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La Conversation

Tardive ou à point,  La Conversation entre le président Biden et le premier ministre Netanyahu a eu lieu, abordant, pendant une bonne heure, des sujets de première nécessité et affirmant le lien indéfectible entre les États-Unis et Israël. Peu de réactions dans les médias généralistes.

On prend les mêmes ? Iran / JCPOA

[L’administration le dit et le répète : pas de levée de sanctions avant l‘arrêt des violations du JCPOA. Les sceptiques prêtent à Biden et son équipe— un remake de l’administration Obama —l’intention de se jeter à corps perdu dans un accord à l’identique. C’était un argument de la compagne contre Joe Biden. Or, toutes les déclarations du gouvernement reprennent les mêmes paramètres : on voudrait régler le problème du nucléaire iranien par la diplomatie, mais ce sera long et difficile. Propos repris, par exemple, le 19 février par le conseiller (NSA) Jake Sullivan, interviewé par Christiane Amanpour sur CNN.]

Le malley test

Soumettant le président Biden au « Malley Test », Martin Peretz conclut que la stratégie du président est disqualifiée d’emblée par la désignation comme envoyé spécial à l’Iran de Robert Malley, adepte du « progressivisme institutionnel », ce credo de nobles valeurs qui se traduit, sur le terrain, en désastre. Malley poursuit depuis plus de 20 ans une stratégie de rapprochement avec l’OLP, le Hamas et l’Iran. Négociateur en chef du JCPOA, Malley est remis en selle aux affaires étrangères  avec ses anciens collègues : Jake Sullivan. Antony Blinken, Wendy Sherman et Samantha Power.

Pour l’un de ses admirateurs, le journaliste Peter Beinart, la vision de Malley s’explique par l‘influence de son père, Juif syro-égyptien, qui défendait la révolte anticoloniale des Algériens contre la France. Sans totalement disculper les Palestiniens, Malley avait fait porter la responsabilité de l’échec du sommet de Camp David (juillet 2000) sur Israël et les États-Unis, incapables de préparer le terrain pour « engager la paranoïa justifiable de Yasser Arafat ». [On rappellera la véritable campagne de propagande contre Israël, « coupable » de l’échec du Sommet, menée à l’époque en France par Malley en tandem avec Charles Enderlin (al Dura).]

Malley et Brett McGurk ont mené un combat superficiel contre Daech. Sans tenir compte du rôle de l’Iran dans l’émergence de l’État islamique, ils ont pris la République islamique comme alliée dans la lutte contre Daech en Irak et en Syrie. Le rapprochement avec l’Iran était, depuis la révolte populaire de  2009, l’objectif du président Obama. Israël est quasiment l’unique bénéficiaire du plan Malley-McGurk-Obama : les États du Golfe se sont approchés de l’État juif, rempart contre l’Iran.

The Malley Test – Tablet Magazine

Malley in wonderland

Un essai de Tony Badran, publié en novembre 2019 et repris cette semaine, analyse les dégâts inqualifiables de la doctrine du « progressivisme institutionel » pratiquée par Robert Malley au service du président Obama et reprise, en 2019, pour s’élever contre le retrait du JCPOA décrété par le président Trump.

« L’utilisation institutionnaliste progressive des accords internationaux dans le but de redresser des torts historiques a pour résultat réel de donner le pouvoir aux leaders qui, prétendant parler au nom du peuple, prive leurs dominés de parole et les massacre à l’échelle industrielle. »

Malley in Wonderland

Entretien Tony Blinken

En réponse aux questions de Mary Louise Kelley (National Public Radio), Secrétaire d’État Tony Blinken dit que le JCPOA—qui avait en fait fonctionné—vire mal actuellement, nous menant à chercher le moyen de remettre l’Iran dans la « boîte nucléaire », alors que l’Iran voudrait obtenir la levée de sanctions promise dans l’accord original. La mise en conformité serait un premier pas, mas insuffisant. On n’est plus aux temps du JCPOA. Si l’on devait le  reprendre, si l’Iran se conformerait à ses obligations et où nous suivrions, il faudrait négocier un accord plus large et plus fort que l’original, en traitant des sujets problématiques pour nous et pour d’autres pays, mais exclus des négociations originales, dont le développement des missiles balistiques et l’ingérence déstabilisant de l’Iran dans la région. Tout cela sera forcément au programme mais il faut d’abord que l’Iran respecte les conditions de l’accord.

NPR Interview With Secretary of State Tony Blinken

Communiqué de presse / Ned Price, porte-parole du département des affaires étrangères Le gouvernement américain s’oppose à la déclaration de compétence de la CPI sur Jérusalem est, la Cisjordanie et Gaza. Devant la volonté des Palestiniens de s’inscrire au Statut de Rome en 2015, nous avons clairement déclaré que, n’étant pas un État souverain, la « Palestine » n’a pas qualité à être admise ou à participer dans des organisations, entités ou conférences internationaux, CPI  incluse.

Communiqué de presse

Antisémitisme à toutes les sauces

L’ancien journaliste du New York Times devenu champion du covido-scepticisme, Axel Berenson, reprend à son compte l’allégation contre le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, (accusé d’avoir obligé les maisons de repos d’accepter des patients infectés par le covid-19), était de mèche avec une secte religieuse (les hassidim) qui vote pour lui à 100%.  En fourguant ces patients sur les maisons de repos, il augmentait les bénéfices de ces Juifs orthodoxes. Sommé de clarifier ce « business », Berenson a répondu que, en tant que Juif, lui-même, concerné par l’antisémitisme, il estime qu’en criant à l’antisémitisme pour se débarrasser d’accusations graves, ces Juifs facilitent la diffusion du venin par des antisémites véritables.

“… COVID-19 Skeptic Ties Cuomo Actions on Nursing Homes to Orthodox Jews,” Yoni Wilkenfeld

Liberté d’expression / IHRA / BDS

[Quelle est la réalité, aujourd’hui, de la liberté d’expression, solennellement garantie par le premier amendement de la constitution américaine ? Argument clé de la défense de l’ancien président Trump, accusé par le Congrès d’incitation à l’insurrection, cette liberté est défendue par l’un des rédacteurs de la définition IHRA de l’antisémitisme, Kenneth Stern. Les Européens tentent en vain de faire tarir le flot de haine génocidaire charriée par des hébergeurs américains, protégés par le premier amendement, alors que cette haine se répand en milieu universitaire où, au nom de la liberté d’expression, on empêche sionistes et autres Juifs de s’exprimer. On dirait un détournement à 360° de la définition IHRA, sensée combattre l’antisémitisme déguisé en critique légitime de la politique israélienne.

On présentera, la semaine prochaine, un compte-rendu du débat entre Stern et Miriam Elman, auteur d’un état des lieux précis et documenté. ]

Résolution BDS à l’UCI

Triste partie de ping-pong à l’UCI (University of California, Irvine) où le student government adopte, par 19 voix contre 3, une résolution BDS, renversant le jugement précédent qui l’avait rejetée. Selon un ancien sénateur, Marshall Roe, la législature est dominée actuellement par le groupe Students for Justice in Palestine, connu pour la virulence de son discours antisioniste allant jusqu’à provoquer des violences physiques contre des étudiants juifs. Le texte de la résolution précise qu’il fait une la différence « entre l’apartheid israélien et le judaïsme ».

La Jewish Society et l’Union of Jewish Students, unies sur cette affaire dans l’opposition au conseil d’administration, espèrent que le provost, Dr. Michael Spence, gardera comme référence la définition de l’IHRA, mieux à même de garantir la sécurité des étudiants juifs.

“University of California Irvine Student Government Passes BDS Bill…” Benjamin Kerstein 

 

Réaction tranchée d’un chercheur de l‘University College London, face à la décision du conseil d’administration de revenir sur l’adoption de la définition de l’IHRA :

Lars Fischer raconte sur son blog que, professeur au département d’Hébreu & études juives de l’UCL de 2000 à 2020, il poursuivait des recherches en affiliation libre. Prenant connaissance du rôle majeur joué par ce département dans l‘affreuse attaque contre la définition IHRA, il n’avait pas d’autre choix que la démission, en assumant les conséquences préjudiciables à ses recherches. « A mes débuts on étudiait l’antisémitisme pour le combattre. Aujourd’hui on joue à faire la différence entre le mauvais antisémitisme et le pas-vraiment-antisémitisme. Cette perversion criminelle est l’un des pires maux de la planète. Alors, je dis à mes anciens collègues, ‘’Vous irez tous en enfer’’ ».

Prominent University College London Scholar Resigns

Le président Macron félicité par le Wall Street Journal

Ceux qui défendent les valeurs occidentales —liberté d’expression et tolérance —étant de plus en plus rares, félicitations au président Macron, qui assume une mission vitale pour l’avenir de la culture française  et, il faut le dire, américaine. Avec ses ministres, le président combat les philosophies intolérantes et clivantes importées des universités américaines. Il rejoint le combat contre l’extrémisme violent de source externe et la défense des valeurs démocratiques nationales. Cet assaut contre le wokeness “américain” ne manque pas de sel, vu que les pires idées ont été apportées aux Etats-Unis par des philosophes français, tel Jacques Derrida.

“Emmanuel Macron and the woke …” WSJ

“Islamo-gauchisme à l’université …” Le Figaro

L’Islamo-gauchisme à l’université comme au CNRS …» Jean-François Braunstein  Le Figaro

Discours de politique étrangère / président Biden / MSC

Ce qui nous ramène au discours de politique étrangère du président américain devant la réunion virtuelle du Munich Security Conference le 19 février. « America is back », déclare le président, avec une promesse de défendre les valeurs démocratiques partout et de soutenir les démocraties contre la tyrannie, en étroite collaboration avec nos alliés et les institutions globales : EU, ONU, OTAN, Alliance transatlantique …: N’est-ce pas cela, le « progressivisme institutionnel » dénoncé ci-dessus ? La question est de savoir quel en sera la dose de réalisme et que deviendra l’antisionisme antinomique de certaines institutions.