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L’Edito hebdomadaire du 15 Novembre 2021

Coup de froid sur les relations américano-israéliennes

Les relations américano-israéliennes ont pris un sérieux coup de froid à l’Assemblée générale des Nations Unies lorsque, mardi 9 novembre, l’administration Biden  s’est abstenue, au lieu de voter contre une résolution réaffirmant le « droit » au retour des réfugiés palestiniens.

Pour rappel, l’Assemblée générale vote chaque année la même résolution non contraignante, exprimant son soutien aux soi-disant réfugiés. Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis avaient voté contre ces résolutions. Biden emboîte ainsi le pas de Barak Obama qui s’était lui-même abstenu à plusieurs reprises durant son mandat sur ces résolutions qui contribuent à encourager l’irrédentisme des Palestiniens, nourrir la haine d’Israël, et à ternir son image dans les instances internationales.

Ces textes soutiennent le travail de l’UNRWA qui dessert 5,7 millions de réfugiés palestiniens en Syrie, au Liban, en Jordanie, à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et appelle au droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël ou à recevoir une compensation pour les biens qu’ils auraient perdu en 1948. Seul Israël s’est opposé à ce texte qui est passé avec 160 voix contre 1 et 9 abstentions, dont celle des Etats-Unis.

Pour comprendre le scandale qui perdure depuis trop longtemps, il faut savoir que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) aide actuellement plus de 82,4 millions de personnes déplacées dans le monde. Pour cela, le statut de réfugié n’est pas transmissible aux générations suivantes. Cependant, la définition de l’UNRWA permet de transmettre le statut de réfugié aux descendants, sans aucune limite. C’est pourquoi le « environ » 700 000 réfugiés de 1948 sont devenus plus de 5 millions de Palestiniens, alors qu’en 2018, un document classifié du Département d’État indiquait qu’il n’y avait que 30 000 « vrais » réfugiés, c’est-à-dire nés avant 1948.

Alors que le droit international contient des dispositions pour indemniser les réfugiés pour les biens perdus, il ne contient aucune exigence générale ni aucun « droit » pour les réfugiés de retourner dans leurs anciens foyers, et encore moins pour leurs arrières-petits-enfants. Ce que les Palestiniens appellent le « droit » au retour est l’expression de la volonté de détruire Israël comme « Etat du peuple juif », en bouleversant l’équilibre démographique. Les responsables israéliens soutiennent en outre qu’Israël a déjà accueilli plus de 820 000 réfugiés juifs du monde arabe, ce qui équivaut à un échange de population, comme cela s’est fait tout au long du 20ème siècle. Leur absorption dans la société israélienne s’est faite avec peu ou pas d’aide de l’ONU. Et pourtant, ils n’étaient pas moins réfugiés que les autres.

La définition de « réfugiés », selon l’UNRWA, a créé une autre absurdité : environ 63 % de la population de Gaza et une grande partie de celle de Cisjordanie sont considérées comme réfugiées. De plus, la grande majorité des « réfugiés » en Jordanie, plus de deux millions de personnes, sont des citoyens jordaniens qui s’identifient comme Palestiniens et qui continuent d’être qualifiés de réfugiés.

La logique serait de fusionner l’UNRWA avec le Haut-Commissariat aux Réfugiés, pour mettre fin à l’exception palestinienne, tout en étalant les budgets de façon plus équitable entre les vrais réfugiés. Cela permettrait également de différencier la question des réfugiés dans le monde de celle de l’aide humanitaire. Malheureusement, le fait que l’Office dépende de l’Assemblée Générale des Nations unies, composée d’une majorité automatique anti-israélienne conduite par la ligue arabe, empêche toute modification de son statut actuel.

L’arrivée au pouvoir de Joe Biden a révélé l’importance de la question du soutien financier à l’UNRWA comme crédit moral sur la scène internationale, malgré les défaillances avérées de l’agence et son instrumentalisation par une Autorité palestinienne vacillante et corrompue. Nous sommes bien loin de l’esprit d’Oslo. L’UNRWA reste la manifestation la plus évidente de l’immobilisme politique palestinien qui prospère sur l’idéologie victimaire et de la lâcheté des nations qui préfèrent continuer de mener la politique de l’autruche.