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		<title>Georges Bensoussan :  «L&#039;antiracisme dévoyé à faire taire le peuple Français»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2017 09:04:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Figaro &#8211; Par Alexandre Devecchio (#figp-author) INTERVIEW &#8211; Le procès de Georges Bensoussan s&#8217;ouvre ce mercredi. L&#8217;auteur « des Territoires perdus de la République » est accusé d&#8217;incitation à la haine raciale. Nous republions l&#8217;interview qu&#8217;il avait accordée au Figaro Magazine à l&#8217;occasion de la sortie de l&#8217;ouvrage « Une France soumise » qu&#8217;il a  dirigé. Pour l&#8217;historien, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Figaro &#8211; Par Alexandre Devecchio (#figp-author)</span></h6>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>INTERVIEW &#8211; Le procès de Georges Bensoussan s&rsquo;ouvre ce mercredi. L&rsquo;auteur « des Territoires perdus de la République » est accusé d&rsquo;incitation à la haine raciale. Nous republions l&rsquo;interview qu&rsquo;il avait accordée au Figaro Magazine à l&rsquo;occasion de la sortie de l&rsquo;ouvrage « Une France soumise » qu&rsquo;il a  dirigé. Pour l&rsquo;historien, la peur des représailles mais aussi le terrorisme intellectuel imposé par les élites expliquent cette loi du silence sur la question de l&rsquo;islam.</em></span></p>
<hr />
<p><span style="color: #000000;"><strong>Alexandre Devecchio &#8211; En 2002, Les Territoires perdus de la République, avait été accueilli par un long silence médiatique. Quinze ans plus tard, dans Une France soumise, vous montrez que la situation s&rsquo;est aggravée. Pourtant, une partie des élites continue d&rsquo;ignorer votre diagnostic&#8230;</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Georges Bensoussan &#8211; Le refus d&rsquo;affronter la réalité est la chose la mieux partagée du monde. Cette situation n&rsquo;est propre ni à notre époque ni à la France, elle ressort d&rsquo;une propension humaine à refuser de voir ce que l&rsquo;on voit tant l&rsquo;angoisse de la situation nous tétanise. Mona Ozouf, dans une recension donnée au Nouvel Observateur, citait jadis ce proverbe hindou: «Racontez-nous de belles histoires et nous vous croirons.»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Votre question met aussi en lumière ce qui nous est apparu dans l&rsquo;enquête moins comme un fossé que comme un abîme entre une partie des élites médiatiques et la masse du peuple français, classes moyennes et populaires confondues. C&rsquo;est peu dire que ces deux France ne communiquent plus: le discours formaté des élites, devenu doxa, nous est apparu de moins en moins audible. Or, ce discours généré par nombre de médias dominants demeure marqué par un gauchisme culturel qui a dominé la scène intellectuelle française depuis deux générations. Ce fossé interroge aussi la formation dispensée dans les écoles de journalisme et le conformisme qui semble y régner.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La troisième raison à ce déni de réalité, reste la crainte de devoir reconnaître les maux dont souffre la société française sans être paralysé par l&rsquo;épée de Damoclès que constitue l&rsquo;accusation de racisme ou, celle, saugrenue, d&rsquo;islamophobie, ce  «racisme imaginaire» comme dit Pascal Bruckner, taillé sur mesure par les islamistes pour faire taire. Ce chantage intellectuel nourrit un conformisme qui contraint au silence nombre de consciences («vous faites le jeu de»). Un silence dont nous payons le prix aujourd&rsquo;hui et qui nous a probablement fait prendre vingt ans de retard sur l&rsquo;événement.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Alexandre Devecchio &#8211; Ce silence des élites est-il motivé par une sincère ignorance, par l&rsquo;idéologie ou par la peur?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Georges Bensoussan &#8211; En réalité par les trois, même s&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas des mêmes protagonistes dans les trois cas de figure. Il faut compter d&rsquo;une part avec ceux qui vivent dans le cocon des quartiers protégés. Ceux-là (mais pas tous) semblent ignorer la France qu&rsquo;on désigne par une série d&rsquo;euphémismes: «quartiers sensibles», «France périurbaine», «France périphérique» comme la nomme le géographe Christophe Guilluy. Ils semblent tout ignorer des conditions de vie de la grande majorité du peuple français. S&rsquo;il s&rsquo;agit du personnel politique, l&rsquo;affaire est plus grave encore.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;idéologie joue son rôle chez d&rsquo;autres qui acceptent mal de voir s&rsquo;effondrer les schémas intellectuels sur lesquels ils avaient bâti leur vie. D&rsquo;admettre que la société multiculturelle dont ils rêvaient est source de conflits. D&rsquo;admettre également qu&rsquo;un opprimé puisse être aussi un oppresseur, que des victimes du racisme puissent être racistes à leur tour voire en même temps, et que certains Arabes, s&rsquo;ils sont stigmatisés ici et là, puissent être aussi (mais pas toujours, évidemment) des antisémites, etc.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Enfin, vous avez raison de souligner le rôle de la peur dans ce refus de poser les mots justes sur les maux de la société française comme si, à désigner le danger, on le faisait exister. Cette attitude naïve, sinon puérile, consiste à penser qu&rsquo;à cacher le danger on le fait disparaître. Mais la réalité finit toujours par se rappeler à nous, et à différer l&rsquo;affrontement on se prépare à un combat plus violent encore et plus incertain quant à son issue. La peur ne nous épargnera ni le malheur ni la confrontation.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Alexandre Devecchio &#8211;  Dans les écoles, les mairies, les hôpitaux, la police, le mot d&rsquo;ordre est «pas de vagues».</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Georges Bensoussan &#8211; Ce qui apparaît fréquemment dans notre enquête, c&rsquo;est l&rsquo;obsession d&rsquo;une reprise des violences de 2005 et de 2007 dans les banlieues. Tout se passe comme si les responsables, quels qu&rsquo;ils soient, n&rsquo;avaient d&rsquo;yeux que pour les quartiers difficiles, ces ghettos socio-ethniques ou ethno-culturels progressivement constitués aux portes des grandes métropoles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La peur des émeutes semble le maître mot de nombreux responsables qui estiment que, de concession en concession, on finira par faire régner la paix sociale. C&rsquo;est ne pas comprendre que dans des systèmes de valeurs qui ne sont pas forcément les nôtres, le compromis peut être perçu comme un signe de faiblesse, toute faiblesse appelant à son tour une offensive nouvelle. Ceux qui prétendent en finir avec notre société ouverte sauront utiliser (et savent déjà) les armes de la démocratie pour en finir avec elle. C&rsquo;est ce qui est en train de se passer aujourd&rsquo;hui avec le «djihad judiciaire» (Brice Couturier) mené tous azimuts par le Collectif contre l&rsquo;islamophobie en France (CCIF) et d&rsquo;autres officines parallèles. La paix sociale s&rsquo;achète rarement par des concessions dictées par la peur. Celui qui craint d&rsquo;affirmer ce qu&rsquo;il est comme s&rsquo;il se sentait illégitime, celui-là a perdu la guerre avant même que de l&rsquo;avoir livrée. C&rsquo;est ce que les islamistes ont compris qui voient la société française, et l&rsquo;Occident en général, comme un «ventre mou», un espace sans défense intellectuelle, bref une terre de conquête.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Alexandre Devecchio &#8211;  Les politiques et les médias se taisent, mais les citoyens aussi&#8230;</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Georges Bensoussan &#8211; Ces dix-huit mois d&rsquo;enquête nous ont montré combien la peur avait envahi les esprits: l&rsquo;immense majorité des témoignages a été recueillie sous pseudonyme. On le comprend pour les fonctionnaires d&rsquo;autorité, mais d&rsquo;autres, qui ne sont pas tenus à ce devoir de réserve, ont préféré l&rsquo;anonymat. Il y a là un premier motif, c&rsquo;est la crainte de représailles physiques, laquelle n&rsquo;a rien d&rsquo;un fantasme: 238 morts en dix-huit mois sont là pour le montrer. Joue en second lieu ce terrorisme intellectuel évoqué plus haut, exercé par cette coterie médiatico-intellectuelle convaincue qu&rsquo;elle représente le «camp du bien» comme disait Pierre-André Taguieff, qui toise avec mépris (et souvent s&rsquo;agit-il d&rsquo;un mépris de classe «étonnant» chez des «gens de gauche»&#8230;) ce qui s&rsquo;oppose à lui, qualifiant les thèses adverses de «simplistes», «racistes» et forcément «nauséabondes»&#8230; Au bout du réquisitoire, plane sur le malpensant l&rsquo;accusation suprême qui relègue au ban de la société: le racisme. C&rsquo;est en ce sens que l&rsquo;antiracisme a été instrumentalisé, tout comme le nécessaire combat de l&rsquo;antifascisme: il a concouru à faire taire la majorité du peuple français.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Alexandre Devecchio &#8211;  Les victimes de l&rsquo;islamisme sont-elles abandonnées, voire mises enaccusation par leur hiérarchie?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Georges Bensoussan &#8211; A certains égards, elles se sentent abandonnées et elles le disent ici. Non qu&rsquo;on leur donne tort sur un plan intellectuel d&rsquo;ailleurs, simplement ont-elles le tort d&rsquo;induire une situation conflictuelle. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on craint à tous les niveaux de la hiérarchie où tout, semble-t-il, paraît préférable à l&rsquo;affrontement ouvert.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elisabeth Badinter dans la préface du livre n&rsquo;hésite pas à parler de «collaboration par antiracisme». Le mot est fort, en effet, et chez un esprit aussi délié et puissant qu&rsquo;Elisabeth Badinter, il est pensé. Ce n&rsquo;est pas là le fruit de l&rsquo;émotion. Ce mot met en lumière combien l&rsquo;antiracisme, ce combat légitime, a été progressivement dévoyé en religion de l&rsquo;antiracisme, voire en instrument d&rsquo;un terrorisme intellectuel devenu aujourd&rsquo;hui le meilleur vecteur du nouvel antisémitisme, celui de ces officines organisatrices du «camp décolonial» de l&rsquo;été 2016, subtilement interdit aux Blancs, et publiant des libelles racistes sans que la justice s&rsquo;en préoccupe.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais ce que Elisabeth Badinter entend par «collaboration» est plus important encore: elle veut dire que l&rsquo;antiracisme, dévoyé, a fini par cautionner le pouvoir des oppresseurs, et donc à collaborer avec ceux qui entendent en finir avec notre société ouverte issue des Lumières. Au même titre que le pacifisme de l&rsquo;entre-deux-guerres, un combat lui aussi légitime après le carnage de la Grande Guerre, a fini en «pacifisme à tout prix», lequel, à son corps défendant, a fini par collaborer avec l&rsquo;ennemi nazi. Le pacifisme, il faut le rappeler, fut l&rsquo;une des racines principales de la Collaboration, un pacifisme inconditionnel (d&rsquo;une certaine façon, ce fut celui de Jean Giono) qui a conduit aux pires errements politiques. Pour éviter le mal absolu de la guerre, il a facilité le chemin plus terrifiant encore de la guerre totale et de la barbarie hitlérienne. A cet égard, le parallèle est frappant entre l&rsquo;actuel dévoiement de l&rsquo;antiracisme et le dévoiement passé du pacifisme.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Enjeux internationaux Comment se positionnent François Fillon et Alain Juppé sur les différentes crises au Moyen-Orient ?</title>
		<link>https://elnetwork.fr/vie-politique-francaise/enjeux-internationaux-comment-se-positionnent-francois-fillon-et-alain-juppe-sur-les-differentes-crises-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2016 18:16:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet de campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>François Fillon et Alain Juppé sont sortis vainqueurs du premier tour de la primaire de la droite et du centre dimanche 20 novembre, le premier avec 44,2% des suffrages, le deuxième avec 28,3%. Si leurs programmes économiques ne se distinguent que par peu d’éléments, leur vision de la politique étrangère et du rôle de la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon et Alain Juppé sont sortis vainqueurs du premier tour de la primaire de la droite et du centre dimanche 20 novembre, le premier avec 44,2% des suffrages, le deuxième avec 28,3%. Si leurs programmes économiques ne se distinguent que par peu d’éléments, leur vision de la politique étrangère et du rôle de la France divergent sur plusieurs aspects.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tous deux revendiquent un héritage gaulliste et professent le même attachement à l’indépendance du pays, à sa force nucléaire comme à son appartenance à l’OTAN, à l’Union européenne et à la zone euro. Les deux anciens chefs de gouvernement ont approuvé la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN en 2009. Toutefois, ils ont une une approche sensiblement différente concernant les défis à relever pour l’Union européenne. Chiraquien, Alain Juppé affirme la nécessité des interventions militaires au nom de l’humanitaire. Européen convaincu, il s’inquiète des risques de « dislocation » de l’UE. François Fillon quant à lui, appelle « à bâtir une nouvelle Europe plus respectueuse des nations ». Il insiste notamment sur l’intergouvernemental et les coopérations bilatérales.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Comment évaluent-ils la situation au Moyen-Orient ? Quelle est leur position sur le conflit israélo-palestinien ? Quel rôle pour la France dans la région ? Tant de questions qui préoccupent ELNET, think tank du dialogue stratégique entre la France et Israël.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous proposons ci-dessous une synthèse de leur vision des problématiques au Moyen-Orient par thématique.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur l’islamisme et le terrorisme</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Invité à se prononcer sur les questions internationales lors des débats télévisés, François Fillon a dénoncé « <em>la montée d&rsquo;un phénomène totalitaire </em>», en référence à l&rsquo;islamisme radicale, qui se traduit par « <em>l&rsquo;émergence d&rsquo;un mouvement politique qui fait peser une menace sur la paix mondiale, qui a des tentations génocidaires, et qui veut massacrer les Chrétiens d&rsquo;Orient et expulser les Juifs d&rsquo;Israël. </em>» Dans un entretien accordé au Figaro le 13 octobre dernier, il déclarait : « <em>Il y a une montée de l&rsquo;intégrisme musulman dans la société française. Mais c&rsquo;est au commanditaire qu&rsquo;il faut s&rsquo;attaquer, celui qui entraîne, qui fixe des objectifs, qui dissémine son idéologie mortelle. </em>»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">S’agissant des moyens de lutte contre le terrorisme, François Fillon s’est prononcé pour l’expulsion des « <em>individus dans la mouvance terroriste</em> », quand Alain Juppé prônait l’assignation à résidence des fichés S jugés dangereux. Le premier souhaite empêcher les djihadistes partis combattre en Syrie de revenir en France, quand le second privilégie leur arrestation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si Alain Juppé s’est prononcé pour une restriction du droit du sol, qui serait conditionné à la régularité du séjour d’au moins un des deux parents au moment de la naissance, il peine à nommer la menace islamiste. Dans son discours sur les « enjeux internationaux » du 17 octobre dernier, il évoque le « terrorisme international » comme sa priorité, or, le terrorisme est un moyen d’action, non une idéologie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans un ouvrage collectif paru en 2014 intitulé <em>Les 12 travaux de l’opposition</em>, le maire de Bordeaux forgeait son concept « d’identité heureuse », allant même jusqu’à recommander des « accommodements raisonnables » avec l’islam ce qui lui a valu d’être vivement critiqué par nombre de personnalités politiques dont Nicolas Sarkozy.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon quant à lui, bien que dénonçant avec force l’islamisme comme le fléau de notre société, a élaboré un parallèle historiquement faux avec la communauté juive qui aurait, selon lui, été récalcitrante à se soumettre aux lois de la République : « <em>ll faut combattre cet intégrisme, et il faut le combattre comme d’ailleurs dans le passé je le rappelle on a combattu une forme d’intégrisme catholique ou comme on a combattu la volonté des Juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la république française </em>».</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur la Russie et la Syrie</em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les deux candidats s’opposent nettement sur le conflit syrien et en général sur ce que devrait être la politique française au Moyen-Orient.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alain Juppé a lui mis en garde contre le rôle extrêmement dangereux de l&rsquo;Iran dans la région, « <em>qui soutient au Liban le Hezbollah qui envoie ses roquettes sur Israël </em>». Il reconnaît la nécessité d’un dialogue politique avec la Russie tout en l’appelant « <em>à tourner la page de l’après-Guerre froide</em> » et « <em>à respecter les accords internationaux</em> », faisant ainsi référence à l’annexion par la force de la Crimée au printemps 2014, la première en Europe depuis la fin de deuxième guerre mondiale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon est favorable à un rapprochement stratégique avec la Russie et la Syrie. Il souhaite lever l’embargo imposé à Moscou après l’annexion de la Crimée et coopérer avec le Kremlin sur la question syrienne. Il prône aussi une alliance avec Bachar Al-Assad et une coalition avec la Russie pour éradiquer l’organisation Etat islamique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alain Juppé, bien que favorable au dialogue avec Moscou, est très critique vis-à-vis de la Russie à laquelle il reproche ses bombardements sur Alep et son alliance avec le régime de Bachar Al-Assad. Il s’oppose par ailleurs à une intervention militaire au sol en Syrie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon estime que Bachar el-Assad peut rester au pouvoir : « <em>si Bachar el-Assad est encore au pouvoir, c&rsquo;est qu&rsquo;il a un soutien populaire </em>». « <em>Il n&rsquo;y a pas, à l&rsquo;heure actuelle, d&rsquo;autre alternative politique dans le pays. Si Bachar el-Assad s&rsquo;en va, il y aura les islamistes, il y aura les Frères musulmans. </em>»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon demande une « <em>coalition avec les Russes</em> », à un moment où « <em>l’Amérique et la Russie se réconcilient par-dessus nos têtes </em>», et ce afin de faire face à la « <em>menace mondiale</em> » que fait peser l’organisation Etat islamique.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur Israël</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En 2014, François Fillon avait accusé Israël de menacer la paix mondiale en retardant la création d’un État palestinien. Un an plus tard, l’ancien Premier ministre avait appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël pour parvenir à un règlement du conflit israélo-palestinien. En novembre 2015, il défend l’étiquetage des produits israéliens des localités juives de Cisjordanie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un revirement intervient cependant en février 2016 où il affirme alors « <em>n’avoir pas de leçon à donner à Israël </em>» et se prononce finalement contre l’étiquetage des produits israéliens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un mois plus tard, en Iran, François Fillon a rappelé « <em>la position de la France vis-à-vis de son alliée, Israël, qui a droit à la sécurité et dont l’existence ne peut être mise en cause. Sans cela, les palestiniens ne pourront faire prévaloir leur droit légitime à un Etat</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Lors du troisième et dernier débat de la primaire de la droite, François Fillon a affirmé que Daech a pour objectif de « <em>mettre les Juifs hors d’Israël</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En juillet 2011, Alain Juppé a émis des réserves sur la formule « Etat Juif » et a indiqué qu’aujourd’hui en Israël, « <em>il y a des Juifs mais aussi des Arabes</em> ». S’il considère que la sécurité d’Israël n’est pas négociable, il souhaite que les discussions pour une négociation politique permettant la coexistence de deux Etats vivant pacifiquement côte à côte reprennent. Dans son discours de campagne sur les « Enjeux internationaux », il a affirmé que l’éradication définitive du terrorisme au Moyen-Orient passe par le règlement de la question israélo-palestinienne.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur la création d’un Etat palestinien</em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les deux candidats à la présidence de la république s’inscrivent sur ce point dans la continuité de la diplomatie française, depuis vingt ans, sur la solution à deux Etats, c’est-à-dire l’importance d’un Etat palestinien pleinement reconnu, dans des frontières viables, aux côtés d’un Etat israélien bénéficiant d’une totale sécurité. C’était aussi la position du président Hollande, comme avant celle de Nicolas Sarkozy, en somme, une constante de la position française selon laquelle ne pourrait y avoir de stabilité au Proche-Orient, déjà en plein chaos, sans une solution du conflit israélo-palestinien.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Invité de BFM TV en novembre 2014, l’ancien ministre des Affaires étrangères a ainsi déclaré qu’une reconnaissance de la Palestine, non pas par la France toute seule mais par l’ensemble des pays européen, « serait bienvenue » : « <em>Je pense qu’une décision conjointe des pays de l’Union européenne reconnaissant l’Etat de Palestine serait aujourd’hui la bienvenue</em> ». Il s’est ensuite félicité d’avoir poussé en faveur de l’entrée de la Palestine à l’UNECO. « <em>J’ai été l’un de ceux qui a poussé pour que l’Etat de Palestine entre en tant que tel à l’UNESCO</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon a déclaré à ELNET : « <em>Les Palestiniens ont légitimement droit à un Etat. Israël doit également voir respecter son intégrité territoriale et sa sécurité. Les négociations menées depuis quelques années ont été un échec. L’idée d’organiser une conférence sur la paix à Paris sans les parties au conflit n’avait aucun sens. Je suis contre une reconnaissance unilatérale mais pour le dialogue et la volonté commune de parvenir à une solution territoriale</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur l’alliance avec les pays du Golfe</em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Concernant l’alliance avec les pays du Golfe, François Fillon estime que les partenaires arabes de la France doivent clarifier leurs positions. Il n’est pas possible d’un côté que ces Etats nous soutiennent officiellement lorsque nous intervenons au Moyen-Orient et d’un autre coté ferment les yeux sur les financements privés qui alimentent le flot des fondamentalistes. Alain Juppé quant lui considère l’Arabie Saoudite comme interlocuteur du jeu régional au Moyen-Orient. Pour autant, elle doit se comporter comme un acteur régional responsable. Prône un dialogue politique respectueux mais très exigeant.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur la relation transatlantique </em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si François Fillon a soutenu la candidate démocrate Hilary Clinton, il ne redoute pas pour autant l&rsquo;arrivée au pouvoir de Donald Trump. Il a ainsi déclaré : « <em>Ce n&rsquo;est pas la première fois qu&rsquo;il y a un président américain élu un peu original. On a eu Ronald Reagan (1981-1989) dont on disait à peu près la même chose », </em>ajoutant qu&rsquo;il ne faut<em> « surtout pas qu&rsquo;on en tire des conséquences comme le font tous les hommes politiques français, absolument stupides</em> ». A la question « <em>Redoutez-vous une alliance Poutine-Trump</em> <em>?</em> », il a répondu : « <em>Non seulement je ne la redoute pas, mais je la souhaite </em>».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alain Juppé de son côté met en avant « <em>l’alliance transatlantique avec les Etats-Unis, qui demeure irremplaçable car nous partageons des valeurs et des intérêts communs </em>», alors qu’il s’est pourtant longtemps interrogé sur la nécessité du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Il s’inquiète cependant d’un éventuel protectionnisme «  <em>un danger tant économique que politique </em>», selon ses dires. Concernant l’élection de Donald Trump, il a déclaré: « <em>Ce que je sais, c&rsquo;est qu&rsquo;il y aura une politique commerciale agressive. Donc, nous devrons être agressifs, nous aussi</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">***</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour la première fois dans une primaire, les questions de politique étrangère, qui interagissent plus que jamais avec la politique intérieure, vont jouer un rôle déterminant dans le choix du candidat de la droite. L’un et l’autre veulent rendre à nouveau audible la voix de la France sur la scène internationale mais les moyens qu’ils souhaitent mettre en œuvre pour atteindre cet objectif divergent. Reste aux Français de décider qui selon eux sera le plus compétent.</span></p>
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		<title>Dossier complet: Ce qu’il faut retenir du vote sur Jérusalem à l’UNESCO.</title>
		<link>https://elnetwork.fr/organisations-internationales/dossier-complet-ce-quil-faut-retenir-du-vote-sur-jerusalem-lunesco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2016 15:23:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Haine des Juifs et d’Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Organisations internationales]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jérusalem]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[UNESCO]]></category>
		<category><![CDATA[ville sainte]]></category>
		<category><![CDATA[Vote]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l’instar des quelques prises de positions courageuses qui ont suivi le vote, la France aurait pourtant du réaffirmer sa position claire sur le sujet.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">  En avril dernier, lorsqu’une première version de la résolution portant sur les lieux saints de Jérusalem a été présentée à l’UNESCO, le choc a été total. Face au vote positif de la France, les réactions ont été nombreuses. Dans la réponse à la lettre (<u>en pièce jointe</u>) que nous avions adressé au Président François Hollande, ce dernier faisait la promesse, comme il l’avait faite ailleurs (interview sur <em>Europe 1</em>, réponses à d’autres lettres qui lui ont été adressées), que la France ne s’engagerait plus pour une résolution qui ne respecterait pas les principes auxquels la France est attachée au sujet de Jérusalem. La teneur du texte ne laissait pourtant lieu à aucun doute. Il s’agissait-là d’une manœuvre à laquelle nous sommes malheureusement désormais habituées aux Nations-Unies : l’utilisation de ses instances par quelques Etats y détenant une majorité facile pour porter haut leur idéologie fanatique et s’acharner contre Israël. Le biais systématique à l’encontre de l’Etat hébreu n’est plus à prouver, le vote à l’UNESCO n’en est qu’une manifestation supplémentaire. Le nombre insensé de résolutions condamnant Israël en comparaison des multiples violations des droits de l’Homme jamais adressées aux Nations-Unies parle de lui-même. Une note stratégique &#8211; « La faillite des organisations internationales » &#8211; que vous trouverez <u>en pièce jointe</u>, est entièrement dédiée à ce sujet.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">           <span style="color: #000000;"> La nouvelle résolution portée au vote à la rentrée, adoptée le 13 octobre, ne diffère guère de la précédente. Seul un paragraphe a été ajouté, qui rappelle « l&rsquo;importance de la Vieille Ville de Jérusalem et de ses remparts pour les trois religions monothéistes », de quoi donner bonne conscience aux vingt-quatre Etats qui ont renouvelé leur vote en faveur de l’indigne résolution (contre seulement six votes contre). Vingt-six Etats se sont abstenus, dont la France : si le passage d&rsquo;un « oui » à une abstention peut être considéré comme une victoire, il demeure invraisemblable que notre gouvernement n’ait que peu d’avis sur un texte si ouvertement révisionniste et anti-israélien &#8211; rappelons qu’Israël n’est désignée que sous l’appellation de « puissance occupante », que seuls les noms arabes des lieux saints de Jérusalem sont utilisés, qu’on oublie de rappeler qu’il n’y a aucune intention israélienne de changer le statut-quo sur le mont du Temple (<u>texte intégral de la résolution en pièce jointe</u>).</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">            A l’instar des quelques prises de positions courageuses qui ont suivi le vote, la France aurait pourtant du réaffirmer sa position claire sur le sujet. Plusieurs hauts responsables des Nations-Unies n’ont d’ailleurs pas hésité à critiquer la résolution : la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a pris ses distances, rappelant que « Jérusalem est la ville du roi David » (<a style="color: #000000;" href="http://www.timesofisrael.com/unesco-chief-pans-member-states-on-anti-israel-jerusalem-resolution/">Times of Israel, 14 octobre 2016</a>) ; le Président du Conseil exécutif a déclaré qu’on ne saurait nier les liens particuliers du judaïsme avec Jérusalem (<a style="color: #000000;" href="http://www.timesofisrael.com/unesco-official-hopes-to-delay-full-vote-on-jerusalem-resolution/">Times of Israel, 14 octobre 2016</a>). Plusieurs Etats sont revenus sur leur décision et ont assuré qu’ils reconsidéreraient leur vote à l’avenir : c’est le cas du Mexique, du Brésil et de l’Italie. Soulignons également le cas de la République tchèque dont la Chambre des députés a unanimement dénoncé la résolution (<a style="color: #000000;" href="http://www.praguemonitor.com/2016/10/20/chamber-deputies-denounces-unesco-jerusalem-resolution?utm_content=buffere7718&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=twitter.com&amp;utm_campaign=buffer">Prague Monitor Daily, 20 octobre 2016</a>). Ces clarifications sont impératives et sont celles qui auraient du et devraient à l’avenir guider le comportement et le vote des Etats démocratiques au sein même des Nations-Unies, et plus seulement une fois leur vote enregistré. C’est le sens de la seconde lettre que nous avons adressée au Président (<u>en pièce jointe</u>).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">            Prenons conscience que nous vivons un moment historique unique. Si le vote de résolutions anti-israéliennes à l’ONU n’est décidément plus surprenant, la nature particulière des résolutions votées à l’UNESCO doit nous interpeler car elles interviennent dans un contexte géopolitique précis et très inquiétant. De Mossoul à Palmyre en passant par Nimroud et Hatra, les soldats de l’islam radical s’efforcent de détruire l’Histoire et le patrimoine de notre civilisation. Les nombreuses tribunes publiées dans la presse pour fustiger les différents votes (quelques exemples  <a style="color: #000000;" href="http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0211456495921-quand-lunesco-sautodetruit-2040297.php#xtor=CS1-1">ici</a>,<u> </u><a style="color: #000000;" href="http://www.huffingtonpost.fr/ben-dror-yemini/la-france-a-lunesco-lepreuve-de-verite/?utm_hp_ref=fr-">ici</a><u>, </u><a style="color: #000000;" href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/10/17/31002-20161017ARTFIG00103-jerusalem-quand-l-unesco-devient-l-enceinte-d-une-scandaleuse-reecriture-de-l-histoire.php">ici</a><u>et </u><a style="color: #000000;" href="http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/10/24/tzipi-livni-la-resolution-de-l-unesco-sur-jerusalem-remet-en-cause-un-statu-quo-historique_5019098_3232.html">ici</a>) ne l’ont que trop rappelé : ces résolutions votées à l’UNESCO, parce qu’elles s’appliquent à effacer les liens du judaïsme et donc du christianisme avec Jérusalem, participent du même mouvement dévastateur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">  </span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En laissant si facilement des Etats non-démocratiques réunir une majorité, nous participons au sabotage du travail et de la crédibilité des instances onusiennes, nous les encourageons à poursuivre dans la même voie. Ainsi le Comité pour l’héritage mondial de l’UNESCO vient de voter (26 octobre) un texte similaire à la précédente résolution, celle-ci portant sur le statut de Jérusalem-Est. Les délégations palestinienne et jordanienne auraient d’ailleurs envoyé une lettre aux Etats votant, les exhortant de faire adopter la nouvelle résolution, faute de quoi ils initieraient davantage de résolutions extrêmes et anti-israéliennes, discréditant davantage encore les organisations internationales concernées (<a style="color: #000000;" href="http://www.timesofisrael.com/palestinians-threaten-unesco-members-over-upcoming-jerusalem-vote/">Times of Israel, 25 octobre 2016</a>).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Au lieu de porter leur concours ou du moins un accord tacite à des textes mensongers et pétris d’idéologie, les pays démocratiques doivent prendre conscience qu’Israël est aujourd’hui le seul pays du Moyen-Orient à défendre et respecter nos valeurs. C’est également le seul pays de la région à respecter tous les cultes de la même manière. Le combat que nous menons contre Daesh en Iraq et en Syrie, contre l’islamisme en Europe et notamment en France, où les attaques terroristes à répétition ont profondément meurtri notre société ces dernières années, est le même que celui que mène Israël. </span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Comme l’a déclaré le Premier Ministre italien Matteo Renzi,  « on ne peut pas continuer avec ces motions visant à attaquer Israël (&#8230;) c&rsquo;est incompréhensible et inacceptable, c&rsquo;est une erreur » : à l’UNESCO comme dans nombre d’instances onusiennes dont nous connaissons depuis des années le biais systématique à l’encontre de l’Etat hébreu, les Etats démocratiques doivent prendre des positions fortes. Il est temps que nos responsables politiques se saisissent véritablement de la question du traitement équitable d’Israël aux  Nations-Unies.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans le contexte global auquel nous faisons face, l’indifférence n’est plus de mise. Il est urgent de réaffirmer nos positions sur des sujets comme celui de Jérusalem, sujet d’autant plus essentiel qu’il est au fondement de ce que nous sommes et des valeurs que nous défendons. L’année 2017 nous offre les occasions rêvées de le faire: nous fêterons le cinquantième anniversaire de la réunification de Jérusalem, le 120<sup>ème</sup> anniversaire du premier congrès sioniste de Bâle et le soixante-dixième anniversaire de la résolution 181 du Plan de partage de l’ONU. L’histoire du peuple juif et de la légitimité d’Israël se réinvitent au cœur du débat politique et diplomatique et nous devrons à la fois redoubler d’efforts et de vigilance. Il va sans dire que nos détracteurs se saisiront de ces événements comme autant de tentatives pour réécrire l’Histoire. ELNET sera au rendez-vous pour mener le combat de la justice et la vérité : nous nous engageons à mener les actions nécessaires pour accompagner le sursaut politique et diplomatique que nous appelons ici de nos vœux.</span></p>
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		<title>Les colons, la bombe à retardement d’Israël</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/les-colons-la-bombe-retardement-disrael/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2016 10:10:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
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		<category><![CDATA[arabes israéliens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce problème, devenu inextricable, est le fruit du travail patient et opiniâtre d’une minorité active, les tenants d’un Grand Israël dont les frontières seraient définies par la Bible et non par le droit international, depuis bientôt un demi-siècle.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">LE MONDE | Par Christophe Ayad </span></h6>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est une bombe à retardement plantée au cœur du Proche-Orient. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les colonies – ou implantations, ici le vocabulaire n’est pas qu’une question de style – israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sont aujourd’hui le principal obstacle à un accord de paix au Proche-Orient et à la naissance d’un Etat palestinien viable à côté d’Israël. Ce problème, devenu inextricable, est le fruit du travail patient et opiniâtre d’une minorité active, les tenants d’un Grand Israël dont les frontières seraient définies par la Bible et non par le droit international, depuis bientôt un demi-siècle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les Colons, l’exceptionnel documentaire en deux parties de Shimon Dotan, retrace l’épopée qui a vu, de 1967 à aujourd’hui, s’installer 400 000 Israéliens au milieu de 2,7 millions de Palestiniens de Cisjordanie – la Judée-Samarie, comme la surnomment les colons – effaçant la Ligne verte et toute idée de séparation territoriale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A l’origine de ce bouleversement géostratégique, le courant religieux sioniste du rabbin Zvi Yehouda Kook, fils du premier grand rabbin d’Israël, Abraham Isaac Kook. Moshe Levinger, membre fondateur du Goush Emounim (Bloc de la Foi), est le représentant le plus actif et le plus emblématique de ce courant, qui a réussi la fusion explosive entre le nationalisme territorial et le messianisme juif.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le massacre du paysage</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mort en 2015, le rabbin Levinger est à l’origine de la colonisation d’Hébron, l’un des trois lieux les plus révérés du judaïsme avec le mont du Temple à Jérusalem et la tombe de Joseph à Naplouse. C’est lui qui, à la tête d’un petit groupe d’activistes se faisant passer pour des touristes, a occupé le Park Hotel à l’occasion de la Pâque juive en 1968.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le film raconte en détail les étapes de l’installation des colons dans la ville palestinienne qui abrite les tombes d’Adam, Abraham, Isaac et Jacob, notamment la façon dont une mère de famille a transformé l’inhumation de son nourrisson dans la vieille ville en fait accompli. Hébron, encore, où vivait Baruch Goldstein, le colon ayant assassiné une trentaine de musulmans en prière au Caveau des Patriarches en plein ramadan 1994 pour faire capoter les accords de paix d’Oslo.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Entre le gouvernement et le Goush Emounim, les relations n’ont jamais été claires. Tantôt connivent, comme à l’époque où Ariel Sharon et Menahem Begin ont été au pouvoir, tantôt hostile, comme au temps où Yitzhak Rabin a été premier ministre, l’Etat d’Israël n’a jamais désavoué ses « enfants terribles ». Au contraire, il dépense sans compter pour assurer leur sécurité, leur bien-être et leur transport. Il faut entendre Rabin tonner, de sa voix d’outre-tombe, contre le Goush Emounim, « un cancer qui ronge la démocratie israélienne », dès 1975. Deux décennies plus tard, il était assassiné par un extrémiste juif, Ygal Amir.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">À bien des égards, la stratégie des colons et celle de l’Etat d’Israël se rejoignent : couper les communications entre les villages palestiniens, encercler les villes, voire s’installer en leur cœur pour y assurer une présence militaire. Le réseau de routes, de ponts et de tunnels – sans compter les murs – tracés pour protéger les colons de tout contact avec la population palestinienne est un carcan destiné à étouffer la Cisjordanie et à la découper en autant de petites enclaves. Le film de</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Shimon Dotan montre également le massacre du paysage engendré par la colonisation. Les oliviers sont arrachés, les collines arasées pour laisser place à des « gated communities » (quartiers enclos) à l’américaine avec toiles en tuiles orange et shopping malls.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Menace</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce « développement séparé » et une mise en œuvre arbitraire du droit ont engendré un apartheid, que déplore même une femme colon, au grand dam de ses convives, qui lui intiment l’ordre de se taire. Ironie de la situation : ces quartiers qui leur sont interdits sont construits par des ouvriers palestiniens ; et ce sont des Palestiniens qui travaillent dans les usines installées en territoires occupés ou qui cultivent les champs des colons.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aux colonies, déjà illégales au regard des conventions de Genève mais considérées comme pérennes, s’ajoutent les avant-postes, souvent tenus par « les jeunes des collines », dont le porte-parole tient un discours ouvertement raciste et hégémonique, revendiquant un Grand Israël qui irait du Nil à l’Euphrate. Encouragée, voire rejointe, par des fidèles des Eglises évangéliques américaines, cette frange extrémiste des colons dispose désormais de soutiens au sommet du pouvoir, à l’instar de Naftali Bennett, ministre et chef du Foyer juif, un parti d’extrême droite, venu fêter ouvertement l’anniversaire d’un avant-poste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, les colonies ne sont pas seulement une menace pour la paix mais aussi pour Israël lui-</span><br />
<span style="color: #000000;">même. Le refus d’Israël de tracer ses frontières le conduit à garder sous domination une population palestinienne qui, immanquablement, dépassera les juifs en nombre : maintenir des droits égaux reviendra à renoncer au caractère juif d’Israël, garder les Palestiniens sous occupation entraînera la fin de la démocratie&#8230;</span></p>
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		<title>La conversion d&#8217;un hooligan israélien à la coexistence avec les Arabes</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/conversion-dun-hooligan-israelien-la-coexistence-avec-les-arabes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2016 09:56:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflit israélo-palestinien]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
		<category><![CDATA[arabes israéliens]]></category>
		<category><![CDATA[Betah]]></category>
		<category><![CDATA[extreme-droite]]></category>
		<category><![CDATA[israéliens]]></category>
		<category><![CDATA[Jérusalem]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ancien nervi d'extrême droite, David Mizrahi est devenu un symbole de la tolérance dans un pays hanté par des décennies de défiance entre Juifs et Arabes.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h6 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par Cyrille Louis &#8211; Correspondant à Jérusalem pour le Figaro</span></h6>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ancien nervi d&rsquo;extrême droite, David Mizrahi est devenu un symbole de la tolérance dans un pays hanté par des décennies de défiance entre Juifs et Arabes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Une douceur inattendue flotte dans le regard de David Mizrahi. L&rsquo;ancien nervi d&rsquo;extrême droite qui, il y a deux ans encore, entonnait des chants haineux dans les tribunes du Beitar Jérusalem , n&rsquo;a plus vraiment le profil de l&#8217;emploi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pantalon turquoise, chemise rayée et mocassins de cuir, il raconte sa «nouvelle vie» d&rsquo;une voix fébrile et chargée d&rsquo;émotion. Après une décennie passée dans les rangs d&rsquo;un club de supporteurs réputé pour son racisme antiarabe et son ultraviolence, «Dudi» en a brusquement claqué la porte à l&rsquo;automne 2014. «J&rsquo;ai euune révélation», sourit-il, comme pour s&rsquo;excuser de ce récit aux accents de conte de fées. Le jeune homme, décidé à racheter ses erreurs, consacre désormais l&rsquo;essentiel de son temps à prêcher la tolérance et à défendre la coexistence entre Juifs et Arabes. «Je me suis débarrassé de mes préjugés», a-t-il annoncé fin août sur son compte Facebook, déchaînant soudain la curiosité des médias.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Car Dudi Mizrahi, s&rsquo;il n&rsquo;a que 27 ans, n&rsquo;est pas tout à fait un inconnu. Le public israélien a découvert son visage mat et sa calvitie naissante un jour de décembre 2013, lorsque la deuxième chaîne de télévision a diffusé un reportage sidérant sur sa rencontre avec un joueur arabe du club de Bnei Sakhnine. Le producteur de l&rsquo;émission, inspiré par la mode de la téléréalité, espérait sans doute susciter un dialogue fécond entre le supporteur raciste et l&rsquo;attaquant Mohammad Ghadir. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais le projet tourna court, torpillé par les préjugés de Dudi. À peine arrivé chez son hôte, celui-ci refusa de lui serrer la main et multiplia les provocations. «C&rsquo;est très dur pour moi d&rsquo;accepter qu&rsquo;il y ait un club arabe en première division», admit-il avec une sincérité désarmante sous le regard navré du jeune footballeur, qui multipliait  pourtant les efforts pour briser la glace. «Vous êtes tout juste bons à construire des maisons ou à paver des routes», lui lança-t-il encore, confiant au passage qu&rsquo;il ne s&rsquo;intéressait guère aux résultats de l&rsquo;équipe nationale d&rsquo;Israël «parce qu&rsquo;elle compte des joueurs arabes dans ses rangs». «Cette terre est à nous, les Juifs», asséna-t-il finalement sur la route qui conduit au stade de Sakhnine, avant d&rsquo;encourager son interlocuteur médusé à quitter Israël «pour un autre pays comme la Jordanie, la Syrie ou l&rsquo;Arabie saoudite&#8230;». «J&rsquo;étais venu uniquement pour l&rsquo;humilier, admet a posteriori David Mizrahi, et ce jour restera gravé comme l&rsquo;un des plus sombres de ma vie.»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Graine de bitume, Dudi a poussé comme il a pu dans un quartier populaire de Jérusalem tandis que ses parents, Juifs d&rsquo;origine irakienne, peinaient à joindre les deux bouts. À 12 ans à peine, le gamin vend des légumes au «shouk» de Mahane Yehuda et traîne ses guêtres aux abords du stade Teddy-Kolleck. Quelques mois plus tard, il s&rsquo;achète son premier billet pour un match du Beitar. «Je n&rsquo;oublierai jamais ce que j&rsquo;ai éprouvé en pénétrant dans les tribunes, raconte-t-il, comme encore ivre de cet instant. Moi qui me sentais si seul, j&rsquo;ai soudain découvert une euphorie et une chaleur humaine dont je n&rsquo;osais rêver.» Cette famille d&rsquo;adoption l&rsquo;accueille à bras ouverts, trop heureuse de lui inculquer la passion du maillot, la fierté d&rsquo;être juif et la détestation des Arabes. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Avec l&rsquo;ardeur du nouveau converti, David Mizrahi escamote l&rsquo;argent de son père pour faire tatouer sur ses épaules la devise du Beitar &#8211; «Je suis né pour toi et je mourrai pour toi». En 2005, il participe à la création du club de supporteurs La Familia et contribue avec zèle à façonner sa sinistre réputation. Les bagarres avec les supporteurs rivaux, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des «gauchistes» du HaPoel Tel-Aviv ou des «Arabes» du Bnei Sakhnine, s&rsquo;enchaînent au fil des saisons. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans les tribunes de Jérusalem, on s&rsquo;habitue à entendre scander «Le mont du Temple nous appartient» ou «Mahomet est mort». Cette haine, encouragée par les chefs de file de l&rsquo;extrême droite kahaniste, mijote alors sur les braises fumantes de la seconde intifada. «J&rsquo;ai grandi au son des attentats suicides avec l&rsquo;idée que tous les Arabes étaient des terroristes», explique Dudi Mizrahi, qui dit avoir perdu en 2002 un ami proche dans l&rsquo;explosion d&rsquo;un bus. Résolus à «venger» les victimes du terrorisme palestinien, le jeune homme et certains de ses camarades au sein de La Familia arpenteront désormais, à chaque regain de tension, le centre de Jérusalem «pour casser des Arabes». Plusieurs fois arrêté, il devient l&rsquo;une des figures de proue du groupuscule raciste. «Plus je faisais de bêtises et plus les gens m&rsquo;admiraient», constate-t-il. Mais cette fuite en avant finit par s&rsquo;interrompre lorsque le hooligan et ses amis, exaspérés par le recrutement de deux joueurs tchétchènes, retournent leur colère contre le Beitar. «Jamais depuis sa création en 1936 notre club n&rsquo;avait embauché un joueur musulman, soupire-t-il.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous avons commencé par les harceler et les attaquer physiquement, puis nous nous en sommes pris aux dirigeants, si bien que ceux-ci ont déposé plainte. Un jour d&rsquo;octobre 2014, j&rsquo;ai été condamné à payer 380.000 shekels (environ 80.000 euros) de dommages et intérêts. Ma femme m&rsquo;a quitté, je me suis retrouvé seul et j&rsquo;ai soudain réalisé que j&rsquo;étais complètement parti à la dérive. C&rsquo;est alors que j&rsquo;ai entrepris de changer de vie&#8230;»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Conscient de la singularité de son parcours, ainsi de sa dimension emblématique dans un pays hanté par des décennies de défiance entre Juifs et Arabes, David Mizrahi sculpte avec soin chaque détail de la légende. Sa métamorphose, dit-il, s&rsquo;est précipitée alors qu&rsquo;il travaillait dans une usine d&#8217;emballage de dattes située dans la colonie de Maale Efraim, au cœur de la vallée du Jourdain. «J&rsquo;y ai sympathisé avec un ouvrier de Naplouse qui passait chaque jour plus de cinq heures sur la route pour gagner 70 shekels (environ 15 euros), raconte le hooligan en voie de reconversion, alors que les employés juifs étaient payés le double.» «Scandalisé», Dudi entreprend alors d&rsquo;aller à la rencontre des enfants israéliens pour leur enseigner la tolérance et l&rsquo;ouverture aux autres. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Quelques écoles, puis des hôpitaux et des universités acceptent de lui ouvrir leurs portes. «C&rsquo;est incroyablement édifiant d&rsquo;entendre cet ancien fanatique nous expliquer  qu&rsquo;on peut revenir d&rsquo;aussi loin. Nous en avons tous retiré beaucoup de force et d&rsquo;espoir pour l&rsquo;avenir», commente Noam Sonenberg, doctorant en philosophie, qui a organisé au printemps une rencontre avec une soixantaine d&rsquo;étudiants à l&rsquo;Université hébraïque de Jérusalem. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les relations entre la majorité juive et la minorité arabe, qui représente environ 20 % de la population, demeurent en Israël un sujet sensible et controversé. Si les citoyens arabes jouissent de droits individuels équivalents à ceux du reste de la population, d&rsquo;importantes discriminations dans les domaines de l&rsquo;éducation, de l&rsquo;accès à la fonction publique ou de la sécurité témoignent d&rsquo;une fracture persistante. «La question du racisme antiarabe est complexe, observe Mordechai Kremnitzer, vice-président de l&rsquo;Institut israélien pour la démocratie (IDI). Quand on demande aux citoyens juifs s&rsquo;ils acceptent d&rsquo;être soignés ou formés par du personnel arabe, la majorité répond par l&rsquo;affirmative &#8211; ce qui tend à démontrer que le racisme “épidermique” est un phénomène limité. D&rsquo;un autre côté, la persistance d&rsquo;un conflit en apparence insoluble dans lequel les Arabes israéliens sont associés par beaucoup à l&rsquo;ennemi palestinien favorise la défiance et le rejet de l&rsquo;autre.»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Selon une vaste étude conduite l&rsquo;an dernier par l&rsquo;IDI, 42 % des Juifs israéliens estiment que leurs compatriotes arabes ne se sont pas réconciliés avec l&rsquo;existence de l&rsquo;État hébreu, 39 % jugent qu&rsquo;ils posent un risque sécuritaire et 37 % souhaiteraient que leur émigration vers d&rsquo;autres pays soit encouragée. Certains hommes politiques ont pris l&rsquo;habitude d&rsquo;instrumentaliser ces réflexes pour fédérer l&rsquo;électorat juif en leur faveur. Ce fut notamment le cas de Benyamin lorsque, au printemps 2015, il appela ses partisans à se mobiliser pour faire pièce aux «hordes d&rsquo;électeurs arabes avant de présenter à ces derniers ses excuses publiques une fois le scrutin remporté.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">«La plupart de nos dirigeants ont besoin de la peur que suscite ce conflit pour se maintenir au pouvoir», déplore Dudi Mizrahi, qui rêve de changer le monde en éduquant les jeunes générations à la paix. Au risque de paraître candide, le jeune homme se dit convaincu que son expérience peut à cet égard faire office d&rsquo;électrochoc. Et qu&rsquo;importe, selon lui si, à gauche comme à droite, beaucoup haussent les épaules ou l&rsquo;accusent de trahison. «Il est bien sûr tentant de réagir avec cynisme et de se moquer de ce garçon parce qu&rsquo;il vient juste de découvrir que les Palestiniens sont des êtres humains &#8211; mais je préfère lui tirer mon chapeau», observe la blogueuse Orly Noy. «Ses mots coulent comme de la pluie», complète joliment Khaneen Moujadli, jeune activiste arabe israélienne qui, après un premier moment de doute, dit aujourd&rsquo;hui croire en sa sincérité. Fin août, la jeune femme a été abasourdie d&rsquo;apprendre que son nouvel ami avait repris contact avec le footballeur arabe qu&rsquo;il avait à l&rsquo;époque si mal traité, afin de lui demander pardon.</span></p>
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