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	<title>Histoire | ELNET</title>
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		<title>Georges Bensoussan : des « Territoires perdus » à « Une France soumise »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2017 08:51:37 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par le Monde &#8211; Raphaëlle Bacqué L’historien Georges Bensoussan publie un nouvel ouvrage de témoignages alarmistes sur l’emprise de l’islam radical en France, quinze ans après « Les Territoires perdus de la République ». Il y a quinze ans, un collectif d’enseignants de collèges et lycées en banlieue parisienne se réunissait pour témoigner de ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Par le Monde &#8211; Raphaëlle Bacqué</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">L’historien Georges Bensoussan publie un nouvel ouvrage de témoignages alarmistes sur l’emprise de l’islam radical en France, quinze ans après « Les Territoires perdus de la République ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a quinze ans, un collectif d’enseignants de collèges et lycées en banlieue parisienne se réunissait pour témoigner de ce qu’ils constataient, notamment dans leur cours d’histoire disaient-ils, de la part de certains de leurs élèves musulmans. Une professeur affirmait avoir dû renoncer à projeter Nuit et brouillard, le film d’Alain Resnais sur les camps d’extermination, devant le tumulte de sa classe. Un autre rapportait que plusieurs lycéens avaient arboré sur leur cartable un « Vive Ben Laden » au lendemain du 11 septembre 2001. « Si je prononce le mot d’Israël, le brouhaha commence », racontait un troisième. Ces professeurs, qui se disaient « de gauche et laïcs », avouaient par ailleurs leur désarroi devant quelques jeunes filles qui arrivaient voilées en classe.</p>
<p style="text-align: justify;">Rassemblés par Georges Bensoussan, docteur en histoire détaché par l’éducation nationale auprès du Mémorial de la Shoah, leurs témoignages furent publiés en septembre 2002 dans un livre intitulé Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits). Bientôt suivi en 2004 d’une nouvelle édition, nourrie de nouveaux témoignages.<br />
A sa sortie, l’ouvrage ne suscita que peu de réactions dans les médias. Les témoignages publiés étaient trop souvent anonymes : sur les treize contributeurs, dix professeurs avaient préféré prendre un pseudonyme, dont Georges Bensoussan lui-même qui avait signé sous le nom d’Emmanuel Brenner. Une conseillère du président Chirac reçut pourtant certains de ses auteurs. Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen était arrivé au second tour de l’élection présidentielle et Jacques Chirac ne savait plus trop bien comment éviter « la déchirure du tissu social français », selon son expression d’alors. A la demande du chef de l’Etat, la commission Stasi, qui s’apprêtait à remettre son rapport sur la laïcité, auditionna à son tour les professeurs. Deux ans plus tard, la loi interdisant les signes religieux dans les écoles publiques fut votée. Les ventes du livre ne dépassèrent pas quelques dizaines de milliers d’exemplaires, mais son titre resta dans les esprits, comme pour marquer le basculement d’une époque.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>370 pages de témoignages</strong><br />
Aujourd’hui, M. Bensoussan et une des professeurs des Territoires perdus, Barbara Lefebvre, publient à nouveau un gros livre de témoignages dont le titre annonce la couleur : Une France soumise (Albin Michel, 672 p., 24,90 euros). Aidés de Laurence Marchand-Taillade, secrétaire nationale du Parti radical de gauche et présidente de l’observatoire de la laïcité dans le Val-d’Oise, de Caroline Valentin, une ancienne avocate, et d’une professeur d’histoire qui signe sous le pseudonyme de Charlotte Bonnet, ils ont cette fois recueilli des récits de médecins, de policiers, d’agents de Pôle emploi, d’assistants sociaux.<br />
Quelque 370 pages de témoignages complétées par 17 contributions d’universitaires ou essayistes, du philosophe Pierre-André Taguieff à la démographe Michèle Tribalat ou à l’écrivain palestinien Waleed Al-Husseini, qui laissent supposer que la République est menacée sur des territoires bien plus larges que les seuls lycées d’il y a quinze ans. « Une seconde société tente de s’imposer insidieusement au sein de notre République, écrit la philosophe Elisabeth Badinter dès la préface, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession. »<br />
Signe que l’époque a changé, le livre fait désormais la « une » du Figaro Magazine. Lise Boëll, son éditrice chez Albin Michel, est aussi celle des best-sellers signés Eric Zemmour et Philippe de Villiers, qui affirment tous deux que « l’islam est incompatible avec la France ». Même le titre, Une France soumise, fait référence au Soumission de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015) dans lequel le leader d’un parti musulman, ressemblant fort au prédicateur Tariq Ramadan, est élu président de la République.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>Accusations de racisme</strong><br />
Georges Bensoussan balaie cependant les accusations de racisme, d’islamophobie et de lepénisation qui déferlent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. « Nous aussi sommes effrayés par la fachisation des esprits, et voir l’OPA qu’a fait Marine Le Pen sur la laïcité nous rend fous, affirme l’historien. Mais l’islam politique trouve son plus grand essor en France et les récits que nous avons recueillis témoignent de l’impérieuse obligation de réagir aux coups de boutoir qu’une idéologie politico-religieuse nous porte. C’est l’islam politique que nous visons, pas la religion musulmane qui a bien sûr sa place en France. »<br />
Reste pourtant un problème de fond. L’usage fréquent de l’anonymat, l’absence presque systématique de noms de lieux précis donne le sentiment d’un « phénomène d’islamisation » généralisé, selon l’expression des auteurs. On aimerait pourtant savoir. Dans quel centre social les fonctionnaires femmes évitent-elles de porter une jupe ? Où est ce marché où l’assistante sociale qui y faisait quelques courses s’est entendu intimer par l’imam du quartier « madame, vous êtes ici chez moi, vous partez immédiatement, vous n’avez rien à y faire » ? Quelle est cette mairie des Yvelines qui aurait retiré son drapeau bleu blanc rouge pour ne pas déplaire à ses habitants en majorité musulmans ? Dans quel lycée le proviseur laisse distribuer une photo de classe sur laquelle une partie des élèves a posé en faisant la quenelle ?<br />
« Le déni de réalité est un cancer », avertit Mme Badinter dans sa préface. Mais pour réagir et « défendre les valeurs de la République » comme le réclame l’ouvrage, mieux vaudrait désigner concrètement les endroits où elle est mise à mal.</p>
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		<title>Jérusalem, le pari de l’histoire</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/1442-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2016 10:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Haine des Juifs et d’Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Organisations internationales]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Jérusalem]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Sainte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce énième livre d’histoire sur Jérusalem est aussi, en un sens, le premier : jamais, en effet, la ville n’avait fait l’objet d’un véritable travail qui l’étudie avec rigueur depuis ses origines, en sortant des clichés éculés sur la ville « trois fois sainte ». </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">LE MONDE | Par André Loez</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Toute l’épaisseur d’une ville « asphyxiée par les mémoires » exposée dans un livre vif.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce énième livre d’histoire sur Jérusalem est aussi, en un sens, le premier : jamais, en effet, la ville n’avait fait l’objet d’un véritable travail qui l’étudie avec rigueur depuis ses origines, en sortant des clichés éculés sur la ville « trois fois sainte ». Dirigée par Vincent Lemire, auteur d’une belle thèse portant sur l’eau à l’époque contemporaine (La Soif de Jérusalem. Essai d’hydrohistoire. 1860-1948, Publications de la Sorbonne, 2011), une petite équipe de chercheurs a donc fait le pari d’une lecture historique pour aborder Jérusalem autrement que comme une ville « éternelle », épithète simpliste propre à compresser le temps et à réiﬁer les identités. Pari de l’histoire, donc, pour faire respirer une cité « asphyxiée par les mémoires », mais aussi choix du temps long, pour l’extirper de son destin contemporain, où elle sert de décor à d’inextricables conﬂits.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le résultat est un livre vif, précis et maniable, d’une grande intelligence, qui délimite avec justesse les scansions chronologiques donnant à Jérusalem ses conﬁgurations successives : des premières implantations humaines à la conquête babylonienne (586 av. J.-C.), du rayonnement acquis par le Temple juif à sa destruction par Rome en 70 de notre ère, de la christianisation dans l’Antiquité tardive à la mainmise omeyyade puis abbasside, de la période des croisades à celle des Mamelouks puis à la « paix des Ottomans » – avant les guerres du XXe siècle et d’après. La séquence la plus récente, qui a vu la ville « entière et uniﬁée » proclamée capitale par Israël en 1980, sans effacer cependant son caractère à la fois binational et international, est restituée dans </span>toute sa complexité. Et contre la tentation de lire ces différents moments comme autant d’épisodes d’un constant conﬂit religieux, les auteurs rappellent opportunément que, en 638 comme en 1187, c’est à la faveur de la conquête musulmane que le judaïsme put faire sa réapparition à Jérusalem.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #000000;">Invraisemblable densité du sacré</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce long parcours fait surtout sentir et comprendre toute l’épaisseur de cette ville palimpseste : si les murailles de la vieille ville actuelle datent du règne du sultan Soliman le Magniﬁque (1537-1540), le tracé de certaines rues remonte, lui, au plan de la colonie romaine d’Aelia Capitolina, fondée sous Hadrien (IIe siècle). Autre superposition, le dôme du Rocher des musulmans devient pour un temps le « Templum Domini » des chrétiens après leur prise de la ville lors de la première croisade (1099), suivant un principe de réemploi voire d’hybridation des lieux souvent attesté dans ces pages.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce dernier exemple illustre un autre ﬁl directeur de l’ouvrage, l’invraisemblable densité du sacré dans l’espace hiérosolymitain, bien au-delà des « lieux saints » les plus célèbres que sont le mur des Lamentations, l’esplanade des Mosquées et le Saint-Sépulcre. Fondations pieuses, tombes, lieux de culte, d’étude et de prière juxtaposés et innombrables alimentent des ﬂux incessants de pèlerins, mais aussi des tensions, des litiges, des querelles d’accès que les pouvoirs successifs, généralement lointains, doivent arbitrer.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Finalement, plus que les hommes et les femmes peuplant la ville, et qu’on ne fait souvent qu’entrevoir ici, ce sont bien les lieux qui ﬁgurent au cœur de ce beau travail. Les complexes enjeux religieux qui surdéterminent le destin de Jérusalem y sont toujours précisément situés, dans leur topographie et leur contexte propre, grâce notamment à un appareil de cartes inédites remarquablement réalisé. Belle réussite en vérité que de rendre aussi lisible la plus labyrinthique des villes.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
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