• Israël : nouveau président

L’entrée très digne du président Herzog

Sans surprise, le président de la Knesset, Mickey Levy, nous a servi, lors de la cérémonie d’investiture d’Isaac Herzog, notre 11e président, le discours type du « centre gauche » : la discorde sociétale Israélienne est pire que la menace iranienne. Ce propos à double emploi blâme la droite, incarnée par Bibi Netanyahou, des scissions politiques qui sapent les fondations de la démocratie israélienne, tout en minimisant la menace de la République islamique et ses proxies, exagérée par Netanyahou afin de rester au pouvoir. Au cours de son mandat, le président sortant, Reuven Rivlin, n’a pas caché ses critiques du gouvernement ni son antipathie pour Netanyahou, pourtant élevé comme lui dans l’idéologie de Ze’ev Jabotinsky. Les clins d’œil complices de Rivlin à la gauche nationale et internationale étaient, pour moi plus agaçants. Par exemple, lors de la commémoration du 8ème anniversaire du Kristallnacht conjointement avec ses homologues allemand, Frank-Walter Steinmeier et autrichien, Alexander Van der Bellen, le président de l’Etat juif a cautionné le déni de la particularité de cette Nuit du Cristal. Au moment même où les Juifs étaient victimes d’agressions sauvages chez nous, notre président a cru bon de s’engager à combattre « la haine, le racisme, l’antisémitisme », reprenant le lexique des progressistes qui accusent les Juifs de profiter du « privilège blanc ».  Herzog, un véritable homme de gauche et ancien chef du parti travailliste, a choisi l’ancien porte-parole de Netanyahou, Naor Ihia, provoquant des manifestations devant la Knesset pendant la cérémonie. J’ai été étonnée d’entendre le message  édifiant du président élu, notamment sa référence aux efforts externes de délégitimiser l’Etat juif.  Il n’a pas généralisé l’antisémitisme ni minimisé le danger d’une arme nucléaire iranienne. Herzog a rendu hommage à l’opposition, « sans laquelle il n’y a pas de démocratie », et à Netanyahou qui agira, de sa place dans l’opposition, en homme d’Etat. Exaspérée par la formation de cette coalition vouée à l’échec tout simplement pour « éjecter Bibi de Balfour »,  j’étais soulagée de voir la main d’Isaac Herzog sur la Bible utilisée par son père il y a 38 ans. Aux premières notes de la  Hatikvah j’ai carrément sangloté. Jeudi matin, retour à l’anormal, et pourtant … Si Isaac Herzog peut éviter de prendre parti dans la joute  politique et idéologique, sa contribution à « l’unité » dépassera de loin celle de son prédécesseur.

https://www.jpost.com/opinion/president-isaac-herzogs-grand-entrance-opinion-673280

 

  • Iran, Autorité palestinienne : briefing du département d’Etat américain

[Réponse de Ned Price aux questions des journalistes sur l’état des négociations indirectes avec l’Iran visant à réintégrer le JCPOA  … ]

Nous sommes en effet troublés par la violation iranienne des conditions fixées par le JCPOA et surtout en ce qui concerne les recherches  d’arme nucléaire. C’est encore un pas en arrière par l’Iran alors que nous faisons preuve d’intentions sincères de réintégrer le JCPOA et de gérer la question nucléaire de faon productive et  durable. Nous avons clairement indiqué que  la provocation ne servira pas de levier dans les négociations. Au contraire, elle renforcera notre méfiance. Nous invitons le parti iranien à  abandonner sa stratégie de la corde raide et à revenir à Vienne préparé à achever le travail accompli pendant les six rounds de pourparlers.

[Réponse aux questions sur une modification éventuelle de stratégie, la fenêtre de tir. Faut-il comprendre qu’on en arrivera au point où le breakout time inscrit dans le JCPOA sera caduc ? Réaction à l’attaque la veille contre une base américaine, absence de progrès au Yémen. « Vous avez dit que vous en avez marre des Houthis. C’est quoi le plan »?  Qu’est-ce qui explique le report du 7ème round de pourparlers ?]

Le but des pourparlers de Vienne est la conformité réciproque avec le JCPOA, garantie par un régime de surveillance et de vérification le plus strict qui soit. Sans minimiser les autres problèmes, si l’Iran poursuit la recherche nucléaire, ce sera encore plus difficile de les gérer.  On poursuit le chemin de la diplomatie qu’on croit  le plus efficace, mais le Secrétaire [d’Etat] a dit que la fenêtre de tir ne sera pas indéfiniment ouverte. Le breakout time, qui était d’un an quand le JCPOA  fonctionnait, est passé aujourd’hui, avec les centrifugeuses avancées et l’enrichissement à un plus haut niveau, à quelques mois. On arrivera au point où les provocations iraniennes nous mèneront à nous raviser. Nous travaillons en étroite coordination avec d’autres membres du P5+1 et nos partenaires régionaux, qui sont très inquiets. Le retard du septième round des pourparlers s’explique par des consultations dans certaines chancelleries.

Question : Le département est-il impliqué dans des accords entre Israël et le Hamas? Au cas où le Hamas insiste sur le contrôle des fonds, que ferez-vous ?

Mr. Price: Nous sommes engagés à fournir au peuple palestinien de l’assistance humanitaire et de l’aide à la reconstruction, suite à la récente période de violence mais surtout le résultat des années de mauvaise gestion, de négligence et d’abus par le gouvernement de facto qu’est le Hamas. Nous le ferons sans renforcer le pouvoir du Hamas et en nous assurant que l’argent ne tombe pas dans ses coffres.

[Questions sur la répression brutale des manifestations  par l’autorité palestinienne ; des contacts avec Abbas «  assiégé et isolé » ; des demandes de relâcher le  bras de fer, de libérer des journalistes  … ] [réponse évasive de] Mr Price L’administration est en contact étroit avec des responsables palestiniens et israéliens. Tout en respectant le droit des Palestiniens à choisir leur leader, nous encourageons l’Autorité palestinienne à respecter la liberté d’expression et la  société civile. Nous défendons partout ces principes et quand ils sont bafoués nous exprimerons notre inquiétude.

https://www.state.gov/briefings/department-press-briefing-july-6-2021/

 

Les opérations des Houthis servent de terrain d’essai pour des armes et des doctrines iraniennes

Yaakov Lappin /JNS / 9 juillet

Col. (rés.) Shaul Shay, ancien chef adjoint du  Conseil national de sécurité et actuellement chercheur à l’International Institute for Counter-Terrorism, se confie au JNS :  Israël devait faire jouer son influence dans la communauté internationale pour souligner la menace régionale et maritime internationale dans la Mer Rouge, où l’Iran, en fournissant aux Houthis une large gamme d’armes maritimes, s’offre un terrain d’essai militaire et stratégique.  Aidés également par le Hezbollah, les Houthis attaquent des cibles en Arabie saoudite, menacent le trafic maritime israélien dans la Mer Rouge. Une coalition arabe sous commandement saoudien mène une campagne militaire contre eux. Cette intervention,  principalement aérienne, a bloqué la prise contrôle totale des Houthis, mais la  situation reste statique : les Houthis conservent leurs conquêtes, la coalition est trop faible pour changer le statu quo. Contournant l’embargo onusien mis en œuvre par des forces navales américaines, australiennes et françaises, l’Iran introduit des missiles, des drones et autres armes sophistiquées. Bénéficiant de l’apport du savoir-faire technologique de la République islamique, les Houthis, comme le Hamas à Gaza, développent une infrastructure importante de fabrication militaire. Pour contrer cette stratégie hégémonique où que ce  soit–en Syrie, au Liban et au Yémen–il faut commencer par empêcher l’Iran d’activer ses milices. C’est l’occasion de le faire pendant les pourparlers de Vienne. Deuxièmement, Israël devrait collaborer avec les efforts du cercle d’Etats arabes directement menacés par les Houthis pour empêcher l’Iran et ses proxies yéménites d’entrer dans la Mer Rouge.

https://www.jns.org/iran-views-houthi-attacks-as-experiment-lab-for-its-weapons-and-doctrines/

 

  • Etats-Unis / antisémitisme

 

L’agression du rabbin à Boston qualifiée de hate crime

Michael Levenson / New York Times / 8 juillet

Les procureurs ont annoncé que Khaled Awad, 24 ans, l’homme qui a poignardé le rabbin Shlomo Noginski devant une école juive à Boston le 1er juillet, a été inculpé de hate crime suite à des témoignages attestant de ses propos antisémites. Le rabbin, coiffé d’une calotte, se trouvait sur les marches de l’école devant une large ménorah. Accusé de 7 délits, dont agression avec intention de meurtre et tentative de vol, il est maintenant chargé de deux chefs d’accusation qualifiés de hate crimes : violation de droits civiques entrainant blessures ainsi que coups et blessures armés avec intention d’intimider. Des connaissances ou des co-locataires attribuent à Awad des propos sur les Juifs :  « … tous radins et malfaisants … ils dominent le monde … » Il exprimait également des propos désobligeants sur les chrétiens, mais la haine du juif était au cœur de son être. Selon Rachael Rollins, District Attorney du Suffolk County, rodant autour de l’école à la veille de l’agression, M. Awad, qui habite le quartier, éveillait des soupçons, si bien que quelqu’un l’avait photographié. Le DA Rollins a  souligné l’importance de dire à la communauté juive que l’antisémitisme est à la racine de ce crime, de le dénoncer, et de rassurer ses membres sur leur sécurité. Me. Weymouth, avocat commis d’office d’Awad, insiste sur l’absence de propos haineux au cours de ce qui n’était qu’une tentative de vol. Son client n’avait pas crié « Je déteste les Juifs ». Suite à  une demande de consultation, un médecin  a recommandé le placement au Bridgewater State Hospital, où Awad restera 20 à 30 jours pour évaluation de sa capacité à passer en justice ainsi que de son discernement du bien et du mal le jour de l’agression. Me. Weymouth croit que des questions de santé psychologique expliqueraient éventuellement l’incident.  Awad, de nationalité égyptienne, est muni d’un visa d’étudiant.

https://www.nytimes.com/2021/07/08/us/boston-rabbi-stabbing-charges.html

 

Si c’est pro-Israël,  certaines associations juives de gauche rechignent à participer au « No-Fear » rassemblement contre l’antisémitisme

Ron Kampas / Times of Israel /  9 juillet

Washington (JTA) — “No Fear: A Rally in Solidarity with the Jewish People” Israël occupera une place importante dans le rassemblement des organisations juives contre l’antisémitisme et pour l’unité de la communauté face à une vague d’agressions. Mais certains groupes de gauche ne comptent pas y participer en raison du message sur Israël. Pour Elisha Wiesel, le fils du regretté Elie Wiesel, qui a aidé à réunir un large éventail d’organisations juives pour le rassemblement devant le Capitol à Washington, DC, le 11 juillet, le lien entre les agressions aux Etats-Unis et le conflit d’Israël avec Gaza est une évidence. L’idée du rassemblement est venue d’une association relativement inconnue, l’Alliance for Israël, créée en 2019 par Melissa Landa, une sioniste plutôt de droite. Wiesel a réussi à attirer des co-sponsors mainstream, un véritable who’s who de l’Establishment des organisations juives de tous bords. On a engagé les talents de Steve Rabinowitz, un spécialiste en relations publiques qui travaille avec des Democrats, des organisations juives et des progressistes.  Rabinowitz, qui s’est cogné au mur du refus des organisations de gauche, pense que la question d’Israël est trop clivante ; il aurait préféré un message plus puissant, visant uniquement l’antisémitisme. On se mettra sans problème d’accord sur l’antisémitisme, dit-il, remettons  le débat sur Israël à plus tard. Hadar Susskind, président de l’American for Peace Now, s’oppose, sans soutenir le BDS, à la qualification du mouvement comme antisémite. Le rassemblement, redoute-Il, fera l’amalgame entre l’antisémitisme et la critique de l’occupation. Toutefois, de nombreuses formations progressistes et centristes vont rejoindre le rassemblement. Le président du Jewish Democratic Council sera aux côtés de son homologue du Republican Jewish Coalition. Les lignes rouges tracées par Wiesel excluent des extrémistes de droite et des Kahanistes qui  prônent l’expulsion des Arabes d’Israël et des antisionistes qui militent pour la destruction de l’Etat juif.

Bas du formulaire

Israel link keeps leftist Jewish groups from planned DC antisemitism rally | The Times of Israel

VOIR AUSSI,  article de fond :

Evaluation des menaces pesant sur les Juifs américains : 1èèrepartie / Ruth Wisse / Mosaic

https://mosaicmagazine.com/observation/politics-current-affairs/2021/07/a-threat-assessment-for-american-jewry-part-one/

Retour sur l’immeuble effondré de Surfside

Notre communauté est irréparablement déchirée par ces tragédies

La disparition de deux étudiants juifs de l’University of Chicago : l’un mort dans l’effondrement de l’immeuble et l’autre, frappé d’une balle perdue alors qu’il voyageait en train.

https://www.jta.org/2021/07/06/united-states/the-university-of-chicagos-jewish-community-reels-with-one-student-missing-in-surfside-and-another-killed-by-a-stray-bullet