L’Edito du Lundi 5 Juillet 2021

Ce que cache l’exclusion d’Alstom et d’Altice d’un gros fonds norvégien

Lundi 5 juillet, le plus gros fonds de pension Norvègien s’est désengagé des Entreprises françaises Altice Europe et Alstom ainsi que de 14 autres groupes, dont le géant Motorola, pour leur implication dans les implantations israéliennes en Judée Samarie / Cisjordanie.

Dans un communiqué, KLP, le fonds qui gère quelques 95 milliards de dollars d’actifs (environ 80 milliards d’euros) a souligné : « Motorola et d’autres entreprises risquent d’être complices de violations du droit international en Palestine occupée ».

Ce désengagement fait suite à la publication par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU en février 2020 d’une « liste noire » de 112 entreprises ayant des activités dans les implantations israéliennes, considérées, à tort, comme illégales par une interprétation biaisée du droit international.

Israël avait d’ailleurs dénoncé la publication de cette liste, « honteuse », sur laquelle figuraient notamment les géants Airbnb, Expedia, Motorola et TripAdvisor.

Celle-ci répondait à une résolution de 2016 du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU demandant une « base de données de toutes les entreprises engagées dans des activités particulières liées aux colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés ».

Israël a interprété à juste titre la liste du HCDH (Haut-Commissariat des Droits de l’Homme) comme un acte d’incitation à la haine et au boycott et ce pour plusieurs raisons :

1. La production d’une « base de données » dépasse le mandat du HCDH. La responsabilité de garantir la conformité des entreprises ou promouvoir toute directive en matière de pratiques commerciales, incombe exclusivement aux États dans lesquels les entreprises concernées sont domiciliées ou opèrent ;

2. Le HCDH est un organe chargé de traiter du comportement des États dans le domaine des droits de l’homme et n’a aucune autorité légale sur les entreprises ;

3. Les activités commerciales dans les zones de Judée-Samarie (Cisjordanie) sous juridiction israélienne, conformément aux accords israélo-palestiniens existants, sont légales. Développer des affaires dans des « territoires disputés » n’a jamais été interdit par le droit international. En n’élaborant une « base de données » seulement pour Israël, le HCDH s’engage dans une politique illégitime et clairement discriminatoire.

De surcroit, il convient de rappeler trois points fondamentaux pour démonter les arguments fallacieux qui servent de cautions à ces affirmations mensongères et aux mesures pénalisantes qui en découlent :

1. Les territoires qui sont évoqués dans cette affaire ne sont pas palestiniens au sens où ils seraient la propriété d’un peuple palestinien souverain. Celui-ci n’a jamais existé pour pouvoir revendiquer une légitimité historique dont il n’existe aucune trace. De plus, il n’y a aucun élément en droit qui établit un lien entre ces territoires et l’actuelle Autorité Palestinienne qui n’exerce, au terme des accords d’Oslo signés avec Israël et validés par la communauté internationale, qu’une autorité administrative sur les zones A et B de la Judée Samarie / Cisjordanie.

2. Ces territoires ne sont pas « occupés » mais « disputés ».

En effet, le droit international ne leur reconnaît aucun statut définitif, ni pour les Israéliens qui d’ailleurs à l’exception de Jérusalem ne les ont pas annexés, ni pour les Palestiniens dont la souveraineté ne leur a pas été reconnue et qui n’exercent de surcroit aucune prérogative sur cette zone C totalement sous contrôle israélien.

3. Les villes et villages israéliens situés à l’est de la ligne verte ne sont pas des « colonies » mais des implantations, « settlements », en anglais dans les textes de la version officielle des résolutions. Il est utile de noter que l’Etat de Palestine ne dispose que d’un statut d’Etat non-membre à l’ONU, qui, malgré toutes les acrobaties juridiques, ne peut exercer la moindre souveraineté sur des territoires que l’Autorité Palestinienne ne contrôle pas.

Ce faisant, les « colonies » qui bafoueraient le droit international et qui constitueraient un crime relevant de la CPI, ne sont que pure invention qui a pour but de transformer un conflit politique dont il faut venir à bout par la négociation et le compromis, en un conflit légal et moral qu’il faudrait arbitrer devant les instances internationales et les tribunaux à coup de résolutions contraignantes et de condamnations infamantes.

Ce à quoi nous assistons dans les cénacles internationaux, dans les médias et aujourd’hui dans le monde de l’entreprise ou de la finance, est extrêmement grave et n’a qu’un seul but : affaiblir Israël par la délégitimation et le double standard. Ces comportements iniques nous éloignent de la paix qui ne peut être fondée que sur la justice et la vérité.

La calomnie permanente dont Israël fait l’objet est un mensonge que nous devons dénoncer et combattre avec la dernière énergie. Une pseudo vérité construite sur des mensonges, reste un mensonge qui nourrit la haine des Juifs partout dans le monde et affaiblit les démocraties.

Il ne suffit pas de le déplorer en faisant mine de lutter contre l’antisémitisme, encore faut-il cesser de nourrir la bête immonde en s’opposant enfin à ceux qui, comme KLP, continuent d’entretenir l’idée d’un Etat juif criminel et d’un peuple Juif coupable de tous les maux de la terre.