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  • Iran : l’impasse

– L’Iran, hésitant à revenir aux pourparlers de Vienne, prévoit une rencontre préalable à Bruxelles

Jan Strupczewski et John Irish / Reuters / 15 octobre

Selon un haut responsable de l’UE, les nouveaux négociateurs iraniens souhaiteraient, avant de revenir aux pourparlers de Vienne, se réunir à Bruxelles avec des responsables de l’UE. Enrique Mora, chef négociateur de l’Union, a rencontré ses homologues iraniens à Téhéran, quatre mois après la rupture des pourparlers. Des diplomates français, britanniques et allemands ont prévenu Mora que ce n’est point business as usual  [comme si de rien n’était], étant donné l’accélération du programme nucléaire iranien sur fond du blocage des négociations. Pour les Etats-Unis, le temps est compté. Le responsable de l’UE, préférant rester anonyme, pense que les Iraniens, pas encore prêts à revenir à Vienne, sont décidés à s’y rendre pour achever les négociations. Il pense que c’est une bonne idée de se réunir à Bruxelles, afin de revoir le dossier et de répondre aux questions posées par la nouvelle équipe. Le chef de la politique étrangère de l’Union, Josep Borrell, n’est pas de cet avis, mais s’efforce de rester calme « parce qu’on n’a pas le droit d’échouer ». Borrell croit savoir que les Iraniens voudraient se réunir avec d’autres parties au JCPOA—il ne sait pas lesquelles. Il ne connaît pas, non plus, la date de la réunion prévue à Bruxelles. Des diplomates occidentaux avaient espéré une reprise des pourparlers à la fin octobre. Mikhail Ulyanov, l’ambassadeur russe auprès de l’agence de veille nucléaire de l’ONU, a suggéré que le retour à Vienne serait plus utile. Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère français des affaires étrangères, a déclaré sans détours qu’il faudrait reprendre les négociations et conclure rapidement un accord.  Des diplomates occidentaux craignent que l’Iran, sous la présidence de Raissi (un extrémiste anti-occidental, à la différence de son prédécesseur), n’introduise de nouvelles exigences dépassant les limités déjà fixées. Depuis le retrait des Etats-Unis du JCPOA, l’Iran a très fortement augmenté son stock d’uranium enrichi ainsi que le débit de ses centrifugeuses avancées.

ttps://www.reuters.com/world/middle-east/iran-not-ready-resume-vienna-talks-wants-discuss-texts-first-eu-official-2021-10-15/

 

– Opinion: Le JCPOA est mort. Où est le Plan B de Biden ?

Josh Rogin / Washington Post / 14 octobre

L’agitation diplomatique à Washington cette semaine a fait comprendre que, malgré l’acharnement de l’administration, le JCPOA est probablement mort.  S’il existe un plan B, c’est un mystère bien gardé. Et le temps ne joue pas pour les Etats-Unis. Suite à la rencontre du Secrétaire d’Etat Antony Blinken avec ses homologues israélien, Yair Lapid, et émirati, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, Lapid a averti, encore une fois, que l’Iran, au seuil de devenir une puissance nucléaire, fait exprès de bloquer les négociations en accélérant son programme nucléaire et le développement des missiles. Israël pourrait bien utiliser la force pour l’en empêcher. On dit que Lapid tient l’administration Biden informée du plan de rechange israélien. Après sa rencontre avec Lapid, le conseiller en sécurité Jake Sullivan,  a déclaré, sans fournir des précisons sur une éventuelle stratégie, que l’administration est fermement engagée à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. S’adressant au Carnegie Endowment for International Peace, l’envoyé spécial pour l’Iran, Robert Malley, a avoué que l’Iran ne reviendrait peut-être plus aux pourparlers de Vienne, nous laissant sans accord susceptible de limiter le programme nucléaire iranien.  Malley, comme Blinken et Sullivan, ne précise pas les options étudiées, tout en  espérant revenir au JCPOA, mais sans exclure l’échec plus que probable. L’administration s’adaptera petit à petit à cette réalité. Malley partira au Moyen-Orient la semaine prochaine pour consultations.

C’était depuis le début un pari risqué.  Après le retrait américain du JCPOA, l’Iran a avancé son programme nucléaire au point où on a du mal à s’imaginer qu’il accepte de revenir en arrière en échange de la levée de quelques sanctions. Les prédécesseurs de Raissi n’avaient même pas accepté des pourparlers directs avec les Etats-Unis. On raconte que l’administration essaie aujourd’hui de persuader la Chine de réduire ses achats de pétrole iranien, ce qui pourrait convaincre les Iraniens de revenir à Vienne. Beijing ne joue pas le jeu.  Aaron David Miller, un Carnegie Senior Fellow qui a interviewé Malley, me dit que Biden est coincé entre sa promesse d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire et la réalité qu’il est à deux doigts d’y parvenir.  L’équipe Biden semblerait se rendre compte tardivement que l’Iran n’est pas pressé de réintégrer le JCPOA. Cela épargne à Biden la lourde tâche de vendre le deal à une législature sceptique. Mais, sur le plan sécuritaire, c’est grave. Il ne suffit plus d’organiser des rencontres avec des alliés et de déclarer qu’on a des options. Il faut décider rapidement ce qu’on va faire et l’annoncer publiquement.  Les Etats-Unis doivent agir avant que l’Iran n’arrive au point où Israël décidera de répondre en nous entrainant dans le conflit.  La nouvelle stratégie exigerait de la diplomatie, l’assentiment des Européens, des modifications sécuritaires et le renforcement de la dissuasion régionale. Le temps presse. On espère que le régime iranien se rendra brutalement compte que ses ambitions nucléaires et ses agissements régionaux jouent contre ses intérêts … et reprendra sa place à la table des négociations. Mais l’espoir n’est pas une stratégie.

https://www.washingtonpost.com/opinions/2021/10/14/iran-deal-is-dead-where-is-bidens-plan-b/?utm_campaign=wp_opinions_pm

– Les US n’ont pas de Plan B contre le nucléaire iranien. Israël en a un.

Eli Lake / Asharq al-Awsat / 15 octobre

Il semblerait que l’administration Biden s’est finalement rendue à l’évidence : la réponse iranienne est vraiment « non ».  Antony Blinken répète depuis des mois qu’il y a des limites à sa patience. Il a fait un pas en avant cette semaine en déclarant que toutes les options seront étudiées. C’est l’euphémisme pour « action militaire», une formule censée amadouer des alliés qui doutent de la volonté américaine de lancer ses missiles de croisière et de monter des cyberattaques si l’Iran s’approche trop du seuil du nucléaire, tout en rappelant au régime iranien que les Américains  se serviront de leur puissance militaire pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire. Voici l’intention de ce glissement rhétorique. Mais la réalité est autrement troublante.

Les alliés comme les adversaires jugent les Etats-Unis sur les gestes, pas sur les paroles. Le geste le plus frappant aujourd’hui c’est le retrait d’Afghanistan, abandonné par Biden aux Talibans.  Ce seul geste inepte a offert au monde le spectacle d’une superpuissance humiliée par une bande de fanatiques. Tout ça  parce que les deux derniers présidents n’ont pas voulu maintenir sur place quelques milliers de militaires pour protéger un gouvernement élu grâce à notre sang et trésor versés. Si les Américains ont rechigné à se servir de leur puissance militaire pour éviter cette humiliation, le feront-ils pour empêcher l’Iran d’avoir la bombe ?

Deuxièmement, lorsque Blinken parle de « toutes les options » il faut se rendre compte que l’administration croit vraiment que le JCPOA avait entravé les ambitions nucléaires iraniennes. Ecoutez donc Rob Malley disant à Aaron David Miller qu’il faudrait, bien entendu, envisager une situation où l’Iran ne serait pas soumis à des contraintes. C’est oublier que les limites imposées par le JCPOA devaient arriver à terme entre 2025 et 2030.  Qui plus est, les  archives iraniennes volées par le Mossad révèlent un programme militaire caché pendant les négociations du JCPOA qui, de ce fait, ne couvre pas ces sites clandestins. Aujourd’hui, l’AIEA cherche l’accès à trois sites révélés par l’espionnage israélien. Les Iraniens font obstruction.

Au mieux, les limites fixées par le JCPOA sont partielles et provisoires. Comme le guide suprême  a déjà déclaré qu’il n’y aura pas d’accord supplémentaire pour pallier aux faiblesses du JCPOA, la promesse de l’administration de remettre en boîte le programme nucléaire n’est pas crédible. La bonne nouvelle pour Blinken, Biden et Malley, c’est qu’il y a un moyen de le faire et que le Mossad s’en occupe depuis des années, avec une stratégie remarquable qui conjugue renseignements, sabotage et assassinats. L’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, l’a déclaré franco à la Jerusalem Post Conférence la semaine dernière : grâce aux efforts de « certaines forces », l’Iran est loin d’obtenir l’arme nucléaire. Il voulait dire que l’Iran est bien capable d’enrichir l’uranium à un grade militaire, mais Israël a sérieusement dégradé ses moyens de monter l’ogive. Sabotage réussi en coordination étroite avec le CIA sous l’administration Trump. Si Biden est sérieux, il devrait donner à ses espions la consigne de renforcer ce partenariat. Le sabotage et les assassinats ne sont pas la panacée, mais ils sont plus efficaces que d’attendre qu’un régime de fanatiques soit intimidé par de vagues paroles sur de nouvelles options et par la nostalgie d’un accord nucléaire faiblard.

https://english.aawsat.com/home/article/3247016/eli-lake/us-has-no-plan-b-iranian-nukes-israel-does


  • Etats-Unis : antisémitisme, antisionisme

– La police new-yorkaise interpelle une femme de Brooklyn impliquée dans l’incendie volontaire d’une école juive

Algemeiner Staff /18 octobre

La police de New York annonce l’interpellation d’une femme de 39 ans, résidente de Brooklyn, en lien avec la tentative d’incendie volontaire d’une école juive dans le quartier de Flatbush, la semaine dernière. La présumée coupable, Sharee Jones, sera inculpée de « hate crime » (hate crime), de tentative d’incendie volontaire et de mise en danger d’autrui. Une femme, vraisemblablement Jones, a été captée par une caméra de surveillance vers 19 :30 jeudi dernier devant la Yeshiva de Flatbush, sur l’avenue J : Toute de noir vêtu, tenant à la main un bidon rouge, elle asperge l’entrée d’essence et y met le feu. Un agent de sécurité à l’intérieur de l’école a pu éteindre les flammes. Il n’y a pas eu de victimes. La police cherche également à savoir si le suspect est la même personne vue sur l’Avenue J à l’angle de l’avenue Nostrand peu avant l’incendie, portant le bidon rouge et criant dans un porte-voix. Des voisins de l’école, située dans un quartier qui compte la plus grande communauté de survivants de l’Holocauste en-dehors de l’Etat d’Israël, sont bouleversés par l’attentat. La [state] sénatrice Simcha Felder a déploré, sur ABC News, ces incidents qui risquent d’en inspirer d’autres.

https://www.algemeiner.com/2021/10/18/ny-cops-arrest-brooklyn-woman-in-connection-with-attempted-arson-attack-on-jewish-school/

– Décision du comité académique de la  SFSU: la faculté a enfreint la liberté académique d’un professeur en le privant de plateforme pour une conférence animée par une terroriste palestinienne  

Dion J. Pierre / Algemeiner / 15 octobre

Un panel de trois professeurs de San Francisco State University a confirmé la validation de la plainte pour violation de liberté académique déposée par leur collègue, Rabab Abdulhadi :  En raison de l’appartenance au Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) de l’intervenante, on avait bloqué le séminaire « Whose Narratives? Gender, Justice and Resistance: A Conversation with Leila Khaled, » [Les récits de qui ? Genre, Justice et Résistance. Une conversation avec Leila Khaled]. Le séminaire,  briefly streamed live  sur YouTube en septembre 2020, avant d’être supprimé par le fournisseur, a été refusé par Zoom et Facebook, en raison de la participation de Leila Khaled, une terroriste du FPLP ayant participé, en 1969, au détournement d’un vol commercial à destination de Tel Aviv. Le Faculty Hearing Committee a jugé que la liberté académique d’Abdulhadi a été violée par l’absence de soutien de la part des responsables universitaires, entraînant de ce fait « un stress sur sa santé psychologique ». Un e-mail transmis par l’administration, prévenant Abdulhadi et son co-enseignant Tomomi Kinukawa sur le risque de s’engager dans une activité criminelle, est cité comme preuve. En effet, Zoom les avait notifiés d’une possible violation des termes de service en raison de l’affiliation de l’intervenante avec le FPLP, désigné par les services américains comme organisation terroriste. Le comité exige de la faculté des excuses publiques au professeur, l’engagement de soutenir la liberté académique et de trouver un site pour la manifestation reprogrammée.

L’Algemeiner a invité SFSU et Abdulhadi à s’exprimer. Nous n’avons pas encore eu de réponse.

Inspiré par la décision du comité, un groupe de soutien au professeur Abdulhadi a accusé la SFSU de complicité avec des sionistes et des conservateurs sur le campus agissant pour étouffer les voix palestiniennes. Ils donnent à la présidente de l’université, Lynn Mahoney, trois semaines pour décider d’appliquer les exigences du comité.

En avril 2021, Abdulhadi et l’Arab and Muslim Ethnicities and Diasporas association, avaient invité Khaled à participer à un webinar sur Zoom. Le lien a été rapidement désactivé.

https://www.algemeiner.com/2021/10/15/faculty-panel-says-sfsu-violated-academic-freedom-when-event-with-palestinian-terrorist-was-cancelled/

VOIR AUSSI :

Stop Enabling the Antisemites Who Live Closest to Our Homes

Many of us liberal Jews are not awake to the hatred of our colleagues, students, professors, and thought leaders

Ammiel Hirsch / Tablet Magazine / 27 septembre

[à lire du début à la fin]

Au printemps 1987, George Klein, brillant microbiologiste suisse, embarque sur un long voyage depuis l’Europe jusqu’à Vancouver, au Canada ….  à la rencontre de Rudolf Vrba.  Il ne s’agissait pas d’une mission professionnelle …. Klein était attiré par Vrba parce que leurs histoires s’entremêlent …. Il avait visionné l’entretien avec Vrba dans le film de Lanzmann, Shoah. Quarante-trois ans auparavant, Klein, 19 ans, travaillait au bureau central de la communauté juive hongroise ….

Klein avait pu lire un compte rendu précis et exact de ce qui attendait les Juifs hongrois dans les camps d’extermination. Ainsi informé, il a pris la décision qui lui avait sauvé la vie. Il avait hésité … jusqu’au moment où, voyant devant lui les wagons, il avait trouvé le courage de s’enfuir …. au risque de se faire abattre.  Vrba connaissait le document qui avait sauvé la vie de Klein — c’est lui qui l’avait écrit. Avec son camarade Slovaque, Alfred Wetzler, il était parmi les rares évadés d’Auschwitz …

https://www.tabletmag.com/sections/news/articles/antisemites-ammiel-hirsch