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	<title>Hezbollah | ELNET</title>
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		<title>Les erreurs de l’Europe face au Hezbollah</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 08:34:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis quarante ans, les dirigeants européens refusent de voir le Hezbollah tel qu’il est. Arié Bensemhoun revient sur les erreurs de l’Europe au Liban.</p>
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C’est une structure militaro-idéologique pour qui le compromis est une impossibilité ontologique.</span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Pour comprendre le Hezbollah, il faut d&rsquo;abord savoir à qui il obéit. Son allégeance ne va pas à la Constitution libanaise, ni au Pacte national de 1943, mais au principe religieux et politique de la   « tutelle du juriste musulman ». </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Selon cette doctrine chiite, l&rsquo;autorité absolue doit être confiée au savant le plus érudit, incarné aujourd&rsquo;hui par le Guide suprême iranien. Son véritable centre de décision </span><span class="s5">n’est donc pas à Beyrouth, mais à Téhéran.</span> <span class="s5">Tous </span><span class="s5">ses choix stratégiques majeurs sont dictés par les impératifs de la République islamique d’Iran, </span><span class="s5">au mépris absolu de l’intérêt des Libanais</span><span class="s5">.</span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Le Hezbollah tire sa seule </span><span class="s5">raison d’être </span><span class="s5">de son statut autoproclamé de « résistance islamique »</span><span class="s5">au Liban</span><span class="s5"> contre Israël et l’Occident. La paix, la normalisation ou la stabilisation des frontières détruiraient les piliers mêmes de son existence. </span><span class="s5">La guerre est son oxygène</span><span class="s5">. Sa grammaire est celle de la capitulation adverse par la menace de la force. </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">On ne peut pas négocier la dissolution d’un système avec le système lui-même</span><span class="s5"> – qui plus est quand celui-ci souhaite votre destruction. </span></p><p class="s4" style="text-align: justify;"><strong><span class="s2">Arié</span><span class="s2">, </span><span class="s2">malgré cette réalité</span><span class="s2">, cela n’empêche pas l’Europe </span><span class="s2">de freiner Israël dans ses opérations </span><span class="s2">pour se </span><span class="s2">débarrasser</span></strong><span class="s2"><strong> du Hezbollah…</strong> </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Parce qu’elle </span><span class="s5">souffre</span><span class="s5"> d’une déformation doctrinale profonde</span><span class="s5"> aux</span><span class="s5"> conséquences désastreuses. </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Première erreur : l’obsession du cessez-le-feu érigé en dogme suprême. Dans le logiciel diplomatique européen, l’arrêt des combats est un objectif en soi, déconnecté de toute réflexion sur le jour d’après. Comme si des décennies de terrorisme et l’asphyxie d’un État souverain ne justifiaient pas</span><span class="s5">, à un moment donné,</span><span class="s5"> une réponse militaire </span><span class="s5">décisive</span><span class="s5">. Les décideurs occidentaux refusent de voir qu&rsquo;obtenir une trêve sans régler le problème de fond – l’arsenal et l’infrastructure du Hezbollah – ne fait que faire pourrir la situation pour les années à venir.</span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Le précédent de 2006 devrait pourtant être gravé dans toutes les mémoires. La résolution 1701 du Conseil de sécurité prévoyait le désarmement de l&rsquo;organisation terroriste. En réalité, elle lui a offert vingt ans pour décupler son arsenal, passant de quelques milliers de roquettes à plus de 150 000 missiles, projectiles et drones. </span><span class="s5">Cette résolution cosmétique, sous les yeux d’une FINUL devenue le bouclier involontaire du Hezbollah, n’a fait que paver la voie au conflit dévastateur qu’Israël subit depuis bientôt trois ans. </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Autre erreur : l&rsquo;incompréhension de la guerre asymétrique. L&rsquo;Europe applique à un conflit hybride des grilles d&rsquo;analyse héritées de la guerre interétatique classique, ce qui est insensé face à un acteur enraciné dans le tissu civil. Le Hezbollah a transformé l&rsquo;usage des boucliers humains et l&rsquo;enfouissement d&rsquo;infrastructures sous des zones civiles en armes politiques, faisant de chaque riposte israélienne une victoire de communication. En évaluant la légitimité des opérations à l&rsquo;aune d&rsquo;une proportionnalité comptable</span><span class="s5"> des victimes</span><span class="s5">, l&rsquo;Europe valide cette stratégie de victimisation et devient complice d&rsquo;une manipulation qui </span><span class="s5">cherche à imposer</span><span class="s5"> un cessez-le-feu à tout prix</span><span class="s5"> pour sauver les terroristes, exactement comme à Gaza.  </span></p><p class="s4" style="text-align: justify;"><strong><span class="s2">Et puis, </span><span class="s2">Arié</span></strong><span class="s2"><strong>, l’Europe ne parle pas d’une seule voix dans la crise au Liban…</strong> </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Absolument. C&rsquo;est une impuissance institutionnelle généralisée. </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Certains pays, comme la France, maintiennent une distinction </span><span class="s5">insupportable</span><span class="s5"> entre branche militaire et branche politique, alors qu&rsquo;elles obéissent au même commandement et au même maître iranien. Cette fragmentation annule tout levier de négociation collectif, tandis que des États membres entretiennent des relations commerciales et diplomatiques avec des acteurs liés à l&rsquo;organisation, finançant leur propre </span><span class="s5">d</span><span class="s5">é</span><span class="s5">stabilisation</span><span class="s5">.</span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Ce refus de la fermeté cache une vérité inavouable : l&rsquo;Europe a peur. Peur du parti pris, de l&rsquo;escalade, et </span><span class="s5">surtout </span><span class="s5">de froisser des sensibilités intérieures là où la haine d’Israël est devenue un fonds de commerce. De plus, des décennies de délégation de la sécurité aux États-Unis ont privé les chancelleries européennes de réflexes géostratégiques</span><span class="s5">, qui </span><span class="s5">se retrouvent paralysé</span><span class="s5">e</span><span class="s5">s quand le moment commande d’agir. </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">L&rsquo;accord du 26 juin entre l’État libanais, Israël et les États-Unis offre à l&rsquo;Europe une ultime chance de corriger ses erreurs</span><span class="s5">,</span> <span class="s5">d’</span><span class="s5">abandonner son équidistance artificielle pour s&rsquo;aligner sur la dynamique américano-israélienne et imposer enfin, aux côtés du gouvernement Salam, le monopole de la violence légitime aux Forces Armées Libanaises. </span></p><p class="s6" style="text-align: justify;"><span class="s5">Mais si l’Europe rate ce rendez-vous historique</span><span class="s5"> et </span><span class="s5">s’obstine à ménager le Hezbollah sous prétexte d’éviter l’escalade, elle </span><span class="s5">ne fera </span><span class="s5">pas</span><span class="s5"> que trahir </span><span class="s5">Libanais et Israéliens. </span><span class="s5">Elle sera, une fois de plus, responsable de la prochaine guerre.</span></p>					</div>
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		<title>Libérer le Liban du Hezbollah est dans l’intérêt de tous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 10:38:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’accord-cadre du 26 juin entre les États-Unis, Israël et le Liban ne doit pas se limiter à un cessez-le-feu. Pour Arié Bensemhoun, libérer le Liban du Hezbollah sert l’intérêt de tous.</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez revenir sur l’accord-cadre signé le 26 juin dernier entre les États-Unis, Israël et le Liban.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bonjour Ilana,</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a une tentation qui guette toujours les chancelleries occidentales dans ces moments-là : celle du minimum. Obtenir un cessez-le-feu, souffler, et remettre à plus tard les questions qui fâchent. C&rsquo;est précisément ce que risque de produire cet accord pourtant historique, si la communauté internationale ne s&rsquo;y engage pas avec une fermeté sans concession.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la première fois depuis des décennies, les conditions sont réunies pour traiter le problème libanais en s&rsquo;attaquant à sa cause profonde : l&#8217;emprise armée du Hezbollah sur l&rsquo;État libanais. L&rsquo;organisation terroriste est affaiblie comme elle ne l&rsquo;a jamais été. Son parrain iranien est exsangue après la guerre. La Syrie, qui servait de corridor logistique, a verrouillé sa frontière. Et à Beyrouth, le gouvernement fait preuve d&rsquo;une fermeté inédite.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet accord n&rsquo;est pas une fin. C&rsquo;est une fenêtre. Et les fenêtres se referment. Alors ne la gâchons pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Arié, d&rsquo;autant que se débarrasser du Hezbollah est d’abord la volonté du peuple libanais…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Absolument. Pour les Libanais, c&rsquo;est une question de survie nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun État ne peut fonctionner avec, sur son sol, une milice qui surclasse son armée régulière et confisque les décisions de paix ou de guerre. Le Hezbollah a paralysé l&rsquo;élection présidentielle pendant des années, terrorisé la magistrature chaque fois qu&rsquo;elle cherchait à lui demander des comptes, et précipité le pays dans le chaos et des guerres dévastatrices pour assouvir ses ambitions génocidaires contre Israël.</p>
<p style="text-align: justify;">Démanteler cette organisation parasitaire, c&rsquo;est rendre aux Forces armées libanaises le monopole de la violence légitime. C&rsquo;est restaurer une démocratie parlementaire réelle. C&rsquo;est aussi liquider l&rsquo;économie parallèle du Hezbollah – son réseau bancaire clandestin, ses circuits de contrebande et de narcotrafic – qui asphyxie le pays et le met au ban des nations.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;émancipation de la tutelle de la République islamique permettrait au Liban de retrouver son espace géopolitique naturel, avec, dans le cadre des Accords d&rsquo;Abraham, une potentielle normalisation des relations avec Israël – une véritable résurrection économique et politique pour le pays, qui pourrait redevenir un hub majeur au cœur d&rsquo;un Levant interconnecté.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Arié, démanteler le Hezbollah aurait aussi des bienfaits importants pour les Européens…  </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Exactement, c&rsquo;est pourquoi ils doivent se greffer sur cet accord et le soutenir.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;Europe a longtemps regardé le Liban comme un dossier lointain, à traiter par l&rsquo;humanitaire et la nostalgie historique. C&rsquo;est une erreur.</p>
<p style="text-align: justify;">D&rsquo;abord pour des raisons migratoires : si l&rsquo;État libanais s&rsquo;effondre sous le poids du Hezbollah, l&rsquo;exode qui suivra frappera Chypre et la Grèce en première ligne, puis toute l&rsquo;Union européenne par capillarité. Or l&rsquo;Europe ne connaît que trop bien le coût politique des crises migratoires.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan sécuritaire, le Hezbollah opère depuis longtemps sur le sol européen : blanchiment de capitaux, diffusion du Captagon dans nos réseaux criminels, cellules terroristes dormantes activables par Téhéran en cas de crise. Ces dernières années, plusieurs réseaux ont d’ailleurs été démantelés en Allemagne et à Chypre. C&rsquo;est une menace permanente.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le plan énergétique, la stabilité de la Méditerranée orientale conditionne l&rsquo;accès européen aux gisements gaziers de Léviathan et Karish notamment. Tant que le Hezbollah exercera un chantage militaire sur la région, les investissements énergétiques resteront fragilisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la guerre contre l’Iran, c’est un nouveau test de crédibilité qui se présente aux Européens.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Enfin, Arié, cet accord est aussi dans l’intérêt du monde arabe et des États-Unis… </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour le monde arabe, le calcul est tout aussi limpide. Le Hezbollah est le terminus méditerranéen du corridor d&rsquo;influence iranien. Le briser, après la fermeture de la frontière syrienne, c&rsquo;est achever l&rsquo;encerclement de Téhéran et mettre fin à l&rsquo;hégémonisme chiite qui menace les monarchies du Golfe depuis quarante ans. C&rsquo;est aussi désarticuler la tête pensante des milices houthies et irakiennes – le Hezbollah étant leur centre d&rsquo;instruction et de commandement. Et c&rsquo;est rouvrir la voie aux investissements arabes massifs au Liban, indispensables à la reconstruction du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les États-Unis enfin, l&rsquo;enjeu est celui de la crédibilité globale. Permettre au Hezbollah de survivre politiquement et militairement à cette séquence, ce serait valider, sous les yeux de Moscou et Pékin, l&rsquo;efficacité de la guerre asymétrique et de l&rsquo;usure hybride contre l&rsquo;Occident. La libération du Liban permettrait également de relancer la dynamique des Accords d&rsquo;Abraham, en pause depuis le 7 octobre 2023.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui, la convergence est inédite. Israël, le Liban, les États-Unis, l&rsquo;Europe, le monde arabe : chacun a des raisons objectives, mesurables et immédiates de vouloir que cet accord aboutisse à un démantèlement réel du Hezbollah. Tout ce qui manque désormais, c’est du courage et des moyens pour appuyer cette mesure de salubrité géopolitique, qui apportera à chacun des dividendes stratégiques tangibles.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;histoire jugera si cette opportunité exceptionnelle aura été saisie ou gaspillée.</p>
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		<title>Libérer le Liban du Hezbollah : un impératif géopolitique pour tous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 14:36:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voir le document en PDF Le 26 juin 2026, à Washington, Israël et le Liban ont signé, sous l&#8217;égide des États-Unis, un accord-cadre trilatéral mettant officiellement fin à près de huit décennies d&#8217;état de guerre entre les deux pays. Le texte fixe un processus progressif et conditionné : l’armée libanaise doit rétablir son autorité souveraine sur [&#8230;]</p>
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<hr>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/07/ELNET-I-Libe%cc%81rer-le-Liban-du-Hezbollah-un-impe%cc%81ratif-ge%cc%81opolitique-pour-tous-1-2.pdf"><em>Voir le document en PDF</em></a></p>
<p style="text-align: justify;">
</p><p style="text-align: justify;">Le 26 juin 2026, à Washington, Israël et le Liban ont signé, sous l&rsquo;égide des États-Unis, un accord-cadre trilatéral mettant officiellement fin à près de huit décennies d&rsquo;état de guerre entre les deux pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Le texte fixe un processus progressif et conditionné : l’armée libanaise doit rétablir son autorité souveraine sur l’ensemble du territoire national, à mesure que les groupes armés non étatiques – au premier rang desquels le Hezbollah – seront désarmés de manière vérifiée et que leurs infrastructures militaires seront démantelées. En contrepartie de ces avancées sur le terrain, l’armée israélienne s’engage à un retrait progressif des zones qu’elle occupe dans le sud du Liban, en commençant par deux « zones pilotes » situées de part et d’autre du fleuve Litani. Un mécanisme de coordination militaire placé sous supervision américaine doit contrôler la mise en œuvre de cette feuille de route, assortie d’un programme international d’aide à la reconstruction du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">La portée de ce texte tient moins à son contenu diplomatique, somme toute classique dans sa forme, qu’à la rupture de logique qu’il consacre sur le fond. Pour la première fois, un cadre négocié directement entre Beyrouth et Jérusalem pose noir sur blanc le désarmement du Hezbollah comme un préalable conditionnant le retrait israélien, et non plus comme un objectif lointain, optionnel ou négociable à l’infini. C’est en ce sens que cet accord ouvre une fenêtre stratégique inédite et pourrait redéfinir l’avenir du Levant.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, le risque est grand de voir les chancelleries occidentales céder à la tentation du minimum en réduisant ce tournant historique à un compromis cosmétique, destiné à geler temporairement les hostilités sans jamais en traiter la cause profonde.</p>
<p style="text-align: justify;">Aborder la crise libanaise sous le prisme exclusif d&rsquo;un différend frontalier ou d&rsquo;un affrontement bilatéral entre l&rsquo;État juif et une milice locale relève d&rsquo;une erreur d&rsquo;analyse fondamentale. L’emprise du Hezbollah sur les institutions de Beyrouth constitue le pivot central d’une dynamique de déstabilisation à vocation globale orchestrée par la République islamique d’Iran, dont les objectifs cardinaux demeurent l’éradication d’Israël et l’hégémonie irano-chiite dans la région.</p>
<p style="text-align: justify;">La conclusion de cet accord américano-israélo-libanais impose donc de rompre définitivement avec l&rsquo;aveuglement stratégique de l&rsquo;Occident au Moyen-Orient. Si l&rsquo;Europe et ses partenaires s&rsquo;enferment dans l&rsquo;obsession d&rsquo;un cessez-le-feu érigé en dogme – abordé comme une fin en soi et déconnecté de toute réflexion sur le « jour d&rsquo;après » – ils ne feront qu&rsquo;offrir un répit opérationnel de plus à l’axe iranien pour reconstituer ses arsenaux et préparer la prochaine guerre. Pour tenir ses promesses, cet accord doit devenir le point de départ d’une dynamique de salubrité géopolitique visant à libérer le Liban de la tutelle armée du Hezbollah – condition <em>sine qua non</em> d&rsquo;une pacification durable de la région.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui plus est, il serait réducteur d&rsquo;envisager cet impératif sous un angle purement exogène. L&rsquo;exigence de démantèlement de la milice chiite n&rsquo;est pas une simple injonction extérieure, mais répond à une nécessité vitale et urgente au sein même de la société et de l&rsquo;appareil d&rsquo;État libanais. Aucune nation ne peut survivre sous le joug d&rsquo;une dyarchie militaire où une force factieuse surclasse l&rsquo;armée régulière, paralyse les institutions et confisque les décisions de paix ou de guerre au mépris de l&rsquo;intérêt national. Pour les Libanais eux-mêmes, l&rsquo;émancipation de cette tutelle armée est l&rsquo;unique voie pour restaurer une démocratie parlementaire fonctionnelle, briser l&rsquo;économie de l&rsquo;ombre qui asphyxie le pays et préserver un pacte de coexistence confessionnelle aujourd&rsquo;hui au bord de la rupture.</p>
<p style="text-align: justify;">Le démantèlement du Hezbollah forme le dénominateur commun stratégique où convergent désormais les intérêts de l&rsquo;ensemble des acteurs internationaux : la sécurité existentielle d&rsquo;Israël, la maîtrise des crises migratoires et criminelles à la frontière sud de l&rsquo;Europe, le rééquilibrage régional face à l&rsquo;expansionnisme iranien pour le monde arabe et, au premier chef, la survie même du Liban en tant qu&rsquo;État souverain et pluriel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="color: #496a7a; font-family: proxima-nova, sans-serif; font-size: 28px; font-style: normal;">&nbsp;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="color: #496a7a; font-family: proxima-nova, sans-serif; font-size: 28px; font-style: normal;">I – L’obstacle du Hezbollah&nbsp;: l’impossible paix durable</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Espérer intégrer le Hezbollah dans un jeu diplomatique ou parlementaire classique relève d’une pure illusion stratégique. L’organisation n’est en rien un parti politique conventionnel doté d’une simple branche armée ; elle constitue une structure militaro-idéologique globale et totalisante qui utilise l’État libanais comme un hôte pour prospérer. Par sa nature profonde, ses fondements doctrinaux et ses impératifs opérationnels, le compromis sincère lui est impossible.</p>
<p></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A – L’inféodation théocratique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement n’inscrit aucunement son action dans le cadre de la « nation libanaise » ; sa boussole ignore délibérément la constitution de Beyrouth ainsi que le pacte national de 1943.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La subordination absolue à Téhéran :</strong> Fondé, armé et financé par les Gardiens de la révolution iraniens, le Hezbollah adhère de manière inconditionnelle et dogmatique au principe du <em>Velayat-e Faqih</em> (la tutelle du juriste musulman). Son allégeance ultime et son chef suprême ne se trouvent pas au Liban, mais s&rsquo;incarnent en la personne du Guide de la Révolution islamique à Téhéran.</li>
<li><strong>La primauté de l&rsquo;agenda global sur l&rsquo;intérêt national :</strong> Les choix stratégiques majeurs du mouvement – qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de déclencher des conflits dévastateurs contre Israël, de projeter ses forces en Syrie pour sauver le régime de Bachar el-Assad, ou de s&rsquo;ingérer militairement au Yémen – sont exclusivement dictés par les impératifs géopolitiques de la République islamique d&rsquo;Iran. Dès lors, tout compromis national libanais qui entrerait en contradiction avec les intérêts supérieurs de l&rsquo;axe iranien est, par essence, impossible à obtenir.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>B – La «&nbsp;résistance&nbsp;» comme rente existentielle</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour le Hezbollah, la notion même de compromis – et plus particulièrement le désarmement exigé par le droit international via les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU – va à l’encontre de sa raison d’être et serait synonyme de suicide.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La sacralisation de l&rsquo;arsenal :</strong> L’organisation tire sa seule et unique légitimité politique et sociale de son statut autoproclamé de « Résistance islamique au Liban » contre Israël et l’Occident. Consentir à une paix négociée ou accepter de déposer les armes équivaudrait à liquider instantanément sa raison d&rsquo;être historique et sa justification intérieure.</li>
<li><strong>L&rsquo;impératif de l&rsquo;ennemi permanent :</strong> Afin de maintenir la cohésion de sa base sociale et de pérenniser son statut d&rsquo;État dans l&rsquo;État, le Hezbollah a un besoin systémique de nourrir une tension permanente ou une guerre larvée avec Israël. La paix, la normalisation ou la stabilisation des frontières détruiraient les piliers mêmes de sa structure. L&rsquo;organisation est incapable de se dissoudre dans la normalité d&rsquo;un parti classique, soumis aux seules règles du suffrage universel et de la justice ordinaire.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>C – Le chantage à la violence</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le compromis repose sur le postulat d&rsquo;un équilibre des forces ou, à minima, sur le respect de règles du jeu communes. Le Hezbollah s&rsquo;est positionné de manière définitive en dehors de ce cadre.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le droit de veto par les armes :</strong> Disposant d&rsquo;un arsenal militaire lourd qui surclasse quantitativement et qualitativement celui de l&rsquo;armée régulière libanaise, le Hezbollah ne subit aucune incitation rationnelle à céder la moindre prérogative lors des négociations internes. Le pouvoir politique à Beyrouth est placé sous sa coupe réglée et sa surveillance armée.</li>
<li><strong>Le chantage à la guerre civile :</strong> Chaque fois que les institutions libanaises ou l&rsquo;institution judiciaire ont tenté d&rsquo;imposer un équilibre ou de demander des comptes – qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;enquête internationale sur l&rsquo;assassinat du Premier ministre Rafic Hariri ou de l&rsquo;instruction sur l&rsquo;explosion criminelle du port de Beyrouth en 2020 –, le Hezbollah a déployé ses miliciens dans les rues pour paralyser l&rsquo;État par la terreur. Sa grammaire diplomatique n&rsquo;est pas la négociation, mais la capitulation de ses adversaires sous la menace immédiate de la force.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>D – L’autarcie socio-économique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;organisation a méthodiquement bâti une contre-société étanche, qui la rend imperméable aux pressions économiques ou politiques qui contraignent habituellement les acteurs étatiques traditionnels.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&rsquo;architecture de l&rsquo;économie parallèle :</strong> Grâce au flot ininterrompu de pétrodollars iraniens (estimé à plusieurs centaines de millions de dollars par an) et aux profits massifs générés par ses réseaux criminels transnationaux (contrebande, blanchiment de capitaux et trafic mondial de Captagon), le Hezbollah s&rsquo;est affranchi de toute dépendance vis-à-vis des budgets de l&rsquo;État libanais.</li>
<li><strong>L&rsquo;insensibilité systémique aux crises :</strong> Alors même que le Liban traverse une faillite économique et monétaire historique, le Hezbollah préserve l&rsquo;intégrité de ses propres circuits financiers via son institution bancaire clandestine (<em>Al-Qard al-Hassan</em>), son réseau hospitalier et ses structures scolaires dédiées. Les leviers d&rsquo;action classiques de la diplomatie internationale – qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de sanctions économiques contre l&rsquo;État ou de promesses d&rsquo;aides multilatérales – n&rsquo;ont aucune prise sur lui, puisqu&rsquo;il ne partage en rien le destin matériel du peuple libanais.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">
</p><p style="text-align: justify;">De ces quatre logiques – subordination idéologique à Téhéran, rente existentielle de la «&nbsp;résistance&nbsp;», droit de veto par les armes, autonomie économique – découle une conclusion structurelle : le Hezbollah est un acteur pour qui le compromis est, par construction, une impossibilité ontologique. On ne négocie pas la dissolution d’un système avec le système lui-même. C’est pourquoi toute approche qui table sur un apaisement progressif, une intégration politique graduelle ou une normalisation négociée du Hezbollah relève de l’illusion stratégique. Tant que cette organisation conservera son arsenal et son statut d’État dans l’État, ni le Liban ne pourra retrouver sa souveraineté, ni le Moyen-Orient ne pourra se stabiliser. Le désarmement et le démantèlement ne sont donc pas une option parmi d’autres, mais la condition <em>sine qua non</em> de toute pacification durable.<br><strong style="color: #496a7a; font-family: proxima-nova, sans-serif; font-size: 28px; font-style: normal;">&nbsp;</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>II – L’aveuglement stratégique occidental et l’impasse de la diplomatie européenne</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Si le Hezbollah est structurellement inapte au compromis, la communauté internationale, elle, peine structurellement à l’admettre. Cette incompréhension a des conséquences directes, car chaque erreur de lecture se traduit par une pression diplomatique mal calibrée, qui finit par jouer en faveur de l’acteur qu’elle prétend contenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong style="font-size: 16px;"><br>A – L’obsession du cessez-le-feu</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les chancelleries occidentales, Europe en tête, souffrent d&rsquo;une déformation doctrinale qui consiste à ériger le cessez-le-feu en principe idéologique suprême, déconnecté de toute condition politique ou militaire sous-jacente.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&rsquo;arrêt des combats comme fin en soi :</strong> Dans ce logiciel diplomatique, la cessation des hostilités est traitée comme l&rsquo;objectif ultime, sans aucune réflexion sur les dynamiques du « jour d&rsquo;après ». Les décideurs occidentaux refusent de voir qu&rsquo;obtenir à chaque escalade un arrêt des combats sans jamais régler le problème de fond – l&rsquo;arsenal et l&rsquo;infrastructure du Hezbollah – ne fait que pourrir davantage la situation pour les années à venir.</li>
<li><strong>L’invitation au prochain conflit :</strong> Cette focalisation exclusive sur le court terme produit des effets politiques et stratégiques désastreux. En cherchant à geler la situation à tout prix, indépendamment de garanties de sécurité réelles, l&rsquo;Occident cède à la tentation du moindre effort. Chaque accord qui se contente de suspendre temporairement les hostilités ne fait que sceller un statu quo précaire. Il offre au Hezbollah et à son parrain iranien le répit indispensable pour reconstituer leurs arsenaux et repenser leurs stratégies. En refermant ainsi la fenêtre d&rsquo;opportunité actuelle, une telle posture prépare mécaniquement un conflit futur, potentiellement bien plus dévastateur.</li>
<li><strong>Le dogme de l&rsquo;illégitimité de la force :</strong> Ce réflexe s&rsquo;appuie sur le postulat lénifiant selon lequel « toute guerre est illégitime », ce qui paralyse toute velléité de calcul géopolitique sérieux. L&rsquo;Occident agit comme si des décennies d’attaques terroristes régulières et l&rsquo;asphyxie d&rsquo;un État souverain ne justifiaient pas, à un moment donné, une réponse militaire pour y mettre un terme.</li>
<li><strong>Le précédent de 2006&nbsp;:</strong> La résolution 1701 du Conseil de Sécurité, présentée comme une victoire diplomatique contre le Hezbollah dont elle prévoyait le désarmement, a en réalité offert à l’organisation terroriste chiite deux décennies de répit pour reconstituer un armement multiplié par dix. Un cessez-le-feu non assorti d’un mécanisme fort de désarmement et d’acteurs puissants pour l’imposer est contre-productif.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;"><strong style="font-size: 16px;">&nbsp;</strong></div>
<div style="text-align: justify;"><strong style="font-size: 16px;"><br></strong><strong style="font-size: 16px;">B – L’incompréhension de la guerre asymétrique</strong></div>
<div style="text-align: justify;"><strong style="font-size: 16px;">&nbsp;</strong></div>
<p style="text-align: justify;">La communauté internationale continue d’appliquer à un conflit hybride les grilles d’analyse héritées de la guerre interétatique classique, ce qui la conduit à des prescriptions inadaptées, voire contre-productives.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La confusion des grilles de lecture militaires :</strong> Raisonner en termes de «&nbsp;lignes de front&nbsp;», de «&nbsp;rounds&nbsp;» ou de «&nbsp;parité des forces&nbsp;» n’a aucun sens face à un acteur qui s’enracine délibérément dans le tissu civil. Chercher un cessez-le-feu « symétrique » revient à figer un avantage tactique structurel du Hezbollah, qui n’a jamais eu vocation à tenir un front au sens classique.</li>
<li><strong>L’instrumentalisation du droit humanitaire comme arme de guerre (<em>lawfare</em>) :</strong> L’usage systématique de boucliers humains et l’enfouissement d’infrastructures militaires lourdes sous des zones civiles denses permettent au Hezbollah de transmuer chaque riposte israélienne en une victoire de communication. En évaluant la légitimité des opérations à l’aune d’une proportionnalité purement quantitative et comptable – quand bien même les frappes s&rsquo;avéreraient rigoureusement conformes au droit de la guerre –, une partie de l’opinion internationale valide cette stratégie délibérée de victimisation. Ce piège entretient l&rsquo;illusion collective qu’un cessez-le-feu doit être imposé à tout prix, érigeant l&rsquo;arrêt immédiat des hostilités en objectif suprême déconnecté de toute réalité stratégique.</li>
<li><strong>L’asymétrie des temporalités :</strong> Le Hezbollah et l’Iran raisonnent en décennies, soutenus par une doctrine révolutionnaire qui n’a pas d’échéance électorale, là où les démocraties occidentales pensent en cycles de quelques années. Cette dissymétrie temporelle structurelle pousse mécaniquement l’Occident vers des compromis de court terme qui jouent, par construction, en faveur de l’acteur le plus patient.</li>
<li><strong>L&rsquo;aveu de l&rsquo;impuissance occidentale :</strong> Le Moyen-Orient étant devenu un théâtre d&rsquo;affrontement majeur par procuration entre l&rsquo;Occident et l&rsquo;axe des autocraties révisionnistes (Russie, Chine, Iran), refuser de voir que la guerre asymétrique impose parfois une résolution par les armes est une faute grave. Permettre au Hezbollah de survivre politiquement et militairement à cette séquence équivaudrait à acter l&rsquo;impuissance des démocraties et à valider la stratégie d&rsquo;usure hybride de Téhéran, encouragée par Moscou et Pékin.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>&nbsp;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C – L’impasse du multilatéralisme naïf</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;Europe a trop longtemps appréhendé le théâtre libanais à travers le prisme d&rsquo;un humanitarisme passif, d&rsquo;une compassion impuissante ou d&rsquo;une nostalgie historique stérile. Cette posture engendre une incapacité à comprendre la guerre asymétrique, que l&rsquo;Occident s&rsquo;obstine à vouloir régler par de simples outils institutionnels.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L’illusion des institutions internationales :</strong> Le dogme occidental veut que toutes les crises de sécurité globale se règlent dans l&rsquo;enceinte des organisations multilatérales. Or, face à des acteurs non étatiques fanatisés, lourdement armés et imperméables aux règles internationales, cette croyance est une chimère.</li>
<li><strong>Le déni du risque sécuritaire intérieur&nbsp;:</strong> En minimisant la menace que représentent les réseaux dormants du Hezbollah et de la République islamique d’Iran sur le Vieux Continent, les capitales européennes traitent un problème de sécurité nationale comme un différend lointain, jusqu’à ce qu’un attentat ou un démantèlement de cellule (comme à Chypre ou en Allemagne ces dernières années) ne le rappelle brutalement.</li>
<li><strong>Le naufrage systémique de la FINUL :</strong> Le cas de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), dont le gros des troupes est fourni par les pays européens, est à cet égard un cas d&rsquo;école. Déployée en théorie pour veiller à l&rsquo;application de la résolution 1701 depuis 2006, cette force multilatérale s&rsquo;est révélée structurellement incapable de désarmer la milice ou d&#8217;empêcher son déploiement au Sud du fleuve Litani. Faute de mandat offensif et de courage politique des pays contributeurs, la FINUL a fini par servir de témoin passif – voire de bouclier involontaire – au réarmement massif et continu du Hezbollah.</li>
<li><strong>La fragmentation des positions nationales&nbsp;:</strong> Entre les pays qui maintiennent une distinction qui n’a pas lieu d’être entre la « branche politique&nbsp;» et la «&nbsp;branche militaire&nbsp;» du Hezbollah, ceux qui le classent intégralement comme organisation terroriste, ceux avec des gouvernements idéologiquement hostiles à Israël, l’Union européenne ne parvient pas à parler d’une seule voix, ce qui annule mécaniquement son levier de négociation collectif.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong><br><br>D – Le refus de la fermeté </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par peur de l&rsquo;escalade ou par manque de courage politique ou par intérêts pernicieux pour le statu quo, les diplomates occidentaux – et français en particulier – s&rsquo;interdisent d&rsquo;adopter le seul langage qu&rsquo;un groupe milicien comprend&nbsp;: celui de la force et de la contrainte inflexible.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Une faiblesse chronique dans la négociation :</strong> Si les pays européens affirment vouloir rétablir la souveraineté du Liban et désarmer les factions clandestines, leurs actes contredisent leurs paroles. Durant les phases de négociation, ils s&rsquo;abstiennent de faire preuve de la fermeté indispensable. Ils traitent le Hezbollah comme un interlocuteur légitime avec qui un compromis de bonne foi serait possible, plutôt que comme le pivot de la déstabilisation régionale qu&rsquo;il est réellement.</li>
<li><strong>Le refus de capitaliser sur les opportunités :</strong> Cette frilosité empêche l&rsquo;Occident de s&rsquo;aligner sur une position internationale unifiée et stricte. Plutôt que d&rsquo;accompagner la dynamique de fermeté américano-israélienne pour imposer le monopole de la violence légitime aux mains de l&rsquo;armée libanaise régulière et démanteler le Hezbollah, les Européens s&rsquo;enferment dans des postures d&rsquo;équidistance artificielle, affaiblissant la crédibilité même du droit international qu&rsquo;ils prétendent défendre.</li>
<li><strong>L’atrophie de la culture stratégique européenne&nbsp;:</strong> Des décennies de délégation de la sécurité dure aux États-Unis ont privé les chancelleries européennes des réflexes de pensée géostratégique de long terme. Le dossier libanais est systématiquement réduit à sa dimension humanitaire ou juridique, au détriment d’une lecture en termes de rapports de force et d’intérêts.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: justify;"><strong style="font-family: proxima-nova, sans-serif; font-size: 28px; font-style: normal;">&nbsp;</strong></h2>
<h2 style="text-align: justify;"><strong style="font-family: proxima-nova, sans-serif; font-size: 28px; font-style: normal;">III – Les intérêts pour chaque acteur de libérer le Liban du Hezbollah</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Envisager l’existence du Hezbollah sous le prisme exclusif d&rsquo;un conflit frontalier ou d&rsquo;un face-à-face bilatéral avec Israël relève d’un aveuglement. L’emprise de la milice sur l’État libanais constitue le cœur névralgique d’un système de déstabilisation interconnecté. Par conséquent, restaurer la souveraineté de Beyrouth en neutralisant cette tutelle armée s&rsquo;impose comme un impératif stratégique majeur pour l’ensemble des acteurs régionaux et internationaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br>A – Pour le Liban : la survie de l’État, du pluralisme et de l’économie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La libération du pays n’est pas un agenda exogène imposé à Beyrouth ; elle représente l&rsquo;unique chance de survie de la nation libanaise, toutes confessions confondues.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Paramètre souverain : Le monopole de la violence légitime et le soutien aux FAL<br></strong>Aucun État ne peut tolérer la présence sur son sol d&rsquo;une milice privée qui surclasse son armée régulière et confisque les décisions de paix ou de guerre contre l&rsquo;intérêt national. Le démantèlement du Hezbollah offre aux Forces Armées Libanaises (FAL) l&rsquo;opportunité historique de récupérer le monopole de la force. Néanmoins, pour relever ce défi, les FAL devront bénéficier d&rsquo;un soutien financier, logistique et matériel massif de la communauté internationale, explicitement programmé dans le cadre de l&rsquo;accord du 26 juin 2026, afin d&rsquo;éviter tout risque de fracture interne.</li>
<li><strong>Paramètre institutionnel : La fin du veto des armes et le pacte de coexistence</strong><br>En pratiquant un chantage physique permanent contre la magistrature et en paralysant l&rsquo;élection présidentielle, le Hezbollah a détruit le jeu démocratique. Libérer le pays permet de restaurer la démocratie parlementaire et de désamorcer les réflexes d&rsquo;autodéfense des communautés marginalisées (Chrétiens, Sunnites, Druzes). De plus, ce processus doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;une réintégration citoyenne et politique de la base sociale chiite au sein des institutions régulières, la libérant de son tuteur milicien pour l&rsquo;éloigner définitivement du piège de la guerre civile.</li>
<li><strong>Paramètre financier : L&rsquo;éradication de l&rsquo;économie de l&rsquo;ombre&nbsp; </strong><br>En développant un appareil financier opaque (<em>Al-Qard al-Hassan</em>) et en contrôlant les flux de contrebande à la frontière syrienne, le Hezbollah a asphyxié le secteur bancaire légitime et placé le pays au ban des instances multilatérales. Liquider ce système parallèle est le seul levier disponible pour débloquer les financements du FMI et engager la restructuration de la dette souveraine.</li>
<li><strong>Paramètre de réintégration régionale : La perspective d’une normalisation comme résurrection nationale&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong><br>L&rsquo;émancipation de la tutelle de Téhéran ouvre la voie au retour du Liban dans son espace géopolitique naturel. Au-delà du réalignement nécessaire avec les partenaires traditionnels du Golfe, une potentielle normalisation des relations avec Israël – s&rsquo;inscrivant dans la dynamique élargie des Accords d&rsquo;Abraham – constituerait une véritable résurrection économique et politique pour le pays. En transformant une frontière de guerre permanente en un espace de coopération sécurisée, le Liban pourrait non seulement stabiliser durablement son assise politique, mais aussi attirer des investissements internationaux massifs, ouvrir des corridors commerciaux bilatéraux inédits et s&rsquo;affirmer à terme comme un hub économique majeur au cœur d&rsquo;un Levant interconnecté.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>B – Pour Israël&nbsp;: l’impératif de sécurité existentielle et la rupture des «&nbsp;cercles de feu&nbsp;»</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’État juif, le démantèlement du Hezbollah n’est plus une option tactique réversible ni un simple exercice destiné à « tondre la pelouse ». Les paradigmes de sécurité ont été brutalement redéfinis, transformant cette confrontation en une nécessité vitale de long terme.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Paramètre militaire : Annihilation de la menace d&rsquo;invasion et du chantage balistique&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong><br>Le Sud-Liban a été transformé en une ligne de défense ultra-dense, sanctuarisant un arsenal de plus de 150 000 missiles, roquettes de précision et drones. L&rsquo;échec historique de la doctrine des « rounds » de basse intensité démontre qu&rsquo;aucun statu quo n&rsquo;est viable. La neutralisation de cette infrastructure est la condition unique pour garantir le retour sécurisé des dizaines de milliers de civils déplacés en Galilée et pour écarter définitivement le spectre d&rsquo;une invasion terrestre par les forces d&rsquo;élite Radwan.</li>
<li><strong>Paramètre géostratégique : Briser la doctrine iranienne de l&rsquo;encerclement&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong><br>Le Hezbollah représente le vecteur de projection le plus précieux de Téhéran, agissant comme une force de dissuasion ultime pour sanctuariser le programme nucléaire iranien. En tranchant ce bras armé au Levant, Israël prive la République islamique de sa capacité de seconde frappe immédiate et brise la stratégie d&rsquo;asphyxie par les « cercles de feu ».</li>
<li><strong>Paramètre économique : Viabilité de la frontière Nord et sécurisation énergétique<br></strong>Le maintien d&rsquo;une zone tampon interne en Galilée (agriculture paralysée, écosystème de la tech à l&rsquo;arrêt) inflige un coût structurel à l&rsquo;économie israélienne. De plus, éliminer la menace milicienne sécurise de manière définitive les infrastructures critiques en mer Méditerranée, au premier rang desquelles les plateformes gazières de Leviathan et Karish.</li>
<li><strong>Paramètre diplomatique : L&rsquo;ancrage du Levant dans la dynamique régionale</strong><br>Un Liban soustrait à la tutelle de Téhéran cesse d&rsquo;être un État-voyou par procuration. Sa normalisation de fait lui permettrait, à terme, de s&rsquo;arrimer à la dynamique d&rsquo;intégration des Accords d&rsquo;Abraham, substituant une frontière de commerce à une frontière de guerre.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>C – Pour l’Europe&nbsp;: endiguement des crises asymétriques et sécurité intérieure </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La faillite libanaise sous le poids du Hezbollah menace directement le continent européen sur plusieurs fronts critiques.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Paramètre migratoire : La préservation de la digue du Levant</strong><br>Le Liban sature sous le poids de plus de 1,5 million de réfugiés syriens et de centaines de milliers de déplacés internes. Si le Hezbollah continue de sacrifier les infrastructures vitales du pays pour le compte de Téhéran, l&rsquo;effondrement global provoquera un exode humanitaire sans précédent. Chypre, la Grèce et, par capillarité, l&rsquo;Union européenne, se retrouveront en première ligne d&rsquo;une crise migratoire systémique et ingérable.</li>
<li><strong>Paramètre sécuritaire : Le démantèlement d&rsquo;un hub criminel et terroriste mondial<br></strong>Pour contourner les sanctions internationales, le Hezbollah s&rsquo;est mué en un cartel hybride transnational. Il utilise le sol européen comme une plateforme logistique pour le blanchiment de capitaux, la contrebande et la diffusion du Captagon, qui commence à infiltrer les réseaux criminels du continent. Par ailleurs, la persistance de ses structures clandestines (l&rsquo;Unité 910) constitue une menace terroriste latente, activable par Téhéran en cas de crise diplomatique majeure avec l&rsquo;Occident.</li>
<li><strong>Paramètre énergétique : Stabilisation des approvisionnements en Méditerranée orientale</strong><br>Dans sa quête de diversification énergétique, l&rsquo;Europe dépend de la stabilité de la zone économique exclusive du Levant. Le potentiel gazier offshore libanais et israélien ne pourra être pleinement exploité et exporté vers le marché européen tant que le chantage militaire du Hezbollah paralysera les investissements des majors de l&rsquo;énergie.</li>
<li><strong>Paramètre multilatéral : Sortir du piège institutionnel de la FINUL</strong><br>Les nations européennes fournissent le cœur des contingents de la FINUL. Contrainte par un mandat relevant du Chapitre VI de la Charte de l&rsquo;ONU – qui exclut l&rsquo;usage de la force offensive –, cette force multilatérale s&rsquo;est avérée structurellement impuissante à empêcher le réarmement de la milice au sud du fleuve Litani. Le démantèlement du Hezbollah permet enfin de valoriser cet investissement sécuritaire européen en actant le passage de relais à une force véritablement souveraine.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>D – Pour le Moyen-Orient : le rééquilibrage régional et l’endiguement chiite</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour le monde arabo-sunnite, et plus particulièrement pour les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis), l&rsquo;accaparement de Beyrouth par une faction théocratique militarisée constitue une anomalie géopolitique majeure qui déstabilise l&rsquo;équilibre régional.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Paramètre géostratégique : La rupture du corridor terrestre chiite&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong><br>Le Liban représente le terminus méditerranéen de l&rsquo;arc d&rsquo;influence iranien. Libérer Beyrouth, après la chute de la Syrie de Bachar el-Assad, équivaut à briser la continuité territoriale de ce corridor hégémonique, forçant Téhéran à un repli stratégique majeur à l&rsquo;intérieur de ses frontières.</li>
<li><strong>Paramètre de sécurité régionale : Tarir la matrice tactique des milices arabes</strong><br>Le Hezbollah dépasse de loin le cadre libanais : il opère comme le centre d&rsquo;instruction et de commandement des autres proxys de l&rsquo;axe chiite. C’est sa structure qui a fourni l&rsquo;expertise technologique, l&rsquo;ingénierie des tunnels et le savoir-faire balistique aux Houthis au Yémen, leur permettant de cibler le commerce maritime en mer Rouge et de frapper le territoire saoudien. Affaiblir la matrice libanaise, c&rsquo;est désarticuler la tête pensante des milices irakiennes et yéménites.</li>
<li><strong>Paramètre économique : La réintégration du Liban dans son espace naturel </strong><br>La satellisation du Liban par l&rsquo;Iran a provoqué sa rupture diplomatique et financière avec les monarchies du Golfe, précipitant sa faillite monétaire. L&rsquo;éradication de la milice est la condition <em>sine qua non</em> pour le retour des investissements arabes massifs, indispensables à la reconstruction économique du Levant.</li>
</ul>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify;">&nbsp;</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>E – Pour les États-Unis et la sécurité globale&nbsp;: la restauration de la dissuasion occidentale</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Paramètre de crédibilité globale : La réponse au révisionnisme de l&rsquo;axe Russie-Chine-Iran</strong><br>Le théâtre moyen-oriental est le miroir des grandes fractures mondiales. Permettre au Hezbollah de survivre politiquement et militairement à cette séquence reviendrait à acter l&rsquo;impuissance des démocraties occidentales. Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, l’asphyxie d’Ormuz et les menaces pesant sur Taïwan, un tel dénouement validerait l&rsquo;efficacité stratégique de la guerre asymétrique et de l&rsquo;usure hybride menées contre l&rsquo;Occident.</li>
<li><strong>Paramètre de sécurité maritime : La sanctuarisation des grandes routes commerciales</strong><br>Le harcèlement des détroits stratégiques (Bab al-Mandab, Ormuz) par des groupes non étatiques menace la fluidité des flux commerciaux mondiaux. En démontrant de manière implacable que le parrainage de milices maritimes entraîne la destruction de l&rsquo;actif le plus précieux de Téhéran (le Hezbollah), la communauté internationale restaure la force de sa posture de dissuasion globale et protège la liberté de navigation.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>&nbsp;</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;"><b>Conclusion</b></h2>
<p style="text-align: justify;">La libération du Liban ne saurait se réduire à une déclaration de principes ou à un simple succès diplomatique sur le papier ; elle exige désormais de transformer une convergence d&rsquo;intérêts inédite en une audace opérationnelle sans faille. L&rsquo;accord-cadre signé le 26 juin 2026 offre une fenêtre stratégique historique, mais l&rsquo;histoire des traités dans la région rappelle que les plus belles architectures juridiques s&rsquo;effondrent si elles ne sont pas adossées à un rapport de force réel et permanent sur le terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce «&nbsp;jour d&rsquo;après&nbsp;» s’ouvre dès maintenant, et la viabilité de cette nouvelle ère dépendra exclusivement de la rigueur de son exécution. Véritable mesure de salubrité géopolitique, cet accord ne se contente pas de restituer au peuple libanais sa souveraineté ; il apporte à chacun des acteurs concernés des dividendes stratégiques tangibles.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la société libanaise, ce basculement conditionne la survie de son modèle pluriel, la restauration d&rsquo;une démocratie parlementaire fonctionnelle et la fin d&rsquo;une économie de l&rsquo;ombre asphyxiante. Pour Israël, il brise la stratégie iranienne des « cercles de feu » et garantit la sécurité de sa frontière nord, face à un pays voisin pacifié, appelé à terme à rejoindre la dynamique des Accords d’Abraham. Pour le monde arabo-sunnite, il marque la rupture du corridor terrestre chiite et le retour de Beyrouth dans son espace géopolitique naturel. Enfin, pour les démocraties occidentales, un Levant stabilisé sécurise la frontière sud de l&rsquo;Europe face aux crises migratoires, démantèle un hub criminel transnational et réaffirme de manière implacable la force de la dissuasion globale face à l&rsquo;axe révisionniste.</p>
<p style="text-align: justify;">En définitive, les signataires et les soutiens de cet accord font face à un test de crédibilité globale. Céder à la tentation du moindre effort ou tolérer des entorses au texte par peur de l&rsquo;escalade reviendrait à offrir au Hezbollah le répit nécessaire pour reconstituer ses arsenaux et préparer le conflit de demain.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à l&rsquo;aune d&rsquo;une fermeté inflexible, d&rsquo;un suivi opérationnel strict et d&rsquo;un investissement massif dans l&rsquo;État de droit libanais que se construira une paix durable. L&rsquo;histoire jugera si cette opportunité géopolitique exceptionnelle aura été magistralement saisie ou tragiquement gaspillée.<br><br></p>
<p style="text-align: justify;">
</p>					</div>
						</div>
				</div>
						</div>
					</div>
		</div>
								</div>
					</div>
		</section>
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		<title>Assez de la complaisance française avec le Hezbollah !</title>
		<link>https://elnetwork.fr/chronique/assez-de-la-complaisance-francaise-avec-le-hezbollah/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 09:18:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez dénoncer la complaisance de l’État français à l’égard du Hezbollah. Bonjour Ilana, Deux soldats français de la FINUL sont morts dans le Sud du Liban, tués dans une embuscade tendue par le Hezbollah le 18 avril dernier. Ce drame, l&#8217;État français doit le regarder en face, parce qu&#8217;il [&#8230;]</p>
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<p class="p4"><b>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez dénoncer la complaisance de l’État français à l’égard du Hezbollah. </b></p>
<p class="p4">Bonjour Ilana,</p>
<p class="p4">Deux soldats français de la FINUL sont morts dans le Sud du Liban, tués dans une embuscade tendue par le Hezbollah le 18 avril dernier. Ce drame, l&rsquo;État français doit le regarder en face, parce qu&rsquo;il est le prix sanglant de sa couardise. De cette complaisance insupportable qu&rsquo;il entretient depuis plus de quarante ans à l&rsquo;égard de l&rsquo;organisation terroriste chiite qui parasite le Liban.</p>
<p class="p4">À chaque attentat contre des soldats ou des civils français – le Drakkar, la rue de Rennes – l&rsquo;État français s&rsquo;est contenté de condamner du bout des lèvres, sans jamais rendre justice aux victimes. À chaque fois que le Hezbollah a entraîné tout le Liban dans ses guerres aux ambitions génocidaires contre Israël, Paris a sombré dans ses appels incantatoires à la « désescalade » – qui ne servent que les intérêts du Hezbollah et de la République islamique d&rsquo;Iran.</p>
<p class="p4">Aujourd&rsquo;hui, le rôle des soldats français de la FINUL a atteint le paroxysme de l&rsquo;absurdité. Une mission onusienne désuète, censée aider une armée libanaise noyautée jusqu&rsquo;à l&rsquo;os par le Hezbollah à désarmer cette même organisation, et qui n&rsquo;a jamais rien accompli sinon freiner les opérations israéliennes allant précisément dans ce sens. Nos soldats se retrouvent désormais pris pour cible au milieu d&rsquo;un champ de bataille, sans pouvoir riposter. Et cela en devient tragiquement insoutenable…</p>
<p class="p3">
<p class="p4"><b>Pourtant, Arié, nous vivons un moment qui pourrait être décisif pour en finir avec le Hezbollah… </b><b></b></p>
<p class="p4">Absolument. Pour la première fois, toutes les planètes sont alignées pour se débarrasser du Hezbollah.</p>
<p class="p4">L’organisation a été humiliée, saignée à blanc par Israël. Son parrain iranien, lui, l’est tout autant. Privé de son commandement centralisé et d’un flux financier ininterrompu depuis l’Iran, le Hezbollah voit sa capacité à soutenir une guerre d’usure drastiquement amputée. La Syrie, qui servait de corridor logistique entre Téhéran et Beyrouth, est désormais verrouillée. Le nouveau gouvernement de Damas endigue les transferts d&rsquo;armes et isole la milice, aussi bien géographiquement que logistiquement.</p>
<p class="p4">Et surtout, le Liban lui-même a changé. Jamais la société libanaise n&rsquo;a été aussi unanime dans son rejet du Hezbollah, toutes communautés confondues, y compris une large partie de la communauté chiite, qui a payé le prix le plus lourd de ses aventures guerrières. La population du Sud veut rentrer chez elle. Elle veut reconstruire. Elle veut un État qui la protège, pas une milice qui la prend en otage. Et jamais un gouvernement libanais ne s&rsquo;est autant activé pour reconstituer la souveraineté du pays et le monopole des armes sur son territoire. Cette fermeté offre à la communauté internationale une légitimité et une base juridique pour agir.</p>
<p class="p3">
<p class="p4"><b>Arié, concrètement, que peut et que doit faire la France ?</b><b></b></p>
<p class="p4">Elle doit agir sur trois fronts simultanément, et sans attendre.</p>
<p class="p4">Car maintenir le statu quo actuel, dont seul le Hezbollah se satisfait, achève de ruiner le peu de crédibilité qu&rsquo;il reste à notre pays au Levant. La France est déjà exclue des négociations de paix entre Israël et le Liban. Sa voix s&rsquo;érode à chaque déclaration hors-sol. Il y a urgence à retrouver le chemin du bon sens.</p>
<p class="p4">Premièrement, la France doit classifier l’intégralité du Hezbollah comme organisation terroriste. Assez de vouloir distinguer les branches militaire et politique. C’est la même organisation, le même commandement, le même bailleur iranien. La France doit aligner sa position sur celle des États-Unis, de l&rsquo;Allemagne, du Royaume-Uni, et surtout sur celle du gouvernement libanais lui-même. Quand Beyrouth demande à la communauté internationale de traiter le Hezbollah pour ce qu&rsquo;il est, refuser de le faire, c’est être complice.</p>
<p class="p4">Deuxièmement, la France doit peser de tout son poids dans cette transition. Elle doit mettre ses moyens de renseignement et de surveillance au service du gouvernement libanais, fournir un appui logistique direct à l&rsquo;armée nationale, sanctionner les acteurs politiques libanais qui continuent d&rsquo;offrir une couverture institutionnelle à la milice, et conditionner toute assistance financière au Liban à des progrès concrets et vérifiables sur le désarmement.</p>
<p class="p4">Enfin, troisièmement, la France doit impérativement travailler de concert avec ses partenaires de la région. Elle doit assumer une coalition anti-Hezbollah avec Israël, les États-Unis, la Syrie pour accompagner ce désarmement afin de restaurer la souveraineté libanaise. Aucun État ne peut désarmer seul une milice qui possède plus d&rsquo;armes que son armée régulière.</p>
<p class="p4">Ilana, l’instant est décisif. Deux soldats français ont été tués. Le Liban réclame sa liberté. Israël se bat pour sa sécurité. L’Histoire offre à la France – elle qui se rêve encore en protectrice du Liban – l’occasion unique de réparer quatre décennies d’errements. Désormais, il n’y a plus d&rsquo;excuses pour fuir nos responsabilités et ne pas rejoindre ce front commun contre le Hezbollah.</p>
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		<item>
		<title>Horizon 2027 : l’absence de débat stratégique</title>
		<link>https://elnetwork.fr/chronique/horizon-2027-labsence-de-debat-strategique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lionel Cohen]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 12:41:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez tirer la sonnette d’alarme concernant l’état du débat stratégique en France. Bonjour Ilana, À un an du premier tour de l’élection présidentielle de 2027, alors que le monde brûle, que la guerre fait rage en Iran, en Ukraine, au Liban, et que l&#8217;Internationale des Tyrannies se renforce chaque [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-23893-4" preload="none" style="width: 100%;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/04/5eff3efc-4aad-42fa-872a-2658568b66be.mp3?_=4" /><a href="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/04/5eff3efc-4aad-42fa-872a-2658568b66be.mp3">https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/04/5eff3efc-4aad-42fa-872a-2658568b66be.mp3</a></audio>
<p class="p4" style="text-align: justify;"><b>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez tirer la sonnette d’alarme concernant l’état du débat stratégique en France. </b></p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Bonjour Ilana,</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">À un an du premier tour de l’élection présidentielle de 2027, alors que le monde brûle, que la guerre fait rage en Iran, en Ukraine, au Liban, et que l&rsquo;Internationale des Tyrannies se renforce chaque année davantage, le débat politique français s&rsquo;illustre par une inculture géopolitique indigne du rang de notre pays.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Face au séisme que représente la guerre contre la République islamique d’Iran, les prétendants au pouvoir suprême sont loin d’agir en stratèges ou en garants des intérêts de la Nation.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">L&rsquo;extrême gauche s&rsquo;enferme dans un anti-américanisme pavlovien qui va jusqu&rsquo;à invisibiliser la nature totalitaire et sanguinaire du régime de Téhéran. Socialistes et écologistes se complaisent dans un angélisme pénal, s&rsquo;imaginant pouvoir neutraliser une puissance balistique et potentiellement nucléaire par la seule voie de la justice internationale. Le bloc gouvernemental, lui, refuse d&rsquo;assumer la rudesse du conflit pour ménager l&rsquo;opinion et réduit la crise à une gestion comptable de l&rsquo;inflation sous couvert d&rsquo;appels à la « désescalade ». Quant au RN, il affiche une intransigeance envers l&rsquo;Iran qui peine à masquer ses affinités historiques avec d&rsquo;autres puissances anti-occidentales alliées des mollahs.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Il est temps d&rsquo;expliquer aux Français que les conséquences économiques qu&rsquo;ils subissent – la hausse du prix de l&rsquo;essence, l&rsquo;inflation, les pénuries – trouvent leur origine dans des décennies d&rsquo;abdication géopolitique face à des acteurs hostiles. On traite les symptômes, sans jamais nommer le mal et le combattre.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;"><b>Arié, à quoi est dû cela selon vous ? </b></p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">C’est en grande partie lié à nos institutions, qui font des affaires étrangères et de la défense un « domaine réservé » du Président de la République. Cette prérogative a progressivement vidé les institutions parlementaires de toute substance sur les sujets internationaux, concentrant le pouvoir décisionnel dans le secret du huis clos élyséen. Et les conséquences sont terribles.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">D’abord, cela génère l’irresponsabilité générale d’une classe politique qui, n’ayant aucune influence réelle sur les questions militaires, se désintéresse de la complexité des affaires du monde. Aucun parti ne forme sérieusement ses cadres à la prospective géopolitique – et cela se voit.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Ensuite, il y a le fonctionnement en silo de l’administration. Le monopole présidentiel empêche toute pensée transversale capable d’intégrer conjointement les enjeux diplomatiques, militaires et géoéconomiques.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Enfin, et c’est le plus grave, la déconnexion totale de la Nation face à la violence du monde. Tenus à l’écart des prises de décision, jamais confrontés à de vrais débats parlementaires sur la politique étrangère, les citoyens français subissent sans comprendre ce qui est en jeu.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Cette déconnexion rend la société profondément candide, vulnérable à la propagande faussement pacifiste, et incapable de comprendre pourquoi certaines opérations militaires sont parfois non seulement nécessaires, mais moralement justes.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Démocratiser la grande stratégie nationale est devenu indispensable pour forcer la classe politique à sortir de son aveuglement et à assumer ses responsabilités.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;"><b>Au fond, Arié, ce que vous décrivez, c’est une France qui craint la force… </b></p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Absolument. Nous avons désappris à penser la guerre.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">La France, mais aussi toute l’Europe, se sont laissé narcotiser par l’illusion que le commerce international, les grands sommets mondiaux et les traités onusiens suffiraient à pacifier la condition humaine.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Même l’exemple russe n’aura pas suffi à nous réveiller. Les Européens ont cru pouvoir amadouer Vladimir Poutine par l’interdépendance économique – et ils ont échoué.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">Les régimes totalitaires, qu&rsquo;ils soient animés par un messianisme théocratique comme en Iran ou par un irrédentisme impérialiste comme en Russie ou en Chine, perçoivent cette réticence à employer la force non pas comme de la sagesse, mais comme un symptôme de décadence et de faiblesse extrême. Le totalitarisme ne s&rsquo;arrête que là où il rencontre l&rsquo;acier des armes et la détermination de dirigeants courageux.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">En ce sens, les opérations militaires américano-israéliennes sont venues nous rappeler que l’outil militaire demeure l’argument ultime du droit. En démantelant la machinerie de guerre d&rsquo;un des pires régimes de notre époque, Américains et Israéliens n&rsquo;ont fait qu&rsquo;ouvrir la voie à une paix qu’un demi-siècle de concessions et de compromissions n’avait jamais permis d’effleurer.</p>
<p class="p4" style="text-align: justify;">L&rsquo;avenir de la France dépend désormais de sa capacité à réhabiliter l&rsquo;idée que recourir à la force peut être juste et légitime. De retrouver le courage de nommer l&rsquo;ennemi, de s’armer, et d&rsquo;imposer, par elle-même, les conditions de sa liberté.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Libérer le Liban du Hezbollah</title>
		<link>https://elnetwork.fr/chronique/liberer-le-liban-du-hezbollah/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 09:43:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez évoquer les opérations israéliennes contre le Hezbollah au Liban. Bonjour Rudy, Face aux opérations israélo-américaines qui ciblent aujourd’hui la République islamique d’Iran, le Hezbollah a fait son choix : celui d’accompagner son maître de Téhéran dans sa chute, quitte à entraîner avec lui tout le Liban. En s’accrochant [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-23645-5" preload="none" style="width: 100%;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/03/fabaaafe-9f42-43a9-ab14-4f5fb4a7eb59.mp3?_=5" /><a href="https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/03/fabaaafe-9f42-43a9-ab14-4f5fb4a7eb59.mp3">https://elnetwork.fr/wp-content/uploads/2026/03/fabaaafe-9f42-43a9-ab14-4f5fb4a7eb59.mp3</a></audio>
<p class="p4"><b>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez évoquer les opérations israéliennes contre le Hezbollah au Liban. </b></p>
<p class="p4">Bonjour Rudy,</p>
<p class="p4">Face aux opérations israélo-américaines qui ciblent aujourd’hui la République islamique d’Iran, le Hezbollah a fait son choix : celui d’accompagner son maître de Téhéran dans sa chute, quitte à entraîner avec lui tout le Liban. En s’accrochant à cette stratégie suicidaire, l’organisation terroriste confirme son statut de pièce maîtresse et de métastase la plus aboutie du régime des mollahs au Levant, prenant en otage l’ensemble d’une société pour servir ses fantasmes génocidaires contre Israël.</p>
<p class="p4">Pourtant, il faut rappeler à ceux qui l’ignorent qu’il n’y a, à l’origine, aucun contentieux entre l’État juif et l’État libanais. Bien au contraire. Les liens historiques entre Hébreux et Phéniciens remontent à l&rsquo;Antiquité, bâtis sur des échanges riches et complémentaires. Même après la renaissance d&rsquo;Israël en 1948, alors que toute la région cherchait sa destruction, sa frontière avec le Liban était la plus paisible de toutes – quand elle est aujourd’hui l&rsquo;un des points les plus sensibles du Moyen-Orient.</p>
<p class="p4">On s’imaginait alors légitimement que Beyrouth signerait rapidement des accords de normalisation avec l’État juif. Mais cet espoir a été brisé. Brisé par les Palestiniens, lorsque dans les années 1970, l’OLP de Yasser Arafat, chassée de Jordanie, a fait du pays du Cèdre sa base arrière terroriste pour s’en prendre à Israël, jusqu’à y déclencher la terrible guerre civile de 1975 – un drame dont le Liban ne s’est jamais relevé.</p>
<p class="p4">Puis, à partir des années 1980, le Hezbollah s&rsquo;est substitué à l’OLP. Créé, financé et armé de toutes pièces par l’Iran, il a confisqué le pays pour devenir un État dans l’État, fort d&rsquo;un arsenal qui écrase celui de l&rsquo;armée régulière. Contrairement à sa propagande, sa vocation n&rsquo;a jamais été de protéger les Libanais, ni de « résister » à un Israël qui n&rsquo;a jamais voulu de mal au Liban. Sa véritable mission, dictée par le fanatisme religieux, a toujours été l’éradication de l’État juif et la destruction de l’Occident.</p>
<p class="p4">L’embrasement régional que nous vivons n’est que l’aboutissement inévitable et structurel d’une crise multidimensionnelle, en gestation depuis des décennies, que la communauté internationale a toujours cherché à repousser. Mais l&rsquo;accélération provoquée par la razzia du 7 octobre a mis Israël au pied du mur. Face à la République islamique et ses proxys qui mènent une guerre asymétrique sans répit aux démocraties, l’État juif ne fait qu’exercer son droit le plus strict à la légitime défense dans une guerre qui lui a été déclarée en 1979.</p>
<p class="p4">Aujourd’hui, la vérité nous explose au visage. L’armée régulière libanaise, qui annonçait en janvier avoir démilitarisé le Sud-Liban dans le cadre du cessez-le-feu de 2024, a échoué et menti. Des soldats israéliens y sont encore tués par des hommes du Hezbollah, car ils n’ont jamais respecté ce cessez-le-feu qui exigeait leur retrait de la zone – tout comme ils n’ont jamais respecté la résolution 1701 du Conseil de Sécurité exigeant leur désarmement. C&rsquo;est la preuve que depuis tout ce temps Israël était dans son bon droit de frapper leurs infrastructures terroristes.</p>
<p class="p4">Et dans ce chaos, l’attitude de la communauté internationale, et plus particulièrement celle de la diplomatie française, est toujours aussi insupportable. La France a un lien millénaire avec ce territoire et ce peuple – des croisades au mandat français en passant par Napoléon III. Mais ce Liban chrétien, cette « Suisse d’Orient » n’existe plus. La démographie et les équilibres ont changé.</p>
<p class="p4">En 1982, François Mitterrand avait loupé l’occasion de sauver le Liban en préférant sauver Yasser Arafat et l’OLP du siège de Beyrouth. En 2026, Emmanuel Macron a l’occasion de rattraper cette faute historique. La France a les moyens d’agir, mais elle préfère s’accommoder d’une chienlit permanente qui n’arrange personne, si ce n’est le Hezbollah. En appelant systématiquement à la désescalade, elle crée une impuissance généralisée qui ne fait que prolonger les malheurs des Libanais auxquels elle prétend tant tenir.</p>
<p class="p4">Il faut que cette obsession irrationnelle française vis-à-vis du Liban serve à quelque chose. Aujourd’hui, la FINUL est inutile. L’État libanais n’est pas à la hauteur et ne peut s&rsquo;en sortir seul. Sans intervention extérieure, la situation continuera de pourrir, condamnant à la fois les Libanais et les Israéliens.</p>
<p class="p4">Dans ce moment charnière où le parrain iranien vacille, une véritable fenêtre d’opportunité s’ouvre pour apporter une aube nouvelle de paix et de prospérité au Moyen-Orient. Israël a la ferme intention d’aller au bout des choses. Si la France tient tant à la sécurité et à la souveraineté du peuple libanais comme elle le prétend, elle doit agir. Elle doit trouver le courage politique d’aider à le débarrasser définitivement de ce parasite qu’est le Hezbollah, en soutenant activement Israël et les États-Unis dans l’éradication du premier sponsor du terrorisme islamiste au monde qu’est la République islamique d’Iran.</p>
<p class="p4">C&rsquo;est à ce prix, et uniquement à ce prix, que le Liban sera libéré.</p>
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		<title>Avec l&#8217;aide du renseignement israélien, le Liban démantèle le Hezbollah dans le sud du pays</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 09:45:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fil Info]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>BEYROUTH – L’armée libanaise a en grande partie désarmé le Hezbollah dans ses fiefs du sud, en s’appuyant notamment sur les services secrets israéliens, tandis que le nouveau gouvernement du pays s’efforce de faire respecter le cessez-le-feu qui a mis fin à une vague de violents affrontements avec Israël l’année dernière. Les responsables américains et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="my-0">BEYROUTH – L’armée libanaise a en grande partie désarmé le Hezbollah dans ses fiefs du sud, en s’appuyant notamment sur les services secrets israéliens, tandis que le nouveau gouvernement du pays s’efforce de faire respecter le cessez-le-feu qui a mis fin à une vague de violents affrontements avec Israël l’année dernière.</p>
<p class="my-0">Les responsables américains et israéliens se sont dit agréablement surpris par ces progrès, qui jouent un rôle déterminant dans le maintien du fragile accord de trêve conclu en novembre. Il reste désormais à savoir si les autorités libanaises parviendront à mener à bien leur mission dans le sud et à étendre leurs efforts au reste du pays.</p>
<p class="my-0">« Sur tout le territoire libanais, l’État doit avoir le monopole des armes », a déclaré le Premier ministre du Liban, Nawaf Salam, lors d’un entretien avec le Wall Street Journal, en frappant du poing sur la table. Le gouvernement libanais a atteint environ 80% de son objectif de désarmement des milices dans les régions les plus au sud du pays, a précisé M. Salam lors de l’entretien.</p>
<p class="my-0">Le Hezbollah a coopéré aux opérations de désarmement dans le sud et n’a eu d’autre choix que de céder le contrôle de la sécurité dans d’autres zones, comme l’aéroport de Beyrouth. Les renseignements israéliens transmis par les États-Unis ont permis à l’armée libanaise de trouver et décimer les stocks d’armes et les postes militaires encore détenus par le Hezbollah dans le sud, affirment de hauts responsables arabes. L’armée indique qu’elle détruit une partie des armes confisquées au Hezbollah, mais conserve celles qu’elle peut encore utiliser afin de renforcer son propre arsenal, actuellement insuffisant.</p>
<p class="my-0">Ces opérations aident l’armée libanaise à établir son autorité au sud du fleuve Litani, en contrôlant les points d’entrée et de sortie d’une zone longtemps occupée par le Hezbollah. « Nous constatons que l’armée libanaise est beaucoup plus efficace que prévu dans de nombreuses zones », souligne un responsable militaire israélien. « Les Forces de défense israéliennes se réjouissent d’une manière générale de cette évolution et espèrent qu’elle se poursuivra », ajoute-t-il.</p>
<p class="my-0">Le gouvernement libanais met également en avant un plan en plusieurs phases visant à désarmer les groupes armés palestiniens présents dans le pays, qui opèrent principalement dans des camps de réfugiés surpeuplés. En avril, les forces de sécurité libanaises ont mené une opération contre une cellule de militants palestiniens soupçonnés d’avoir effectué des tirs de roquettes contre Israël, et ont procédé à de rares arrestations.</p>
<p class="my-0">L’accord de cessez-le-feu prévoit que les efforts de désarmement doivent commencer au sud du Litani, qui longe globalement la frontière avec Israël. M. Salam et Washington plaident en faveur du désarmement du Hezbollah dans tout le reste du pays.</p>
<p class="my-0">Le Hezbollah a coopéré aux opérations de désarmement dans le sud et n’a eu d’autre choix que de céder le contrôle de la sécurité dans d’autres zones, comme l’aéroport de Beyrouth, rapportent des responsables libanais de la sécurité. Selon des personnes proches du groupe islamiste, le Hezbollah essaie de marquer des points sur le plan politique dans le pays en montrant sa bonne volonté, alors que le Liban cherche à obtenir des fonds pour sa reconstruction auprès des pays occidentaux et des États du Golfe, qui sont hostiles au Hezbollah et assortissent leur aide financière de conditions.</p>
<p class="my-0">Il n’est pas certain que le mouvement chiite coopérera à la poursuite du processus de désarmement dans le reste du pays. « À moins que le Hezbollah ne soit disposé et prêt à procéder à son propre désarmement, je ne vois pas comment le gouvernement libanais pourrait prendre la décision de le désarmer par la force », estime Randa Slim, chercheuse au Foreign Policy Institute de l’université Johns Hopkins. « Il doit plutôt faire en sorte que le Hezbollah ne puisse pas continuer à refuser de se désarmer et que cette position lui coûte cher sur le plan politique, en conditionnant la reconstruction des zones à majorité chiite à son désarmement. »</p>
<p class="my-0">Désarmer le Hezbollah représente un risque politique pour le gouvernement de M. Salam. Le mouvement islamiste dispose depuis longtemps d’une influence considérable au Liban, où il compte des centaines de milliers de fidèles, pour la plupart issus de la communauté musulmane chiite. Né dans les années 1980, pendant la guerre civile libanaise et l’invasion israélienne qui a conduit à une occupation durant de longues années, ce mouvement politique et militant a accumulé une puissance de feu considérable ces vingt dernières années avec l’aide de l’Iran, et est devenu l’une des milices non étatiques les plus puissantes au monde.</p>
<p class="my-0">Cependant, le Hezbollah a été affaibli, ce qui offre une occasion à l’État libanais, depuis longtemps à l’agonie, de s’affirmer. Deux mois d’opérations de renseignement, de frappes aériennes et de manœuvres terrestres menées par Israël ont permis d’éliminer les dirigeants du Hezbollah et une grande partie de son arsenal. Les combats ont fait des milliers de morts parmi les Libanais et causé des milliards de dollars de dégâts, jetant le discrédit sur le Hezbollah au niveau national, même auprès de certains de ses partisans.</p>
<p class="my-0">Israël a frappé le Liban à des centaines de reprises depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Israël affirme viser des cibles du Hezbollah, notamment à Beyrouth. Tsahal a également déployé des troupes dans plusieurs positions du sud du Liban.</p>
<p class="my-0">Les messages du Hezbollah sur le désarmement, son rôle dans la société libanaise et son avenir en matière de résistance armée contre Israël restent flous alors que le groupe peine à se remettre de la campagne militaire israélienne. Ses représentants soulignent la nécessité pour la milice de rester armée, invoquant la faiblesse de l’armée nationale, la puissance de son ennemi voisin Israël et la violence des extrémistes sunnites qui s’en prennent aux minorités religieuses dans un autre pays voisin, la Syrie.</p>
<p class="my-0">« Les armes que le Hezbollah conserve dans certaines régions font la force du Liban », a déclaré Ibrahim Mousawi, représentant du Hezbollah au Parlement libanais, lors d’un entretien.</p>
<p class="my-0">Le Hezbollah pourrait avoir du mal à se réarmer. Le groupe a perdu ses principales routes de contrebande d’armes qui reliaient l’Iran à la Syrie lorsque Bachar al-Assad a été renversé en décembre et remplacé par un gouvernement hostile à l’Iran et au Hezbollah. La capacité du mouvement à obtenir des fonds via l’aéroport de Beyrouth est également affectée par les mesures de restriction imposées par le gouvernement.</p>
<p class="my-0">Au Liban, les incertitudes sur la poursuite du désarmement au nord du fleuve Litani, et les conséquences en cas de refus du Hezbollah, inquiètent de plus en plus.</p>
<p class="my-0">Les hauts responsables du Hezbollah et du gouvernement libanais affichent leur volonté d’éviter toute violence sur le territoire, un scénario redouté par de nombreux Libanais qui ont subi des décennies de guerre civile. Il est peu probable que l’armée libanaise affronte le Hezbollah par les armes ; elle s’est toujours efforcée d’écarter cette solution. Depuis longtemps en infériorité numérique et sous-équipée, l’armée doit composer avec les clivages confessionnels très marqués du pays, qui compte d’importantes communautés chrétiennes, sunnites, chiites et druzes.</p>
<p class="my-0">« Nous ne voulons pas mettre le pays dans une voie qui mènerait à une guerre civile, mais vous pouvez me croire, notre engagement à étendre et à consolider l’autorité de l’État n’en sera pas ébranlé », conclut le Premier ministre libanais.</p>
<p class="my-0">(Traduit à partir de la version originale en anglais par Aurélie Henri)</p>
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		<title>Vers une normalisation entre Israël et le Liban ?</title>
		<link>https://elnetwork.fr/chronique/vers-une-normalisation-entre-israel-et-le-liban/</link>
		
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		<pubDate>Fri, 02 May 2025 10:15:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez évoquer l’éventualité d’une normalisation des relations entre Israël et le Liban. Bonjour Eva, Depuis 2019, le Liban traverse l’une des pires crises économiques de l’histoire moderne : Le PIB a chuté de plus de 60%, l’État est en situation de quasi-faillite, la majorité de la population vit sous le [&#8230;]</p>
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<p><strong>Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez évoquer l’éventualité d’une normalisation des relations entre Israël et le Liban. </strong></p>
<p>Bonjour Eva,</p>
<p>Depuis 2019, le Liban traverse l’une des pires crises économiques de l’histoire moderne :</p>
<p>Le PIB a chuté de plus de 60%, l’État est en situation de quasi-faillite, la majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté, la monnaie s’est effondrée, et le pouvoir d’achat s’est évaporé. La guerre déclenchée par le Hezbollah contre Israël en soutien au Hamas n’a fait qu’aggraver une situation déjà catastrophique, plongeant encore davantage le pays dans l’abîme.</p>
<p>Dans ce contexte, et depuis l’effondrement de l’axe chiite, une idée longtemps impensable commence à germer : celle d’une possible normalisation avec Israël. Autrefois totalement taboue, cette perspective progresse dans une société à bout de souffle, qui refuse de voir son avenir continuellement sacrifié sur l’autel de l’idéologie islamiste.</p>
<p>Lentement mais sûrement, une part croissante de la population libanaise prend conscience que nombre de ses maux depuis des décennies trouvent, directement ou indirectement, leur origine dans les ingérences étrangères, l’irrédentisme et le terrorisme palestinien.</p>
<p>Comme pour le reste de la région, le Liban n’échappe pas aux bouleversements du 7-octobre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Arié, en quoi cette normalisation serait-elle bénéfique pour les Libanais ?</strong></p>
<p>Ce serait à la fois un acte de survie et un choix de raison.</p>
<p>Sans stabilité ni apaisement avec Israël, personne n’acceptera d’investir dans un pays perçu comme un champ de bataille. Mais si la paix devenait une réalité, alors ce sont des milliards d’aides et d’investissements venus du monde entier qui pourraient affluer. Ces capitaux permettraient de relancer des secteurs aujourd’hui sinistrés, et de remettre le Liban sur les rails.</p>
<p>Et les précédents parlent d’eux-mêmes : l’Égypte, la Jordanie ou encore les pays signataires des Accords d’Abraham ont tous connu un essor économique spectaculaire après avoir normalisé leurs relations avec Israël. Ces accords ont généré des milliards de dollars d’échanges et créé des millions d’emplois.</p>
<p>Le Liban, en s’y associant, pourrait redevenir un maillon économique du Levant — un partenaire crédible au sein d’un axe régional de prospérité. Pour un pays ruiné, pour des générations entières privées d’avenir, ce serait enfin une bouffée d’espoir.</p>
<p>Mais l’enjeu est aussi profondément politique. Normaliser avec Israël, ce serait pour le Liban un moyen de retrouver sa pleine souveraineté. Cela permettrait à l’État de restaurer son autorité sur l’ensemble du territoire, en balayant le récit du Hezbollah qui justifie son emprise et la guerre au nom de la « résistance » contre Israël.</p>
<p>Ce serait, pour les Libanais, une occasion historique de reprendre le contrôle de leur destin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Arié, cette normalisation, ce serait aussi une opportunité historique pour Israël… </strong></p>
<p>Tout à fait — et Israël n’aspire qu’à cela, comme l’a récemment rappelé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.</p>
<p>Chaque guerre déclenchée par le Hezbollah a entraîné son cortège de destructions, d’exodes et de drames humains. Mettre fin à cet engrenage, ce serait non seulement protéger les populations civiles, mais aussi ouvrir la voie à un véritable cycle de reconstruction et de stabilité régionale.</p>
<p>Le Hezbollah certes très affaibli, n’est pas éradiqué. Son poids politique est amoindri. C’est une opportunité qui ne demande qu’à être exploitée. Aujourd’hui, les terroristes pansent leurs plaies, mais demain : quid de leur obsession d’anéantir Israël ?</p>
<p>C’est pourquoi un accord offrirait l’opportunité de coopérer avec l’armée libanaise, et avec d’autres acteurs internationaux, pour désarmer définitivement cette menace. Ce serait un levier pour affaiblir davantage l’axe iranien et pacifier durablement la frontière nord, en soulageant Israël d’un danger constant de tirs de roquettes.</p>
<p>Enfin, un Liban stabilisé deviendrait aussi un partenaire stratégique de premier plan. Pour Israël, qui ambitionne de devenir un hub énergétique entre l’Europe et l’Asie, ce serait l’ouverture d’un nouveau corridor, d’un partenaire gazier, d’un débouché industriel prometteur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Finalement Arié, cette normalisation serait bénéfique pour tout le monde… </strong></p>
<p>Absolument.</p>
<p>Après les deux premières vagues des Accords d’Abraham, une normalisation israélo-libanaise représenterait une avancée historique majeure, porteuse d’espoir pour toute la région.</p>
<p>Pour le Moyen-Orient, ce serait l’occasion d’offrir la possibilité d’une nouvelle cohérence stratégique.</p>
<p>Pour le Liban, ce serait la sortie de l’isolement, la possibilité de redevenir un acteur respecté, attractif, tourné vers la construction plutôt que constamment entraîné dans la confrontation par une entité islamiste parasitaire. Ce serait un nouveau départ — une véritable résurrection politique et économique.</p>
<p>Et pour Israël, ce serait une victoire stratégique supplémentaire contre la République islamique d’Iran, un gain sécuritaire majeur. Mais surtout, cela pourrait amorcer une réaction en chaîne vertueuse de reconnaissance, dans laquelle d’autres pays — comme la Syrie, qui commence tout juste à évoquer cette perspective — pourraient à leur tour s’engager.</p>
<p>Comme le disait Théodore Herzl : Si vous le voulez, ce ne sera pas un rêve ! Il faut donc le souhaiter pour Israël qui célèbre aujourd’hui le 77<sup>e</sup> anniversaire de sa renaissance.</p>
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		<title>À la frontière libanaise, le cessez-le-feu mis à mal : le récit de l’envoyé spécial du Figaro</title>
		<link>https://elnetwork.fr/fil-info/a-la-frontiere-libanaise-le-cessez-le-feu-mis-a-mal-le-recit-de-lenvoye-special-du-figaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ELNET]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Apr 2025 09:44:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fil Info]]></category>
		<category><![CDATA[Hezbollah]]></category>
		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>RÉCIT &#8211; Pour les habitants du nord d’Israël, où plusieurs roquettes ont été tirées dernièrement, le retour dans des localités exposées reste un défi. Par Guillaume de Dieuleveult, envoyé spécial à la frontière entre Israël et le Liban Publié le 2 avril 2025 à 07h30, Mis à jour le 2 avril 2025 à 10h41 Une [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p3"><b>RÉCIT &#8211; Pour les habitants du nord d’Israël, où plusieurs roquettes ont été tirées dernièrement, le retour dans des localités exposées reste un défi.</b></p>
<p class="p4"><span class="s2">Par</span><span class="s3"> <a href="https://www.lefigaro.fr/auteur/guillaume-de-dieuleveult"><span class="s4"><b>Guillaume</b></span><b> </b><span class="s4"><b>de</b></span><b> </b><span class="s4"><b>Dieuleveult</b></span></a></span><span class="s2">,</span> <span class="s2">envoyé</span> <span class="s2">spécial</span> <span class="s2">à</span> <span class="s2">la</span> <span class="s2">frontière</span> <span class="s2">entre</span> <span class="s2">Israël</span> <span class="s2">et</span> <span class="s2">le</span> <span class="s2">Liban</span></p>
<p class="p4"><span class="s2">Publié</span> <span class="s2">le</span> <span class="s2">2</span> <span class="s2">avril</span> <span class="s2">2025</span> <span class="s2">à</span> <span class="s2">07h30, Mis</span> <span class="s2">à</span> <span class="s2">jour</span> <span class="s2">le</span> <span class="s2">2</span> <span class="s2">avril</span> <span class="s2">2025</span> <span class="s2">à</span> <span class="s2">10h41</span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Une</span> <span class="s2">frappe</span> <span class="s2">israélienne</span> <span class="s2">à</span> <span class="s2">la</span> <span class="s2">frontière</span> <span class="s2">avec</span> <span class="s2">le</span> <span class="s2">Liban,</span> <span class="s2">le</span> <span class="s2">samedi</span> <span class="s2">22</span> <span class="s2">mars.</span> <span class="s7"><i>Karamallah</i></span><i> </i><span class="s7"><i>Daher</i></span><i> </i><span class="s7"><i>/</i></span><i> </i><span class="s7"><i>REUTERS</i></span></p>
<p class="p5"><a href="https://www.lefigaro.fr/tag/israel">Israël</a><span class="s9"> <a href="https://www.lefigaro.fr/tag/liban">Liban</a> <a href="https://www.lefigaro.fr/tag/hezbollah">Hezbollah</a></span></p>
<p class="p6">Après 541 jours de réserve, Lior Shelef va enfin pouvoir retirer son uniforme. <i>« C’est un moment historique ! »</i>, se réjouit cet habitant de Snir, un kibboutz situé dans l’extrême nord d’Israël, <a href="http://www.lefigaro.fr/international/liban-emmanuel-macron-hausse-le-ton-contre-israel-qui-bombarde-beyrouth-20250328"><span class="s10">à une centaine de mètres du Liban</span></a>. Il a été mobilisé</p>
<p class="p6">le <a href="http://www.lefigaro.fr/international/des-massacres-du-7-octobre-au-cessez-le-feu-quinze-mois-de-cauchemar-pour-israel-et-gaza-20250116"><span class="s10">7 octobre 2023</span></a> et, depuis, il est sous les drapeaux. <i>« Demain, je vais m’habiller en civil, mais je garde mes armes à la maison »</i>, précise-t-il. Né à Snir, cet homme de 49 ans, sait combien la situation reste instable dans cette partie du pays. Surnommée <i>« le doigt d’Israël »</i>, la vallée de la Houla, où il habite, s’enfonce comme un coin entre le Liban et la Syrie.</p>
<p class="p10">Ici, les séquelles de <a href="http://www.lefigaro.fr/international/comment-le-hezbollah-essaie-de-redefinir-sa-place-dans-le-jeu-libanais-20250306"><span class="s10">14 mois de</span> g<span class="s10">uerre avec le Hezbollah</span></a> sont encore bien visibles. Les frontières ne sont pas figées et la zone reste aussi explosive qu’un baril de poudre. Le cessez-le-feu avec la milice chiite vient de connaître de nouveaux accrocs, les plus inquiétants depuis son entrée en vigueur, fin novembre. Mardi matin, Israël a bombardé le quartier sud de Beyrouth : la deuxième série de frappes en quelques jours. <a href="http://www.lefigaro.fr/vox/politique/serge-klarsfeld-le-crif-ne-doit-pas-se-couper-des-francais-de-confession-juive-20250328"><span class="s10">L’État hébreu</span></a> affirme a visé un responsable du Hezbollah, Hassan Bdair, alors que les tirs de roquette ont repris ces derniers jours en direction de la zone frontalière.</p>
<p class="p11">Vendredi matin, les sirènes ont sonné à Kiryat Shmona. Deux roquettes ont été tirées vers cette ville, la plus grande de la région, située à quelques kilomètres de Snir.</p>
<p class="p12">L’une a été interceptée par le Dôme de fer, le système de défense israélien, l’autre est tombée côté Liban. Elles auraient toutes deux été envoyées depuis une <a href="https://www.lefigaro.fr/sortir-paris/2018/10/17/30004-20181017ARTFIG00004-litani-le-liban-a-petits-plats.php"><span class="s10">zone située</span></a> <a href="https://www.lefigaro.fr/sortir-paris/2018/10/17/30004-20181017ARTFIG00004-litani-le-liban-a-petits-plats.php"><span class="s10">au nord du fleuve Litani</span></a>, dans une région non concernée par la résolution 1701 de l’ONU, en vertu de laquelle le Hezbollah ne doit pas déployer de troupes plus au sud.</p>
<p class="p13">
<p class="p14"><b>Tirs d’artillerie, bombardements</b></p>
<p class="p15">Dans la foulée, l’armée israélienne a répliqué par des tirs d’artillerie. Puis, comme aux pires heures de la guerre, elle a bombardé un bâtiment du quartier sud de Beyrouth, le bastion du Hezbollah. La milice chiite a pourtant nié être à l’origine du tir, qui n’a pas été revendiqué. Les soupçons se portent sur des mouvements palestiniens présents au Liban, comme le Hamas. Mais, pour Israël, quoi qu’il arrive, la responsabilité incombe au Hezbollah.</p>
<p class="p16">Très vite, le Quai d’Orsay a réagi. <i>« La France observe avec une grande préoccupation la recrudescence des frappes israéliennes au Liban. Elle condamne fermement les tirs de roquette dirigés vers Israël depuis le territoire libanais, dans la matinée du 28 mars, qui ont conduit à la riposte israélienne en cours »</i>, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. <i>« La France appelle l’ensemble des parties à la plus grande retenue afin d’éviter une escalade dangereuse pour la pérennité du cessez-le-feu conclu le 26 novembre 2024, à l’heure où les efforts internationaux se poursuivent pour permettre de parachever les engagements pris dans ce cadre »</i>, conclut le communiqué.</p>
<p class="p8">Au lendemain de l’attaque terroriste du 7 Octobre, le Hezbollah est entré en guerre contre Israël depuis le Liban. Fuyant les roquettes, poussées par la peur de subir une agression semblable à celle orchestrée par le Hamas depuis Gaza, environ 60.000 personnes ont quitté le nord d’Israël. La femme et les trois enfants de Lior Shelef sont partis eux aussi, comme les 600 habitants de Snir.</p>
<p class="p17">
<p class="p18"><b>Seule la chienne est restée</b></p>
<p class="p15">Mais leur père, non. En dépit des frappes du mouvement chiite, il est resté sur place avec une trentaine de personnes, consacrant l’essentiel de son temps au travail militaire. <i>« Je suis beaucoup allé au Liban »</i>, confie-t-il. Autrement, c’était l’entretien du kibboutz, de ses vergers d’avocats et du bétail, la lutte contre les incendies allumés par les roquettes. <i>« Il y avait deux ou trois départs de feu par jour »</i>, assure-t- il. Seule sa chienne est restée avec lui. <i>« Elle est traumatisée par le bruit des explosions</i>, affirme-t-il. <i>Moi, je m’y suis habitué. » </i>Sa femme et ses enfants sont rentrés mi-mars, comme la moitié des habitants du kibboutz.</p>
<p class="p19">
<p class="p20"><b>Si d’autres roquettes tombent, soit on se fait tuer, soit on a le temps de s’enfuir</b></p>
<p class="p21"><span class="s11">Moshe</span> <span class="s11">Sharvit,</span> <span class="s11">un</span> <span class="s11">habitant</span> <span class="s11">de</span> <span class="s11">Kiryat</span> <span class="s11">Shmona</span></p>
<p class="p22">
<p class="p12">Mais le retour est difficile. Malgré le cessez-le-feu, beaucoup ne sont toujours pas rentrés. <i>«</i><i> </i><i>Avant, mes enfants étaient insouciants. Maintenant, ils ont peur, même quand ils sont à la maison. Ma femme n’est pas née ici, elle me dit : pourquoi rester ? Allons vivre dans un endroit calme. Mais où est ce que c’est calme dans ce pays ? Le calme, c’est une question de perspective. Et si nous partons, que se passera-t-il ? Si nous ne gardons pas cette terre, quelqu’un d’autre s’y installera et il ne sera certainement pas israélien. Nous devons accepter le fait qu’une roquette ou deux ne sont pas une raison valable pour quitter cet endroit. »</i></p>
<p class="p11">À Kiryat Shmona, la rue Tel Hai a retrouvé un semblant de vie. Pendant des mois, c’était une artère déserte, empruntée à toute vitesse par de rares voitures craignant une nouvelle attaque de roquette, parfois si promptes que les sirènes sonnaient après l’impact. Désormais, les boutiques rouvrent et il y a du trafic. La municipalité, ainsi qu’un supermarché local, a placé des pancartes sur les lampadaires : <i>« C’est bon de </i><i>vous revoir à la maison ! » </i>Mais entre 30 % et 50 % des habitants seulement, sur une population d’environ 22.000 personnes, sont rentrés. Dans le bloc où vit Moshe Sharvit, c’est le désert. Seuls trois appartements de son immeuble ont été réinvestis.</p>
<p class="p16">Les martinets nichent dans les appartements vides. Ils passent en criant à travers les fenêtres soufflées par l’explosion d’une roquette, juste en face. Moshe Sharvit vient de remettre son appartement en état. Il ne partira plus. <i>« On n’a nulle part où aller. Si d’autres roquettes tombent, soit on se fait tuer, soit on a le temps de s’enfuir »</i>, assène-t-il, fataliste. Ouvrier en bâtiment, il a vu le hangar où il stockait son matériel partir en fumée dans un tir de roquette. <i>« Le gouvernement ne me rembourse qu’un tiers de sa valeur. Ce sont des ordures et nous, ils nous traitent comme des moins que rien »</i>, peste-t-il. L’État a cessé de subventionner les habitants évacués. Mais le retour n’est pas possible partout. Le 22 mars, six roquettes ont été tirées vers le village Metula. C’est le plus septentrional d’Israël et le plus exposé : ici, 60 % des maisons ont été frappées par des tirs de roquettes ou de missiles antitank pendant la guerre.</p>
<p class="p23">
<p class="p14"><b>Metula, village fantôme</b></p>
<p class="p24">Aujourd’hui, Metula garde ses airs de ville fantôme. Personne dans les rues, les trottoirs défoncés, les boutiques et les écoles fermées, des maisons calcinées, des voitures à l’abandon depuis des mois, des bâches de camouflage qui claquent dans le vent. Environ 300 personnes vivent là, contre 2 400 avant la guerre.</p>
<p class="p16">Pour les autres, la date du retour est inconnue. Solide sexagénaire, Rami Rabinowicz, un des membres de l’équipe municipale, y travaille depuis le mois d’août. <i>« Je suis revenu, malgré le danger, parce qu’il faut reconstruire la société israélienne. Et cela commence ici. Metula est la porte d’entrée d’Israël. Si la porte n’est pas défendue, on ne pourra pas reconstruire le pays. » </i>L’endroit est toujours dangereux, reconnaît-il.</p>
<p class="p25">Mais il espère pouvoir faire revenir les familles cet été. <i>« Nous pourrons peut-être organiser une colonie de vacances pour les enfants ? »</i></p>
<p class="p10">Depuis les hauteurs de Metula, on voit très bien le village libanais de Kfar Kila, tout proche. Du moins, ce qu’il en reste : il a été entièrement ravagé par les bombardements israéliens. Quelque part dans les décombres, un chien aboie. <i>« Plus loin, c’est Deir Mima, un village chrétien, et là-bas, c’est Mazraat Sarda » </i>: Ali Galil et sa femme, Farah Raslane, connaissent parfaitement la région.</p>
<p class="p8">Ces Libanais de confession chiite sont nés là. Ils ont fui pour Israël avec leur famille, lors du retrait israélien du sud du Liban, en 2000. Mais Ali Galil ne parvient pas à retrouver sa maison parmi les ruines. <i>« Il n’y a plus aucun souvenir du village où j’ai passé mon enfance »</i>, regrette-t-il. En contrebas, des chars israéliens tirent plusieurs salves d’obus vers le Liban et des colonnes de fumée s’élèvent dans les collines.</p>
<p class="p25">Dans la voiture, les enfants s’impatientent : ils veulent rentrer à Tel-Aviv, où la famille tient une pâtisserie de knafeh.</p>
<p class="p34">
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		<title>Comment le Hezbollah essaie de redéfinir sa place dans le jeu libanais</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Mar 2025 09:54:25 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[L’Iran et ses proxys]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>DÉCRYPTAGE &#8211; Alors que son désarmement est inscrit en haut de l’agenda libanais, les paris sont ouverts sur la volonté ou le refus du Parti de Dieu à se transformer en une formation politique comme les autres. Par Sibylle Rizk, Beyrouth Les funérailles de Hassan Nasrallah le 23 février ont tourné une longue page de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p3"><b>DÉCRYPTAGE &#8211;</b><b> </b><b>Alors que son désarmement est inscrit en haut de l’agenda libanais, les paris sont ouverts sur la volonté ou le refus du Parti de Dieu à se transformer en une formation politique comme les autres.</b></p>
<p class="p4"><span class="s2">Par</span><span class="s3"> <a href="https://www.lefigaro.fr/auteur/sibylle-rizk"><span class="s4"><b>Sibylle</b></span><b> </b><span class="s4"><b>Rizk</b></span></a></span><span class="s2">,</span> <span class="s2">Beyrouth</span></p>
<p class="p7">Les funérailles de <a href="http://www.lefigaro.fr/international/a-beyrouth-une-foule-immense-fait-ses-adieux-a-hassan-nasrallah-20250223"><span class="s11">Hassan Nasrallah</span></a> le 23 février ont tourné une longue page de l’histoire du Hezbollah, qu’il a dirigé pendant trente-deux ans. La mobilisation massive organisée pour l’événement montre que le parti tient encore debout malgré l’écrasante victoire d’Israël, qui a éliminé tous ses cadres militaires de premier et deuxième rang, détruit une grande partie de son arsenal, et imposé de très lourdes pertes humaines et matérielles à la communauté chiite libanaise. Il conserve toutefois une forte base populaire &#8211; <i>« la plus importante du pays »</i>, selon Ghaleb Abou Zaynab, membre du bureau politique du Hezbollah &#8211; ainsi qu’un appareil organisé et efficace.</p>
<p class="p11">Né au début des années 1980 à la conjonction de la résistance à <a href="http://www.lefigaro.fr/international/dossier/offensive-d-israel-contre-le-hezbollah-au-liban-le-proche-orient-risque-l-embrasement"><span class="s11">l’occupation</span></a> <a href="http://www.lefigaro.fr/international/dossier/offensive-d-israel-contre-le-hezbollah-au-liban-le-proche-orient-risque-l-embrasement"><span class="s11">israélienne du sud du Liban</span></a> et de la dynamique de la révolution islamique iranienne, le Hezbollah est désormais sommé de se <i>« libaniser » </i>: rendre ses armes pour devenir un parti politique comme les autres. Rien ne garantit cependant une telle évolution de la <i>« résistance »</i>, un terme interchangeable en arabe avec le nom du parti, qui en souligne le caractère quasi existentiel.</p>
<p class="p12">
<p class="p13"><b>Une réorganisation en cours</b></p>
<p class="p14">La fonction militaire régionale du <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/liban-aux-funerailles-de-l-ex-chef-du-hezbollah-l-iran-represente-a-un-haut-niveau-20250217"><span class="s11">Hezbollah</span></a>, conçue comme la ligne de défense avancée du programme nucléaire iranien à la frontière avec Israël, relève à coup sûr du passé. Même si de nombreuses questions concernant ses missiles balistiques restent sans réponse : pourquoi n’en a-t-il pas fait usage, la décision lui appartenait- elle ou était-elle tributaire d’un feu vert iranien, et ces missiles ont-ils été entièrement détruits ? La chute de Bachar el-Assad éloigne en tout cas la possibilité immédiate de reconstituer ce type d’arsenal, et actuellement la pression pour le désarmement total du Hezbollah et le démantèlement de sa structure milicienne est maximale. Elle émane d’Israël et des États-Unis, mais aussi des pays du Golfe, Arabie saoudite en tête.</p>
<p class="p15">Les effectifs exacts de l’organisation paramilitaire qui disait pouvoir mobiliser une centaine de milliers de combattants, réservistes compris, ont toujours été difficiles à connaître. A fortiori après les pertes subies depuis le 8 octobre 2023. La réorganisation de ces forces est en cours, disent la plupart des analystes, sans visibilité réelle. Les uns évoquent une implication directe de Téhéran pour combler le vide à la direction militaire. D’autres supposent un retour à une structure clandestine, semblable à celle des années 1990.</p>
<p class="p16">Le Hezbollah a évité toute présence armée le jour des funérailles de Nasrallah. Ses forces ne sont plus visibles au sud du fleuve Litani, en application de l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre qui prévoit le déploiement de l’armée libanaise jusqu’aux frontières. Le maintien de cinq positions israéliennes en territoire libanais, en violation de cet accord, laisse cependant ouverte la question de la défense légitime contre l’occupation. Officiellement, le Hezbollah s’en remet au nouveau pouvoir exécutif libanais. À terme toutefois, si l’occupation se prolonge, il pourrait être tenté de recourir à des groupes sans affiliation directe avec le parti, qui mettraient les autorités libanaises dans une situation délicate.</p>
<p class="p17">
<p class="p13"><b>Nouveau système politique</b></p>
<p class="p14">La question du sort des armes au nord du fleuve Litani est plus complexe encore et occupe l’essentiel du débat politique au Liban. L’État doit retrouver le monopole légitime de la violence, affirme depuis son investiture le président Joseph Aoun. Un engagement repris par le gouvernement de Nawaf Salam, auquel le Hezbollah a accordé son vote de confiance bien que, pour la première fois depuis l’accord de Taëf qui a mis fin à la guerre du Liban (1975-1990), la déclaration de politique générale ne fasse aucune mention à la <i>« résistance »</i>.</p>
<p class="p16">Après Taëf, toutes les milices avaient été dissoutes, sauf le Hezbollah, du fait de l’occupation israélienne dans le sud du Liban. Certains des anciens seigneurs de guerre sont immédiatement devenus des piliers du nouveau système politique (Nabih Berri, Walid Joumblatt), tandis que d’autres en ont été d’abord écartés, à l’instar du chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea, détenu pendant 11 années. Pour les uns, le Hezbollah est conscient que son tour est venu, et cherche avant tout à obtenir le maximum en échange. Pour d’autres, il est trop tôt pour trancher. <i>« La transformation des FL</i><i> </i><i>en parti politique parlementaire a pris des années, à l’issue de la défaite de ces forces chrétiennes pendant la guerre. La configuration actuelle du Hezbollah est différente »</i>, souligne un observateur qui préfère l’anonymat. <i>« La participation au pouvoir n’a jamais été un objectif en soi pour le Hezbollah. La direction militaire de l’organisation a toujours été prééminente. C’est son</i><i> </i><i>ADN. Sans oublier la part d’idéologie que la figure religieuse du martyr de Hassan Nasrallah renforce. Enfin, la mobilisation qui a eu lieu le jour des funérailles a une forte dimension défensive pour une communauté affaiblie »</i>, poursuit-il.</p>
<p class="p18">Le président Aoun a inscrit le désarmement du Hezbollah dans le cadre d’une <i>« stratégie de défense nationale » </i>qu’il s’agit de définir. Cela <i>« nécessite un long processus »</i>, rétorque Ghaleb Abou Zaynab, pour tempérer les pressions. <i>« Le Liban est notre patrie définitive (…) nous participerons à l’édification de l’État (…) dont nous sommes une partie intégrante »</i>, a déclaré le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem. Ce positionnement vise-t-il à gagner du temps, traduit-il une réorientation réelle, ou bien celle d’une branche du parti chiite que certains disent divisé ? Les autorités libanaises tentent d’imposer leur agenda malgré une marge de manœuvre extrêmement étroite dans un pays morcelé et en faillite. Leur principal levier est les aides internationales pour la reconstruction des habitations et infrastructures détruites par les frappes israéliennes.</p>
<p class="p17">
<p class="p13"><b>Aggravation de la crise</b></p>
<p class="p14">Le chantier se chiffre en milliards de dollars. L’objectif est de rétablir la légitimité de l’État en coupant l’herbe sous le pied du Hezbollah, dont la puissance repose en partie sur le soutien social et financier qu’il apporte à ses partisans. Mais cette aide se fait attendre alors que l’embargo sur les vols en provenance d’Iran &#8211; soupçonnés de transporter des valises de cash &#8211; suscite d’ores et déjà des mouvements de colère parmi les récipiendaires. De fait, le déblocage des fonds internationaux &#8211; du Golfe en particulier &#8211; est tributaire de la restructuration bancaire, monétaire et budgétaire entravée depuis au moins cinq ans malgré l’aggravation de la crise économique et sociale qui en découle.</p>
<p class="p15"><i>« La majorité des chiites sont fatigués. Ils veulent reconstruire leurs maisons. Les entreprises ont beaucoup perdu. Il faut aussi prendre soin de milliers de personnes handicapées, &#8211; l’attaque des bipeurs a rendu aveugles des centaines de personnes &#8211; c’est beaucoup à l’échelle de la communauté. Il y a quelque chose qui s’est rompu dans la relation avec le Hezbollah »</i>, explique Mohanad Hage Ali, chercheur au Carnegie Middle-East. Si l’État n’honore pas sa promesse de reconstruction, ils n’auront d’autre choix que de rester dans le giron du Parti de Dieu, ajoute-t-il. <i>« Les éléments du récit incriminant l’État sont déjà en place. »</i></p>
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<p class="p26">
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