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	<title>médias | ELNET</title>
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		<title>Israël: quand Le Monde oublie d’informer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Mar 2017 09:45:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Gilles-William Goldnadel, avocat Je l’ai écrit mille fois: en matière d’information, la première désinformation, c’est l’occultation. Ou le mensonge par omission. Peu de risques d’être confondu. Sauf lorsqu’on exagère. Et Benjamin Barthe du journal Le Monde, qui fut, il y a longtemps, un journal sérieux, avant qu’il n’exagère, a exagéré. B.B. a publié le 17 mars à 23h53 un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par <a style="color: #000000; text-decoration: underline;" href="http://www.causeur.fr/author/gwgoldnadel">Gilles-William Goldnadel</a>, avocat</span></p>
<p style="text-align: justify;">Je l’ai écrit mille fois: en matière d’information, <a href="http://www.causeur.fr/petition-service-public-pluralisme-information-42584.html" target="_blank" rel="noopener">la première désinformation, c’est l’occultation</a>. Ou <a href="http://www.causeur.fr/conflit-israelo-palestinien-le-csa-recadre-france-inter-41184.html" target="_blank" rel="noopener">le mensonge par omission</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu de risques d’être confondu. Sauf lorsqu’on exagère. Et Benjamin Barthe du <a href="http://www.causeur.fr/macron-minc-le-monde-medias-43145.html" target="_blank" rel="noopener">journal <em>Le Monde</em></a>, qui fut, il y a longtemps, un journal sérieux, avant qu’il n’exagère, a exagéré. B.B. a publié le 17 mars à 23h53 un article intitulé : <em><a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/03/17/sous-la-pression-l-onu-enterre-le-rapport-accusant-israel-d-apartheid_5096546_3218.html" target="_blank" rel="noopener">« Sous la pression, l’ONU enterre le rapport accusant Israël d’apartheid ».</a></em> À sa lecture, on sent bien que Benjamin n’est pas heurté par l’incongruité juridique manifeste du rapport. Et rien qu’à lire le titre, on comprend également que n’étaient les menaces de Trump et de Netanyahou, l’ONU aurait dû publier ce rapport objectif comme il en a publié tant d’autres pour flétrir Israël. Voilà ce qui doit heurter. Les lecteurs égarés du journal l’ont d’ailleurs signifié vertement dans leurs commentaires en condamnant l’infâme censure ainsi exercée.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Le sulfureux monsieur Falk</h3>
<p style="text-align: justify;">Mais trêve de persiflage. Venons-en aux faits ou plutôt à ceux qui sont soigneusement dissimulés. Selon B. Barthe, Richard Falk et Virginia Tilley, les deux auteurs du rapport de cette sous-commission économique régionale onusienne<sup class="footnote"><a id="fnref-43324-1" class="scrollto" href="http://www.causeur.fr/israel-onu-le-monde-desinformation-43324.html#fn-43324-1">1</a></sup> qui a pris sans qu’on lui demande l’initiative de rapporter, seraient <em>« des spécialistes du droit international »</em>. Rien de plus. Certes, le fait que ces deux éminences préconisent dans leur rapport de s’en remettre <a href="https://francais.rt.com/international/30418-bds-angela-merkel-israel-antisemite" target="_blank" rel="noopener">aux boycotteurs antisionistes du BDS</a> laissent à penser que nous n’avons pas seulement affaire à de purs esprits scientifiques. Mais un journaliste aspirant à la crédibilité minimale aurait dû se faire devoir d’édifier son lecteur sur le cas exceptionnellement extravagant de Richard Falk qui avait à de très nombreuses  et scandaleuses reprises défrayé la chronique.</p>
<p style="text-align: justify;">Histoire de mettre en perspective le rapport et expliquer son funeste destin. Pour faire bref, et pallier la carence cruelle du journaliste oublieux, je rappellerai donc, qu’entre autres titres de gloire, ce « spécialiste du droit international » a :</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; blâmé les États-Unis pour l’attaque du 11 septembre 2001.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; fait le lien entre l’attentat  du marathon de Boston et la politique des États-Unis au Proche-Orient.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; comparé les Israéliens aux nazis.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; critiqué ceux qui considéraient l’ayatollah Khomeiny comme un réactionnaire fanatique.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Et Decodex dans tout ça?</h3>
<p style="text-align: justify;">Les lecteurs du journal <em>Algemeiner</em> ont eu plus de chance que ceux du <em>Monde</em>, puisqu’un article du 17 mars intitulé <em>« Falk aurait dû être discrédité depuis une décennie »</em> leur a révélé ce qui précède et qui a été occulté aux lecteurs français.<br />
Ajoutons, pour faire bonne mesure, qu’en 2011, le Premier ministre britannique David Cameron avait condamné « vigoureusement » le juriste pour la publication d’un dessin antisémite. Qu’en 2012, le Foreign office avait à son tour condamné l’homme pour l’évocation d’un ouvrage considérant « qu’après tout, Hitler avait raison ».</p>
<p style="text-align: justify;">Wikileaks a également révélé l’existence d’un câble, daté du  16 février 2010, qui le qualifiait, selon l’Autorité palestinienne, de « partisan du Hamas ». Même Ban Ki-moon avait été contraint, en mai 2014, de condamner la haine pathologique de Falk envers Israël et de la pousser vers la sortie. Ce dernier avait déclaré, entre dizaines d’autres insanités, que « les sionistes [étaient] les ennemis de l’humanité ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si les lecteurs du <em>Monde</em> avaient été informés comme ceux de l’<em>Algemeiner</em>, ils auraient compris immédiatement pourquoi un <em>« spécialiste du droit international » </em>en était venu à expliquer qu’il fait nuit à midi. Au lieu de cela, on leur a fait croire sciemment que deux universitaires sérieux s’étaient vus faire taire pour avoir voulu remplir leur impérieux devoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Triste ironie de l’histoire, <em>Le Monde</em> du 18 mars intitulait fièrement un article : <em><a href="http://www.lemonde.fr/le-blog-du-decodex/article/2017/03/16/decodex-a-l-heure-de-la-post-verite-se-battre-pour-les-faits_5095624_5095029.html" target="_blank" rel="noopener">« Decodex : à l’heure de la post-vérité, se battre pour les faits »</a></em>…</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a pire que la post-vérité, c’est <a href="http://www.causeur.fr/decodex-le-monde-medias-information-censure-42465.html" target="_blank" rel="noopener">la sous-vérité</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pauvre monde.</p>
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id="fn-43324-1" style="text-align: justify;">Les états membres de cette Commission économique et sociale régionale pour l’Asie occidentale éprise de droit sont des dictatures arabo-islamiques. Pour l’anecdote, on citera le cas de la Mauritanie qui tolère encore actuellement l’esclavagisme par les Maures de membres de sa population noire défavorisée. Certains militants anti-esclavagistes ont été emprisonnés pour avoir protesté. Mais ni l’ONU de M. Falk, ni <em>Le Monde</em> de M. Barth ne sont très friands de ce genre d’anecdotes. <span class="footnotereverse"><a class="scrollto" href="http://www.causeur.fr/israel-onu-le-monde-desinformation-43324.html#fnref-43324-1">↩</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Alexis Brézet : «Il est important de nommer et d&#039;identifier ceux qui nous combattent»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jul 2016 08:52:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle est la politique du Figaro concernant la publication des noms des terroristes?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>INTERVIEW &#8211; Alors que des voix s&rsquo;élèvent pour réclamer l&rsquo;anonymisation des terroristes dans les médias, Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro, précise la politique éditoriale du groupe.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Après les attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray, de nombreuses voix se sont élevées, parmi les politiques et sur les réseaux sociaux, pour réclamer l&rsquo;anonymisation des terroristes dans les médias. Ce mercredi, la chaîne d&rsquo;information en continu BFMTV et le quotidien Le Monde ont décidé de ne plus publier les photos des auteurs d&rsquo;attentats «pour éviter d&rsquo;éventuels effets de glorification posthume». La Croix, ainsi que la radio Europe 1 ont de surcroît annoncé leur intention de ne pas rendre publique l&rsquo;identité des terroristes. Le directeur des rédactions du Figaro, Alexis Brézet, livre la position de la rédaction.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><br />
LE FIGARO. &#8211; Quelle est la politique du Figaro concernant la publication des noms des terroristes?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">ALEXIS BRÉZET. &#8211; Ce sont des sujets dont nous parlons souvent entre journalistes, mais à vrai dire, pour nous, au Figaro, la réponse va de soi. Le nom des terroristes est un élément d&rsquo;information objectif essentiel pour comprendre ce qui se joue sur notre sol, et notre devoir est de le porter à la connaissance de nos lecteurs ou de nos internautes. Ne pas le faire, ce serait alimenter les fantasmes complotistes de tous ceux qui estiment que les médias «nous cachent la vérité». Bien sûr, cette information doit être juste et sa divulgation ne doit pas mettre en péril le bon déroulement de l&rsquo;enquête, ce qui suppose qu&rsquo;elle soit vérifiée auprès d&rsquo;une source policière ou judiciaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Et en ce qui concerne les photos?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La question, dans ce cas-là, peut se poser. Il y a, c&rsquo;est vrai, le risque de «glorification» des terroristes. Il y a aussi celui de choquer les lecteurs qui peuvent se sentir agressés par ces clichés. Mais, d&rsquo;un autre côté, il s&rsquo;agit là encore d&rsquo;une information dont on voit mal au nom de quel principe nous devrions la dissimuler à nos lecteurs ou à nos internautes. Je crois que tout est affaire de mesure, de prudence et de bon sens. Publier dans nos pages, ou sur notre site, une photo neutre et discrète du terroriste, c&rsquo;est nécessaire. L&rsquo;afficher en une ou le présenter dans une pose flatteuse à visée de propagande, nous nous l&rsquo;interdisons, comme nous nous interdisons de publier les clichés ou les vidéos diffusés par Daech. Mais l&rsquo;information prime. Surtout, ne tombons pas dans le piège de ce monde imaginé par Orwell où les noms des «méchants» (où s&rsquo;arrêtera la liste?) sont systématiquement effacés des livres d&rsquo;histoire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Comment jugez-vous ce débat?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Je ne juge pas plus nos confrères qui font leur une avec la photo d&rsquo;un terroriste que ceux qui choisissent de ne rien publier du tout. Nous croyons cependant au Figaro que la juste attitude est entre les deux. Si l&rsquo;on veut lutter contre ce mal absolu qu&rsquo;est le terrorisme islamiste, nous devons d&rsquo;abord collectivement nommer les choses, nommer les gens, et les montrer. Méfions-nous de la «psychiatrisation» du terrorisme: les séides de Daech ne sont ni des déséquilibrés ni des mégalomanes dont le rêve serait de voir leur portrait dans les pages du Figaro ou du Monde ! Ce sont des combattants qui poursuivent des objectifs idéologiques, politiques et religieux. Leurs potentiels épigones, qui ne s&rsquo;informent pas dans les grands médias, ne rêvent</span><br />
<span style="color: #000000;">pas de célébrité mais du paradis d&rsquo;Allah! En Syrie ou en Irak, leurs visages n&rsquo;encombrent pas les journaux: ils n&rsquo;en massacrent pas moins les chrétiens, les chiites ou les yazidis&#8230; «Il faut Comment jugez-vous ce débat?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Je ne juge pas plus nos confrères qui font leur une avec la photo d&rsquo;un terroriste que ceux qui choisissent de ne rien publier du tout. Nous croyons cependant au Figaro que la juste attitude est entre les deux. Si l&rsquo;on veut lutter contre ce mal absolu qu&rsquo;est le terrorisme islamiste, nous devons d&rsquo;abord collectivement nommer les choses, nommer les gens, et les montrer. Méfions- nous de la «psychiatrisation» du terrorisme: les séides de Daech ne sont ni des déséquilibrés ni des mégalomanes dont le rêve serait de voir leur portrait dans les pages du Figaro ou du Monde ! Ce sont des combattants qui poursuivent des objectifs idéologiques, politiques et religieux. Leurs potentiels épigones, qui ne s&rsquo;informent pas dans les grands médias, ne rêvent pas de célébrité mais du paradis d&rsquo;Allah! En Syrie ou en Irak, leurs visages n&rsquo;encombrent pas les journaux: ils n&rsquo;en massacrent pas moins les chrétiens, les chiites ou les yazidis&#8230; «Il faut toujours dire ce que l&rsquo;on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l&rsquo;on voit», a écrit Charles Péguy. Voir ce que l&rsquo;on voit &#8211; et le dire: c&rsquo;est l&rsquo;essence même de notre métier de journaliste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Yohan Blavignat</span></p>
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		<title>Après Nice : l’urgence est à repenser notre système de défense.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Jul 2016 15:40:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[anti-terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les actes terroristes ne peuvent plus être considérés comme des épiphénomènes et être combattus comme tels, c’est-à-dire avec des « épi-mesures-d’urgence » (des militaires partout pendant quelques mois par exemple, et puis plus rien). L’heure est sans doute à repenser profondément notre système de défense anti-terroriste...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Après l’effroyable attentat de Nice, nous peinons à trouver les mots. Après Toulouse et Montauban, Charlie et l’Hyper-casher, le Bataclan et les terrasses de café, Bruxelles, Magnanville – nous voici face à une attaque de plus, c’est-à-dire une attaque de trop. Nous voici encore à devoir affronter la barbarie la plus abjecte, le sang, la peine, la reconnaissance des corps, les hommages ; et puis, la recherche des dysfonctionnements, des explications, l’analyse psychologique de l’auteur du crime et surtout, au bout du compte, une incompréhension totale, la conclusion inéluctable que cette course mortifère, terroriste, islamiste, nous prend toujours de court car elle dépasse l’entendement, elle nie notre Humanité toute entière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Avec Nice, si l’évolution du terrorisme en France prend des allures de leitmotiv alors elle exige surtout de notre part une réaction différente. La répétition des attaques au cours des derniers mois ne doit plus seulement nous alarmer, elle ne peux plus seulement nous atterrer, l’état de la menace n’est plus seulement « d’urgence », d’ailleurs la notion d’état d’urgence laisse trop entendre que nous sommes-là face à une période extrêmement limitée dans le temps où toutes les mesures prises sont forcément exceptionnelles et donc extrêmes. Or la persistance et la multiplication des attaques terroristes bouleversent la donne, nous sommes entrés dans une nouvelle dimension de la menace et nous devons apporter de nouvelles réponses.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les actes terroristes ne peuvent plus être considérés comme des épiphénomènes et être combattus comme tels, c’est-à-dire avec des « épi-mesures-d’urgence » (des militaires partout pendant quelques mois par exemple, et puis plus rien). L’heure est sans doute à repenser profondément notre système de défense anti-terroriste, à l’adapter à ce changement de paradigme : la menace terroriste n’est plus une variable mais une constante, il faut dès lors intégrer pleinement les moyens pour la combattre à tous les dispositifs déjà existants et en donner pleine conscience à la société française.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il est sans doute en effet temps de former aussi les Français à ce nouveau contexte : la menace quotidienne d’une attaque à tout moment et en tout lieu. Ceci ne veut pas dire appeler à une société vivant dans la peur, bien au contraire. C’est prendre conscience qu’un mal lancinant nous guette en permanence : il ne s’agit plus seulement de se désoler pour les victimes en remerciant le ciel d’être sain et sauf mais d’apprendre à vivre avec la menace terroriste, y faire face au quotidien. Il faut changer les mentalités : si le risque zéro n’existe pas, la société ne peut pas tout attendre de l’Etat, elle doit être résiliente sans être résignée et se considérer comme partie-prenante du combat qu’il nous reste à mener.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Face à la menace terroriste persistante, plusieurs pays ont déjà opéré depuis longtemps une refondation de leur système de défense, au premier rang desquels Israël. A titre de recommandation générale, il s’agirait ainsi de regarder de plus près les dispositifs précis et la doctrine générale adoptée par l’Etat hébreu en matière de contre-terrorisme (comme l’ont fait récemment de nombreux médias français – <em>Le Monde, L’Express, La Croix, le JDD, Les Echos</em>, comme l’a fait très concrètement le maire de Cannes en faisant appel, dans la foulée des attentats du 13 novembre, aux services d’un ancien général brigadier de l’armée israélienne, Nitzan Nuriel, pour aider les autorités locales à sécuriser les événements du festival de Cannes). La société israélienne a su développer certains réflexes face à l’adversité, un esprit collectif et une capacité à réagir rapidement (le service militaire obligatoire rend les citoyens israéliens plus sensibles et préparés au risque terroriste, le port d’arme est autorisé mais contrairement aux Etats-Unis il est considéré davantage comme une nécessité qu’un droit et il est associé à une culture de la responsabilité).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Comment améliorer notre système de défense anti-terroriste aujourd’hui ? Nous proposons ici sept recommandations dont il nous semble urgent de discuter la mise en œuvre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">1 – <strong>Identifier et neutraliser les profils de terroristes en puissance.</strong> Sur 11 000 individus fichés S, seulement 160 auraient été interpelés, or l’expérience a malheureusement montré qu’un contrôle plus systématique aurait permis de mettre hors d’état de nuire plusieurs auteurs d’attaques contre notre sol. D’autres mesures concrètes comme la détention administrative sous contrôle judiciaire, les assignations à résidence, la construction de meilleurs critères, plus poussés, pour établir le lien entre banditisme et terrorisme (tous les terroristes qui ces derniers mois ont semé la terreur en France et en Europe ont des points communs &#8211; passé de petit ou moyen délinquant, condamnations pour des délits de droit commun, instabilité psychologique, etc), mais aussi le renforcement de notre cyber-sécurité, pourraient rapidement être prises.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">2 – <strong>Envisager une restructuration des moyens policiers, judiciaires et carcéraux</strong> pour mettre en œuvre les solutions pertinentes et adaptées spécifiquement au terrorisme islamiste et à ses soldats. Comme c’est le cas dans les villes israéliennes pourrait-on penser à placer des unités d’élite anti-terroristes sous le commandement de la police, en coordination avec les services de sécurité intérieure ; à la mise en place d’un système d’intervention immédiate (en Israël, des urgentistes à moto se déplacent très rapidement sur les lieux de drame pour fournir les premiers soins de secours) ; au contrôle systématique des personnes et des sacs dans les lieux publics, à l’édification de rempares contre les attaques similaires à celle de Nice (avec la multiplication des attaques à la voiture bélier, Israël a mis en place trois-cent bornes anti-bélier &#8211; des poteaux sont disposés autour des abris-bus). Dans le cadre de la loi faudrait-il également envisager des centres de détentions spécialisées pour les apprentis terroristes ou terroristes avérés afin de les isoler et d’éviter le phénomène de contagion dans les prisons, souvent comparées à des « incubateurs de radicalisation » (Gilles de Kerchove).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">3 – <strong>Engager le renforcement des capacités de nos services de renseignement</strong> et améliorer leur efficacité : meilleure exploitation des données, système de contrôle numérique, travail de proximité, développer davantage la surveillance électronique comme cela a déjà été fait aux Etats-Unis ou en Israël, veiller à la rapidité et à la transparence de la transmission des informations, à la coordination entre les renseignements nationaux, frontaliers, et internationaux. L’idée d’une NSA à la française a été soulevée par la commission d’enquête parlementaire sur les attentats et mériterait sans doute d’être creusée pour aller vers une meilleure centralisation de la lutte anti-terroriste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">4 &#8211; <strong>Lutter contre l’islamisme dans l’islam</strong>. Une seule ambigüité de la pensée tue aujourd’hui : ce n’est pas tant celle qui vise à confondre musulman et islamiste (il va de soi qu’il faut la combattre) mais celle qui laisse planer un doute sinistre quant au lien évident entre les actes terroristes commis et l’islam radical. Ces deux maux vont de paire, il faut le dire haut et clair et les combattre de front. Accompagnons les organisations musulmanes de France dans leur lutte contre les franges radicales qui s’approprient l’islam pour en faire une arme de terreur massive, aidons-les partout à confronter l’extrémisme caché des sources culturelles et religieuses de l’islam, comme l’ont fait d’autres religions ou d’autres pays (les Chrétiens pour enrayer la haine des Juifs dans le christianisme, l’Allemagne avec le nazisme) lorsqu’il a fallu se débarrasser d’idéologies destructrices.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">5 – <strong>Lutter contre les manifestations et la propagation de l’islam politique sous toutes ses formes.</strong> L’intransigeance avec le respect de l’Etat de droit et des principes républicains est notre seule arme contre le développement de l’islam politique à tous les niveaux de la société. Le soutien visible à l’islam politique dans le domaine public devrait être interdit car c’est bien de ce radicalisme dont les terroristes se revendiquent lorsqu’ils commettent leurs ignominies. Concernant le profil des auteurs, il est d’ailleurs temps d’en finir avec certaines erreurs d’analyse : oui, les terroristes sont certainement des loups solitaires déséquilibrés et psychopathes mais ils n’en demeurent pas moins terroristes ; et Daech n’est autre qu’une bande de gangsters désarticulée, nul besoin donc de s’étonner que certains de ses soldats n’ont ni été recrutés ni été formés avant leur passage à l’acte, pas nécessaire non plus de s’attarder sur le fait qu’ils n’étaient pas de bons musulmans (qu’ils n’allaient pas à la mosquée, qu’ils buvaient de la bière ou qu’ils étaient bisexuels) : l’islamisme n’est pas une religion, c’est une idéologie politique. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">6 – <strong>Contrecarrer toutes les radicalités connexes</strong> (djihadisme, salafisme, complotisme) et toutes les formes et canaux d’incitation à la haine (relais économiques, digitaux, culturels et sociaux des islamistes, leurs idiots utiles ou complaisants, les propagateurs de discours haineux contre la France et les associations islamistes qui ne disent pas leur nom). L’islam radical et ses pourvoyeurs doivent être circonscris et nommés. L’islamisme n’est pas qu’une forme obscurantiste de la religion, c’est un nouveau fascisme. Les musulmans de France le rejettent mais se retrouvent parfois prisonniers car les radicaux prennent une position centrale en certains lieux de culte et menacent tous ceux qui souhaitent se distinguer d’eux. La liberté d’expression s’arrête lorsque l’on passe de l’opinion au délit. Le travail de déradicalisation passe ainsi par un filtrage minutieux, un travail de pédagogie et d’éducation qui permettra de contenir l’influence de l’islam politique et de ses relais au sein de notre société.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">7 &#8211; <strong>Prendre la mesure du danger que représente le courant politique qu’un certain nombre d’intellectuels et de journalistes désignent à juste titre comme l’« islamo-gauchisme »</strong>, ne pas tomber dans le piège de ceux qui voudraient nous faire croire que les attaques terroristes peuvent être expliquées (et donc comprises ?) comme des ripostes à nos interventions militaires extérieures. Comme si nous étions dans une guerre loyale, comme s’il pouvait y avoir une logique à la spirale apocalyptique de ces fous furieux ; d’ailleurs, les meilleurs experts anti-terroristes l’affirment, le seul motif qui pousse les terroristes à choisir un lieu plutôt qu’un autre n’est pas tant le symbole politique que la maximisation des victimes : la seule logique en présence est une logique de mort.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Après le choc de Nice et avec la mémoire fraîche de toutes les attaques que nous avons subi ces derniers mois et années, force est de constater la permanence de la menace terroriste et la nécessité d’engager une action volontaire et rapide pour réadapter notre système de défense dans son ensemble à ce nouveau contexte. Réarmons donc nos institutions et notre société des moyens nécessaires, à la fois militaires, policiers, de renseignements mais également politiques et psychologiques, pour endiguer inlassablement le terrorisme islamiste, l’évacuer progressivement de nos préoccupations et du quotidien de tous les Français. C’est désormais là la seule urgence. Si face au terrorisme nous ne parvenons pas à mettre en œuvre une nouvelle doctrine consistante, plus sûre d’elle-même, nous risquons de donner la victoire au populisme et à l’extrémisme en politique. L’enjeu n’est pas seulement celui de notre système de défense, il est question de l’avenir de notre société.</span></p>
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