Le 17 février 2026 est un nouveau jour d’indignité pour le Quai d’Orsay. En apposant sa signature au bas d’un communiqué condamnant les « décisions unilatérales israéliennes » en Judée-Samarie, la France n’a pas seulement commis une erreur diplomatique ; elle a une nouvelle fois franchi le Rubicon d’une rupture historique avec ses propres principes. En s’alignant sur une rhétorique fallacieuse pour stigmatiser l’État juif, Paris a consenti à rejoindre une coalition de l’ombre — un attelage hétéroclite où la patrie des Droits de l’Homme côtoie désormais la Russie, la Chine, l’Algérie ou encore la Corée du Nord.
Dans cette inversion des valeurs sans précédent, la seule démocratie du Moyen-Orient se retrouve au banc des accusés, pointée du doigt par les tyrannies les plus brutales de la planète. Cette alliance contre-nature avec le « Groupe des Amis pour la Défense de la Charte » — club orwellien regroupant l’Iran, la Syrie et le Venezuela — offre une caution de respectabilité à des régimes qui utilisent l’ONU comme une tribune pour occulter leurs propres crimes. Le cynisme atteint son paroxysme lorsque la France cosigne des textes invoquant le droit international avec des puissances qui violent simultanément des frontières souveraines en Ukraine ou menacent la paix en Asie.
Au cœur de cette polémique se trouve une réalité que la communauté internationale refuse d’analyser : la décision israélienne de revoir les procédures d’enregistrement foncier en Judée-Samarie n’est ni un acte d’annexion, ni une provocation. C’est une mesure de justice élémentaire. Il s’agit de rétablir la transparence là où régnait l’opacité discriminatoire héritée de l’occupation jordanienne. Les lois alors en vigueur interdisaient aux Juifs — et à tout non-Arabe — d’acquérir des biens immobiliers. En corrigeant cette distorsion, Israël ne fait qu’abolir un régime juridique raciste pour instaurer des procédures civiles transparentes.
Dans n’importe quel autre pays du monde, la fin d’une législation d’exclusion ethnique serait saluée comme un progrès social et démocratique. Ici, par un retournement sémantique pervers, l’égalité est traitée comme un crime. La France, en condamnant cette mesure, se retrouve paradoxalement à défendre le maintien d’un statu quo ségrégationniste. Quand l’égalité est traitée comme une provocation et la transparence comme une menace, ce n’est pas Israël qui viole le droit, mais ceux qui, par calcul politique ou faiblesse morale, ont cessé de le défendre.
Globalement, la posture française concernant les Juifs et la Judée-Samarie est particulièrement insupportable tant elle repose sur une application à géométrie variable du principe de souveraineté. Paris maintient sa souveraineté sur des territoires situés à des milliers de kilomètres de sa métropole – de la Guyane à la Nouvelle-Calédonie en passant par Mayotte – souvent face à des revendications régionales persistantes. Si la France juge légitime de défendre l’intégrité de son territoire national incluant des territoires lointains au nom de l’histoire, de quel droit dénie-t-elle au peuple juif le droit de vivre sur sa terre ancestrale, contiguë à sa capitale, et berceau de son identité ? En quoi ce qui est valable pour la souveraineté historique de la France ne le serait pas pour celle d’Israël ?
Sur le plan du droit pur, le déni de souveraineté juive en Judée-Samarie repose sur des sables mouvants. L’usage automatique du terme « occupation » est juridiquement impropre au sens de la Quatrième Convention de Genève. Pour qu’il y ait occupation, un territoire doit avoir été soustrait à la souveraineté légitime d’un autre État. Or, quel État était souverain en Judée-Samarie avant 1967 ? La Jordanie y avait établi une occupation illégale en 1948, jamais reconnue internationalement. En reprenant ce territoire lors d’une guerre défensive, Israël a réintégré des terres sur lesquelles il possède le meilleur titre juridique.
En effet, la diplomatie française semble frappée d’une amnésie sélective concernant la Conférence de San Remo (1920). La France y avait pourtant signé un engagement international reconnaissant les droits historiques du peuple juif sur toute la Palestine mandataire. Ce droit d’établissement, inscrit dans l’Article 6 du Mandat, est protégé par l’Article 80 de la Charte de l’ONU — la « clause de sauvegarde » qui interdit à l’organisation de modifier les droits acquis des peuples sous mandat. Enfin, le principe de l’Uti Possidetis Juris stipule que les frontières administratives du Mandat britannique deviennent de droit les frontières internationales de l’État successeur, Israël. Prétendre que cette présence est une « colonisation » est donc une falsification historique majeure. Un peuple ne colonise pas sa propre terre.
Les Juifs sont le peuple autochtone de cette région. Les preuves ne sont pas seulement textuelles, elles sont gravées dans la pierre. Des anses de cruches royales vieilles de 2700 ans portant des sceaux en hébreu ancien aux pièces de la révolte de Bar Kokhba frappées au nom de la « Libération de Sion », tout atteste d’une souveraineté juive bien antérieure à l’émergence de l’islam ou des nations modernes. C’est l’empereur Hadrien qui, pour punir la résistance juive, renomma la région « Palaestina » afin d’effacer ce lien charnel. En reprenant ce vocable colonial romain, la diplomatie française participe activement à l’effacement culturel juif.
Mais le plus grand scandale moral de cette posture diplomatique anti-israélienne réside dans la complaisance de Paris face aux agissements de l’Autorité Palestinienne (AP). Cette entité, que la France soutient financièrement et diplomatiquement, maintient la peine de mort pour tout Palestinien vendant une terre à un Juif. Comment la France peut-elle rester muette face à un système qui criminalise la vente immobilière sur une base raciale ?
L’AP a transformé les Accords d’Oslo en un simulacre. En signant ces textes, elle s’était engagée à renoncer à la violence et à résoudre le conflit par la négociation. Au lieu de cela, elle a opté pour la « guerre juridique » internationale tout en menant une politique de faits accomplis illégaux en zone C. Le refus persistant de la France de demander des comptes à l’AP, alors qu’elle condamne Israël pour restaurer l’État de droit, mine les fondements mêmes de la justice internationale.
L’hypocrisie atteint son paroxysme avec le système « Pay-for-Slay » auquel l’AP prétend avoir mis fin. En 2025, plus de 200 millions de dollars ont été alloués par l’AP pour rémunérer des terroristes emprisonnés et leurs familles. L’aide internationale française permet indirectement d’alimenter ce budget de la haine. Pendant que Paris s’alarme de constructions civiles, elle ferme les yeux sur l’endoctrinement au génocide dans les manuels scolaires financés par l’UNRWA ou sur la destruction délibérée de sites bibliques majeurs, comme l’autel de Josué au Mont Ebal, par les bulldozers de l’AP.
Une fois de plus, une fois de trop, la signature de la France au bas de ce communiqué est une faute stratégique et une trahison de ses propres idéaux. En affaiblissant la seule démocratie qui se dresse contre l’obscurantisme au Moyen-Orient, la France n’œuvre pas pour la paix ; elle encourage l’intransigeance et valide la stratégie de la violence.
Il est impératif que Paris retire sa signature de ce texte infamant. La France doit cesser d’utiliser les armes d’une guerre sémantique — « colonisation », « territoires occupés » — conçues pour délégitimer un peuple sur sa terre. Il est inacceptable de prétendre lutter contre la haine des Juifs, contre les appels à la destruction de l’État d’Israël à l’intérieur de ses frontières, tout en y participant soi-même au sein des instances internationales et en finançant des entités politiques dont la raison d’être est de combattre les Juifs. Le droit et la morale ne peuvent s’appliquer de manière sélective.
