L’Edito hebdomadaire du Lundi 19 Avril 2021

Affaire Sarah Halimi et policiers brûlés à Viry-Châtillon : Le « naufrage » de la justice française

La semaine dernière, deux décisions de justice insensées ont jeté le discrédit sur notre système judicaire : l’affaire « Sarah Halimi » et l’affaire des policiers brûlés à Viry-Châtillon. Deux dossiers qui semblent de prime abord déconnectés mais qui ont pour point commun d’illustrer la compromission idéologique de nos juges. Dans un cas, cela prouve que la justice refuse de faire le procès de l’islamisme dans un contexte où les décoloniaux et autres islamo-gauchistes ont tissé leur toile jusque dans les plus hautes sphères. De l’autre, qu’il y a une rupture entre certaines populations et l’autorité de l’État.

C’est ainsi que dans un arrêt rendu mercredi 14 avril, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par la famille de Sarah Halimi et confirmé la décision rendue en décembre 2019 qui rend Kobili Traoré pénalement irresponsable du meurtre, pourtant qualifié d’antisémite de Sarah Halimi. Ainsi, par des « acrobaties » juridiques – pour reprendre l’expression employée par le juge Péter Kovács de la Cour pénale internationale pour qualifier la décision de la CPI d’enquêter sur d’éventuels crimes de guerre en « Palestine » -, la Cour de cassation a donc dédouané Kobili Traoré : pourquoi l’usage de drogue par un assassin est-il un caractère aggravant en temps normal, sauf pour un meurtrier islamiste et antisémite? Pourquoi sommes-nous revenus, par exemple, sur une enquête, bâclée mais pourtant entérinée par des juges, comme celle sur la mort d’Adama Traoré? Pourquoi les journalistes et certains politiques ont-ils alors clamé leur indignation et affirment-ils aujourd’hui qu’ils « respectent une décision de justice »? N’y aurait-il pas deux poids deux mesures?

Dimanche, le Président Emmanuel Macron a dit souhaiter un changement de la loi pour que l’abolition du discernement causé par une prise de stupéfiants n’exonère pas de la responsabilité pénale. « Décider de prendre des stupéfiants et devenir alors ‘comme fou’ ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale. Sur ce sujet, je souhaite que le garde des Sceaux présente au plus vite un changement de la loi », a déclaré le chef de l’Etat au Figaro.

S’agissant du cas des policiers brûlés, la cour d’assises des mineurs de Paris a condamné cinq jeunes à des peines allant de 6 à 18 ans de réclusion et acquitté les huit autres accusés. En première instance, huit jeunes avaient été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de 10 à 20 ans de prison. Cinq autres avaient été acquittés. Le parquet général de Paris avait fait appel du verdict alors que les avocats des parties civiles avaient dénoncé des peines « qui ne tiraient pas les conclusions » de la « gravité du crime » commis. La cour n’a donc pas suivi les réquisitions de l’avocat général qui avait demandé un acquittement et des peines de 12 à 25 ans de réclusion criminelle pour les 12 autres accusés, âgés aujourd’hui de 21 à 26 ans. Lors du procès, l’un des deux avocats généraux a conclu ses réquisitions en déclarant à l’intention des accusés qu’ils avaient selon lui « de l’empathie », et qu’ils constituaient à ses yeux « une richesse pour le pays », achevant de déshumaniser les policiers pris à partis pendant leur service. Thibault de Montbrial, avocat d’une des policières, s’est étonné à l’issue du procès de la faiblesse des peines compte tenu de la gravité des accusations. Est-ce là une façon d’acheter la paix sociale ? La soumission par la compromission ?

« Une civilisation meurt juste par lassitude, par dégoût d’elle-même », a écrit Michel Houellebecq. Ces deux affaires témoignent tristement du délitement de nos valeurs, du déclin de notre démocratie, du détournement de notre système judiciaire par des idéologies mortifères. Sans un sursaut collectif, nul doute que le réveil sera brutal.