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Edito hebdomadaire du 27 Septembre 2021

Appel à la normalisation des relations entre l’Irak et Israël : une première historique

Vendredi 24 septembre, plus de 300 Irakiens dont des chefs tribaux ont plaidé pour une normalisation des liens avec Israël lors d’une conférence organisée par le Center for Peace Communications (CPC), think-tank new-yorkais engagé sur le dossier de la normalisation entre Israël et les pays arabes. Cet appel a déclenché une série de condamnations de la présidence de l’Etat, du gouvernement central de Bagdad et des factions politiques ont fustigé le colloque.

Il s’agit de la première initiative du genre en Irak, ennemi historique d’Israël et où son ennemi juré l’Iran a une forte influence.

Le Kurdistan irakien entretient des contacts cordiaux avec Israël, mais le gouvernement fédéral de Bagdad, qui a combattu dans les guerres israélo-arabes, n’a pas de relations diplomatiques avec l’Etat juif. Quatre pays arabes – les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan – ont convenu l’année dernière de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre ses accords d’Abraham, parrainés par les Etats-Unis.

Le puissant religieux chiite Moqtada Sadr a exhorté le gouvernement à arrêter tous les participants, tandis qu’Ahmed Assadi, un député de l’ex-groupe paramilitaire Hashed al-Shaabi, les a qualifiés de « traîtres aux yeux de la loi ». Les 300 participants à la conférence venaient de tout l’Irak, selon le fondateur du Center for Peace Communications, Joseph Braude. Parmi eux se tenaient des représentants sunnites et chiites de six gouvernorats : Bagdad, Mossoul, Salaheddine, Al-Anbar, Diyala et Babylone, s’étendant aux chefs de tribu et des intellectuels.

La conférence, qui a été retransmise en direct sur plusieurs réseaux sociaux, a accueilli, entre autres, le fils de l’ancien Premier ministre Shimon Peres, qui s’est exprimé en hébreu sur la nécessité d’instaurer des relations de paix et de maintenir des liens avec eux en tant que citoyens israéliens.

« Depuis le jour où ce gouvernement a pris ses fonctions, notre objectif a été d’étendre les Accords d’Abraham. L’événement en Irak inspire de l’espoir pour des endroits que nous n’avions pas imaginé auparavant », a réagi le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid.

ELNET soutient depuis longtemps ces efforts, engageant les dirigeants européens à plaider pour la fin de l’isolement d’Israël dans le monde arabe.

En 2017, Israël avait soutenu les Kurdes d’Irak qui avaient organisé un référendum d’indépendance. Le Kurdistan, une région autonome dans le nord de l’Irak, entretient de bons rapports avec Israël. En revanche, les autorités fédérales à Bagdad et les factions politiques alliées de l’Iran, pays ennemi de l’Etat hébreu, sont opposées à une ouverture en direction d’Israël.

Dimanche, un tribunal de Bagdad a émis un mandat d’arrêt contre al-Tai, ainsi que contre le chef tribal Wisam al-Hardan. Ce dernier, qui a également participé à la conférence de paix, avait appelé à la réconciliation avec Israël dans une tribune publiée vendredi par le Wall Street Journal. Les autorités judiciaires irakiennes ont déclaré que les quelque 300 participants restants seraient arrêtés « dès que leur identité aura été déterminée ».

La loi irakienne continue d’infliger des sanctions strictes aux citoyens et aux résidents qui entretiennent des contacts avec des Israéliens. Pendant des décennies, l’association avec des « organisations sionistes » ou la promotion des « valeurs sionistes » était passible de la peine de mort. Un amendement de 2010 au code pénal irakien a limité cette peine à la prison à vie.