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  • Iran : l’impasse

La diplomatie folle du Moyen-Orient : donner sans rien recevoir

Gregg Roman et Gary C. Gambill / The American Spectator / 16 juillet

C’est le dernier exemple en date d’une méconnaissance affligeante : le  Département d’Etat annonce le dégel des avoirs iraniens bloqués au Japon et en Corée du Sud en raison des sanctions sur son commerce pétrolier. Sans levier, la diplomatie ne va pas loin. L’équipe de Biden, dont plusieurs anciens de l’administration Obama, craint que l’emploi du levier vexe l’adversaire. Ainsi, pour le convaincre de ses bonnes intentions il faut donner sans rien recevoir. Signe précurseur : en février, croyant  ouvrir la voie aux négociations nucléaires avec Téhéran, l’administration annule la désignation « terroriste » imposée aux Houthis par Trump, et appelle de ces vœux un cessez-le-feu au Yémen. En conséquence de ces concessions unilatérales, les Houthis ont augmenté leurs agressions et l’Iran a redoublé ses provocations. Dans le même esprit, le Secrétaire d’Etat Blinken a annoncé, le 7 avril, la reprise d l’assistance  aux Palestiniens, avec une enveloppe de $235 millions, censés aider les démunis, encourager le développement économique et promouvoir la négociation  d’une solution à deux Etats. En brisant le moratoire instauré par son prédécesseur, Biden espérait amadouer les Palestiniens et les convaincre d’abandonner leur refus obstiné de reconnaitre Israël comme Etat juif légitime. Ce qui n’avait pas marché hier – en échange du gros lot de $600 millions annuels versés par l’administration Obama, les Palestiniens ont exigé des concessions énormes sans faire un petit pas vers des pourparlers–.n ;e marche pas mieux aujourd’hui. Quelques semaines après l’annonce, Palestiniens et Israéliens étaient encore une fois en guerre. Loin d’amadouer les Iraniens, l’allègement des sanctions renforcera leur entêtement. Le but de la diplomatie est de convaincre l’adversaire qu’il vaut mieux faire des concessions. Biden n’a pas besoin de prouver sa gentillesse ; les leaders palestiniens et iraniens comprennent déjà qu’il leur est plus favorable que son prédécesseur.  Au contraire, il doit impérativement faire comprendre qu’il y a des limites à sa bienveillance et que le temps de donner sans recevoir est révolu.

The Folly of Something-for-Nothing Diplomacy in the Middle East | The American Spectator | USA News and Politics

Iran Redux

Potkin Azarmehr / Special to IPT News /16 juillet

Le projet éhonté d’enlèvement de Massih Alinejad, journaliste et activiste iranienne vivant à  New York, a été organisé par les plus hauts échelons du Ministère des renseignements et de la Sécurité, travaillant avec des agents en place aux USA. Le régime, enhardi par la réponse tiède  aux précédents  enlèvements de dissidents à l’étranger, tente des opérations de plus en plus audacieuses. Citons les cas de : Foroud Fouladvand, Royaume Uni, 2007 ; Rouhallah Zam, France, 2019 ; Jamshid Sharmahd, Allemagne, 2020. A la différence d’autres enlèvements, le kidnapping de Massih Alinejad était prévu aux Etats-Unis et pas dans un pays voisin de l’Iran. En fait, la République islamique a l’impression que ses adversaires occidentaux sont faibles et divisés. Le peu de réaction à l’enlèvement de Jamshid Sharmahd est édifiant. Sharmahd, arrivé en Allemagne à l’âge de 7 ans, naturalisé allemand, ingénieur en informatique, s’était installé en Californie à l’âge de 50 ans pour des raisons professionnelles. Alerté en 2009 par le FBI d’un projet terroriste le visant et conseillait  d’être prudent lors de ses déplacements à l’étranger, il n’a pourtant  jamais reçu  la Green Card promise. Son visa exigeait qu’il sorte du territoire tous les deux ans. Un voyage d’affaires en Inde en 2019, s’est avéré tragique. Embarqué sur un vol Mumbai-Amsterdam, mais interdit de retour aux USA à cause de la pandémie de covid, il avait rebroussé chemin vers l’Inde, faisant escale à Dubaï le 28 juillet où, selon une annonce officielle iranienne, il a été enlevé et emmené en Iran. Dans un entretien exclusif ce matin, sa fille, Gazelle, installée en Californie, nous raconte ses déboires. Amnesty International hésite à prendre sa défense, pense-t-elle, à cause du discours anti-islamique de son père. Le gouvernement allemand s’esquive, sous prétexte qu’il a la double nationalité, ce qu’elle nie. Pas de réponse de l’administration Biden ou du département d’Etat.

La situation catastrophique à l’intérieur de la République islamique, en raison de la mauvaise gestion et de l’incompétence des dirigeants, a empiré avec la pandémie mal maîtrisée de covid-19.  Excédé par des coupures d’eau et d’électricité en pleine canicule, le peuple chante « Mort à Khamenei ». Il n’en peut plus d’être gouverné par des clercs arriérés. Et pourtant, le jour où le FBI a dévoilé le projet d’enlèvement de Massih Alinejad, l’administration Biden a jeté une bouée de sauvetage au régime, en débloquant les avoirs en Corée du Sud et au Japon. Selon l’analyse des responsables du contre-terrorisme consultés par l’IPT (Investigative Project on Terrorism), il s’agit de milliards, de quoi alimenter le budget annuel de ses proxies –Hezbollah, Hamas, Jihad Islamique, Houthis et les milices Shia en Irak — pendant les 4 à 5 années à venir. Une concession unilatérale, sans demande de réciprocité. C’est ahurissant !

D’autant plus, dit Steven Emerson, Directeur de l’IPT, que le secrétaire d’Etat, Anthony Blinken, avait promis au Congrès qu’on exigerait de l’Iran qu’il fasse le premier pas et qu’il n’y aurait pas d’allègement de sanctions sans un accord sur le nucléaire, le terrorisme et les missiles. C’est un mensonge. L’administration se met à genoux pour attirer l’Iran à la table de négociation et le récompense de ses mauvaises actions : enlèvements, terrorisme, assistance aux proxies. Si l’administration se souciait du droit des peuples opprimés, il se comporterait comme le mérite ce régime rogue, autoritaire, principal sponsor du terrorisme international. Faute de quoi, l’Iran se croit permis de tuer impunément. L’universitaire  Xiyue Wang, de Princeton University, ancien prisonnier en Iran déplore le retour au JCPOA sans fixer de ligne rouge : c’est l’intérêt de l’administration, pas de la nation.

https://www.investigativeproject.org/8943/iran-redux

 

Libération des détenus : les Américains dénoncent la cruauté iranienne

MATT LEE/ Times of Israel / 18 juillet

Ned Price, porte-parole du département d’Etat, a qualifié d’outranciers les propos du ministre adjoint des affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, chef de la délégation iranienne aux pourparlers de Vienne, qui accuse les responsables américains et britanniques de tenir l’échange de prisonniers « otage » des négociations sur le retour au  JCPOA. Dix prisonniers de part et d’autre seraient libérés demain, dit-il, si les USA et le R-U respectaient l’accord. Price a dénoncé la tentative déplorable d’exploiter l’impasse dans les négociations. Il a insisté sur la volonté des Américains de retourner à Vienne pour conclure l’accord, dès que l’Iran prendra les décisions qui s’imposent. La référence à une possible libération des prisonniers est d’une cruauté abjecte. Si l’Iran  souhaitait faire un geste humanitaire, il relâcherait immédiatement les détenus.

US slams ‘cruel’ Iran for linking prisoner swap to nuclear deal delays | The Times of Israel

VOIR AUSSI :

Arshad Mohammed /(Reuters/

L’Iran ne reviendra pas à Vienne pour le septième round des négociations avant l’investiture du président élu, prévue le 8 août  . Iran Delays Return to Nuclear Talks

 

  • ETATS-UNIS : AIDE AUX PALESTINIENS

Jacob Magid / Times of Israel / 14 juillet

Rencontre « tendue » à Ramallah : des législateurs américains confrontent Abbas au sujet des paiements aux terroristes

Plusieurs membres d’une délégation bipartisane de membres de la Chambre de Représentants se confient au ToI : ils ont exprimé leur désapprobation des paiements aux terroristes et à leurs familles lors d’une rencontre à huis clos avec le président de l’Autorité palestinienne.

Rep. Kathy Manning (D-NC) : on a longuement parlé du Taylor Force Act, qui interdit d’aider l’Autorité palestinienne si elle n’abandonne pas le versement d’allocations proportionnelles à la durée de leur emprisonnement. Rep. Brad Schneider (D-IL) : On a insisté sur le fait que c’est absolument inacceptable. Abbas a soutenu que c’était une forme d’aide sociale sans laquelle les familles seraient totalement démunies.  On a demandé si les familles des victimes du cancer, par exemple, bénéficiaient de subventions. Il a répondu que c’était en cours d’organisation. Les législateurs se sont également opposés à  la demande d’Abbas de freiner l’avance des Accord d’Abraham jusqu’à la résolution du conflit Israélo-palestinien. Schneider, qui est l’auteur d’un projet de loi de soutien financier au renforcement des accords de normalisation avec les EAU, le Maroc, le Bahreïn et d’autres à venir : On a clairement indiqué que le processus de normalisation est positif et se poursuivra. Au lieu de résister, les Palestiniens devraient saisir l’occasion pour avancer. Les législateurs n’ont pas été impressionnés par le président Abbas, déconnecté de son peuple et incapable, depuis de longues années, de prendre des décisions difficiles. Manning semble considérer Abbas responsable de l’impasse, réfutant son assertion qu’Israël n’avait jamais proposé de deal sérieux.

US lawmakers pushed Abbas on terror payments during ‘tense’ Ramallah meet | The Times of Israel

VOIR AUSSI:

A U.S. Consulate for the Palestinians Should Be on Palestinian Territory – Not in Jerusalem – Amb. Alan Baker (Jerusalem Center for Public Affairs)

Israel Wants Voucher System for Foreign Aid to Gaza – Dan Williams (Reuters)

 

  • Etat-Unis : No Fear Rally

Les organisations juives américaines face à une communauté divisée sur la question d’Israël « Etat d’apartheid »

Ron Kampeas / JTA /  16 juillet

Sharon Nazarian croit savoir pourquoi le rassemblement contre l’antisémitisme [No Fear: A Rally in Solidarity with the Jewish People] n’a pas été un succès retentissant. Pour Nazarian, vice-président pour l’international de l’Anti-Defamation League, co-sponsor du rassemblement qui n’a attiré que 2 000 personnes, l’exagération par les organisations mainstream de l’importance d’Israël devient un handicap. Nazarian, qui est présidente d’une fondation familiale  consacrée au financement de recherche sur l’éducation, demande que le récit sur Israël soit plus réaliste, en tenant compte des forces et des faiblesses de l’Etat.

Selon Les résultats d’un sondage auprès des Juifs américains, publié deux jours après le rassemblement : 25%  pensent qu’Israël pratique l’apartheid ; 34% comparent le traitement des Palestiniens en Israël au racisme aux USA ; 22% estiment qu’Israël commet un génocide contre les Palestiniens. Ces chiffres augmentent chez les jeunes.

Le soutien traditionnel bipartisan s’est amenuisé ces derniers temps, notamment lors des conflits avec Gaza en 2014 et au mois de mai de cette année. Des critiques de plus en plus sévères de l’Etat juif sont renforcées par des célébrités influentes. Nazarian s’explique : ces étiquettes sensationnalistes collées sur Israël depuis des années nous semblaient tabou, parce que marginales, mais depuis le conflit du mois de mai, elles sont devenues mainstream. En plus, dans le contexte du meurtre de George Floyd et de la conscience émergeante des disparités raciales aux Etats-Unis, la critique d’Israël est plus souvent inscrite sous la rubrique de l’injustice raciale. Jeremy Ben-Ami, président de J Street, qui  avait refusé de participer au rassemblement en raison de l’amalgame entre critique d’Israël et antisémitisme, se plaint d’un refus de débattre avec ceux qui veulent reconnaitre la réalité de la situation [d’Israël] ; on nous rejette. David Harris, PDG de l’American Jewish Committee, co-sponsor du rassemblement, pointe les failles de l’éducation comme source du déconnecte et de la polarisation de la communauté juive.

https://www.jta.org/2021/07/15/united-states/more-american-jews-are-calling-israel-an-apartheid-state-and-big-organizations-are-struggling-to-fight-the-trend

 

VOIR AUSSI:

At Capitol Hill rally, Jews united against antisemitism, more divided on Israel | The Times of Israel