pâle, coincée entre le procureur et les avocats de la défense, trône curieusement sur un fauteuil si haut perché que ses pieds ne touchent pas le sol. L&rsquo;accusé, cintré dans son uniforme kaki, est assis au premier rang. Le crâne rasé, la mine légèrement bouffie, il arbore un grand sourire et semble étonnamment détendu au regard du châtiment qu&rsquo;il encourt.</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">Le sort du jeune conscrit, arrêté et mis à l&rsquo;index par sa hiérarchie après la diffusion d&rsquo;une vidéo sur laquelle on le voit ouvrir le feu sans raison apparente, passionne et divise l&rsquo;opinion israélienne. Les journaux télévisés, quoi qu&rsquo;il se passe dans le reste du pays, s&rsquo;ouvrent invariablement par un compte rendu de l&rsquo;audience du jour. «Jamais je n&rsquo;avais couvert un procès suscitant un tel engouement», remarque Aviad Glickman, le chroniqueur judiciaire de la dixième chaîne. À en croire les sondages d&rsquo;opinion, une nette majorité du public a pris fait et cause pour le soldat, tandis que l&rsquo;état-major réclamait son inculpation. Un tel divorce entre la population et les généraux qui dirigent Tsahal constitue un événement sans précédent dans l&rsquo;histoire du pays. «Quelle que soit l&rsquo;issue du procès, la controverse n&rsquo;est pas près de retomber», prédit, dans un entretien publié en fin de semaine dernière par le quotidien Haaretz, l&rsquo;ancien chef du Mossad Ephraïm Halévy.</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">Le 24 mars dernier, c&rsquo;est paradoxalement à l&rsquo;occasion d&rsquo;un incident relativement banal que ce psychodrame s&rsquo;est noué dans une ruelle du centre d&rsquo;Hébron (Cisjordanie). Mais la séquence, filmée par un volontaire travaillant pour l&rsquo;ONG israélienne B&rsquo;Tselem (http://www.btselem.org/), n&rsquo;a pas tardé à faire le tour du monde. On y découvre deux Palestiniens qui gisent à terre, touchés par balles après avoir poignardé un soldat israélien aux abords d&rsquo;une colonie juive. L&rsquo;un des assaillants est mort sur le coup. L&rsquo;autre, Abdel Fattah al-Sharif, bouge encore. Un abondant filet de sang s&rsquo;écoule de ses plaies mais aucun des secouristes présents ne semble envisager de lui venir en aide. Une dizaine de minutes après l&rsquo;attaque initiale, au contraire, l&rsquo;un des infirmiers de l&rsquo;unité s&rsquo;avance, le met en joue et lui tire une balle dans la tête. Selon l&rsquo;un de ses camarades entendu par la police militaire, le soldat aurait marmonné: «Il mérite de mourir.» Elor Azria, lui, nie avoir prononcé ces mots.</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">L&rsquo;état-major, quoi qu&rsquo;il en soit, s&rsquo;est empressé de condamner son geste avec la plus grande fermeté. Confrontés depuis plusieurs mois à une vague de violence dans les Territoires occupés, les généraux ont à l&rsquo;évidence redouté que ces images n&rsquo;aient un impact dévastateur auprès de la population palestinienne comme de l&rsquo;opinion internationale. D&rsquo;autant que ce n&rsquo;était pas la première fois que l&rsquo;armée est accusée de faire un usage excessif de la force face aux auteurs d&rsquo;attaques au couteau. Le général Gadi Eizenkot, chef d&rsquo;état-major, avait même fait savoir quelques semaines plus tôt qu&rsquo;il ne voulait pas voir ses hommes «vider leur chargeur sur une adolescente armée d&rsquo;une paire de ciseaux». Le propos lui avait valu d&rsquo;être traîné dans la boue par une partie de la droite nationaliste, mais ce militaire respecté n&rsquo;entendait pas transiger sur le respect de l&rsquo;éthique. Sitôt la vidéo d&rsquo;Hébron rendue public, le porte-parole de Tsahal annonça l&rsquo;arrestation d&rsquo;Elor Azria, et dénonça son attitude comme «une grave violation des valeurs, de la conduite et des standards en matière d&rsquo;opération militaire». Le ministre de la Défense alors en fonction, Moshe Ya&rsquo;alon, renchérit peu après: «Même dans des moments de grande colère, nous ne devons pas autoriser de tels comportements.»</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>«Un risque de mutinerie»</strong></p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">Cette apparente unanimité, toutefois, n&rsquo;a guère tardé à se fissurer lorsqu&rsquo;il est apparu qu&rsquo;une large partie de l&rsquo;opinion approuvait la réaction du soldat. Ulcérés par le retour des violences, 57 % des Israéliens sondés quelques jours après l&rsquo;incident d&rsquo;Hébron estimèrent qu&rsquo;Elor Azria n&rsquo;aurait pas dû être placé en détention et 68 % jugèrent que l&rsquo;état-major avait eu tort de le condamner publiquement. Les premières audiences de son procès donnèrent lieu à des manifestations de soutien orchestrées par des groupuscules d&rsquo;extrême droite, (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/04/19/97001- 20160419FILWWW00346-soldat-franco-israelien-inculpe-manif-de-soutien.php) tandis qu&rsquo;Avigdor Lieberman, chef de file du parti Yisrael Beiteinu, prit publiquement sa défense. Le tribunal, sous pression, suspendit bientôt la détention du jeune conscrit qui put réintégrer sa base entre deux audiences. Benyamin Nétanyahou, qui avait dans un premier temps semblé soutenir ses généraux, décida de témoigner sa solidarité à la famille Azria. «En tant que parent de militaire, je comprends votre détresse», confia-t-il au père du suspect, avant de relever que les soldats déployés en Cisjordanie «doivent prendre des décisions en temps réel, sous la pression et face à l&rsquo;incertitude».</p>
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