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Israël: l’opposition forme un front uni contre Nétanyahou (Thierry Oberlé – Le Figaro)

Benny Gantz et Yaïr Lapid, les deux principaux rivaux centristes du chef du gouvernement, font liste commune en vue des élections législatives du 9 avril.

«Rak Lo Bibi!». L’heure est au «Tout Sauf Bibi!» en Israël avec l’annonce par Benny Gantz et Yaïr Lapid de la fusion de leur liste pour vaincre l’inamovible Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, aux législatives du 9 avril. Le chef du nouveau parti «Résilience pour Israël», qui prétend n’être ni de gauche, ni de droite, et le leader du parti centriste Yesh Atid constituent un front commun pour créer une dynamique politique et faire basculer la donne électorale en leur faveur.

En cas de victoire, l’ex-chef d’état-major de Tsahal et l’ancien journaliste, principale figure de l’opposition, ont prévu d’assurer tour à tour la fonction de chef de gouvernement. Benny Gantz serait Premier ministre puis Yaïr Lapid prendrait le relais deux ans plus tard pour la seconde partie du mandat. Fraîchement débarqué sur la scène politique, Benny Gantz a réussi une percée foudroyante en rivalisant dans les sondages avec Benyamin Nétanyahou sur la personnalité la plus à même de diriger un gouvernement. Les deux hommes ont reçu un renfort de poids avec le ralliement du général Gabi Ashkenazi, qui a lui aussi commandé les forces armées israéliennes et avait conditionné son ralliement à une alliance.

« Je salue l’union des forces qui va assurer que les voix de la droite ne soient pas perdues »

Benyamin Nétanyahou

L’accord provoque un bouleversement politique avant le scrutin. Jeudi, à la veille de la date limite pour la soumission des listes, les deux hommes s’étaient rencontrés pour d’ultimes négociations. Les sondages publiés ces dernières semaines prédisent qu’un ticket Gantz-Lapid pourrait dépasser le Likoud. Le plus récent, effectué avant la création de l’alliance, donnait 32 sièges au «front anti-Bibi» et 31 au parti de Benyamin Nétanyahou.

Le Premier ministre, qui avait senti le coup partir, avait reporté sa rencontre avec Vladimir Poutine initialement prévue ce jeudi à Moscou. Il a pris ses dispositions pour renforcer l’ultra-droite, dont l’éparpillement des voix entre des petits partis rivaux risquait de le lui fermer les portes de la Knesset. Son parti a signé un contrat avec les nationalistes religieux pour s’assurer une coalition plus large. Il a promis deux portefeuilles de ministre au Foyer Juif, un mouvement qui prône l’annexion de la Cisjordanie, s’il s’alliait avec le Pouvoir Juif. Le Foyer Juif était hésitant en raison de la radicalité de son partenaire potentiel.

Duo centriste

Le Pouvoir Juif est en effet l’héritier du mouvement ouvertement raciste et anti-arabe Kach, fondé par le rabbin Meïr Kahane et interdit depuis le massacre commis en 1994 par un de ses membres qui avait tué 28 Palestiniens dans la salle de prière du Caveau des Patriarches à Hébron. «Je salue l’union des forces qui va assurer que les voix de la droite ne soient pas perdues», a affirmé mercredi Benyamin Nétanyahou. «Les prochaines élections se dérouleront entre un gouvernement de gauche dirigé par Lapid et Gantz et un gouvernement de droite dirigé par moi», a-t-il assuré.

S’il arrive en tête du scrutin, le duo centriste devrait avoir de grandes difficultés à former un gouvernement faute de partenaires en nombre suffisant. Benyamin Nétanyahou compte, pour sa part, reproduire son attelage hétéroclite ressemblant la droite, des centristes de droite, l’ultra-droite religieuse et laïque et les ultra-orthodoxes. L’arithmétique continue pour l’instant à jouer en sa faveur. Les effets de la polarisation de la campagne sur sa personne restent incertains alors que le procureur général d’Israël, Avichai Mandelblit, pourrait annoncer avant le 9 avril son intention de l’inculper dans des affaires de corruption.