Le gouvernement d’Israël critiqué pour sa gestion de l’épidémie (Marc Henry – Le Figaro)

Un plan d’aides a été adopté en urgence après une grande manifestation organisée samedi par les victimes collatérales de la crise.

Les victimes collatérales du Covid-19 s’étaient donné rendez-vous samedi soir à Tel-Aviv. Pour la première fois depuis le début de l’épidémie, une foule de plus 10.000 petits patrons, commerçants, artisans, artistes, représentants des professions libérales ou du secteur du tourisme, arborant pratiquement tous un masque, se sont rassemblés samedi soir place Yitzhak Rabin au centre de Tel-Aviv pour exprimer leur colère et surtout leur désespoir. Ils accusent le gouvernement de Benyamin Nétanyahou de non-assistance à une économie en danger. Le taux de chômage touche désormais un Israélien sur cinq alors que les plans de licenciements se multiplient.

Benyamin Nétanyahou, qui se targuait d’être le principal artisan d’un «miracle» économique d’un pays présenté comme la «start-up nation» par excellence, a dû admettre qu’il avait levé «de façon prématurée» une partie des mesures de confinement. Cette décision a donné l’illusion à la population que le pire était désormais passé. Or il n’en a rien été. Bien au contraire. Une deuxième vague d’épidémie encore plus puissante que la première déferle sur le pays depuis quelques semaines avec, certains jours, plus d’un millier de personnes contaminées. Résultat: tous les espoirs de retour rapide à la normale se sont évanouis.

En manifestant de façon aussi massive, sans participation des partis politiques, les classes moyennes ont lancé un appel au secours. Cette fois-ci, leur cri a été entendu, ne serait-ce pour éviter une escalade vers une révolte beaucoup plus radicale. La fin du rassemblement a été émaillée de violences avec une vingtaine d’arrestations.

20 milliards d’euros au total doivent être mis sur la table

Pour contrer un tel scénario, le gouvernement a adopté en urgence un plan surnommé «filet de sécurité 2020-2021». Il prévoit notamment le versement dès la fin de la semaine de près de 2000 euros pour les plus touchés parmi les non-salariés, une prolongation du versement des allocations-chômage, des aides ainsi que des prêts à des entreprises en difficulté. Au total, l’équivalent de quelque 20 milliards d’euros doit être mis sur la table.

«Promesses non tenues»

Une bonne partie de ceux qui doivent bénéficier de cette manne demandent toutefois à voir. Ils redoutent des retards au démarrage ainsi que cela avait été le cas pour un premier plan de sauvetage. Comme le déclarait l’un des manifestants à l’adresse du gouvernement: «Si vous pouviez ingurgiter toutes vos promesses non tenues, vous seriez en état de surpoids.»

Sur le front sanitaire, le gouvernement est en effet contraint de serrer la vis ce qui ne peut que brider une reprise économique. Des mesures d’isolement ciblé de quartiers particulièrement sinistrée de cinq villes, notamment à Jérusalem, ont été imposées. La police applique des consignes de plus en plus sévères avec plus de 70.000 amendes à l’encontre de personnes qui ne portaient pas de masques dans l’espace public, ou les tenanciers de restaurants, de magasins qui ne font pas respecter les distances minimales entre les clients.