Lettre d’informations du Vendredi 03 Juillet 2020

Cette semaine, le 1er juillet devait marquer le début du passage sous souveraineté israélienne d’une partie de la Cisjordanie, mais face à la contestation médiatique et diplomatique généralisée et aux risques d’embrasement, Benyamin Netanyahou a repoussé l’échéance. Israël connaît par ailleurs une recrudescence de contaminations. Ce matin, le ministère israélien de la Santé a fait état du bilan de la pandémie de coronavirus dans le pays, enregistrant 1.107 nouvelles infections en 24h. Hier, Téhéran a fait état d’un « accident » au sein du complexe nucléaire de Natanz, dans le centre l’Iran, et mis en garde les Etats-Unis et Israël contre toute action hostile.

Mercredi, d’importants rassemblements ont eu lieu dans les grandes villes palestiniennes, sans qu’il y ait toutefois d’incidents avec les forces de sécurité israéliennes. Le Fatah et le Hamas, ont pris un rare engagement à « l’unité nationale », jeudi 2 juillet, face à la « menace commune » que représente le projet. Si cette déclaration reste de pure forme, elle pose le principe d’une coordination des actions de terrain des deux mouvements, qui demeurent incapables de surmonter leurs divisions, depuis leur rupture, en 2007. « Nous mettrons en place tous les mécanismes pour assurer l’unité nationale » contre le projet israélien, a affirmé le secrétaire général du Fatah, Jibril Rajoub, ancien cadre de sécurité, aux côtés de Saleh Al-Arouri, numéro deux de la branche politique du Hamas, qui s’exprimait en visioconférence de Beyrouth. Peu après, le chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh, s’est félicité de cette « étape majeure (…), qui reflète un sens de la responsabilité nationale ». La dernière rencontre de cet ordre remontait à janvier, lorsque le président, Mahmoud Abbas, avait réuni l’ensemble des factions afin qu’elles rejettent de concert le plan Trump  pour le Proche-Orient. Depuis lors, cette manifestation d’unité avait paru demeurer sans suite.

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Le ministère israélien de la Santé a fait état du bilan de la pandémie de coronavirus dans le pays, enregistrant ce matin 1.107 nouvelles infections en 24h. 9.618 malades actifs dont 27 sous respirateurs artificiels et 70 dans un état grave ont été recensés.  17.599 personnes sont désormais guéries.  Au total, 27542 cas ont été confirmés depuis le mois de mars. Au vu d’une hausse inquiétante des contaminations, Benyamin Netanyahou a annoncé jeudi soir que les rassemblements dans les lieux fermés: bars, restaurants ou encore salles de réception et lieux de culte, seront limités à 50 personne Certains quartiers d’Ashdod, de Lod, de Bat Yam ou encore de Bnei Brak ont été bouclés et désignés comme “zones restreintes » pour limiter la propagation du virus, alors que de nombreux cas y ont été recensés. Des entreprises israéliennes et des Émirats arabes unis ont signé jeudi un accord pour travailler conjointement à la recherche et au développement de technologies pour lutter contre la pandémie de la Covid-19. Group 42, une société de technologie basée à Abu Dhabi, a signé un protocole d’accord avec l’autorité israélienne pour le développement d’armes et de technologie militaire, Rafael Advanced Defence Systems et avec l’entreprise de construction aéronautique israélienne, Israel Aerospace Industries, selon l’agence de presse émiratie WAM. « Au G42, nous envisageons la coopération internationale comme un moyen de développer des solutions technologiques nouvelles et innovantes pour le bien public », a déclaré le groupe dans un communiqué. « Notre entreprise a le privilège de suivre l’exemple et de partager ses ressources et son expertise avec Rafael et l’IAI pour une cause aussi importante », est-il encore dit. Israel Aerospace Industries a également confirmé l’accord. « Le coronavirus traverse les continents, (et se propage au-delà) les nations et des religions. Nous considérons avec la plus grande importance la coopération pour des solutions révolutionnaires », a déclaré la société. Selon le site web de la société d’Abu Dhabi, le Groupe 42, également connu sous le nom de G42, est spécialisé dans l’intelligence artificielle et le cloud computing..

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Téhéran a fait état jeudi d’un « accident » au sein du complexe nucléaire de Natanzet mis en garde les Etats-Unis et Israël contre toute action hostile. La nouvelle de l’accident a d’abord été annoncée dans la matinée par un communiqué relativement confus de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA). Le porte-parole de cette institution, Behrouz Kamalvandi, a ensuite fait une mise au point à l’antenne de la télévision d’Etat, mais aucune explication sur les causes de l’accident n’avait encore été fournie officiellement en début de soirée. « C’était un entrepôt sans matériel nucléaire (à l’intérieur et donc) sans potentiel de pollution » a-t-il déclaré. « Nous n’avons pas de victime », des « équipes d’experts sont actuellement sur place et enquêtent sur les causes de l’accident », a-t-il ajouté, sans préciser la nature du sinistre. L’OIEA a ensuite publié la photo d’un bâtiment endommagé, apparemment par le feu. Entre-temps, et alors que les réseaux sociaux bruissent de rumeurs sur ce qui a pu se passer, l’agence officielle iranienne Irna a publié une dépêche en forme d’éditorial, notant que « certains comptes du régime sioniste » avaient « immédiatement attribué l’accident à un sabotage israélien ». Sans ce prononcer sur la véracité de telles informations, l’agence a ajouté que la stratégie de la République islamique consistant à « empêcher toute escalade » devrait « être fondamentalement revue » s’il s’avère « que des pays hostiles, en particulier le régime sioniste et les Etats-Unis, franchissent les lignes rouges fixées par l’Iran », parmi lesquelles figurent « la sécurité » et « les intérêts » du pays. Washington et Israël accusent l’Iran de développer un programme nucléaire militaire secret, ce que la République islamique dément. L’Iran et les Etats-Unis sont apparus par deux fois au bord de l’affrontement militaire direct depuis juin 2019.

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