La Revue de Presse Anglo-saxonne du 30 mars 2021 par Nidra Poller

  • Accords d’Abraham

Retombées de la paix : bénéfices des Accords d’Abraham

Daniel EgelShira EfronLinda Robinson  /RAND,

Les Accords d’Abraham marquent un tournant spectaculaire dans les relations entre Israël et les États musulmans. L’avancée au niveau politique, à travers la normalisation avec les Émirats Arabes Unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc, ouvre la possibilité d’un nouveau chapitre de développement régional, où les rapports conflictuels sont abandonnés en faveur d’une vision partagée de prospérité économique. Si ces relations mènent à une intégration économique plus poussée, les bénéfices seront importants pour les partenaires d’Israël. Ils sont estimés conduire à la création de quelque 150 000 emplois pour les quatre premiers signataires. Si les accords regroupent, comme certains le jugent possible, un total de 11 États (Israël inclus), les bénéfices dépasseraient quatre millions d’emplois et un milliard de dollars en activité sur une décennie.

 

  • Aide aux Palestiniens

Révélation d’un rapport du Département d’Etat : les Palestiniens ont versé des millions aux terroristes

Adam Kredo / Washington Free Beaon / 22 mars

L’administration Biden avoue en privé au Congrès que l’Autorité palestinienne continue de financer des terroristes et leurs familles avec l’aide internationale, mais elle envisage la reprise des subventions gelées par le président Trump. Selon un rapport confidentiel du département d’État, obtenu par le Washington Free Beacon, le programme « pay-to-slay » (payer pour tuer) s’est chiffré, en 2019, à 151 millions de dollars versés aux terroristes et à leurs familles et à 191 millions versés aux « martyrs ».  L’administration Biden-Harris a toutefois l’intention de reprendre le programme d’aide en Cisjordanie et à Gaza. Comment le faire sans violer l’interdiction imposée par le Taylor-Force Act ? Le sénateur Ted Cruz, l’un des initiateurs de cette loi, se méfie d’une administration Biden, « déterminée à élever le statut des Palestiniens et à dégrader les relations avec Israël », qui chercherait à contourner l’interdiction et à verser l’argent des contribuables au bénéfice de l’AP.  L’administration s’engage, pourtant, à respecter les exigences de l’acte, sans expliciter. Loin de pouvoir attester d’efforts palestiniens, en faveur d’une baisse de l’incitation à la haine contre Israël, le Département d’État constate l’incitation à la violence et la glorification du terrorisme par des responsables de l’AP, dans des déclarations officielles, sur les réseaux sociaux, dans les médias d’État et dans les manuels scolaires.

 

  • Rédactrice « race et inclusion » raciste ?

Rédactrice en chef de la rubrique « race & inclusion » à USA Today limogée pour un tweet « identifiant » le tueur de Boulder comme un homme blanc. Elle accuse l’alt-right Twitter.  Fox News

Hemal Jhaveri, rédactrice en chef de la rubrique « race et inclusion » du Sports Media Group du quotidien USA Today, a été remerciée, suite à la publication d’un tweet sur le massacre de dix personnes dans un supermarché de Boulder Colorado : « C’est toujours un homme blanc enragé, toujours ». Elle avait signalé, du même coup, son accord avec le tweet d’Emily Julia DiCaro, de Deadspin : « Ras le bol ! La vie et la mort des gens dépendent de la bonne – ou mauvaise – humeur d’un homme blanc armé d’un AR-15 ».  Jhaveri, qui a bien supprimé son Tweet après l’identification du suspect, Ahmad Al Aliwi Alissa [Al Issa], se défend dans un essai publié par Medium. S’excusant d’avoir réagi à chaud en voyant l’image du tueur vu de dos, elle déplace la faute sur « l’alt-right » Twitter. Jhaveri, cible de harcèlement et menaces sur les réseaux sociaux en réaction à son tweet, victime d’innombrables micro-agressions pendant ses 8 années en fonction à USA Today, savait que ses écrits provoqueraient un jour la colère de l’alt-right Twitter. Mais elle croyait– à tort – que le jour venu, USA Today soutiendrait sa voix courageusement élevée contre le racisme systémique.

 

  • Aggression antisémite à Londres

Horrible agression à Stamford Hill contre une juive orthodoxe enceinte

Graeme Demianyk / Huffington Post

Une femme orthodoxe enceinte de sept mois a été brutalement agressée en plein jour dans le quartier londonien de Stamford Hill, qui abrite une importante population haredi. On voit clairement, sur les images de vidéosurveillance, un homme corpulent à la barbe grise qui suit la jeune femme de près, lui recouvre la tête d’une taie d’oreiller et lui assène des coups de poings. Elle réussit à s’enfuir. Elle est traumatisée mais, heureusement, la grossesse se poursuit normalement.  C’est la cinquième et plus grave d’une série d’agressions contre des femmes dans le quartier depuis un mois. Les shomrim du quartier ont publié une photo nette de l’agresseur. Un suspect, la cinquantaine, est en garde à vue. Selon Rabbi Herschel Gluck, président des Shomrim, l’attaque était préméditée : l’homme a poursuivi la femme sur plus d’un kilomètre avant de se jeter sur elle.

 

  • Plaidoyer pour la culture dans le monde musulman

Un écrivain saoudien réclame la réforme des programmes scolaires

MEMRI Special Dispatch N° 9251

Le 28 décembre, dans le quotidien saoudien Al-Watan, le journaliste libéral Ali Al-Sharimi commente l’arrestation de 16 jeunes Koweitiens recrutés par Daech. C’est facile d’embrigader les jeunes. Que faire ? Créer un Conseil du Golfe contre le terrorisme, en coordination avec des antennes nationales. Renforcer la structure familiale ; des jeunes aliénés de la famille sont plus vulnérables. Réexaminer les programmes de l’enseignement religieux, en extirper tout ce qui ne respecte pas les droits humains, tout ce qui déforme les préceptes de la religion. Le jihad devrait être une lutte contre l’obscurantisme. On devrait enseigner l’histoire des religions et les arts, favoriser le pluralisme religieux à l’inverse de l’absolutisme et cultiver l’esprit critique et indépendant qui permet de résister aux prêches néfastes. Il faudrait, par-dessus tout, enseigner le principe des droits de l’homme et du citoyen, ces valeurs que seul l’État-nation est à même de protéger pour tous, dans un système basé sur la loi applicable à tous sans distinction d’origine, de croyance, de race ou de couleur de peau.

 

  • La culture fauchée dans l’herbe aux États-Unis

La mauvaise éducation de l’élite américaine / City Journal

Bari Weiss

[Un article de fond, basé sur des entretiens avec parents, élèves et enseignants des écoles d’élite privées, du primaire aux préparatoires, à New York et en California.] Les parents règlent des frais d’inscription annuels de $40 000 à $50 000, mais ils ont peur de s’identifier ou d’exprimer publiquement leurs craintes, redoutant des répercussions sur leur carrière et celle de leurs enfants. Ils se réunissent en secret pour réfléchir sur une stratégie contre l’enseignement woke, une idéologie qui formate les jeunes pour en faire des anticapitalistes, obsédés par la race et coupables parce que blancs. Des écoles, autrefois conçues pour préparer les élèves à réussir dans une méritocratie, affichent maintenant une politique d’antiracisme sectaire, de diversité forcée et d’intimidation idéologique. Les jeunes sont angoissés, paranoïaques, terrorisés. Ils ont peur de dire ce qu’ils pensent en classe, dans leurs rédactions et dans les conversations privées, par crainte de social shaming [ostracisme]. Un parent originaire d’un pays communiste dit, consterné : « J’ai fui cette oppression que mon enfant subit aujourd’hui ». Les élèves des écoles préparatoires sont gavés d’une idéologie conforme aux attentes des universités d’élite qu’ils chercheront à intégrer. Un seul mot de travers peut faire capoter leurs espoirs.  Des écoles richement dotées, qui couvrent les donateurs de privilèges et publient leurs noms avec leurs énormes dons, endoctrinent les élèves en « critical race theory », fragilité blanche et autres principes du « radical chic » [gauche caviar]. Une école de Manhattan publie un texte de 12 pages sur « le langage inclusif » [à ne pas confondre avec l’écriture inclusive] où on apprend qu’il vaut mieux dire « my folks » [mes gens] » que « mes parents ». Une prof d’anglais à Harvard-Westlake (en California) accueille la classe à la rentrée : “I am a queer white womxn of European descent. I use [ she | her ] pronouns but also feel comfortable using [ they | them ] pronouns.” [Je suis une fxmme blanche queer d’origine européenne.  J’utilise le prénom ‘elle’ mais suis également à l’aise avec ‘ils’.] En physique, les lois de Newton deviennent les trois lois fondamentales, pour ne pas exagérer l’importance de l’homme blanc Newton. Les œuvres littéraires du patrimoine sont remplacées par des fabrications woke trempées de racialisation et de glorification de la violence pour la justice sociale. Nuance et complexité sont exclues de ce nouvel ordre. Tout est noir et blanc !  On arrive même à convaincre du racisme « blanc » un élève métissé. Le « wokisme » se répand déjà dans les écoles publiques. On y pratique la ségrégation sous forme de « projets d’affinité » permettant aux jeunes, identifiés par races et/ou ethnies, d’être à l’aise parmi les leurs. Des élèves racontent que, dans un cours consacré à la chanteuse noire Béyoncé, ils n’osaient pas dire qu’ils n’aimaient pas sa musique.

La fillette d’une amie de l’auteur, 4 ans, candidate idéale pour une école primaire d’élite, dit, en dessinant, « Je dois dessiner dans la couleur de ma peau. La couleur de la peau est vraiment importante ». Elle l’a appris à l’école maternelle.