Go to Appearance > Menu to set Top Menu

  • Irak : non à la normalisation

Menacés de mort, des Irakiens présents au sommet pro-normalisation avec Israël se rétractent

Aaron Boxerman / Times of Israel /30 septembre 2021

(Safin Hamed/AFP)

Menacés d’arrestation, voire de mort, des participants au sommet en faveur de la normalisation avec Israël [voir revue de presse 27 septembre] se rétractent, allant jusqu’à dire qu’ils ont été dupés. La conférence a enflammé les médias, enragé les milices pro-iraniennes et poussé le président et le premier ministre à accuser les participants d’agissements illégaux. En effet, la loi irakienne punit lourdement tout contact avec des Israéliens. Militer en faveur de la normalisation est passible de la réclusion à perpétuité. Des mandats d’arrêt visent le chef tribal Wisam al-Hardan (sous protection des autorités kurdes]), une collaboratrice du ministère de la culture, Sahar al-Ta’i (désavouée par le ministère) et le législateur Mithal al-Alousi (qui vit en Allemagne).  Les coupables  ont moins à craindre d’une autorité judiciaire faible que des proxies iraniens comme les Brigades de Gardiens du Sang, qui promettent de les poursuivre sans relâche et de les tuer. Le puissant clerc pro-iranien, Muqtada al-Sadr, promet, lui aussi, de sévir. De nombreux participants se sont retractés, dont al-Hardan, auteur d’une libre opinion publiée dans le Wall Street Journal. Selon le New York Times, al-Hardan dit que ce n’est pas lui, mais  [l’organisateur de la conférence, Joseph] Braude, qui a rédigé le texte. Son intention, insiste al Hardan, était de créer des liens avec la Diaspora juive irakienne, pas avec Israël et que son discours a été modifié à son insu. Dans une vidéo, al Hardan condamne la conférence, en précisant qu’il avait appelé à la paix entre Irakiens après la victoire contre l’Etat islamique. Jurant qu’il avait prononcé le discours sans se rendre compte de la teneur du texte écrit, il s’est dit surpris d’y découvrir l’appel à la normalisation avec l’entité sioniste. On peut voir le chef tribal dans une vidéo de la conférence lisant calmement le texte sans trébucher sur les passages contentieux. D’autres participants se disent floués par al-Hardan, avec des promesses de salaires, de bénéfices, d’emplois dans les ministères. Aujourd’hui, se prononçant contre la normalisation, al-Hardan demande au premier ministre d’intervenir, parce qu’il est menacé de mort de tous les côtés. La conférence a eu lieu au Kurdistan où, profitant d’un certain degré d’autonomie, on maintient des liens avec Israël. Mais le Kurdistan a pris ses distances, le président Masoud Barazani a déclaré n’avoir rien su de la conférence, qui ne représente ni l’opinion ni la politique du Kurdistan.

After death threats, Iraqis who attended pro-Israel normalization summit recant | The Times of Israel


  • Israël : entretien avec Anat Berko

Connaître l’ennemi : entretien avec Anat Berko

Ran Puni / JNS / 20 septembre

[Quelques Extraits de l’entretien passionnant avec le [ Lt. Colonel (ret) Anat Berko, criminologue,  spécialiste mondialement reconnue pour sa recherche sur les auteurs des attentats suicide et leurs handlers. Pendant une vingtaine d’années, elle a rencontré des terroristes palestiniens, dont des hauts gradés du Hamas, à commencer par ainsi que son fondateur Sheikh Ahmed Yassin. Membre de la Knesset (Likoud) de 2015 à 2019, Anat Berko estime que les terroristes n’ont aucun potentiel de réhabilitation, parce qu’ils se croient innocents.

[Les prisonniers ne sont pas menottés pendant l’entretien.] Oui, certainement, il y a eu des situations tendues où je me sentais en danger. Une fois, dans une prison de haute sécurité, je menais un entretien avec un homme qui dispatchait des suicide bombers [bombes humaines] pour le Hamas. Derrière moi il y avait un pied de biche. Cet homme, qui mesurait 2 mètres, m’a demandé, « Tu ferais quoi si je te donnais un coup sur la tête avec le pied de biche ?   Comme les Juifs nous faisaient pendant l’Intifada ». Je n’ai pas bronché. Je l’ai sermonné : « Vous osez me menacer, alors que j’avais demandé qu’on vous enlève les menottes, en signe de respect, pour vous laisser parler en homme libre. Vous n’avez pas honte ? Vous êtes un homme »?  Il est resté sans voix.

[Pourquoi ce choix de recherches]  J’avais compris qu’une prison est un laboratoire vivant. Je faisais de la recherche auprès des détenues de droit commun à la prison des femmes Neve Tirtza. C’est mon époux Reuven [le chercheur Dr. Reuven Berko], qui a suggéré que, pour mon doctorat, je me penche sur les prisonniers du Hamas et du Jihad islamique.

[Elle commence avec le Sheikh Yassin] Comme il était extrêmement religieux, je me suis habillée pour les entretiens comme une femme ultra-orthodoxe. Je viens d’une famille irakienne, je comprends la culture arabe de l’intérieur et j’étais heureuse de voir que pour les besoins de ma recherche, j’ai pu établir un véritable rapport avec des chefs du Hamas, des assassins et ceux qui dispatchaient des suicide bombers.

[Qui sont ces jihadistes?]  Ils sont vus dans leur société comme des gens normaux. Même quand il est question des “Juifs” et qu’ils perdent toute inhibition, ils sont conformistes dans une société qui ne voit aucun mal dans les actes terroristes. A la différence des détenus de droit commun, ils ne se sentent pas isolés en prison où ils sont regroupés selon leur appartenance à une organisation terroriste donnée. Ils se considèrent comme supérieurs aux criminels. Même ceux qui ont commencé comme voleurs de voiture ils se sont recyclés en terroristes, d’abord comme assistants et finalement comme chefs d’équipes de tueurs. Enfin, ils sont persuadés qu’ils seront libérés bien avant la fin de leur peine, dans un échange négocié.

[motivation des détenus en fuite, responsabilité du système carcéral] S’agissant des 6 prisonniers échappés de la prison de Gilboa, je crois que, au-delà d’un désir de liberté, ils cherchaient à être reconnus comme héros de la lutte. C’était une mauvaise idée d’accorder à un détenu non-affilié au Jihad islamique un transfert dans leur cellule. Loger ensemble trois prisonniers quand les services de renseignements ont signalé leur intention de fuir ? C’est absurde. On permet aux prisonniers de communiquer entre diverses zones et d’organiser des attentats terroristes. En les regroupant selon leur .affiliation, on permet la formation d’une nouvelle génération de chefs. L’incident récent est l’occasion de nettoyer les écuries. J’espère qu’on ne se contentera pas de blâmer les gardiens. Le commandement [de la prison] porte sa part de responsabilité.

[potentiel de réhabilitation]  Oui, je suis pessimiste. Mais on peut voir la question sous un autre angle. Les chefs se protègent, eux-mêmes et leurs familles. J’ai interviewé un jeune homme du Jihad islamique, intelligent, bon élève, qui m’a dit que son père, l’un des chefs du mouvement, pour encourager sa réussite scolaire, lui donnait des sous pour chaque bonne note. Quand le fils a commencé à commettre des délits de sécurité, son père l’a tabassé. Ils ne veulent pas voir leur enfant passer sa vie en prison.

[En créant des rapports de confiance, tu  n’avais pas peur de développer de l’empathie ou de la sympathie pour les prisonniers ?] L’empathie est un outil qui nous permet de partager des moments humains exceptionnels, mais ça ne veut pas dire l’identification. Ça me rappelle une prisonnière, arrêtée en route pour commettre un attentat suicide, qui m’est tombée dans les bras en pleurant, « Tout ce que je veux vraiment, c’est ma mère ». Je pensais :  elle a la taille de ma fille, 15 ans à l’époque, elle aurait pu monter dans le bus en même temps que ma fille rentrant de l’école. Ok, il y a peut-être de l’empathie. Mais pas de sympathie. J’avais lu les chefs d’accusation. Je savais ce qu’ils avaient fait. Je n’ai pas perdu mon identité en travaillant dans les prisons. Au contraire, j’ai vu ma recherche comme une mission. Il nous faut connaître au fond ceux qui nous affrontent.

https://www.jns.org/understanding-the-enemy-an-interview-with-dr-anat-berko/


  • Etats-Unis : bureau de l’OLP à Washington

La réouverture du Bureau de l’OLP a Washington risque d’être compromise par la législation américaine

 Matthew Zweig  Senior Fellow / FDD /  24 septembre

La demande de réouverture du Bureau de la Délégation de l’OLP à Washington, formulée par le premier ministre de l’AP, Mohammed Shtayyeh, et reprise par le Représentant Andy Levin (D-MI) dans son projet de loi “Solution à deux Etats », risque d’être compromise par l’Anti-Terrorism Act (ATA).  Le Bureau, ouvert en 1994, se heurtera à une loi, modifiée suite à la fermeture du Bureau  par l’administration Trump en 2018. L’Anti-Terrorism Clarification Act (ATCA) facilite les recours en justice des victimes du terrorisme. Des Américains innocents, grièvement blessés ou tués par des terroristes palestiniens, ont été dans un premier temps déboutés d’une demande de dommages de ^$655 millions, en raison d’une absence de juridiction. Sous l’ATCA, l’octroi d’une dérogation permettant l’ouverture du bureau de l’OLP à Washington l’exposera à la juridiction d’un tribunal fédéral. Par une modification supplémentaire de l’ATCA, la responsabilité pénale est engagée par tous ceux qui commercent avec le Bureau de l’OLP/AP. Cette disposition  est assortie  de l’obligation faite au Département d’Etat de faciliter la résolution des recours des plaignants. L’administration Biden pourrait céder à la demande de Shtayyeh en déposant auprès du Département de justice une requête de dérogation. Mais elle devrait, à l’inverse, conditionner l’ouverture du Bureau au paiement des dommages aux victimes et à leurs familles. Le Congrès devrait encourager l’administration dans ce sens.

https://www.fdd.org/analysis/2021/09/24/us-law-prevent-plo-reopening-office/


 

  • Etats-Unis : la vice-présidente provoque un esclandre

Une étudiante dénonce l’aide militaire fournie à l’Etat juif ; Kamala Harris ne riposte pas

STAFF / Times of Israel /29 septembre

Venue parler du droit de vote devant une classe de l’université George Mason en Virginie, la Vice-Présidente Kamala Harris a écouté des propos accusant Israël « de génocide ethnique », sans broncher, sans riposter. Elle a assuré l’étudiante que « sa vérité ne devrait pas être supprimée ». L’échange s’est produit pendant la séance de questions du public. Une étudiante a regretté l’attribution de  l’argent des contribuables au soutien militaire, que ce soit pour l’Arabie saoudite ou « en Palestine ». Elle a demandé pourquoi, après les manifestations qui ont rassemblé des « nombres astronomiques » de pro-palestiniens, cet été, on vient de voter le financement d’Israël, qui lui  fait mal au cœur « car il s’agit d’un génocide ethnique et du déplacement de populations…  comme on a fait en Amérique … vous en êtes sans doute consciente ». Elle a conclu en disant que cette question touchait sa vie et celle de ses proches.

Harris a répondu que l’étudiante avait bien fait d’en parler. Il ne fallait pas faire taire sa voix, il fallait entendre l’expression de son vécu, de sa vérité. Une  démocratie est plus forte quand tout le monde y participe. Au sujet de notre politique moyen-orientale, a dit Harris, on mène encore dans notre pays des débats salutaires, c’est la bonne voie. Nulle voix n’est étouffée.

Kamala Harris doesn’t reject US student’s ‘ethnic genocide’ claim against Israel | The Times of Israel

 

Kamala Harris félicite une étudiante qui accuse Israël de génocide

Samuel Chamberlain / NY Post / 29 septembre

L’étudiante, qui s’est identifiée comme yéménite et iranienne, a repris les propos de la vice-présidente au sujet du pouvoir du peuple, de l’importance de s’organiser et de manifester. Or, a-t-elle dit, malgré les manifestations de proportions « astronomiques », on a voté le financement et on continue à soutenir Israël.  Harris écoute attentivement, l’étudiante poursuit en observant que les Américains souffrent d’un manque de système de santé publique et de logement abordable, mais tout cet argent va à Israël, à l’Arabie saoudite et ainsi de suite. Le peuple, dit-elle,  s’est exprimé, a précisé ses besoins, mais il manque l’écoute et « je ressens le besoin d’en parler parce que sa touche ma vie et mes proches. Je me soucie vraiment des vies humaines ». La vice-présidente répond en félicitant l’étudiante de s’être exprimée.

Kamala Harris praises George Mason student who accused Israel of genocide (nypost.com)