Lettre d’informations du Vendredi 03 Avril 2020

Tandis que la moitié de l’humanité est appelée à se confiner et que plus d’un million de personnes ont été infectées par le coronavirus, les gouvernements s’attèlent à gérer cette crise inédite tandis que la vie politique tente, non sans difficulté, de s’organiser.

En Israël, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien rival Benny Gantz ont fait état dimanche 29 mars de « progrès significatifs » dans les négociations pour la formation d’un gouvernement d’union et d’urgence, dans un contexte de crise lié au nouveau coronavirus. Benny Gantz, qui a mené trois campagnes électorales en moins d’un an contre Benyamin  Netanyahou, a été élu président du Parlement jeudi après s’être rallié, dans un retournement inattendu, au Premier ministre sortant. Les deux hommes se sont entretenus dans la nuit de samedi à dimanche sur la mise en place d’«un gouvernement d’urgence nationale pour gérer la crise du coronavirus et les autres défis qui se posent à l’Etat d’Israël », ont indiqué leurs partis dans un communiqué commun. Désormais, et contrairement à ce que des partis avaient eux-mêmes annoncé ces derniers jours, le groupe parlementaire mené par Benny Gantz conservera le nom « Bleu-Blanc » tandis que ses anciens associés politiques, Yaïr Lapid et Moshé Yaalon, ont fusionné leurs factions pour former le bloc Yesh Atid-Telem. « Nous allons garder un regard vigilant sur le travail du gouvernement et créer une véritable alternative politique pour Israël », a indiqué ce parti dans un communiqué.

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Des ministres du gouvernement israélien ont exprimé leur mécontentement jeudi 2 avril envers le ministre de la Santé Yaakov Litzman, l’accusant d’avoir « sciemment méprisé les directives de son propre ministère, en ne respectant pas les règles de distanciation sociale », rapporte Channel 12. Yaakov Litzman a été testé positif au coronavirus mercredi soir, les dirigeants israéliens ayant été à ses côtés ces derniers jours ont donc été contraints de se mettre en quarantaine. Le ministre a toutefois démenti les allégations selon lesquelles il aurait enfreint les règles en priant en groupe, alors que les directives précisent que tout rassemblement de plus de deux personnes est interdit. Un ministre de haut rang, sous couvert d’anonymat, a accusé Yaakov Litzman d’avoir « mis nos vies en danger », selon Channel 12. « Nous suivons tous sérieusement les mesures ces jours-ci. Et pourtant, le ministre de la Santé ne reconnaît pas la gravité de la situation et nous met tous en danger, ce qui finit par nuire à la prise de décision », aurait ajouté le ministre. Le reportage de Channel 12 révèle également que plusieurs ministres affirment que le ministère de la Santé ne fournit pas suffisamment de détails sur le cas de Litzman et sur celui de sa femme, également porteuse du virus. Litzman a participé à de nombreuses consultations et apparitions publiques avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou et les chefs de la santé ces derniers jours. Il s’est également rendu à la Knesset jeudi dernier pour le vote du président de la Knesset.  Israël compte à ce jour 6.857 cas confirmés de coronavirus, 87 personnes sous respirateurs et 36 morts.

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Un millier de policiers ont été déployés ce vendredi aux entrées de Bnei Brak pour en bloquer l’accès, suite à la décision du gouvernement israélien  de restreindre l’accès de cette ville proche de Tel Aviv à majorité ultra-orthodoxe, qui est devenue un des plus importants foyers de coronavirus dans le pays. Cette mesure vise à limiter l’entrée des résidents, de la police, des services de secours, des fournisseurs de nourritures et des journalistes, et durera initialement sept jours, avec la possibilité d’être prolongée de cinq jours par le gouvernement. Le cabinet a également approuvé la formation d’un comité ministériel dirigé par le Premier ministre Benyamin Netanyahou qui sera chargé de déterminer si d’autres villes doivent être déclarées « zones de restriction » afin de freiner l’épidémie. La ville a majorité ultra-orthodoxe d’Elad, où des dizaines de cas ont été confirmés, est également menacée par cette mesure, a indiqué le directeur général du ministre de la Santé, Moshe Bar Siman-Tov, lors de la réunion du cabinet jeudi soir, qui a eu lieu par conférence téléphonique.

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En Italie, le chef du gouvernement Giuseppe Conte a appelé  l’Union européenne à être plus « ambitieuse, unie et courageuse » face à la pandémie de coronavirus dans une réponse à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. « C’est le moment de faire preuve de plus d’ambition, de davantage d’unité et de courage », a-t-il écrit dans les colonnes du quotidien La Repubblica qui avait publié jeudi une tribune de Ursula von der Leyen. Dans ce courrier, cette dernière présentait ses excuses à l’Italie, reconnaissant qu’ « aujourd’hui, l’Europe se mobilise aux côtés de l’Italie. Mais (que) cela n’a pas toujours été le cas ». En France, Edouard Philippe s’est exprimé hier sur TF1/LCI sur la gestion de la pandémie par le gouvernement et a répondu à une série de questions. Le Premier ministre a reconnu des « tensions très fortes » sur certains médicaments nécessaires aux services de réanimation et de soins intensifs, dues à une demande inouïe dans le monde confronté à la pandémie de coronavirus. « Partout dans le monde et au même moment, la consommation des produits nécessaires à la réanimation, que ce soit les médicaments ou les consommables liés à la réanimation, (comme) les embouts des respirateurs, explose dans des proportions jamais imaginées », a-t-il déclaré, chiffrant la hausse de cette demande mondiale à près de 2 000%. Édouard Philippe est aussi revenu sur la période de confinement. Interrogé par un pharmacien, il a évoqué un prolongement probable au-delà du 15 avril. « On commence à s’interroger sur le déconfinement. Je comprends l’impatience. (…) Mais je veux dire aux Français que le déconfinement, ce n’est pas pour demain matin. Le confinement doit prévaloir au moins jusqu’au 15 avril. Probablement plus longtemps ». Concernant les municipales, il a évoqué l’hypothèse d’un nouveau report du second tour des élections à octobre ou « après », selon ce que dira le rapport d’étape sur l’épidémie de coronavirus qui doit être publié le 23 mai. Selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi 2 avril, l’épidémie causée par le coronavirus SARS-CoV-2 a provoqué la mort de 4 503 personnes dans les hôpitaux de France, dont 471 entre mercredi et jeudi.