Go to Appearance > Menu to set Top Menu

Faire une revue de presse sur Israël en ce lundi 16 mai 2022 est une gageure, pour ne pas dire un supplice. Pas un article, pas un, ne condamne pas l’action des policiers israéliens lors de funérailles de la journaliste américaine Shireen Abu Akleh et il est vrai que les images qui ont tourné sur les réseaux sociaux, sorties de tout contexte, laissent peu de place à l’équivoque. Pour autant, face à la profusion de haine anti-israélienne qui nourrit les commentaires, ce tragique épisode nous invite à tirer plusieurs leçons.

  1. Les images ne doivent pas nous priver d’une analyse froide du contexte.

Les images montrant des policiers frappant à coup de battes les personnes qui assistaient à la procession funéraire ont très vite fait le tour du monde. Quasi immédiatement, les chancelleries européennes et américaine ont condamné leur attitude lors de ces obsèques.

Mais comme bien souvent dans l’histoire des tensions israélo-palestiniennes, la réalité est plus complexe. Daniel Haïk, dans un article publié sur le site d’I24 News dimanche 15 mai, relate les faits[1] : les forces de police avaient conclu un accord avec la famille Abu Akleh sur le déroulement des obsèques. Dès la sortie de l’hôpital Saint-Joseph, où le corps reposait, le cercueil devait être introduit dans un corbillard surmonté d’une croix en direction du petit cimetière chrétien de la porte de Jaffa. Or, à la sortie du corps, des émeutiers palestiniens, dont certains étaient affiliés au Hamas, ont voulu s’emparer du cercueil et le le transporter dans les rues de la Vieille ville. Une initiative qui aurait inévitablement provoqué des incidents.

En aucun cas, souligne le journaliste, la police n’aurait pu éviter des débordements quelle que soit l’option choisie et elle aurait été de tout façon fustigée : soit elle laissait faire au risque de très graves débordements, soit elle veillait à ce que l’accord soit respecté, et s’assurait que le cercueil soit introduit dans le corbillard. « La police a choisi la seconde option et c’est ainsi que dès la sortie de la dépouille, des Palestiniens ont lancé des pierres et des bouteilles sur les forces de police qui se sont senties menacées », affirme Daniel Haïk.

  1. Cet épisode est un nouveau prétexte pour diaboliser et délégitimer Israël

Le traitement de la mort de la journaliste d’Al-Jazeera Shireen Abu Akleh, est symptomatique d’un parti pris médiatique et d’un biais anti-israélien malheureusement systématique dans bon nombre d’organes de presse français et étrangers. Pas ou peu de compassion pour les civils israéliens tués dans des attentats terroristes, alors qu’un mort palestinien dans des circonstances troubles, peut déclencher une vague de haine antisémite et antisioniste incontrôlable. Bien que personne ne sache, pour l’heure, si Shireen Abu Akleh a succombé à un tir israélien ou palestinien, le doute n’était pas permis pour bon nombre de commentateurs, bien avant le triste épisode des funérailles. Pourtant, ces mêmes « snipers » du tweet ne devraient-ils pas s’interroger sur le contexte, se demander aussi pourquoi les Palestiniens refusent l’autopsie du corps et l’analyse de la balle ? Pourquoi ce déni des faits ? Pourquoi ce parti pris permanent ?

La réponse tient en un mot: l’antisionisme. Un rapide tour de piste sur la toile permet de voir que des journalistes affiliés à des médias tels que Le Figaro ou Le Monde, tels que Alice Froussard ou Benjamin Barthe « likent » et soutiennent des posts et personnalités qui nient la légitimité d’Israël et qui appellent à sa fin. Journalisme, militantisme, la frontière est brouillée  et il temps pour Israël pour sa survie, d’opposer à ses détracteurs la seule vérité des faits, seul gage de justice.

  1. Rétablir les faits pour faire éclater la vérité

Le narratif palestinien est aujourd’hui largement approuvé par de nombreux journalistes et universitaires, et plus il sera cautionné, plus les chances de paix s’éloigneront. Car pour parvenir à la paix, ce n’est pas de récits dont nous avons besoin, mais des faits historiques.

Le premier : la légitimité même de l’Etat d’Israël. Comment 74 ans après, est-il possible que nous soyons en permanence en train de justifier le droit d’Israël à exister et à se défendre ?

Sur la question récurrente de la nakba, il faut être clair. Derrière cette expression qui est supposée faire référence à l’exode des populations arabes de la Palestine mandataire, lors de la guerre de 1948, se cache une guerre d’extermination lancée par plusieurs Etats arabes contre les Juifs dans le jeune Etat d’Israël. En commémorant la « nakba », les Palestiniens pleurent en réalité l’échec des armées arabes à anéantir Israël. Par une réécriture stupéfiante de l’histoire, les Israéliens, pourtant pourchassés par leurs voisins arabes sont accusés d’avoir dépossédé un peuple pour prendre sa place. Ainsi, de l’agression des pays arabes qui ont rejeté le Plan de partage est né le problème palestinien.

« Je ne suis pas optimiste, je suis déterminé » disait Georges Bernanos. Alors soyons déterminés et ne sombrons pas dans le fatalisme. Il est de notre devoir de faire jaillir la vérité dans un monde où les forces semblent se liguer contre nous. Le chemin de la paix exige que nous soyons des veilleurs du quotidien pour que, rétrospectivement, le monde comprenne et se souvienne qu’Israël n’a jamais eu d’autre ambition que la justice et la réconciliation. C’est d’ailleurs avec cet objectif qu’il s’est engagé dans les Accords d’Abraham aux cotés de ses nouveaux alliés arabes, avec l’espoir que d’autres pays prendront part à cette évolution déterminante pour la région et le monde.

[1] HAIK Daniel, «Mort de Shireen Abu Akleh: Israël a-t-il encore perdu la guerre de la communication ?»