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  • Iran : stratégie, sanctions

Le seul moyen de faire la paix avec l’Iran c’est de menacer de lui faire la  guerre

Dennis Ross / Washington Institute for Near East Policy / 27 octobre

La stratégie iranienne de l’administration Biden, basée sur un retour au JCPOA suivi d’un accord « plus fort et plus étendu » n’a pas marché parce que les Iraniens, au lieu de s’y prêter, ont accéléré leur programme nucléaire. C’est comme une stratégie militaire qui a l’air de marcher, jusqu’à ce qu’on se trouve face à l’ennemi. J’ai appris, lors d’une récente visite en Israël, que l’administration avait expliqué aux responsables israéliens qu’il y a de « bonnes et de mauvaises pressions ». Le sabotage des installations à Natanz et à Karaj, par exemple, était mauvais parce qu’il a servi d’excuse aux Iraniens pour l’enrichissement de l’uranium approchant la qualité militaire. En effet. Mais ce n’est pas l’essentiel. En l’absence de réaction de la part des Etats-Unis ou d’autres membres du P5+1, les Iraniens ne craignaient aucune conséquence. Dans ces circonstances, une solution diplomatique est moins probable.

L’accélération du programme nucléaire vise-t-elle à obtenir de meilleures conditions-(une levée de sanctions plus importante et des contrôles moins stricts du programme nucléaire) ou bien à arriver au seuil de l’armement nucléaire ? Ou les deux ? Peu importe la motivation s’ils ne comprennent pas qu’ils sont sur une voie dangereuse, qui augmente la probabilité d’une réponse écrasante. Face à ce qui est vu comme une menace existentielle, les Israéliens envisageraient de passer du sabotage aux frappes militaires pour empêcher Iran de présenter à son gré le fait accompli nucléaire. Si l’administration Biden cherche à réduire le risque de conflit, elle devrait réveiller chez les Iraniens la crainte d’une action américaine, tout en réduisant la conviction des Israéliens qu’ils seront forcés d’agir seuls. Comment le faire ? Surtout après l’annonce d’un retour iranien à Vienne [prévu le 29 novembre]. Il faudrait orchestrer des démarches politiques, diplomatiques, économiques, sécuritaires et militaires. Il faut isoler l’Iran. En se retirant du JCPOA sans projet alternatif, l’administration Trump a isolé les USA, pas l’Iran. (En 2009, associé à l’administration Obama, j’avais été envoyé dire aux Chinois d’isoler l’Iran, et ça a marché.) Les Russes et les Européens mesurent bien les risques d’une déflagration au Moyen-Orient si Téhéran ne change pas de voie. Poutine comprend qu’une attaque israélienne entraînera une riposte du Hezbollah au Liban et de la milice chiite en Syrie.  Les Russe ne veulent pas être pris entre ces deux feux en Syrie.

Les P5+1 sont unis dans leur confiance en la diplomatie et leur détermination d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire. Washington devrait déclarer son choix de l’option diplomatique tout en avertissant des conséquences d’un échec : toute l’infrastructure nucléaire iranienne sera visée. Il ne suffit pas de parler vaguement d’un Plan B. En amont, l’administration doit formuler avec ses partenaires une offre d’aide humanitaire ainsi que des déclarations musclées. Si le guide suprême refuse l’assistance, il renforcera l’isolement de son pays et augmentera la frustration de son peuple. Sans lever des sanctions, les US pourraient offrir des dérogations pour l’achat du pétrole iranien ou bien l’accès à certains fonds gelés en échange de l’arrêt de l’enrichissement au-dessus des 3,67% et l’exportation du stock le plus enrichi, de l’arrêt de la production du métal uranium, de la fin de l’obstruction des inspections de l’IAEA. Sur le plan militaire on devrait organiser des exercices du U.S. Central Command avec Israël et des Etats arabes, comportant la défense contre des missiles balistiques et de croisière, la cyberdéfense contre le lancement de missiles,  la simulation de riposte contre des agressions par petits bateaux. Je sais, d’expérience, que l’Iran prête attention aux exercices américains. L’armée de l’air devrait montrer sa puissance en faisant des vols réguliers au-dessus de la région. Au-delà de tous ces mesures, il faudrait détromper les Iraniens sur leur conviction que Washington ne lancera pas d’action militaire et empêchera Israël de le faire. Fournir  à Israël des Massive Ordnance Penetrators, des bombes de 30 000 livres  [13 607 kg] à forte pénétration et lui prêter des  bombardiers B-2 transmettrait le bon message, à savoir que  les Américains donnent à Israël les moyens d’attaquer le site de Fordow. Pour éviter le recours à  la force il faut restaurer la dissuasion et convaincre Téhéran que, s’il continue dans cette voie, les USA ou Israël passeront à l’action pour détruire le programme nucléaire. Ce ne sera pas la première fois que la menace crédible d’utilisation de la force sera nécessaire pour en écarter l’utilisation.

The Threat of War Is the Only Way to Achieve Peace with Iran | The Washington Institute

  • Etats-Unis : Forces spéciales

Forces spéciales américaines au Moyen-Orient réorganisées pour combattre l’Etat islamique

Mike Brest, Defense Reporter |/ Washington Examiner / 1 novembre

Selon un reportage du Military Times le  Special Operations Command Central task force au Moyen-Orient a été réorganisé pour combattre la menace de l’Etat islamique. Sous le commandement du Brig. Gén. Isaac J. Peltier, les forces seront également chargées d’encadrer des activités en Jordanie, au Liban et en Egypte. Le porte-parole note la présence de  nombreuses organisations de violents extrémistes et de terroristes dans la région. Nos forces partagent l’intérêt des nations-partenaires de nous imposer face à ces défis sécuritaires. L’expansion du  SOJTF est un signe de notre engagement à améliorer la stabilité régionale. La réorganisation permettra une approche régionale plus ample pour accomplir notre mission de vaincre définitivement le califat ISIS. Ce combat a été modifié par le retrait d’Afghanistan et la prise de pouvoir des Talibans. Des responsables américains constatent la possibilité que les Talibans offrent refuge aux terroristes. ISIS-Khorasan  basé en Afghanistan, pourrait bien lancer une agression internationale d’ici six mois, voire un an, a déclaré, la semaine dernière, Dr. Colin H. Kahl, Sous-secrétaire de Défense pour la stratégie, au Senate Armed Services Committee 

https://www.washingtonexaminer.com/policy/defense-national-security/special-ops-middle-east-restructured-islamic-state-battle

 

  • Etats-Unis-Israël : ambassadeur, implantations

Un sénateur Republican bloque la confirmation de l’ambassadeur américain en Israël

Jacob Magid / Times of Israel / 3 novembre

Le Sénateur du Missouri, Josh Hawley, « parlant pour plusieurs Republicans », s’est oppose à la motion du Sénateur Robert Menendez pour une confirmation à l’unanimité de Tom Nides, préconisé par le président Biden comme ambassadeur en Israël. Sans préciser s’il s’oppose à Nides ou bien à l’une des six autres nominations présentées, Hawley compromet les chances de pourvoir le poste avant la fin de l’année :  En conséquence du blocage, la confirmation sera soumise à une procédure compliquée, difficile à programmer en raison d’un agenda chargé. Nides lui-même n’est pas controversé, mais certains Republicans ont transformé sa nomination en referendum sur la politique israélienne de Biden. La nomination a été proposée par le comité au Sénat en passant outre l’opposition des sénateurs Ted Cruz, Marco Rubio et Bill Haggerty. (L’ancien ambassadeur, David Friedman, nommé par Trump, était plus controversé en raison de ses liens avec le mouvement des implantations.) Menendez, furieux, s’est emporté contre  ceux qui mettent en avant notre alliance avec l’Etat d’Israël, mais nous laissent sans ambassadeur aujourd’hui, face aux défis de l’Iran en particulier et de la région en général.

Le blocage provoque critiques et consternation de la part  de l’Israel Policy Forum (centre-gauche) et parmi ceux qui sont conscients de l’importance d’une forte représentation diplomatique à Jérusalem.  Michael Ratney, un diplomate chevronné, a été mandaté comme chargé d’affaires après le dernier conflit à Gaza, dans l’attente de l’arrivée de Nides, prévue quelques semaines plus tard. Nides, ancien président adjoint chez Morgan Stanley, qui avait servi dans l’administration Obama comme Secrétaire d’Etat adjoint pour la gestion et les ressources, travaillait de près avec des responsables israéliens. Il avait négocié l’extension des prêts garantis à Israël d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Il avait également contré la volonté de la législature de limiter le soutien financier à l’UNRWA et à l’UNESCO.  Tom Nides est né en 1961, dans une famille juive de Duluth, Minnesota.

Republican senator slows confirmation of Biden nominee for ambassador to Israel | The Times of Israel

Le sénat confirme la nomination de Nides comme ambassadeur en Israël

Jacob Magid / Times of Israel / 4 novembre

 

Jeudi soir, le chef de la majorité, Chuck Schumer (D-NY), a remis au vote la nomination de Nides, bloquée la veille par le sénateur Josh Hawley (R-MO). La nomination est passée à l’unanimité par vote oral. On n’a pas encore d’explication sur le changement de position des élus Republicans. Le candidat, pas controversé, a été victime de la politique partisane de Washington. Un assistant Democrat a confié au Times que les élus redoutaient que la procédure s’éternise. Des élus Democrats et des groupes pro-Israël ont vilipendé les Republicans, les accusant de menacer les intérêts de la politique étrangère américaine. Parmi les premiers à féliciter Nides, son homologue, l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Gilad Erdan lui a souhaité « un mandat fructueux à Jérusalem, la capitale éternelle d’Israël », confiant qu’il renforcera encore plus le lien exceptionnel entre Israël et les Etats-Unis.

En 2012, Nides s’est opposé, dans une lettre adressée au comité des Appropriations du Sénat, à un projet de loi qui aurait fait la distinction entre les  Palestiniens déplacés en 1948 et leurs descendants, ce qui aurait réduit le nombre de réfugiés de 5 millions à un petit 30 000 (l’administration Trump avait joué avec des mesures similaires). De l’avis de Nides, la mesure aurait compromis le rôle des Etats-Unis comme médiateur pour la paix, tout en provoquant un rejet du côté des Palestiniens et de nos alliés dans la région, notamment la Jordanie.

After delay, Senate confirms Biden nominee Nides as ambassador to Israel | The Times of Israel

 

Une source proche du PM : l’administration Biden n’empêchera pas la construction dans les implantations

Shalom Yerushalmi et ToI staff / Times of Israel / 1 novembre

Notre site sœur, Zman Yisrael, rapporte les propos d’une source proche du premier ministre :  malgré l’objection déclarée  à la construction de 3 000 logements en Cisjordanie, Biden y est, en fait, indifférent et ne fera rien pour empêcher ces programmes. La question, dit-il, ne fait pas partie de notre conversation avec les Américains, ils comprennent très bien la situation politique. C’est la première fois, depuis la prise de fonction de Biden aux Etats-Unis et de la coalition dirigée par Bennet, qu’on annonce des constructions dans les implantations. Le Département d’Etat américain avait exprimé son inquiétude et son opposition au projet. Par ailleurs, selon la source citée par Zman Yisrael, le gouvernement Bennet croit que la réouverture du consulat américain à Jérusalem sera reportée ; c’est son impression et c’est confirmé par les messages reçus [des Américains], peu importe ce que publie la presse. Israël considère ce consulat comme  une remise en question de sa souveraineté à Jérusalem.  En ce qui concerne l’implantation sauvage d’Evyatar, on a découvert qu’une partie des terres est la propriété de l’Etat, non pas de propriétaires privés palestiniens. On va y construire une yeshiva. C’était, dit la source, une mine terrestre laissée pour nous par Benjamin Netanyahou. On ne va pas lui donner une raison d’en mettre une deuxième. « Nous sommes un gouvernement de droite, dit la source. Tout le monde le comprend ».

  • Etats-Unis : les Nazis à toutes les sauces

Ted Cruz justifie l’emploi du salut nazi pour contester des mesures sanitaires contre le  COVID-19

Ron Kampeas / Times of Israel /2 novembre

JTA —Le Sénateur Ted Cruz a fustigé le Ministre de la Justice, Merrick Garland,  lors d’une audition au Sénat : « Mon Dieu, a-t-il crié, un parent d’élève a fait le salut nazi pour protester contre la politique répressive du conseil d’éducation ! Ils ont bien le droit. » Solidaire des sénateurs Republicans offusqués par un memo du Ministère prévoyant des enquêtes pour « harcèlement, intimidation et menaces de violence » à l’encontre des conseils d’éducation, Cruz demande à Garland, qui est Juif, si la liberté d’expression protège le droit de faire le salut nazi devant un élu. Garland a répondu que oui.  Ces derniers mois, de nombreux incidents où des contestataires s’approprient des références à l’Holocauste se produisent dans les réunions de parents d’élèves, devenues un champ de bataille contre les mesures de prévention du COVID-19. A Birmingham Michigan, un homme opposé à l’obligation du port du masque pour les élèves a été expulsé d’une réunion après avoir fait le salut nazi en criant « Heil Hitler ». L’Association nationale des conseils d’éducation est arrivée à qualifier ces incidents de « terrorisme domestique », une désignation retirée par la suite avec des excuses. Des élus Republicans ont sautent sur cette maladresse pour accuser le Département de la Justice de chercher à réduire au silence les parents qui critiquent les mesures anti-COIVD 19.  Réprimandé pour avoir soutenu les Nazis au jour même du  3e anniversaire du massacre à la synagogue Tree of Life, Cruz a répondu qu’il a, au contraire, défendu le droit des citoyens à dénoncer des politiques autoritaires, c’est-à-dire de s’opposer aux Nazis (ou aux petits tyrans). Des organisations juives et des chercheurs dénoncent l’utilisation des métaphores du nazisme, qui ont pour effet de banaliser la gravité de l’Holocauste. Pour l’ American Jewish Committee, même si le geste est protégé par la liberté d’expression, celui qui revendique ce droit est sans cœur et sans discernement.

Ted Cruz defends using a Nazi salute to protest COVID-19 public health measures | The Times of Israel