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  • Gaza : une guerre (palestinienne) juste ?

Israël vs Hamas : une guerre juste ?

Paul D. Miller / Providence / 26 mai

Par esprit d’opposition au soutien américain de l’Etat d’Israël, des Democrats, des universitaires et des militants de gauche sont devenus pro-palestiniens. Sur fond du récent conflit armé entre Israël et le Hamas, des élus Democrats ont comparé la cause palestinienne au mouvement Black Lives Matter. Résultat : des bandes d’enragés agressent des Juifs, tenus pour responsables des actions israéliennes équivalant, au centuple, au meurtre de George Floyd. Laissons de côté ce raisonnement grotesque, pour nous demander comment la théorie de guerre juste s’applique au conflit entre Israël et le Hamas.

Le Hamas est une organisation terroriste qui tue, intentionnellement, des civils dans le but déclaré de détruire Israël. Israël a le droit de se défendre, point final. Il n’y a pas de oui, mais. Auteur d’un ouvrage sur la théorie de guerre juste–Just War and Ordered Liberty–je conclus que le Hamas est affreusement injuste et moralement odieux.

Certains voudraient nous faire croire que le Hamas mène une guerre juste pour libérer les Palestiniens de l’occupation israélienne. Même si c’était vrai–ça ne l’est pas–ce serait toujours injuste de viser intentionnellement des civils. Une cause juste implique la légitime défense contre une agression, visant à rétablir la paix, la justice et le bien commun. La Palestine défend-elle une cause juste ? Israël s’est retiré de Gaza, a reconnu l’administration des territoires par l’Autorité palestinienne et a participé à plusieurs reprises aux négociations en vue d’une fin de conflit. Ce n’est pas Israël qui a initié la séquence de violence de 2021. Les Palestiniens ne sont pas en état de légitime défense et la violence politique est très loin d’être le dernier ressort pour leur cause. Sauf à croire que la simple existence d’Israël est une agression contre les Palestiniens, on ne peut pas leur accorder un droit de guerre contre l’Etat juif. La motivation de la violence palestinienne contre Israël depuis 1967 est claire : Israël est par essence illégitime, donc toute violence est justifiée. La théorie de la guerre juste afin de reprendre des territoires est-elle justifiée par le Nakba ? Non, car les causes de l’exode arabe sont multiples et ne peuvent pas être attribuées uniquement à la force israélienne. Si l’on accepte comme casus belli ces bouleversements du passé, chaque guerre mènera à la suivante et il n’y aura jamais de paix et encore moins de justice. https://providencemag.com/2021/05/israel-vs-hamas-just-war-analysis-palestine/

 

  • Gaza : répliques

Violence contre des Juifs américains : la preuve que « l’antisionisme » est de l’antisémitisme

David Harsanyi / National Review Online / 21 mai

Cette semaine, une vague de violences antisémites a déferlé sur les Etats-Unis … sans trop attirer l’attention des médias. Des convois de voitures arborant le drapeau palestinien traversaient des quartiers juifs, équipées de haut-parleurs hurlant « Israël tue les enfants ». Des hommes descendaient des voitures pour violenter les Juifs dans la rue ou aux terrasses des restaurants. Ces attaques sont la preuve, s’il en fallait, qu’il n’y a pas de différence entre l’antisionisme et l’antisémitisme. Ce qui compte, ce sont les conséquences au long terme de la banalisation des sentiments qui alimentent cette haine. C’est la transformation antisioniste du parti Democrat par les Frères Obama. C’est le tweet du syndicat du New Yorker : « Solidarité avec les Palestiniens de la rivière à la mer ». C’est l’équivalence entre la mission antisémite du Hamas et la lutte des Noirs américains contre la brutalité policière.  Il n’est pas étonnant que l’intersectionality se soit étendue à des questions qui n’ont rien à voir avec la « race ».  Le « sionisme » est aujourd’hui la première justification de la violence anti-juive, mais n’en soyez pas dupe : à la place des accusations de complot et de blood libel d’antan, les antisémites de nos jours accusent l‘Etat juif, qui protège ses citoyens comme toute nation responsable, d’être néfaste dans son existence même.

Violent Attacks on American Jews Prove « Anti-Zionism » Is Anti-Semitism

 

Les influenceurs légitimisent l’antisémitisme 

Ayan Hirsi Ali / UnHerd / 25 mai

De tous les récits offerts au public, rien n’est plus volatile que le drame « Israël-Palestine », un mélange de thèmes porteurs :  oppresseur / opprimé, colonisateur/colonisé, génocide et suprémacisme. Le récit faussé qui avait mené Mohammed Bouyeri à assassiner Theo Van Gogh et à me menacer est semblable à ceux qui circulent aujourd’hui sur Israël et le peuple juif, déclenchant une montée d’antisémitisme. Cet antisémitisme, devenu mainstream, est véhiculé par les réseaux sociaux où l’Anti-Defamation League a relevé en une semaine 17 000 tweets comportant le phrase « Hitler avait raison ». C’est en grande partie l’œuvre des « influenceurs », persuadés de soutenir une cause juste. Par exemple, le top model Bella Hadid (qui a quatre fois plus de followers que la population juive mondiale) chantant, au sein d’une manifestation pro-palestinienne à Brooklyn, « de la rivière à la mer, la Palestine sera libre ». (Elle ignorait, à mon avis, qu’il s’agit de l’élimination de l’Etat juif). Et le cri de guerre du XVIIe siècle, « Khaybar Khaybar … », qui résonne maintenant dans des villes européennes. Pas étonnant qu’on s’en prenne aux Juifs. Joseph Borgen, a été battu avec une béquille à Times Square, aspergé de mace, traité de sale Juif et menacé aux cris de « le Hamas vous tuera tous ». Bella Hadid a posté sur son site la photo de l’un des assaillants, Waseem Awawdeh, qu’on peut voir par ailleurs dans une vidéo, libéré sous caution, porté en héros sur les épaules de ses camarades. Tout comme Bouyeri, qui avait clamé de sa cellule « Si je le pouvais, je le ferais de nouveau ». Voici le nœud du problème : quand les actes odieux d’un Awadeh sont glorifiés, les récits faussés deviennent des fantasmes meurtriers.

https://unherd.com/2021/05/how-influencers-have-enabled-anti-semitism/?=frbottom

Voir aussi

La pandémie d’antisémitisme, venue de droite ou de gauche, est mauvaise

Donna Brazile / 28 mai /Wall Street Journal, posté par Ruth King

[extraits] Cette explosion de violence antisémite aux Etats-Unis et ailleurs a été déclenchée par le conflit entre Israël et les terroristes du  Hamas.  Les agresseurs tiennent les Juifs pour responsables des actions israéliennes. / Des gens de gauche qui se prennent pour les défendeurs des droits palestiniens se trompent s’ils croient les aider en faisant l’éloge d‘Adolf Hitler, en tabassant des Juifs et en vandalisant des synagogues. / Je ne suis pas juive mais je ressens de l’empathie pour la douleur et l’injustice infligées par l’antisémitisme, comme les Juifs sont sensibles à l’oppression raciste subie par les Américains noirs depuis des siècles. / Les Juifs étaient parmi les plus importants soutiens non-noirs du mouvement pour les droits civiques et restent fortement engagés en faveur des African-Americans./ Je suis fière de dénoncer l’antisémitisme, aux côtés des Juifs qui, eux, combattent le racisme côte à côte avec les Américains noirs. Nous n’avons pas encore réussi à éradiquer le virus de la haine, mais les gens de bonne volonté se doivent de poursuivre ce devoir vital.

https://www.wsj.com/articles/the-pandemic-of-anti-semitism-11622131302?mod=opinion_lead_pos6

 

  • Gaza : reconstruction

Soyons bienveillants : renonçons à la reconstruction de Gaza 

Jonathan Tobin / JNS Syndicate / 24 mai

Biden affirme son engagement indéfectible à la sécurité d’Israël tout en exprimant le souhait de se rapprocher des Palestiniens. C’est un coup de solidarité avec Israël à la Trump–jusqu’à tenir les Palestiniens pour responsables de leur soutien au terrorisme—et un coup vers une position plus équilibrée. Les propos de Biden–censés rassurer à la fois sa base anti-israélienne et le public pro-Israël –ne pèsent pas lourd, surtout que sa priorité, jusqu’à la semaine dernière, était le rapprochement avec l’Iran, ce qui aurait pour effet de renforcer le Hamas et le Jihad islamique incrustés à Gaza. Blinken n’a pas été dépêché au Moyen-Orient pour relancer le moribond processus de paix, mais pour veiller sur le maintien du cessez-le-feu. Biden dit tout et son contraire, mais une chose est certaine : il est déterminé à diriger un projet international de reconstruction de Gaza … afin d’être crédible auprès des Democrats, persuadés que la riposte israélienne à l’agression du Hamas est l’équivalent éthique du genou de Derek Chauvin sur le cou de George Floyd.

Biden pense que la reconstruction de Gaza est le moyen de ne pas punir Israël sans soutenir le Hamas. Blinken et ses luminaires croient qu’on peut le faire, tout en avançant la solution à deux Etats, seul moyen d’éviter de nouveaux épisodes de combat. Passons. Dans l‘immédiat, l’erreur est de s’imaginer qu’on peut aider la population de Gaza en contournant le Hamas. Pire, cette initiative malavisée transmettra aux Palestiniens le message que le projet à long terme du Hamas—la destruction d’Israël–est viable et mérite leur soutien actif. Il est totalement impossible de verser de l’argent à un Etat totalitaire sans qu’il tombe dans la poche des tyrans.  La communauté internationale l’a appris après les combats de 2014. Encore une fois, l’argent sera utilisé pour reconstruire l’infrastructure militaire du Hamas et ce n’est pas une agence onusienne qui l’en empêchera. Des responsables de l’administration américaine invitent le Hamas à choisir entre les roquettes et le bien-être de la population, comme s’il y avait le moindre doute sur la réponse. C’est ne rien comprendre à l’objectif du Hamas, réitéré la semaine dernière par son chef politique adjoint, Moussa Abu Marzouk : « Ce n’était qu’une guerre dans la série des guerres passées et à venir. Israël disparaitra comme le mur de Berlin et l’Afrique du Sud de l’apartheid. »  A force de répéter les erreurs commises par chaque administration, à l’exception de celle de Trump, on éloigne la possibilité d’une paix éventuelle, en nourrissant l’illusion des Palestiniens qu’ils peuvent échapper à la réalité et continuer à nier l’existence légitime d’Israël. Bien qu’il soit difficile de résister à l’empathie pour les innocents pris dans les feux croisés, Biden ne devrait pas dépenser un centime sur la reconstruction de l’Etat terroriste de Gaza.

https://www.jns.org/opinion/if-the-us-wants-to-be-humane-it-wont-rebuild-gaza/