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Reprise de la guerre contre l’Iran, et maintenant ?

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Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez revenir sur la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran.

Bonjour Ilana,

Le mémorandum signé fin juin devait geler ce conflit le temps de négociations sur le fond. Nous savons aujourd’hui, comme nous le redoutions, que ce pari a échoué.

L’Iran a utilisé ce répit non pas pour négocier de bonne foi, mais pour gagner du temps, sans jamais consentir la moindre concession réelle. Ce texte n’a rien réglé. Il a simplement mis le problème en sommeil, le temps que chacun reprenne son souffle.

Pire, loin d’apaiser le régime, ce mémorandum l’a enhardi. L’accord était si vague et si déséquilibré en faveur de la République islamique qu’elle s’est convaincue d’avoir arraché un rapport de force favorable. Elle est allée jusqu’à cibler de nouveau des navires dans le détroit d’Ormuz et tenter, une fois encore, d’y imposer sa loi.

La première phase de la guerre avait pourtant détruit une part considérable des capacités militaires de Téhéran. Mais c’est sa détermination qui pose désormais problème, car les mollahs restent persuadés de pouvoir sortir vainqueurs de cette confrontation, avec d’importants gains stratégiques à la clé. Ils parient que Donald Trump finira par céder sur l’enrichissement d’uranium, et que la communauté internationale se résignera à leur mainmise sur le détroit d’Ormuz.

C’est cette obstination que la nouvelle phase de la guerre doit briser. Et pour cela, les États-Unis possèdent de multiples options qu’ils ont largement sous-exploitées jusqu’à présent.

 

Arié, concrètement, quels leviers reste-t-il à Washington si la seule force militaire n’a pas suffi à faire plier l’Iran ?

Il en reste bien plus qu’on ne le croit. Car jusqu’ici, Washington a combattu avec une main dans le dos.

Sur le plan militaire, il s’agit d’abord de continuer à traquer sans relâche les dirigeants qui pilotent l’effort de guerre – commandants des Gardiens de la Révolution, responsables des missiles, de la marine, du programme nucléaire – en frappant leurs centres de commandement pour les forcer à se disperser sans cesse. Il faut couper les communications reliant Téhéran aux commandements régionaux. Mais il faut aussi lever le tabou des opérations terrestres ciblées : sans s’engager dans une occupation ou une reconstruction nationale, l’armée américaine doit envisager des raids de forces spéciales et des actions commando pour neutraliser les sites nucléaires enfouis ou détruire les systèmes de missiles mobiles.

Sur le plan informationnel et de la pression interne, il s’agit de briser le monopole des mollahs en s’adressant directement au peuple iranien. Il faut contourner la censure via les réseaux numériques, exposer la corruption du régime, et viser l’appareil de répression comme les Bassidjis. En apportant un soutien contrôlé à l’opposition structurée et aux minorités en périphérie, Téhéran sera contraint de disperser ses forces de sécurité.

Sur le plan économique, l’arsenal reste immense : extension des sanctions secondaires contre les banques étrangères traitant avec Téhéran, ciblage des secteurs pétrochimique, sidérurgique et minier, restriction des exportations de semi-conducteurs et de technologies duales, ainsi que le blocage des plateformes de cryptomonnaies dissimulant les fonds du régime. Chaque mois où l’Iran ne peut pas remplacer ses missiles ou ses centrifugeuses détruites amplifie durablement les effets de la campagne militaire.

Et puis il y a le détroit d’Ormuz, qui mérite une campagne à part entière : blocus naval complet, destruction systématique des batteries de missiles côtiers, élimination des vedettes rapides et des mouilleurs de mines. Une option plus radicale, mais crédible, consisterait même à saisir temporairement l’île de Kharg, le principal terminal pétrolier du pays, pour suspendre les exportations iraniennes tant que Téhéran n’aura pas accepté des conditions substantielles.

 

Arié, pourquoi les États-Unis n’y ont-ils pas encore eu recours pleinement ?

Parce que chaque option a un coût politique et militaire.

Certaines mesures augmentent le risque pour les forces américaines et la pression domestique. D’autres risquent une escalade régionale, menacent les partenaires du Golfe, affectent les marchés énergétiques mondiaux, ou augmentent les risques pour la population iranienne elle-même.

L’existence d’une option ne signifie pas qu’elle doive être exercée immédiatement, mais sa simple menace pèse lourdement sur l’adversaire.

C’est tout l’enjeu psychologique de cette nouvelle phase. Téhéran ne doit jamais pouvoir présumer qu’avoir survécu au premier assaut garantit la survie de sa structure de commandement et de ses revenus. Washington doit convaincre le régime que la puissance américaine s’intensifiera sur tous les fronts jusqu’à ce que la résistance devienne plus dangereuse pour sa survie que la capitulation.

La reprise des combats confirme l’insuffisance d’une première phase trop timorée. Toute la question est de savoir si l’administration américaine saura engager pleinement sa puissance.

Devant un régime si fanatisé, sanguinaire et néfaste pour le monde, une issue favorable pour le peuple iranien, Israël, le Moyen-Orient et l’humanité n’admet malheureusement qu’une seule voie : l’escalade et une fermeté absolue.