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		<title>Jacques Audibert : « La France est encore une puissance d’action et non pas simplement d’influence »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 May 2017 08:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Elysée]]></category>
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		<category><![CDATA[quai d'Orsay]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Monde &#8211; Propos recueillis par Christophe Ayad et Marc Semo Après trente ans au service de la diplomatie française, celui qui fut le conseiller diplomatique du président Hollande de 2014 à 2017 fait le bilan de ses années passées au Quai d’Orsay et à l’Elysée. Souvenirs de négociations haletantes, mais aussi de moments difficiles. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Monde &#8211; Propos recueillis par Christophe Ayad et Marc Semo</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Après trente ans au service de la diplomatie française, celui qui fut le conseiller diplomatique du président Hollande de 2014 à 2017 fait le bilan de ses années passées au Quai d’Orsay et à l’Elysée. Souvenirs de négociations haletantes, mais aussi de moments difficiles.</p>
<p style="text-align: justify;">Conseiller diplomatique de François Hollande entre 2014 et 2017, Jacques Audibert, 57 ans, quitte, après trente ans de carrière, le ministère des affaires étrangères où il a occupé les postes de directeur des affaires stratégiques puis de directeur général des affaires politiques. Au moment de rejoindre le privé, comme secrétaire général adjoint de Suez, il dresse le bilan des mutations de la diplomatie française et des nouveaux défis auxquels elle doit faire face.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>L’élection d’Emmanuel Macron change-t-elle le jeu pour la France sur la scène internationale ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Incontestablement. Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, il y avait une réelle inquiétude de nos partenaires. Le fait même que les Français ont mis fin à cette série noire et choisi quelqu’un comme Emmanuel Macron lui donne pour plusieurs mois une grande capacité d’influence et de proposition. Sa venue au G7 de Taormina, en Sicile, est un événement médiatique et politique de même ampleur que celle de Donald Trump. Le nouveau président a pour lui son image et ce qu’il représente : une forme d’excellence française. Il parle couramment l’anglais et c’est un esprit très brillant que j’ai pu apprécier en travaillant avec lui. Dans de tels sommets, les relations personnelles entre chefs d’Etat et de gouvernement sont très importantes. Je me souviens encore du premier G8 avec François Hollande en mai 2012. Il était attendu, écouté. Avec Emmanuel Macron, cela sera encore beaucoup plus fort.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Depuis combien de temps la France n’avait-elle pas suscité une telle curiosité à l’étranger ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis 1981 et l’élection de François Mitterrand, je pense.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Vous avez occupé des postes au plus haut niveau au Quai d’Orsay, puis à l’Elysée comme conseiller diplomatique de François Hollande. Où se décide la politique extérieure de la France ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cela dépend des présidents, du poids du ministre, de ses rapports avec le président, du moment politique – ce n’est évidemment pas pareil en période de cohabitation – et de la qualité des rapports entre le président et son conseiller diplomatique. Les paramètres sont donc très nombreux et les situations très variables comme j’ai pu le voir aussi bien au Quai qu’à l’Elysée. Sur le terrain de la politique étrangère, notre avantage comparatif par rapport à nos partenaires les plus proches est dans la modalité du fonctionnement du système. Là où, aux Etats-Unis, le processus dit « inter-agence » peut prendre des semaines, voire des mois, là où, en Grande-Bretagne, il y a de longs processus parlementaires, là où, en Allemagne, la chancelière et son partenaire de coalition doivent longuement négocier, nous pouvons prendre une décision en une demi-journée. Nous avons une capacité d’action qui fonctionne bien et d’autant mieux qu’elle est adossée, sur les grandes questions internationales, à un consensus parlementaire.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Quel a été le président de la Ve République le plus actif en politique étrangère ? Et le moins ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’étais pas au même poste avec chacun d’entre eux. François Hollande a été incontestablement un des plus actifs et cela ne se mesure pas seulement à la quantité des voyages. C’est un diplomate né. Il y a chez lui à la fois une appétence pour ces sujets, une connaissance de l’histoire et de la géographie qui sont à la base de la diplomatie, un sens des rapports de force et une capacité à arbitrer entre les intérêts et les valeurs. A cela s’ajoute une aptitude à susciter auprès de son interlocuteur – qu’il s’agisse de Vladimir Poutine, de Barack Obama ou d’un autre – la sensation qu’il est privilégié, qu’il comprend sa logique et qu’il est possible de réfléchir en commun avec lui. Il y a eu très peu de couacs.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avec Poutine, plusieurs fois. L’atmosphère devient glaciale. On se quitte sans accord, mais sans pour autant élever la voix. Ce genre de situation a néanmoins été rare. François Hollande a su recréer des relations qui avaient été mises à mal pendant la présidence Sarkozy, par exemple avec les Chinois, les Mexicains, les monarchies du Golfe, la Turquie.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Quel est le travail d’un « sherpa » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Eviter l’inadvertance. Il s’agit de faire en sorte que le « PR »<em> [le président de la République]</em> ne soit jamais pris par surprise. Cela signifie réagir très vite, y compris dans la nuit. Chaque matin, dès cinq heures, j’écoutais les radios. Des dizaines de fois, j’ai envoyé au président un SMS sur un projet de réaction qu’il approuvait dans l’heure qui suivait. Etre le conseiller diplomatique du président, cela implique d’être toujours en éveil pour ne pas louper une initiative. Il ne faut pas rater la moindre occasion d’avancer ses pions. Le reste, c’est de la formulation, du conseil, du suivi pour que la machine tourne. Nous sommes une demi-douzaine de « sherpas » dans les grandes capitales. Nous sommes très proches et nous sommes assez en confiance pour aller au-delà de nos instructions. C’est un circuit parallèle à celui des chefs d’Etat et de gouvernement.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Un exemple d’initiative ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce que l’on a appelé le « format Normandie », c’est-à-dire la rencontre, en marge des commémorations du débarquement du 6 juin 1944, entre le président russe Vladimir Poutine, son homologue ukrainien, Petro Porochenko, Angela Merkel et François Hollande pour arrêter le conflit dans l’est de l’Ukraine. L’idée nous en était venue à mon homologue allemand et à moi-même pendant un Conseil européen à Bruxelles. Vladimir Poutine ne parlait pas au président ukrainien, dont il niait même l’élection. Le seul fait d’arriver à les faire se rencontrer pouvait faire bouger les choses et renouer les fils. Nous sommes allés en parler au président et à la chancelière qui ont dit : pourquoi pas. Nous avons finalement décidé d’inviter Poutine aux cérémonies, malgré l’annexion de la Crimée et sa déstabilisation de l’est de l’Ukraine. On ne pouvait oublier la contribution de l’Armée rouge à l’écrasement du nazisme. Mais nous avons dit à Poutine qu’il devait rencontrer à cette occasion Porochenko, que nous invitions aussi pour l’occasion. Nous avons expliqué à chacun des deux ce que nous avions en tête. Ils ont dit à peu près oui. Ensuite, il a fallu organiser la rencontre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le seul moment possible était en marge du<strong> </strong>déjeuner au château de Bénouville avec plus de 30 chefs d’Etat et de gouvernement, dont la reine d’Angleterre et Barack Obama. Ce n’est pas le genre d’occasion que l’on peut retarder. A peine Poutine arrivé, on l’emmène à l’étage. Puis Porochenko. Le président et la chancelière se sont éclipsés discrètement pour nous rejoindre. Nous avons eu vingt minutes pour que les présidents russe et ukrainien se parlent. Nous avons même eu leur accord pour révéler que cette rencontre avait eu lieu. Poutine a accepté, à condition que la photo ne soit pas publiée.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela a lancé un processus qui a abouti aux accords de Minsk I puis de Minsk II, en février 2015, pour instaurer un cessez-le-feu et jeter les bases d’un plan de paix. Cela a impliqué des dizaines de <em>conference calls</em>. Il a fallu accepter de rentrer dans les détails : François Hollande et Angela Merkel sont devenus des spécialistes des élections cantonales dans le Donbass ! Certes, ces accords piétinent. Mais les combats ont fortement diminué d’intensité et des milliers de vies ont été sauvées.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Et la négociation sur le nucléaire iranien ?</strong></p>
<figure class="illustration_haut " style="text-align: justify;"><img class="lazy-retina aligncenter" title="FABRICE COFFRINI/AFP" src="http://s1.lemde.fr/image/2017/05/26/534x0/5134252_6_fe68_jacques-audibert-a-geneve-lors-des_d81e38050ae7852f33c43c369b276ef7.jpg" alt="Jacques Audibert à Genève, lors des négociations sur le programme nucléaire iranien,  en novembre 2013." width="534" data-lazyload="false" /><figcaption class="legende" data-caption="Jacques Audibert à Genève, lors des négociations sur le programme nucléaire iranien,  en novembre 2013.">Jacques Audibert à Genève, lors des négociations sur le programme nucléaire iranien,  en novembre 2013. <span class="source_image" data-copyright="FABRICE COFFRINI/AFP">FABRICE COFFRINI/AFP</span></figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">En novembre 2013, nous étions seuls face aux autres à juger que l’accord en passe d’être négocié ne donnait pas les garanties suffisantes. J’étais à l’époque directeur politique au ministère. J’appelle le ministre Laurent Fabius et lui expose la situation, lui demandant de venir nous rejoindre au bord du Léman. Il vient, il assume pleinement les risques et nous arrivons à faire valoir notre point de vue, montrant que, dans le « deal » prévu, il y avait des trous. Nous avons réussi à convaincre John Kerry, mais il aurait très bien pu nous rétorquer : mais qui êtes-vous pour bloquer un tel accord ? Nos arguments portaient d’autant plus que nous avions une crédibilité reconnue. La négociation avait été lancée en 2003 par Dominique de Villepin, sous un format dit « E3 » avec les Britanniques et les Allemands. Cela nous a permis de faire valoir notre différence. Si l’on ne prend pas l’initiative au bon moment, on n’est pas au centre du jeu.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>La France est-elle encore une grande puissance ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a trente ans, il suffisait de dire : je suis la France, x-ième puissance mondiale et membre permanent du Conseil de sécurité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous sommes dans un environnement beaucoup plus compétitif, qui va plus vite et où il y a beaucoup plus d’acteurs. Rester une grande puissance exige beaucoup de travail et de prise de risque. Décider en quelques jours d’aller au Mali avec 4 000 hommes, là où d’autres mettraient trois mois et s’y refuseraient à moins de 40 000 hommes, c’est une prise de risque. Nos forces ont été exceptionnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes encore une puissance d’action et non pas simplement d’influence. Cela est vrai avant tout grâce à nos capacités de projection, même si l’arme nucléaire fait partie de notre statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Notre système politique nous permet de réagir très rapidement. Mais je vois l’évolution des choses. En 2008, quand nous avons lancé Eurofor, au Tchad, avec 2 700 hommes, j’étais directeur politique au Quai et on ne s’intéressait guère à savoir combien cela allait coûter. C’était un paramètre négligeable. Lors de l’intervention au Mali en 2013, j’ai passé les trois quarts de mon temps à convaincre nos partenaires de remplir les<strong> </strong>deux <em>trust funds</em> <em>[« fonds de dépôt »]</em> ouverts, l’un pour la restructuration de l’armée malienne, l’autre pour le financement de l’opération. L’aspect financier est désormais essentiel.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Le grand nombre d’interventions militaires lancées par François Hollande s’explique-t-il seulement par la conjoncture ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je crois, par exemple, que Jacques Chirac était personnellement plus « fana mili » que François Hollande. Sa décision d’intervenir au Mali était une évidence. En Centrafrique, il ne pouvait pas ne pas intervenir non plus. Nous étions au bord d’un génocide et tout le monde voyait le spectre du Rwanda. En Irak et en Syrie, nous sommes intervenus dans la coalition contre Daech <em>[acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] </em>à la fois pour la menace qu’il représente, en réponse à une attaque, mais aussi parce que si nous n’avions pas participé aux bombardements, nous n’aurions pas eu voix au chapitre pour l’après. Les Américains sont certes prépondérants, mais nous sommes les seconds dans la coalition.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;"><strong>Lorsque François Hollande a dit : « nous sommes en guerre », en novembre 2015, qu’est-ce que cela a changé à votre approche ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En disant, après les attaques terroristes du Bataclan et ailleurs, à Paris et Saint-Denis, que <em>« nous sommes en guerre »</em>, le président a pris acte d’un état de fait. Ces trois dernières années où j’ai été conseiller diplomatique du président, il s’est passé des choses inimaginables : la Russie a changé par la force des frontières en Europe en annexant la Crimée aux dépens de l’Ukraine ; les Britanniques ont voté pour sortir de l’Union européenne ; des centaines de Français ont été tués sur notre territoire par des attentats terroristes ; plus d’un million de réfugiés est arrivé en Allemagne. Chacun de ces faits aurait déjà suffi à lui seul à montrer que l’on a changé d’ère.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Nous sommes-nous trompés sur la Syrie en réclamant le départ de Bachar Al-Assad ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai suivi cette tragédie depuis le début, d’abord avec Alain Juppé comme ministre quand la révolte a commencé au printemps 2011, puis à l’Elysée. Jamais Bachar Al-Assad n’a donné l’occasion de sortir du rail dans lequel s’enfonce ce conflit. Jamais il n’a donné le moindre signe d’ouverture, ni aux Russes maintenant, ni à quiconque avant. Il aurait eu mille occasions de le faire. En juin 2012, nous avions contribué, avec Laurent Fabius, à mettre sur pied le processus dit « de Genève » : Assad reste en fonctions mais la réalité du pouvoir doit être gérée par une autorité de transition à parité entre le régime et l’opposition. Toute ébauche de solution politique de cette guerre tourne toujours autour de cette idée. Mais Bachar a toujours refusé.</p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande n’a cessé de dire à Vladimir Poutine : si tu veux peser et démontrer que la Russie est réellement de retour comme grande puissance, alors oblige Bachar à venir réellement à la table des négociations. Mais lui non plus n’y arrive pas. Il y a un jeu pervers entre les Iraniens et les Russes en Syrie, et ces derniers craignent que s’ils lâchent Bachar, les premiers ne s’engouffrent dans la brèche. Cette situation de paralysie peut offrir au nouveau président français l’occasion d’une initiative diplomatique pour relancer Genève.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Avons-nous fait des erreurs dans nos relations avec la Russie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les gens qui n’y connaissent rien disent : il faut parler aux Russes. Or nous parlons aux Russes, et même beaucoup. Mes homologues qui se sont succédé au Kremlin ont été pendant toutes ces années parmi mes plus proches interlocuteurs. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les Russes entendent ce que nous leur disons. Leur vision est celle d’une grande maison commune européenne sans les Etats-Unis. Ils continuent de penser que l’OTAN est une puissance d’agression. A aucun moment, depuis huit ans, je n’ai pu me dire : les choses peuvent avancer. Leur vision, fondée avant tout sur les rapports de force, n’est pas la nôtre. Leurs exigences sur ce qu’ils doivent obtenir ne sont pas, non plus, les nôtres. Ni leurs valeurs. Mais cela n’empêche pas de parler avec eux.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;">Nous avons réussi, par exemple, à démêler des situations délicates comme celle de la vente des porte-hélicoptères Mistral <em>[décidée par Nicolas Sarkozy et que François Hollande a annulé après l’annexion de la Crimée et la guerre dans l’est de l’Ukraine]. </em>C’était un contrat de près d’un milliard d’euros. Un cas d’école d’arbitrage entre nos intérêts et nos valeurs. Le Kremlin aurait pu tout bloquer et nous contraindre à laisser rouiller les deux navires qu’il avait payés. Nous avons fait un accord et nous avons pu les revendre à l’Egypte. Une relation qui ne soit pas brutale est donc possible malgré nos conceptions différentes sur nombre de grands dossiers. Poutine considère que sa politique est un succès, mais si l’on dresse un bilan économique, social, culturel, démographique, la Russie devrait être à une place qui n’est pas la sienne aujourd’hui.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Sur le nucléaire iranien, est-ce que vous en tirez la conclusion que les sanctions économiques, ça marche ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est une des grandes leçons de cette négociation. On n’aurait pas abouti si on n’avait pas réussi à faire passer des sanctions significatives. Mais il y a plusieurs conditions. Une sanction doit être obligatoirement liée à un processus politique. Il faut pouvoir dire : si vous faites ça, il se passe ça. Aujourd’hui, il y a un obstacle majeur : la levée des sanctions n’est pas mise en œuvre du fait de circuits qui n’ont rien à voir avec le politique. Les banques ont peur pour leur sûreté juridique aux Etats-Unis : que va faire l’attorney général de New York ? Ce ne sont pas les Etats mais c’est le système judiciaire américain qui bloque.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;">Il y a une remise en cause, dans l’opinion, de notre tropisme sunnite et de notre proximité avec les pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite.</p>
<p style="text-align: justify;">On a été durs avec les Iraniens sur la prolifération, mais on n’a rien contre l’Iran en tant que tel. On a été exigeants jusqu’au bout. Les Iraniens ne nous en ont pas tenu rigueur car on les a toujours traités avec respect. C’est pour ça que <em>[le président] </em>Rohani est venu en France en premier. La même année, Hassan Rohani est venu à Paris et François Hollande a été invité à un sommet des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). C’est ça la diplomatie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans nos liens avec les pays arabes, la politique pétrolière, les contrats d’armement, tout cela n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est que tant que les tribus sunnites ne considéreront pas que le combat contre Daech est leur combat, on n’y arrivera pas. C’est pour cela que l’on veut faire partir Bachar Al-Assad, pas parce que nous sommes moraux. Et tant que Bachar sera là, ce ne sera pas leur préoccupation première.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Pendant la campagne électorale, Emmanuel Macron s’est réclamé de la tradition gaullo-mitterrandienne. Qu’est-ce que cela signifie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas. Ce sont deux grands hommes. Pour moi, c’est une posture, une tautologie. Si ça consiste à penser que la France est un grand pays qui doit faire valoir sa souveraineté, qui ne pense pas ça ? Quelle est l’alternative : le lepéno-mélenchonisme ? Est-ce que c’est se mettre à la remorque des Etats-Unis ? Mais personne ne l’a fait. Nous avons essayé d’entraîner Obama dans une intervention en Syrie, et il n’a pas voulu ! Dans la semaine qui a suivi les attentats de Paris, Hollande s’est rendu à la Maison Blanche et au Kremlin. Nous sommes les seuls à pouvoir faire ça.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>La guerre au Mali n’est-elle pas la preuve que l’Afrique est le seul terrain à la dimension de la France ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr. Ce qu’on a fait au Mali, on ne peut pas le faire en Syrie. Quand les Américains ont décidé de partir d’Afghanistan, ils ont laissé une force « résiduelle » de 30 000 hommes. Nos capacités de projection sont extrêmement limitées. Celle de l’UE, toutes forces confondues, c’est moins de 20 000 hommes, dont la moitié pour la France et la plus grande partie du reste pour le Royaume-Uni.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Avec l’opération « Barkhane », la France n’est-elle pas enlisée militairement pour des années au Sahel ?</strong></p>
<figure class="illustration_haut " style="text-align: justify;"><img class="lazy-retina aligncenter" title="Christophe Petit Tesson/AP" src="http://s2.lemde.fr/image/2017/05/26/534x0/5134253_6_5904_le-president-emmanuel-macron-et-la-ministre-de_3f5fc4a3aaeeee823c1bc1f2d61eab4b.jpg" alt="Le président Emmanuel Macron et la ministre de la défense, Sylvie Goulard, rencontrent des soldats de l’opération « Barkhane », à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai." width="534" data-lazyload="false" /><figcaption class="legende" data-caption="Le président Emmanuel Macron et la ministre de la défense, Sylvie Goulard, rencontrent des soldats de l’opération « Barkhane », à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai.">Le président Emmanuel Macron et la ministre de la défense, Sylvie Goulard, rencontrent des soldats de l’opération « Barkhane », à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai. <span class="source_image" data-copyright="Christophe Petit Tesson/AP">Christophe Petit Tesson/AP</span></figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">C’est une opération très futée, très mobile, sur le périmètre qui convient. Bien sûr que cela a des limites. Mais « Barkhane » est un outil redouté par nos ennemis, qui aide la stabilité des pays de la région. Je ne dis pas que c’est suffisant, mais c’est la meilleure allocation possible de nos ressources.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>La France pèse-t-elle toujours autant diplomatiquement en Europe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quand on parle de militaire et de sécurité dans les Conseils européens, la France est écoutée, elle pèse. Avec le départ des Britanniques, nous perdons une partie du moteur de la défense européenne, mais nous perdons aussi une partie du frein, car les Britanniques se sont toujours opposés à une Europe de la défense.</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Quel est votre meilleur souvenir de diplomate ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’aube, au lendemain du coup d’éclat de Laurent Fabius à Genève, lors de la négociation sur le nucléaire iranien, en novembre 2013. Nous avions remporté la partie. Et aussi la manifestation du 11 janvier 2015 après l’attentat contre<em> Charlie Hebdo</em>. C’était extrêmement impressionnant et émouvant cette marée humaine, alors que le monde entier, représenté par des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement, était là. Voilà ce que c’est la France quand on lui fait une horreur !</p>
<p class="question" style="text-align: justify;"><strong>Et le pire ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si c’est le pire, mais en tout cas, le plus stressant. C’est lors du G8 de Deauville (2011). La conférence de presse est prévue à 11 heures, il y a 300 journalistes dehors qui attendent. Et l’on n’arrive pas à se mettre d’accord sur le communiqué final. A 10 h 30, Lavrov <em>[le ministre russe des affaires étrangères] </em>dit : je ne signe pas. Juppé, qui était ministre, se tourne vers moi et me dit : <em>« Et on fait quoi ? »</em> Je lui réponds : on bluffe, on passe en force. Lavrov me hurle dessus : <em>« Virez ce type, ce n’est pas un politique, il n’a rien à faire ici. » </em>Finalement, c’est passé. Un communiqué du G8, ce n’est pas si important mais, quand vous représentez le pays hôte, tout le poids d’un échec vous retombe dessus.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens aussi de la tuerie d’Uzbin <em>[dans laquelle 10 soldats français ont été tués et 21 blessés par les talibans, le 18 août 2008, en Afghanistan]</em>. J’étais alors directeur politique au Quai d’Orsay. Pendant ma période de « sherpa » à l’Elysée, ce fut la nuit de négociations à Minsk, du 11 au 12 février 2015. Pendant que nous négocions, des milliers de soldats ukrainiens étaient coincés dans la poche de Debaltseve et risquaient d’être tués. Une erreur, un échec et des gens risquent de mourir. C’est aussi ça la diplomatie. Même une prise de position peut causer des morts.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;"><strong>Est-ce qu’il y a eu un affaiblissement du Quai d’Orsay à cause de la place prise par les contacts directs entre chefs d’Etat ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui a changé, depuis une décennie, c’est qu’il y a de moins en moins d’argent. Nos contributions volontaires aux Nations unies sont à un niveau indécent. On demande invariablement au ministère de faire plus d’efforts avec moins de moyens. Un jour, ça ne marchera plus, alors que cette administration offre un rapport qualité/prix imbattable grâce à des jeunes gens très brillants. Cette capacité d’invention, de réflexion ne va pas de soi. J’espère que le président Macron et que le ministre Le Drian changeront cela. Quand on voit que les Chinois, les Indiens ouvrent des représentations à tour de bras, alors que, nous, on en ferme, ce n’est pas raisonnable. C’est un affaiblissement considérable.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les grands chantiers internationaux d&#8217;un novice en diplomatie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 May 2017 08:19:15 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[international]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dès la semaine prochaine, Emmanuel Macron devra répondre à la crise européenne, gérer le Brexit, prendre position sur les crises au Moyen-Orient, réagir à l&#8217;expansionnisme russe. Marine Le Pen voulait rompre avec les choix diplomatiques français qui font l&#8217;objet d&#8217;un relatif consensus entre la droite et la gauche. Elle voulait remettre en cause l&#8217;Union européenne, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="figp-art__chapo">Dès la semaine prochaine, Emmanuel Macron devra répondre à la crise européenne, gérer le Brexit, prendre position sur les crises au Moyen-Orient, réagir à l&rsquo;expansionnisme russe.</p>
<div class="figp-art__body figp-art__body--size-0">
<p>Marine Le Pen voulait rompre avec les choix diplomatiques français qui font l&rsquo;objet d&rsquo;un relatif consensus entre la droite et la gauche. Elle voulait remettre en cause l&rsquo;Union européenne, quitter le commandement intégré de l&rsquo;Otan, se rapprocher de Vladimir Poutine et extraire la France de l&rsquo;économie globalisée…</p>
<p>Emmanuel Macron n&rsquo;a fait qu&rsquo;ébaucher sa future politique étrangère, mais sa facture en est déjà beaucoup plus classique: elle se situe dans la continuité de ses prédécesseurs à l&rsquo;Élysée, François Hollande et Nicolas Sarkozy. «Emmanuel Macron revendique une vision “gaullo-mitterrandienne”. On peut débattre de la pertinence de cette expression mais cela semble signifier une vision traditionnelle de la politique étrangère française, qui ne doit être alignée sur personne. Par ailleurs, il ne semble pas avoir d&rsquo;appétence particulière pour les interventions militaires», explique Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), qui a participé aux groupes de travail autour du candidat pendant la campagne.</p>
<figure class="figp-media figp-media--type-xrg figp-media--align-right" data-media-type="XRG" data-media-id="20170507XRGFIG00401"></figure>
<p>Emmanuel Macron est pro-européen, il s&rsquo;est rendu à Berlin pendant sa campagne. Il a aussi effectué plusieurs déplacements au Moyen-Orient (Liban, Jordanie) et en Afrique du Nord (Algérie, Tunisie) mais aucun en Asie ou en Afrique noire. Sa bévue algérienne sur la colonisation assimilée à un «crime contre l&rsquo;humanité» a fait polémique en France. On l&rsquo;a vu dans les débats télévisés: l&rsquo;étranger n&rsquo;est pas sa matière de prédilection. Et pour cause: la politique internationale n&rsquo;a pas été jusque-là au cœur de ses préoccupations. «Il n&rsquo;y a pas réfléchi profondément, confirme une source qui a participé à sa campagne. Mais c&rsquo;est un phénomène assez courant dans les démocraties occidentales, y compris aux États-Unis.»</p>
<p>François Hollande n&rsquo;avait aucune connaissance et peu d&rsquo;appétence pour la politique étrangère avant d&rsquo;arriver à l&rsquo;Élysée. C&rsquo;est pourtant le domaine dans lequel il s&rsquo;est sans doute le plus épanoui et a obtenu la meilleure note de son quinquennat. Emmanuel Macron sera happé par le chaos du monde dès son arrivée à l&rsquo;Élysée, car les crises internationales ont des conséquences directes sur la France. «La réalité va lui tomber dessus dans une semaine. Et elle est très lourde», commente Bruno Tertrais.</p>
<p>Cette réalité risque de faire voler en éclats les quelques principes de politique étrangère, basés sur des instincts que certains trouvent bancals, que l&rsquo;on retrouve dans le programme d&rsquo;Emmanuel Macron. Le retour au «gaullo-mitterrandisme» annonce-t-il la fin des interventions extérieures, qui ont été la marque de fabrique de la politique étrangère de François Hollande? Rien n&rsquo;est moins sûr. «On en reparlera quand il faudra porter quelque chose de lourd», commente un observateur de sa campagne, parodiant une réplique de Jean Dujardin dans OSS 117… Emmanuel Macron, souffle-t-on dans son entourage, aurait choisi de parfaire sa culture internationale en lisant le livre de mémoires de l&rsquo;ancien ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin. «Mais il devra vite réaliser que la diplomatie, ce n&rsquo;est pas de la poésie et chasser le romantisme de la politique étrangère», prévient l&rsquo;observateur. Il se dit par ailleurs assez optimiste: «Il est brillant, il apprend vite et il a promis d&rsquo;être un président jupitérien.» Et puis il parle anglais, contrairement à ses deux prédécesseurs.</p>
<figure class="figp-media figp-media--type-xrg figp-media--align-left" data-media-type="XRG" data-media-id="20170507XRGFIG00402"></figure>
<p>Il n&rsquo;a fallu que quelques jours à Emmanuel Macron pour durcir sa politique vis-à-vis de Moscou après les cyberattaques lancées par la Russie contre le site de son mouvement En marche!. L&rsquo;an dernier, il considérait la Russie comme un «partenaire» avec qui il fallait discuter sur la Syrie. Aujourd&rsquo;hui, il estime qu&rsquo;elle ne partage pas les valeurs et les intérêts de la France et considère qu&rsquo;il faut maintenir les sanctions liées à la crise ukrainienne. La réalité a aussi durci sa politique vis-à-vis de Bachar el-Assad, dont il verrait aujourd&rsquo;hui le départ d&rsquo;un bon œil. «Mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;une fois investi de la charge présidentielle qu&rsquo;il se forgera sa propre ligne diplomatique», prévient Bruno Tertrais. Arrivés à l&rsquo;Élysée, Nicolas Sarkozy et François Hollande s&rsquo;étaient emparés des questions internationales avec avidité et efficacité. Le second, que beaucoup considéraient avant tout comme un président de région, avait même été accueilli comme un héros à Tombouctou, tout juste libérée des djihadistes, en février 2013, trois semaines après le début de l&rsquo;opération «Serval» au Mali.</p>
<p>L&rsquo;homme, dit-on parfois dans son entourage, n&rsquo;a pas encore réalisé que l&rsquo;international monopolisera pendant cinq ans au moins 50 % de son agenda. Les défis et les challenges qui attendent Emmanuel Macron s&rsquo;imposeront dès les premiers jours. Dès la semaine prochaine, il sera sommé de répondre à la crise européenne, dont il a fait sa priorité, de gérer le Brexit, de réagir à l&rsquo;expansionnisme russe, de prendre position sur les crises au Moyen-Orient…</p>
<p>Les présidents français ont, sous la Ve République, une marge de manœuvre et un pouvoir que leur envient la plupart des responsables européens. Avec le Brexit, la France sera bientôt le seul pays de l&rsquo;Union à posséder la bombe nucléaire et un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Cette liberté et ce pouvoir sont de nature à transformer une vision du monde en peu de temps.</p>
<p>Mais la personnalité de la politique étrangère d&rsquo;Emmanuel Macron dépendra aussi des hommes dont il s&rsquo;entourera. Au Quai d&rsquo;Orsay, à l&rsquo;Élysée, au ministère de la Défense et à l&rsquo;état-major des armées. Or, c&rsquo;est une autre chose qu&rsquo;on dit de lui: «Il prend son temps car il veut être sûr d&rsquo;être bien entouré.»</p>
</div>
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		<title>Leila Seurat : «Le Hamas cherche à s&#039;imposer comme interlocuteur»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 May 2017 08:16:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Leadership palestinien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Le Figaro &#8211; Cyril Louis INTERVIEW &#8211; Pour la chercheuse, le mouvement palestinien, qui vient de publier une nouvelle plateforme politique, n&#8217;opère cependant pas une révolution dans son attitude vis-à-vis d&#8217;Israël. Docteur en sciences politiques et chercheuse associée au Centre de recherches internationales, Leila Seurat a consacré sa thèse à la politique étrangère du [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par Le Figaro &#8211; Cyril Louis</p>
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<p class="figp-art__chapo" style="text-align: justify;">INTERVIEW &#8211; Pour la chercheuse, le mouvement palestinien, qui vient de publier une nouvelle plateforme politique, n&rsquo;opère cependant pas une révolution dans son attitude vis-à-vis d&rsquo;Israël.</p>
<div class="figp-art__body figp-art__body--size-0">
<p style="text-align: justify;">Docteur en sciences politiques et chercheuse associée au Centre de recherches internationales, Leila Seurat a consacré sa thèse à la politique étrangère du Hamas (<i>Le Hamas et le monde</i>, 2015, CNRS éditions). Elle est la fille du sociologue Michel Seurat, enlevé au Liban en mai 1985 et dont la mort avait été annoncée un an plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>LE FIGARO. &#8211; Le Hamas, qui prône depuis sa création en 1987 la destruction de l&rsquo;État d&rsquo;Israël, a publié lundi un «document politique» dans lequel il fait pour la première fois référence à un État de la Palestine dans les frontières de 1967. Pourquoi un tel revirement?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Leila SEURAT. &#8211;</b> L&rsquo;idée de rédiger ce document a pris corps en 2013 à l&rsquo;initiative de Khaled Mechaal, le chef du bureau politique, dans un contexte de profond bouleversement régional. Le soutien apporté par le Hamas à la révolution syrienne, qui l&rsquo;avait contraint peu auparavant à quitter Damas pour s&rsquo;installer à Doha (Qatar), entraîne à l&rsquo;époque la suspension du soutien financier de l&rsquo;Iran à sa branche politique. Les généraux égyptiens, qui viennent de déposer le président islamiste Mohammed Morsi et reprochent au Hamas sa proximité avec les Frères musulmans, ordonnent au même moment la destruction des tunnels de contrebande qui relient Gaza au reste du monde. Les graves difficultés économiques auxquelles le mouvement est dès lors confronté le poussent à lancer ce chantier &#8211; même si la nécessité de mettre à jour la charte du mouvement était en réalité identifiée depuis de nombreuses années.</p>
<figure class="figp-media figp-media--type-xrg figp-media--align-center" style="text-align: justify;" data-media-type="XRG" data-media-id="20170503XRGFIG00704"></figure>
<p style="text-align: justify;"><b>Pourquoi le Hamas n&rsquo;a-t-il pas fait le choix d&rsquo;annuler purement et simplement un document aussi problématique?</b></p>
<p style="text-align: justify;">La charte publiée en août 1988, au beau milieu de la première intifada, a été rédigée dans l&rsquo;urgence par un jeune élu du Hamas puis adoptée sans avoir fait l&rsquo;objet de réelles discussions. Sa dimension clairement antisémite, ponctuée par une référence au «Protocole des sages de Sion» ainsi qu&rsquo;à un hadith selon lequel le jour du Jugement ne viendra que lorsque les musulmans combattront les juifs, est la plus fréquemment dénoncée. Mais le rejet des frontières de 1967 ainsi que les appels à la destruction de l&rsquo;État d&rsquo;Israël ont aussi été critiqués par une partie du mouvement bien avant que la communauté internationale n&rsquo;en tire argument pour justifier sa politique de boycott. Pour autant, il n&rsquo;a jamais vraiment été question d&rsquo;abroger ce document. Le Hamas se présente en effet comme un mouvement fidèle à son histoire et insensible aux influences extérieures, contrairement à l&rsquo;Organisation de libération de la Palestine qui a amendé sa charte pour engager des négociations avec Israël.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Quelle est la portée du «document» publié lundi soir?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Khaled Mechaal dit clairement qu&rsquo;il a vocation à exprimer ce que sont aujourd&rsquo;hui les positions du Hamas. L&rsquo;article 16, qui stipule que le mouvement «ne combat pas les juifs parce qu&rsquo;ils sont juifs mais les sionistes parce qu&rsquo;ils occupent la Palestine», constitue à cet égard la nouveauté la plus significative. Pour le reste, ce document n&rsquo;introduit pas de révolution mais il synthétise les différentes évolutions amorcées au cours des dix dernières années. La référence aux frontières de 1967, présentée comme «une formule de consensus nationale», n&rsquo;est ainsi pas totalement nouvelle. Elle avait été amorcée par le cheikh Ahmed Yassine, fondateur du mouvement, ainsi que dans les divers accords de réconciliation signés entre le Hamas et le Fatah. Dans le même temps, le Hamas persiste dans son refus de reconnaître l&rsquo;État d&rsquo;Israël et continue à définir la Palestine historique comme une terre islamique appartenant au peuple palestinien. Il réaffirme par ailleurs que la lutte armée est un «droit légitime».</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Cet aggiornamento n&rsquo;est-il pas trop timide pour avoir un impact sur la façon dont le Hamas est perçu?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Si on l&rsquo;envisage comme un plan une sorte de «plan marketing», sa mise en œuvre me semble au contraire à ce stade plutôt efficace. De nombreux médias s&rsquo;appuient sur la référence aux frontières de 1967 pour présenter la publication de ce document comme une révolution. C&rsquo;est exactement le but recherché par le mouvement, qui cherche à minimiser ses points de désaccords avec l&rsquo;Organisation de libération de la Palestine ainsi qu&rsquo;à inscrire son combat dans le cadre de la légalité internationale. Cet appel du pied aux pays arabes et à l&rsquo;Occident vise à l&rsquo;évidence à imposer le Hamas comme un interlocuteur complémentaire, voire préférable, au Fatah.</p>
<figure class="figp-media figp-media--type-xrg figp-media--align-center" style="text-align: justify;" data-media-type="XRG" data-media-id="20170503XRGFIG00705"></figure>
<p style="text-align: justify;"><b>Les États-Unis et l&rsquo;Europe semblent pourtant bien loin d&rsquo;infléchir leur position…</b></p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est exact. À la différence de la Norvège et de la Suisse, qui ont noué le dialogue avec ce mouvement et l&rsquo;assument, la plupart des pays européens persistent officiellement à le boycotter tant qu&rsquo;il ne renoncera pas à la violence et qu&rsquo;il ne reconnaîtra pas l&rsquo;existence d&rsquo;Israël &#8211; même si plusieurs d&rsquo;entre eux, dont la France, entretiennent ou ont entretenu des contacts officieux avec ses représentants. Le Hamas ne se fait, à cet égard, pas beaucoup d&rsquo;illusion à court terme.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Le mouvement se dit aujourd&rsquo;hui prêt à signer une trêve de longue durée avec Israël. Est-il concevable qu&rsquo;il accepte un jour un accord de paix?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Il me semble que oui. Ses détracteurs dépeignent souvent le Hamas comme un mouvement fanatique et intransigeant. L&rsquo;obstination avec laquelle ils défendent leurs positions depuis dix ans, y compris en faisant payer le prix de leur obstination à la population civile de la bande de Gaza, montre qu&rsquo;il y a une part de vrai dans cette description. Mais l&rsquo;histoire montre que le Hamas est aussi capable d&rsquo;une grande plasticité idéologique dès lors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de défendre ses intérêts.</p>
</div>
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		<title>Contre les djihadistes, Trump dans les pas d’Obama</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Mar 2017 08:04:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Djihad]]></category>
		<category><![CDATA[Obama]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Monde &#8211; par Alain Frachon Après avoir méprisé, lorsqu’il était candidat, la politique menée contre le djihadisme, Donald Trump, une fois aux commandes, ne change rien, estime l’éditorialiste du « Monde » Alain Frachon dans sa chronique hebdomadaire. CHRONIQUE. Pour en finir avec l’organisation dite Etat islamique (EI), il avait « un plan secret ». Les djihadistes, lui, Donald Trump, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Monde &#8211; par Alain Frachon</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Après avoir méprisé, lorsqu’il était candidat, la politique menée contre le djihadisme, Donald Trump, une fois aux commandes, ne change rien, estime l’éditorialiste du « Monde » Alain Frachon dans sa chronique hebdomadaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>CHRONIQUE.</strong> Pour en finir avec l’organisation dite Etat islamique (EI), il avait <em>« un plan secret »</em>. Les djihadistes, lui, Donald Trump, allait les pulvériser<em> « sous un tapis de bombes ».</em> Il ne pouvait en dire beaucoup plus pour ne pas dévoiler à l’avance sa stratégie. Mais une chose était sûre : l’affaire n’allait pas traîner. Les jours de l’EI étaient comptés…</p>
<p style="text-align: justify;">Le candidat républicain multipliait les propos méprisants pour la politique de Barack Obama, ce velléitaire conseillé par un état-major de pleutres. En Syrie, Trump devait s’allier avec Vladimir Poutine, et en Irak, il agirait plus vite et plus fort. Il n’a rien fait de tout ça. Il a été rattrapé par la complexité de la réalité sur les bords du Tigre et de l’Euphrate. Il bluffait, grande gueule et fier à bras, prêt à dire n’importe quoi pour être élu.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois aux commandes – ayant eu la sagesse de confier le département d’Etat et celui de la défense à deux adultes, Rex Tillerson et James Mattis –, il a mis ses pas dans ceux d’Obama. Face au djihadisme moyen-oriental, la politique de Trump se résume en un mot : continuité.</p>
<p style="text-align: justify;">Commençons par l’Irak. Lancée il y a six mois, la campagne pour chasser l’EI de Mossoul, deuxième ville d’Irak, marque une pause. Mais la défaite des hommes d’Abou Bakr Al-Baghdadi, qui ont pris la ville en juin 2014, est une affaire de semaines ou de quelques mois. Pluriethnique, multiconfessionnelle, Mossoul, sur les ruines de l’antique Ninive, est la « capitale » et la dernière des grandes villes du pays encore aux mains de la soldatesque djihadiste. L’offensive est menée par l’armée irakienne, appuyée au départ par les milices kurdes, aujourd’hui avec un soutien aérien massif des Etats-Unis – qui disposent au sol de quelque 5 000 hommes des forces spéciales.</p>
<p style="text-align: justify;">Irakiens et djihadistes se font face au cœur de la vieille cité. Les bombardements aériens causent des centaines, voire des milliers de morts parmi la population civile. Dans le cœur historique de Mossoul, 300 000 personnes subissent un calvaire : prises en otage par les hommes de l’EI, terrées, enterrées dans les décombres de demeures pulvérisées par les missiles. Au moins 600 000 autres, restées dans les quartiers encore aux mains de l’EI, vivent sans eau ni électricité.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;"><strong>L’EI en voie de disparition</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En Syrie, l’EI est aussi sur la défensive. Armée et entraînée par les Etats-Unis depuis de longs mois, une force kurdo-arabe – en fait à plus des deux tiers composée de combattants kurdes syriens, les YPG – est prête à mener l’assaut contre Rakka. Elle est soutenue par l’aviation américaine et par plus de mille commandos dépêchés par le Pentagone. Au bord de l’Euphrate, Rakka, ville de 300 000 habitants, est la « capitale » syrienne de l’EI. C’est dans cette ville qu’auraient été préparés nombre d’attentats perpétrés en Europe, notamment à Bruxelles et à Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">La Turquie, dont l’armée est déployée dans la région, est opposée à un assaut sur Rakka mené par les YPG – qu’elle accuse de soutenir le PKK, les autonomistes kurdes turcs avec lesquels Ankara est en guerre. Mais le Pentagone estime que les YPG sont les plus aptes à l’offensive contre ce dernier bastion de l’EI en Syrie. Trump doit choisir : se fâcher avec la Turquie, membre de l’OTAN, ou faire confiance à ses militaires. Il pourrait se décider après le 16 avril, date du référendum qu’organise Recep Tayyip Erdogan, le président turc, pour se doter des pleins pouvoirs.</p>
<p style="text-align: justify;">Chassée de Mossoul et de Rakka, l’EI sera en voie de disparition en tant qu’organisation para-gouvernementale ou para-étatique. En perdant ces deux villes, elle sera privée de la base logistique – télécommunications, banques, garages, ateliers d’armements etc. – qui a servi à préparer ses campagnes terroristes. Elle contrôlait un vaste territoire, de part et d’autre de la frontière irako-syrienne, elle en a perdu la quasi-totalité. Elle subit une défaite. Son aura d’invincibilité, qui a lui permis d’attirer tant de jeunes Européens, disparaît dans les décombres des villes bombardées. Elle retournera dans la clandestinité. Ses chefs sont déjà en fuite, repliés dans la vallée de l’Euphrate.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;">
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Y a-t-il une réflexion « trumpiste » sur le sujet ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Le djihadisme ne va pas disparaître. Du « califat », on reviendra à la guérilla ; des colonnes de 4 x 4 aux attentats. La défaite militaire ostensible, à Mossoul et Rakka, va affaiblir l’EI. Mais les dommages collatéraux sont immenses – en nombre de villes détruites en Irak et en Syrie. Ils touchent d’abord les communautés sunnites de ces deux pays, majoritaire en Syrie, minoritaire en Irak. Des millions de sunnites sont sans abri. Le malheur sunnite est le terreau idéologique du djihadisme. L’EI va pouvoir à nouveau se poser en <em>« champion du sunnisme arabe »</em>, note le professeur Jean-Pierre Filiu.</p>
<p style="text-align: justify;">L’avenir politique de la Syrie et de l’Irak est au cœur de cette question. Y a-t-il une réflexion « trumpiste » sur le sujet ? En Irak, la reconstruction du pays sunnite va tester la capacité de la majorité chiite à se défaire d’un sectarisme destructeur. En Syrie, la collaboration promise par Trump avec Vladimir Poutine s’est fracassée sur la complexité régionale. Implacable, l’Iran, puissance chiite, entend encaisser les dividendes de son effort de guerre aux côtés de Bachar Al-Assad : Téhéran veut devenir le tuteur de la Syrie. Mais Israël ne veut pas de l’Iran ou de ses alliés à sa frontière… et Trump ne veut pas faire de peine à l’allié israélien. Alors, les Américains disent aux Russes : on ne peut coopérer ensemble en Syrie que si vous en éloignez l’Iran. Pas sûr que Moscou en ait le pouvoir ou l’envie.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusque-là, Trump suit la politique tracée par Obama. Il donne la priorité à l’offensive sur les « capitales » de l’EI. Mais après Mossoul, après Rakka ? Le plus vraisemblable est qu’il n’en sait strictement rien.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Le Hamas s’apprête à amender sa charte pour sortir de l’isolement</title>
		<link>https://elnetwork.fr/iran/hamas-sapprete-a-amender-charte-sortir-de-lisolement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Mar 2017 08:27:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Leadership palestinien]]></category>
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		<category><![CDATA[1967]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Le Monde &#8211; Piotr Smolar Le mouvement islamiste palestinien, qui contrôle la bande de Gaza, est prêt à reconnaître les frontières de 1967 et à prendre ses distances avec les Frères musulmans. Simple ravalement de façade ou véritable inflexion idéologique ? La publication, annoncée comme imminente, par le Hamas d’une nouvelle charte, vingt-neuf ans après [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par Le Monde &#8211; Piotr Smolar</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">
Le mouvement islamiste palestinien, qui contrôle la bande de Gaza, est prêt à reconnaître les frontières de 1967 et à prendre ses distances avec les Frères musulmans.</p>
<p style="text-align: justify;">Simple ravalement de façade ou véritable inflexion idéologique ? La publication, annoncée comme imminente, par le Hamas d’une nouvelle charte, vingt-neuf ans après celle de ses débuts, suscite la curiosité. Non pas chez les Gazaouis, dont la vie quotidienne reste corsetée et misérable, mais chez les experts du mouvement islamiste armé palestinien, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007. <em>« L’ère de l’idéologie s’achève, </em>ose même l’analyste Ibrahim Al-Madhoun, proche du Hamas. <em>Ce qui mobilise les gens aujourd’hui, ce sont leurs propres intérêts. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">La nouvelle charte devrait être présentée depuis Doha (Qatar) par Khaled Meshaal dans les prochains jours, indiquent des sources à Gaza. Il s’agira d’une forme de testament pour le chef politique du Hamas, qui s’apprête à quitter ses fonctions. Le document a fait l’objet de tractations internes depuis des mois pour ajuster les formulations.</p>
<figure class="illustration_haut   " style="text-align: justify;"><img class="lazy-retina" title="KARIM JAAFAR / AFP" src="http://s2.lemde.fr/image/2017/03/24/534x0/5100105_6_4b68_le-chef-du-hamas-khaled-meshaal-en_6380056965b5c68c5bf89f5e21fbf1ad.jpg" alt="Le chef du Hamas, Khaled Meshaal, en conférence de presse à Doha (Qatar), où il est exilé, en 2014." width="534" data-lazyload="false" /><figcaption class="legende" data-caption="Le chef du Hamas, Khaled Meshaal, en conférence de presse à Doha (Qatar), où il est exilé, en 2014.">Le chef du Hamas, Khaled Meshaal, en conférence de presse à Doha (Qatar), où il est exilé, en 2014. <span class="source_image" data-copyright="KARIM JAAFAR / AFP">KARIM JAAFAR / AFP</span></figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Le Hamas rassemble ainsi des évolutions sémantiques et stratégiques qui sont déjà apparues dans les discours de ses dirigeants ces dernières années. <em>« Ces changements ont été opérés depuis longtemps,</em> soupire Raji Sourani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme. <em>Les Américains, les Européens et les Israéliens savent tout cela. C’est de l’emballage. »</em></p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Répondre aux accusations d’antisémitisme</h2>
<p style="text-align: justify;">L’objectif prioritaire est de répondre aux accusations d’antisémitisme qui escortent le mouvement depuis sa création et expliquent son isolement au sein de la communauté internationale. <em>« Notre charte en 1988 était un appel à la mobilisation pendant la première Intifada, elle ne prenait pas en compte la perception internationale,</em> reconnaît Ahmed Youssef, figure politique modérée du Hamas. <em>Les Israéliens ont toujours exploité cela contre nous. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois, le mouvement veut se concentrer sur la lutte contre l’expropriation de la terre palestinienne, en minimisant la dimension religieuse de l’affrontement. <em>« Le Hamas distingue, d’une part, les juifs et le judaïsme, et d’autre part l’occupation et le projet sioniste »,</em> est-il écrit dans la charte, dont <em>Le Monde</em> a eu connaissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne va pas jusqu’à reconnaître Israël, estimant qu’un tel geste, déjà accompli par l’Organisation de libération de la Palestine, n’a pas été suivi d’effets. Toutefois, le mouvement islamiste accepte l’idée d’un Etat palestinien limité : non pas de la Méditerranée au Jourdain, mais dans les frontières antérieures à la guerre de 1967, avec Jérusalem pour capitale et le droit au retour des réfugiés.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">« Nous ne sommes le mandataire de personne »</h2>
<p style="text-align: justify;">Cette position avait déjà été exprimée fin 2012 par Khaled Meshaal. Selon la future charte, elle permet de définir une <em>« base commune avec toutes les factions palestiniennes »,</em> en particulier le Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. En outre, le Hamas reconnaît la légitimité de toutes les formes de <em>« résistance » </em>contre l’occupation israélienne<em>,</em> et pas seulement la lutte armée. Mais pas question, bien entendu, d’un quelconque désarmement, même si le Hamas n’a aucun intérêt aujourd’hui à un nouvel affrontement avec l’armée israélienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre détail important dans le texte : nulle référence n’y est faite aux Frères musulmans, alors que le Hamas disait en être une branche en 1988. <em>« Nous souhaitons garder une distance égale avec tous les acteurs,</em> explique Ahmed Youssef<em>. Les Frères représentent une question controversée dans certains pays arabes. Mais l’Iran non plus n’est pas mentionné dans la charte. Nous ne sommes le mandataire de personne. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">En se concentrant sur la question palestinienne, le mouvement islamiste espère échapper aux disputes entre ses différents parrains : l’Iran pour sa branche militaire, le Qatar et la Turquie pour l’assistance financière, sans parler de l’Egypte, qui contrôle le point de passage de Rafah dans le Sinaï. En adoptant une position plus neutre par rapport aux Frères musulmans, la direction politique du Hamas veut satisfaire une demande pressante du président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">La réconciliation avec le Fatah au point mort</h2>
<p style="text-align: justify;">La publication de la nouvelle charte interviendra à un moment crucial, au terme du renouvellement de la direction du mouvement. Yahya Sinouar, qui a passé vingt-deux ans dans les geôles israéliennes, vient d’être désigné à sa tête dans la bande de Gaza. Sans expérience politique, il a fait une apparition devant les caméras, mercredi 22 mars, lors d’une cérémonie en hommage au fondateur du Hamas, le cheikh Yassine, tué par une frappe israélienne en 2004. Une façon de s’inscrire dans la continuité historique du mouvement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Les changements prennent du temps »,</em> souligne l’analyste indépendant Omar Shaban :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Le but du Hamas est d’être accepté par la communauté internationale, de ne plus être acculé dans un coin et d’entrer dans un système politique légitime. Mais ici à Gaza, les gens jugeront aux faits, dans leur quotidien. On attend leurs actions sur la société civile, la place des femmes ou les impôts. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">L’un des indices de la mue du Hamas sera son attitude vis-à-vis des initiatives de l’Autorité palestinienne. La réconciliation avec le Fatah n’avance pas d’un pouce. L’Autorité a annoncé la tenue des élections locales le 13 mai, après leur report en septembre 2016. Le Hamas, vexé de ne pas avoir été consulté au préalable, refuse cette fois d’y participer. En outre, elle reprend espoir dans la possibilité d’un nouveau cycle de négociations avec les Israéliens, qui lui donnerait un bol d’air politique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’administration américaine est en train de préciser avec le gouvernement israélien le périmètre dans lequel les colonies pourront se développer. La façon dont le Hamas condamnera ou tolérera une nouvelle démarche politique pour résoudre le conflit indiquera s’il change vraiment. Ou si sa mue apparente n’est qu’une posture tactique.</p>
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		<title>Gaza : la timide  déradicalisation du  Hamas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Mar 2017 08:30:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
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		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Cyrille Louis &#8211; Correspondant à Jérusalem Le mouvement islamiste palestinien ouvre, dans un projet de texte, une porte à la solution des deux États. Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), qui s&#8217;est juré de détruire Israël et contrôle depuis 2007 la bande de Gaza, espère atténuer son isolement en publiant dans les prochaines [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 8pt;"><em><span style="color: #000000;">Par Cyrille Louis &#8211; Correspondant à Jérusalem</span></em></span></strong></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le mouvement islamiste palestinien ouvre, dans un projet de texte, une porte à la solution des deux États.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), qui s&rsquo;est juré de détruire Israël et contrôle depuis 2007 la bande de Gaza, espère atténuer son isolement en publiant dans les prochaines semaines une nouvelle plateforme politique. Le document n&rsquo;a pas vocation à remplacer la charte fondatrice rédigée en août 1988.  Page 2 sur 5, «Le nouveau document souligne que nous formons un mouvement de libération national doté d&rsquo;un socle ‐ islamique &#8211; mais sans aucune connexion avec d&rsquo;autres mouvements islamistes»soulignent les dirigeants du parti, mais il s&rsquo;en distingue sur plusieurs points controversés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Cet aggiornamento vise à désamorcer l&rsquo;hostilité des autorités égyptiennes et, dans la mesure du possible, à atténuer l&rsquo;ostracisme que lui opposent l&rsquo;Europe et les États-Unis. «Ce texte, qui a été approuvé par les différents échelons du mouvement après cinq ans de discussions, traduit l&rsquo;évolution de notre pensée politique et bannit les provocations qui risqueraient de ternir notre image», résume Salah al-Bardawil, membre du bureau politique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le premier de ces amendements s&rsquo;adresse aux dirigeants égyptiens, qui, depuis le renversement du président Mohammed Morsi au cœur de l&rsquo;été 2013, reprochent aux islamistes gaziotes de faire cause commune avec les Frères musulmans et les accusent d&rsquo;offrir une base arrière à l&rsquo;insurrection djihadiste dans la péninsule du Sinaï. «Le nouveau document souligne que nous formons un mouvement de libération national doté d&rsquo;un socle islamique &#8211; mais sans aucune connexion avec d&rsquo;autres mouvements islamistes», assure Salah al-Bardawil. Le texte prend à cet le contre-pied de la charte de 1988, qui désignait explicitement le Hamas comme la branche palestinienne de la confrérie fondée par Hassan al-Banna. «Le mouvement cherche ainsi à satisfaire les généraux égyptiens, qui ont fait de la rupture de tous liens organisationnels avec les Frères une condition non négociable à l&rsquo;allégement progressif de l&rsquo;enfermement imposé aux habitants de Gaza», décrypte Mkhaimar Abou Sada, professeur de sciences politiques à l&rsquo;université al-Azhar.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un autre changement notable porte sur les termes du conflit avec Israël. La charte de 1988 appelle à mener le djihad contre les Juifs, décrit la Palestine historique comme la propriété inaliénable des musulmans et affirme que nul n&rsquo;est autorisé à céder ne fût-ce qu&rsquo;un pouce de ce territoire. Un tel credo, peu compatible avec la solution dite des deux États, a conduit la majeure partie de la communauté internationale à tourner le dos au Hamas. Son implication dans des dizaines d&rsquo;attentats-suicides au cours de la deuxième intifada a de surcroît décidé les États-Unis et l&rsquo;Europe à l&rsquo;inscrire sur la liste des organisations terroristes.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mise à jour ambiguë</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La nouvelle plateforme présente la confrontation en des termes qui se veulent plus nuancés. «Elle indique clairement que l&rsquo;ennemi, ce ne sont pas les Juifs mais l&rsquo;occupation imposée à notre peuple», résume Salah al-Bardawil. Le Hamas espère en finir avec les accusations d&rsquo;antisémitisme qui lui collent à la peau. «Il cherche par ailleurs à rétablir la distinction, devenue inaudible après les attentats du 11 septembre 2001, entre le terrorisme, qu&rsquo;il dit condamner, et la résistance à l&rsquo;occupation qui est autorisée par le droit international», observe Mkhaimar Abou Sada.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La troisième innovation est sans doute la plus problématique aux yeux des «durs» du Hamas. «Nous avons décidé d&rsquo;inscrire une référence à l&rsquo;État de Palestine dans ses frontières de 1967 (c&rsquo;est-à-dire la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, NDLR)», indique Salah al-Bardawil. Cette avancée ouvre, en théorie, la porte à une acceptation de la solution des deux États &#8211; même s&rsquo;il n&rsquo;est pas question à ce stade que le mouvement reconnaisse Israël. «Toute la question est de savoir si le Hamas l&rsquo;envisage comme une option intérimaire en attendant la reconquête des territoires contrôlés par Israël, où comme le résultat d&rsquo;un partage définitif», éclaire Mkhaimar Abou Sada.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Cette mise à jour, ambiguë et peu convaincante aux yeux de nombreux Israéliens, ne suffira sans doute pas à amadouer la communauté internationale. À l&rsquo;exception de quelques pays (la Suisse, la Norvège, le Qatar ou la Turquie), celle- ci refuse en effet de dialoguer avec le Hamas tant qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas reconnu l&rsquo;État hébreu, renoncé à la violence et reconnu les accords signés dans le cadre du processus d&rsquo;Oslo. Certains observateurs estiment pour leur part que l&rsquo;acceptation de ce timide virage par l&rsquo;aile la plus radicale du mouvement constitue, en soi, un signal à prendre en compte.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un chef militaire palestinien assassiné dans un parking</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Hamas a annoncé dimanche la fermeture jusqu&rsquo;à nouvel ordre, «pour des raisons de sécurité», du point de passage d&rsquo;Erez entre la bande de Gaza et Israël. Cette décision intervient après l&rsquo;assassinat, vendredi soir, d&rsquo;un cadre de sa branche militaire. Mazen Foqaha a été tué de quatre balles dans la tête et la poitrine dans le parking sous-terrain de son immeuble, au sud de la ville de Gaza. Le tireur, que le mouvement islamiste soupçonne d&rsquo;avoir utilisé un revolver muni d&rsquo;un silencieux, n&rsquo;a visiblement pas laissé beaucoup de traces derrière lui. Les brigades Ezzedine al-Qassam accusent Israël d&rsquo;être à l&rsquo;origine de l&rsquo;exécution. Ses dirigeants ont prévenu: «Quiconque joue avec le feu finira par s&rsquo;y brûler, et l&rsquo;ennemi paiera le prix de l&rsquo;assassinat de notre martyr.» Originaire de Tubas (Cisjordanie), Mazen Foqaha fut condamné à la perpétuité en Israël pour avoir commandité des attentats suicides durant la seconde intifada. Il avait étérelâché en 2011 en même temps qu&rsquo;un millier d&rsquo;autres détenus palestiniens, en contrepartie de la libération par le Hamas du soldat franco-israélien Gilad Shalit.</span></p>
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		<title>La droite israélienne veut profiter du flou des intentions de Trump</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 08:52:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Cisjordanie]]></category>
		<category><![CDATA[construction]]></category>
		<category><![CDATA[droite]]></category>
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		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Le Monde &#8211; Piotr Smolar L’envoyé spécial du président américain arrive en Israël aujourd’hui. La question du développement des colonies en Cisjordanie sera au cœur des discussions. Un premier contact téléphonique a enfin eu lieu, vendredi 10 mars, entre Donald Trump et Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne. L’administration américaine se lance ainsi, à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par Le Monde &#8211; Piotr Smolar</p>
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<p style="text-align: justify;">L’envoyé spécial du président américain arrive en Israël aujourd’hui. La question du développement des colonies en Cisjordanie sera au cœur des discussions.</p>
<p style="text-align: justify;">Un premier contact téléphonique a enfin eu lieu, vendredi 10 mars, entre Donald Trump et Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne. L’administration américaine se lance ainsi, à son tour, comme médiateur du conflit israélo-palestinien.</p>
<p style="text-align: justify;">Lundi, l’envoyé spécial du président américain pour ce dossier, l’avocat Jason Greenblatt, est attendu en Israël pour discuter avec le premier ministre, Benyamin Nétanyahou. La Maison Blanche a fait savoir qu’elle souhaitait de la <em>« retenue » </em>en matière de développement des colonies en Cisjordanie. C’est la raison pour laquelle un comité de coordination bilatéral a été constitué, avec l’ambassadeur israélien à Washington, Ron Dermer, l’un des plus proches collaborateurs de M. Nétanyahou, mais également un intime de la famille Trump.</p>
<p style="text-align: justify;">Après huit années de tensions avec l’administration Obama, la droite israélienne refuse de croire que les Etats-Unis exigeront un gel des constructions. <em>« L’idée de cette équipe est de permettre autant de constructions que la croissance de ces communautés le commande, </em>assure au <em>Monde</em> Tzipi Hotovely, la vice-ministre israélienne des affaires étrangères.<em> Nous parlons de vrais juifs connectés à un morceau de terre juive. Pour la première fois depuis cinquante ans, une administration américaine ne dit pas que ces colonies sont un obstacle à la paix. »</em></p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Enterrer l’idée d’un Etat palestinien</h2>
<p style="text-align: justify;">Le test sera la réaction de la Maison Blanche à la volonté du gouvernement israélien de construire une nouvelle colonie – la première en plus de vingt ans – pour accueillir les familles d’Amona, l’avant-poste qui a été démantelé en février.</p>
<p style="text-align: justify;">Tzipi Hotovely, qui représente l’aile radicale du Likoud, est ravie des débuts de la présidence Trump.<em> « Cette administration américaine est ouverte d’esprit, beaucoup plus réaliste. On ne parle plus d’imposer une solution aux deux parties. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Agée de 38 ans, très religieuse, elle est représentative d’une majorité des membres du gouvernement de M. Nétanyahou : ceux qui clament la fin de la solution à deux Etats, par idéologie ou opportunisme. <em>« La meilleure façon,</em>dit-elle,<em> d’aller vers une souveraineté israélienne en Judée-Samarie</em> [le nom biblique de la Cisjordanie], <em>dans le cadre d’une solution régionale, est de le faire avec le soutien américain. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Cette droite à l’offensive rejette le mot « occupation ». Elle n’accepte pas davantage celui d’« annexion », lui préférant « extension de la souveraineté israélienne ». Derrière ces subtilités sémantiques, le projet ne fait plus de doute : elle essaie d’enterrer l’idée d’un Etat palestinien. Mais elle n’est plus sûre de disposer d’un chèque en blanc de Donald Trump ; celui-ci ne veut pas de gestes unilatéraux dramatiques. M. Nétanyahou a donc imposé un nouveau report d’une initiative controversée.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 5 mars, le comité ministériel pour la législation devait en effet examiner un projet de loi proposant l’annexion de l’une des plus grandes colonies juives en Cisjordanie, Maale Adumim. Les auteurs sont Bezalel Smotrich (Foyer juif, national-religieux), le porte-voix zélé des colons, et Yoav Kish (Likoud).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dernier veut un redécoupage de la Cisjordanie, dont plus de la moitié serait annexée par l’Etat hébreu<em>.</em> <em>« Israël doit enfin défendre ses intérêts et appliquer sa souveraineté sur l’ensemble de ses communautés en Judée-Samarie », </em>explique-t-il au <em>Monde</em>. Le projet législatif sur Maale Adumim est, à l’en croire, un premier pas dans cette direction. M.Nétanyahou souhaitait éviter de nouveau son examen pendant la visite de M.Greenblatt.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Une chance sans précédent</h2>
<p style="text-align: justify;">Cette coproduction entre le Likoud et le Foyer juif montre que les digues ont sauté entre la droite dite classique et la nouvelle génération<strong> </strong>nationale<b>&#8211;</b>religieuse, incarnant les colons. Les députés des deux formations ont en commun l’idée que le cycle d’Oslo, soit un quart de siècle de négociations bilatérales sous supervision américaine, s’est achevé avec le départ de Barack Obama.</p>
<p style="text-align: justify;">L’avènement de Donald Trump offrirait une chance sans précédent : celle de l’annexion de la « Judée-Samarie ». <em>« Il s’agit d’un long processus, </em>reconnaît le député Yoav Kish. <em>Je comprendrais s’il y avait encore un report de notre projet sur Maale Adumim, d’autant que Benyamin Nétanyahou pourrait voir </em>[le président américain]<em> à la fin du mois de mars. Or, Trump veut participer à la conversation avant que les choses n’arrivent, et se coordonner. C’est normal. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier ministre israélien a cessé d’employer l’expression « solution à deux Etats ». Il a aussi permis l’adoption au Parlement d’un texte de loi validant la légalisation de milliers de logements de colons construits sur des terres privées palestiniennes. Mais il n’a pas abandonné son engagement formel en faveur d’un Etat palestinien démilitarisé, reconnaissant Israël comme Etat juif.</p>
<p style="text-align: justify;">Confronté au harcèlement de son propre parti et du Foyer juif, il se pose en dirigeant responsable. <em>« Les choses ne sont pas aussi simples que vous le pensez »,</em> a-t-il dit aux députés du Likoud, le 27 mars, selon un enregistrement pirate diffusé par la presse. Le chef du gouvernement a reconnu que la présidence Trump représentait une<em> « occasion historique ». </em>Mais il a souligné, dans la foulée, qu’il fallait <em>« connaître les limites de cette occasion ».</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Au Liban, Marine Le Pen n’a pas convaincu ses hôtes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2017 08:47:41 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Le Monde &#8211; Benjamin Barthe La candidate FN à la présidentielle a principalement rencontré des représentants de la communauté chrétienne et a fait face aux critiques. Au Liban, où cohabitent – et parfois s’affrontent – les religions, le sujet des cultes est à traiter avec précaution. Mais chacun possède son propre agenda. Au dernier [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par Le Monde &#8211; Benjamin Barthe</p>
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<div class="page" title="Page 1">
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<div class="column">
<p style="text-align: justify;">La candidate FN à la présidentielle a principalement rencontré des représentants de la communauté chrétienne et a fait face aux critiques.</p>
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<p style="text-align: justify;">Au Liban, où cohabitent – et parfois s’affrontent – les religions, le sujet des cultes est à traiter avec précaution. Mais chacun possède son propre agenda.</p>
<p style="text-align: justify;">Au dernier jour de sa visite à Beyrouth, mardi 21 février, Marine Le Pen ne s’est pas privée d’allumer une mèche. La candidate du Front national à l’élection présidentielle devait rencontrer en début de matinée le grand mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane, dans sa résidence, située dans le quartier musulman d’Aïcha Bakkar. Une fois arrivée sur le pas de la porte, un représentant de M. Deriane lui a tendu un voile pour qu’elle se couvre la tête, une condition à respecter pour pouvoir pénétrer dans les lieux. La présidente du FN a décliné, en présence de plusieurs journalistes.</p>
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<p style="text-align: justify;">« La plus haute autorité sunnite du monde n’a pas eu cette exigence, par conséquent il n’y a pas de raison&#8230; Vous transmettrez au grand mufti ma considération, mais je ne me voilerai pas », a-t-elle lancé, avant de tourner les talons. Une référence à sa rencontre, en mai 2015, avec le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar, au Caire.</p>
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<p><strong>« Message de liberté et d’émancipation »</strong></p>
<p>La veille au soir, Mme Le Pen avait pourtant été prévenue qu’elle devrait porter un voile pour pouvoir rencontrer le grand mufti. « J’ai indiqué hier que je ne me voilerai pas. Ils n’ont pas annulé le rendez-vous, j’ai donc cru qu’ils accepteraient que je ne porte pas le voile, a-t-elle lâché plus tard dans la journée. On ne me met pas devant le fait accompli. »</p>
<p>Le geste de la candidate frontiste a été reçu fraîchement au sein de l’institution Dar al-Fatwa, dirigée par le grand mufti, d’obédience sunnite. Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’institution a dénoncé l’attitude « inconvenante » de la députée européenne face à une « règle bien connue ».</p>
<p>En revanche, l’affaire a été accueillie avec enthousiasme du côté des supporters de Mme Le Pen, qui voient dans leur chef de file un parangon de défense de la laïcité et des droits des femmes. « Un magnifique message de liberté et d’émancipation envoyé aux femmes de France et du monde », s’est ému le vice-président du FN, Florian Philippot.</p>
<p><strong>« Je lutte contre une idéologie politique »</strong></p>
<p>Soucieuse de ne pas commettre trop d’impairs, Mme Le Pen a répété à plusieurs reprises, quelques heures plus tard, en marge de son entrevue avec le patriarche maronite Mgr Bechara Raï, que « la culture libanaise est née en même temps des chrétiens et des musulmans ».</p>
<p>Dans sa conférence de presse finale, mardi après-midi, en réponse à une question sur les critiques que sa visite a suscitées, la candidate frontiste a assuré qu’elle n’a « jamais confondu l’“islam- religion” et l’“islam-projet politique” », le second consistant selon elle « à appliquer la sharia contre les lois et la constitution d’un pays ». « Je lutte contre une idéologie politique qui est le fondamentalisme musulman, mais je ne mène aucun combat contre une religion », a-t-elle insisté.</p>
<p>Un discours qui n’a pas vraiment convaincu ses hôtes, hormis une partie de la droite chrétienne. Ce sont surtout ses représentants &#8211; le président Michel Aoun en tête &#8211; que Mme Le Pen a vus durant les deux jours de son séjour. Comme son « ami » Samir Geagea, patron du parti des Forces libanaises et ancien chef milicien, qui avait reçu pendant la guerre civile le renfort de jeunes français d’extrême droite, appelés pour certains à faire carrière au FN.</p>
<p>« Nous avons suivi sa carrière et ses combats depuis de nombreuses années », s’est enthousiasmée Marine Le Pen, rappelant que le trésorier de son parti, Wallerand de Saint-Just, fut l’un des avocats de M. Geagea, emprisonné pendant onze ans, à la sortie de la guerre civile, pour un attentat à l’explosif dans une église qui avait fait onze morts.</p>
<p><strong>« L’erreur » de Marine Le Pen</strong></p>
<p>Les contacts avec la communauté sunnite ont été beaucoup moins nombreux, et nettement moins chaleureux. Son chef de file, le premier ministre Saad Hariri, avait publié, lundi, dans la foulée de son entrevue avec la fille de Jean-Marie Le Pen, un communiqué en forme de désaveu, où il pointait « l’erreur », qui consisterait à faire « l’amalgame entre islam et terrorisme ».</p>
<p>La présidente du Front national n’a par ailleurs rencontré aucun représentant chiite, notamment du Hezbollah, le parti-milice, farouchement opposé à Israël, et qui combat en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad. Durant sa conférence de presse, Mme Le Pen a fait savoir qu’elle n’avait pas souhaité voir de dirigeants de ce mouvement.</p>
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<p style="text-align: justify;">Ces derniers n’étaient sûrement pas non plus pressés de s’entretenir avec elle, compte tenu de la nouvelle ligne pro-israélienne que certains de ses proches, notamment le député du Gard Gilbert Collard, tentent d’imprimer au parti. « Du point de vue des nouveaux racistes, le conflit est entre la civilisation occidentale qui inclue Israël et la sauvagerie représentée par les musulmans », avait écrit, samedi, Pierre Abi-Saab, le rédacteur en chef d’Al-Akhbar, un quotidien de gauche pro- Hezbollah.</p>
<p style="text-align: justify;">Au sein même de la communauté chrétienne, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer la rhétorique de la candidate d’extrême droite. « Elle est venue nous dire que la poussée nationaliste que l’on constate en Europe et partout dans le monde est le résultat de l’extrémisme musulman, raconte le député chrétien Atef Majdalani, qui l’a brièvement rencontrée. Nous, nous sommes contre l’extrémisme musulman et contre l’extrémisme nationaliste qui fait que les peuples se replient sur eux-mêmes. Et Marine Le Pen est représentative de cet extrémisme nationaliste. »</p>
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		<title>Présidentielle française :  Poutine gagnant à tous les coups</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Feb 2017 08:57:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Le Monde &#8211; Christophe Ayad Trois des principaux candidats à l’élection présidentielle vouent à Vladimir Poutine une admiration revendiquée. Et oublient les déboires des membres de l’équipe de Donald Trump qui ont épousé la même thèse. Parmi les candidats à l’élection présidentielle française, il en est un qui n’est même pas candidat et qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par Le Monde &#8211; Christophe Ayad</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">Trois des principaux candidats à l’élection présidentielle vouent à Vladimir Poutine une admiration revendiquée. Et oublient les déboires des membres de l’équipe de Donald Trump qui ont épousé la même thèse.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les candidats à l’élection présidentielle française, il en est un qui n’est même pas candidat et qui pourtant, joue gagnant à tous les coups. C’est Vladimir Poutine. Bien plus qu’aux Etats-Unis, où son ombre a plané sur la campagne de Donald Trump et trouble aujourd’hui les débuts de son mandat, Vladimir Poutine est notre obsession nationale. Il a réponse à tous nos problèmes, remède à tous nos maux. La perte de l’autorité et des valeurs traditionnelles ? Poutine, qui a su rétablir la verticale du pouvoir et le droit des pères de famille à distribuer des claques à leur épouse et enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">L’échec de l’Europe à construire autre chose qu’une union financière et des normes bureaucratiques ? Poutine encore, qui croit à l’âme des peuples et au fracas des armes. La perte des frontières et de l’identité nationale ? Poutine toujours, qui a rendu aux Russes leur fierté à défaut de la prospérité. La guerre en Syrie, qui exporte jusque chez nous ses djihadistes et ses migrants ? Poutine, enfin, qui préfère les dictateurs à moustaches aux insurgés à barbes.</p>
<p style="text-align: justify;">Vladimir Poutine n’est pas un sujet de politique étrangère, un objet diplomatique sur lequel chaque candidat est appelé à prendre position. Il est au cœur de cette campagne électorale. Il est un sujet de politique intérieure, un programme politique à lui tout seul. Son ombre plane sur la campagne. Ses idées, ses méthodes et sa vision du monde circulent de l’extrême gauche à l’extrême droite.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Admiration</h2>
<p style="text-align: justify;">Trois des quatre principaux candidats en lice lui vouent une admiration – ou du moins une sympathie – assumée, revendiquée. François Fillon à droite, Marine Le Pen à droite de la droite et Jean-Luc Mélenchon à gauche de la gauche. Ce n’est pas rien, c’est même une large majorité d’intentions de vote telles qu’elles sont exprimées dans les sondages. Leurs motivations sont diverses, leur degré d’adhésion différent, mais chacun, à sa manière, pense que Poutine a les réponses aux questions qui se posent aujourd’hui à la France.</p>
<p class="lire" style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Non sans paradoxe, ces trois candidats sont aussi ceux qui mettent le plus en avant leur nationalisme et la défense intransigeante de la France et des Français. Mais pour eux, les intentions russes sont bienveillantes, les ingérences du Kremlin sont bienvenues. C’est probablement pour cela que l’on n’a entendu aucun d’entre eux protester lorsque, la semaine dernière, des chasseurs-bombardiers russes sont venus, une nouvelle fois, taquiner la défense antiaérienne française en frôlant l’espace aérien national dans le golfe de Gascogne. Leur patriotisme ne s’exerce, semble-t-il, que face aux ingérences de l’Union européenne, ce « jouet » aux mains d’Angela Merkel et de son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, et de l’Alliance atlantique, présentée comme un « instrument » de la domination américaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le cas de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, cette aversion pour l’UE et pour l’OTAN est clairement assumée. Tout est donc bon pour y mettre fin, même l’aide du Kremlin lorsqu’il rase Alep-Est sous les bombes, transformant ses habitants en réfugiés, qui iront sans doute un jour rejoindre les rivages du nord de la Méditerranée. Même lorsqu’il envahit la Géorgie ou l’Ukraine pour remodeler à sa guise les frontières héritées de la fin de l’URSS. Même lorsqu’il installe des batteries de missiles de moyenne portée à Kaliningrad, en les pointant vers l’Ouest.</p>
<p style="text-align: justify;">Au diable la Pologne, les Baltes et l’Europe, cette vieille idée lasse ! Peu importe également à Mme Le Pen, adepte d’une laïcité intransigeante, « à la française », que la Russie poutinienne ait réalisé l’alliance entre le sabre et l’encensoir (orthodoxe). Peu importe également à M. Mélenchon que, dans la Russie d’aujourd’hui, il n’y ait pas de place pour les « insoumis », chers à son slogan campagne, que les syndicalistes et les opposants y meurent avec une fréquence inhabituelle. Pour ces deux-là, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.</p>
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;">Le « parti de l’étranger »</h2>
<p style="text-align: justify;">Mais c’est le philo-poutinisme de François Fillon qui est le plus inquiétant. Car le candidat des Républicains ne veut ni la fin de l’UE, ni la dissolution de l’OTAN, ni mettre à bas une démocratie factice, mercantile et antipatriotique. Pourquoi alors une telle inclination alors que ces trois objectifs sont clairement affichés par le maître du Kremlin ? Pourquoi, dans cette campagne, la droite conservatrice française est celle qui est allée le plus loin dans la complaisance à l’égard de Moscou ? Pourquoi laisser le député Nicolas Dhuicq déclarer à la chaîne russe RT qu’Emmanuel Macron est un <em>« agent de la finance américaine » </em>et le <em>« chouchou »</em> du lobby gay ?</p>
<p style="text-align: justify;">Des propos pleins de sous-entendus nauséabonds – <em>« agent »</em> va souvent de pair avec la CIA, quant à la <em>« finance »</em>, elle a longtemps été juive, tout comme le <em>« lobby ».</em> Pourquoi laisser le représentant des Républicains à Moscou, Alexis Tarrade, expliquer au média russe Sputnik, connu pour sa vision « alternative » des faits, que les journalistes français se comportaient en groupies aux meetings d’Emmanuel Macron en revêtant le tee-shirt de son mouvement En marche ! ?</p>
<p style="text-align: justify;">On se doute qu’en mauvaise posture à la suite des révélations du <em>Canard enchaîné</em>, M. Fillon et ses proches ont décidé de faire feu de tout bois contre la presse, devenue responsable de ses déboires, et contre M. Macron, qui menace de le supplanter au premier tour de la présidentielle. Mais dénoncer l’ennemi de l’intérieur dans les médias de propagande d’une puissance, sinon ennemie du moins rivale, voire hostile, cela s’appelle prendre le « parti de l’étranger » pour rester dans le registre choisi par les dirigeants des Républicains. Ils feraient bien de méditer sur le sort de l’infortuné général Flynn, contraint de démissionner moins d’un mois après sa nomination à la tête du Conseil national de sécurité, l’organisme chargé de conseiller le président des Etats-Unis pour la sécurité et les affaires étrangères, pour des contacts illicites avec l’ambassadeur russe à Washington.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Mahmoud Abbas à Paris :  Le raïs s’invite dans la vie politique française et dans la campagne présidentielle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Feb 2017 10:40:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mardi 7 février, Mahmoud Abbas était à Paris pour une visite diplomatique au cours de laquelle il s’est entretenu avec François Hollande ainsi que les candidats à l’élection présidentielle Benoit Hamon et Emmanuel Macron. Le président français et le leader palestinien ont discuté des conclusions de la conférence de paix du 15 janvier dernier et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Mardi 7 février, Mahmoud Abbas était à Paris pour une visite diplomatique au cours de laquelle il s’est entretenu avec François Hollande ainsi que les candidats à l’élection présidentielle Benoit Hamon et Emmanuel Macron. Le président français et le leader palestinien ont discuté des conclusions de la conférence de paix du 15 janvier dernier et des perspectives régionales : «<i> Notre but est la paix mais Israël travaille sur la base d&rsquo;un seul Etat </i>», a-t-il martelé, dénonçant par la même occasion la loi israélienne sur les implantations votée la veille à la Knesset et qu&rsquo;il considère comme «<i> une agression</i> » contre son peuple.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois n’est pas coutume, Benoit Hamon a réaffirmé sa volonté de reconnaître l’Etat de Palestine s’il est élu président. Evoquant sa discussion avec Mahmoud Abbas, il a ainsi déclaré sur sa page Facebook : « <i>Je lui ai renouvelé ma volonté de reconnaître l&rsquo;Etat palestinien une fois élu Président de la République</i> <i>(…) Nous partageons une conviction commune: cette reconnaissance est un préalable indispensable au processus de paix. » </i>Ce n’est pas la première fois que le candidat socialiste instrumentalise la question palestinienne<i> </i>à des fins de politique intérieure. Initiateur de la résolution pour la reconnaissance d’un Etat de Palestine votée à l’Assemblée nationale le 2 décembre 2014, il avait reconnu de son propre aveu, rapporté par Le Canard enchaîné du 19 novembre 2014 : « <i>Cette résolution est tout à fait opportune sur le plan électoral. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre de Gaza.</i> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Emmanuel Macron, quant à lui n’a pas révélé de détails sur sa rencontre avec le leader palestinien, se contentant de poster quelques photographies sur les réseaux sociaux. Quoiqu’il en soit, Mahmoud Abbas a pu constater l’intérêt porté par les responsables français à la question palestinienne et à la relance du processus de paix. Le lendemain, il s’est adressé au Sénat à Paris devant la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, présidée par Jean-Pierre Raffarin, qui a rappelé « <i>le désir de la France de contribuer à la mise en place de la solution à deux États</i> ». Le président de l’Autorité palestinienne a averti les sénateurs qu’il interromprait la coopération sécuritaire avec Israël si les constructions dans les implantations en Cisjordanie venaient à se poursuivre, en faisant référence à la loi de Régulation, vivement contestée par des instances internationales et des pays alliés de l’État hébreu. Il a également demandé à Israël de respecter les résolutions de l’ONU dont celle qui a été votée le 23 décembre suite à l’abstention de l’administration d’Obama – la résolution 2334.</p>
<p style="text-align: justify;">Mahmoud Abbas a également évoqué les tentatives de réconciliation avec le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza. « <i>Nous avons un dialogue en cours avec le Hamas pour parvenir à une réconciliation pacifique</i>, » a-t-il souligné. Néanmoins, toutes ces tentatives sont jusqu’ici restées vaines. Il aurait sans doute été à propos de mettre le raïs palestinien face à ses propres contradictions et de l’interroger sur l’anormale longévité de son mandat. Cela fait en effet 9 ans qu’il n’est plus légitime à exercer son autorité mais étonnamment, cette entrave aux principes démocratiques ne semble pas affecter les leaders occidentaux.</p>
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