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  • Le menace du nucléaire iranien très présente

Alors que les négociations sur le JCPoA n’ont pas repris depuis le mois de juin dernier, le programme nucléaire iranien reste une préoccupation majeure pour tous les grands pays occidentaux.

Le Président américain Joe Biden est le premier à l’évoquer. Rappelant que les États-Unis « restaient résolus à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire », il affirme travailler « sur la voie diplomatique pour que l’Iran revienne dans le JCPoA ».

Le Premier ministre israélien, qui prenait la parole pour la première fois à la tribune de l’Assemblée générale, s’est lui aussi longuement exprimé sur le sujet.

Naftali Bennett a tout d’abord tenu à rappeler qu’Israël vit constamment sous la menace existentielle de ses voisins (Hezbollah, milices chiites, djihad islamique, Hamas) « financés et formés par l’Iran ».

« L’objectif est très clair : l’Iran veut dominer la région sous un parapluie nucléaire. Depuis 30 ans, Téhéran a semé la destruction en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen, à Gaza… Tous ces lieux sont en déliquescence, leurs citoyens ont faim et souffrent, leurs économies s’effondrent. Comme la ‘Midas Touch’, le régime iranien a la ‘Mollah Touch’. Chaque endroit où l’Iran arrive est touché par l’échec. »

Le Premier ministre israélien a présenté ce qu’il considère être une nouvelle menace militaire posée par l’Iran : « Rien que cette année, l’Iran a rendu opérationnelle une nouvelle unité terroriste – des essaims de drones tueurs équipés d’armes létales qui peuvent attaquer n’importe où et n’importe quand. Ils prévoient de couvrir le ciel du Moyen-Orient avec cette force meurtrière. »

Naftali Bennett a affirmé qu’Israël ne laisserait pas l’Iran acquérir l’arme nucléaire. Il rappelle le surnom du nouveau président iranien, le « boucher de Téhéran », responsable de « massacres d’enfants » dans son pays et insiste sur le comportement du régime iranien : « Au cours des dernières années, l’Iran a fait un grand pas en avant… Le programme d’armes nucléaires de l’Iran est à un point critique. Toutes les lignes rouges ont été franchies. Les inspections ont été ignorées. Tous les vœux pieux se sont avérés faux. L’Iran viole les accords de garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et s’en sort. Le pays harcèle les inspecteurs et sabote leurs enquêtes – et s’en sort sans problème. Il enrichit de l’uranium à hauteur de 60 %, s’approchant d’une capacité de qualité militaire – et s’en sort.»

Pour Bennett, si certains semblent « se lasser d’entendre parler » de cette menace, Israël « n’a pas ce privilège ».

Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères représentait cette année la France. Jean-Yves le Drian a à son tour brièvement évoqué la menace iranienne qui « exige de nous la plus grande fermeté ». Paris souhaite un retour rapide aux négociations sur le JCPoA : « le seul chemin possible demeure celui d’un accord permettant d’établir que l’Iran respecte à nouveau ses obligations. » Selon Jean-Yves le Drian, « l’Iran ne peut croire que le temps joue en sa faveur, car les risques d’une crise majeure augmentent à mesure que son programme nucléaire devient plus dangereux. Les positions américaines d’hier ne peuvent justifier que l’Iran continue de violer les engagements qu’il a pris au titre du JCPoA. »

De son côté, le nouveau président iranien s’exprimait lui aussi pour la première fois à la tribune des Nations unies. Ebrahim Raïssi a choisi un ton offensif, en particulier à l’égard des Américains. Sous pression pour reprendre les négociations sur l’accord nucléaire, il a exigé la levée complète de toutes les sanctions au préalable : « Les États-Unis n’ont pas respecté leurs engagements qui étaient l’annulation des sanctions. Ils ont quitté l’accord nucléaire et imposé de nombreuses autres sanctions contre mon peuple. Nous ne faisons pas confiance aux promesses du gouvernement américain. La République islamique d’Iran considère que seules des négociations ayant pour résultat l’annulation des sanctions sont utiles. »

  • L’impératif de « paix et de sécurité »

Le conflit israélo-palestinien s’inscrit dans un « impératif de paix et de sécurité pour tous au Moyen-Orient » comme le souligne le Président américain Joe Biden. Tout en rappelant que «les États-Unis se sont engagés sans équivoque en faveur d’un État juif indépendant », il considère qu’il faut « un État palestinien viable, souverain et démocratique » car « une solution à 2 États est la meilleure façon d’assurer l’avenir d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique vivant en paix ». Mais il affirme que « nous sommes loin de cet objectif pour le moment ».

Joe Biden a également appelé à la vigilance sur la menace terroriste 20 ans après le 11-septembre. Selon lui, « les États-Unis ne sont plus le même pays qu’en 2001. Aujourd’hui, nous sommes plus capables de détecter les attaques terroristes, de riposter. »

Dans son intervention, le Premier ministre israélien a très succinctement évoqué le conflit. «Les Israéliens veulent mener une belle vie, prendre soin de leurs proches et construire un monde meilleur pour leurs enfants. Ce qui signifie que, de temps en temps, nous devons quitter notre travail, dire au revoir à notre famille et nous précipiter sur le champ de bataille pour défendre notre pays. »

La perspective iranienne sur le conflit israélo-palestinien est restée fidèle à la ligne traditionnellement adoptée par le régime des Mollahs. Ebrahim Raissi accuse Israël d’être un régime terroriste : « Le régime d’occupation sioniste est à l’origine de la plus grande vague de terrorisme d’État dont la seule visée est de tuer des femmes et des enfants à Gaza et en Cisjordanie. Aujourd’hui, un blocus à grande échelle a transformé Gaza en la plus grande prison au monde. Ce que l’on a appelé l’accord du siècle a échoué, tout comme tout accord imposé aux Palestiniens. Il n’y a qu’une solution : tenir un référendum, auquel participeraient tous les Palestiniens. »

La France, elle, n’a pas mentionné le conflit israélo-palestinien – la seule référence étant le « Proche-Orient divisé » sans plus de précision – et semble désormais se concentrer sur la zone indopacifique. Elle appelle à la tenue d’un « sommet du P5 pour établir un programme commun » : « la France, en tant que nation de l’Indopacifique, y a des intérêts majeurs, tout comme l’Europe qui vient de se doter d’une stratégie en la matière ».

Le Ministre Jean-Yves le Drian a défendu le multilatéralisme car « tout ce que nous faisons collectivement – ou à l’inverse manquons de faire – nous engage tous ». Mais Paris met tout particulièrement en garde : « la paix et la sécurité internationales se trouvent aussi directement mises en jeu à chaque fois qu’une crise éclate ou franchit un nouveau seuil » avant de poursuivre son propos sur la situation en Afghanistan et le 20ème anniversaire du 11-septembre : « En Afghanistan, notre devoir est d’apporter à la population l’aide humanitaire dont elle a besoin et notre intérêt commun est de porter une exigence politique et sécuritaire claire à l’égard du régime de Kaboul: tout lien avec les organisations terroristes doit être rompu. Vingt ans après le choc du 11-septembre, nous savons ce que la reconstitution d’un sanctuaire terroriste impliquerait pour nous tous. 

  • L’ultimatum de Mahmoud Abbas

Très offensif, le Président palestinien Mahmoud Abbas a tourné l’ensemble de sa prise de parole vers ce qu’il appelle la « puissance occupante » autrement dit, Israël.

Le discours est ponctué par le rappel des « violations du droit international par Israël » ayant provoqué « purifications ethniques » et « apartheid » sur le peuple palestinien, « dépossédé de ses biens » à la création de l’État d’Israël il y a 73 ans. Ces propos sont répétés à plusieurs reprises au cours de l’intervention.

Selon M. Abbas, « Israël n’a pas honoré ses obligations au titre des accords signés et a refusé de participer à des initiatives de paix ». Il n’hésite pas à mettre « au défi de démontrer que nous avons rejeté ne serait-ce qu’une initiative authentique et sérieuse visant à parvenir à la paix. »

Reprenant à son compte des arguments utilisés par les soutiens d’Israël, Abbas dénonce une supposée « politique du double standard ». Il s’insurge notamment d’avoir à fournir des explications sur les programmes scolaires palestiniens : « Certains exigent du peuple des institutions palestiniennes, qui croit en la culture de paix et en l’État de droit, de fournir des explications pour montrer qu’ils n’incitent pas à la haine ou qu’ils ne promeuvent pas la violence.  Nous devons justifier ce qui se trouve dans nos programmes scolaires, ce qui reflète notre récit national et notre identité nationale alors que personne n’exige de passer en revue le programme scolaire et les médias israéliens. Nous rejetons ce deux poids deux mesures. »

Sur le même sujet, Mahmoud Abbas explique la raison pour laquelle l’Autorité palestinienne continue de subventionner les terroristes (qu’il qualifie de « martyrs ») tout en faisant pression sur « l’occupant » pour libérer les prisonniers : « Pourquoi devrions-nous justifier d’aider les victimes de martyrs ? Nous ne pouvons pas abandonner notre peuple et nous continuerons nos efforts tant que nos prisonniers n’auront pas été libérés. Je salue l’héroïsme de nos prisonniers. Si l’occupation prend fin, il n’y aura plus de question des prisonniers. 

Le Président palestinien s’adresse aussi aux États qui soutiennent Israël, et n’auraient pas suffisamment fait pression pour la création d’un État palestinien : « Il est regrettable que les politiques de la communauté internationale et les résolutions des organes des Nations unies concernant l’établissement d’un État de Palestine n’aient pas été défendues et mises en œuvre.» De même, Abbas leur reproche de fournir une aide militaire qui « tue des Palestiniens ».

 De plus, Mahmoud Abbas a affirmé que les élections législatives et présidentielles initialement prévues en avril et juillet 2021 n’étaient que « reportées » et auront bien lieu, sans préciser de date.

Le discours finit par un ultimatum. Le Président de l’Autorité palestinienne « donne un an à Israël pour se retirer des territoires palestiniens qu’il a occupés en 1967, y compris Jérusalem Est ». Il menace de ne plus reconnaître Israël « dans les frontières de 1967 » si cela n’est pas fait.

Mais le leader est plus que jamais contesté au sein de l’Autorité palestinienne et auprès de la population. Les Européens ne sont plus dupes de ces propos. Le Parlement européen a adopté une législation en 2020 pour interdire le financement du terrorisme et la corruption, qui rongent notamment les territoires palestiniens.

De telles allégations proférées par un dirigeant dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, doivent interpeller les grandes chancelleries occidentales. En effet, cette intervention sonne comme une fin de règne qui n’a définitivement que trop duré. En ce sens, les grands leaders n’ont prêté que peu d’attention à la question palestinienne dans leurs propres déclarations, preuve qu’il est temps de passer à une autre étape. Ainsi, l’Europe, symbole de respect et de tolérance entre les peuples, doit s’engager plus avant au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen afin d’accompagner la transition vers une solution qui serait acceptable pour toutes les parties.

  • La conférence de Durban quasiment absente

Seul le Premier ministre israélien a tenu à évoquer la commémoration du 20ème anniversaire de la Conférence de Durban prévue le 22 septembre 2021. Choquées par les nombreux débordements antisémites et anti-Israël constatés lors des précédentes éditions, 38 délégations, majoritairement occidentales, ont décidé de boycotter ce 4ème sommet organisé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Naftali Bennett a donc salué les pays concernés : « Je remercie les 38 pays qui ont choisi la vérité plutôt que le mensonge et qui esquivent la conférence. » Il s’est également adressé à ceux qui ont décidé de s’y rendre : « A ces pays qui ont choisi de participer à cette farce, je dis: attaquer Israël ne vous rend pas moralement supérieur, combattre la seule démocratie du Moyen-Orient n’est pas ‘woke’, adopter des clichés sur Israël sans prendre la peine d’apprendre les faits de base, eh bien… c’est tout simplement paresseux. »

 Le boycott massif de la Conférence de Durban, « festival de la haine antisémite et anti-Israël », est un espoir sur lequel l’Europe et la communauté internationale doivent capitaliser pour rappeler au monde l’importance de la lutte contre l’antisémitisme et l’antisionisme qui ont rongé les trois premières éditions et continuent d’essaimer dans les rangs des partisans de la cause « woke ». Cet antiracisme dévoyé qui exclut plus qu’il ne rassemble, n’a pas sa place dans nos sociétés. Il nous revient de rappeler sans cesse ce message indispensable à une véritable paix durable au Moyen-Orient et dans le monde.