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L’Edito hebdomadaire du 22 Novembre 2021

Hamas : nommer le mal

Dimanche 21 novembre, le président israélien Isaac Herzog a appelé la communauté internationale à reconnaître le Hamas comme une organisation terroriste après l’attentat commis dans la matinée dans la Vieille ville de Jérusalem qui a coûté la vie à un jeune israélien, Eliyahu Kay, 26 ans, originaire d’Afrique du Sud. « Le fait que le terroriste qui a perpétré l’attaque soit issu de la branche politique du Hamas oblige l’ensemble de la communauté internationale à reconnaître le Hamas comme une organisation terroriste », a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

Des propos qui font écho à l’annonce de la ministre britannique de l’Intérieur, Priti Patel, la semaine dernière, selon laquelle le Hamas sera prochainement classé comme organisation terroriste par le Royaume-Uni. Jusqu’ici, seule la « branche armée », les brigades Ezzedine al-Qassam, était interdite au Royaume-Uni, alors que le mouvement islamiste est déjà sur la liste noire des organisations terroristes des Etats-Unis et de l’Union européenne, que le Royaume-Uni a quittée en 2020.

Désormais, être membre du Hamas ou en faire la promotion sera passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans d’emprisonnement, en vertu de la législation antiterroriste britannique, a précisé le Home Office. « Le Hamas a des capacités terroristes significatives, dont un accès à un arsenal étendu et sophistiqué, ainsi que des équipements terroristes », a indiqué Priti Patel. « C’est pourquoi j’agis aujourd’hui pour interdire le Hamas dans sa totalité », a-t-elle ajouté. Elle a aussi accusé le Hamas d’être « fondamentalement et rageusement antisémite », estimant que son interdiction était nécessaire pour protéger la communauté juive.

Généralement considéré comme une émanation du mouvement égyptien fondamentaliste des Frères musulmans, le Hamas s’illustre lors de la première Intifada. Ses hommes sont les premiers à commettre des attentats suicides. En 1988, sa charte fondatrice prône l’anéantissement d’Israël et l’instauration, en lieu et place, d’un État radical islamiste basé sur le respect de la loi coranique, la Charia, ainsi que l’extermination des Juifs. Dans son mode opératoire, l’organisation terroriste commet un double crime de guerre en visant délibérément des civils israéliens, alors qu’en même temps il cache ses armes, ses dirigeants, ses coopératives et ses infrastructures parmi les civils palestiniens innocents.

Outre ses attentats contre Israël, le Hamas est à l’origine de nombreuses exécutions sommaires d’opposants palestiniens. A Gaza, il a impulsé un contrôle strict sur les idées, la culture et les mœurs à une société déjà très conservatrice. Pour avoir émis des réserves sur son action, des centaines de militants et journalistes du Fatah ont été arrêtés, interrogés, emprisonnés et, parfois même, selon plusieurs rapports de Human Rights Watch et de la Croix Rouge Internationale, torturés ou exécutés.

ELNET salue la décision de la Grande-Bretagne et soutient l’appel du Président Herzog. La lutte contre le terrorisme commence par la désignation et la condamnation des organisations qui promeuvent la lutte armée et rejettent nos valeurs.

Par ailleurs, le 22 octobre, le ministère israélien de la Défense a rendu illégales 6 ONG palestiniennes qui servent de « couverture » légale pour les activités du FPLP. Dans une mécanique bien huilée, ces institutions sont utilisées pour absorber et blanchir de l’argent. Les projets qui y sont promus servent les objectifs de l’organisation terroriste dans de nombreux domaines (éducation, bien-être, santé, etc).

La lutte contre le terrorisme n’est pas à géométrie variable. Il n’y a pas de bons ou de mauvais terroristes. L’Europe doit cesser de se faire complice d’organisations pseudo humanitaires qui soutiennent le terrorisme. Nous ne pourrons aspirer à une paix juste et durable au Moyen-Orient que lorsque la haine et l’islamisme cesseront de nourrir les discours et les ambitions politiques.

C’est dans ce contexte qu’ELNET organise, avec le soutien de l’ancien Premier ministre Manuel Valls, la tenue du 4ème Sommet européen sur la radicalisation islamiste et la menace terroriste le 6 décembre prochain. ​Il s’agit à travers la mise en commun des analyses et des expertises, de mieux comprendre la mouvance islamiste radicale, ses racines historiques et géopolitiques, ses composantes et son pouvoir de nuisance pour ainsi proposer un état des lieux de la menace terroriste qui pèse sur nous.

L’enjeu est de taille. Il s’agit de promouvoir un islam des Lumières et d’éviter que cette religion ne serve une idéologie qui justifie la barbarie. Car l’islamisme n’est pas seulement un danger pour la France, mais aussi pour l’Europe.