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L’Autorité palestinienne a trahi la France

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Bonjour Arié Bensemhoun, cette semaine vous souhaitez faire le bilan des promesses de l’Autorité palestinienne à la France, un an après la reconnaissance d’un État palestinien, à commencer par celle des élections.

Bonjour Ilana,

Le 10 octobre, Mahmoud Abbas a annoncé le report à septembre 2027 des élections législatives palestiniennes initialement prévues fin novembre.

Une décision qui ne surprendra personne. C’est la cinquième fois en vingt ans que le président de l’Autorité palestinienne ajourne un scrutin majeur où lui ou son parti étaientdonnés perdants. Selon les derniers sondages des instituts palestiniens, plus de 80% exigeaient sa démission immédiate, tandis que le Hamas était crédité de 60% des intentions de vote.

Le climat sociologique palestinien – bien plus enclin à la lutte armée qu’à la négociation avec Israël – est incompatible avec un processus électoral apaisé, d’où émergerait le cadre politique modéré que la France espérait lors de sa reconnaissance pour forcer une solution à deux États que les Palestiniens n’ont jamais voulu et ne veulent toujours pas.

Dès le départ, cette initiative butait sur un trilemme insoluble : soit le Hamas remportait le scrutin, légitimant le groupe terroriste que l’Occident prétendait neutraliser ; soit le Hamas en était exclu, privant le vote de représentativité ; soit Abbas annulait les élections pour éviter sa défaite, scellant la dérive autoritaire de son régime – c’est ce qui s’est finalement produit.

Or ce renouvellement démocratique figurait parmi les six engagements pris par le président de l’Autorité palestinienne dans sa lettre du 9 juin 2025 à Emmanuel Macron, ce « contrat moral » en contrepartie duquel la France a reconnu un État palestinien. La promesse a été violée.

 

Justement Arié, qu’en est-il des autres promesses faites à la France ?

D’abord, la condamnation du 7 octobre. Sous pression diplomatique, Abbas a fini par qualifier la razzia génocidaire du Hamas d’acte terroriste, après un long silence complaisant, quand ce n’étaient pas des éloges sur le caractère « stratégique » des massacres. Mais cette déclaration n’a eu aucune suite institutionnelle. Les médias officiels palestiniens glorifient toujours la « résistance ». Aucune sanction n’a frappé les membres du Fatah ayant participé aux exactions ou aux cérémonies de restitution des corps d’otages. Et la présidence palestinienne réintroduit systématiquement une équivalence entre les exactions du Hamas et les opérations militaires israéliennes. Une concession de façade, offerte à Paris comme alibi pour franchir le pas de la reconnaissance.

Ensuite, le désarmement du Hamas. Il ne dépend même pas de Ramallah, exclue des négociations sur l’avenir de Gaza. Or l’organisation terroriste refuse catégoriquement toute reddition et conserve, malgré la dissolution officielle de son administration civile, plus de 50 000 fonctionnaires et des structures sécuritaires clandestines. Attendre de lui qu’il renonce de bonne foi à son arsenal, c’est exiger son suicide idéologique – une chimère absolue face à son essence guerrière.

Quant au financement des terroristes – le fameux système « pay for slay » – l’Autorité palestinienne a encore joué au camouflage comptable. Alors que Jean-Noël Barrot annonçait sa fin au 1er août 2025, les crédits ont simplement été transférés vers des structures de l’OLP, travesties en allocations sociales. Le département d’État américain chiffre ces versements à 156 millions de dollars pour 2025. Dans le même temps, Mahmoud Abbas taillait dans le traitement de ses propres fonctionnaires civils au motif d’une crise de trésorerie – un arbitrage cynique qui illustre parfaitement ses véritables priorités.

 

Arié, enfin, qu’en est-il des manuels scolaires et de la démilitarisation ?

Sur les manuels scolaires, l’engagement pris en 2024 auprès de l’Union européenne n’a débouché sur aucune révision. Le dernier rapport d’IMPACT-se l’établit noir sur blanc : incitation au djihad, glorification du martyre dès le CP, effacement d’Israël des cartes et exercices de mathématiques modélisés sur les attaques du 7 octobre. L’école palestinienne est toujours un vecteur d’endoctrinement intergénérationnel, incompatible avec la coexistence pacifique vantée par le Quai d’Orsay.

Sur la démilitarisation, enfin, c’est la faillite régalienne totale. Incapable d’agir à Gaza, l’Autorité ne contrôle même plus ses propres villes comme Jénine, Naplouse ou Tulkarem, où les milices font la loi et contraignent l’armée israélienne à intervenir en permanence. Promettre un État démilitarisé sans maîtriser ni son territoire ni les armes qui y circulent, c’est promettre le vide.

Le bilan est donc sans appel : c’est une trahison.

Un an plus tard, le « contrat moral » a été méthodiquement bafoué par l’Autorité palestinienne. Or un engagement rompu par l’une des parties délie l’autre de ses obligations. Il appartient désormais à l’exécutif français de prendre ses responsabilités et d’en tirer la seule conclusion qui s’impose : révoquer la reconnaissance de l’État palestinien.