• Iran

Entretien extraordinaire avec l’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen

Times of Israel  staff / 11 juin

A peine achevée sa carrière de chef du Mossad, Yossi Cohen s’est entretenu longuement avec Ilan Dayan, animateur de l’émission Uvda (les faits) sur la chaîne 12. Une conversation franche et ouverte, riche en détails précis sur des actions du Mossad contre le programme nucléaire iranien, le rôle joué par Cohen dans l’accord de normalisation avec les Emirats, l’erreur d’avoir laissé entrer tant d’argent qatari à  Gaza et les potentielles ambitions politiques de l’ancien espion. Sans faire de mystère sur l’implication de son agence dans des opérations, parmi d’autres, visant l’installation souterraine d’enrichissement à Natanz (une quantité énorme d’explosifs avait été intégrée à la dalle en marbre servant à équilibrer les centrifugeuses ) ou sur le vol des archives nucléaires stockées dans un entrepôt à  Téhéran, Cohen pense que le régime iranien devrait enfin comprendre qu’on fait ce qu’on dit et on dit qu’on fera tout pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.  Dayan croit comprendre que, malgré toutes les actions du Mossad, l’Iran est plus près que jamais du but ? Pas vrai, répond Cohen. L’installation à Natanz est très loin de la prétendue remise en état. L’ancien chef du Mossad estime que sa participation à la réalisation des Accords d’Abraham était justifiée : En 2021 le Mossad doit être partout. A l’inverse, il avoue s’être trompé en facilitant l’apport de centaines de millions de dollars en liquide du Qatar à Gaza, croyant, à tort, qu’améliorer la vie quotidienne des civils ferait baisser la tension.

https://www.timesofisrael.com/in-stunning-revelatory-interview-mossad-chief-warns-iran-defends-netanyahu/

Pour la version française :

https://fr.timesofisrael.com/en-interview-tv-lancien-chef-du-mossad-met-en-garde-liran-et-defend-netanyahu/

La réplique iranienne :

https://www.timesofisrael.com/iran-blasts-ex-mossad-chief-for-threatening-our-nuclear-scientists/

 

Blinken : des centaines de sanctions seront maintenues, même si l’Iran réintègre le JCPOA
Joyce Karam
/ National Interest / 8 juin

S’adressant à la commission des dotations du Sénat, le secrétaire d’Etat Antony Blinken a précisé que des centaines de sanctions seront maintenues, même si l’Iran se remet en  conformité totale avec les conditions du JCPOA. Au terme de la cinquième round de négociations indirectes à Vienne, M. Blinken estime qu’on ne sait pas si l’Iran a la volonté et la capacité de revenir à l’accord. La levée de sanctions strictement liées au JCPOA est prévue en contrepartie d’un éventuel retour iranien, mais d’autres sanctions, imposées en raison des agissements déstabilisants dans la région, resteront en place si l’Iran ne fait pas preuve d’un changement de comportement. La levée des sanctions imposées contre la banque centrale iranienne et les compagnies pétrolières et pétrochimiques, imposées par l’ancien président Trump, exigerait le consentement du Congrès, ce qui est loin d’être acquis. Selon le Porte-parole du département d’Etat,  néanmoins, il y a toute raison de s’attendre à la poursuite des négociations.

https://www.thenationalnews.com/world/the-americas/blinken-expects-hundreds-of-sanctions-to-remain-on-iran-even-with-return-to-nuclear-deal-1.1237502

 

  • Antisionisme antisémite en cascade

Block the Boat

Dion J. Pierre / Algemeiner / 9juin

Des opérations “Block the boat” [bloquer le navire], organisées par l’Arab Resource and Organizing Center (AROC], ont eu lieu dans divers ports– Vancouver, Oakland,  New York/New Jersey, Detroit– pour empêcher le déchargement des cargos du ZIM Integrated Shipping Services.  Lara Kiswani, directrice de l’AROC déclare:  “Notre objectif est  de peser politiquement et économiquement contre Israël-apartheid  en bloquant  le  commerce international de la ligne Zim ».

https://www.algemeiner.com/2021/06/09/block-the-boat-protests-to-continue-against-israeli-container-ship-in-port-of-vancouver/

Le syndicat professionnel du CUNY condamne l’Etat d’Israël

Dion J. Pierre / Algemeiner / 9 juin

Une résolution proposée  par la commission antiracisme du syndicat PSC [Professional Staff Congress] du CUNY [City University of New York] condamne le «massacre des Palestiniens » par l’Etat d’Israël, encourage le syndicat à soutenir le mouvement BDS et l’université à désinvestir de toute entreprise prêtant main forte à  la colonisation, à l’occupation et aux crimes de guerre israéliens. Deux professeurs du CUNY se félicitent du courage de leur syndicat qui ose s’opposer à Israël. Ce n’est pas l’avis de K.C. Johnson, professeur d’histoire à Brooklyn College (l’une des 25 facultés réunies dans le CUNY) qui ironise : ce syndicat, incapable de négocier une modeste hausse de salaires, préfère donner la parole aux extrémistes anti-Israël.

https://www.algemeiner.com/2021/06/09/cuny-faculty-union-weighs-resolution-accusing-israel-of-massacres-of-palestinians-demanding-boycott/

Lettre des Jewish Diaspora techies au PDG de Google

Juliana Geran Pilon / JNS /  4 juin

Surfant sur la vague de violence antisémite qui déferle aux Etats-Unis et faisant valoir leur appartenance à la communauté juive, les membres du Jewish Diaspora in Tech (JDT) ont transmis au PDG de Google, Sundar Pichai, une lettre exigeant la publication par l’entreprise d’une déclaration de reconnaissance du mal fait aux Palestiniens par la violence des militaires et des milices israéliennes. Les signataires exigent la rupture de contrats avec des institutions, dont l’IDF [Tsahal], impliquées dans la violation des droits palestiniens. Ces geeks, qui se vantent d’avoir su se « déprogrammer » de l’idée que les Juifs, ayant subi des pogromes et un génocide, ont besoin d’un Etat souverain, ne souffrent pas vraiment de la haine de soi, mais plutôt de l’amour de l’idéologie de gauche moralisatrice. Le vrai antisémitisme, disent-ils, c’est de ne pas exiger de l’Etat juif, parce que juif, le respect des normes acceptés par toutes les nations. A y réfléchir, il y a de la haine de soi dans cette démolition de l’âme, accomplie à force de se mentir à soi-même, comme à dieu.

https://www.jns.org/opinion/the-google-letter

Gender studies pour le Hamas

Richard Cravatts/ Times of Israel blogs / 7 juin

Le Palestinian Feminist Collective (PFC) publie, dans le charabia usité par les sciences sociales de nos jours, une déclaration de solidarité avec la Palestine, « en tant que départements américains de Gender Studies, fières héritières de décennies d’études féministes, antiracistes, anticoloniales qui forment les fondations de notre interdiscipline. La justice sociale globale est au centre de notre enseignement, de nos recherches et de notre activisme. Nous avons appris d’Angela Davis et encore et toujours des féministes noires, indigènes, arabes et surtout palestiniennes que « la Palestine est une question féministe ». Pas un mot sur les terroristes du Hamas qui commettent un crime de guerre à chaque lancement de roquette visant des civils juifs. Pas une pensée, au titre de justice globale, pour les mères israéliennes qui n’ont souvent que 15 secondes pour se mettre à l’abri. Les donneurs de leçons ont élaboré un récit du conflit Israélo-Palestinien où sont clairement définis le méchant, méritant réprobation, et la victime, digne d’un soutien moral absolu. On y décrie  « le pouvoir militaire, économique, médiatique et global d’Israël sur la Palestine ». La création tout à fait légale de l’Etat juif est qualifiée d’entreprise coloniale, de Nakba [catastrophe ] infligée aux indigènes d’une Palestine factice. Ces « narcissistes moralisant», croyant leur vision du monde juste pare qu’elle apportera la sérénité sociale aux dépossédés, repêchent de leur panier d’intersectionality la victime leur permettant de dénoncer l’Israël impérialiste, raciste, militariste et oppresseur, qui prive la femme arabe de ses droits humains.

Gender Studies Faculty Side with Hamas | Richard L. Cravatts | The Blogs (timesofisrael.com)

 

850 affiliés de Harvard portent la contradiction, dénoncent la diabolisation d’Israël

Dion J. Pierre / Algemeiner / 11 juin

Plus de 850 étudiants, professeurs et autres affiliés à la Harvard University ont signé une lettre affirmant le droit d’Israël à la légitime défense et du peuple juif à la libération nationale. Les signataires déplorent la « montée d’activisme anti-Israël sur le campus, dont deux actes de vandalisme contre le local du Harvard Hillel. Ils se disent profondément attristés par les incidents de ces deux dernières semaines — à commencer par la perte tragique de vies innocentes, tant israéliennes que palestiniennes — et par les agressions antisémites déclenchées à New York, à Los Angeles,  dans d’autres villes américaines et de par le monde. Quand l’État d’Israël, le foyer du peuple juif et le seul Etat juif, est diabolisé, délégitimé et jugé selon des normes qu’aucun  pays au monde n’est tenu de respecter, nous appelons cela de l’antisémitisme.

Cette lettre suit la déclaration du 21 mai  signée par plus de 70 professeurs de Harvard solidaires de la « lutte de libération palestinienne » et exigeant la condamnation par les Etats-Unis de « l’agression  d’Etat israélienne ». Sam Meyerson, vice-président de community relations au Harvard Hillel, trouve dans le nombre important de signataires de la lettre en défense d’Israël un signe que la bande anti-israélienne parle fort mais ne représente pas la majorité des affiliés de Harvard.

https://www.algemeiner.com/2021/06/11/over-850-harvard-affiliates-denounce-antisemitism-demonization-of-israel/

 

  • Nouveau gouvernement en Israël

Biden accueille chaleureusement le nouveau gouvernement

AMY SPIRO / Times of Israel / 13 juin

Dimanche soir, le président Joe Biden a félicité le nouveau premier ministre, Naftali Bennett, d’abord par une déclaration écrite, suivie d’un coup de fil. « De la part du peuple américain, je félicite le premier ministre Naftali Bennett, le premier ministre en  alternance Yaïir Lapid et tous les membres du nouveau cabinet. Je serai heureux de travailler avec le premier ministre Bennet dans l’intérêt de renforcer les liens proches et forts entre nos deux nations ». Assurant qu’Israël n’a pas de meilleur ami que les Etats-Unis, le président a souligné ces liens basés sur des valeurs partagées et maintenues pendant des décennies d’étroite coopération, qui sera encore plus fort à l’avenir. Israël peut compter sur le soutien inébranlable d’une administration américaine pleinement engagée à travailler avec le nouveau gouvernement pour avancer la sécurité, la stabilité et la paix pour les Israéliens, les Palestiniens et tous les peuples de la région. Le secrétaire d’Etat Blinken a également téléphoné à Lapid tour le féliciter et l’inviter à Washington.

Cette déclaration d’accueil chaleureux suit de près le discours enflammé du premier ministre sortant, Benjamin Netanyahou, qui a exposé ses griefs avec Washington et ses vives inquiétudes sur la capacité de Bennet à affronter Téhéran et à mener les relations avec l’administration Biden. Bennet, disait-il, n’a pas de stature ni de crédibilité internationale, il n’est pas capable, n’a pas  le savoir, n’aura pas le soutien de son gouvernement pour nous défendre. Cette dernière est, parmi toutes les différences entre nous et ce nouveau gouvernement, la plus importante pour l’avenir d’ Israël

https://www.timesofisrael.com/biden-congratulates-israels-new-pm-bennett-as-netanyahu-ousted/

 

Netanyahu out, le nouveau gouvernement est confirmé

BBC news / 13juin

Le nationaliste de droite, Naftali Bennett, a prêté serment comme  premier ministre à la tête d’un  « gouvernement de change. » Une coalition sans précédent, reçue sur le fil du rasoir par une majorité de 60-59. Selon l’accord de partage du pouvoir, M. Bennet sera suivi, en septembre 2023 et pour les deux années suivantes, par Yaïr Lapid, chef du centriste Yesh Atid. M. Netanyahou, qui a dominé le paysage politique depuis de longues années, restera chef de l’ opposition entant que chef du parti de droite, le Likoud.

Analyse de Tom Bateman, Middle East correspondent

Les vieilles habitudes sont tenaces.

Tout de Suite après l’annonce du vote de confiance au nouveau gouvernement, Benjamin Netanyahu a repris le siège du premier ministre. Il a fallu le déloger et le diriger vers les rangs de l’opposition. C’était un moment d’histoire politique :  M. Netanyahou, qui a servi le plus longtemps comme chef dans l’histoire d’Israël, expulsé de son siège. Il n’a pas l’intention de s’éclipser. Collé sur ce siège de l’opposition il fera tout son possible pour défaire, démanteler et, comme il le dit ,« renverser » la coalition. Cette coalition, la plus large dans l’histoire du pays, pourrait pour cette raison être le moins stable. Elle réunit des partis avec des différence idéologiques énormes, dont Ra’am, le premier parti arabe à entrer dans une coalition, et un nombre record de femmes. On pourrait envisager des conflits au sujet de la politique envers les Palestiniens, avec Yamina et Nouvel Espoir, de fervents soutiens des implantations. Sur des questions sociétales, certains voudraient avancer les droits des gays : Ra’am, parti islamiste, s’y opposera. D’autres voudraient alléger des restrictions d’ordre religieux, en risquant de dépasser les limites acceptables par Yamina. M. Bennett promet que son gouvernement s’occupera en priorité des questions susceptibles d’obtenir un accord, en évitant des questions plus épineuses. « Personne ne sera contrainte à sacrifier son idéologie, a-t-il déclaré récemment, mais tous seront obligés à reporter la réalisation de certains rêves. »

https://www.bbc.com/news/world-middle-east-57462470