Visite en Israël de senateurs de la Commission de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable

Du 25 au 29 novembre 2017, ELNET a organisé une délégation de la Commission de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable ; celle-ci était composée de son Président, M. Hervé Maurey (Sénateur UDI de l’Eure), de ses Vice-Présidents M. Gérard Cornu (Sénateur LR d’Eure-et-Loire) et Mme Nelly Tocqueville (Sénatrice PS de Seine-Maritime), de ses secrétaires Mme Nicole Bonnefoy (Sénatrice PS de Charente), MM Jean-François Longeot (Sénateur UDI du Doubs), Cyril Pellevat (Sénateur LR de la Haute-Savoie) et Louis-Jean de Nicolaÿ (Sénateur LR de la Sarthe).

Le réchauffement climatique, la protection de l’environnement, la désertification, la progression d’une croissance économique autour des nouvelles énergies, la question de l’eau dans une région où les enjeux écologiques deviennent politiques, sont autant de sujets qui ont été abordés pendant ce déplacement.

Au cours d’un programme de 4 jours, ELNET France a fait découvrir les avancées technologiques israéliennes et permis aux sénateurs de rencontrer des responsables politiques et acteurs de la société civile qui s’attèlent, avec talent et détermination, à trouver des solutions à toutes ces problématiques.

Visites culturelles

Les sénateurs se rendaient en Israël pour la toute première à l’exception de M. Maurey qui a fait confiance à ELNET France déjà à plusieurs reprises par le passé (en 2015 pour la première visite de Bruno Le Maire alors candidat pour la primaire de la droite et du centre et aujourd’hui Ministre de l’Economie et des Finances, et en 2016 pour une mission sur la sécurité). Le programme a débuté par une visite de la vielle ville de Jérusalem – ses lieux saints et ses différents quartiers – suivie d’un passage à Yad Vashem avec M. Shlomo Balzan et une cérémonie dans la Crypte du Souvenir.

Lors d’une visite du musée et du Mémorial des Enfants très émouvante, une gerbe de fleurs a été déposée et la flamme du souvenir a été ravivée par le Président Maurey.

Le groupe a ensuite été reçu par le Père Marie-Dominique Cabaret, professeur de topographie et d’histoire du Proche-Orient ancien à l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem pour une visite de ce lieu exceptionnel au cœur de Jérusalem-Est.

Centre de recherche et d’enseignement des sciences bibliques, l’École biblique est portée par une communauté de dominicains ; très connue pour la rédaction de la Bible de Jérusalem et l’étude des manuscrits de Qumrân, l’École biblique a été fondée il y a 125 ans. Elle a bénéficié récemment de fonds du Sénat pour des travaux de rénovation. Elle est la seule école archéologique nationale à Jérusalem qui propose un programme de cours et décerne un doctorat en sciences bibliques.

Enfin la journée s’est poursuivie par une visite de l’Abbaye d’Abu Gosh qui abrite des fresques de facture byzantine du XIIème siècle qui ont résisté aux intempéries et une source au centre de la crypte. La rencontre avec le Frère Olivier fut l’occasion d’aborder la question de la coexistence entre les trois religions monothéistes en Israël, la présence des catholiques et des francophones. La visite s’est achevée par un diner traditionnel dans la localité arabe d’Abu Gosh, célèbre pour son houmous.

Protection de l’environnement

Le directeur et fondateur du Centre International des Oiseaux Migrateurs, le Pr Yossi Leshem a expliqué la place cruciale qu’occupe Israël sur la route des oiseaux migrateurs – situé à l’intersection de trois continents, avec une diversité climatique allant du désert aride à de plus froides régions montagneuses –  Israël attire chaque année quelques 500 millions d’oiseaux au printemps et en automne – de près de 550 espèces différentes en route vers l’Afrique. Le Pr Leshem a convaincu les autorités publiques d’installer un point d’observation sur les hauteurs de la Knesset. L’arrivée des oiseaux migrateurs est l’un des éléments qui participe de la mesure du réchauffement climatique ; de nombreux programmes sont mis en place avec les voisins jordaniens, égyptiens voire libanais pour la préservation des oiseaux et de la faune et la flore qui les attirent.

Le Pr. Jonathan Akenbaum, directeur de Greenpeace Israël a lui expliqué au cours d’un diner les grands enjeux écologiques locaux – notamment les grandes vagues de chaleur qui s’abattent sur la région, la pollution de l’air dans la région industrielle de Haifa – et les campagnes de sensibilisation en cours pour contraindre les pouvoirs publics à modifier la législation en vigueur et encourager les particuliers à installer des panneaux solaires en contre partie de réductions d’impôts et utiliser les ressources locales. Forte de 15 000 membres, l’organisation entretient d’excellents rapports avec les ministères concernés.

Le centre VOLCANI est le plus ancien centre de recherche agronomique et gère 70% de la recherche agronome du pays. Le Dr Shmuel Assouline a présenté les 6 différents instituts dont dispose le centre et a détaillé les différentes missions du centre, à savoir : limiter les pertes de nourriture, lutter contre la désertification, améliorer les cultures et augmenter la part de la microbiologie dans l’agriculture. Une visite de terrain au sein du centre sur la sécurité alimentaire a permis de mettre en lumière les avancées technologies et scientifiques pour éviter ou ralentir le dépérissement des fruits et légumes.

Le Dr. Assouline a déploré le manque de contacts avec l’INRA et a demandé aux sénateurs de s’investir pour encourager les coopérations bilatérales sur les domaines de recherche du centre VOLCANI. Il les a également invités à venir assister au salon AgriTech en mai 2018 aux côtés de 20 ministres étrangers de l’Agriculture.

Au cours d’un déjeuner, le Député druze Arham Hasoon – membre du parti centriste Kulanu et de la Commission des Affaires intérieures et de l’Environnement, a exposé les enjeux écologiques israéliens : croissance démographique, contraintes climatiques, exiguïté du territoire) auxquels Israël a su s’adapter et également les défis de l’agriculture (bio, changement de propriété des sols, les élevages en groupement pour mutualiser les moyens…).

Les défis liés aux énergies

ELNET s’est vu offrir la possibilité de se rendre aux pieds de la plus haute tour solaire au monde. La centrale Megalim qui produit de l’énergie solaire se trouve dans le désert du Néguev et est sur le point d’être achevée. 50.000 miroirs commandés par ordinateur concentrent les rayons solaires sur la tour productrice de 240 mètres. A terme, 121 mégawatts vont couvrir 1% des besoins en électricité d’Israël. La date d’achèvement du projet est pour la fin de l’année 2017, avec un coût prévu d’environ 775 millions de $. Le gouvernement israélien veut que le pays obtienne 10% de son énergie à partir de sources renouvelables d’ici 2020. Repartis sur des milliers d’hectares, les miroirs réfléchissent les rayons de soleil vers la centrale solaire où l’eau est chauffée à des températures élevées pour produire de la vapeur et produire de l’électricité avec un générateur. Pour protéger la faune locale, les développeurs de projets Megalim Solar Power ont conçu une technologie avec des sprays qui vaporisent des extraits de peau de raisin dans l’air pour repousser les oiseaux. Le site accueille en fait 3 types de centrales solaires différentes pour maximiser les effets et identifier la manière la plus vertueuse (rapidité, coût, préservation de l’environnement) de produire de l’énergie solaire dans une région aride. Cette visite a permis aux sénateurs de se rendre compte qu’Israël est en pointe sur l’énergie solaire photovoltaïque.

 

Le gaz off-shore change la donne géostratégique dans la région

La délégation a été reçue par le vice-président de la société américaine Noble Energy, Beni Zomer, au siège israélien, qui est l’opérateur d’exploration et de production des champs gaziers de Tamar et Léviathan découverts en pleine mer à 80km des côtes israéliennes.

Israël est entré dans l’ère du gaz naturel comme source d’énergie pour produire de l’électricité au début des années 2000.  Avec le champ de Tamar, à une centaine de kilomètres au large de Haïfa, dont les résultats positifs ont été connus en janvier 2009, Israël s’est assuré l’indépendance énergétique car le gisement devrait réduire fortement la dépendance aux sources d’énergie importées, en couvrant les besoins domestiques pour près de 25 ans. L’exploitation du gisement Léviathan ouvre à Israël les portes des marchés d’exploitation dès 2018.

 

L’écosystème fructueux des start-ups – environnement propice à l’entreprenariat

Reçus dans les bureaux de Start Up Nation Central, organisation qui a pour but de relier les entreprises mondiales et les gouvernements étrangers à la technologie israélienne, par Jérémie Kletzkine, français installé depuis 18 ans en Israël, les sénateurs ont assisté à une présentation exhaustive du modèle économique israélien et les raisons de la réussite :

  • pas de marché intérieur, donc un besoin réel de développer des technologies qui s’exportent,
  • une culture du risque et de l’urgence en raison de la situation géopolitique,
  • un service militaire obligatoire pour tous qui détecte les compétences de chacun, insuffle un esprit d’entraide, forme à la cyber sécurité et aux techniques de pointe du renseignement et de l’analyse ; puis un réseau de recrutement.
  • Un système économique vertueux dans lequel le gouvernement joue un rôle de capital-risqueur essentiel puisque pour chaque dollar investi par le gouvernement dans des start-up locales, 11 dollars proviennent de fonds privés.
  • Un bon rendement et un réel soutien à la création d’emplois et à l’innovation.

Autant d’atouts que les israéliens ont su développer pour se hisser en tête des nouvelles technologies et innovations dans les domaines aussi variés que la cyber-sécurité, la santé ou l’agriculture.

Innovations technologiques au service de la sécurité

MobilEye est le leader mondial de la vision artificielle appliquée à l’automobile. Après 10 ans de R&D, la société dispose d’une connaissance unique des multiples défis auxquels les conducteurs sont confrontés sur la route et la façon d’assurer leur sécurité. Pionnier des systèmes anticollision, MobilEye est l’équipementier référent pour ce type de système de la plupart des constructeurs automobiles leaders du marché mondial. Société aujourd’hui internationalement connue après son rachat par le groupe Intel pour une valeur historique de 15 milliards de dollars, MobilEye est l’un des plus beaux exemples de l’écosystème vertueux des start-ups en Israël.

Au cours d’une visite inédite de plus de 3 heures au cœur du système sécuritaire de l’aéroport Ben Gurion – aéroport le plus sûr du monde – les parlementaires ont pu découvrir les technologies développées par la police de l’aéroport pour déceler les éventuels terroristes et parer à toutes attaques extérieure ou intérieure.

L’occasion pour les sénateurs d’appréhender les barrages législatifs et constitutionnels à ces telles technologies avant leur éventuelle installation ou adaptation en France si de nouveaux aéroports venaient à être construits ou si les aéroports internationaux situés en Europe se dotaient des technologies de sécurité israéliennes.

Un déplacement riche en visites de terrain et qui offre de nombreuses possibilités de partenariats économiques dans un futur proche ; l’occasion aussi de nouer de nouvelles relations politiques entre les sénateurs français et parlementaires israéliens.