Revue de Presse Anglo-saxonne du 1er mars par Nidra Poller

Iran

FRAPPES / Première action militaire de l’administration Biden : des frappes contre des milices pro-Iran en Syrie, en riposte aux attaques antiaméricaines en Irak. Le message est clair, dit John Kirby, secrétaire de presse du Pentagon : le président Biden protégera toujours notre  personnel et ceux de la coalition. Il a agi de façon à réduire les tensions dans la région.

US launches air strikes against Iranian-backed groups in Syria | Financial Times (ft.com)

GROUPE DE TRAVAIL ISRAEL-US/  Selon un scoop d’AXIOS, les Etats-Unis et Israël ont repris les consultations au sein du groupe de travail sur la stratégie iranienne. Malgré des divergences sur la question du JCPOA, le président Biden et le premier ministre Netanyahu comptent aborder la question dans un dialogue sobre, sans vaine querelle politique.

Lors d’une récente réunion inter-agences sur l’Iran, Benny Gantz, Gabi Ashkenazi et les chefs d’autres agences de sécurité nationale ont rendu compte des échanges avec l’administration Biden et des propositions pour la suite. Le Mossad et Tsahal  soulignent l’importance d’un dialogue serein, à l’abri des confrontations publiques. Accord unanime sur la poursuite des consultations.

Axios exclusive: Axios from Tel Aviv

Affaires israéliennes et palestiniennes

HADY AMR, nommé sous-secrétaire adjoint aux affaires israéliennes et palestiniennes, démarre avec la restauration de l’aide aux Palestiniens, en prévoyant une stratégie de petits pas, sans coup d’éclat ni promesse de solution magique, mais sans perdre de vue l’objectif d’une solution à deux Etats … pendant le mandat Biden… ou après.

Amr, vu favorablement des deux côtés, a tissé des liens avec le conseiller adjoint de sécurité nationale, Reuven Azar, et l’ancien officier de liaison militaire avec les Palestiniens, Yoav (Poli) Mordechai. Il suivra la ligne fixée par le Secrétaire d’Etat Blinken : « d’abord, ne pas nuire ».

Bien qu’adoptant la position classique sur les implantations—« obstacles à la solution à deux États »—Amr se contentera d’encourager les Israéliens à être raisonnables, rejetant d’emblée l’idée de polémiquer sur chaque mètre carré de construction, [cf Kerry sous Obama]. Le retour aux relations bilatérales reste toutefois problématique, voire interdit par la loi américaine au cas où les Palestiniens n’arrêtent pas de s’inscrire dans des organismes de l’ONU, de solliciter auprès de la CPI des enquêtes contre Israël et de soutenir financièrement des prisonniers coupables de crimes de sang.

Très critique de la politique menée par Trump et Netanyahu, indigné par le projet « d’annexion » des territoires, Amr s’était moqué du plan de paix de Trump, « la farce du siècle ».  Devant la faible possibilité d’une solution au conflit, il privilégie des démarches intermédiaires, dont « la stabilisation de la Bande de Gaza et sa réintégration à la Cisjordanie ».

As Biden puts Mideast on backburner, US point-man on conflict seeks small gains | The Times of Israel

JACOB MAGID

Israeli Apartheid Week

Israeli Apartheid Week La semaine de l’apartheid israélien (IAW), associé avec l’International Day Against Racism, organise, du 15 au 21 mars, une manifestation globale, massive et virtuelle de résistance à la discrimination raciale, colonialisme et l’apartheid, qui est aussi une fête de la diversité et de la connectivité de nos combats. Notre voix doit être forte, malgré la terrible répression subie, mais on ne peut pas le faire sans votre soutien.

[On donne des consignes précises sur l’enregistrement des vidéos de participation virtuelle : l’éclairage, le son, le texte à lire dans un choix de langues …]

Israeli Apartheid Week 2021 – Planning Workshop – Palestine Solidarity Campaign (palestinecampaign.org)

(20+) Israeli Apartheid Week | Facebook

Israeli Apartheid Week | BDS Movement

Watch Angela Davis’ call to support IAW
 

La définition IHRA en jeu

Kenneth S. Stern, rédacteur principal de la définition IHRA, remet en question son application sur le terrain.  Il s’explique ici, dans un entretien avec Dov Waxman, directeur du Y&S Nazarian Center for Israel Studies (Israel in Depth/ episode 12). Aujourd’hui, dit Stern, on emploie abusivement la définition IHRA pour étouffer la liberté d’expression en milieu universitaire. Des Juifs de droite, s’emparant des dispositions du Title VI— qui exige l’arrêt des subventions fédérales aux universités accusées de discrimination—contestent des cursus, des discours, des textes. Ce n’était pas le but de la définition. L’antisionisme n’est pas ipso facto l’antisémitisme. On peut être contre l’Etat juif sans être antisémite. Il ne faudrait pas simplifier ainsi des situations complexes. On doit élargir le cadre de nos recherches, étudier le phénomène de la haine sous toutes ses formes.

[Dans un débat ave Miriam Elman, Stern a cité Apartheid Week comme exemple de cette liberté d’expression à ne pas interdire.]

Miriam Elman  “On note une nette augmentation en milieu universitaire d’antisémitisme et d’agressions contre des étudiants juifs en raison de leur identité supposée sioniste. La définition IHRA a une valeur pédagogique face à l’antisémitisme mais ne peut pas servir à codifier et combattre l’incitation à la haine, parce que l’antisionisme antisémite visé par l’IHRA relève, aux USA, du discours politique protégé ».

[On entend parler d’incidents choquants sur les campus américains. On en redoute l’importation en France. S’agit-il d’une ambiance généralisée, justifiant nos préoccupations, ou bien d’actes isolés, aux conséquences limitées ? Une  réponse est donné dans cette étude rigoureuse de l’antisémitisme et de la délégitimation d’Israël sur les campus aux Etats-Unis.]

https://www.inss.org.il/publication/antisemitism-and-israel-delegitimization-on-the-us-campus/

BDS attaque la définition IHRA

BRIEFING / SCHOLARS  FOR PEACE IN THE MIDDLE EAST (SPME)/ : En février, le mouvement BDS se concentre sur la décision de la CPI d’enquêter sur les « crimes de guerre » commis par Israël et sur la définition IHRA. La forte augmentation de l‘opposition, de la part des étudiants et enseignants, à l’adoption de la définition IHRA crée un conflit vis-à-vis des administrations. On note également l‘influence croissante de BDS au niveau de la politique locale : l’existence d’Israël est remise en cause au titre de la liberté d’expression, l‘anti-impérialisme, l’anti-blanchité. Le groupe pro-BDS IfNotNow se plaint de la définition IHRA qui « détruit le progressisme ». Le mouvement intersectionnel nie l’antisémitisme BDS et la haine d’Israël. L’opposition à la définition IHRA est utilisé par diverses organisations— dont Human Rights Watch,  Amnesty International, J Street, New Israel Fund, American Friends of Peace—pour créer des clivages entre les Juifs et la gauche.

IHRA definition continues to rile as pushback expands. ‘International Criminal Court’ investigates Israel

Cancel Culture

Charles Jacobs : cancel culture dans la communauté juive

Interviewé par Anni Cyrus, Charles Jacobs raconte le drame qui touche le Jewish Community Relations Center de Boston, sous la pression de la gauche, principalement JStreet et the New Israel Fund, décidés à expulser ZOA [Zionists of America], la plus ancienne association sioniste, présidée aujourd’hui par Mort Klein. Celui-ci a joué un rôle important dans le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, et il a osé critiquer l’antisémitisme du mouvement Black Lives Matter. Mark Lamont Hill déclare sans vergogne que BLM vise à « démanteler le projet sioniste ». Preuve, s’il le faut, que la vision du BLM est un danger existentiel pour les Juifs, considérés comme les pires exemples de « white privilege ». Les Juifs de gauche se focalisent uniquement sur l’antisémitisme  des suprémacistes blancs. Si on réussit à virer le ZOA, que feront les Juifs sionistes ? Quitter le JCRC, rester sans affiliation, ou créer une nouvelle association ? Partout aux Etats-Unis, des communautés juives sont confrontées à la mainmise de la gauche moralisatrice, des Juifs à l’abri des attentats en tout genre qui dictent à Israël un code de conduite irréprochable .

Charles Jacobs Video: Cancel Culture Hits Boston’s Jews | Frontpagemag

Bret Stephens: la cancel culture frappe les hamentashen

Madame Abigail Koffler découvre brutalement un article de Dawn Perry, publié par Bon Appétit en  2015 —“How to Make Actually Good Hamantaschen” — et s’insurge : Il n’y a pas lieu de mettre à jour des mets traditionnels, surtout quand  l’auteur n’est pas juif.  Condé Nast, l’éditeur de Bon Appétit—et de nombreux titres dont Vogue Magazine—s’excuse abondamment d’avoir insulté « les traditions culinaires juives ». L’article est révisé en conformité avec les normes de « l’Archive Repair Project » afin de valoriser l’histoire de Pourim, de supprimer des images stéréotypées de culture juive et de corriger la désinvolture du ton. The Associated Press dévoile la portée du « repair projet » qui consiste à revoir des recettes publiées depuis plus d’un demi-siècle dans divers magazines du groupe Condé Nast et d’y dénicher et supprimer des titres, listes d’ingrédients et récits vus dans une optique blanche américaine. Le rédacteur en chef de Bon Appétit a démissionné l’an dernier, attrapé par une  photo scandaleuse le montrant, il y a 16 ans, déguisé pour Halloween en Puerto Ricain stéréotypé.

https://www.nytimes.com/2021/02/22/opinion/bon-appetit-cancel-culture.html

Conversations with friends: New York Times columnist Bret Stephens – YouTube

Tom Gross – Mideast Media Analysis (tomgrossmedia.com)