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	<title>Fillon | ELNET</title>
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		<title>Election présidentielle 2017: Bilan du premier tour</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Apr 2017 15:21:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Note stratégiques mensuelles]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>I. Analyse des résultats Le premier tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 23 avril 2017 avec plus de 47 millions d’électeurs appelés aux urnes. Avec un taux de 78,69% (soit 36 681 594 de votants), la participation a atteint un niveau important (bien que légèrement en baisse comparé à 2012 avec 79,48% de votants) [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>I. Analyse des résultats</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 23 avril 2017 avec plus de 47 millions d’électeurs appelés aux urnes. Avec un taux de 78,69% (soit 36 681 594 de votants), la participation a atteint un niveau important (bien que légèrement en baisse comparé à 2012 avec 79,48% de votants)</p>
<p style="text-align: justify;">Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont arrivés en tête. Le candidat d&rsquo;<em>En Marche! </em>a obtenu 23,9 % des voix (soit 8,5 millions de voix), contre 21,4 % (soit 7,6 millions de voix) pour la présidente du Front National.</p>
<p style="text-align: justify;">François Fillon, en troisième position avec 19,9 % des voix (soit 7 126 632 voix), devance de peu Jean-Luc Mélenchon (à peine 100 000 voix les séparent) qui a obtenu 19,6 % des suffrages (soit 7 011 856 voix). Benoît Hamon a subi une lourde défaite recueillant seulement 6,3 % des voix tandis que Nicolas Dupont-Aignan en a obtenu 4,7 %. Les voix pour les « petits » candidats se répartissent ensuite entre Jean Lassalle, qui obtient 1,2 % des suffrages, puis Philippe Poutou avec 1,1 %, et enfin François Asselineau, Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade, qui obtiennent entre 0,2 et 0,9 % des voix.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce premier tour fut historique à bien des égards : ni Les Républicains ni le Parti Socialiste ne se sont qualifiés pour le second tour ; Emmanuel Macron a fait un pari gagnant en adoptant une posture politique « ni droite ni gauche », puis « et droite et gauche », réussissant là où le leader du Modem, François Bayrou, avait échoué en faisant émerger une offre alternative aux deux grands partis de gouvernement ; Marine Le Pen a peut-être obtenu un score moindre que celui qui lui était prédit mais elle n’a jamais rassemblé autant de voix dans le passé (un million de plus que lors du second tour des régionales en 2015), en doublant presque le score de son père en 2002 (4 804 713 voix) ; dans une élection marquée par un nombre élevé de candidats eurosceptiques – voire europhobes – qui constituent la moitié des votants, le candidat arrivé en tête est celui qui a assumé le plus son côté pro-européen.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les résultats connus, de nombreux responsables politiques, de droite comme de gauche, ont appelé à voter pour Emmanuel Macron. A droite, c&rsquo;est notamment le cas d&rsquo;Alain Juppé, de François Fillon, Nicolas Sarkozy ou de Christian Estrosi. A gauche, Benoît Hamon et Bernard Cazeneuve notamment ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon a refusé de donner une consigne de vote et n’a pas non plus souhaité dire pour qui il voterait.</p>
<hr />
<p><strong>II. Principaux enseignements de ce premier tour de l’élection présidentielle </strong></p>
<p><strong>1- Une France fracturée</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Au lendemain du premier tour, la France se trouve plus divisée que jamais. Les deux principaux partis de gouvernement ne représentent à eux deux (PS et LR &#8211; UDI) que 26 % des suffrages exprimés, tandis que les partis extrémistes ont recueilli près de 50% des voix. Trois des quatre forces politiques qui dominent n&rsquo;ont jamais été au pouvoir, tandis que le mouvement <em>En Marche !</em> du candidat Macron a tout juste un an.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat du premier tour de la présidentielle montre une France véritablement fracturée autour d’enjeux qui sont devenus des clivages structurants. Dans une France longtemps marquée par une division bipartite, puis tripartite, on distingue aujourd’hui quatre principaux courants :</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; <strong>Les libéraux contre les étatistes :</strong> les défenseurs du respect des lois du marché s’opposent à ceux qui préconisent un fort interventionnisme de l&rsquo;État ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&#8211; Les progressistes contre les conservateurs : </strong>ceux qui défendent l&rsquo;émancipation individuelle de chacun dans le respect des différences et d&rsquo;une grande tolérance sur les mœurs s’opposent à ceux qui se retrouvent plutôt dans des postures conservatrices ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&#8211; Les pro-européens contre les eurosceptiques (voire europhobes) :</strong> ceux qui tiennent un discours souverainiste qui rejette l&rsquo;Union européenne s’opposent aux europhiles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&#8211; Les identitaires contre les mondialistes : </strong>ceux qui mettent en exergue l&rsquo;identité nationale associée à des réflexes d&rsquo;exclusion de tous ceux qui n&rsquo;appartiennent pas ou pas bien à la nation, le tout dans une dénonciation des méfaits de la mondialisation, s’opposent à ceux qui acceptent plus volontiers la mondialisation et une société ouverte à l’immigration et aux différences culturelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Les combinaisons de ces quatre familles reconfigurent ainsi l&rsquo;offre électorale en France et révèlent des points de dissension majeurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2- La prouesse d’Emmanuel Macron</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette dixième élection présidentielle constitue un séisme sans précédant depuis 1958. Depuis des mois, les concurrents de l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Économie pariaient sur l&rsquo;explosion de la « bulle Macron », à l&rsquo;image de ce qui est arrivé à Alain Juppé lors de la primaire de la droite. À gauche comme à droite, beaucoup considéraient que sa campagne lancée sans parti ni élu était vouée à l&rsquo;échec. Or, Emmanuel Macon a réalisé une véritable prouesse. En moins de deux ans de politique et moins d&rsquo;un an de campagne, il a très vite compris que les partis traditionnels ne répondaient plus aux attentes des Français. Celui qui voulait faire « disrupter » le système politique a gagné son pari et viré en tête du scrutin au premier tour.</p>
<p style="text-align: justify;">Le leader d’<em>En Marche ! </em>se situe clairement du côté de la défense d&rsquo;un certain libéralisme économique. Il considère toutefois que l&rsquo;État doit pouvoir interférer dans la vie économique et venir en aide aux plus fragiles, aux « oubliés » de la compétition mondiale. Il se dit « progressiste », du côté du libéralisme culturel, et il s&rsquo;est montré en défenseur du droit des femmes que certains adversaires semblaient vouloir remettre en cause (avortement) ou du mariage gay. De plus, l&rsquo;émancipation individuelle est un de ses leitmotivs, y compris par la « libération des carcans » qui freinent l&rsquo;esprit entrepreneurial de chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Emmanuel Macron est un europhile convaincu. Sa défense de l&rsquo;ancrage de la France dans l&rsquo;Union européenne est devenue un des marqueurs forts de sa campagne. Il a adopté une posture de conciliateur entre les clivages. Mais ces clivages ne sont-ils pas vécus par beaucoup comme non négociables, dessinant alors une France difficilement réconciliable ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3- L’échec des Républicains</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les républicains viennent de vivre un cauchemar. Ils ont réalisé le tour de force de transformer une élection imperdable en une élection ingagnable. Jamais la droite n&rsquo;a connu une telle déconvenue dans l’histoire des élections présidentielles de la Ve République. Avec 19,9 % des suffrages, François Fillon n’est pas parvenu à se qualifier au second tour et a perdu l’élection alors qu’il était annoncé vainqueur il y a trois mois encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Les primaires de la droite et du centre en novembre 2016 s&rsquo;étaient révélées un grand succès et la mobilisation fut importante : 4,3 millions d&rsquo;électeurs au premier tour, 4,4 au second. Le résultat en fut surprenant puisque Nicolas Sarkozy, président du parti, a été éliminé dès le premier tour et qu&rsquo;au second tour, François Fillon, sous-estimé par les sondages, l&#8217;emportait largement face à Alain Juppé, longtemps considéré comme le meilleur candidat de la droite pour affronter Marine Le Pen au second tour de l&rsquo;élection présidentielle. Un programme très libéral en économie, réduisant fortement les fonctions publiques et souvent perçu comme antisocial, fut mis en avant.</p>
<p style="text-align: justify;">François Fillon a commencé à régresser dans les enquêtes d’opinion dès le mois de décembre. Il peine alors à rassembler l&rsquo;ensemble de son camp, même s&rsquo;il revoit en partie son programme pour tenir compte des tendances plus centristes. S’ajoutent à cette problématique les affaires autour des contrats de travail de sa famille qui émergent le 25 janvier dans <em>Le Canard enchaîné </em>et qui précipitent son érosion. De 25 % des intentions de vote le 10 janvier, il tombe à 22 % le 1er février, puis à 18 % le 6 du même mois. Il ne parvient plus à défendre son programme, devant en permanence se justifier dans une campagne rythmée par les affaires et impossible à mener. Pendant plusieurs semaines, la question de son maintien dans la compétition est posée, le candidat s&rsquo;acharne à aller jusqu’au bout de la campagne, tandis que Les Républicains n&rsquo;arrivent pas à s&rsquo;entendre sur un plan B pour lui substituer un leader susceptible de mieux mobiliser la droite. Ces atermoiements seront fatals au candidat Fillon.</p>
<p style="text-align: justify;">Nul doute que le parti risque de peiner à maintenir son unité et il est fort probable qu’une guerre de succession vienne compliquer la nécessaire mobilisation pour tenter de sauver le parti lors des élections législatives. Pour se reconstruire, la droite devra tirer les leçons de cette défaite historique. Le pire serait de croire que seul François Fillon et les affaires sont responsables. Les causes de la déroute sont bien plus profondes. La droite a mal analysé l’impopularité de François Hollande, l’échec du gouvernement, la division des socialistes à l’Assemblée nationale, les conséquences des attentats islamistes, et a adopté une mauvaise stratégie. Son excès de confiance face à une bataille qui semblait gagnée d’avance l’a disqualifiée d’emblée. La facilité à aiguiser les appétits politiques et déchainer la compétition des égos, alors que, tirant les enseignements de son échec en 2012, la droite aurait dû se réinventer en mettant en avant de nouveaux leaders, et en menant de manière déterminée le combat contre le Front National plutôt que de l’instrumentaliser en pensant gagner par défaut en l’affrontant au deuxième tour de la présidentielle. L’expérience de la primaire ne laissera pas non plus un souvenir impérissable, la droite et le centre s’y sont abimés et en sont sortis plus divisés que jamais pour aborder la présidentielle qui aurait nécessité qu’ils soient plus rassemblés que jamais. Notons que les vainqueurs du premier tour, comme d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon, n’ont pas été désignés par une primaire dont cette élection, a une fois pour toute montré l’inutilité ou l’inadaptation à la culture politique française.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4- Le naufrage du Parti socialiste</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les socialistes redoutaient un nouveau 21 avril, quinze ans après l&rsquo;élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002, ils ont été servis. Pris en tenaille entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, Benoit Hamon n’a pas été en mesure de faire une campagne qui fasse consensus au sein de son parti, déchiré par les querelles intestines et la défection de ses principaux élus et leaders.</p>
<p style="text-align: justify;">Vainqueur surprise de la primaire de la gauche le 29 janvier, Benoît Hamon s&rsquo;est lancé dans une campagne compliquée, minée par l&rsquo;incertitude, les polémiques et les divisions. Il n&rsquo;a pas su se départir de son étiquette de frondeur. Après son départ du gouvernement en août 2014, le socialiste redevenu député n&rsquo;a cessé de s&rsquo;opposer à la politique menée par le gouvernement, s&rsquo;abstenant ou s&rsquo;opposant à plusieurs textes comme la loi Travail. Cette ligne de rupture ne représentait que 30% du PS mais elle a réussi à finir de pourrir le quinquennat de François Hollande. Pour les socialistes « légitimistes », les frondeurs incarnent la trahison et une des causes de l’échec et du renoncement de François Hollande.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrivé tardivement dans la campagne, Benoit Hamon a perdu du temps à essayer de rassembler la gauche alors qu’il aurait dû tenter de réconcilier sa propre famille. En cherchant à incarner la gauche de la gauche au lieu de se positionner au cœur du système, il a légitimé la candidature de Jean-Luc Mélenchon et renvoyé les électeurs de François Hollande vers Emmanuel Macron. En menant une campagne de frondeur, Benoit Hamon a échoué à rassembler les forces qui se sont affrontées lors de la primaire de la belle alliance populaire et a aussi échoué à imposer ses thèmes de campagne. Sa défense partielle du bilan de Hollande, sa volonté de s&rsquo;adresser à « l&rsquo;intelligence collective » et son choix de parler davantage du quotidien des Français que du pays l&rsquo;ont rendu inaudible. Sa proposition de revenu universel, complètement remaniée et présentée sous une autre forme mi-mars a contribué à brouiller son message. Alors que le chômage et la sécurité sont les préoccupations principales des Français, il n’en a parlé que très tardivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Parti Socialiste se retrouve au cœur de la plus mauvaise période de sa longue histoire. Y survivra-t-il ? La question se pose.</p>
<p style="text-align: justify;">Une période de règlements de comptes internes s’annonce et sera tout aussi mouvementée, sinon plus, que celle de la droite. « <em>Cet échec est une profonde meurtrissure. Je mesure la sanction historique, légitime, que vous avez exprimée envers le Parti socialiste </em>», a indiqué Benoît Hamon, véritable naufragé du PS. Certains ont reproché au candidat de s&rsquo;être replié sur une frange de fidèles plutôt que de s&rsquo;ouvrir à toutes les sensibilités de son camp bien affaibli par l’échec du quinquennat de François Hollande, qui lui-même n’était pas à même de se représenter.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>III.Le front républicain est-il un piège ou une solution?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A chaque élection c’est désormais le même refrain : il faut faire barrage au FN, et à chaque fois, le parti gagne des voix. Aucun enseignement ne semble pourtant avoir été tiré : le parti d’extrême-droite inquiète, mais il n&rsquo;effraie plus. Plus personne ne se soucie de sa normalisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le FN capitalise sur l’impopularité de l’exécutif et les difficultés de l’opposition de droite à formuler une alternative crédible capable de préparer l’alternance. Cet élan a été renforcé par l’actualité récente : les attaques terroristes, les angoisses sécuritaires, la montée de l’islam radical et les questions migratoires perçues comme une menace existentielle à l’échelle européenne. Misant depuis longtemps sur ces problématiques, le FN n’a guère eu à forcer son jeu pour récolter les fruits de son positionnement.</p>
<p style="text-align: justify;">A droite apparaissent les premières failles dans le « cordon sanitaire » mis en place par Jacques Chirac dans les années 80. Ici, Christine Boutin votera Le Pen. Là, Eric Ciotti et Henri Guaino refusent de choisir. Ailleurs encore, Bruno Le Maire et Christian Estrosi annoncent qu&rsquo;ils voteront Macron sans hésitation. François Fillon lui aussi été très clair : « <em>L’abstention n’est pas dans mes gènes. Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc pour Emmanuel Macron</em>. » Même position pour l’ancien Premier ministre et candidat malheureux aux primaires, Alain Juppé. Laurent Wauquiez, le vice-président de LR, a seulement appelé « <em>ceux qui nous ont fait confiance à ne pas voter Le Pen</em> ». La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, en revanche, n’a voulu prendre aucune position sur la question. « <em>Je pense que s’engouffrer dans une stratégie de front républicain est une erreur</em> », a même déclaré Raquel Garrido, porte-parole du mouvement.</p>
<p style="text-align: justify;">La présidente du Front National renouvelle et amplifie, quinze ans après, l&rsquo;exploit de son père, Jean-Marie Le Pen, même si son score est très en deçà de ce qu&rsquo;espéraient ses proches. « <em>Ce résultat est historique </em>», a-t-elle cependant jugé en se présentant comme la candidate de « <em>la grande alternance</em> ». Aujourd’hui, les électeurs FN assument totalement leur choix ce qui explique que les sondages aient été fiables pour ce premier tour. Toutefois, il apparaît que le problème de la France est moins le FN que ce qui fait monter le FN, c’est-à-dire le refus de nombre de candidats de parler des vrais sujets qui préoccupent les Français, comme l’islamisme ou la politique migratoire de la France. Jusqu’à quand pourrons-nous faire barrage ? Cette politique de « containment » ne finira-t-elle pas par se retourner contre nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, la digue cédera et nous seront submergés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vrai enjeu de ce deuxième tour est certes d’empêcher le FN de gagner mais il ne faut guère que les combinaisons électorales ne soient perçues comme un déni démocratique. Il est urgent de répondre aux craintes et questions des Français sans détour, car elles ne sont pas fantasmées. Et c’est la tâche qui incombe d’urgence à Emmanuel Macron s’il est choisi le 7 mai prochain, il devra trouver des solutions crédibles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le front républicain a échoué à faire reculer le Front National qui se trouve plus que jamais aux portes du pouvoir. Les démocrates et les républicains n’ont plus le choix. Ils ne doivent plus seulement faire barrage au Front National, ils doivent le combattre et empêcher Marine Le Pen, dont l’histoire, le projet et le programme mettent la France et l’Europe en grand péril, de gagner cette élection ou de réaliser un score qui la mettrait en situation d’incarner la seule alternance possible en 2022. Sans hésitation, il faut voter Emmanuel Macron non pas pour rejoindre <em>En marche !</em> si on ne le souhaite pas, pas en signant un chèque en blanc qui condamnerait à l’inaction. Il faut voter Macron avec un message simple et fort : s’attaquer avec force et détermination aux maux qui rongent la France, à ce qui fait monter le FN. Il ne faut pas essayer, il ne faut pas hésiter, il faut agir et il faut réussir. Sans être catastrophiste ou exagérément pessimiste, c’est notre dernière chance avant l’explosion sociale et la guerre civile.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>IV. Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La démocratie française, qui vit par la force des appareils politiques, a été chamboulée par ce premier tour. Un premier sondage Harris Interactive pour M6 réalisé en ligne le dimanche 23 avril donne le candidat d’<em>En Marche! </em>vainqueur avec 64% des voix contre 36% pour la candidate du FN. L’enquête a été réalisée sur un échantillon de 2684 inscrits sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 2740 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Toutefois, la campagne de second tour ne fait que commencer et le risque de trop se fier aux sondages pourrait avoir un effet désastreux. Une élection n’est pas gagnée tant qu’elle n’est pas terminée. Pour l’instant, nous avons échappé au pire en évitant un duel Mélenchon / Le Pen ou une Marine Le Pen en tête du classement.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on peut se féliciter de la qualification d’Emmanuel Macron, la nouvelle percée du FN est un échec collectif. Ce 23 avril est pire que le 21 avril tant redouté car ce qui était inacceptable en 2002 est devenu tolérable aujourd’hui. Et parce qu’il est légitime de craindre un « jamais deux sans trois », ce deuxième tour est notre dernière chance de pouvoir porter un candidat capable de panser les plaies de notre pays.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Enjeux internationaux :   Les programmes de politique étrangère des candidats  à la présidentielle 2017 au banc d’ELNET</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Mar 2017 09:59:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 23 avril prochain, François Fillon, Benoit Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon s’affronteront pour le 1er tour de l’élection présidentielle. Les questions de politique étrangère ont encore peu été abordées néanmoins certains sujets sont déjà l’objet de dissensions. Nous avons sélectionné cinq thématiques qui nous semblent contenir des enjeux cruciaux du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le 23 avril prochain, François Fillon, Benoit Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon s’affronteront pour le 1<sup>er</sup> tour de l’élection présidentielle. Les questions de politique étrangère ont encore peu été abordées néanmoins certains sujets sont déjà l’objet de dissensions. Nous avons sélectionné cinq thématiques qui nous semblent contenir des enjeux cruciaux du débat politique et nous vous proposons ici de comparer les visions des cinq candidats.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong><u>I. SUR L’ISLAMISME ET LE TERRORISME</u></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon est des rares candidats qui dénonce fermement l&rsquo;islamisme comme la racine idéologique du terrorisme. Le candidat LR pointe plus précisément le wahhabisme comme source du mal. Dans son premier discours d&rsquo;avant les primaires, il a parlé de la nécessité de faire la guerre aux Frères musulmans et revoir les relations de la France avec les pétromonarques. Invité à se prononcer sur les questions internationales lors des débats télévisés, François Fillon a dénoncé « <em>la montée d&rsquo;un phénomène totalitaire </em>», en référence à l&rsquo;islamisme radicale, qui se traduit par « <em>l&rsquo;émergence d&rsquo;un mouvement politique qui fait peser une menace sur la paix mondiale, qui a des tentations génocidaires, et qui veut massacrer les Chrétiens d&rsquo;Orient et expulser les Juifs d&rsquo;Israël. </em>» Dans un entretien accordé au Figaro le 13 octobre 2016, il déclarait : « <em>Il y a une montée de l&rsquo;intégrisme musulman dans la société française. Mais c&rsquo;est au commanditaire qu&rsquo;il faut s&rsquo;attaquer, celui qui entraîne, qui fixe des objectifs, qui dissémine son idéologie mortelle. </em>»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La candidate frontiste fustige les jihadistes et promet de fermer toutes les mosquées salafistes. Pour elle, les lois de la République sont au-dessus de toutes les lois religieuses ; et elle invite ceux qui les refusent et revendiquent la chariaa d&rsquo;aller dans les pays qui l&rsquo;appliquent. Marine Le Pen estime qu’un islam « <em>laïcisé par les Lumières </em>» est compatible avec la République. Selon elle, son parti « <em>ne vise en aucune manière à opérer des discriminations, nous défendons tous les Français </em>», assure-t-elle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour l’ancien ministre Emmanuel Macron, la réponse au terrorisme est politique et morale. Il pense qu’il est nécessaire de clarifier le message de ce qu’est la laïcité en France. En septembre 2016, il avait déclaré lorsque nous l’avions rencontré : « <em>la clé de notre vivre-ensemble c’est que les règles de la république prévalent dans toutes les situations (…) on ne peut pas combattre tous les musulmans de France mais être intraitable avec les fondamentalistes (…) nos ennemis nous poussent à la division mais nous ne devons pas tomber dans ce piège.</em> » Mais au-delà de ces perceptions assez générales, il n’a pas encore dit quels moyens il mettrait en œuvre pour lutter efficacement contre le terrorisme ni quelles mesures il prendrait contre les Frères musulmans et leurs sponsors. Il considère que l’Islam n’est pas structuré et que <em>« nous le faisons vivre dans le traumatisme post-colonial, ce qui est une erreur »</em>. Pour redonner à l’islam sa place au sein de notre république, il affirme que les imams doivent être formés en France et non en Turquie, au Maroc ou en Algérie. Deuxièmement il faut s’assurer que les prêches soient en français afin de pouvoir contrôler le message véhiculé. Enfin, le financement des mosquées doit être contrôlé pour que les activités cultuelles restent dans un cadre légal. Un diagnostic politique de l’islam s’impose et non un diagnostic religieux comme les politiques l’ont trop souvent fait : « <em>il faut le traiter l’Islam avec d’autres règles que la laïcité. C’est un sujet d’ordre public mais surtout, il ne faut pas tomber dans le piège de Daech qui nous incite à communautariser notre société et nous pousse vers la guerre civile</em> », a-t-il déclaré.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont eu aussi une position tranchée vis-à-vis de l’islam et l’islamisme, mais dans un sens plus laxiste. Entre les deux tours de la primaire de la gauche, certains vallsistes ont souhaité mettre en parallèle la fermeté de Manuel Valls et les positions de Benoît Hamon sur l&rsquo;islam. <em>« On va mettre le doigt sur le laxisme de Hamon par rapport à l&rsquo;islamisme</em> » confiait durant la campagne un proche de l&rsquo;ancien Premier ministre au journal Le Monde. Sur ce sujet, Benoit a un leitmotiv : « <em>Arrêtons de faire de l&rsquo;islam un problème de la République</em> ». Une sentence, répétée encore le 23 janvier sur France Inter, à partir de laquelle il regrette qu&rsquo;il y ait « <em>une volonté de dire que l&rsquo;islam est incompatible avec la République, ce qui n&rsquo;est pas vrai</em> ». Benoît Hamon semble relativiser les interdictions faites aux femmes, dans certaines banlieues de Paris et de Lyon, de rentrer dans des cafés, considérant que l&rsquo;on évoquait ce sujet dans les médias pour stigmatiser l&rsquo;islam. « <em>Remettons des questions sociales avant de mettre des questions religieuses sur ces sujets-là</em> », explicite-t-il.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Jean-Luc Mélenchon a quant à lui minimisé voire ignoré les questions liées à l’Islam ou au terrorisme lors de la dernière campagne en 2012. Aujourd’hui, il condamne l’instrumentalisation de la laïcité : « <em>La laïcité est devenue un argument hypocrite pour montrer du doigt les musulmans en France</em> ». Il poursuit : « <em>Nous n&rsquo;avons pas, en tant qu&rsquo;autorité publique, à nous mêler de religion. La discussion de savoir si l&rsquo;islam est compatible avec la République est grotesque. Ce n&rsquo;est pas le sujet de l&rsquo;Etat, c&rsquo;est le leur</em> ».</span></p>
<hr />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong><u>II. SUR LA RUSSIE ET LA SYRIE</u></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Lors des débats organisés durant les primaires qui précèdent la course à l’Élysée, la question des relations avec la Russie – notamment depuis son intervention en Syrie – a fait figure de pomme de discorde entre les candidats.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon est favorable à un rapprochement stratégique avec la Russie et la Syrie. Il souhaite lever l’embargo imposé à Moscou après l’annexion de la Crimée et coopérer avec le Kremlin sur la question syrienne. Il prône aussi une alliance avec Bachar Al-Assad et une coalition avec la Russie pour éradiquer l’organisation Etat islamique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le candidat LR estime que Bachar el-Assad peut rester au pouvoir : « <em>si Bachar el-Assad est encore au pouvoir, c&rsquo;est qu&rsquo;il a un soutien populaire </em>». « <em>Il n&rsquo;y a pas, à l&rsquo;heure actuelle, d&rsquo;autre alternative politique dans le pays. Si Bachar el-Assad s&rsquo;en va, il y aura les islamistes, il y aura les Frères musulmans. </em>» Il demande une « <em>coalition avec les Russes</em> », à un moment où « <em>l’Amérique et la Russie se réconcilient par-dessus nos têtes </em>», et ce afin de faire face à la « <em>menace mondiale</em> » que fait peser l’organisation Etat islamique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le candidat de la<em> France insoumise</em> s’est agacé sur son blog, de la « <em>propagande mortelle</em> » sur le dossier syrien. Après avoir déclaré son soutien à la Russie pour l’intervention en Syrie, Jean-Luc Mélenchon est à plusieurs reprises revenu sur ses pas lors d’interview le mettant en difficulté sur les bombardements russes ne visant pas uniquement Daesh. En alignement avec Moscou, il a exprimé la nécessité de mettre un terme à la guerre syrienne, de créer une coalition universelle et de tenir des élections en Syrie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">De son côté, Emmanuel Macron a défendu à Beyrouth le 23 janvier dernier une « <em>politique d&rsquo;équilibre</em> » à l&rsquo;égard du régime et des rebelles en Syrie. Une ligne qui se démarque de la politique pro-opposition que Paris défend depuis le début du conflit. Il a plaidé pour une « <em>politique d&rsquo;indépendance, d&rsquo;équilibre de capacité à parler à toutes les parties </em>» dans le conflit syrien, qui a fait plus de 310 000 morts depuis 2011. C&rsquo;est « <em>une logique de construction de la paix beaucoup plus qu&rsquo;une logique d&rsquo;intervention à tout-va pour un clan ou pour un autre</em> », a déclaré le candidat à des journalistes, en marge d&rsquo;un discours prononcé à l&rsquo;École supérieure des affaires de la capitale libanaise. Il s&rsquo;est dit opposé à ce que le départ du président syrien Bachar al-Assad soit un « <em>préalable à tout </em>» mais a rejeté l’idée de « pactiser » avec lui. « <em>Assad est un dirigeant qui a failli [&#8230;], l&rsquo;erreur qui a été faite, de droite ou de gauche a été à un moment de faire du départ de Bachar al-Assad un préalable à tout </em>».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il propose que la France s’inspire de la position allemande de dialogue, et que le pays inscrive « <em>sa politique internationale dans l’Europe qui la rend plus forte et doit savoir discuter avec des puissances, même quand elles ne sont pas amies</em> ». Discuter efficacement avec la Russie et consolider les relations d’amitié avec les Etats-Unis passe par une politique étrangère européenne efficace qui permet aux démocraties européennes de peser à l’échelle diplomatique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Benoît Hamon quant à lui, a déclaré qu&rsquo;il était nécessaire de revoir la politique envers la Russie qu&rsquo;il juge<em> « trop complaisante »: « Cette forme d&rsquo;attitude et de complaisance à l&rsquo;égard de Vladimir Poutine que je ne comprends pas. Nous avons là un impérialisme agressif de la part de la Russie qu&rsquo;il faut traiter avec fermeté et certainement pas avec complaisance », </em>déplore le candidat de la gauche.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Enfin, Marine Le Pen prône l&rsquo;idée d&rsquo;un monde multipolaire et est favorable à l&rsquo;instauration d&rsquo;un dialogue avec Moscou. Dans une interview accordée à la BBC quelques jours après l&rsquo;élection de Donald Trump, la candidate du Front national a rappelé que la France et la Russie sont historiquement amies. Elle a ainsi déclaré en septembre 2015 : « <em>La France apparaît complètement isolée dans son refus de discuter avec Bachar el-Assad, dans son refus de discuter avec la Russie (…). Le moindre mal, c&rsquo;est Bachar el-Assad</em> ». Sur Alep, Marine Le Pen s&rsquo;est longuement expliquée dans une interview diffusée en octobre 2016 sur France 24 et RFI, affirmant : « <em>Il faut choisir le moins pire pour nos intérêts nationaux. Mieux vaut Bachar el-Assad que les fondamentalistes islamistes »</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Concernant la Russie, elle s&rsquo;est montrée dithyrambique sur la personnalité de Poutine : « <em>Dans une certaine mesure, j’admire Poutine. Il fait des erreurs, mais qui n’en fait pas?</em> », expliquait-elle en 2011 au journal russe Kommerssant.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong><u>III. SUR ISRAEL</u></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Israël est un sujet délicat pour les candidats car ils sont conscients qu’il affecte la communauté juive de France. Les relations franco-israéliennes, bien qu’amicales, demeurent complexes et toute déclaration politique est finement attendue et analysée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si François Fillon et Emmanuel Macron assurent leur amitié à l’égard d’Israël, Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen ont une vision plus politisée de la question.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La position du candidat LR a évolué ces dernières années. En 2014, François Fillon avait accusé Israël de menacer la paix mondiale en retardant la création d’un État palestinien. Un an plus tard, l’ancien Premier ministre avait appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël pour parvenir à un règlement du conflit israélo-palestinien. En novembre 2015, il défend l’étiquetage des produits israéliens des localités juives de Cisjordanie. Un revirement intervient cependant en février 2016 où il affirme alors « <em>n’avoir pas de leçon à donner à Israël </em>» et se prononce finalement contre l’étiquetage des produits israéliens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un mois plus tard, en Iran, François Fillon a rappelé « <em>la position de la France vis-à-vis de son alliée, Israël, qui a droit à la sécurité et dont l’existence ne peut être mise en cause. Sans cela, les palestiniens ne pourront faire prévaloir leur droit légitime à un Etat</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Lors du troisième et dernier débat de la primaire de la droite, François Fillon a affirmé que Daech a pour objectif de « <em>mettre les Juifs hors d’Israël</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Début septembre, en tant que ministre de l’Économie Emmanuel Macron avait participé en Israël à un salon des hautes technologies où il a fait l’éloge de l’esprit entrepreneurial de l’État d’Israël et a appelé les entrepreneurs français innovants ayant immigré en Israël à revenir en France. En tant que candidat à la présidentielle 2017, il exprimé lors de son récent déplacement au Liban, son rejet des pressions et du boycott d’Israël. « <em>Le boycott d’Israël a été condamné par la France et il n’est pas question de revenir là-dessus</em> », a-t-il déclaré lors d’une Conférence à l’Ecole supérieure des Affaires (ESA), un établissement français à Beyrouth, en référence à un arrêt de la Cour de cassation, en 2015, qui l’a rendu ce mot d’ordre illégal.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour Benoit Hamon, les Israéliens sont « <em>illégaux en Palestine</em> », il faut dresser une frontière au milieu de Jérusalem et exclure les juifs de sa partie Est, la présence des « <em>colons </em>» est illégale, ils n’ont aucun droit d’y habiter ou d’y construire leurs habitations, la demande des Palestiniens d’un Etat interdit aux juifs est légitime et il l’a soutient avec enthousiasme, et toute présence juive dans ce qu’il appelle les <em>« territoires occupés </em>» est assimilable à une « <em>colonisation</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Jean-Luc Mélenchon et le parti de gauche se sont exprimés contre Israël à plusieurs reprises. Son opposition a été particulièrement virulente lors de la guerre de Gaza en 2014. Ses nombreux tweets, communiqués et posts étaient très critiques d’Israël, avec des titre tels que : « <em>NON à l’agression militaire israélienne contre Gaza</em> », « <em>Le gouvernement d’Israël martyrise la population de Gaza</em> ». Il a également pris l’initiative d’organiser un rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien, accusant Israël de crimes de guerre, et a appelé les militants et les citoyens à amplifier la campagne Boycott, Désinvestissements, Sanctions (BDS) pour briser l’impunité israélienne.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Marine Le Pen avance en terrain miné s’agissant d’Israël. L’antisémitisme notoire de son père Jean-Marie et son sionisme « intéressé » (il est sioniste car cela permettrait de se « débarrasser » des juifs de France grâce à l’alya) lui donnent aujourd’hui peu de crédit et la communauté juive doute fortement de sa sincérité lorsqu’elle déclare sa « <em>solidarité au peuple israélien victime du terrorisme islamiste</em><a style="color: #000000;" href="#_ftn1" name="_ftnref">[1]</a> », puisqu’elle donne encore le sentiment d’instrumentaliser le sujet à des fins politiques.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">D’autre part, invitée de <em>L’Émission Politique</em> sur France 2, la candidate frontiste a rappelé qu&rsquo;elle était opposée à la double nationalité extra-européenne, évoquant notamment les Franco-israéliens. Alors que la journaliste Léa Salamé interrogeait la leader frontiste si, dans le cas où elle était élue, elle comptait «  <em>demander aux Juifs français de renoncer à leur double nationalité israélienne </em>», Marine Le Pen a répondu : « <em>Israël n’est pas un pays européen. Je crois que même Israël accepte de le dire et de le penser. Je suis contre la double nationalité extra-européenne </em>». &#8211; j« <em>Donc vous demandez ce soir aux Juifs français qui nous regardent de renoncer, s&rsquo;ils voulaient avoir une double nationalité </em>», a insisté la journaliste.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« <em>Eux et les autres (&#8230;) Ce n’est pas aux Juifs mais aux Israéliens à qui je demande de choisir leur nationalité </em>», a-t-elle rétorqué.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong><u>IV. SUR LA RECONNAISSANCE DE LA PALESTINE</u></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La ligne de fracture entre les cinq candidats sur ce sujet se situe au même niveau que pour la question de l’islam et l’islamisme en ce sens où le conflit israélo-palestinien est instrumentalisé à des fins de politique intérieure, surtout par les candidats Hamon et Mélenchon.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Benoit Hamon n’a jamais caché son soutien à la reconnaissance d’un Etat de Palestine ni son intention de le faire s’il est élu président de la république : « <em>Je reconnaîtrai l’Etat palestinien. La coexistence de deux Etats est la seule solution qui permettra d’assurer la sécurité et l’intégration de l’Etat d’Israël dans la région et de rouvrir le processus de paix</em> ». Ce n’est pas la première fois que le candidat socialiste évoque la question palestinienne de manière intéressée. Initiateur de la résolution pour la reconnaissance d’un Etat de Palestine votée à l’Assemblée nationale le 2 décembre 2014, il avait reconnu de son propre aveu, rapporté par Le Canard enchaîné du 19 novembre 2014 : « <em>Cette résolution est tout à fait opportune sur le plan électoral. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre de Gaza.</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le programme de Jean-Luc Mélenchon prône la <em>« reconnaissance de l’État de Palestine par la France et par l’UE</em> ». « <em>Nous nous battrons pour la suprématie du droit international sur la force, précise-t-il plus loin, et notamment pour le droit souverain du peuple palestinien à disposer d’un État viable et indépendant, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale et dans le respect du principe du droit au retour des réfugiés, un État palestinien vivant pacifiquement aux côtés d’Israël conformément aux résolutions de l’ONU. </em>»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Emmanuel Macron a de son côté refusé de s’exprimer sur l’idée d’une reconnaissance de l’Etat de Palestine, avant même la conclusion d’un accord de paix entre les deux parties. Dans son programme, il déclare : « <em>La sécurité est pour nous un principe intangible, de même que la légitimité de l’Etat palestinien. Nous devrons chercher les conditions d’une paix juste et durable, qui permette aux deux Etats de coexister en sécurité</em>. »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La présidente du Front national a affirmé qu&rsquo;elle était en faveur d&rsquo;une reconnaissance de l&rsquo;Etat Palestinien, mais à certaines conditions.<em> « La condition essentielle préalable et incontournable c&rsquo;est que la Palestine reconnaisse Israël ». </em>L&rsquo;inverse serait pour elle<em> « un non-sens inadmissible ». </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon a déclaré à ELNET : « <em>Les Palestiniens ont légitimement droit à un Etat. Israël doit également voir respecter son intégrité territoriale et sa sécurité. Les négociations menées depuis quelques années ont été un échec. L’idée d’organiser une conférence sur la paix à Paris sans les parties au conflit n’avait aucun sens. Je suis contre une reconnaissance unilatérale mais pour le dialogue et la volonté commune de parvenir à une solution territoriale</em> ».</span></p>
<hr />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong><u>V. SUR LES RELATIONS DE LA FRANCE AVEC LES PAYS DU GOLFE</u></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Concernant l’alliance avec les pays du Golfe, François Fillon estime que les partenaires arabes de la France doivent clarifier leurs positions. Il n’est pas possible d’un côté que ces Etats nous soutiennent officiellement lorsque nous intervenons au Moyen-Orient et d’un autre coté ferment les yeux sur les financements privés qui alimentent le flot des fondamentalistes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le 30 septembre 2014 sur France 24, Marine Le Pen avait déclaré :<em> « La France doit rompre ses relations avec le Qatar et l’Arabie saoudite, qui ont aidé, assisté et financé les fondamentalistes islamistes à travers le monde. Il faut s’appuyer sur les pays musulmans qui luttent contre le fondamentalisme </em>», en citant les Émirats arabes unis et l’Égypte, et appelant de ses vœux « une grande coalition ». « <em>La première chose à faire est de s&rsquo;attaquer à la tête et la tête, on le sait, ce sont des pays comme le Qatar. On ne peut pas continuer à avoir des relations économiques, des conventions fiscales avantageuses pour un pays comme le Qatar, à le laisser intervenir dans nos entreprises alors que nous savons pertinemment que c&rsquo;est ce pays notamment qui aide, finance, assiste le fondamentalisme islamiste dans le monde </em>», a –t-elle ensuite déclaré sur Europe 1. « <em>Je suis évidemment extrêmement inquiète du développement de ce califat pour lequel le gouvernement français porte une part de responsabilité, celui de Nicolas Sarkozy mais également celui de François Hollande. (&#8230;) Ils l&rsquo;ont beaucoup renforcé, avec les Etats-Unis. C&rsquo;est la conséquence des interventions en Libye et en Syrie </em>», estime-t-elle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Emmanuel Macron se déclare favorable au dialogue avec des « <em>puissances nouvelles</em> » qui sont pour lui la Russie, l&rsquo;Iran, la Turquie et l&rsquo;Arabie saoudite, qui constituent des régimes autoritaires avec lesquels il faut néanmoins discuter afin de parvenir à une stabilité sur la scène internationale, ce qui est dans l’intérêt de la France.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon se sont peu exprimés sur le sujet. Si le premier souhaite que la France revoie sa politique vis-à-vis des Etats du golfe, Benoit Hamon se montre assez ouvert. Il aurait, selon le journaliste Georges Malbrunot, co-auteur avec Christian Chesnot du livre <em>Nos chers émirs</em> traitant de la corruption des politiciens français par les pétromonarchies du Golfe, demandé de l’argent au Qatar qui lui aurait été refusé. Interrogé sur Twitter à ce sujet, Georges Malbrunot n’a pas hésité à répondre sans détour : « <em>Non c&rsquo;est lui qui a demandé de l&rsquo;argent à l&rsquo;ambassade du Qatar mais il a essuyé un refus </em>»<a style="color: #000000;" href="#_ftn2" name="_ftnref">[2]</a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sans surprise, Benoît Hamon est des plus compréhensifs à l’égard des dérives l’islam. Il déclarait ainsi que si l’opinion publique percevait la doctrine de Mahomet comme une menace, c’était le simple résultat d’une politique gouvernementale « <em>stigmatisante</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">***</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous vous avons donc proposé dans ce document une synthèse des multiples déclarations des principaux candidats à la présidentielle sur les questions de politique internationale qui ont eu incidence sur la relation bilatérale France-Israël. Si Emmanuel Macron vient enfin de dévoiler son programme, des ombres demeurent encore sur certains points de politique étrangère ainsi que pour les autres candidats. Ces questions-là, peu évoquées dans les médias par les candidats, sont pourtant d’importance cruciale puisqu’elles ont très souvent un impact sur la politique intérieure de la France. De ce point de vue, les semaines à venir seront décisives et confirmeront ou infirmeront certains propos.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" href="#_ftnref" name="_ftn1">[1]</a> Tweet du 8 janvier 2017</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" href="#_ftnref" name="_ftn2">[2]</a> Tweet de Georges Malbrunot, 23 janvier 2017</span></p>
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		<title>Présidentielle : Fillon  et Macron au coude-à-  coude, Le Pen en tête</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2017 09:57:51 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Figaro &#8211; par Judith Waintraub Selon un sondage Kantar Sofres-One Point pour Le Figaro, RTLet LCI, François Fillon et Emmanuel Macron obtiendraient 22 % et 21 % au premier tour de la présidentielle, devancés par Marine Le Pen. Un grand vent d&#8217;incertitude souffle sur la présidentielle. Réalisée les 26 et 27 janvier, notre enquête Kantar [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Figaro &#8211; par Judith Waintraub</span></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Selon un sondage Kantar Sofres-One Point pour Le Figaro, RTLet LCI, François Fillon et Emmanuel Macron obtiendraient 22 % et 21 % au premier tour de la présidentielle, devancés par Marine Le Pen.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un grand vent d&rsquo;incertitude souffle sur la présidentielle. Réalisée les 26 et 27 janvier, notre enquête Kantar Sofres-OnePoint pour Le Figaro, RTL et LCI montre que les accusations d&#8217;emplois fictifs lancées contre le couple Fillon  ont un impact sur les intentions de vote au premier tour. En effet, notre sondage mesure un resserrement entre François Fillon et Emmanuel Macron désormais au coude-à-coude avec respectivement 22% et 21%, si François Bayrou n&rsquo;était pas candidat. La qualification de Marine</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Pen au second tour reste l&rsquo;hypothèse la plus probable à ce stade, avec 25% des suffrages. Mais quel que soit son adversaire final, la présidente du Front national est battue en duel. Quant à la candidature de Benoît Hamon, crédité de 15% des intentions de vote, elle inverse la hiérarchie à gauche. Le député des Yvelines devance en effet Jean-Luc Mélenchon, relégué à la cinquième place avec seulement 10 % des intentions de vote. Marine Le Pen battue au second tour dans tous les cas</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">«À trois mois de la présidentielle, on peut parler d&rsquo;un écart entre Fillon et Macron qui n&rsquo;est plus que de l&rsquo;épaisseur du trait», constate Emmanuel Rivière, le directeur général France de Kantar Public. «Dans ce contexte particulier de la révélation de l&rsquo;affaire des emplois fictifs, la qualification de Fillon au second tour n&rsquo;est plus garantie», selon Emmanuel Rivière, qui précise que «le décrochage ducandidat de la droite et du centre par rapport à sa position dominante au lendemain de sa victoire à la primaire n&rsquo;est pas entièrement dû à ses ennuis judiciaires, mais à un tassement de sa dynamique de campagne».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Autre signe d&rsquo;inquiétude pour Fillon: il ne battrait Le Pen qu&rsquo;à 60 % contre 40 % des suffrages, tandis que Macron, lui, creuserait l&rsquo;écart à 65 % des voix contre 35 % pour la présidente du Front national. Emmanuel Rivière estime que ce différentiel «tient autant aux déboires récents de l&rsquo;ex-premier ministre qu&rsquo;au positionnement très rigide qu&rsquo;il a adopté après la primaire à la fois sur les questions sociales et sociétales». «Le choix entre Fillon et Le Pen apparaît compliqué pour un électeur de gauche», résume le directeur général France de Kantar Public.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><img loading="lazy" class="alignnone size-full wp-image-2113" src="http://elnetwork.kamendo.com/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-1.png" alt="Intentions de vote elections Présidentielles 1" width="774" height="421" srcset="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-1.png 774w, https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-1-300x163.png 300w, https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-1-768x418.png 768w" sizes="(max-width: 774px) 100vw, 774px" /> <img loading="lazy" class="alignnone size-full wp-image-2114" src="http://elnetwork.kamendo.com/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-2.png" alt="Intentions de vote elections Présidentielles 2" width="779" height="434" srcset="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-2.png 779w, https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-2-300x167.png 300w, https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2017/01/Intentions-de-vote-elections-Présidentielles-2-768x428.png 768w" sizes="(max-width: 779px) 100vw, 779px" /></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Quelques atouts</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans ce «match pour la deuxième place», selon la formule du sondeur, François Fillon conserve tout de même quelques atouts: en termes de «sûreté de choix», il est à 61 %, tandis que le fondateur d&rsquo;En marche! n&rsquo;est qu&rsquo;à 41 %. «La dynamique est plutôt favorable à Macron mais la solidité, plutôt favorable à Fillon», résume Emmanuel Rivière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans ce «match pour la deuxième place», selon la formule du sondeur, François Fillon conserve tout de même quelques atouts : en termes de «sûreté de choix», il est à 61 %, tandis que le fondateur d&rsquo;En marche ! n&rsquo;est qu&rsquo;à 41 %. «La dynamique est plutôt favorable à Macron mais la solidité, plutôt favorable à Fillon», résume Emmanuel Rivière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">À gauche, la qualification de Benoît Hamon apparaît comme un facteur d&rsquo;incertitude supplémentaire, même si elle ne bouleverse pas la donne. Jusqu&rsquo;à présent, le vainqueur de la primaire, quel qu&rsquo;il soit, semblait condamner à arriver cinquième au premier tour. Dans notre enquête, le candidat du PS dame le pion à Jean-Luc Mélenchon. Ce qui, avec 10 %, ramènerait Mélenchon à un point de son score de la présidentielle de 2012. «Un nouveau match dans le match est créé, et il est totalement ouvert, car il y a une très grande fluidité entre les deux électorats», estime Emmanuel Rivière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Selon lui, le « défi »pour le candidat de la France insoumise est de surmonter « la concurrence que lui fait Hamon à la gauche du PS, avec l&rsquo;avantage d&rsquo;apparaître comme un homme nouveau alors qu&rsquo;il est membre du Parti socialiste depuis vingt-cinq ans». Mélenchon doit donc renouveler son discours par rapport à celui qu&rsquo;il tenait lors de sa dernière campagne présidentielle et montrer qu&rsquo;il est une force de proposition, l&rsquo;une des clés du succès de Hamon étant d&rsquo;avoir fait en sorte que le débat s&rsquo;articule autour de ses idées. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;ex-leader du Front de gauche peut aussi espérer que les sympathisants socialistes qui soutenaient Manuel Valls réagissent à la défaite de leur champion en s&rsquo;éparpillant et en rejoignant Emmanuel Macron. Si c&rsquo;était le cas, la progression de Benoît Hamon pourrait être au moins en partie entamée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">«Les mouvements d&rsquo;un électorat à l&rsquo;autre sont facilités par la présence dans la compétition du fondateur d&rsquo;En marche !, remarque Emmanuel Rivière. Il bouscule les équilibres et crée des passerelles.» L&rsquo;instabilité des rapports de forces a incité Kantar Sofres à tester un second tour Macron-Fillon. L&rsquo;ex-ministre de l&rsquo;Économie battrait le candidat de la droite 58 % contre 42 %. «Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;hypothèse qui semble sortir du rapport de forces, explique le sondeur, mais nous n&rsquo;avons pas souhaité donner le sentiment qu&rsquo;il y aurait des duels annoncés et que les choses seraient figées, à trois mois du scrutin.»</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>« François Fillon se trompe de “totalitarisme” au Moyen-Orient »</title>
		<link>https://elnetwork.fr/publications/francois-fillon-se-trompe-de-totalitarisme-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Dec 2016 10:08:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Relations régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[amalgame]]></category>
		<category><![CDATA[droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a bien « un totalitarisme » qui menace la France et sa République depuis le Moyen-Orient. Mais le candidat de la droite fait un dangereux amalgame</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Par le Monde &#8211; Jean Pierre Filiu</span></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a bien « un totalitarisme » qui menace la France et sa République depuis le Moyen-Orient. Mais le candidat de la droite fait un dangereux amalgame, estime Jean-Pierre Filiu, spécialiste en histoire du Moyen-Orient contemporain.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">François Fillon a privilégié comme support de sa victorieuse campagne pour la primaire de la droite un livre intitulé Vaincre le totalitarisme islamique (Albin Michel, 162 pages, 9 euros). Un tel titre claque comme une proclamation, voire un acte de foi. L’ouvrage lui-même a été écrit en six semaines, sous le choc de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Avec quelque 60 000 exemplaires vendus, il a déjà trouvé son public. Gageons que l’écrasant succès du député de Paris, le 27 novembre, face à Alain Juppé, va encore accentuer l’intérêt pour un manifeste explicitement « antitotalitaire ». Car M. Fillon, dans ses interventions vibrantes sur le sujet, ne propose pas juste une analyse, il expose un programme, avec une obsession toute gaullienne : « vaincre ». </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">Le problème est que, à mal désigner l’ennemi, on s’expose non seulement à des combats douteux, mais à voir retournées contre soi les armes dévoyées de leur but. Alors commençons par le commencement, la définition de l’adversaire : « Un mouvement puissant, visant à prendre le contrôle d’une grande partie du monde avec des méthodes et une idéologie totalitaires, voire une tentation génocidaire, à l’encontre des chrétiens d’Orient, des juifs qu’ils veulent expulser d’Israël. » On frémit déjà à ce simple énoncé, avant que M. Fillon n’ajoute que ce totalitarisme veut créer les conditions d’une « troisième guerre mondiale ». Ce mouvement est d’autant plus « puissant » à ses yeux qu’il amalgame salafistes et Frères musulmans, wahhabites d’inspiration saoudienne et « intégristes » de toutes obédiences. C’est ce qui s’appelle, en langage familier, charger la barque. </span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><b>Contradictions </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">M Fillon balaie les contradictions pourtant violentes qui ont jeté tous ces courants les uns contre les autres, surtout ces dernières années. Pour ne citer qu’un imbroglio parmi d’autres, l’Arabie saoudite a soutenu sans réserve en Egypte à la fois les militaires et les salafistes, et ce contre les Frères musulmans, appuyés en retour par le Qatar&#8230; wahhabite. Alors, qui est « totalitaire » dans cette crise ? Les uns ou les autres, ou bien tous de manière indiscriminée ? M. Fillon invente dès lors un totalitarisme d’un type nouveau, car pluriel, alors que les totalitarismes sont marqués historiquement par une organisation de type hégémonique et un corps de doctrine exclusif. Cela fait une décennie que je n’hésite pas à qualifier de « totalitaire » le djihadisme sous la forme d’Al-Qaida, puis de l’organisation Etat islamique (EI). Un tel totalitarisme exerce au jour le jour sa terreur à l’encontre des populations, musulmanes dans leur écrasante majorité, tombées sous le joug djihadiste. L’assassin qui a perpétré le carnage de Nice peut et doit être qualifié de « djihadiste ». On voit en revanche mal comment le terme « islamique » pourrait lui être appliqué, tant sa foi et sa pratique étaient discutables d’un point de vue musulman. J’avais alors soumis au débat le concept de « nouvelle religion » et de « secte djihadiste », à forte dimension millénariste, auquel le terroriste de Nice se serait « converti ». Ce totalitarisme djihadiste vise bel et bien, pour reprendre les propos de M. Fillon, à « prendre le contrôle d’une grande partie du monde », mais du monde&#8230; musulman.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><b>Se draper dans la mémoire de Charles de Gaulle</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"> Quant à la comparaison entre les quelques dizaines de milliers de combattants de l’EI et la formidable puissance de l’Allemagne nazie, elle magnifie au-delà du raisonnable la menace djihadiste, faisant ainsi le jeu de la propagande des totalitaires de ce temps. Une telle invocation de Hitler permet à M. Fillon de se draper dans la mémoire de Charles de Gaulle et de se réclamer de l’alliance antifasciste avec le « diable » Staline. On ne relèvera pas les libertés prises avec l’histoire du second conflit mondial, bientôt suivie par la guerre froide et la division de l’Europe. Le Staline de ce temps est-il Vladimir Poutine ou Bachar Al-Assad ? On ne le saura jamais. Cela risquerait, en tout cas, d’être discourtois pour l’un et démesuré pour l’autre. Sous couvert de dénoncer un totalitarisme moderne, M. Fillon verse en fait dans les amalgames qui ont nourri les pires escalades de ce siècle : on connaît la chanson, celle de la « guerre globale contre la terreur », martelée à la tribune des Nations unies par George W. Bush en 2002 et par Vladimir Poutine en 2015. Toute forme d’opposition est accusée de « terrorisme », ce qui permet de la combattre militairement, puis d’abstraire ce combat des normes du droit international. Au moins Barack Obama avait-il tenté de recentrer sa campagne antiterroriste contre la seule Al- Qaida, avec les succès que l’on sait. Mais les despotes arabes, à commencer par le Syrien Bachar Al-Assad, ont préféré alimenter le monstre djihadiste plutôt que de céder la moindre parcelle de pouvoir face à une contestation initialement pacifique. Et, quand l’épouvantail djihadiste a commencé de perdre des couleurs, l’armée d’Assad s’est retirée de Palmyre, livrée à l’EI en mai 2015, et reconquise dix mois plus tard sous la houlette du Kremlin.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;"><b>La militance chiite épargnée</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333333;">On aurait aimé entendre M. Fillon, homme de convictions et d’engagements, sur tous ces sujets. On souhaiterait comprendre par quel tour de passe-passe son « totalitarisme islamique », si généreusement étendu à tant de courants sunnites, épargne avec un tel tact la militance chiite d’aujourd’hui. La République islamique d’Iran serait-elle démocratique, au motif que des élections s’y déroulent régulièrement, alors que son Guide suprême, l’ayatollah Khamenei, conserve un pouvoir sans partage depuis 1989 ? Et le « Parti de Dieu » libanais, en arabe Hezbollah, est-il totalitaire ou antitotalitaire pour M. Fillon ? Et les milices irakiennes et afghanes, encadrées par les gardiens de la révolution venus d’Iran, qui participent avec le Hezbollah à la démolition d’Alep, une des plus anciennes cités de l’humanité ? M. Fillon ne peut prétendre à « vaincre le totalitarisme », avec ou sans épithète, sur la base d’un pamphlet rédigé au fil de la plume et de concepts taillés à la hache. Une pensée opérationnelle doit se frotter sans crainte aux enjeux du moment. Et un homme d’Etat ne peut désigner le Moyen-Orient comme l’épicentre d’un totalitarisme et demeurer néanmoins silencieux sur le sort d’Alep. Que le candidat des Républicains n’hésite plus, qu’il s’exprime enfin sur Alep. Qu’il choisisse son camp, si telle est son inclination. Son propos a le mérite de la clarté, il lui reste à devenir crédible. C’est la moindre des choses quand on nourrit légitimement les ambitions qui sont les siennes.</span></p>
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		<title>Entretien avec Alain Juppé</title>
		<link>https://elnetwork.fr/vie-politique-francaise/entretien-avec-alain-juppe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Nov 2016 20:43:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet de campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Juppé]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[politiques étrangères et affaires intérieurs".]]></category>
		<category><![CDATA[primaires]]></category>
		<category><![CDATA[Questionnaire à l'attention des candidats au second tour des primaires de la droite et du centre : "Relations internationales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Questionnaire à l'attention des candidats au second tour des primaires de la droite et du centre : "Relations internationales, politiques étrangères et affaires intérieurs".</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Questionnaire à l&rsquo;attention des candidats au second tour des primaires de la droite et du centre : « Relations internationales, politiques étrangères et affaires intérieurs ».</p>
<p>A l’approche du match final qui désignera dimanche soir le candidat de la droite et du centre pour la présidentielle, chaque réponse compte pour guider le choix des électeurs. Vos réponses à notre premier questionnaire ont suscité de nombreuses réactions et ont été largement partagées (milliers de mails sur l’ensemble du territoire à notre réseau d’affiliés et personnalités d’influence, centaines de partages via les réseaux sociaux). C’est pourquoi nous souhaitons vous proposer de renouveler l’exercice avec cette série de sous-questions plus précises concernant les grands dossiers auxquels vous vous attèlerez en matière de politique étrangère mais aussi de politique intérieure, certaines menaces pesant aujourd’hui sur notre pays ne permettant plus de distinguer l’une et l’autre :</p>
<hr />
<p><u><b>1. L&rsquo;Islam radical en France :</b></u></p>
<p><strong>• Quelle sera votre réponse face aux djihadistes de Daech de retour en Europe ?</strong></p>
<p>La réponse doit être de la plus grande fermeté. Sur ce sujet, il s&rsquo;agit d&rsquo;une part d&rsquo;améliorer notre connaissance des flux, et d&rsquo;autre part, d&rsquo;avoir les moyens d&rsquo;y répondre. Aussi, j&rsquo;ai proposé de recréer un véritable réseau du renseignement territorial, de proximité, lequel a été très affaibli avec la suppression des « renseignements généraux » en 2008. Il sera chargé d&rsquo;identifier en amont les personnes radicalisées à partir des « signaux faibles » récoltés sur le terrain et déjouer les projets d&rsquo;attentats terroristes. Sur le second volet, je rétablirai la double peine pour expulser les condamnés étrangers radicalisés et créerai un délit de séjour pour toute personne s&rsquo;étant rendu ou ayant tenté de le faire sur un théâtre extérieur d&rsquo;opérations terroristes. Tous les moyens à notre disposition devront être employés : nouvelles technologies comme la biométrie et la reconnaissance comportementale, coopération européenne entre services de renseignements. Rien ne doit être oublié dans la lutte contre ce fléau.</p>
<p><b>Quel est votre positionnement vis-à-vis des relais des Frères musulmans en France ? Comment comptez-vous mettre un terme à la complaisance publique accordée à certaines organisations ou associations soutenant soit à visage découvert, soit de manière plus insidieuse, l’islam politique ?</b></p>
<p>Il faut être totalement mobilisés face aux organisations, françaises ou étrangères qui , font l&rsquo;apologie ou la promotion, sur notre territoire, d&rsquo;idées contraires aux valeurs de la République. Je serai de la plus grande vigilance à l&rsquo;égard des lieux de culte dans le but de fermer les mosquées radicales, d&rsquo;expulser les imams salafistes et de sanctionner effectivement toutes les personnes qui consultent des sites djihadistes pour mettre fin à l’endoctrinement sur internet.</p>
<p><b>• Comment accompagner les imams au renforcement d’un islam de France délesté des courants et pressions islamistes en son sein ?</b></p>
<p>Tout ce qui peut éradiquer l&rsquo;influence étrangère dans la formation des imams de France est une bonne chose. Il faut trouver des moyens de financements français pour cette formation et il faut pouvoir s&rsquo;assurer que cette formation se fasse en accord avec les principes fondamentaux de la République. .</p>
<p><b>• Quelle serait pour vous une politique de déradicalisation efficace ?</b></p>
<p>Le premier objectif d&rsquo;une politique efficace de déradicalisation est déjà d&#8217;empêcher qu&rsquo;elle ne se produise. Cela veut dire un investissement fort dans le développement économique et social des quartiers dans lesquels on observe ces mouvements. Cela veut dire l&rsquo;incarcération ou l&rsquo;expulsion des personnes qui en font l&rsquo;apologie. Cela veut dire aussi faire que nos prisons cessent d&rsquo;être des incubateurs de radicalisation : isolement des détenus radicalisés, fouilles systématiques pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;ils ne disposent pas de téléphone portable, surveillance des courriers… Je suis d&rsquo;ailleurs le seul à proposer la création d&rsquo;une police pénitentiaire qui serait chargée de ces missions.Faire tout cela serait déjà un grand progrès .</p>
<hr />
<p><b><u>2. Crise migratoire :</u></b></p>
<p><b>• Comment comptez-vous gérer les immigrants illégaux présents aujourd’hui en France ?</b></p>
<p>Je veux une immigration illégale zéro. Cela commence par indiquer clairement les principes sur lesquels notre politique migratoire est fondée . Pour ma part, je les ai énoncés distinctement depuis longtemps : je conditionnerai l&rsquo;acquisition de la nationalité française pour les enfants nés en France (droit du sol) à la régularité du séjour d&rsquo;au moins un des deux parents au moment de la naissance. Je ferai voter chaque année au Parlement un plafond d’immigration et une répartition par type d’immigration (% étudiants, % travail, % regroupement familial). Je mettrai en place un système par points qui permette d’accueillir en France les profils d’étrangers dont notre économie a besoin.<br />
Je limiterai fortement le regroupement familial en le conditionnant à l’exercice d’un emploi, ce qui n&rsquo;est pas le cas aujourd&rsquo;hui et en renforçant les conditions liées à la durée de séjour préalable et aux revenus. Les étrangers qui font venir leur famille en France doivent avoir les moyens de subvenir aux besoins de leur famille et ne pas vivre des allocations chômage.<br />
Enfin il faut que l&rsquo;administration en charge soit plus efficace. Je préconise d&rsquo;abord l&rsquo;établissement d&rsquo;une liste européenne de pays sûrs. Les demandes d&rsquo;asile en provenance de ces pays seront systématiquement rejetées. Ensuite la lenteur dans le traitement des dossiers ne peut que contribuer à créer des situations « grises ». Je pense que réduire très fortement les délais d&rsquo;examen des demandes d&rsquo;asile, et reconduire systématiquement, dans les faits , à la frontière les demandeurs déboutés, est ce qui permettra de lutter contre le détournement du droit d&rsquo;asile.</p>
<p><b><br />
• Que pensez-vous des centres d’accueil pour migrants ouverts récemment à Paris et quelle alternative auriez-vous souhaité mettre en place ?</b></p>
<p>C&rsquo;est ici une question pour a maire de Paris. Notre capitale attire forcément beaucoup de migrants par son niveau de richesses.. Je me suis prononcé pour une répartition harmonieuse et concertée des migrants sur le territoire.</p>
<p><b>• Comment faites-vous la distinction entre migrants économiques et réfugiés politiques ?</b></p>
<p>Il y a un organisme en France qui est chargé justement de faire la distinction. C&rsquo;est l&rsquo;OFPRA, l&rsquo;office français de protection des réfugiés et des apatrides. Il y a des critères bien précis pour pouvoir accorder le statut de réfugié politique, en accord avec nos engagements internationaux.</p>
<p><b>• Dans quelle mesure souhaitez-vous « fermer les frontières » et/ou « stopper l’immigration » ?</b></p>
<p>Il faut absolument assurer un véritable contrôle des frontières à l&rsquo;intérieur et à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;UE et négocier un nouveau traité pour remplacer Schengen. La France et l’Europe doivent avoir le contrôle de leurs frontières. Cela ne pourra se faire qu&rsquo;en donnant à Frontex, l&rsquo;agence européenne chargée des frontières extérieures des moyens sans commune mesure avec ceux dont elle dispose aujourd&rsquo;hui. Il faut aussi conclure des accords souverains avec les pays d&rsquo;origine des migrants économiques pour rendre leur réadmission effectiv<br />
Enfin, nous ne réussirons pas sur le long terme si, d&rsquo;une part, n&rsquo;est pas mis en place au niveau international une gestion coordonnée de ces phénomènes et si, d&rsquo;autre part, nous ne contribuons pas à régler, dans les pays d&rsquo;origine, les causes de ces départs. Sur le premier point, il faudra mobiliser l&rsquo;Europe et ses moyens financiers pour un traitement digne et soutenable des réfugiés dans le voisinage de la Syrie en attendant un règlement politique permettant leur retour. Et il faudra engager une coopération internationale dans les enceintes pertinentes de l&rsquo;ONU. Sur le second, je propose de lier davantage nos politiques de développement aux efforts faits par les pays de départ pour une gestion responsable des migrations.</p>
<hr />
<p><b><u>3. L’Europe et la Russie</u></b> :</p>
<p><b>• Face aux velléités expansionnistes du Président Poutine (déjà éprouvées en Crimée) et face à l’éventuel effacement des Etats-Unis au sein de l’OTAN (déclarations de Trump en la matière), pensez-vous qu’il faille contenir la démarche des Russes et comment comptez-vous soutenir les Etats baltes proeuropéens s’ils étaient menacés ?</b></p>
<p>Je ne suis ni poutinolâtre, ni poutinophobe. Je défends les intérêts de la France et de la paix. C&rsquo;est tout.</p>
<p>Mon message à la Russie est simple : la Russie et l’Union européenne ne sont pas des rivales<br />
Mais il appartient aussi à la Russie de tourner la page de l’après-guerre froide, de renoncer aux nostalgies passéistes et aux divisions d’autrefois, et de respecter les accords internationaux qui fondent la paix européenne. Le rapport de force, le réarmement et les vieilles logiques de blocs, en mer Baltique, en mer Noire ou ailleurs, ne peuvent être les seuls critères d’une diplomatie. Ils n&rsquo;aboutissent qu&rsquo;à la confrontation – et elle viendrait vite si des membres de l&rsquo;OTAN étaient menacés.</p>
<p>Un partenariat avec la Russie est possible . Notre dialogue politique doit reprendre. Je souhaite qu’une pleine application des accords de Minsk avec l’Ukraine permette une levée des sanctions et une baisse des tensions.</p>
<p><b>• Partagez-vous l’idée que le modèle russe, qui séduit beaucoup de courants politiques en Europe, est « autoritaire et nationaliste » ? Pensez-vous que cela soit un problème ou représente une menace pour l’Europe ?</b></p>
<p>Nous savons très bien ou mènent l&rsquo;autoritarisme et le nationalisme en Europe et cela nous rappelle les heures sombres des années 1930, de la Grande Dépression et les ferments des pires abominations qui soient.</p>
<p><b>• Face à la montée des partis populistes en Europe, quel modèle pensez-vous que la France doit incarner en Europe ?</b></p>
<p>La France a une responsabilité particulière en Europe. Membre fondateur de l&rsquo;Union européenne, dorénavant seul membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et seule puissance nucléaire de l&rsquo;Union Européenne , elle doit porter un message de paix mais aussi de fermeté face aux entorses à la règle de droit et aux ingérences. Elle ne pourra y parvenir que si elle est crédible. Crédible en combattant le terrorisme tout en respectant l&rsquo;état de droit. Crédible en réussissant son redressement économique, condition de notre compétitivité et de la pérennisation de notre modèle social, tant envié ailleurs en Europe.</p>
<p><b>• Dans la résolution du conflit en Syrie, s’il fallait négocier avec la Russie et ses alliés (Iran, Hezbollah), quelle solution politique la France défendrait-elle ?</b></p>
<p>En Syrie, nous sommes dans une impasse totale. Les trêves échouent les unes après les autres. Nous ne devons pas renoncer à l’exigence de justice et de paix pour le peuple syrien. Nous avons une priorité, combattre Daech. Mais ce ne peut être une raison pour, comme le fait la Russie en voulant liquider toute opposition respectable au régime, s’allier avec Assad, qui est responsable de la mort d’au moins 300 000 de ses compatriotes. Je suis d&rsquo;ailleurs très préoccupé à l&rsquo;idée d&rsquo;une alliance impliquant la Russie, l&rsquo;Iran et le Hezbollah dont je rappelle que c&rsquo;est une organisation terroriste qui menace la sécurité d&rsquo;Israel. La Russie doit donc réfléchir sérieusement et sincèrement à une solution politique. Attendre encore et bombarder toujours, avec l’illusion d’une victoire totale, c’est se rendre complices de crimes de guerre et, pour la Russie, prendre le risque de s’enliser dans un nouvel Afghanistan.</p>
<hr />
<p><b><u>4. Moyen et Proche-Orient :</u></b></p>
<p><b>• Si vous étiez élu Président de la République, quelle initiative française engageriez-vous pour accompagner la reconstruction du Moyen-Orient ?</b></p>
<p>La situation au Moyen-Orient est source d&rsquo;inquiétudes, la zone concentrant tous les types de crises. L’élection du nouveau président américain va conduire à des changements profonds, dont on ne connait ni les orientations qui seront réellement prises, ni leurs effets de long terme. La communauté internationale doit s’engager davantage. Ce doit être le fait des Etats-Unis, qui doivent résister à la tentation isolationniste. Mais ce doit être aussi le cas de l&rsquo;Union européenne, dont nous devrons remobiliser les membres pour qu&rsquo;ils s’engagent de manière beaucoup plus homogène, cohérente et forte.</p>
<p><b>• Quelle place accordez-vous à la relance du processus de paix israélo-palestinien ? Sur ce dossier, toute initiative sans l’accord des deux parties est-elle envisageable ?</b><br />
J&rsquo;ai toujours été l&rsquo;ami d&rsquo;Israël, convaincu que sa sécurité n&rsquo;est pas négociable et que nos deux pays sont liés par des liens d&rsquo;une force inaltérable tissés par l&rsquo;histoire et la foi commune dans la démocratie entre autres. Je suis convaincu aussi que la paix et la sécurité au Proche-Orient passent par un accord durable entre les Israéliens et les Palestiniens, c&rsquo;est-à-dire par l&rsquo;existence de deux Etats, vivant dans des frontières sûres et reconnues, capables de garantir leur sécurité, ayant Jérusalem pour capitale. Ceci exige des négociations et il est du devoir de la communauté internationale de tout faire pour qu&rsquo;elles reprennent directement entre les deux parties car le blocage actuel est excessivement dangereux. Je le souhaite notamment pour la sécurité d&rsquo;Israel.</p>
<p><b><br />
• L’Etat d’Israël est très attaché à l’unité de sa capitale Jérusalem : dans le cadre d’un accord de paix, quelle serait votre position concernant le statut final de Jérusalem ? Des réfugiés palestiniens ?</b></p>
<p>Pour ma part, je suis et serai toujours attentif à ce que soit garanti le respect des lieux sacrés du judaïsme à Jérusalem et reconnu le lien indissoluble entre le judaïsme et Jérusalem. Cette ville revêt une importance capitale pour les trois grands monothéismes. Et nul ne saurait se voir contester ce droit fondamental qu’est l’accès aux Lieux Saints de sa foi. C’est la raison pour laquelle je suis attaché à ce que soit respecté le statu quo sur Jérusalem, d’autant plus nécessaire dans les moments où, comme celui que nous vivons, les tensions s’exacerbent.</p>
<p><b>• Comment l’aide apportée à l’Autorité palestinienne, hélas souvent détournée, pourrait-elle gagner en efficacité et permettre un renouvellement de son leadership ?</b></p>
<p>L&rsquo;aide apportée à l&rsquo;Autorité palestinienne sert à consolider ses institutions. Elle n&rsquo;a pas vocation à accélérer ou à ralentir le renouvellement du leadership, question à laquelle seuls les Palestiniens peuvent répondre.</p>
<p><b>• Enfin, si vous êtes élu au second tour, comptez-vous vous rendre au Moyen-Orient et en Israël avant l’élection présidentielle ?</b></p>
<p>J&rsquo;aime énormément cette région, que je connais bien. Un voyage sur place en amont du premier tour de l&rsquo;élection présidentielle fait naturellement partie des déplacements importants que j&rsquo;effectuerai .</p>
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		<title>Primaire de la droite : un débat d’entre-deux tours tendu mais sans coup d’éclat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Nov 2016 11:25:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet de campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Juppé]]></category>
		<category><![CDATA[primaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>François Fillon et Alain Juppé se sont affrontés sur France 2, TF1 et France Inter, jeudi soir, lors d’un ultime « grand oral » avant de laisser les électeurs les départager.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">LE MONDE | Par Matthieu Goar et Alexandre Lemarié </span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon et Alain Juppé se sont affrontés sur France 2, TF1 et France Inter, jeudi soir, lors d’un ultime « grand oral » avant de laisser les électeurs les départager.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’un devait renverser la table, l’autre ne surtout pas commettre une faute irréparable. Stratégies immuables du challenger et du favori. Jeudi 24 novembre, lors du débat de l’entre-deux tours diffusé sur TF1, France 2 et France inter, Alain Juppé avait du retard à rattraper sur un François Fillon devenu le grand favori de cette primaire de la droite depuis son résultat canon du premier tour, dimanche. L’enjeu était immense pour les deux hommes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Après 72 heures d’échanges acerbes entre leurs camps, certains redoutaient un pugilat sur le plateau. Il n’en a rien été. Aucun coup d’éclat majeur n’est venu perturber ce débat. Loin des attaques frontales qui avaient jusqu’ici émaillé l’entre-deux tours. Il y a bien eu des discussions techniques sur la santé ou l’emploi, quelques passes d’armes sur l’avortement ou le rapport à l’extrême droite, et quelques formules bien senties. « Les Français qui nous regardent ont droit à la clarté et à la précision », a ainsi lancé le maire de Bordeaux, estimant le projet de son concurrent « irréaliste ». « C’est vrai que mon projet est plus radical, peut-être plus difficile », a rétorqué le député de Paris, tout à sa volonté d’afficher son ardeur réformatrice. Mais dans l’ensemble, l’ambiance, bien que virile, est restée correcte.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b> « Clarification » du projet de M. Fillon</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Depuis un premier tour décevant où il a terminé avec près de seize points de retard sur M. Fillon, M. Juppé avait lancé une phase de « clarification » du projet de son adversaire. Jeudi soir, il a poursuivi, en condamnant une nouvelle fois la « brutalité » des propositions du député de Paris, notamment sur la baisse du nombre d’agents de la fonction publique. « Supprimer 500 000 fonctionnaires, ce n’est pas possible. Ça veut dire ne recruter aucun infirmier, aucun policier, gendarme ou enseignant », a tranché celui qui propose d’en supprimer moitié moins. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sans surprise, M. Fillon a profité de cet échange pour afficher sa ligne libérale en économie. Il a assumé sa volonté de « désétatiser » la France en prenant exemple sur le Royaume-Uni, qui a « supprimé un million d’emplois publics ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le girondin modéré a encore manifesté sa franche hostilité avec l’idée du réformateur thatchérien de faire travailler les personnels de la fonction publique « 39 heures en les payant 37 » : « On ne peut pas demander à des fonctionnaires de travailler plus pour gagner moins », a lancé M. Juppé, en transformant le slogan phare de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais son contradicteur est resté raide sur sa ligne : « Tout le monde doit faire un effort, travailler plus et gagner un peu moins », a asséné M. Fillon. Lire aussi : Si Fillon et Juppé débattaient de l’économie&#8230; par messagerie instantanée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Les deux rivaux ne pouvaient pas non plus échapper à l’un des thèmes majeurs de l’entre-deux tours : l’interruption volontaire de grossesse (IVG). « Je ne toucherai à rien dans ce domaine », a juré le député de Paris, après que son rival a dénoncé ses positions « ambiguës » sur le sujet . « Je trouve que ce procès n’est pas correct », s’est indigné le premier. « Je n’ai fait aucun procès à François Fillon », s’est défendu le second, en se posant en défenseur des droits des femmes : « Pour moi, l’IVG est un droit fondamental. » M. Juppé a aussi accusé M. Fillon d’être soutenu par certaines figures de l’extrême droite, notamment le site identitaire Riposte laïque. « Je ne connais pas cette organisation. Je n’ai rien à voir avec cette attaque », a balayé M. Fillon. Point notable : ce dernier a mis en exergue plusieurs propositions de son projet, qui rappelaient celles de Nicolas Sarkozy, comme « l’assimilation » pour les immigrés, la nécessaire défense des « valeurs » et de l’« identité » française ou son refus du « multiculturalisme ». « Quand on vient dans la maison d’un autre, par courtoisie, on ne prend pas le pouvoir, on respecte cet autre », a-t-il déclaré dans une formule que n’aurait pas reniée l’ex-chef de l’Etat. Une manière pour le député de Paris de donner des gages aux électeurs sarkozystes.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Souligner les divergences </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sans réellement dominer les débats, le favori semble être parvenu à remplir son objectif : ne pas commettre de faute majeure, susceptible de modifier le rapport de forces à l’issue du premier tour, largement en sa faveur. Durant cet échange de deux heures, il n’est jamais apparu vraiment déstabilisé. Sans avoir besoin d’être à l’offensive, il s’est contenté de contrer les charges de son concurrent avec son flegme habituel, tout en employant un ton ferme face aux journalistes à qui il a reproché à plusieurs reprises de « caricaturer » son projet. Son rival, lui, a eu le mérite d’exposer ses pistes de réformes de manière précise. Au risque, parfois, de se perdre dans les détails, en citant beaucoup de chiffres, notamment quand il a abordé les questions fiscales. Alors qu’il avait tout intérêt à « se lâcher », le maire de Bordeaux a paru parfois tendu et emprunté, notamment à la fin de l’émission, lorsqu’il a lâché : « Des regrets, j’en ai beaucoup&#8230; », avant de se reprendre immédiatement : « non en fait pas tellement. » M. Juppé a peiné à trouver le bon positionnement entre la nécessité d’attaquer son rival pour rattraper son retard et le souci de ne pas aller trop loin pour ne pas apparaître trop agressif. Ainsi, il a commencé par s’excuser de l’acidité des débats de ces derniers jours : « Toutes les campagnes amènent à employer des mots un peu forts&#8230; » Jeudi soir, M. Juppé a certes souligné ses divergences avec M. Fillon sur plusieurs points, mais il n’a jamais vraiment interpellé son adversaire pour essayer de faire sortir ce dernier de sa zone de confort. Comme si les réserves exprimées par ses proches ces derniers jours sur son style trop offensif de l’entre-deux tours l’avaient convaincu de baisser de ton. Et comme s’il avait conscience qu’en poursuivant ses critiques frontales, il risquait de perdre des points dans l’électorat de droite, qui exècre les divisions internes. Ce positionnement lui a sûrement donné l’occasion de retrouver ses habits de rassembleur, mais pas forcément le costume du favori. A l’issue de ce grand oral, François Fillon reste plus que jamais en bonne position pour remporter la primaire de la droite.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Enjeux internationaux Comment se positionnent François Fillon et Alain Juppé sur les différentes crises au Moyen-Orient ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2016 18:16:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet de campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[juifs]]></category>
		<category><![CDATA[Juppé]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>François Fillon et Alain Juppé sont sortis vainqueurs du premier tour de la primaire de la droite et du centre dimanche 20 novembre, le premier avec 44,2% des suffrages, le deuxième avec 28,3%. Si leurs programmes économiques ne se distinguent que par peu d’éléments, leur vision de la politique étrangère et du rôle de la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon et Alain Juppé sont sortis vainqueurs du premier tour de la primaire de la droite et du centre dimanche 20 novembre, le premier avec 44,2% des suffrages, le deuxième avec 28,3%. Si leurs programmes économiques ne se distinguent que par peu d’éléments, leur vision de la politique étrangère et du rôle de la France divergent sur plusieurs aspects.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tous deux revendiquent un héritage gaulliste et professent le même attachement à l’indépendance du pays, à sa force nucléaire comme à son appartenance à l’OTAN, à l’Union européenne et à la zone euro. Les deux anciens chefs de gouvernement ont approuvé la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN en 2009. Toutefois, ils ont une une approche sensiblement différente concernant les défis à relever pour l’Union européenne. Chiraquien, Alain Juppé affirme la nécessité des interventions militaires au nom de l’humanitaire. Européen convaincu, il s’inquiète des risques de « dislocation » de l’UE. François Fillon quant à lui, appelle « à bâtir une nouvelle Europe plus respectueuse des nations ». Il insiste notamment sur l’intergouvernemental et les coopérations bilatérales.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Comment évaluent-ils la situation au Moyen-Orient ? Quelle est leur position sur le conflit israélo-palestinien ? Quel rôle pour la France dans la région ? Tant de questions qui préoccupent ELNET, think tank du dialogue stratégique entre la France et Israël.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous proposons ci-dessous une synthèse de leur vision des problématiques au Moyen-Orient par thématique.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur l’islamisme et le terrorisme</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Invité à se prononcer sur les questions internationales lors des débats télévisés, François Fillon a dénoncé « <em>la montée d&rsquo;un phénomène totalitaire </em>», en référence à l&rsquo;islamisme radicale, qui se traduit par « <em>l&rsquo;émergence d&rsquo;un mouvement politique qui fait peser une menace sur la paix mondiale, qui a des tentations génocidaires, et qui veut massacrer les Chrétiens d&rsquo;Orient et expulser les Juifs d&rsquo;Israël. </em>» Dans un entretien accordé au Figaro le 13 octobre dernier, il déclarait : « <em>Il y a une montée de l&rsquo;intégrisme musulman dans la société française. Mais c&rsquo;est au commanditaire qu&rsquo;il faut s&rsquo;attaquer, celui qui entraîne, qui fixe des objectifs, qui dissémine son idéologie mortelle. </em>»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">S’agissant des moyens de lutte contre le terrorisme, François Fillon s’est prononcé pour l’expulsion des « <em>individus dans la mouvance terroriste</em> », quand Alain Juppé prônait l’assignation à résidence des fichés S jugés dangereux. Le premier souhaite empêcher les djihadistes partis combattre en Syrie de revenir en France, quand le second privilégie leur arrestation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si Alain Juppé s’est prononcé pour une restriction du droit du sol, qui serait conditionné à la régularité du séjour d’au moins un des deux parents au moment de la naissance, il peine à nommer la menace islamiste. Dans son discours sur les « enjeux internationaux » du 17 octobre dernier, il évoque le « terrorisme international » comme sa priorité, or, le terrorisme est un moyen d’action, non une idéologie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans un ouvrage collectif paru en 2014 intitulé <em>Les 12 travaux de l’opposition</em>, le maire de Bordeaux forgeait son concept « d’identité heureuse », allant même jusqu’à recommander des « accommodements raisonnables » avec l’islam ce qui lui a valu d’être vivement critiqué par nombre de personnalités politiques dont Nicolas Sarkozy.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon quant à lui, bien que dénonçant avec force l’islamisme comme le fléau de notre société, a élaboré un parallèle historiquement faux avec la communauté juive qui aurait, selon lui, été récalcitrante à se soumettre aux lois de la République : « <em>ll faut combattre cet intégrisme, et il faut le combattre comme d’ailleurs dans le passé je le rappelle on a combattu une forme d’intégrisme catholique ou comme on a combattu la volonté des Juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la république française </em>».</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur la Russie et la Syrie</em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les deux candidats s’opposent nettement sur le conflit syrien et en général sur ce que devrait être la politique française au Moyen-Orient.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alain Juppé a lui mis en garde contre le rôle extrêmement dangereux de l&rsquo;Iran dans la région, « <em>qui soutient au Liban le Hezbollah qui envoie ses roquettes sur Israël </em>». Il reconnaît la nécessité d’un dialogue politique avec la Russie tout en l’appelant « <em>à tourner la page de l’après-Guerre froide</em> » et « <em>à respecter les accords internationaux</em> », faisant ainsi référence à l’annexion par la force de la Crimée au printemps 2014, la première en Europe depuis la fin de deuxième guerre mondiale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon est favorable à un rapprochement stratégique avec la Russie et la Syrie. Il souhaite lever l’embargo imposé à Moscou après l’annexion de la Crimée et coopérer avec le Kremlin sur la question syrienne. Il prône aussi une alliance avec Bachar Al-Assad et une coalition avec la Russie pour éradiquer l’organisation Etat islamique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alain Juppé, bien que favorable au dialogue avec Moscou, est très critique vis-à-vis de la Russie à laquelle il reproche ses bombardements sur Alep et son alliance avec le régime de Bachar Al-Assad. Il s’oppose par ailleurs à une intervention militaire au sol en Syrie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon estime que Bachar el-Assad peut rester au pouvoir : « <em>si Bachar el-Assad est encore au pouvoir, c&rsquo;est qu&rsquo;il a un soutien populaire </em>». « <em>Il n&rsquo;y a pas, à l&rsquo;heure actuelle, d&rsquo;autre alternative politique dans le pays. Si Bachar el-Assad s&rsquo;en va, il y aura les islamistes, il y aura les Frères musulmans. </em>»</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon demande une « <em>coalition avec les Russes</em> », à un moment où « <em>l’Amérique et la Russie se réconcilient par-dessus nos têtes </em>», et ce afin de faire face à la « <em>menace mondiale</em> » que fait peser l’organisation Etat islamique.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur Israël</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En 2014, François Fillon avait accusé Israël de menacer la paix mondiale en retardant la création d’un État palestinien. Un an plus tard, l’ancien Premier ministre avait appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël pour parvenir à un règlement du conflit israélo-palestinien. En novembre 2015, il défend l’étiquetage des produits israéliens des localités juives de Cisjordanie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un revirement intervient cependant en février 2016 où il affirme alors « <em>n’avoir pas de leçon à donner à Israël </em>» et se prononce finalement contre l’étiquetage des produits israéliens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un mois plus tard, en Iran, François Fillon a rappelé « <em>la position de la France vis-à-vis de son alliée, Israël, qui a droit à la sécurité et dont l’existence ne peut être mise en cause. Sans cela, les palestiniens ne pourront faire prévaloir leur droit légitime à un Etat</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Lors du troisième et dernier débat de la primaire de la droite, François Fillon a affirmé que Daech a pour objectif de « <em>mettre les Juifs hors d’Israël</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En juillet 2011, Alain Juppé a émis des réserves sur la formule « Etat Juif » et a indiqué qu’aujourd’hui en Israël, « <em>il y a des Juifs mais aussi des Arabes</em> ». S’il considère que la sécurité d’Israël n’est pas négociable, il souhaite que les discussions pour une négociation politique permettant la coexistence de deux Etats vivant pacifiquement côte à côte reprennent. Dans son discours de campagne sur les « Enjeux internationaux », il a affirmé que l’éradication définitive du terrorisme au Moyen-Orient passe par le règlement de la question israélo-palestinienne.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur la création d’un Etat palestinien</em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les deux candidats à la présidence de la république s’inscrivent sur ce point dans la continuité de la diplomatie française, depuis vingt ans, sur la solution à deux Etats, c’est-à-dire l’importance d’un Etat palestinien pleinement reconnu, dans des frontières viables, aux côtés d’un Etat israélien bénéficiant d’une totale sécurité. C’était aussi la position du président Hollande, comme avant celle de Nicolas Sarkozy, en somme, une constante de la position française selon laquelle ne pourrait y avoir de stabilité au Proche-Orient, déjà en plein chaos, sans une solution du conflit israélo-palestinien.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Invité de BFM TV en novembre 2014, l’ancien ministre des Affaires étrangères a ainsi déclaré qu’une reconnaissance de la Palestine, non pas par la France toute seule mais par l’ensemble des pays européen, « serait bienvenue » : « <em>Je pense qu’une décision conjointe des pays de l’Union européenne reconnaissant l’Etat de Palestine serait aujourd’hui la bienvenue</em> ». Il s’est ensuite félicité d’avoir poussé en faveur de l’entrée de la Palestine à l’UNECO. « <em>J’ai été l’un de ceux qui a poussé pour que l’Etat de Palestine entre en tant que tel à l’UNESCO</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon a déclaré à ELNET : « <em>Les Palestiniens ont légitimement droit à un Etat. Israël doit également voir respecter son intégrité territoriale et sa sécurité. Les négociations menées depuis quelques années ont été un échec. L’idée d’organiser une conférence sur la paix à Paris sans les parties au conflit n’avait aucun sens. Je suis contre une reconnaissance unilatérale mais pour le dialogue et la volonté commune de parvenir à une solution territoriale</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur l’alliance avec les pays du Golfe</em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Concernant l’alliance avec les pays du Golfe, François Fillon estime que les partenaires arabes de la France doivent clarifier leurs positions. Il n’est pas possible d’un côté que ces Etats nous soutiennent officiellement lorsque nous intervenons au Moyen-Orient et d’un autre coté ferment les yeux sur les financements privés qui alimentent le flot des fondamentalistes. Alain Juppé quant lui considère l’Arabie Saoudite comme interlocuteur du jeu régional au Moyen-Orient. Pour autant, elle doit se comporter comme un acteur régional responsable. Prône un dialogue politique respectueux mais très exigeant.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><em>Sur la relation transatlantique </em></strong></span><span style="color: #000000;"><strong><em> </em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si François Fillon a soutenu la candidate démocrate Hilary Clinton, il ne redoute pas pour autant l&rsquo;arrivée au pouvoir de Donald Trump. Il a ainsi déclaré : « <em>Ce n&rsquo;est pas la première fois qu&rsquo;il y a un président américain élu un peu original. On a eu Ronald Reagan (1981-1989) dont on disait à peu près la même chose », </em>ajoutant qu&rsquo;il ne faut<em> « surtout pas qu&rsquo;on en tire des conséquences comme le font tous les hommes politiques français, absolument stupides</em> ». A la question « <em>Redoutez-vous une alliance Poutine-Trump</em> <em>?</em> », il a répondu : « <em>Non seulement je ne la redoute pas, mais je la souhaite </em>».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alain Juppé de son côté met en avant « <em>l’alliance transatlantique avec les Etats-Unis, qui demeure irremplaçable car nous partageons des valeurs et des intérêts communs </em>», alors qu’il s’est pourtant longtemps interrogé sur la nécessité du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Il s’inquiète cependant d’un éventuel protectionnisme «  <em>un danger tant économique que politique </em>», selon ses dires. Concernant l’élection de Donald Trump, il a déclaré: « <em>Ce que je sais, c&rsquo;est qu&rsquo;il y aura une politique commerciale agressive. Donc, nous devrons être agressifs, nous aussi</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">***</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour la première fois dans une primaire, les questions de politique étrangère, qui interagissent plus que jamais avec la politique intérieure, vont jouer un rôle déterminant dans le choix du candidat de la droite. L’un et l’autre veulent rendre à nouveau audible la voix de la France sur la scène internationale mais les moyens qu’ils souhaitent mettre en œuvre pour atteindre cet objectif divergent. Reste aux Français de décider qui selon eux sera le plus compétent.</span></p>
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		<title>Politique étrangère : qu’est-ce qui différencie Fillon et Juppé ?</title>
		<link>https://elnetwork.fr/vie-politique-francaise/politique-etrangere-quest-ce-qui-differencie-fillon-et-juppe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2016 10:05:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Carnet de campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
		<category><![CDATA[droite]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[Juppé]]></category>
		<category><![CDATA[politique étrangère]]></category>
		<category><![CDATA[primaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux finalistes de la primaire de la droite s’opposent nettement sur le conflit syrien et en général sur ce que devrait être la politique française au Moyen-Orient...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">LE </span><span style="color: #000000;">MONDE | Par Marc Semo</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les deux finalistes de la primaire de la droite s’opposent nettement sur le conflit syrien et en général sur ce que devrait être la politique française au Moyen-Orient.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’un et l’autre veulent rendre à nouveau audible la voix de la France. Tous deux sont issus du gaullisme mais ils n’en ont pas moins une approche sensiblement différente des grands problèmes du monde et des défis à relever pour l’Union européenne (UE).</span><br />
<span style="color: #000000;">Ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon est un « séguiniste » devenu libéral mais resté plutôt souverainiste qui appelle « à bâtir une nouvelle Europe plus respectueuse des nations ». Il insiste notamment sur l’intergouvernemental et les coopérations bilatérales. C’est un peu vieux jeu. Sur la carte de l’Europe qui illustre son programme sur Internet, il y a encore les deux Allemagnes ; les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie.</span><br />
<span style="color: #000000;">PUBLICITÉ</span><br />
<span style="color: #000000;">Ancien titulaire de Matignon lui aussi, et deux fois ministre des affaires étrangères, Alain Juppé est un « chiraquien » qui n’hésite pas à assumer des interventions militaires au nom de l’humanitaire. Européen convaincu, il s’inquiète des risques de « dislocation » de l’UE.</span><br />
<span style="color: #000000;">Soulignant que « rien ne pourra se faire sans un couple franco-allemand qui fonctionne et qui ne peut bien fonctionner que s’il est équilibré », il insiste notamment sur la nécessité de construire « une Europe puissance comme l’un des grands pôles du monde de demain ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b><br />
Fillon et « le risque d’une France hors-jeu »</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les deux candidats à la candidature des Républicains (LR) s’opposent en revanche nettement sur le conflit syrien et en général sur ce que devrait être la politique française au Moyen-Orient.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« François Fillon se revendique du réalisme dans les relations internationales, c’est-à-dire d’une conception centrée avant tout sur les intérêts et les rapports de force », explique Serge Grouard, député (LR) du Loiret et chargé du « projet » dans l’équipe du candidat, soulignant « le risque, après la victoire de Donald Trump, d’un renforcement d’un binôme américano-russe mettant la France totalement hors-jeu ». La vision d’Alain Juppé s’inscrit dans la continuité de l’action diplomatique française de ces quinze dernières années et d’un resserrement du lien transatlantique. « Cela veut dire affirmer des valeurs communes, comme les droits de l’homme et la démocratie, mais aussi être capable de prendre quand il le faut ses distances par rapport à Washington et aussi de parler franchement à tout le monde », explique le député européen (LR) Arnaud Danjean. Proche du maire de Bordeaux pour les questions internationales, il souligne que « le dialogue avec Moscou ne doit pas signifier pour autant qu’il faille s’aligner sur les positions russes ou reprendre à son compte le narratif du Kremlin sur la lutte contre le terrorisme ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b> Juppé écarte toute alliance avec Assad </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La priorité des priorités pour François Fillon est, comme le clame le titre de son dernier livre, de « vaincre le totalitarisme islamique ». « Nous ne sommes pas confrontés à une menace ponctuelle, passagère, mais à un mouvement puissant, visant à prendre le contrôle d’une grande partie du monde avec des méthodes et une idéologie totalitaire, voire une tentation génocidaire à l’encontre des chrétiens d’Orient, des juifs qu’ils veulent expulser d’Israël », expliquait-il, début octobre, au site Atlantico, évoquant même « le risque d’une troisième guerre mondiale ». De ce constat découle son attitude vis-à-vis de Damas. « Il n’y a que deux camps en Syrie et non pas trois comme on le dit souvent. Le camp de ceux qui veulent mettre en place ce régime totalitaire [islamiste] et il y a les autres ; moi je choisis les autres », indiquait-il lors de l’un des débats télévisés d’avant le premier tour. François Fillon promet aussi « de rouvrir au moins un poste diplomatique pour avoir un canal de discussion avec le régime syrien ». Ce serait un tournant lourd de symbole. Paris avait décidé, en mars 2012, de fermer son ambassade et de rompre les relations avec le « boucher de Damas », coupable de massacrer son propre peuple. A l’époque, M. Fillon était premier ministre et M. Juppé ministre des affaires étrangères. Ce dernier, qui avait saisi toute la portée des printemps arabes assume ses choix. « En Syrie, nous sommes dans une impasse totale mais nous ne devons pas renoncer à l’exigence de justice et de paix pour le peuple syrien », répète-t-il volontiers. Il rappelle que si la priorité est de combattre l’EI, cela ne peut passer par une alliance avec Assad. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Des positions tout aussi tranchées sur la Russie </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">François Fillon estime, lui, que la diplomatie française s’est fourvoyée ces dernières années, « en s’accrochant à l’idée que tant que Bachar serait là, rien ne serait possible ». Certains de ses partisans, comme le député (LR) des Français établis hors de France, Thierry Mariani – il est par ailleurs vice-président du groupe d’amitié franco-russe à l’assemblée nationale –, et la députée (LR) des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, avaient pris le chemin de Damas, en mars, lors d’un voyage controversé. François Fillon s’y est toujours refusé. Mais il s’est engagé pour la défense des chrétiens d’Orient. Il appelle aussi à rééquilibrer en faveur de l’Iran les alliances de la France au Moyen-Orient, qui a misé sur les puissances sunnites et notamment l’Arabie saoudite accusée d’être « à l’origine du phénomène intégriste au sein de l’islam ». Face à Poutine leurs positions sont tout aussi tranchées. François Fillon se flatte de ses bonnes relations avec l’homme fort du Kremlin. Dans une intervention sur la chaîne publique russe, il a salué, le 23 novembre, « un homme politique qui se distingue nettement de ses homologues sur le reste de la planète ». Pour M. Fillon, la Russie est incontournable et pas uniquement dans la lutte contre le totalitarisme islamique. « L’enjeu est de savoir si l’on encourage un rapprochement de l’Europe avec la Russie, ou si on la rejette vers une Asie en passe de devenir le nouveau centre de gravité du monde », remarque Serge Grouard. Se disant « ni poutinolâtre, ni poutinophobe », Alain Juppé reconnaît la nécessité d’un dialogue politique avec la Russie tout en l’appelant « à tourner la page de l’après-guerre froide » et « à respecter les accords internationaux ». Une claire allusion à l’annexion par la force de la Crimée au printemps 2014, la première en Europe depuis la fin de deuxième guerre mondiale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>En Syrie, Alep-Est livrée aux bombardements dans l’indifférence des Occidentaux</title>
		<link>https://elnetwork.fr/iran/en-syrie-alep-est-livree-aux-bombardements-dans-lindifference-des-occidentaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2016 16:00:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité / Terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Alep]]></category>
		<category><![CDATA[bombardement]]></category>
		<category><![CDATA[Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La transition engagée aux Etats-Unis et les élections à venir dans plusieurs pays européens, dont la France, compliquent la donne pour la rébellion syrienne.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span id="publisher" data-source="LE MONDE">LE MONDE</span> |  <span class="signature_article">Par  <span class="auteur txt2_120">Marc Semo</span></span></span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La transition engagée aux Etats-Unis et les élections à venir dans plusieurs pays européens, dont la France, compliquent la donne pour la rébellion syrienne.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les forces rebelles syriennes risquent de ne pas pouvoir résister longtemps dans les ruines des quartiers est d’Alep, où vivent encore quelque 250 000 civils. <em>« Le temps est compté et nous menons une course contre la montre »</em>, a rappelé, dimanche 20 novembre, l’envoyé spécial des Nations unies (ONU), Staffan de Mistura. Ce dernier redoute une tragédie humanitaire avec l’exode des habitants de la ville vers la frontière turque.</span><br />
<span style="color: #000000;">La situation est en effet de plus en plus désespérée. Il y a les obus, les bombes russes et les barils d’explosif largués par l’aviation du régime. Il y a la faim. Et il y a aussi une équation internationale de plus en plus défavorable pour la révolution syrienne après la victoire de Donald Trump aux élections américaines, le 8 novembre, et la percée de François Fillon aux primaires de la droite française, dimanche.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ces deux pays ont été jusqu’ici, avec le Royaume-Uni, les principaux soutiens occidentaux du soulèvement anti-Bachar, même si l’administration Obama s’est contentée d’un soutien minimal car elle était opposée à toute nouvelle aventure militaire en Orient.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A l’été 2013 Washington avait au dernier moment renoncé à mener des frappes aériennes contre le régime de Bachar Al-Assad. Ce dernier avait pourtant franchi la « ligne rouge » fixée par le président américain en utilisant l’arme chimique contre sa propre population. Cette dérobade a profondément décrédibilisé les Etats-Unis, aussi bien en Syrie qu’au Moyen-Orient et elle a encouragé les surenchères du président russe, Vladimir Poutine.</span></p>
<hr />
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Fillon face au « totalitarisme islamique »</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Paris, en revanche, gardait le cap, rappelant haut et fort que <em>« Bachar ne pouvait incarner l’avenir de la Syrie »</em>, même si, concrètement, la diplomatie tricolore ne peut guère aller au-delà d’une indignation aussi méritoire que vaine.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La France fait néanmoins entendre sa voix et presse aussi au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour que le régime soit sanctionné pour son usage des armes chimiques répertorié au moins trois fois par les enquêteurs onusiens et ceux de l’Organisation internationale contre les armes chimiques, qui accusent aussi l’organisation djihadiste Etat islamique (EI).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tout cela pourrait changer si, dans quelques mois, François Fillon entrait à l’Elysée. Il a en effet plusieurs fois répété que, face au <em>« totalitarisme islamique »</em>, il fallait rassembler<em> « toutes les forces possibles, tous les Etats possibles, qu’ils soient démocratiques ou non ». </em>Et donc aussi le régime de Bachar Al-Assad.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le régime syrien et ses parrains de Moscou comme de Téhéran, un moment inquiets de devoir faire les comptes avec une Hillary Clinton plus engagée sur le dossier que son prédécesseur, savent maintenant que le temps joue en leur faveur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le Kremlin sera bientôt en passe d’empocher les dividendes politiques d’une intervention lancée en septembre 2015 : celle-ci a réussi à totalement changer la donne, avec relativement peu de moyens sur le terrain.</span></p>
<hr />
<h2 class="intertitre" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Service minimal de la Maison Blanche</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais avant même l’installation de Donald Trump à la Maison Blanche, le 20 janvier 2017, l’administration Obama en fin de règne semble résignée à un service minimal concernant la Syrie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et le président sortant reconnaît <em>« ne pas être optimiste sur les perspectives à court terme »</em> en Syrie.<em> « Une fois que la Russie et l’Iran ont décidé de soutenir Assad avec une campagne aérienne brutale et une pacification d’Alep sans tenir compte des victimes civiles, des enfants tués ou blessés </em>(…)<em> il est très difficile de voir un moyen par lequel une opposition modérée, même entraînée, puisse défendre durablement son territoire »</em>, a-t-il déclaré à Lima, au Pérou, à l’issue du sommet de coopération Asie-Pacifique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">M. Obama s’était à cette occasion entretenu très brièvement avec son homologue russe au sujet de la Syrie l’incitant à des efforts accrus pour limiter les violences et les souffrances de la population. Il avait lancé un appel similaire depuis Berlin à l’issue de sa tournée d’adieu en Europe, il y a quelques jours.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est un constat de totale impuissance, même si le Conseil de sécurité de l’ONU devait à nouveau se réunir lundi 21 novembre au soir à New York. Le veto de la Russie a jusqu’ici bloqué toute initiative déplaisante sur le dossier syrien. La reconquête par les soudards du régime ne semble plus être qu’une question de semaines.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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