Virage économique et numérique entre la France et Israël

Du 4 au 6 septembre 2017, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire était en visite en Israël avec Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’Etat chargé du numérique et député de la 16e circonscription à Paris, pour participer, entre autres événements, au DLD Festival (Digital Life Design) à Tel Aviv, l’une des plus grandes manifestations dédiée aux nouvelles technologies digitales, en compagnie de la French Tech et de Business France.

Bruno Le Maire a débuté son séjour par la visite de l’Institut Weizmann où il a appelé à un renforcement des liens économiques, notamment dans le secteur des nouvelles technologies. Il a précisé que ce séjour était l’occasion pour lui de mettre l’accent sur l’un des principaux objectifs de son mandat : l’innovation, et de réaffirmer l’importance des liens entre la France et Israël : « Je crois que nos relations économiques peuvent être encore largement développées. Elles ne sont pas à la hauteur de l’amitié qui existe aujourd’hui entre la France et Israël ».

Mounir Mahjoubi, quant à lui, a voulu délivrer un message qu’il juge important : « Il y a d’une part en France des personnes qui veulent travailler avec Israël, créer des entreprises, investir en Israël, et d’autre part il y en a en Israël des Français et des non-Français qui ont très envie de travailler avec la France, investir dans des startups françaisesMon rêve est de trouver des entreprises françaises et israéliennes qui vont travailler ensemble, partager leur capital et aller conquérir le reste du monde ». Le Secrétaire d’Etat a également rencontré des entrepreneurs français en Israël et des entreprises israéliennes. Sur les questions de cyberdéfense, il s’est engagé à accélérer le développement de la formation en France et multiplier les coopérations. C’est dans cette perspective qu’il a visité le site de l’Université Ben Gourion de formation à la cybersécurité et le Cyber Labs JVP à Beer Sheva.

Interrogé sur la position française concernant le conflit israélo-palestinien, le secrétaire d’Etat a insisté sur la nécessité d’avoir une approche humaine et économique.

Sur le plan politique, Bruno Le Maire s’est entretenu le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Il a également rencontré Moshe Kahlon, ministre des Finances, avec lequel il a fixé l’objectif de doubler les investissements israéliens d’ici fin 2018. Interrogé sur les différences de points de vue entre la France et Israël au sujet du conflit israélo-palestinien, Bruno le Maire n’a pas souhaité s’exprimer et a précisé que le ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian se rendrait « prochainement » en Israël. 

La présence française en Israël s’est sensiblement développée ces vingt dernières années. Une cinquantaine de filiales d’entreprises françaises emploient plus de 6000 personnes dans divers secteurs d’activités comme l’énergie, les télécommunications, les transports…Israël demeure en effet l’une des économies les plus dynamiques au monde en matière de R&D (environ 4,1% du PIB). L’objectif de ce déplacement a ainsi permis de consolider les liens économiques entre les deux pays, et pour la France d’amorcer un virage numérique comme Emmanuel Macron l’avait appelé de ses vœux.

Docteur en science politique, spécialiste du Proche-Orient et des questions de Défense, Sarah Perez est chercheur et consultante risque-pays. Elle est l'auteur de Iran-Israël: une guerre technologique, Les coulisses d'un conflit invisible.