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Les dangereux prophètes de Black Lives Matter (Laure Mandeville – Le Figaro)

La dérive révolutionnaire des jeunes apprentis Robespierre qui veulent démanteler la police et faire table rase de l’histoire américaine au nom de l’antiracisme, sème le trouble et divise le pays au lieu de l’unir. Qui de Biden ou Trump en profitera?

À l’exception d’un petit groupe de racistes purs et durs, l’écrasante majorité des Américains n’hésiteraient à coup sûr pas une seconde à clamer que «les vies noires comptent». L’indignation fondée qui s’est allumée, après le drame de la mort de George Floyd, en témoigne. Black Lives Matter, ont crié à l’unisson des centaines de milliers d’Américains à travers le pays, appelant à stopper les dérives de la police et ses possibles préjugés raciaux. Débat légitime et nécessaire dans un pays au passé raciste encore bien frais, et à la culture policière ô combien violente, avec ses 1000 morts tués par des policiers, chaque année (contre une vingtaine en France).

Mais les Américains sont-ils prêts en revanche à regarder en face la réalité du quotidien de la communauté afro-américaine, pour stopper le cercle vicieux de pauvreté, de violence et de désintégration familiale, qui maintient une grande partie de ses membres dans les bas-fonds de la société, provoquant trop souvent ses interactions (parfois fatales) avec la police? C’est moins sûr. Dans les milieux libéraux influents, qui dominent le débat sur la question raciale, on s’est hâtivement rangés du côté de l’organisation Black Lives Matter, mouvement dont l’agenda est beaucoup plus révolutionnaire et nihiliste que son beau nom ne veut bien le dire.

Quelque 7400 hommes noirs sont morts en Amérique en 2018, dont 90 % tués par d’autres Noirs

Depuis sa création en 2013, «BLM» s’est en effet radicalisé à l’extrême, adoptant un discours néomarxiste et antipolice extrémiste, et poussant ville démocrate après ville démocrate à annoncer le démantèlement ou le définancement de leurs forces de l’ordre, tout en traquant le «privilège blanc» et en appelant à déboulonner les vestiges du passé «raciste». C’est ainsi que quelques-unes des plus grandes figures américaines, comme George Washington, Thomas Jefferson et même Abraham Lincoln, sont maintenant mis sur la sellette par des Robespierre américains «woke» (en éveil face aux discriminations, NDLR). «De faux prophètes», s’indigne l’écrivain noir Charles Love,à propos de Black Lives Matter.

Bien sûr, les experts des questions de police avertissent que ce vent révolutionnaire aura des conséquences catastrophiques dans les quartiers noirs, où la criminalité est galopante et a besoin de la police pour la contenir. Quelque 7400 hommes noirs sont morts en Amérique en 2018, dont 90 % tués par d’autres Noirs. «Mais parler de la culture de violence des ghettos noirs est un tabou», confie l’universitaire libéral Peter Moskos, qui se réjouit que le candidat Joe Biden n’ait pas soutenu le projet de dissolution de la police de la gauche du Parti démocrate. Reste qu’une partie de la population verra en l’ancien vice- président – centriste et raisonnable, mais vieilli et affaibli -, un rempart bien fragile contre les extrémistes qui grondent. Cela pourrait être la chance de Trump, pourtant plongé, ces jours-ci dans une périlleuse tourmente…