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L’Edito du 25 Octobre 2021

FPLP : Le terrorisme sous couvert d’humanitarisme

Le 22 octobre 2021, le ministère israélien de la Défense a désigné 6 ONG palestiniennes comme organisations terroristes. Selon lui, l’Union des comités de femmes palestiniennes, l’association de soutien aux prisonniers Addameer, le Centre Bisan, Al-Haq, Defense for Children International et l’Union des comités des travailleurs agricoles sont gérées par et au profit du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), désigné comme organisation terroriste par les États-Unis, l’UE, le Canada et Israël. (Une septième organisation liée au FPLP – Health Workers Committee (HWC) – a été désigné en janvier 2020)

Dans les prochains jours, des envoyés spéciaux des services de renseignement intérieur israélien (Shin Bet) et du ministère des Affaires étrangères se rendront à Washington pour présenter les preuves liant ces ONG palestiniennes de premier plan au FPLP. Selon un décret publié par Israël, « ces groupes constituent un réseau clandestin actif sur la scène internationale, qui vise à soutenir les activités du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et promouvoir ses objectifs« .

L’organisation terroriste se distingue par son attitude jusqu’auboutiste envers Israël, plaide pour la poursuite de la « lutte armée » et aspire à la création d’un État palestinien qui remplacerait l’État d’Israël. Elle exploite ainsi un appareil organisationnel comprenant un réseau d’institutions civiles dont le but est d’absorber les dons de l’étranger et de financer les besoins critiques du groupe sur le terrain. Les institutions du FPLP opèrent sous couvert d’aide humanitaire et reçoivent des financements principalement européens. Dans le cadre d’une enquête menée par l’Agence de sécurité israélienne (ISA) entre mars et mai 2021, de nombreuses révélations ont été faites sur la manière dont le FPLP a levé ses fonds à travers un réseau d’institutions. L’enquête a notamment porté sur une institution connue sous le nom de « Comités de santé », qui gère des centres de santé dans toute la Cisjordanie, dont l’objectif déclaré est d’exploiter des centres médicaux et des services sociaux tels que des services de garde d’enfants, des centres d’accueil spécialisés pour adultes, etc.

Les 6 ONG palestiniennes désignées par Israël servent de « couverture » légale pour les activités de l’organisation terroriste et entretiennent une pleine coopération entre elles par l’intermédiaire des agents du FPLP qu’elles emploient. Dans une mécanique bien huilée, ces institutions sont utilisées pour absorber et blanchir de l’argent. Les projets qui y sont promus servent les objectifs du FPLP dans les domaines de l’éducation, du bien-être, de la santé, etc. Ces projets, malgré leur nature civile, sont exploités pour accroître le soutien et l’influence du FPLP au sein de la population palestinienne en ciblant et en recrutant de nouveaux agents, en créant des engagements parmi les bénéficiaires et les destinataires de leurs services, en diffusant les messages du FPLP.

Sans surprise, le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans les Territoires palestiniens s’est dit « alarmé » par la décision israélienne, accusant l’Etat hébreu de mener « une longue campagne stigmatisant ces organisations et d’autres » ONG et restreignant « leur capacité à mener leurs tâches cruciales ».

Pourtant, la stratégie du FPLP est monnaie courante dans les territoires palestiniens. Comme le Hamas ou le Hezbollah, cette organisation terroriste joue sur la fibre sociale et humanitaire pour parvenir à ses fins.

Il est donc du devoir de la France et de l’Union européenne, qui financent nombre d’ONG internationales, d’exiger plus de transparence et de veiller à ce que les fonds investis ne soient pas détournés pour financer le terrorisme.