• Iran : l’extrémiste Ebrahaim Raisi élu président

Victoire en raz de marée pour l’extrémiste Raisi … avec une abstention record

Agences / 19 juin

L’extrémiste Ebrahaim Raisi, chef du système judiciaire, a été élu président de l’Iran dans un raz de marée (61.95%) avec un taux d’abstention (51.2 %) record, décevant pour la théocratie qui tenait la participation importante au scrutin comme preuve d’adhésion à la révolution islamique. L’apathie des électeurs s’expliquerait par leur impression que cette victoire inévitable ne servait qu’à couronner Raisi.  Certains, dont l’ancien président extrémiste Mahmoud Ahmadinejad, ont appelé au boycott du scrutin. Des réformistes étaient disqualifiés d’emblée et Rouhani a évité de prononcer le nom de Raisi en annonçant l’élection de son successeur. A la tombée de la nuit, dans un bureau de vote au sein d’une mosquée au centre de Téhéran, un clerc Shia jouait au foot avec un garçon, alors que les travailleurs somnolaient dans la cour. Dans un autre bureau de vote, les responsables regardaient des vidéos sur leurs smartphones à côté d’un poste de télévision où une émission tonitruante montrait, sur une chaîne d’Etat, des plans serrés au lieu des longues queues du passé. Les bureaux de vote sont restés ouverts jusqu’à 2 heures du matin pour parer à l »’affluence ».  Raisi sera le premier président iranien sanctionné avant sa prise de fonction, en l’occurrence par le gouvernement américain, pour son rôle dans  les exécutions de masse de prisonniers politiques en 1988, ainsi que pour ses actions en tant que chef d’un système judiciaire lourdement condamné à l’international.

Son élection laisse les extrémistes fermement en contrôle au moment où les négociations de Vienne peinent à sauver un accord en lambeaux et l’enrichissement de l’uranium est au plus haut niveau. Les rapports sont tendus avec les Etats-Unis comme avec Israël, soupçonné d’être à l’origine d’une série d’attaques contre des installations nucléaires iraniennes et de l’assassinat du scientifique qui avait lancé le programme nucléaire.

https://www.timesofisrael.com/as-iran-vote-count-continues-moderate-candidate-concedes-win-by-hardliner/

 

Déclaration de responsables israéliens: on n’aura pas d’autre choix que d’être prêt à  frapper Iran

STAFF / Times of Israel / 19 juin

Des responsables de la sécurité israélienne, intervenant samedi sur la chaine 12, ont estimé, que le président iranien élu, Ebrahim Raisi, suivra la politique extrémiste du Guide Suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Israël, en conséquence, doit élaborer un plan d’attaque des installations nucléaires de la République islamique. Raisi vise à réintégrer l’accord nucléaire de 2015 en échange d’une levée de sanctions, mais on pense que l’Iran continuera à alimenter son stock d’uranium enrichi jusqu’à la prise de fonction, au mois d’août, du président élu. Le ministre des affaires étrangères, Yair Lapid, a tweeté que le président élu, « le boucher de Téhéran », adhère pleinement aux ambitions nucléaires et à la campagne de terreur iraniennes, ce qui devrait renouveler notre détermination à bloquer ces ambitions. Pour Lior Haiat, porte-parole du ministère, l’élection de l’extrémiste Raisi signe les intentions malignes de l’Iran et devrait inquiéter la communauté internationale. Jeudi dernier, le ministre de la Défense, Benny Gantz, avait dit qu’Israël et les Etats-Unis travaillent ensemble pour améliorer la surveillance du programme nucléaire iranien … mais, Jérusalem est préparé militairement et « toutes les options sont sur la table ».

https://www.timesofisrael.com/tv-israeli-officials-warn-no-choice-but-to-ready-attack-plans-after-raisi-win/

 

Le chef de Tsahal se rend à Washington pour consultations sur la menace nucléaire iranien

Judah Ari Gross / Times of Israel / 17 juin

Aviv Kohavi, chef d’Etat major du Tsahal, accompagné d’une délégation de hauts gradés militaires, se rendra à Washington pour des consultations avec des responsables américains. Parmi les questions qui figureront au centre des discussions :  les défis sécuritaires partagés,  les menaces nucléaires et régionales de l’Iran, le réarmement du Hezbollah et les missiles téléguidés de précision. La visite, reportée en raison des combats avec le Hamas, se déroulera sur fond de tensions  persistantes autour des efforts américains de rejoindre le JCPOA, fortement et publiquement opposés par des responsables israéliens y compris Kohavi. Le nouveau gouvernement israélien partage cette opposition mais compte la gérer avec l’allié américain en huit clos. Reçu officiellement par le président des chefs d’Etat major, Kohavi partagera des informations tactiques sur l’opération Gardien des murailles, dont des modifications au niveau de la puissance de feu, la précision des renseignements, les communications numériques et interbranches. En marge de ces consultations, des réunions sont prévues avec des directeurs des think tanks et autres « thought shapers » dans le cadre des relations publiques israéliennes.

https://www.timesofisrael.com/after-delay-idf-chief-heads-to-dc-to-discuss-iran-nuke-threat-with-us-officials/

 

Blinken parle à Lapid pour la deuxième fois en quatre jours

Le secrétaire d’Etat Antony Blinken  a parlé à deux reprises avec le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, alors que les Etats-Unis tissent des liens très forts avec le nouveau gouvernement israélien. Le Secrétaire a parlé de l’engagement de son pays pour la sécurité d’Israël, de l’importance de leurs relations bilatérales et de l’intérêt à améliorer de façon pragmatique les relations avec les Palestiniens.

https://www.timesofisrael.com/blinken-speaks-to-lapid-for-second-time-in-four-days/

 

  • Israël-USA : Thomas Nides nommé ambassadeur américain

Biden choisit Thomas Nides comme son  envoyé à Jérusalem : un ami d’Israël qui lui dira ses quatre vérités

Jacob Magid et staff/ Times of Israel /16 juin

Choisi par le président Biden pour servir comme ambassadeur en Israël, Thomas Nides, banquier (Morgan Stanley) et homme politique, avec quatre décennies d’expérience, est reconnu comme un ami d’Israël cherchant à être équitable et sans indulgence exagérée pour l’Etat juif. Né dans une famille juive de Duluth, Minnesota, où son père, Arnold Nides, était président de la synagogue Temple Israel et de la  Jewish Federation, ainsi que fondateur de  Nides Finance. Adjoint au  Secrétaire d’Etat dans l’administration Obama, Nides a noué de bons rapports de travail avec divers responsables israéliens. Il a  notamment joué un rôle clé pour faire accepter par l’administration le prolongement de prêts garantis de plusieurs milliards de dollars, tout en aidant l’administration à bloquer les efforts du Congrès de réduire le soutien à l’UNWRA et à l’UNESCO. En 2012, il s’est opposé à un projet de loi qui aurait fait la différence entre les réfugiés palestiniens de 1948 (30 000) et leurs descendants (5 millions), jugeant qu’une telle démarche entamerait l’efficacité des Américains comme médiateurs pour la paix et provoquerait une réaction négative de la part des Palestiniens et des alliés régionaux, surtout la Jordanie. L’ancien ambassadeur Michael Oren, revient sur la  citation ,dans son ouvrage (Ally) , de Nides «en 2011 :  P….n, faut pas couper les vivres de l’UNESCO, p….n ,  ils enseignent ce p….n de holocauste. » Oren clarifie : Nides est un ami d’Israël, c’est un mec très drôle. On voudrait le faire passer pour anti-Israël, mais ce n’est pas vrai.

https://www.timesofisrael.com/who-is-thomas-nides-nominated-as-next-us-envoy-to-israel/

  • Israël / le nouveau gouvernement

Manuel pour comprendre la coalition qui a renversé Netanyahou.

« Pour me guider dans le nouveau paysage, je me suis adressé à Haviv Rettig Gur, et Eugene Kontorovich ». Ces interlocuteurs, bien informés, répondent avec finesse aux questions sur le nouveau gouvernement israélien, posées par l’auteur du manuel. A commencer par savoir pourquoi c’est important [pour un conservateur américain] de se pencher sur la formation de cette coalition hétéroclite. Kontorovich : Israël est un allié très proche, vital pour notre sécurité mais aussi à notre idée de nous-mêmes. Israël est sur la ligne de front du conflit avec l’Iran et la terreur islamique. Comment ce gouvernement d’union à faible marge, allant de la droite à l’extrême gauche et intégrant pour la première fois un parti arabe, islamiste de surcroit, va-t-il résister aux pressions exercées par l’administration Biden, qui se dirige vers un changement de politique ? L’ouverture d’un consulat palestinien à Jérusalem, par exemple, sapera le soutien américain à la souveraineté israélienne dans sa capitale.

Gur brosse un portrait de Naftali Bennet, son image auprès des Israéliens et à l’étranger, sa décision d’entrer en politique pour remédier à « de graves erreurs stratégiques du commandement » vécues pendant son service militaire sur la frontière libanaise en 2006. En 2010, il s’est braqué contre Netanyahou pour sa « capitulation » au gel de construction dans les implantations, imposé par l’administration Obama. Gur démonte une accusation circulant sur le Net, que Bennet aurait dit être fier d’avoir tué « beaucoup d’Arabes ». Il a dit « terroristes », pas « Arabes » et  il n’existe aucune preuve du contraire.

Kontorovich analyse les possibilités de blocage d’un gouvernement instable qui laisserait la place aux bureaucraties, « ce que nous appelons l’Etat profond » . Un gouvernement dans l’impasse serait vulnérable aux pressions de l’administration Biden, déterminée à réintégrer le JCPOA. Yair Lapid, qui sera ministre des Affaires étrangères, serait plus souple envers les Palestiniens, mais jamais au point d’offrir les concessions exigées par les progressistes américains. Le plus important c’est que l’Iran n’obtienne pas l’arme nucléaire.  Il faut tout faire pour empêcher les Etats-Unis de conclure un accord qui le lui permettra.

L’auteur demande, en conclusion, ce qu’on pourra attendre dans les médias et les milieux politiques américains au sujet d’Israël.

Kontorovich: Depuis l’époque d’Obama, des progressistes ont masqué leur antisémitisme derrière l’antisionisme et leur antisionisme sous une soi-disant critique de la politique de Netanyahou.  Aujourd’hui, on a une coalition multiculturelle. On verra si ça change, mais je crois qu’ils trouveront un nouveau prétexte, car c’est la souveraineté juive et pas Netanyahou qui leur est inacceptable

https://www.nationalreview.com/2021/06/what-to-expect-from-israels-new-government/

 

  • Iran : présidentielles factices

Election iranienne  factice

Potkin Azarmehr / IPT News / 17 juin

Les médias occidentaux, y compris américains, racontent les présidentielles iraniennes comme un concours entre un candidat réformiste et un extrémiste. Nos responsables politiques doivent à tout prix éviter de tomber dans ce piège. En fait, il s’agit plutôt d’une sélection de candidats préalablement approuvés que d’une élection et ce vendredi n’y fera pas exception. Toutefois le résultat en dira long sur les objectifs des clercs au pouvoir. L’ Etat profond– le Guide Suprême et le Conseil des gardiens de la Constitution—choisira le président qui sera mieux à même de les maintenir en place pendant les huit années à venir, tout en mettant en œuvre la politique qu’ils lui dicteront. L’Ayatollah Ali Khamenei, prêt à tout pour éviter un taux élevé d’abstention, a émis une fatwa permettant aux femmes mariées souhaitant voter de sortir sans la permission du mari. Par ailleurs, il a décrété que la participation au scrutin est un devoir religieux, dont le manquement sera puni dans l’au-delà. Dans un registre plus comique, un médecin de l’équipe de campagne de Raisi a offert sept circoncisions gratuites pour les enfants des votants. L’Iran, notant des signes de faiblesse chez les Américains et leurs alliés, se croit en position de force. Ainsi, il est probable que le prochain président se servira encore plus des  proxies—la Hashd Al-Sha’abi (la milice Shia en Iraq), les Houthis, le Hezbollah et le Hamas– pour améliorer le rapport de force et la position de l’Iran dans les négociations futures.

https://www.investigativeproject.org/8902/iran-sham-election

Voir aussi :

L’éléction présidentielle iranienne factice / Lawrence A. Franklin /Gatestone Institute / 18 juin

  • Médias : on découvre un portail qatari
[A la recherche des articles sur la nomination de Thomas  Nides comme ambassadeur auprès d’Israël, j’ai trouvé en haut de la liste un papier publié par Middle East Eye, un site inconnu de mes services. En m’y rendant, je tombe sur un reportage au sujet de l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU,  choquée par l’effroyable condamnation de l’Etat juif au sein du Conseil des droits de l’homme. « Certains pays, dont beaucoup au Moyen-Orient, sont antisémites » dit-elle. En fait, il s’agit de leurres. L’information apparemment neutre sur Nides, par exemple, est suivie de propos tendancieux : Nides a fait des donations à nombreux élus Democrat plutôt centristes y compris des défenseurs inconditionnels d’Israël. L’administration Biden, ayant soutenu Israël sans réserve pendant sa guerre à Gaza, qui a tué au moins 256 Palestiniens n’adresse aucun reproche à la politique israélienne et a refusé de condamner les manifestants d’extrême-droite qui ont crié « mort aux Arabes » dans les rues de la ville sainte ». Or, le pot aux roses a été découvert en 2017 par Michael Rubin, chercheur à l’American Enterprise Institute ]:

Middle East Eye (MEE) , un portail Web devenu agent principal d’influence qatari, est cité dans le New York Times et le Washington Post et ses articles sont repris par Human Rights Watch et Amnesty International. MEE ne fonctionne pas comme un journal mais plutôt comme un écran pour des groupes , notamment les Frères musulmans et le Hamas, soutenus par le Qatar. Selon les registres de commerce britanniques, MEE, sous l’appellation M.E.E. Ltd,  est dirigé par son propriétaire, Jamal Awn Jamal Bessasso, ancien responsable d’Al Jazeera au Qatar et d’Al-Quds TV, l’antenne du Hamas au Liban.