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  • Iran

Iran deal :  Méfiance et divergences entre les USA et Israël

Times of Israel staff / 21 avril

On apprend par un reportage Axios que le conseiller israélien en sécurité nationale, Meir Ben-Shabbat, a fait part à ses homologues américains de l’impression qu’ils ne tiennent pas compte de l’inquiétude de Jérusalem par rapport aux efforts américains de réintégrer le JCPOA. Washington, à son tour, demande aux Israéliens de respecter le mot d’ordre « pas de surprises ». A une semaine de la rencontre à Washington, un responsable israélien a déclaré à Walla News : “Tout n’est pas perdu, on ne lâchera pas, on va continuer à expliquer notre position, on ne perdra pas l’espoir de réussir ». Une délégation dirigée par Ben-Shabbat, avec le chef du Mossad Yossi Cohen, le chef d’état-major Aviv Kohavi et le patron des renseignements militaires Tamir Hayman, se rendra à Washington la semaine prochaine pour explorer les divergences parues lors des réunions virtuelles du groupe consultatif. Selon un reportage de Kan News, Israël, résigné au fait que le JPOA ne sera pas modifié, cherchera à convaincre les alliés de l’importance d’ une meilleure surveillance internationale du programme nucléaire iranien.

Growing suspicions, frustration between US and Israel over Iran deal — report | The Times of Israel

 

Pourparlers de Vienne : La tension monte entre Israël et les Etats-Unis

Barak David / 21avril

Les Américains, comme les Israéliens, voudraient éviter les tensions exposées lors de la négociation du JCPOA en 2014-15, mais ils ont du mal à cacher leurs frustrations mutuelles : manque de confiance, de coordination et de transparence.  L’administration Biden espère conclure un accord lors du deuxième round des pourparlers. Israël souhaiterait un échec. Le sabotage de l’installation à Natanz, attribué aux services israéliens, a surgi entre deux rounds de négociations. Des responsables israéliens me disent que Washington est mécontent de ces opérations militaires et d’espionnage. Un autre m’assure que les Américains sont toujours informés à l’avance. De même, les Américains nient l’accusation de priver les Israéliens de précisions sur les concessions qui seront éventuellement proposées aux Iraniens. Un proche conseiller de Netanyahu m’a dit qu’on ne connaîtra pas l’ampleur des divergences avant les rencontres en tête à tête prévues la semaine prochaine.  « A notre avis, l’accord n’est pas encore conclu et nous allons continuer, dans la mesure du possible, à nous exprimer dans l’espoir que cela servira à quelque chose ».

U.S.-Israel tensions build as Iran talks progress – Axios

 

Pourparlers de Vienne : l’administration Biden offre l’allègement des sanctions, les Iraniens demandent des précisions

Wall Street Journal News Exclusive / 21avril

Pour faire avancer les pourparlers sur le nucléaire, l’administration Biden serait, selon nos sources, ouverte à l’allègement des sanctions frappant des secteurs clé de l’économie iranienne, notamment le pétrole et la finance. Cela dit, les négociations s’avèrent difficiles et le retour à l‘accord problématique pour les deux parties. Deux sources informées précisent que les Américains seraient prêts à lever des sanctions contre la banque centrale iranienne, les compagnies nationales de pétrole et de transport maritime et d’autres secteurs, dont la sidérurgie et l’aluminium. Un haut responsable européen dit que Washington proposerait la levée éventuelle de sanctions dans le domaine du textile, de l’automobile, du transport et des assurances. Alors qu’un responsable américain estime que les Iraniens ont une idée assez claire des sanctions susceptibles d’être levées, le président Hassan Rouhani exige des détails précis. Reste un contentieux sur le refus des Américains de retirer la désignation « terroriste » qui frappe le corps d’élite (IRCG) ainsi que l‘ayatollah Khamenei.

Certains sont opposés à toute levée de sanctions à ce stade, car elle priverait les Américains d’atouts pour négocier un accord plus fort que le JCPOA. Des élus, surtout Republican, opposés aux démarches actuelles, préparent des mesures qui empêcheraient l’administration de réintégrer l’accord de 2015. Des ultras iraniens, opposés à une levée séquentielle des sanctions, exigeraient un délai de vérification allant jusqu’à six mois.

Mikhail Ulyanov, chef de la délégation russe aux pourparlers, confie au WSJ qu’il rédige un document déclinant les démarches à suivre de chaque côté, en espérant que l’accord sera conclu . « Il n’existe pas, à mon avis, d’obstacles insurmontables ».

https://www.wsj.com/articles/iran-nuclear-deal-talks-advance-as-u-s-offers-sanctions-relief-11619024783

 

Département d’Etat / Briefing par un haut responsable sur l’engagement à Vienne relatif au JCPOA    / 21 avril

Le responsable du Département d’Etat : Nous sommes au début de ce qui sera une négociation à multiples rounds. La distance à parcourir est bien plus longue que celle déjà parcourue. Si l’on réussit à réintégrer le JCPOA, il devrait servir de base à un accord renforcé et élargi. Nous avons communiqué aux Iraniens les grandes lignes d’un éventuel retour au JCPOA, en citant les sanctions qu’on serait prêt à lever et celles qui seront maintenues. Une démarche séquentielle qui nous imposerait de faire tout le chemin sans que l’Iran fasse le premier pas n’est pas acceptable.

Questions (des journalistes) & réponses : [Q] On entend que l’Iran exigerait une garantie que l’accord sera respecté par de futures administrations. [R] Nous avons clairement expliqué que c’est hors de question. L’Iran avait soulevé la possibilité d’une approche pas à pas. Ce n’est plus d’actualité. Les pourparlers sont basés sur le principe de conformité totale contre conformité totale. [Q] Est-ce que le délai est fixé au 2 mai ? [R] Nous n’avons pas l’intention d’aller vite afin de respecter un délai quelconque. [Q] Est-ce vrai que la Corée du Sud a versé $30 millions aux Iraniens ? [R] Nous n’avons pas agi dans une affaire concernant la Corée du Sud. [Q] Des responsables israéliens se plaignent d’un manque de transparence au sujet de la levée éventuelle des sanctions liées au nucléaire. [R]. On se parle avant et après chaque round de pourparlers. Je crois que nous sommes transparents. On reconnaît et on respecte les divergences israéliennes. [Q] Nos alliés craignent l’utilisation de l’argent tiré de l’allègement des sanctions pour financer le terrorisme. [R] En fait, la situation s’est empirée pendant la période de pression maximale. Nous avons l’intention de combattre les actions de déstabilisation dans la région, de maintenir les sanctions contre le Hezbollah et d’autres groupes et de poursuivre ceux qui les financent.

Le principe de ces pourparlers est clair et mutuellement compris : « Nothing will be agreed until everythiing is agreed » [il n’y aura pas d’accord sur une chose sans accord sur tout].

Il y a diverses façons d’orchestrer les séquences, mais il y en a une qui est totalement exclue : mise en conformité totale de notre côté avant le premier pas du côté iranien. Je crois comprendre que c’est pareil pour les Iraniens.

Briefing with Senior State Department Official On Recent U.S. Engagement in Vienna Regarding the JCPOA – United States Department of State

 

Admirateur de Trump, il défend les émeutes du 6 janvier sans dire qu’il était présent au Capitole

Kyle Cheney / 9 avril

Politico a découvert qu’Ellio Resnick, rédacteur en chef de la Jewish Press, une revue orthodoxe publiée à Brooklyn NY, était présent à l’intérieur du Capitole le 6 janvier. Admirateur de Trump, Resnick avait décroché un entretien exclusif avec l’un des avocats de l’ancien président dans la foulée du second procès d’impeachment. On voit Resnick parmi des gens qui sermonnent un policier isolé et, plus tard, sous la rotonde près d’une vitre cassée.  Resnick est connu pour des propos racistes, traitant les religions africaines de « primitives » et la suprématie blanche de fiction. Dans un article en défense de l’action du 6 janvier il n’avait pas mentionné sa présence au Capitole.  Ses prises de position, minoritaires parmi une population juive majoritairement alliée aux Democrats, sont condamnées par l’Anti-Defamation League. L’éditeur de la Jewish Press suggère que Resnick—qui n’est pas accrédité pour le Capitole– était présent en tant que journaliste. Resnick n’a pas été poursuivi. Il n’y a aucun signe de sa participation à la violence.

This Trump backer defended the Jan. 6 riot in print — without mentioning he was in the Capitol – POLITICO

 

Rédacteur de l’hebdomadaire orthodoxe Jewish Press identifié comme émeutier du 6 janvier

Shira Hanau /Ti mes of Israel, 8 avril

Dans un texte sur l’action du 6 janvier, (American Thinker le 17mars) Resnick écrit : « Les Democrats disent et répètent qu’on ne verra plus jamais le Capitole envahi par la foule. Or, la solution est évidente : arrêter de voler des élections au vu et au su de tous et les honnêtes citoyens ne péteraient pas les plombs ». Rédacteur en chef de la Jewish Press depuis 2018, Resnick a écrit, parmi d’autres propos fièrement politiquement incorrects, que le mouvement pour les droits des homosexuels est « le mal » et, à propos du défilé gay pride, « De quoi sont-ils fiers ? ».  Il traite les marcheurs d’animaux, d’adultères et de voleurs.  Il demande par tweet, « En quoi se grimer en Noir est-il raciste » ?

L’hebdomadaire avait pris ses distances avec Rabbi Meir Kahane, son rédacteur en chef dans les années 1960, mais Resnick a publié un article à sa défense la semaine dernière  En 2015, dans une critique dithyrambique d’une biographie rédigée par la veuve de Kahane, Resnick raconte qu’adolescent, il est tombé en extase à le lecture d’un ouvrage de Kahane.

D’autres orthodoxes ont participé aux émeutes du 6 janvier. Aaron Mostofsky, fils d’un juge de la Cour Suprême de Kings County et ancien président du pro-Trump National Council of Young Israel, a été arrêté par le FBI. D’autres orthodoxes sont venus au Capitole en cars affrétés par leur communauté.

https://www.timesofisrael.com/editor-of-orthodox-weekly-jewish-press-identified-as-january-6-capitol-rioter/

 

 

  • George Floyd / Sarah Halimi

Le jury a jugé Derek Chauvin coupable de trois charges de meurtre et d’homicide (selon les définitions propres à l’Etat du Minnesota).  L’officier de police déchu a quitté la salle d’audience les mains menottées dans le dos.  Son forfait a été exposé dans les moindres détails au cours d’un procès exemplaire, diffusé en direct. A quelques jours près, la Cour de cassation de la République française a validé le refus obstiné et ignoble de juger Kobili Traoré pour l’assassinat de Sarah Halimi. D’un côté, l’Etat a mobilisé des moyens extraordinaires pour dire le droit ; ici, on a protégé l’assassin, enfermant la victime dans une double solitude et abandonnant la société à une confusion honteuse. Là-bas, la hiérarchie est venue témoigner de la mauvaise foi et des actions impardonnables d’un policier ; ici, pour ne pas nous expliquer pourquoi les policiers présents dans l’immeuble ne sont pas intervenus pour arrêter le massacre, on cache le tueur derrière une bouffée délirante et on brouille ses motivations islamiques dans la fumée de cannabis. N’oublions pas le premier meurtre islamique d’un Juif français, Sébastien Sélam, en 2003. Adel Amastaibou, le tueur sauvage, jugé fou pour ne pas être reconnu coupable. Son antisémitisme maquillé en jalousie pour ne pas reconnaître l’annonciateur du mal qui s’acharne sur nous.

George Floyd est devenu, pour de bonnes et de mauvaises raisons, une cause célèbre internationale. La révolte déclenchée par son meurtre, filmé en temps réel, a débordé, charriant des violences criminelles et des idéologies trompeuses. Personne ne redoute la réaction de la foule qui demandera justice pour Sarah Halimi. Mais on aurait tort de la sous-estimer pour autant. Il faudrait, pour le bien de tous, que l’énergie éthique et intellectuelle mobilisée par cette ignominie soit transmise et reçue.