Go to Appearance > Menu to set Top Menu

L’Edito hebdomadaire du 11 Juillet 2022

En pleine tourmente interne (multiplication des fusillades, inflation à 9%, droit à l’avortement remis en cause…), Joe Biden s’envole du 13 au 16 juillet pour le Moyen-Orient.  Il s’agit de sa toute première visite dans la région depuis le début de son mandat en janvier 2021.

Le renforcement de la coopération entre Israël et les Etats-Unis contre l’Iran sera au coeur de la visite au Moyen-Orient du président américain, a soutenu dimanche le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, appelant à des sanctions contre Téhéran pour ses avancées nucléaires. Joe Biden a prévu de se rendre sur la base aérienne de Palmachim dans le Sud du pays et visitera les installations du système « Dôme de Fer », en grande partie financé par les Etats-Unis, mais également celles du système d’interception laser actuellement développé par Israël nommé « Magen Or » qu’Israël veut « co-produire » avec Washington.

L’Iran a fait état ce week-end de nouvelles avancées techniques concernant l’enrichissement d’uranium, poursuivant le développement de son programme nucléaire en plein blocage des pourparlers pour relancer l’accord de 2015. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) aux Etats membres, la République islamique a commencé à « alimenter la cascade de centrifugeuses » avancées à l’usine de Fordo, qui avait été récemment modifiée en vue d’une plus grande efficacité.

Israël tente de faire pression sur les puissances occidentales, dont les Etats-Unis et la France, pour qu’elles ne concluent pas un accord avec des clauses qui compromettent à court terme  la sécurité d’Israël et de la région. Ainsi, une levée de sanctions économiques contre l’Iran aurait pour effet de renflouer les finances de la République islamique qui, selon Israël, lui permettrait de renforcer son aide à ses alliés régionaux. Le Premier ministre israélien avait abordé la semaine dernière le dossier du nucléaire iranien et de l’influence régionale de l’Iran, soutien entre autres du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien, lors d’un entretien à Paris avec le président français Emmanuel Macron.

Le président démocrate ne jouit pas d’une forte popularité en Israël, contrairement à son prédécesseur Donald Trump. Il reste dans les mémoires comme l’ex vice-président de Barack Obama, l’homme qui a maintes fois condamné Israël et sa politique de « colonisation ».

La police israélienne a annoncé dimanche le déploiement de quelque 16.000 officiers afin de sécuriser sa visite, notamment autour de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv et à Jérusalem dans le cadre d’une opération baptisée « Magen Kahol Shalosh » (Bouclier Bleu-3, en français).

Joe Biden doit également rencontrer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, probablement à Bethléem, selon cette source. Il va réitérer «son engagement durable en faveur d’une solution à deux États» pour les Palestiniens et pour les Israéliens et s’efforcer de restaurer les liens avec les autorités palestiniennes qui ont été «presque coupés» sous l’administration précédente de Donald Trump.

La tournée de Joe Biden dans la région sera sans conteste marquée par sa visite en Arabie saoudite, alors qu’il avait assuré en faire un État « paria » pendant sa campagne électorale après la mort du journaliste Kashoggi en 2018. Mais la guerre en Ukraine l’a conduit à se raviser. Selon la Maison-Blanche, la «sécurité énergétique» sera un thème central de sa visite sur le sol saoudien.

Joe Biden doit s’entretenir avec une dizaine de dirigeants pendant cette brève mais intense tournée, démontrant «le retour du leadership américain», a relevé un haut responsable américain à la presse.