Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine, vous souhaitez revenir les scènes de violences qui ont eu lieu ces derniers jours en France.
Bonjour Ilana,
Deux siècles plus tard, voilà le retour des razzias en France.
Ces derniers jours, partout à travers le pays, des milliers de commerces ont été pillés, des appartements cambriolés, des bâtiments publics incendiés, plus d’un millier de policiers et gendarmes blessés. Une véritable orgie de haine et de violence.
Comment ne pas penser au 7 octobre 2023 devant de telles images ? Le même plaisir à se filmer, la même volonté destructrice de nuire, la même jouissance dans le saccage, le même étendard palestinien du chaos brandi.
Et pourtant, lors de ce petit 7-Octobre, réalisé sans armes, sans morts, l’État a perdu le contrôle, laissant des milliers de ses citoyens à la merci de la violence gratuite.
Cette impréparation est intolérable, et notre incapacité à comprendre la convergence des haines l’est tout autant. Aux Black Blocs, ces professionnels de l’anarchie et du désordre urbain, se sont joints des jeunes de banlieue, biberonnés à la haine de la France et à lavengeance coloniale, devenus la masse populaire et violente qui manquait à La France Insoumise. Tous ensemble, ils font planer le spectre de la guerre civile, à la veille d’une échéance électorale décisive dont ils n’accepteront le résultat que s’ils en sortent vainqueurs.
Et, que ceux qui relativisent tout, excusent tout, ne nous parlent pas de tradition révolutionnaire française. En 1830 comme en 1848, les insurgés écrivaient « Mort aux voleurs » sur les murs et fusillaient sur place les pillards pris en flagrant délit. Nos révolutions avaient de l’honneur. Ce chaos n’en a aucun. Il n’y a rien de républicain, rien de français… dans ces razzias.
Arié, comment en est-on arrivé là ?
Parce qu’un pouvoir à bout de souffle a laissé pourrir toutes les crises.
Depuis des années, une matrice tiers-mondiste – dont le palestinisme est devenu le cœur –aidée par une bourgeoisie bien-pensante qui ne subit jamais ce qu’elle excuse, a installé l’idée que l’histoire, la culture et l’ordre français sont des oppressions à abattre, et que casser est une forme de justice, un combat décolonial, une réparation de l’histoire. Ce terreau nourrit l’islamisme et mobilise toujours davantage à chaque émeute des jeunes déracinés, déculturéset désœuvrés, à qui on apprend à mépriser la loi et la République.
À cela s’ajoute l’ingérence de puissances étrangères hostiles à la France. Des sources sécuritaires pointent déjà le rôle actif de l’Iran, de l’Algérie et de la Russie, qui instrumentalisent et amplifient le désordre sur les réseaux sociaux pour déstabiliser notre société, face à un pouvoir incapable de répliquer.
Face à ce chaos, nous avons un gouvernement illégitime qui ne tient sur rien – fruit d’une crise institutionnelle déclenchée par le président le plus impopulaire de la Vᵉ République, qui s’est cru plus malin que tout le monde en prononçant la dissolution de l’Assemblée nationale. Il a paralysé le système, laissé une classe politique en proie aux seules querelles partisanes, déconnectée de l’intérêt des Français, et précipité le chaos que nous vivons désormais.
Arié, à quoi s’attendre maintenant ?
Je crains, Ilana, que nous ne soyons qu’au début d’une longue nuit.
Car à cette crise sécuritaire et institutionnelle va s’ajouter le mur de la dette. Les dérives budgétaires d’une décennie d’un pouvoir erratique sont en train de nous rattraper. Si le pays s’embrase déjà, dans quel état finira-t-il quand l’État devra imposer une austérité drastique ?
Si Emmanuel Macron n’a plus l’autorité ni les moyens d’assurer le strict minimum régalien – à savoir la sécurité des Français –, qu’il en tire les conséquences. Nous ne pouvons pas traverser six mois d’agonie supplémentaires dans un tel vide du pouvoir.
Tout ce que nous vivons – cette insurrection, cette volonté de mondialiser l’Intifada, ce chaos – nous le voyions venir depuis des années, mais les gouvernements successifs ont préféré l’ignorer, car sortir du déni, c’est s’obliger à agir.
Le tsunami provoqué par le séisme du 7-Octobre commence à ravager la France. Mais il n’y a aucune fatalité. Tout est une question de volonté politique : quand l’appareil d’État décide d’agir, il sait être efficace et impitoyable.
Il faut des sanctions pénales exemplaires, des perquisitions massives, l’expulsion des pilleurs étrangers, la déchéance de nationalité pour les binationaux et une doctrine de maintien de l’ordre qui, plutôt que de simplement contenir la violence, la combatte de toutes ses forces.
Au XIXᵉ siècle, les razzias barbaresques en Méditerranée, qui avaient réduit en esclavage plus d’un million d’Européens, ont pris fin le jour où la France a décidé d’y mettre un terme.
Celles du XXIᵉ siècle cesseront dès lors que la République décidera de reconquérir chaque pan du territoire qu’elle a abandonné.
