Lettre d’information du Vendredi 05 Juin 2020

A l’actualité cette semaine des raids israéliens menés en Syrie, le projet d’annexion de pans de la Cisjordanie toujours en discussion, la France accorde 8 millions d’euros à l’Autorité palestinienne, et les difficultés économiques rencontrées par les start-ups israéliennes.

L’agence de presse syrienne Sana a indiqué que la défense anti-aérienne avait été activée jeudi suite à des frappes attribuées à Israël dans la région de Hama à Maysaf en Syrie. “Nos défenses anti-aériennes ont fait face à une agression israélienne au-dessus de Maysaf dans la banlieue de Hama« , a rapporté Sana. « Les raids ont ciblé des usines d’armes et un centre scientifique pour la fabrication de missiles sol-sol de courte portée, » a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, évoquant des « morts. » Selon les premiers rapports des médias locaux, il y aurait 9 morts dont 4 Syriens. « La zone visée est sous le contrôle de l’armée syrienne mais les Iraniens y sont également présents« , a ajouté Abdel Rahmane.  L’OSDH a indiqué que l’attaque a coïncidé avec l’activation des défenses anti-aériennes par l’armée syrienne. Des séquences vidéo partagées sur les réseaux sociaux, montrent des missiles anti-aériens syriens tirés dans le ciel. Masyaf abrite le centre d’étude et de recherche scientifiques du pays, où sont fabriqués les armes chimiques et les missiles de précision. Jeudi un rapport publié par le quotidien Haaretz a révélé qu’un officier de la brigade Golani aurait effectué un raid transfrontalier non autorisé en Syrie avec ses soldats qui auraient décidé de traverser la frontière syrienne lors d’une patrouille dirigée par le lieutenant Guy Eliyahu. S’étant approchés d’une maison et après avoir demandé d’ouvrir la porte, ils auraient été confondus par les locataires avec des miliciens pro-iraniens. La fusillade qui s’en serait suivie aurait causé la mort de deux ou trois Syriens, indique le document.  « Il s’agit d’un incident qui aurait pu facilement pu se solder par l’enlèvement de soldats ou avec des corps de combattants (détenus) par le Liban ou Téhéran« , a déclaré une source militaire, insinuant que le raid aurait pu engendrer la mort de soldats de Tsahal et que leurs corps auraient pu tomber aux mains du Hezbollah ou des Iraniens présents en Syrie. La date de l’incident présumé demeure confidentielle. Seul un petit nombre d’officiers supérieurs de l’armée connaîtraient le contexte du raid.

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Alors que l’Europe multiplie les mises en garde contre une éventuelle annexion de pans de la Cisjordanie, Yuval Steinitz, le ministre israélien de l’Energie a déclaré jeudi que le gouvernement n’avait jamais affirmé qu’il comptait accepter le plan de Trump pour la paix au Moyen-Orient, dans sa globalité, mais seulement partiellement. « Nous n’avons pas annoncé que nous adoptions la totalité du plan Trump, mais plutôt des parties de celui-ci, » a-t-il déclaré. « Pour nous, renoncer à la souveraineté (en Cisjordanie) sous prétexte que nous n’acceptons pas tout le plan Trump peut conduire au gaspillage d’une opportunité historique, » a-t-il ajouté. L’annexion de pans de la Cisjordanie prévue le 1er juillet prochain, fait l’objet de discordes au sein de l’opinion israélienne mais aussi à l’international. Le monde arabe et les Palestiniens, qui s’y opposent avec fermeté menacent également l’Etat hébreu d’un conflit majeur, voire d’une troisième Intifada. Le président Reuven Rivlin a appelé plus tôt dans la journée à des discussions non-violentes à propos de l’annexion. L’annexion est soutenue par 50,1% des Israéliens, selon un sondage réalisé mercredi par l’Institut de la démocratie israélienne.

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Paris a accepté mercredi d’accorder une enveloppe d’un montant de 8 millions d’euros à l’Autorité palestinienne afin de soutenir son économie, durement frappée par la crise du Covid-19, a rapporté l’agence de presse WAFA. Le ministre palestinien des Finances, Shukri Bishara, et le consul général de France à Jérusalem, René Troccaz, ont signé un accord stipulant que la France contribuera au budget de l’AP pour cette année 2020, dans le cadre « d’un plan de développement national » et destiné à la « consolidation des institutions publiques« . Parmi les domaines concernés par cet accord, Paris souhaite soutenir le secteur de l’énergie et de l’eau, le secteur privé (tel que le développement des entreprises privées), mais également le secteur de l’éducation. Shukri Bishara a par ailleurs « félicité la France pour avoir rejeté officiellement le plan d’annexion de pans de la Cisjordanie par l’Etat hébreu, et qui imposerait la souveraineté israélienne sur les colonies illégales et les territoires occupés. » La France a appelé il y a deux semaines le nouveau gouvernement israélien à renoncer à ses plans d’annexion en Cisjordanie, et a promis qu’une telle décision ne « pourrait rester sans réponse« .

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En Israël,  environ 65% des start-up estiment ne pas avoir les reins assez solides pour maintenir leurs opérations dans les six prochains mois en raison de la crise du Covid-19, selon un sondage publié dimanche. Ce baromètre mené par l’Autorité israélienne de l’Innovation, agence étatique finançant notamment les jeunes pousses, et un consortium des industries de la tech dresse un portrait plutôt sombre de la Start-up. Le secteur des hautes technologies compte pour 10% des emplois en Israël. Et l’économie du pays tournait à plein régime avec un chômage à 3,4% en février, avant que le virus ne se répande dans le monde, assénant un coup violent à l’économie. Le chômage a depuis bondi pour atteindre 27%, une tendance qui n’a pas épargné le secteur des technologies. Selon un sondage auprès des dirigeants de 414 (bien: 414) entreprises du secteur, un peu plus du tiers de ces entreprises dans les technologies biomédicales, les logiciels et les télécommunications ont mis du personnel en chômage technique pendant la crise du nouveau coronavirus qui a contaminé plus de 17.000 personnes et fait plus de 280 morts en Israël, pays de neuf millions d’habitants. Malgré des premières mesures de déconfinement, le moral de certaines start-up reste à plat avec 65% des entreprises high-tech comptant entre 1 à 10 employés qui estiment ne pas avoir les ressources suffisantes «pour maintenir leurs opérations au-delà de six mois ». « Les résultats de ce sondage montrent que de nombreuses entreprises technologiques au premier stade de leur développement font face au dépôt de bilan et ne reçoivent pas suffisamment d’aide de la part du gouvernement », a souligné dimanche Karin Mayer Rubinstein, la présidente de l’IATI (Israel Advanced Technology Industries). Cette association regroupant les entreprises du secteur estime qu’une enveloppe d’urgence déjà approuvée de 1,2 milliard de shekels (312 millions d’euros) pour cette branche n’était pas suffisanteSans de nouveaux investissements publics, le secteur de la haute technologie pourrait s’effondrer ce qui plomberait l’ensemble de l’économie.