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	<title>bilan | ELNET</title>
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		<title>Election présidentielle 2017: Bilan du premier tour</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Apr 2017 15:21:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Note stratégiques mensuelles]]></category>
		<category><![CDATA[Vie politique française]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>I. Analyse des résultats Le premier tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 23 avril 2017 avec plus de 47 millions d’électeurs appelés aux urnes. Avec un taux de 78,69% (soit 36 681 594 de votants), la participation a atteint un niveau important (bien que légèrement en baisse comparé à 2012 avec 79,48% de votants) [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>I. Analyse des résultats</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 23 avril 2017 avec plus de 47 millions d’électeurs appelés aux urnes. Avec un taux de 78,69% (soit 36 681 594 de votants), la participation a atteint un niveau important (bien que légèrement en baisse comparé à 2012 avec 79,48% de votants)</p>
<p style="text-align: justify;">Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont arrivés en tête. Le candidat d&rsquo;<em>En Marche! </em>a obtenu 23,9 % des voix (soit 8,5 millions de voix), contre 21,4 % (soit 7,6 millions de voix) pour la présidente du Front National.</p>
<p style="text-align: justify;">François Fillon, en troisième position avec 19,9 % des voix (soit 7 126 632 voix), devance de peu Jean-Luc Mélenchon (à peine 100 000 voix les séparent) qui a obtenu 19,6 % des suffrages (soit 7 011 856 voix). Benoît Hamon a subi une lourde défaite recueillant seulement 6,3 % des voix tandis que Nicolas Dupont-Aignan en a obtenu 4,7 %. Les voix pour les « petits » candidats se répartissent ensuite entre Jean Lassalle, qui obtient 1,2 % des suffrages, puis Philippe Poutou avec 1,1 %, et enfin François Asselineau, Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade, qui obtiennent entre 0,2 et 0,9 % des voix.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce premier tour fut historique à bien des égards : ni Les Républicains ni le Parti Socialiste ne se sont qualifiés pour le second tour ; Emmanuel Macron a fait un pari gagnant en adoptant une posture politique « ni droite ni gauche », puis « et droite et gauche », réussissant là où le leader du Modem, François Bayrou, avait échoué en faisant émerger une offre alternative aux deux grands partis de gouvernement ; Marine Le Pen a peut-être obtenu un score moindre que celui qui lui était prédit mais elle n’a jamais rassemblé autant de voix dans le passé (un million de plus que lors du second tour des régionales en 2015), en doublant presque le score de son père en 2002 (4 804 713 voix) ; dans une élection marquée par un nombre élevé de candidats eurosceptiques – voire europhobes – qui constituent la moitié des votants, le candidat arrivé en tête est celui qui a assumé le plus son côté pro-européen.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les résultats connus, de nombreux responsables politiques, de droite comme de gauche, ont appelé à voter pour Emmanuel Macron. A droite, c&rsquo;est notamment le cas d&rsquo;Alain Juppé, de François Fillon, Nicolas Sarkozy ou de Christian Estrosi. A gauche, Benoît Hamon et Bernard Cazeneuve notamment ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon a refusé de donner une consigne de vote et n’a pas non plus souhaité dire pour qui il voterait.</p>
<hr />
<p><strong>II. Principaux enseignements de ce premier tour de l’élection présidentielle </strong></p>
<p><strong>1- Une France fracturée</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>Au lendemain du premier tour, la France se trouve plus divisée que jamais. Les deux principaux partis de gouvernement ne représentent à eux deux (PS et LR &#8211; UDI) que 26 % des suffrages exprimés, tandis que les partis extrémistes ont recueilli près de 50% des voix. Trois des quatre forces politiques qui dominent n&rsquo;ont jamais été au pouvoir, tandis que le mouvement <em>En Marche !</em> du candidat Macron a tout juste un an.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat du premier tour de la présidentielle montre une France véritablement fracturée autour d’enjeux qui sont devenus des clivages structurants. Dans une France longtemps marquée par une division bipartite, puis tripartite, on distingue aujourd’hui quatre principaux courants :</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; <strong>Les libéraux contre les étatistes :</strong> les défenseurs du respect des lois du marché s’opposent à ceux qui préconisent un fort interventionnisme de l&rsquo;État ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&#8211; Les progressistes contre les conservateurs : </strong>ceux qui défendent l&rsquo;émancipation individuelle de chacun dans le respect des différences et d&rsquo;une grande tolérance sur les mœurs s’opposent à ceux qui se retrouvent plutôt dans des postures conservatrices ;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&#8211; Les pro-européens contre les eurosceptiques (voire europhobes) :</strong> ceux qui tiennent un discours souverainiste qui rejette l&rsquo;Union européenne s’opposent aux europhiles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&#8211; Les identitaires contre les mondialistes : </strong>ceux qui mettent en exergue l&rsquo;identité nationale associée à des réflexes d&rsquo;exclusion de tous ceux qui n&rsquo;appartiennent pas ou pas bien à la nation, le tout dans une dénonciation des méfaits de la mondialisation, s’opposent à ceux qui acceptent plus volontiers la mondialisation et une société ouverte à l’immigration et aux différences culturelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Les combinaisons de ces quatre familles reconfigurent ainsi l&rsquo;offre électorale en France et révèlent des points de dissension majeurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2- La prouesse d’Emmanuel Macron</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette dixième élection présidentielle constitue un séisme sans précédant depuis 1958. Depuis des mois, les concurrents de l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Économie pariaient sur l&rsquo;explosion de la « bulle Macron », à l&rsquo;image de ce qui est arrivé à Alain Juppé lors de la primaire de la droite. À gauche comme à droite, beaucoup considéraient que sa campagne lancée sans parti ni élu était vouée à l&rsquo;échec. Or, Emmanuel Macon a réalisé une véritable prouesse. En moins de deux ans de politique et moins d&rsquo;un an de campagne, il a très vite compris que les partis traditionnels ne répondaient plus aux attentes des Français. Celui qui voulait faire « disrupter » le système politique a gagné son pari et viré en tête du scrutin au premier tour.</p>
<p style="text-align: justify;">Le leader d’<em>En Marche ! </em>se situe clairement du côté de la défense d&rsquo;un certain libéralisme économique. Il considère toutefois que l&rsquo;État doit pouvoir interférer dans la vie économique et venir en aide aux plus fragiles, aux « oubliés » de la compétition mondiale. Il se dit « progressiste », du côté du libéralisme culturel, et il s&rsquo;est montré en défenseur du droit des femmes que certains adversaires semblaient vouloir remettre en cause (avortement) ou du mariage gay. De plus, l&rsquo;émancipation individuelle est un de ses leitmotivs, y compris par la « libération des carcans » qui freinent l&rsquo;esprit entrepreneurial de chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Emmanuel Macron est un europhile convaincu. Sa défense de l&rsquo;ancrage de la France dans l&rsquo;Union européenne est devenue un des marqueurs forts de sa campagne. Il a adopté une posture de conciliateur entre les clivages. Mais ces clivages ne sont-ils pas vécus par beaucoup comme non négociables, dessinant alors une France difficilement réconciliable ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3- L’échec des Républicains</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les républicains viennent de vivre un cauchemar. Ils ont réalisé le tour de force de transformer une élection imperdable en une élection ingagnable. Jamais la droite n&rsquo;a connu une telle déconvenue dans l’histoire des élections présidentielles de la Ve République. Avec 19,9 % des suffrages, François Fillon n’est pas parvenu à se qualifier au second tour et a perdu l’élection alors qu’il était annoncé vainqueur il y a trois mois encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Les primaires de la droite et du centre en novembre 2016 s&rsquo;étaient révélées un grand succès et la mobilisation fut importante : 4,3 millions d&rsquo;électeurs au premier tour, 4,4 au second. Le résultat en fut surprenant puisque Nicolas Sarkozy, président du parti, a été éliminé dès le premier tour et qu&rsquo;au second tour, François Fillon, sous-estimé par les sondages, l&#8217;emportait largement face à Alain Juppé, longtemps considéré comme le meilleur candidat de la droite pour affronter Marine Le Pen au second tour de l&rsquo;élection présidentielle. Un programme très libéral en économie, réduisant fortement les fonctions publiques et souvent perçu comme antisocial, fut mis en avant.</p>
<p style="text-align: justify;">François Fillon a commencé à régresser dans les enquêtes d’opinion dès le mois de décembre. Il peine alors à rassembler l&rsquo;ensemble de son camp, même s&rsquo;il revoit en partie son programme pour tenir compte des tendances plus centristes. S’ajoutent à cette problématique les affaires autour des contrats de travail de sa famille qui émergent le 25 janvier dans <em>Le Canard enchaîné </em>et qui précipitent son érosion. De 25 % des intentions de vote le 10 janvier, il tombe à 22 % le 1er février, puis à 18 % le 6 du même mois. Il ne parvient plus à défendre son programme, devant en permanence se justifier dans une campagne rythmée par les affaires et impossible à mener. Pendant plusieurs semaines, la question de son maintien dans la compétition est posée, le candidat s&rsquo;acharne à aller jusqu’au bout de la campagne, tandis que Les Républicains n&rsquo;arrivent pas à s&rsquo;entendre sur un plan B pour lui substituer un leader susceptible de mieux mobiliser la droite. Ces atermoiements seront fatals au candidat Fillon.</p>
<p style="text-align: justify;">Nul doute que le parti risque de peiner à maintenir son unité et il est fort probable qu’une guerre de succession vienne compliquer la nécessaire mobilisation pour tenter de sauver le parti lors des élections législatives. Pour se reconstruire, la droite devra tirer les leçons de cette défaite historique. Le pire serait de croire que seul François Fillon et les affaires sont responsables. Les causes de la déroute sont bien plus profondes. La droite a mal analysé l’impopularité de François Hollande, l’échec du gouvernement, la division des socialistes à l’Assemblée nationale, les conséquences des attentats islamistes, et a adopté une mauvaise stratégie. Son excès de confiance face à une bataille qui semblait gagnée d’avance l’a disqualifiée d’emblée. La facilité à aiguiser les appétits politiques et déchainer la compétition des égos, alors que, tirant les enseignements de son échec en 2012, la droite aurait dû se réinventer en mettant en avant de nouveaux leaders, et en menant de manière déterminée le combat contre le Front National plutôt que de l’instrumentaliser en pensant gagner par défaut en l’affrontant au deuxième tour de la présidentielle. L’expérience de la primaire ne laissera pas non plus un souvenir impérissable, la droite et le centre s’y sont abimés et en sont sortis plus divisés que jamais pour aborder la présidentielle qui aurait nécessité qu’ils soient plus rassemblés que jamais. Notons que les vainqueurs du premier tour, comme d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon, n’ont pas été désignés par une primaire dont cette élection, a une fois pour toute montré l’inutilité ou l’inadaptation à la culture politique française.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4- Le naufrage du Parti socialiste</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les socialistes redoutaient un nouveau 21 avril, quinze ans après l&rsquo;élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002, ils ont été servis. Pris en tenaille entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, Benoit Hamon n’a pas été en mesure de faire une campagne qui fasse consensus au sein de son parti, déchiré par les querelles intestines et la défection de ses principaux élus et leaders.</p>
<p style="text-align: justify;">Vainqueur surprise de la primaire de la gauche le 29 janvier, Benoît Hamon s&rsquo;est lancé dans une campagne compliquée, minée par l&rsquo;incertitude, les polémiques et les divisions. Il n&rsquo;a pas su se départir de son étiquette de frondeur. Après son départ du gouvernement en août 2014, le socialiste redevenu député n&rsquo;a cessé de s&rsquo;opposer à la politique menée par le gouvernement, s&rsquo;abstenant ou s&rsquo;opposant à plusieurs textes comme la loi Travail. Cette ligne de rupture ne représentait que 30% du PS mais elle a réussi à finir de pourrir le quinquennat de François Hollande. Pour les socialistes « légitimistes », les frondeurs incarnent la trahison et une des causes de l’échec et du renoncement de François Hollande.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrivé tardivement dans la campagne, Benoit Hamon a perdu du temps à essayer de rassembler la gauche alors qu’il aurait dû tenter de réconcilier sa propre famille. En cherchant à incarner la gauche de la gauche au lieu de se positionner au cœur du système, il a légitimé la candidature de Jean-Luc Mélenchon et renvoyé les électeurs de François Hollande vers Emmanuel Macron. En menant une campagne de frondeur, Benoit Hamon a échoué à rassembler les forces qui se sont affrontées lors de la primaire de la belle alliance populaire et a aussi échoué à imposer ses thèmes de campagne. Sa défense partielle du bilan de Hollande, sa volonté de s&rsquo;adresser à « l&rsquo;intelligence collective » et son choix de parler davantage du quotidien des Français que du pays l&rsquo;ont rendu inaudible. Sa proposition de revenu universel, complètement remaniée et présentée sous une autre forme mi-mars a contribué à brouiller son message. Alors que le chômage et la sécurité sont les préoccupations principales des Français, il n’en a parlé que très tardivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Parti Socialiste se retrouve au cœur de la plus mauvaise période de sa longue histoire. Y survivra-t-il ? La question se pose.</p>
<p style="text-align: justify;">Une période de règlements de comptes internes s’annonce et sera tout aussi mouvementée, sinon plus, que celle de la droite. « <em>Cet échec est une profonde meurtrissure. Je mesure la sanction historique, légitime, que vous avez exprimée envers le Parti socialiste </em>», a indiqué Benoît Hamon, véritable naufragé du PS. Certains ont reproché au candidat de s&rsquo;être replié sur une frange de fidèles plutôt que de s&rsquo;ouvrir à toutes les sensibilités de son camp bien affaibli par l’échec du quinquennat de François Hollande, qui lui-même n’était pas à même de se représenter.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>III.Le front républicain est-il un piège ou une solution?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A chaque élection c’est désormais le même refrain : il faut faire barrage au FN, et à chaque fois, le parti gagne des voix. Aucun enseignement ne semble pourtant avoir été tiré : le parti d’extrême-droite inquiète, mais il n&rsquo;effraie plus. Plus personne ne se soucie de sa normalisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le FN capitalise sur l’impopularité de l’exécutif et les difficultés de l’opposition de droite à formuler une alternative crédible capable de préparer l’alternance. Cet élan a été renforcé par l’actualité récente : les attaques terroristes, les angoisses sécuritaires, la montée de l’islam radical et les questions migratoires perçues comme une menace existentielle à l’échelle européenne. Misant depuis longtemps sur ces problématiques, le FN n’a guère eu à forcer son jeu pour récolter les fruits de son positionnement.</p>
<p style="text-align: justify;">A droite apparaissent les premières failles dans le « cordon sanitaire » mis en place par Jacques Chirac dans les années 80. Ici, Christine Boutin votera Le Pen. Là, Eric Ciotti et Henri Guaino refusent de choisir. Ailleurs encore, Bruno Le Maire et Christian Estrosi annoncent qu&rsquo;ils voteront Macron sans hésitation. François Fillon lui aussi été très clair : « <em>L’abstention n’est pas dans mes gènes. Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc pour Emmanuel Macron</em>. » Même position pour l’ancien Premier ministre et candidat malheureux aux primaires, Alain Juppé. Laurent Wauquiez, le vice-président de LR, a seulement appelé « <em>ceux qui nous ont fait confiance à ne pas voter Le Pen</em> ». La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, en revanche, n’a voulu prendre aucune position sur la question. « <em>Je pense que s’engouffrer dans une stratégie de front républicain est une erreur</em> », a même déclaré Raquel Garrido, porte-parole du mouvement.</p>
<p style="text-align: justify;">La présidente du Front National renouvelle et amplifie, quinze ans après, l&rsquo;exploit de son père, Jean-Marie Le Pen, même si son score est très en deçà de ce qu&rsquo;espéraient ses proches. « <em>Ce résultat est historique </em>», a-t-elle cependant jugé en se présentant comme la candidate de « <em>la grande alternance</em> ». Aujourd’hui, les électeurs FN assument totalement leur choix ce qui explique que les sondages aient été fiables pour ce premier tour. Toutefois, il apparaît que le problème de la France est moins le FN que ce qui fait monter le FN, c’est-à-dire le refus de nombre de candidats de parler des vrais sujets qui préoccupent les Français, comme l’islamisme ou la politique migratoire de la France. Jusqu’à quand pourrons-nous faire barrage ? Cette politique de « containment » ne finira-t-elle pas par se retourner contre nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, la digue cédera et nous seront submergés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vrai enjeu de ce deuxième tour est certes d’empêcher le FN de gagner mais il ne faut guère que les combinaisons électorales ne soient perçues comme un déni démocratique. Il est urgent de répondre aux craintes et questions des Français sans détour, car elles ne sont pas fantasmées. Et c’est la tâche qui incombe d’urgence à Emmanuel Macron s’il est choisi le 7 mai prochain, il devra trouver des solutions crédibles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le front républicain a échoué à faire reculer le Front National qui se trouve plus que jamais aux portes du pouvoir. Les démocrates et les républicains n’ont plus le choix. Ils ne doivent plus seulement faire barrage au Front National, ils doivent le combattre et empêcher Marine Le Pen, dont l’histoire, le projet et le programme mettent la France et l’Europe en grand péril, de gagner cette élection ou de réaliser un score qui la mettrait en situation d’incarner la seule alternance possible en 2022. Sans hésitation, il faut voter Emmanuel Macron non pas pour rejoindre <em>En marche !</em> si on ne le souhaite pas, pas en signant un chèque en blanc qui condamnerait à l’inaction. Il faut voter Macron avec un message simple et fort : s’attaquer avec force et détermination aux maux qui rongent la France, à ce qui fait monter le FN. Il ne faut pas essayer, il ne faut pas hésiter, il faut agir et il faut réussir. Sans être catastrophiste ou exagérément pessimiste, c’est notre dernière chance avant l’explosion sociale et la guerre civile.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong>IV. Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La démocratie française, qui vit par la force des appareils politiques, a été chamboulée par ce premier tour. Un premier sondage Harris Interactive pour M6 réalisé en ligne le dimanche 23 avril donne le candidat d’<em>En Marche! </em>vainqueur avec 64% des voix contre 36% pour la candidate du FN. L’enquête a été réalisée sur un échantillon de 2684 inscrits sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 2740 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Toutefois, la campagne de second tour ne fait que commencer et le risque de trop se fier aux sondages pourrait avoir un effet désastreux. Une élection n’est pas gagnée tant qu’elle n’est pas terminée. Pour l’instant, nous avons échappé au pire en évitant un duel Mélenchon / Le Pen ou une Marine Le Pen en tête du classement.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on peut se féliciter de la qualification d’Emmanuel Macron, la nouvelle percée du FN est un échec collectif. Ce 23 avril est pire que le 21 avril tant redouté car ce qui était inacceptable en 2002 est devenu tolérable aujourd’hui. Et parce qu’il est légitime de craindre un « jamais deux sans trois », ce deuxième tour est notre dernière chance de pouvoir porter un candidat capable de panser les plaies de notre pays.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Bilan du 7ème Dialogue stratégique France – Israël</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Mar 2017 14:11:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette 7ème réunion entre experts de la relation bilatérale France-Israël s’est tenue cette année à Tel Aviv dans les bureaux de l’INSS (Institute for National Security Studies). Cet événement annuel a pour objectif de promouvoir le dialogue entre les responsables français et israéliens et les experts et journalistes impliqués dans les domaines de la sécurité [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Cette 7<sup>ème</sup> réunion entre experts de la relation bilatérale France-Israël s’est tenue cette année à Tel Aviv dans les bureaux de l’INSS (Institute for National Security Studies).</p>
<p style="text-align: justify;">Cet événement annuel a pour objectif de promouvoir le dialogue entre les responsables français et israéliens et les experts et journalistes impliqués dans les domaines de la sécurité nationale et de la politique étrangère ; renforcer la compréhension mutuelle et les intérêts communs ; établir des liens entre les acteurs français et européens impliqués dans l&rsquo;élaboration des politiques afin de contribuer au développement de perceptions et de perspectives communes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois-ci, six sessions réparties sur deux jours ont permis aux participants d’échanger sur des thèmes aussi variés que les relations russo-américaines, les tensions entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, l’implication de la Chine au Moyen-Orient, la menace djihadiste, le conflit syrien ou encore les perspectives du conflit israélo-palestinien.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que notre monde est confronté à des défis sécuritaires inédits, nous assistons au déclin des conflits conventionnels qui font place à des guerres menées par des acteurs hybrides non-étatiques et qui rendent nombre de conflits latents imminents. Actuellement, le potentiel d’escalade dans la région est à son comble et il faut se préparer à agir avec de nouveaux acteurs, de nouveaux outils et une nouvelle cartographie. Si l’Etat islamique a perdu des territoires et certains de ses leaders emblématiques, sa « machine de propagande » est rodée, alors qu’émerge une nouvelle génération de djihadistes de plus en plus radicalisés.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, l’intervention de la Russie en Syrie est un « game changer » et a de lourdes conséquences dans la région ainsi qu’en Europe car Vladimir Poutine a opté pour une attitude de plus en plus agressive qui n’est pas sans lien avec l’effacement des Etats-Unis sous l’ère Obama. A cet égard, l’élection de Donald Trump devrait changer la donne.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, l’implication de la Chine au Moyen-Orient est bien plus affirmée que dans le passé. Elle cherche à protéger ses intérêts stratégiques dans la région qui est pour elle d’une importance majeure du fait de la présence de pétrole. Son économie reste son arme de guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Du point de vue israélien, l’Iran est le grand gagnant de ce chaos et constitue la plus grande menace tandis que son proxy le Hezbollah n’est pas en reste. L’organisation terroriste qui s’est professionnalisée en Syrie est de plus en plus autonome ce qui laisse craindre l’imminence d’un nouveau conflit avec Israël qui doit gérer les tensions avec le Hamas à ses frontières et les autres factions palestiniennes qui cherchent à le déstabiliser.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Dialogue stratégique a donc permis d’analyser tous les enjeux liés à ces thématiques. Cette réunion est d’une grande utilité pour les Français et les Israéliens qui ont pu discuter des scénarios envisageables, aboutissant parfois à des recommandations politiques, dans un climat de confiance, d’autant que la France et Israël partagent les mêmes priorités : la lutte contre le terrorisme, la stabilisation régionale, l’optimisation de l’intelligence stratégique, la volonté de trouver une issue au conflit israélo-palestinien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le bilan du quinquennat de François Hollande en matière de politique étrangère et dans la relation avec Israël</title>
		<link>https://elnetwork.fr/notestrategiquesmensuelles/le-bilan-du-quinquennat-de-francois-hollande-en-matiere-de-politique-etrangere-et-dans-la-relation-avec-israel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2016 21:24:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La politique étrangère est sans doute le domaine où l’action des présidents fait relativement consensus et à cet égard, François Hollande n’a pas dérogé à la règle...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La politique étrangère est sans doute le domaine où l’action des présidents fait relativement consensus et à cet égard, François Hollande n’a pas dérogé à la règle. L’Elysée a su dessiner une ligne rassemblant les diverses tendances de la diplomatie française, mêlant la tradition gaulliste / mitterrandienne à un atlantisme et un interventionnisme plus affirmés (chers aux partisans du droit d’ingérence humanitaire). En 2015, Camille Grand, alors directeur de la Fondation pour la recherche stratégique déclarait : « <em>c’est une diplomatie désidéologisée qui s’éloigne des vaches sacrées du gaullo-mitterrandisme</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La diplomatie française s’est articulée autour de plusieurs chantiers : la lutte contre le terrorisme avec la guerre au Mali et en Centrafrique et les frappes en Irak et en Syrie, le nucléaire iranien, l’accord sur le climat qui fut un succès, la crise en Ukraine… Le programme du candidat Hollande en 2012 intitulé <em>Les</em> <em>60 engagements pour la France</em> listait une série d’objectifs de politique étrangère et européenne, même si ceux-là constituaient plus une collection de différentes actions qu’une doctrine de politique étrangère à proprement parlé. Et parmi ces 60 vœux, le 59<sup>e</sup> consistait à « <em>Soutenir la reconnaissance internationale de l&rsquo;Etat palestinien </em>».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La politique européenne a été largement contrôlée par l’Élysée tandis que la politique africaine a été principalement conduite par le Ministère de la Défense, au nom de la lutte contre le terrorisme. La France considère depuis longtemps que sa participation aux organisations internationales est l’un des vecteurs d’exercice et de maintien, de sa puissance. À ce titre, le succès de la COP 21 doit être porté au crédit de la diplomatie française et constitue une preuve de l’engagement français en faveur du multilatéralisme. La grande caractéristique du Président Hollande a été son rapport décomplexé à l’utilisation de la force armée, avec les déclenchements de l’opération Serval au Mali et de l’opération Sangaris en Centrafrique, et une tentative d’intervention en Syrie qui ne fut guère efficace du fait des atermoiements de la communauté internationale. En effet, les velléités des puissances occidentales ont permis à la Russie de Vladimir Poutine de largement dominer le jeu au Moyen-Orient.</span></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La lutte contre Daech et le terrorisme</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span><span style="color: #000000;">Dès l’entrée de son mandat, François Hollande a été confronté à la menace terroriste. Alors qu’il n’était pas encore en exercice, les attentats de Toulouse et Montauban en mars 2012 ont fait entrer la France dans une nouvelle ère et fait de la lutte contre le terrorisme le fil rouge du quinquennat suivant.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette perspective, les effectifs de l’armée française ont été rehaussés sous la présidence d’Hollande. En effet, la défense française a été particulièrement mise à l’honneur sous le quinquennat : volontariste, la politique de défense de François Hollande a permis le déploiement de l’armée française sur différents théâtres d’opérations en Afrique et au Moyen-Orient, au nom des valeurs universelles que la France porte et des intérêts qu’elle défend.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Afrique et Centrafrique</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Le 11 janvier 2013, le président François Hollande engageait l’armée française au Mali contre les djihadistes : c’est l’opération Serval. Le pays était alors coupé en deux et dirigé par un gouvernement sans légitimité démocratique. En l’espace de douze mois, l’armée française (environ 2500 soldats) a libéré le nord de la boucle du Niger, des centaines de djihadistes ont été neutralisés et le Mali s’est doté d’un Président démocratiquement élu. L’opération Barkhane, prolongement de la précédente, lancée au Sahel le 1<sup>er </sup>août 2014 est parvenue à repousser les djihadistes qui ont contrôlé le nord du pays de mars-avril 2012 à janvier 2013. 3000 hommes ont été mobilisés. Les djihadistes ont été neutralisés dans les principales villes du nord telles que Tombouctou et Gao mais l’insécurité demeure sur les routes et les espaces désertiques et empêche le retour à une activité économique normale.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Lancée il y a trois ans après le renversement du Président François Bozizé par les groupes rebelles de la Seleka qui s’étaient adonnés à de multiples exactions contre les populations chrétiennes (lesquelles ont constitué des milices d’auto-défense anti-balaka et s’en sont pris à leur tour aux civils musulmans), l’opération Sangaris en Centrafrique s’est achevée officiellement en octobre dernier. Avec l’aval de l’Union africaine et de l’ONU, 2500 soldats français ont été mobilisés au plus fort des tensions, trois soldats sont morts pendant l’opération et 120 autres blessés. Sangaris a coûté plus de 500 millions d’euros et le bilan de l’opération est en demi-teinte : si elle a permis de mettre fin aux tueries de masse, les bandes armées ne sont pas neutralisées et les 10 000 casques bleus de l’opération des Nations-Unies MINUSCA, toujours présents en Centrafrique, continueront de faire face à de nombreux défis sécuritaires (25 000 réfugiés dans un camp près de l’aéroport de Bangui, reprise des exactions par les milices qu’il reste à désarmer, etc.).</span><strong> </strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Syrie et Irak</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">En août 2013, François Hollande veut « punir » le régime du président syrien Bachar al-Assad, accusé d&rsquo;avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple. Mais le dirigeant français doit se raviser après la volte-face de son homologue et allié américain, Barack Obama, qui renonce à le suivre. Sur le dossier syrien, François Hollande « <em>veut penser que la démocratie existe dans ce pays et qu’il faut parvenir à la faire émerger. » </em>Cela implique qu’il faut combattre Bachar al-Assad. La France doit donc opérer un virage et opte pour une approche beaucoup plus attentiste, calquée sur l’attitude américaine, qui privilégie l’endiguement de la crise et la lutte contre le terrorisme. Elle entend désormais cibler les bastions du groupe jihadiste dans le nord de la Syrie. Fin septembre 2016, les avions français, alors engagés en Irak dans le cadre de la coalition internationale anti-jihadiste, frappent des sanctuaires de Daech. Ainsi Paris considère son intervention en Syrie comme de la légitime défense puisqu’elle est attaquée sur son propre territoire.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">En Irak, depuis septembre 2014, l’opération Chammal permet le déploiement des forces militaires françaises. Au sein de la coalition internationale contre l’EI, les avions de chasse tricolores et le porte-avions Charles-de-Gaulle sont fortement mis à contribution.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Au 1er septembre 2016, le colonel Patrick Steiger, porte-parole de l&rsquo;État-major des armées, rapporte que la France a effectué du 5 juillet au 30 août 344 sorties et mené 61 raids. Depuis le début de l&rsquo;opération, les Mirage et les Rafale français ont mené en Irak un millier de frappes. Ce qui fait de la France la deuxième force de la coalition internationale, juste derrière les États-Unis.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le rôle de la France au Moyen-Orient</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour la France, le Moyen-Orient et Israël représentent une importante sphère d&rsquo;influence et des intérêts à long terme. Ces relations stratégiques étroites auraient du permettre aux Français de jouer un rôle de médiateur entre Israël et ses voisins dans les efforts pour obtenir la paix dans la région mais les initiatives françaises, bien que louables et sans doute bien intentionnés, ont davantage renforcé les tensions et la défiance entre Israéliens et Palestiniens.</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Les relations franco-israéliennes</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Depuis 1967, le conflit israélo-palestinien a souvent été un facteur de tension au sein de la société française. La position diplomatique de la France n’a pas évolué et se résume en trois points fondamentaux : « <em>la création d&rsquo;un État palestinien indépendant, viable et démocratique établi sur la base des frontières de 1967, la proclamation de Jérusalem comme capitale de deux Etats et des arrangements de sécurité préservant la souveraineté de l’Etat palestinien et garantissant la sécurité d’Israël</em>. »</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Les attentats de Charlie Hebdo, Montreuil et de l’Hyper Cacher, survenus presque 3 ans après ceux de Montauban et de Toulouse, puis ceux du Bataclan et de Nice ont toutefois changé la donne. Pour la première fois, le peuple français s’est levé pour exiger du gouvernement qu’il assume la «  <em>guerre</em><em> contre le terrorisme, le djihadisme et l&rsquo;islamisme radical </em>», selon les propos de Manuel Valls. La France et Israël se sont retrouvés unis dans ce même combat.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">L’entente est particulièrement cordiale entre les deux pays lors de l’élection de François Hollande. Shelly Yachimovich, alors présidente du Parti travailliste, est invitée aux universités d’été du Parti socialiste à la Rochelle du 22 au 26 août 2012 puis est reçue à l’Elysée par le président français.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">A l’occasion de sa première visite en France depuis l’élection de François Hollande, Benyamin Netanyahou demande à se rendre à l’école Ozar Hatorah à Toulouse le 1<sup>er</sup> novembre 2012 pour rendre hommage aux victimes de Mohammed Merah. Il s’agit alors de sa première rencontre avec le nouveau président français. Un an plus tard, le président français, qui apparaît comme un homme « neuf » et un ami d’Israël du fait de son engagement contre le boycott, et qui noue de fait une relation plutôt amicale avec le chef de l’Etat hébreu, fait une visite officielle en Israël pour consolider la coopération économique et stratégique à l’occasion de la Journée de l’Innovation. Cette nouvelle réunion avec Benyamin Netanyahou </span>laisse augurer une collaboration fructueuse et les commentateurs évoquent même une « lune de miel » entre les deux hommes.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Si la relation reste forte, cette « lune de miel » ne va pas durer et à mesure que la popularité de François Hollande va s’effondrer et que le PS va essuyer plusieurs revers (il perd les municipales, les cantonales, les européennes et le Sénat en 2014), les liens entre la France et Israël vont se dégrader. Les protestations populaires renforcent ce sentiment de débâcle et la gauche est complètement désunie. Au même moment, survient la guerre à Gaza menée par Israël contre le Hamas à l’été 2014. Ce conflit fait prendre un tournant majeur à la vie politique française et devient une occasion pour la gauche de donner l’illusion qu’elle n’est pas si disloquée qu’elle apparaît et qu’elle peut avoir des convergences de vue avec les frondeurs. Ainsi, la question palestinienne est instrumentalisée à des fins de politique intérieure.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Les démonstrations de force pro-palestiniennes dans les rues de Paris et à Sarcelles et leurs dérives antisémites parviennent à mettre le gouvernement sous pression. Si au début du conflit, François Hollande via un communiqué de l’Elysée reconnaît à Israël « <em>le droit de se défendre </em>» suite à une conversation avec le Premier ministre israélien, il ne peut s’empêcher, quelques jours plus tard de donner des gages aux Palestiniens. Le gouvernement condamne alors « <em>l’action disproportionnée de l’armée israélienne</em> » pourtant très précautionneuse dans ce conflit asymétrique. Quelques semaines après la fin de l’Opération Bordure protectrice, le gouvernement français laisse les parlementaires voter à l’Assemblée nationale et au Sénat une résolution symbolique en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine. François Hollande ne dit mot… sans doute y consent-il ? « <em>Soutenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine </em>» constitue en effet la 59e promesse de sa campagne. Si la France est légitime à agir au sein du Quartet pour la paix au Proche-Orient, elle a commis de nombreuses erreurs dans le passé et sous le quinquennat de François Hollande. L’agitation politique qui accompagne le débat parlementaire sur la reconnaissance de la Palestine ne présage rien de bon. Benoît Hamon, initiateur de la résolution, a reconnu de son propre aveu, rapporté par Le Canard enchaîné du 19 novembre 2014 : « <em>Cette résolution est tout à fait opportune sur le plan électoral. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre de Gaza.</em> ». Les 2 et 9 décembre 2014, deux résolutions portées par les frondeurs du Parti socialiste, sont soumises au vote de la représentation nationale afin de « <em>faire de la reconnaissance de l’Etat de Palestine un instrument pour obtenir un règlement définitif du conflit </em>». Si les parlements votent en leur faveur, cette décision n’a pas de valeur juridique et n’est pas contraignante pour le Quai d’Orsay. Mais symboliquement, le mal est fait.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Jusqu’à la visite de Manuel Valls en mai 2016, la relation entre la France et Israël est glaciale. Le Premier ministre, qui bénéficie d’une image positive auprès du gouvernement israélien, parvient néanmoins à réchauffer les rapports entre les deux pays.</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Le soutien de la France à la Palestine au sein des instances internationales</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Avant le mandat de François Hollande, Nicolas Sarkozy avait déjà œuvré pour une reconnaissance de la Palestine au sein des instances internationales. Ainsi, le 31 octobre 2011, la Palestine faisait son entrée à l’UNESCO. Un an plus tard, François Hollande prend la </span><span style="color: #000000;">relève et le 29 novembre 2012, la France vote en faveur d&rsquo;une résolution à l&rsquo;Assemblée générale des Nations Unies permettant à la Palestine, Etat non-membre, d’avoir le statut d&rsquo;État observateur. Le 31 décembre 2014, la France est le seul pays de l&rsquo;UE à voter en faveur d&rsquo;une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies sur un accord de paix qui fournissait un agenda et des paramètres. Celle-ci ne réunit même pas la majorité mais la France a commis une grave erreur diplomatique. « <em>Cette résolution encourage les divisions et non un compromis</em> », avait déclaré l&rsquo;ambassadrice américaine à l&rsquo;ONU Samantha Power. « <em>Ce texte n&rsquo;évoque les inquiétudes que d&rsquo;une seule partie</em>», avait-t-elle ajouté.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Enceintes de propagande et de haine, l’ONU et l’UNESCO sont aujourd’hui noyautées par une coalition de pays hostiles aux valeurs démocratiques qui ont trouvé une plateforme idéale pour dénigrer les valeurs occidentales et faire avancer leurs pions sur la scène internationale. Seul Israël fait l’objet de ce double standard permanent qui en fait un Etat à part parmi les nations. Ainsi pour la seule année 2014, Israël a été condamné à 20 reprises par l’Assemblée générale des Nations Unies, alors que la Corée du Nord ne l’a été qu’une seule fois, comme la Libye, l’Iran ou la Syrie, et que l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan, la Chine (entre autres pays qui bafouent les droits de l’homme les plus élémentaires) qui ont été tout simplement « oubliés ». 38% des résolutions du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies ont été dirigées contre Israël, le Conseil ayant un agenda où 10 questions sont examinées à chaque session dont une est spécialement réservée à Israël. Les démocraties, et la France en première ligne, ont capitulé face à ce groupement d’Etats antisionistes. Il est pourtant de son devoir de porter haut et fort les valeurs communes que partagent la France et Israël.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Le 24 mai 2016, une résolution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), intitulée « Situation sanitaire dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans le Golan syrien occupé », est adoptée à une écrasante majorité de 107 voix pour et 8 contre. Elle condamne Israël pour avoir prétendument violé les « <em>droits à la santé</em> » des Syriens sur le plateau du Golan. Cette résolution est adoptée alors même que des hôpitaux israéliens soignent, sur le plateau du Golan, des Syriens qui fuient les massacres d’el-Assad. Cette résolution a été promue par les États arabes, et en premier lieu par l’Arabie Saoudite, dont le représentant a averti que les pays qui voteraient contre la résolution de l’OMS ne seraient pas considérés comme des « <em>États épris de paix</em> ».</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Toutes ces décisions n’ont aucunement fait avancer les pourparlers de paix, bien au contraire, elles ont entrainé les Palestiniens dans l’irrédentisme, encouragé le terrorisme et le fanatisme. L’Autorité palestinienne a utilisé la scène internationale pour condamner systématiquement Israël, créant toujours plus de défiance entre les deux peuples. Si la France veut être audible et crédible au Moyen-Orient, elle doit prendre pleinement conscience du terrain et du contexte régional, sans brûler les étapes. Elle doit aider à rétablir la confiance et à renforcer les coopérations économiques et stratégiques pour créer un climat favorable plutôt que d’imposer des paramètres sans consulter les principaux intéressés.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Aux mois de mai et d’octobre de cette année, l’UNESCO a officiellement adopté deux résolutions sur « Jérusalem-Est » qui cautionnent une réécriture inadmissible de l’Histoire juive et donc de l’Histoire universelle en niant tout lien millénaire entre Jérusalem et le peuple juif. Tous les sites religieux y sont dénommés en arabe alors même que l&rsquo;islam est apparu plus de 600 ans après la naissance du Christ et que le Temple d&rsquo;Hérode, dont le Mur Occidental, </span>selon tous les archéologues, est le vestige. Lors du vote de la première résolution, la France s’exprime en faveur du texte suscitant une levée de boucliers dans le monde et obligeant</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Manuel Valls et plusieurs responsables politiques à s’en excuser, pourtant, 5 mois plus tard, au lieu de rectifier le tir, elle choisit de s’abstenir lors du vote d’une nouvelle résolution qui marginalise encore Israël fait des grands sites juifs de Jérusalem un héritage musulman. Le gouvernement israélien a immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l&rsquo;UNESCO en signe de protestation. Par ce vote, l’UNESCO a rejeté les fondements mêmes de notre civilisation, faisant ainsi le lit des islamistes qui, dans une volonté de conquête, ambitionnent de prendre en otage la culture du monde libre et les racines du christianisme. Il était du devoir de la France, qui s’est abstenue, et de toutes les démocraties de défendre nos valeurs et faire triompher la vérité et ne pas laisser cette organisation internationale faciliter le travail de sape organisé par les mouvements pro-palestiniens et panislamiques.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;"><strong>Etiquetage des produits issus des implantations juives de Cisjordanie, du Golan et de Jérusalem Est</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Pour la France et la communauté internationale, les implantations juives de Cisjordanie ne font pas partie du territoire israélien. Selon le Quai d&rsquo;Orsay, « <em>l&rsquo;implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est constitue une appropriation illégale de terres qui devraient être l&rsquo;enjeu de négociations de paix entre les parties sur la base des lignes de 1967</em> ». Ainsi, l’idée de la mise en place d’une politique d’étiquetage, a progressivement muri au sein des institutions européennes, avec pour objectif de mettre Israël sous pression.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Le 24 novembre, la France a fait le choix d’appliquer cette directive pourtant « non contraignante ». Les hautes instances européennes créent ainsi un droit et une souveraineté palestinienne qui n’existent pas (tant qu’il n’existera pas d’Etat de Palestine) en inventant une frontière fictive (la « ligne verte » est une ligne d’armistice, pas une frontière) qui sépare Israël des implantations. En voulant sanctionner Israël et faire pression sur son gouvernement qui, comme elle, fait face au terrorisme islamiste, la France encourage l’Autorité Palestinienne et les mouvements pro-palestiniens à privilégier l’incitation à la haine et la violence plutôt que revenir à la table des négociations pour rechercher un compromis sans lequel, il n’y aura pas de paix. Contrairement à ce que les promoteurs de cette politique discriminatoire à l’égard d’Israël affirment, il n’y a pas de différence entre l’étiquetage des produits des implantations juives et le boycott d’Israël. La directive de l’UE stigmatise Israël comme « puissance occupante » et « Etat colonial ». Elle appuie la rhétorique des pays arabes au sein des organisations internationales et donne une justification au mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions).</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">L’étiquetage, du fait de son caractère ambigu et discriminatoire, sera naturellement instrumentalisé par les partisans du boycott d’Israël. C’est une initiative inutile qui participe du double standard auquel est en permanence confronté Israël et n’a pour autre objectif que d’isoler l’Etat hébreu. Enfin, l’étiquetage entre en contradiction avec un mouvement global de condamnation du boycott d’Israël, pourtant interdit en France.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le nucléaire iranien et l’Accord de Vienne</strong></span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">La ligne dure française dans le dossier du nucléaire iranien a été officialisée par Nicolas Sarkozy puis poursuivie et assumée par son successeur socialiste François Hollande depuis 2012. La France a ainsi fait le chemin inverse des Etats-Unis, qui ont changé de stratégie avec l&rsquo;arrivée de Barack Obama et sa volonté de parvenir à un accord historique avec Téhéran sur le dossier nucléaire. L’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius fut Premier ministre entre 1984 et 1986, à l&rsquo;époque la pire des relations entre Paris et Téhéran. Attentats en France, prises d&rsquo;otages français au Liban attribuées au Hezbollah chiite allié de Téhéran, contentieux sur le contrat nucléaire Eurodif, soutien de la France à l&rsquo;Irak alors en guerre contre l&rsquo;Iran etc., des événements qui ont compromis toute relation de confiance avec la République islamique. Par ailleurs, Paris avait clairement fait le choix des monarchies pétrolières du Golfe et de la stabilité conservatrice qu&rsquo;elles représentent face à un Iran dont la France n&rsquo;a de cesse de rappeler le rôle déstabilisateur en Syrie, au Liban ou en Irak. S&rsquo;ajoutent d&rsquo;autres raisons comme la volonté française d&rsquo;apparaître comme le « gardien de la non-prolifération » nucléaire.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">C&rsquo;est en arguant de son expertise &#8211; reconnue &#8211; sur ces questions que Paris réclame un accord solide avec l&rsquo;Iran et soupçonne parfois son allié américain d&rsquo;être prêt à trop de concessions pour arracher un compromis historique. Lequel allié, en retour, surveille son partenaire français pour éviter, dans la dernière ligne droite des négociations, une réédition du « psychodrame » de Genève en novembre 2013. A l&rsquo;époque, Paris s&rsquo;opposa in extremis à la première mouture d&rsquo;un accord provisoire concocté entre Washington et Téhéran. Un texte amélioré avait été signé 15 jours plus tard.</span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="color: #000000;">Malgré la fermeté française sur le nucléaire iranien, l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien conclu le 14 juillet 2015 n’a été ni « bon » ni « robuste » comme le souhaitait le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. S’il retarde le programme d’une bonne année, le limite et le soumet à un contrôle bien plus poussé qu’il ne l’est aujourd’hui, il ne propose aucune solution à long terme et comporte de nombreuses failles.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">***</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La diplomatie française sous la Présidence de François Hollande offre un bilan en demi-teinte. Des actions décisives ont été menées et ont permis d’empêcher des désastres humains et politiques, notamment au Mali et en Centrafrique. Vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, l’action française n’est pas éloignée de celle des mandats précédents, se contentant de postures parfois contradictoires ou d’initiatives le plus souvent contre-productives. La France a toutefois résisté à la tentation et à la pression d’une reconnaissance unilatérale de la Palestine et n’a donc pas franchi la ligne rouge.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce qu’il faut également retenir et saluer est le volontarisme marqué du Président, qu’il s’agisse du dossier iranien pour lequel la France bénéficie d’une crédibilité forte et dont les positions ont souvent été les plus fermes, ou de la crise en Syrie pour laquelle la France n’a pas hésité à affirmer seule et tôt la nécessité d’intervenir. Ceci n’a malheureusement pas été accompagné d’une force de persuasion suffisante pour avancer sur ces deux dossiers majeurs : </span>l’accord iranien n’est pas satisfaisant et l’impuissance face à la tragédie syrienne jette un voile de honte sur toute la communauté internationale.</p>
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